dimanche 21 février 2016

"Billie" d'Anna Gavalda

BillieL'histoire : Billie, ma Billie, cette princesse à l'enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badinne pas avec l'amour dans l'autre est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j'écris.
A. G.

La critique Nelfesque : J'avais acheté "Billie" il y a déjà un bon petit moment lors de la cash-mob organisée par l'Imaginaire pour tenter de sauver cette vieille librairie lorientaise. Une bonne action et une prise de risque assez faible avec Anna Gavalda qui est une auteure que j'aime beaucoup et que je retrouve toujours avec plaisir. La couverture de ce roman ci est kitchissime, la quatrième de couv' énigmatique, bref je ne savais pas où j'allais mais qu'importe...

Puis il a traîné dans ma PAL, il s'est même retrouvé sur une des tables de notre mariage avec d'autres copains aux noms ou aux couvertures champêtres. Il a pas mal bourlingué ce petit âne et je me suis finalement dit que c'était le bon moment pour le lire lors de ces dernières vacances de février. Et j'ai bien fait !

Avec Anna Gavalda, je retrouve toujours une part de magie dans ses pages, un sourire à mes lèvres lors de mes lectures et un sentiment d'être plus que jamais vivante lorsque je termine un de ses romans. Je n'en abuserai pas pour ne pas être lassée mais tous les 2 ans environ je ne boude pas mon plaisir.

Mais assez parlé de moi, parlons plutôt de "Billie". Billie est une jeune femme qui doit son nom à la fan-attitude de sa mère pour Michaël Jackson et son fameux "Billie Jean". Lorsque le lecteur fait sa connaissance elle est en bien mauvaise posture puisqu'elle vient de faire une chute de plusieurs mètres dans une crevasse en plein parc des Cévennes et se retrouve à veiller son meilleur ami qui ne peut plus bouger et souffre beaucoup. Lui, c'est Franck. Chez lui, peu de fans de Michaël Jackson mais en revanche on aimait beaucoup Frank Alamo (Da dou ron ron, Biche ma biche tout ça), d'où son nom.

Le soleil se couche et ils vont devoir visiblement passer la nuit dans le parc national en espérant que les secours ou qu'un randonneur les trouvent. Cette longue nuit où Billie n'arrive pas à dormir, s'inquiétant pour la vie de son ami d'enfance, est l'occasion pour elle de prier sa bonne étoile. Celle qui lui a fait rencontrer Franck lorsqu'elle était gamine et qu'elle vivait dans une famille qui ne se souciait que très peu d'elle, celle qui lui a fait étudier "On ne badine pas avec l'amour" en cours de théâtre avec lui et lui a fait prendre conscience qu'elle était importante pour quelqu'un, celle qui tout le long de sa jeune vie lui a fait prendre des chemins détournés pour accéder bon an mal an au bonheur.

Le lecteur découvre alors la vie de Billie et Franck, de la rencontre de deux gamins que tout oppose à cette chute en plein milieu de la Lozère. Vont-ils s'en sortir ? Quels liens les unissent ? Je n'en dirai pas plus...

Avec ce roman, Anna Gavalda décortique l'amitié entre hommes et femmes, l'enfance blessée, les promesses que l'on se fait à soi-même et le long chemin vers le bonheur de vivre. Avec simplicité, et ici un langage très fleuri compte tenu de la classe sociale et de l'éducation de Billie, on navigue avec plaisir dans les petits secrets et le quotidien de ces deux âmes esseulées qui ont su se trouver. C'est elle qui va nous raconter son histoire et le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas triste (et ce malgré le pathétique de la situation parfois) ! Comme très souvent dans les oeuvres de Gavalda, les personnages sont ici la clé du roman. Le lecteur s'attache à Billie, à Franck et à leur relation faite de hauts et de bas mais toujours intense et pleine de respect.

