vendredi 19 février 2016

"Mémoire des écumes" de Caza et Lejalé

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L'histoire : Une allégorie sur la création, la vie, la civilisation…

La critique de Mr K : Objet artistique non-identifié aujourd'hui avec ce cadeau d'anniversaire inclassable se situant à la lisière de la BD, du storyboard, du livre illustré et de l'objet d'art. Quel bon choix de l'ami Yannovitch que ce Caza que je ne connaissais pas mais dont je salivais à l'avance la lecture et la découverte tant j'apprécie l'auteur par son dessin et ici ses intentions.

Comme le laisse présager mon rapide résumé (impossible de faire autrement), avec Mémoire des écumes nous ne sommes pas face à une narration classique. L’œuvre en elle-même se divise en quatre grandes parties qui correspondraient à l'évolution de l'univers et de notre monde: La nuit des temps, Mémoire des écumes, Les Dieux et les masques et Comme l'ombre d'un souvenir. Caza et Lejalé nous invitent à suivre ce développement à travers les yeux et le ressenti d'une mystérieuse entité mêlant humanité et démiurge. Il est le témoin de la création du monde issue du néant absolu jusqu'à la destruction de toute vie. Incroyable voyage s'il en est, le lecteur étant bercé par des images fantasmagoriques mâtinées de textes prophétiques et poétiques.

Peu ou pas grand chose à lire donc, si ce n'est quelques pistes pour débrouiller l'ensemble, des indices spirituels nous éclairant sur le Big Bang originel, l'apparition de la vie puis de l'homme et des civilisations. Il faut se laisser transporter sans trop se poser de questions, guidé par les images et les rapprochements que l'on peut faire entre elles. Je dirai qu'ici, le procédé est totalement inverse à la saga initié par Jens Harder et que nous avions grandement apprécié Nelfe et moi. Point de surcharge de contenu ici mais plus une invitation au voyage et au rêve. L'effet est garanti, le dépaysement total et l'éclairage novateur efficace à sa manière, nous conduisant sur des chemins de traverses de la BD. On ne ressort pas tout à fait indemne de ce trip envoûtant et remarquable dans sa construction.

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Le contenu fait penser immédiatement au concept d'Ouroboros, le fameux serpent qui se mord la queue, l'idée que tout est une question de cycle qui se répète à l'infini: un monde se crée un autre se meurt, des espèces disparaissent d'autres évoluent ou apparaissent à leur tour. L'homme dans tout cela, dans l'immensité du système naturel en place n'est qu'un grain de sable, un accident de parcours dans sa capacité à vouloir dompter la nature mais qu'importe… le cycle perdure et nous aussi finissons par disparaître. Il ressort de cette œuvre une mise en abyme bienvenue et une vision distanciée sur notre espèce que je trouve de bon aloi en cette période troublée que nous connaissons déjà depuis un petit bout de temps. C'est rafraîchissant et enthousiasmant, vecteur de réflexion et d'évasion. La totale quoi!

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La forme esthétique en elle-même est aussi originale. On retrouve l'incomparable trait de Caza notamment concernant les quelques personnages qui émaillent les pages et le grain si caractéristique des plages de couleur de cet artiste. Il a aussi beaucoup travaillé sur des photos pour tout ce qui touche aux paysages et aux décors, les retouchant pour relever les contrastes et les couleurs. L'ensemble rajoute à la puissance poétique du message et densifie une œuvre qui n'a comme seul défaut le fait qu'elle se parcourt assez vite. Cependant, l'immersion reste bien après qu'on ait refermé l'ouvrage avec l'impression tenace qu'on a lu / admiré une œuvre à part.

Posté par Mr K à 15:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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