dimanche 4 juin 2017

Pour quelques livres de plus...

Voici pour aujourd'hui, une petite série d'acquisitions dégotées au hasard de balades innocentes... Les titres ont donc des origines très diverses depuis une boîte à livre en passant par un vide-grenier ou un magasin d'occasion. Des petites tentations auxquelles, je n'ai pu résister une fois encore. Jugez plutôt du butin !

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Une fois de plus, la variété est au rendez-vous entre classiques et contemporains, incontournables et certainement des plus dispensables. Chacun en tout cas m'a tapé dans l'oeil suffisamment pour que je l'adopte et qu'il aille rejoindre ses petits camarades dans ma PAL. Suivez le guide !

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- Mille soleils splendides de Khaled Hosseine. Tout d'abord, j'aime beaucoup cette maison d'édition notamment parce qu'elle publie les ouvrages de mon grand amour littéraire nippon Haruki Murakami. De suite, j'ai donc lu la quatrième de couverture qui m'a irrémédiablement fait penser à du Yasmina Khadra (un autre auteur que j'adore) par rapport aux termes abordés : la violence faite aux femmes en terres orientales (ici l'Afghanistan), l'emprisonnement mental et le totalitarisme religieux. Ça sent la lecture rude et pas facile, tout ce que j'aime en quelque sorte.

- L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Voici un ouvrage qui m'a toujours évité ou que j'ai évité inconsciemment car je ne l'ai jamais trouvé sur mon chemin de chineur. J'en attends beaucoup, surtout que chaque lecture de cet auteur m'a ravi par ses talents de conteur et les univers dépaysants qu'il nous amène à découvrir. Ici, direction les Caraïbes pour une histoire d'amour impossible teintée de poésie et de critique sociétale acerbe. Un bon futur moment de lecture à mon avis.

- En route d'Adam Rex. Un roman jeunesse dont a été tiré un métrage d'animation plutôt réussi que nous avons vu avec Nelfe. La terre a été envahie par de drôles d'extra-terrestres à huit pattes (les boovs) et ont enlevé la maman de l'héroïne. Ni une ni deux, elle part à sa recherche en compagnie de son chat lunatique et d'un alien déserteur. On nous promet un mix entre Pratchett et Adams, c'est tentant, non ?

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- Le Téléphone sibérien de Clive Egleton. Un petit série noir des familles avec une histoire étrange d'un militaire enfermé dans un lieu mystérieux et soumis à une batterie de tests inhumains entre interrogatoires et lavages de cerveaux. Mais où est-il ? Et que va-t-il faire quand il va s'échapper ? Le pitch est tellement énorme que j'ai décidé d'adopter ce titre, qui lira verra !

- Histoires de voyages dans le temps, ouvrage collectif. Coup de foudre pour un ouvrage d'une collection qui a marqué ma jeunesse et m'a permis à l'époque de rentrer plus aisément dans la science-fiction avec notamment une compilation de récits sur les robots et les autres mondes. Ici, il s'agit de voyages dans le temps, une thématique que j'apprécie beaucoup et qui a donné de nombreux récits réussis. Gageons qui en sera de même avec cet ouvrage où l'on trouve notamment Matheson, Ballard, Brown, Heinlein et bien d'autres. Miam miam !

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée comme je les aime avec le héros éponyme, manoeuvre de chantier à qui il arrive toute une série d'expériences étranges qui finalement lui permettent d'échapper à la grisaille quotidienne. On est ici à la limite du conte et du surréalisme. Cet auteur a tellement de talent que je n'ai pas hésité une seconde !

- Vendredi de Robert A. Heinlein. Une agent très spécial rentre de mission auréolé une fois de plus de succès. Félicitations de rigueur et octroi d'un congé exceptionnel devrait la ravir mais Vendredi est tourmentée par des images de souvenirs atroces. Comment est-ce possible quand on sait que l'agent n'est qu'un robot très perfectionné ? Heinlein m'a tour à tour séduit et déçu, cet ouvrage m'attire tout de même de part le sujet qu'il traite et les bonnes critiques que j'ai pu en lire. Là encore, la lecture sera un test.

- Last exit to Brooklyn d'Hubert Selby Jr. Fin de la sélection avec un ouvrage bien thrash, critique délirante de la société américaine par l'équivalent US d'un Céline. Ce sera ma première incursion chez lui, ça faisait un bail que je souhaitais rencontrer cet auteur hors norme. Me voila au pied du mur !

De biens belles pioches que tous ces ouvrages qui vont contribuer à grosir ma PAL qui décidément a toujours autant de mal à baisser. Mais que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas. Critiques à suivre dans les jours, semaines, mois et années à venir !


lundi 22 mai 2017

"Le Ventre de l'Atlantique" de Fatou Diome

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L’histoire : Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique ? Comment empêcher Madické et ses camarades de laisser courir leur imagination, quand l'homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritable vie d'émigré et les abreuve de récits où la France passe pour la mythique Arcadie ? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l'inconfortable situation des "venus de France", écrasés par les attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays et confrontés à la difficulté d'être l'autre partout.

La critique de Mr K : J’avais beaucoup entendu parler de Fatou Diome, entre mes collègues dithyrambiques à son sujet, des extraits de textes présents dans des manuels de CAP et BAC pro et quelques interviews de cette auteure sénégalaise lors de questionnements sur l’immigration et la question de l’identité. Suite à ma lecture plus qu’enthousiaste d’Eldorado de Laurent Gaudé, je passe la seconde avec Le Ventre de l’Atlantique pour me démarquer encore plus du climat nauséabond qui règne en France autour de la question centrale de l’immigration, prendre de la hauteur et démantibuler les fantasmes identitaires qu’on nous sert à l’envie et jusqu’à la nausée. Je suis ressorti ébloui et profondément bouleversé de cette lecture qui devrait quasiment être obligatoire tant elle conjugue virtuosité langagière et profondeur du propos.

Cette histoire de jeune femme exilée en Europe est à peu prêt celle de Fatou Diome. Enfant d’une relation hors mariage, elle est éduquée par sa grand-mère et va se construire par l’école tout d’abord, puis le départ vers un ailleurs meilleur, loin des loups et des tabous qui peuplent son village. Les traditions ont la vie dure au Sénégal et ce qui paraît chez nous comme banal est considéré comme honteux voir indigne au pays. Le choc est donc parfois violent avec une série d’anecdotes qui remuent le coeur et forcément heurtent notre sensibilité judéo-chrétienne. Mais c’est cependant la réalité d’un monde si proche de nous et pourtant si éloigné à la fois. La décision de partir prise, le plus dur reste à faire, c'est le temps de l’intégration et trouver sa voie du bonheur. Mais le sujet central dans ce livre est tout autre.

C’est là qu’intervient le personnage du demi-frère de la narratrice, un jeune sénégalais aux rêves nourris d’espoir de jouer un jour comme footballeur professionnel en France et calquer son existence sur celle de son idole, Paolo Maldini, grand défenseur de la Squaddra Azura (équipe nationale Italienne de football). Madické est le symbole à lui tout seul de cette jeunesse africaine qui souhaite s’en sortir par l’émigration mais qui bien souvent se nourrit d’images et de fantasmes sans vraiment se rendre compte de l’épreuve qui les attend. Ces illusions sont entretenues par un certain nombre de personnages revenus au pays parés de richesse, la parole volubile mais percluse de mensonges. Loin de leur raconter la dure réalité d’être sans-papier en France, l’exploitation dont ils ont été victime ou encore les quolibets racistes quotidiens, ils vendent la France comme un paradis terrestre où tout à chacun a sa chance et la possibilité de réussir. Malgré les conseils et paroles sages de l’instituteur du village (un marxiste exilé par le pouvoir sur la petite île de Niodor, théâtre de cette histoire), les injonctions de la grande sœur pourtant résidente en France, les jeunes se bercent d’illusion et la confrontation entre les deux visions du monde est parfois difficile.

Le Ventre de l'Atlantique est remarquable d’accessibilité et d’intelligence. Il nous ouvre les portes d’un monde partagé entre tradition et volonté de se sortir des ornières inhérentes aux pays en voie de développement africains : sortir de la subsistance alimentaire, sortir de la misère, créer sa propre richesse et enfin revenir au pays pour y bâtir famille et fortune. On côtoie ici les âmes au plus près, entre le vieux pêcheur au passé chargé par un crime odieux au nom de la religion, une vieille femme féministe avant l’heure, des jeunes footballeurs en devenir à fleur de peau, un riche parvenu qui étale son emprise sur le village, l’instituteur idéaliste qui tient bon malgré les épreuves et la sarabande des femmes, gardiennes des maisons et des enfants. L’immersion est totale, l’émotion palpable à chaque page grâce à une langue d’une beauté à couper le souffle où l’on retrouve par moment le style unique d’un Césaire en pleine inspiration. C’est beau, ça emporte irrémédiablement le lecteur et pose les bases d’une réflexion nuancée mais sans concession sur l’identité de ces jeunes et le devenir des immigrés passant par la France.

Loin des schémas habituels, des images d’Epinal et autres caricatures paternalistes distillées par les médias occidentaux, on est ici dans le vrai, l’humain donc aussi dans l’injustice, l’extrémisme parfois et même le cynisme. L’auteure n’est tendre avec personne, au nom d’une vérité toujours bonne à dire. Derrière une immigration, il y a souvent une rupture, un drame ou un cruel besoin de subvenir aux besoins de ses proches. La portée de cet écrit est universel, encore plus dans notre période troublée où certaines femmes et hommes politiques font de ces drames humains des arguments pitoyables et haineux, vides d’humanité et d’efficacité à long terme. Ce roman est bouleversant, prenant comme jamais et surtout, jamais manichéen. Un must dans le genre. J’invite chacun à le découvrir au plus vite !

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samedi 6 mai 2017

En mai, craque comme il te plait !

Cette adage me convient très bien et c'est cette fois-ci neuf petits nouveaux qui vont rejoindre ma PAL, des petits orphelins adoptés en majeure partie chez l'abbé, notre fournisseur officiel de livres de seconde main. Décidément, il ne nous déçoit jamais !

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Comme vous pouvez le voir, il y en a de toutes les couleurs et pour tous les goûts entre auteurs français à la renommée certaine, d'autres à la côte plus underground mais aussi des ouvrages à stature internationale et des classiques immortels. Suivez le guide pour le debriefing de ce craquage finalement plutôt sage par rapport à des récoltes parfois pléthoriques par le passé !

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(Balade entre légendes et classiques de la littérature)

- Hamlet, Othello et Macbeth de William Shakespeare. Depuis ma très réjouissante relecture de Roméo et Juliette l'année dernière, je m'étais juré de relire quelques classiques du même auteur. C'est désormais chose possible avec cette acquisition qui concentre en elle trois pièces majeures du maître dont ma préférée qui m'avait valu à l'époque de ma lecture et étude une super bonne note à l'épreuve de lettre en terminale L : Hamlet. Je pense que je me replongerai dans les abysses de l'âme humaine version Shakespeare dès cet été.

- La Chartreuse de Parme de Stendhal. Un classique de la littérature française qui m'avait échappé jusque là, heureusement cette trouvaille impromptue va me permettre de réparer mon tort, surtout que j'ai de très bons souvenirs de mes lectures anciennes du Rouge et du noir et de Lucien Leuwen du même auteur. Ma PAL manquant de classiques, l'occasion ne pouvait être loupée.

- Contes et légendes de la mer et des marins de Quinel et De Montgon. Instant émotion que cette rencontre lecteur-acquéreur / livre car cette collection de chez Fernand Nathan a fourbi mes premières armes de lecteur, j'ai d'ailleurs de nombreux volumes dans notre bibliothèque et c'est toujours avec un petit serrement au coeur que je repose les yeux dessus. En plus, ici les deux auteurs reprennent des légendes en lien avec la mer et les hommes qui tentent de la dompter, difficile de passer à côté vous en conviendrez. Une de mes prochaines lectures sans nul doute !

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(Échappatoire dans la littérature française plus contemporaine)

- Ni d'Ève ni d'Adam d'Amélie Nothomb. Ca fait un sacré bout de temps que je n'ai plus lu Amélie Nothomb que j'ai tour à tour adoré, apprécié puis ensuite déprécié car le sentiment de "déjà-lu" m'envahissait régulièrement à chaque nouvel ouvrage parcouru. Le temps a passé (seules restent les pensées) et je me décidai à acquérir cet ouvrage qui revient sur un pan de sa vie au Japon lorsqu'elle était fiancée ! Ça promet du lourd, du fracassant et j'espère retrouver la langue accrocheuse et gouailleuse qui a fait la marque de fabrique de cette écrivaine belge bien dérangée.

- La Folle aventure des Bleus... et DRH de Thierry Jonquet. Thierry Jonquet et moi, c'est une grande histoire d'amour. Chaque lecture de cet auteur me procure à chaque fois un plaisir inégalé entre frisson et bonheur de lecture instinctif et sans concession. Cet ouvrage réunit deux nouvelles qui feront la part belle une fois de plus j'en suis sûr au regard impitoyable que pose l'auteur sur les noirceurs et lâchetés des hommes ordinaires. M'est avis que ce livre ne fera pas long feu dans ma PAL !

- Méchamment dimanche de Pierre Pelot. Là encore, un auteur que j'affectionne tout particulièrement et qui a le mérite d'être aussi doué que polymorphe dans les genres qu'il aborde très souvent avec succès. Pierre Pelot aborde dans cet ouvrage une histoire d'enfance qui va mal tourner, un roman d'apprentissage sur l'innocence et les illusions d'adultes. Tout un programme qu'il me tarde de découvrir !

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(Voyages en terres étrangères entre exotisme et introspections maladives)

- White spirit de Paule Constant. Coup de poker que cette acquisition dont je ne connais pas l'auteure mais dont la quatrième de couverture m'a de suite séduit. Fable féroce et roman initiatique se mêlent autour du destin de trois figures innocentes cernées par les ambitions, les jalousies et les envies dans le cadre d'une bananeraie perdue au milieu de nul part. Bizarre vous avez dit bizarre ? Carrément et c'est ce qui me plait !

- Histoire de ma vie de Lao She. Il s'agit ici d'une autobiographie de l'auteur qui durant sa vie a traversé nombre d'épreuves et de régimes politiques antagonistes. Je suis curieux d'avoir son regard sur cette Chine mouvante, changeante et multi-forme. La quatrième de couverture nous promet un récit émouvant et une réflexion intéressante sur le temps qui passe. Hâte de lire cela !

- Fleur de béton de Wilfried N'Sondé. Un livre qui me tente énormément depuis que j'ai mis la main dessus. Dans le microcosme d'une cité, on suit le destin de Rosa Maria, une jeune fille qui veut échapper au fatum de sa condition sociale mais qui n'entrevoit pas le bout du tunnel entre un père violent et un environnement mortifère. L'écriture à l'air puissante, vive et sans fioriture. Le genre de promesses qui peuvent conduire à un véritable coup de coeur ! Là encore, cette lecture sera entamée très vite.

Voila pour ces nouvelles acquisitions qui comme vous avez pu le lire promettent beaucoup en terme d'évasion, de découverte d'horizons lointains ou quotidiens. Chaque lecture sera un renouveau, une nouvelle découverte et je l'espère un voyage sans précédent. Les chroniques à venir sur chacun de ces ouvrages vous en diront un peu plus.

mercredi 26 avril 2017

"Les Déportés du Cambrien" de Robert Silverberg

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L’histoire : Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés.
Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique.
Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère.
Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans.
Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique.
Pourquoi a-t-il été condamné ?

La critique de Mr K : Petit voyage en terre SF aujourd’hui avec Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg, un des auteurs-phare de l’âge d’or de la SF américaine. C’est un auteur que j’affectionne tout particulièrement car à la dimension prospective et imaginaire propre au genre, Silverberg rajoute la dimension psychologique en proposant bien souvent une étude approfondie de ses personnages qui renvoient à des thématiques universalistes sur le genre humain et sa dualité : la lutte de la raison et de la folie, l’essor du genre humain ou sa chute notamment. Ce petit roman de 191 pages (en fait, une de ses nouvelles "augmentées") est une belle réussite qui tient en haleine et donne à réfléchir.

On pourrait décrire le contenu de ce livre comme une métaphore filée du goulag. L’idée des autorités est d’isoler définitivement les éléments les plus séditieux de la société en un endroit (ici un "temps") inatteignable où ils ne causeront aucun souci au pouvoir en place. C’est ainsi qu’en plein Cambrien sont envoyés un certain nombre d’extrémistes de toute obédience qui sont condamnés à y vivre jusqu’à leur mort. Grâce à des envois réguliers de matériels et de prisonniers, une micro-société s’est construite avec un leader et une certaine répartition des tâches qui permettent aux membres de cette étrange colonie de subsister. Cependant, l’arrivée d’un nouveau prisonnier va changer la donne. Qui est cet homme au comportement décalé et étrange ? Que fait-il ici ?

Le livre est construit de manière binaire. On alterne les époques d’un chapitre sur l’autre. Ainsi, nous suivons essentiellement le personnage de Barrett, le chef désigné de la colonie pénitentiaire préhistorienne entre sa gestion au quotidien de la communauté et des flashback qui peu à peu éclairent le lecteur sur les raisons de sa présence en ces lieux. L’alternance des chapitres permet une bonne mise en perspective de l’univers concentrationnaire par rapport au passé du personnage principal. De manière générale, l’épaisseur psychologique est au RDV et ce personnage précisément suinte d’humanité avec un passé révolu qui le fait encore souffrir notamment de la perte de l’amour de sa vie et d'un acte de traîtrise inique. Fine, délicate et pleine d’attention, la caractérisation des personnages procure empathie et immersion dans l’esprit de ces hommes perdus au fin fond des temps.

C’est d’ailleurs l’occasion une fois de plus pour Silverberg d’explorer, dans ce roman, les abysses de l’âme humaine avec un focus plus particulier ici sur la notion de folie liée à l’isolement du reste de l’espèce humaine. Les portraits de ces détenus aliénés est saisissant de justesse tant Silverberg excelle une fois de plus dans la description des pathologiques psychologiques qui peuvent frapper les plus fragiles d’entre nous. La souffrance transpire littéralement de certaines pages, très touchantes et déstabilisantes mettant en exergue la nécessité pour cette communauté d’un genre particulier d’organiser la gestion de groupe. C’est une entière réussite à ce niveau tant ce microcosme est crédible, précis et sans pour autant appesantir la trame narrative.

L’univers SF est très riche sans pour autant boursoufler l’ensemble et le rendre indigeste (des fois, je trouve que certains ouvrages peuvent en faire trop au détriment du sens). Le principal élément futuriste est cette mystérieuse machine qui permet de voyager dans le temps mais seulement vers le passé ! L’effet est garanti surtout qu’il s’oppose à une communauté humaine reculée, quasiment revenue au stade primitif. Le contraste est fort et valorise les éléments futuristes mais aussi la superbe description qui nous est faite du Cambrien, époque lointaine où la vie n’est pas encore sortie de l’océan primordiale et où la monotonie s’installe des paysages aux cœurs. Il se dégage de l’ensemble une mélancolie poisseuse qui colle à l’âme du lecteur qui se demande bien comment tout cela va finir...

Cet ouvrage est aussi l’occasion pour l’auteur de fournir une réflexion intéressante sur le pouvoir et sa gestion, la notion d’opposition et la tentation liberticide des régimes en perte de vitesse. L’ordre et le progrès ont ici un goût amer, les deux préceptes écrasant l’homme pour mieux le dominer, le domestiquer. En parallèle, le lecteur découvrira des personnages forts, portés par leurs convictions passées et qui sont des modèles d’engagement avec de beaux passages sur les notions de combat, de lutte pour des idéaux peu ou pas représentés dans la société de leur époque. Les flashback permettent de clarifier beaucoup de choses et d’extrapoler sur notre propre vision des sociétés humaines d’aujourd’hui. Loin de jouer les donneurs de leçons ou les moralistes, l’auteur pave notre chemin de lecture de saillies éclairantes et d’éléments de réflexion qui trouveront ou non un écho chez vous. Pour moi, ça a marché à plein régime !

Pour résumer : des personnages ciselés et attachants, une SF immersive qui provoque la réflexion, un récit intelligent, bien mené et accrocheur et enfin une écriture très accessible et très nuancée. Tous ces éléments contribuent à un plaisir de lecture total et à proposer une très belle aventure. Un super voyage littéraire que je vous encourage à entamer à votre tour.

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jeudi 2 mars 2017

"Premier de cordée" de Roger Frison-Roche

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L'histoire : Premier de cordée parle d’un jeune homme, Pierre Servettaz, qui vit à Chamonix dans les années 1930-1940. Le garçon aimerait exercer la même profession que son père : guide de haute montagne. Mais son père refuse qu'il prenne autant de risques. Il est donc en formation d'hôtelier et ne pratique la montagne qu'en tant que loisir. Quand un jour lors d’une escalade son père est foudroyé au du Dru, Pierre décide d'aller récupérer le corps de son père : accompagné de ses amis il se lance donc dans une escalade périlleuse. S'acharnant contre tout bon sens, il fait une terrible chute dans laquelle il manque de laisser sa vie.

La critique de Mr K : Une petite Madeleine de Proust en chronique aujourd’hui avec une re-lecture exaltante et émouvante, celle de Premier de cordée de Frison-Roche, un des premiers livres marquants que j’ai pu lire pré-adolescent. Conseillé par ma professeur de français de l’époque, je l’avais goutté et apprécié comme jamais, l’ouvrage faisant notamment écho à mon amour des vacances d’été à la montagnes (ma grand-mère était pyrénéenne et j’y passais beaucoup de temps entre grimpette, randonnée et bons repas) et donnait à voir de manière précise et imagée le petit monde des guides de haute montagne et la vie à Chamonix au siècle dernier. C’est avec un plaisir sans nom que j’ai refait le voyage en compagnie de Frison-Roche, le résultat est toujours le même : une superbe lecture.

Nous suivons plus ou moins le destin de Pierre, fils d’un guide renommé de la région de Chamonix qui va trouver la mort tragiquement suite à un orage d’une rare violence. La première partie de l’ouvrage s’attelle à nous décrire ce choc à travers les yeux du fils meurtri, de la victime elle-même (expliquant les raisons qui ont pu le pousser à pratiquer l’alpinisme malgré un temps déplorable) et des gens du crû formant une communauté très soudée. Un autre accident va intervenir et mettre en péril les velléités de Pierre à suivre les traces de son père et la deuxième partie du roman s’attache à sa rééducation et sa guérison pour pouvoir à son tour devenir guide. Ce livre est magique pour bien des raisons.

Tout d’abord, c’est un vrai roman d’aventure un peu à l’ancienne où l’on suit au plus près les personnages dans leur quête d’absolu avec cette bivalence étrange envers le milieu montagneux à la fois attirant et angoissant. Les parties narratives dédiées aux "courses" (randos + alpinisme avec touristes) sont d’un réalisme terrible, l’auteur collant au plus près de ses personnages, n’omettant aucun détail technique / psychologique qu’il insère avec talent dans la tête du lecteur qui se retrouve quasi parti-prenant de l’expédition. L’amateur de récit de voyage que je suis a été servi avec des scènes merveilleuses d’ouverture à la Nature mais aussi des phases de tension saisissantes qui mettent mal à l’aise et donnent irrémédiablement envie de lire la suite. J’avais beau l’avoir déjà lu, j’ai redécouvert quelques aspects du récit et j'ai réagi tout aussi bien que lors de ma première lecture.

Les personnages sont très bien ficelés. On reste dans du classique avec des figures éprouvées de la narration romanesque mais on éprouve tout de même beaucoup d’empathie pour ce jeune orphelin de père qui voit du jour au lendemain la terre s’ouvrir sous ses pieds et l’empêcher de réaliser son rêve. On soutient toute sa bande d’amis qui essait tant bien que mal de lui faire remonter la pente et de lui redonner envie de vivre, on se plaît à suivre la douce vie de ce village campagnard et montagnard avec ses rites et ses habitudes ancestrales (le combat de vache pour désigner la reine du troupeau, le fonctionnement d’une maison d’hôte, l’organisation du métier de guide, les techniques d’agriculture…) Modèle de civilisation bien expliqué grâce à la langue merveilleusement précise et accessible d’un auteur naturaliste et amoureux de ces lieux.

Et puis, il y a la montagne et la Nature. C’est un pied intégral de replonger dans les nombreuses descriptions qui émaillent le texte. Loin de l’alourdir, il en renforce le sens et la vision. Tant de beauté déployée entre les printemps fleuris et les hivers glaciaux et dangereux pour l’homme. La nature transcende son apparence mais aussi la vie des hommes qui ont choisi une existence quasi monacale pour certains (les gardiens de cabane). On en prend vraiment plein les yeux et on ressort plus riche, l’esprit peuplé d’images incroyables comme celles des massifs montagneux émergents de la brume, du temps changeant qu’il faut surveiller et qui donne lieu à de spectaculaires tableaux visuels et parfois auditifs, de la nature en expansion prodigue à l’occasion de bienfaits. Ce livre est donc un bel hommage rendu aux espaces montagnards, l’inspiration qu’ils peuvent provoquer et la pureté qu’il peut s’en dégager.

Il se dégage un charme désuet de ce récit, cela se voit dans la manière d’écrire et se ressent dans le monde qui nous est donné à voir, peuplé parfois de visions naïves, la plus grande étant cette solidarité à toute épreuve qui se dégage de ces pages alors que je suis loin de partager cet optimisme béat. Loin pour autant de rabrouer mon enthousiasme, cet aspect suranné donne un cachet et une profondeur intéressante au livre, lui font conserver une aura intacte et une puissance évocatrice toujours aussi impressionnante. Un sacrée lecture que je ne peux que vous conseiller.


jeudi 16 février 2017

Craquage de février, PAL explosée !

Le moment fatidique est finalement arrivé... Nous avons fini par céder aux sirènes de l'abbé et avons fait un petit tour à notre Emmaüs préféré hier (ceux qui nous suivent sur IG sont déjà au courant !). Une fois de plus, cette petite visite innocente (sic) s'est révélée fructueuse avec pas moins de 16 nouveaux volumes qui viennent rejoindre leurs petits camarades dans nos PAL respectives. Voici la photo de famille des nouveaux arrivants et le fameux post de nos dernières acquisitions !

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Je vous laisse deviner qui a craqué le plus... 15 livres pour moi et 1 pour Nelfe ! Irrécupérable, je sais mais c'est vraiment impossible de résister à tous ces séduisants volumes qui vous tendent leurs petites pages en implorant votre pitié. La vraie raison? Je n'ai aucune volonté face à certains auteurs ou certaines couvertures / quatrièmes de couverture. Comme en plus, je me plante rarement sur mes choix... Y'a pas de raison que ça change ! En plus, ça vous donne une bonne raison de vous moquer de moi. Et ça, c'est vraiment sympa de ma part, non ? Trève de bavardage, c'est l'heure du déballage !

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- Chroniques de San Francisco et Babycakes d'Armistead Maupin. Chinage après chinage, je me rapproche de mon objectif de réunir la série complète pour un trip re-reading de fou pour cet été. Oui, je sais, je suis prévoyant et ambitieux ! J'avais adoré cette saga lors de ma première lecture et j'ai hâte de m'y replonger. Il ne m'en manque plus que 4 volumes sur les 9 que compte la collection. Miam miam !

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Le rayon littérature asiatique était plus fourni que d'habitude, il m'a fallu choisir parmi une vingtaine de titres, ces deux là ressortaient nettement du lot :

- Hotel Iris de Yôko Ogawa. Vous n'imaginez pas ma joie en tombant sur ce livre, je l'ai embarqué sans même regardé la quatrième de couverture tant je suis tombé amoureux de la sensibilité à fleur de mot de Yôko Ogawa, une auteur japonaise qu'il faut absolument découvrir si ce n'est déjà fait. Elle dépeint l'âme humaine comme personne et se détourne des sentiers battus pour fournir de fortes émotions à ses lecteurs. Ici, on nous promet une histoire d'amour, de désir et de mort. Tout un programme !

-English de Wang Gang. Coup de poker que cette acquisition vu que je ne connais pas du tout cet auteur chinois. En pleine révolution culturelle en Chine, un jeune garçon va découvrir la langue de Shakespeare et s'ouvrir au monde grâce à un précepteur très gentleman. Ca risque de détoner en pleine dictature maoïste ! Bien hâte de voir ce que ça va donner. 

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Voici les fameux auteurs à qui je ne peux décemment pas dire non. Des génies, des immortels ? Chacun jugera mais pour moi, ils font partie des classiques et de mes chouchous que j'adore. Non non, je ne suis pas gaga !

- Bestiaire magique de Dino Buzzati. Voici un titre de l'auteur que je ne connais pas et pourtant je l'ai beaucoup pratiqué. Il s'agit d'un recueil de nouvelles propulsant au centre des récits des animaux pour mieux dépeindre la condition humaine. Naturaliste scrupuleux, il n'hésite pas dans le présent volume à le mêler de fantastique et de merveilleux. Je suis bien curieux de lire ça !

- Le Soleil se lève aussi d'Ernest Hemingway. Encore un monstre sacré pour une oeuvre moins connue et que je vais découvrir au plus vite. On suit la destinée d'un jeune américain séjournant en France, partagé entre un amour contrarié et une amitié plus que pesante. J'espère retrouvé le style inimitable du maître et sa propension à nous transporter loin, très loin dans l'universalité de ses récits.

- Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Re-reading ultra-séduisant que celui-ci, un livre qui a marqué mon adolescence et désacralisé le monde tel que je le percevais alors. J'avais adoré à l'époque, tellement que j'en ai oublié que je l'avais déjà en bibliothèque ! Je lirai quand même cet exemplaire que je transmettrai à mon tour... Un incontournable, une bombe, un bonheur d'engagement et d'humanisme. Steinbeck quoi !

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SF quand tu nous tiens ! Bel effort aussi dans le rayonnage pour ce genre souvent trop boudé par le grand public. Là encore, du très très lourd en perspective !

- Le Silmarillion et Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R Tolkien. Culte de chez culte, un re-reading avec Tom Bombadil et une lecture trop longtemps repoussée pour le Silmarillion. C'est tout bonnement mon auteur de fantasy préféré juste devant George R.R. Martin (la feignasse qui n'écrit pas la suite de sa saga, vous savez ?). Trop hâte d'y être et de replonger en Terre du Milieu surtout qu'injustement, Peter Jackson a évincé le bon Tom de sa néanmoins très bonne adaptation du Seigneur des anneaux

- Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg. Plus de place dans les prisons ! Oubliez les solutions toutes faites proposées par les gugusses en campagnes, Bob a la solution ! Envoyez tout ce petit monde en pleine préhistoire quand la vie n'a pas encore émergé de l'eau. Le concept est tentant, non ? la plume poétique et alerte de l'auteur saura sans nul doute me convaincre... Mais qu'entends-je ? Tout ne se passerait pas comme prévu ?

- Le Monde de la mort d'Harry Harrisson. Clairement, la série B du lot avec une histoire de joueur professionnel envoyé sur une planète hostile à la suite d'un deal truqué. Il va devoir survivre dans la nature hostile et affronter les inquiétants habitants de ce monde en friche. Une histoire bien sympathique pour se détendre après un bon vieux classique !

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Gasp ! Le rayon fantastique / épouvante est lui aussi bien fourni... Horreur, malheur !

- Le Jour J du jugement de Graham Masterton. Le concept est délirant : un tank hanté par des GI morts sur le champ d'honneur! Je le concède, c'est plutôt "space" écrit comme ça. Mais quand on sait que c'est Masterton qui tire les ficelles, je dis que ça se tente. C'est un auteur qui ne m'a que très rarement déçu. Vous reprendrez bien un peu de gore Mr K ?

- Le Disciple de Laird Koenig. Un ersatz de Jésus écume les États-Unis accompagné de fidèles accros aux miracles. À priori, il y a anguille sous roche et le Paradis se transforme en Enfer. Je ne sais pas pour vous mais j'aime bien les histoires d'apocalypse même si je dois bien avouer que celle-ci flirte avec la série B. Qui lira verra !

 - L'Horreur du métro de Thomas Monteleone. La couverture est bien cheap (laide diront certaines, chuuuut Nelfe !) mais cette histoire de bestioles vivant sous terre et grignotant les pauvres humains passant à leur portée me tente bien. On nous promet une vengeance terrifiante de la nature sur le cancer humain régnant sur notre planète. Il m'en fallait pas plus pour basculer dans le côté obscur...

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Enfin, deux ouvrages US pur jus dont le fameux livre dégoté par Nelfe. Si ça, ce n'est pas un teaser de dingue !

- Pandemonium de Les Standiford. Un pur hasard que cette acquisition basée uniquement sur une quatrième de couverture intrigante où il est question d'armes chimiques en circulation sur le territoire américain. Un cauchemar à page ouverte selon certains, je me suis laissé tenté. Gageons que j'ai eu raison !

- Dalva de Jim Harrison. Le voila, le fameux, l'unique, le précieux ouvrage dégoté par Nelfe ! Un Jim Harrison plein de promesse, roman des grands espaces comme ma douce les affectionne doublé d'une saga familiale et d'un hymne à la vie. Franchement, si elle n'est pas contente avec cela, on ne peut plus rien pour elle...

Voili voilou. De belles trouvailles non ? Il ne reste plus qu'à trouver le temps de les lire mais je pense que je m'en arrangerai. Ne soyez pas trop triste pour Nelfe, elle va bientôt prendre sa revanche. En effet, ce samedi, c'est la vente de destockage de livres chez le même Emmaüs et les réserves sont à priori immenses (dixit le libraire de l'assos) et libres d'accès. Pour ma part, je suis puni et je n'irai pas (sinon, une pièce entière serait à consacrer à ma PAL) par contre Nelfe y sera et peut-être ses pas croiseront des ouvrages qui sauront la séduire à son tour. Wait and see...

mercredi 15 février 2017

"Le Murmure des loups" de Serge Brussolo

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L’histoire : Quelle meilleure cachette, au terme d'un hold-up sanglant, qu'un bâtiment condamné, perdu au milieu d'anciens locaux militaires placés sous haute surveillance ? Bien sûr, il vous faudra cohabiter avec les rats, véritables propriétaires des lieux...

Étudiant pauvre, Daniel Sarella, lui, s'est fait embaucher dans une société de gardiennage pour gagner un peu d'argent. Et lorsqu'il découvre l'univers ténébreux des vigiles, ces guerriers de la nuit, il se demande s'il a fait le bon choix. Trop tard. On n'entre pas impunément dans ce monde nocturne, peuplé de fantasmes d'autodéfense.

La critique de Mr K : Cet ouvrage est mon premier Brussolo de 2017 avec un titre qui errait dans ma PAL depuis déjà un sacré bout de temps. J’aime beaucoup ce vieux de la vieille de l’écriture qui a un talent fou pour fournir angoisses et frissons avec des histoires alambiquées qui ne nous emmènent jamais là où on pense aller. Avec Le Murmure des loups, il reste dans la même veine !

Jeune étudiant en Histoire désargenté, Daniel se retrouve plongé dans le monde des vigiles après avoir décroché une place dans une entreprise de sécurité pour l’été. Bien loin de son univers estudiantin, il est confronté à la dure réalité du métier de gardien de nuit avec le difficile apprentissage des horaires décalés et la cohabitation forcée avec des personnes avec lesquelles il ne partage aucun atome crochu (alcool, beaufitude, violence...). L’affaire se complique quand il se rend compte que dans un des bâtiments qu’il est chargé de surveiller se sont réfugiés après un sanglant braquage deux adeptes d’une secte millénariste... La fatigue, la pression, les fantasmes, la manipulation... rien ne sera épargné au jeune homme qui plonge littéralement en enfer.

Quitte à me répéter, la grande force de Brussolo réside dans la caractérisation de ses personnages. En peu de mots et avec une dextérité de chirurgien, il plante des personnages crédibles et profonds. On se retrouve immédiatement dans leurs peaux respectives et l’ambiance crée le reste. L’univers décrit ici est sombre, c’est celui de la nuit poisseuse, aux côtés de personnages menant des vies déviantes en dehors de la normalité admise par la majorité car travailler de nuit modifie les corps et les esprits (passage sur la lumière du jour très éclairant dans ce domaine), mais aussi des êtres dérangés comme les deux membres de la secte persuadés que l’apocalypse nucléaire est pour bientôt et qui se méfient de tous les écrans qui propulsent des ondes nuisant à la santé. Ambiance bien glauque confortée par un lieu pour le moins ragoûtant : une ancienne base militaire US désaffectée où les rats ont installé leur territoire...

Brussolo frappe une fois de plus un grand coup avec un roman qui marque durablement les esprits par la maestria déployée une nouvelle fois pour démonter consciencieusement et insidieusement le personnage principal. Peu à peu, on sent bien que Daniel est bien mal embarqué et que son "innocence" et sa naïveté vont lui porter préjudice. Son esprit d’abord endormi finit par s’égarer entre fantasmes liés à des légendes urbaines prospérant sur les peurs accumulées autour des bâtiments désaffecté (des fantômes en colère reviendraient hanter les vivants, le règne animal va bientôt remplacer l’homme...), discussions à l’emporte pièce mais éprouvantes pour le moral avec ses collègues désabusés et finalement sa rencontre avec Christine (une des membres de la secte) qui en lui racontant son parcours va le faire douter tout court (sur son existence, le monde). Cela donne lieu à des passages flippants à souhait où le personnage (et du coup le lecteur) navigue à vue, à la recherche d’éventuels repères pour revenir à la réalité. Mais plus le temps passe, plus les frontières du visible et de l’invisible semblent se mêler...

On passe un excellent moment avec cette lecture qui se révèle addictive très vite mais cela ne surprendra pas les amateurs de l’auteur qui, par son ingéniosité stylistique et ses saillies scénaristiques venues de nulle part, assène ses chapitres comme autant de directs à l’estomac laissant le lecteur en toute fin de lecture complètement KO. Je suis peut-être maso mais j’adore ça et j'en redemande !

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur :
"Le Syndrome du scaphandrier"
"Bunker"
"Les Emmurés"

"Avis de tempête"
"La Main froide"
"Pélerin des ténèbres"
"La Fille de la nuit"
"La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond"
"Le Livre du grand secret"
"Trajets et itinéraires de l'oubli"
- "Le Nuisible"

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samedi 4 février 2017

"La Bête" de Peter Benchley

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L’histoire : Pour des marins avisés, les eaux des Bermudes présentent moins de danger que n'en laisse croire la légende du fameux "Triangle" ; pourtant "yuppies", jeunes gens de bonne famille et navigateurs confirmés disparaissent corps et biens : surgi des profondeurs de l'océan, un "être" monstrueux entreprend de déchiqueter l'acier des bateaux et la chair des hommes.

Whip Darling, pêcheur et expert des fonds marins, se trouve pris entre le délire vengeur des hommes et la force effroyable de la bête affamée. En compagnie d'un savant monomaniaque et d'un millionnaire qui se prend pour le Capitaine Achab, Whip va devoir affronter la bête.

La critique de Mr K : Peter Benchley est connu pour avoir écrit le fameux roman Les Dents de la mer qui donna lieu à une adaptation terrifiante par Steven Spielberg, oeuvre qui reste pour beaucoup un film culte. Le roman m’avait plu aussi quand plus jeune je l’avais emprunté au CDI de mon bahut. C’est le hasard qui me mena à un bac à livres d’occasion du Périgord où m’attendait le présent ouvrage qui promettait monts et merveilles à l’amateur de récits de mer teintés de fantastique que je suis. Je n’ai pas été déçu.

La bête qui donne son titre à l’ouvrage est affamée et est remontée des profondeurs marines pour trouver des proies qui pourront la rassasier. C’est bien dommage dans ces conditions d’étrenner son nouveau voilier ou de faire de la plongée sous-marine... Gare aux imprudents qui croiseront la route de ce prédateur hors norme ! Ces disparitions en série vont alerter les autorités, l’armée mais aussi Whip, un pêcheur expérimenté qui ne voit là que la conséquence des actions de l’homme sur la nature qui parfois se rebelle. Malgré ses réticences, il va se retrouver embarqué dans une expédition punitive contre la mystérieuse créature...

On retrouve beaucoup de points communs entre ce titre et le best seller sur les requins pré-cité. Bien qu’éprouvés et connus, les méandres de l’intrigue accrochent par leur caractère aventureux et des personnages bien poussés. Entre le vieux de la vieille grincheux, le jeune premier en mal d’action, le politique imbu de lui-même, la population que la terreur gagne... Rien ne nous est épargné dans la gestion de cette catastrophe. Car au-delà des morts, c’est la survie de la petite île (dont l’économie est tournée quasi exclusivement vers le tourisme) qui est en jeu car à force de pêcher au-delà du raisonnable, les pêcheurs se cantonnent désormais à transporter les touristes et à jouer les guides. On s’attache assez vite à la localité et aux héros qui se battent avec leur vie pour pouvoir manger, garder l’héritage familial et plus généralement aller de l'avant malgré une conjecture difficile.

Pas le temps de s’ennuyer entre de courtes séquences mettant en scène la bête rodant dans les eaux bermudiennes, des passages nous livrant des attaques aussi rapides que violentes tuant sans vergogne des humains bien trop souvent nonchalants et surtout trop sûrs de leur supériorité. L’histoire principale mêle habilement chasse au monstre, luttes de pouvoir au sein de l’île, vie familiale en péril et recherche de sens dans une existence morne. Certes l’ensemble ne brille pas par son originalité mais les pages se tournent toutes seules, l’addiction venant très vite et les questionnements se multipliant au fil des chapitres.

Passionné par les océans depuis son plus jeune âge, Peter Benchley livre ici un magnifique plaidoyer écologiste en sous-texte. Car en plus d’être un livre bien flippant, c’est l’occasion à certains moments d’évoquer des réalités difficiles pour notre planète bleue comme les marées noires, la pêche intensive à la nasse qui met en danger la survie d’espèces entières, la sur-exploitation des fonds marins qui détruit petit à petit certaines barrières de corail... Pas de moralisme bien pensant pour autant mais simplement des piqûres de rappel qui donnent une certaine densité à Whip (il est très souvent au centre de ces réflexions) et permet au lecteur d’en apprendre davantage sur les Bermudes qui ne sont pas uniquement un repère à monstres ! Certains passages sont aussi l’occasion d’en connaître plus sur les espèces marines, les modes de vie de certains poissons et le fonctionnement de la chaîne alimentaire. C’est érudit sans l’être trop et si la mer vous intéresse, on en apprend pas mal, sans se prendre la tête et en lisant un bon roman d’aventure.

La Bête est une belle réussite. Il conjugue histoire universelle avec une langue maîtrisée, simple d’accès et parfois virevoltante lorsque l’action est de mise. On passe un excellent moment et tous les amateurs du genre seraient bien inspirés de tenter le voyage.

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dimanche 22 janvier 2017

Premier craquage de PAL 2017 !

Il fallait bien que ça arrive un jour... voici le traditionnel premier post d'acquisition du Capharnaüm éclairé de l'année 2017! Vous connaissez notre amour des livres de seconde main, ces occasions en or que l'on trouve au détour d'un étal ou d'un bac. Comme vous allez pouvoir le constater, l'année débute pas mal du tout avec 14 ouvrages collectés qui vont rejoindre nos PAL respectives.

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Leurs origines sont diverses certains venant de notre abbé préféré, d'autres de boîtes à livres du secteur ou encore de magasins de revente. Il y en a pour tous les goûts mais ce qui ne change pas par contre, c'est qu'une fois de plus je bats Nelfe à plat de couture en terme de plombage de PAL. Mais à ce jeu là, vous savez que je suis redoutable... Voici par le menu, les nouveaux livres adoptés !

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On commence avec quelques auteurs "classiques" que j'affectionne tout particulièrement entre retrouvailles et relecture.

- Premier de cordée de Roger Frison-Roche. Il s'agira pour moi d'une relecture car c'est un livre que j'avais découvert et dévoré en 6ème lors d'un atelier lecture avec ma prof de français. J'ai hâte de retrouver les grands espaces, la nature magnifiée et les destins contrariés d'une famille attachée à la montagne. Madeleine de Proust quand tu nous tiens !

- L'Arrache coeur de Boris Vian. Voici un livre dont j'ai beaucoup entendu parler et que je n'ai toujours pas lu. Vian étant un auteur que j'apprécie (surtout L'Automne à Pékin et le génialissime L'Écume des jours), je vais tenter l'aventure de cette lecture qui s'annonce sombre dans une étude sans concession de nos travers.

- La Symphonie pastorale d'André Gide. Aaaah Gide ! Comment oublier Les Nourritures terrestres, un livre qui m'avait laissé pantois. Avec ce titre, il explore le mythe de l'enfant sauvage en le doublant d'amour contrarié. J'espère retrouver la sensibilité à fleur de mot de l'auteur et son écriture si envoûtante.

Acquisition 2

Ma PAL côté policier / polar / suspens baissait dangereusement (comprendre plus que 30 unités livresques -sic-), nos errances de janvier m'ont permis d'attraper ces trois titres :

- La Nuit est sale de Dan Kavanagh. Un volume "série noire" de plus dans ma PAL avec une sombre histoire de flic mis au placard qui va s'attaquer à du gros gibier en plein quartier de Soho à l'ombre. Nulle place pour l'espoir à priori avec ce roman d'un auteur que je ne connais pas mais dont la quatrième de couverture m'a attiré de suite. Wait and read...

- L'Ile des morts de P.D. James. Un riche excentrique invite dans son château victorien isolé sur une île des amis à lui. Les réjouissances ne vont pas tout à fait se dérouler comme prévu, la mort s'étant invitée aussi. Là encore, c'est un coup de poker que cette acquisition dont le résumé m'a fait beaucoup penser au livre de Guillaume Chérel paru chez Mirobole en septembre dernier mais à priori en bien moins drôle... Qui lira, verra !

- La Princesse noire de Serge Brussolo. Impossible pour moi de dire non à cet auteur qui m'a procuré tant de plaisir de lecture. Ce Brussolo ci est un thriller médiéval faisant la part belle au mystère et aux croyances de l'époque dans un vieux château cachant bien des secrets dans ses entrailles... Hâte de voir de quoi il en retourne !

Acquisition 3

Pour continuer, un peu de SF histoire de bien exploser ma PAL de ce côté ci !

- L'Agonie des ténèbres de George R.R. Martin. Il s'agit d'un ouvrage de jeunesse de l'auteur devenu culte avec sa saga du Trône de fer. À classer dans le space opéra mâtiné d'aventure, un homme va se rendre sur une planète inconnue pour délivrer son ex-amante aux prises avec des ravisseurs aux codes tribaux inflexibles. Une expérience SF satisfaisante avec cet auteur (Chanson pour Lya) me donne bonne espoir pour cette future lecture.

- L'Oreille interne de Robert Silverberg. Un de mes auteurs SF favori a de nouveau croisé ma route avec ce roman considéré comme un de ses meilleurs. Un homme télépathe affronte ses démons intérieurs dans un récit mélancolique non dénué d'humour et j'imagine un soin tout particulier apporté à la psychologie des personnages, le point fort de Silverberg avec son écriture hors norme. Ce titre ne fera pas de vieux os dans ma PAL !

- La Mort blanche de Frank Herbert. Un roman terrible selon les avis que j'ai pu lire, un livre traitant de souffrance totale ou comment un homme ayant tout perdu va devenir irrémédiablement fou et possédé par la vengeance en fabricant un virus biologique exterminateur. On ne présente plus l'auteur (Dune, ça vous dit quelque chose ?) et ce livre sur le terrorisme absolu promet beaucoup. Là encore, je ne traînerai pas pour le lire.

Acquisition 4

Deux brochés pour terminer ma sélection avant de passer la main à ma chère Nelfe:

- Les Mémoires d'Elizabeth Frankenstein de Théodore Roszak. Décidément, je ne sors plus du mythe de Frankenstein en ce moment ! Mais je ne pouvais décemment pas résister, adorant cet auteur atypique, conteur hors pair maniant le suspens avec maestria. L'héroïne qui donne son titre au livre est recueilli par la célèbre famille et va être initiée à l'alchimie, l'occultisme et la science. On nous promet une folle histoire romanesque, gothique et féministe. Je trépigne d'impatience !

- Anansi boys de Neil Gaiman. Encore un auteur que j'adore, on retrouve ici l'univers d'American Gods dans un livre que l'auteur décrit comme une épopée magico-horrifico-thrillo-fantastico-romantico-comico familiale. Je ne sais pas pour vous mais moi ça me suffit pour foncer dessus ! La chronique viendra assez vite je pense...

Acquisition 5

Place aux trois ouvrages dégotés par Nelfe !

- Fatales, ouvrage collectif. Pour une raison très simple : Actes noirs ! J'ai fait tant de belles lectures dans cette collection que ce petit recueil ne pouvait qu'atterrir dans ma PAL. D'autant plus que l'on compte ici Camilla Läckberg parmi les auteurs ici présents !

- Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista. Parce que Benacquista est quand même un putain d'auteur ! Entre Malavita et Saga, mon coeur ne balance pas, j'aime tout !

- Africa Trek 1 de Sonia et Alexandre Poussin. Parce qu'en ce moment j'aime beaucoup lire des récits de voyages / d'expériences (à défaut de pouvoir les faire moi-même). Mon dernier en date, Dans les forêts de Sibérie (dont il faut que je vous parle dans un prochain article). Ici on change complètement de paysage et de météo mais l'expérience reste incroyable. Traverser l'Afrique à pied !

Voili voilou ! Un bon butin, non ? On commence l'année 2017 sur les chapeaux de roue, reste à trouver le temps de lire tout cela et d'essayer de faire baisser nos PAL. Je vous l'accorde, il y a pire comme obligations...

lundi 5 décembre 2016

"La Femme du monstre" de Jacques Expert

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L’histoire : Quand elle a épousé le monstre, elle n'avait que vingt-deux ans. Elle admirait sa force, son charme, n'en revenait pas qu'il ait pu la choisir, elle qui n'était pas belle, que personne n'avait jamais remarquée. Quand la police est venue arrêter le monstre, le pays tout entier s'est soudain intéressé à elle, une femme de trente-huit ans, ordinaire. Mais, entre les deux, il y a seize années de vie de couple, seize années durant lesquelles elle a été une mère dévouée, une épouse loyale, une bonne voisine, une femme sans histoire qui ne pouvait pas se douter. A moins que...

La critique de Mr K : C’est Nelfe qui a choisi cette lecture parmi trois titres que j'avais exhumé de ma PAL. C’est un jeu que nous affectionnons bien lorsque nous piochons dans des ouvrages plus anciens dans nos stocks en attente entre deux lectures de nouveautés. Je n’ai guère été surpris lorsque ma douce femme a choisi le Jacques Expert car elle est assez fan de cet écrivain. L’histoire bien glauque a fini de faire pencher la balance et c’est le cœur rempli d’espoir que je rentrai dans ce roman noir de chez noir, calqué sur la réalité que l’auteur a pu croiser de près ou de loin lors de son travail de journaliste.

Dans La Femme du monstre, on suit l’histoire à travers les yeux d’une jeune femme dont le mari a été arrêté pour viol et meurtre aggravé. Pour bien cerner la situation et le procès, les chapitres alternent entre le déroulement de l’action en justice et le résumé d’une vie de couple ayant tout de même duré 16 ans. C’est l’occasion pour la narratrice de présenter son ressenti, sa vision de son mari et du couple qu’ils formaient tous les deux. Face aux révélations successives, le lecteur passe de Charybde en Scylla, s’enfonçant de plus en plus dans une horreur pénétrante car quotidienne et banale. On ne ressort pas de cette lecture indemne !

D’un côté, il y a ce mari charmeur et sûr de lui qui s’avère très vite dérangé du ciboulot. Régnant en tyran sur le logis, ses appétits sexuels sont nombreux et déviants ce qui ne choque pas dans un premier temps l’oie blanche que se révèle être sa jeune épousée. Souvent absent, quand il est là, il est désagréable au possible et parfois le temps d’un dimanche peut se révéler d’une grande gentillesse. La narratrice, d’un caractère soumis, ne dit rien et agace très vite le lecteur. Comment peut-on se laisser faire à ce point ?

Il faut dire que dans ce roman, on nage en plein délire du type "confession intime" avec la reine télé qui trône au milieu du salon et la grande naïveté qui habite la femme trahie et dominée. La pitié et la commisération se sont mues très vite en dégoût et en ressentiment à son endroit. On en arrive même par moment à penser qu’elle mérite ce qui lui arrive tant elle s’avère d’une grande stupidité voir d’une certaine méchanceté, espèce de rancune entretenue par son impuissance à s’imposer face à Simon son mari déjanté et qu’elle projette sur de tierces personnes. Les barrières morales existantes permettant de séparer le bien du mal semblent s’estomper petit à petit, la naissance des enfants n’y changera rien, ce mariage est voué au naufrage voir au désastre absolu.

On a donc les nerfs durant toute la lecture, la tension ne se relâchant jamais entre personnages exécrables, bassesses à répétition et négation de l’individu. La lecture est franchement éprouvante par l’univers qu’elle dépeint et qui est d’un réalisme de tous les instants. Ce contenu permet au roman de décoller car l’écriture en elle-même est plutôt plate et sans surprise. On sent bien que l’auteur était journaliste dans une première vie et le style s’en ressent. Ça a ses avantages et ses inconvénients, ici cela sert le récit et lui donne une dimension horrifique supplémentaire.

Une très bonne lecture donc même si je n’en ferai pas de ce type tous les jours tant il pourrait me dégoûter encore plus du genre humain. À tenter si vous avez le cœur bien accroché !

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