Vous êtes un peu ronchon ? Vous ne voyez plus les petits plaisirs de la vie dans ce monde anxiogène ? Vous avez besoin d'un bouquin qui met du baume au coeur ? Ne cherchez plus et laissez-vous charmer par "Billie" parce que c'est simple, c'est beau et que ça fait du bien !

Posté par Nelfe à 16:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 2 septembre 2012

"Ca va trop vite" d'Anne Lenner

lennerL'histoire: C’est l’histoire d’un dandy du shit qui ne se connaît qu’une ligne de conduite : celle de la fuite. Mauvaise herbe vite montée en graine, il envisage sa vie comme une partie de poker, tous les coups étant permis puisqu’il est prêt à y mettre le prix. De trafics à la petite semaine aux go fast, d’une cage dorée de gigolo à l’univers clinquant de la joaillerie, le voilà propulsé sur scène et enchaînant des tubes qui se voudraient interplanétaires. Une carrière météorique pour une étoile qui a trop souvent le nez dans la poudreuse. Ça va vraiment trop vite.

La critique Nelfesque: "Ca va trop vite" m’a d’abord séduite par sa quatrième de couverture. Roman de la rentrée littéraire, je ne connaissais pas l’auteur, Anne Lenner, pourtant déjà à son troisième roman. En cherchant sur le net, j’ai trouvé quelques phrases bio qui m’ont mis la puce à l’oreille: "Après un passage à la Sorbonne, quelques voyages et une kyrielle de petits boulots, Anne Lenner vit désormais dans un grenier, parce que c’est plus pratique pour regarder les étoiles. A l’occasion, il lui arrive d’écrire." La dérision et la légèreté de cette présentation me l’ont rendu sympathique et je n’ai pas hésité plus longtemps avant de me plonger dans son nouveau roman. Merci à Chroniques de la rentrée littéraire pour celà.

"Ca va trop vite" porte bien son nom. Il n’y a pas de temps morts dans ce roman où l’on suit Epsilon de ses débuts de jeunes kaïra de banlieue en "stage" chez Lacrymo, THE big boss du Bocal, à son envol hors les murs de la cité. Passant par tous les stades et toutes les conditions, il va devenir tour à tour sentinelle, adepte de trafic de clopes, dealer de shit, de coc... En commençant à 12 ans, ça fait jeune... Puis c’est la course avec son grand frère à qui impressionnera le plus Lacrymo. Arrivent alors humiliation et coups bas et il n’y a plus d’amour fraternel: Epsilon devient une balance.

Le personnage d’Epsilon est à la fois agaçant et attachant. Témoin de son époque, victime de son environnement, il est un môme lambda des quartiers qui rêve de succès et d’argent facile dans un monde qui l’a pénalisé à la naissance: parents démissionnaires, voir absents, grand frère en marge, avenir gris béton et fréquentations faites de dealers, proxénètes et petites frappes. Il a besoin de reconnaissance et va la chercher là où il pense pouvoir en trouver, loin des chemins de l’école.

De dealer, il passe à consommateur et lors de ses soirées de débauches nocturnes sur la capitale, il va rencontrer une jeune fille à papa qui va s’amuser avec son vilain petit "nard-ca". Profitant de cette aubaine et ayant l’habitude de se servir des gens autant qu’eux se servent de lui, il va découvrir un monde fait de VIP et de personnages importants. De revendeur de came à star du showbiz il n’y a qu’un pas. Quand on vous disait que ça allait trop vite... En Tony Montana à paillettes, il va retourne au Bocal où le passé lui réserve quelques surprises. Une chose est sûre, la vie d’Epsilon n’est pas de tout repos.

L’écriture d’Anne Lenner est punchy et sa fraîcheur se ressent dans ce roman qui va à 200 à l’heure et entraîne le lecteur dans une course folle. Tout va vite... très vite... trop vite. Et la fin ne déroge pas à la règle. Sans être un roman à charge contre les cités et les gamins de banlieue, "Ca va trop vite" n’est pas pour autant une vision édulcorée des ZEP et autres ZUS, ni une recherche de causes à effet, juste le destin mouvementé d’un petit Epsilon qui bon an mal an finira par devenir grand. A lire.

Posté par Nelfe à 15:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,
jeudi 31 mai 2012

"L'échappée belle" d'Anna Gavalda

echappee-belleL'histoire: Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle.
Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adultes.

La critique Nelfesque: J'avoue, j'aime Anna Gavalda. Que dis-je, j'adore Anna Gavalda! C'est mon petit péché mignon girly en littérature. J'ai tenté d'autres auteures estampillées "fille" comme Cecelia Ahern avec "Un Cadeau du ciel", Katherine Pancol avec "Les Yeux jaunes des crocodiles" ou encore Rachel Johnson avec "Le Diable vit à Notting Hill". J'ai pleuré d'ennui parfois, trouvé quelques points d'accroche à certains mais je n'ai jamais ressenti ce que me procure la lecture d'un roman d'Anna Gavalda. Cette auteure me touche, je me sens proche de ce qu'elle dit, la façon dont elle écrit me parle. Je suis en symbiose avec cette nana. Voilà c'est dit!

J'ai lu "L'Echappée belle" en une après-midi et ce roman-ci ne déroge pas à la règle évoquée plus haut. J'ai été encore une fois émue par sa plume. Emue mais aussi amusée, touchée, happée par ses mots et ses personnages. Je suis ressortie de cette lecture le sourire aux lèvres et celle-ci m'a fait l'effet d'un bonbon sucré. Je me retrouve totalement dans un des personnages de ce roman (Garance), les situations sont excellentes et l'humour distillé au cours des pages m'a permis vraiment de m'échapper avec ce livre. N'est ce pas l'une des premières choses que l'on demande à un roman?

J'avais lu pas mal d'avis négatifs sur "L'Echappée belle" qui ont retardé ma découverte de cette oeuvre. Certains le jugent facile et creux, d'autres le voient comme du vol (beaucoup trop court pour le prix), j'ai même lu que c'était du "foutage de gueule" et que seul le nom de l'auteur faisait vendre le roman... Bien mal m'en a pris de retarder ma lecture à l'aulne de ces mots! Je l'ai certes acheté d'occasion mais je veux bien le racheter neuf demain s'il le faut. Sans prétention, frais et avec un effet "baume au coeur", Anna Gavalda remplit son contrat avec ce roman qui se rapproche plus de la nouvelle de par sa taille.

L'écriture est simple et fluide, sans fioritures ni superflu. Chez Gavalda, et dans "L'échappée belle" en particulier, les plaisirs sont simples. Ca peut paraître niais, c'est vrai, mais je trouve que dans notre monde actuel, on ne laisse pas assez de place à la simplicité, à ces petits moments de bonheur sans prétention. J'aime qu'un auteur me les remette sous le nez et d'autant plus avec talent comme c'est le cas ici. Le petit côté nostalgique présent également dans cet ouvrage n'est pas non plus pour me déplaire (hey ce n'est pas pour rien que j'aime Vincent Delerm ;) ).

La fuite de cette fratrie de trentenaires, entre espièglerie, je-m'en-foutisme et conscience du fait qu'ils font là un acte que l'on ne fait pas lorsque l'on est adulte, est savoureuse. Partir sur un coup de tête, le jour d'un mariage où toute la famille est endimanchée, laissant femmes et enfants sans explications, pour retrouver un frère qui n'a pas pu se libérer pour ce jour particulier a un côté pied de nez qui me plait bien. Un coup de pied dans les conventions, préférant la simplicité de retrouvailles entre frères et soeurs au paraître en société. A partir de là, le roman est le reflet de ce qui se passe dans l'intimité d'une fratrie ou d'un groupe d'amis très proches: la franchise, l'humour, l'intimité, les souvenirs que l'on se construit ensemble...

"L'Echappée belle" est un roman tendre et frais que l'on prend plaisir à lire en quelques heures, en toute simplicité.

Posté par Nelfe à 18:22 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , ,