lundi 11 août 2014

Kubrick et la perspective

Kubrick est un réalisateur que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé. Nous avions d'ailleurs été voir l'exposition qui lui était consacrée à la Cinémathèque Française en 2011 et "Shining" restera à jamais (à jamais, à jamais...) pour moi un véritable bijou de réalisation.

Quoi de plus normal donc que de partager avec vous cette petite vidéo qui en moins de 2 minutes donne à voir l'obsession du Maître pour la perspective (obsession que je partage d'ailleurs en photographie) ?

Bon visionnage !

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lundi 9 septembre 2013

"Room 237" de Rodney Ascher

room237-afficheL'histoire: En 1980, Stanley Kubrick signe Shining, qui deviendra un classique du cinéma d'horreur. A la fois admiré et vilipendé, le film est considéré comme une oeuvre marquante du genre par de nombreux experts, tandis que d'autres estiment qu'il est le résultat du travail bâclé d'un cinéaste de légende se fourvoyant totalement. Entre ces deux extrêmes, on trouve cependant les théories du complot de fans acharnés du film, convaincus d'avoir décrypté les messages secrets de Shining.
ROOM 237 mêle les faits et la fiction à travers les interviews des fans et des experts qui adhèrent à ce type de théories, et propose sa relecture du film grâce à un montage très personnel. ROOM 237 ne parle pas seulement de fans d'un film mythique – il évoque les intentions de départ du réalisateur, l'analyse et la critique du film.

La critique Nelfesque: Sorti en juin dernier, j'ai pesté de ne pas le retrouver à l'affiche dans les cinémas de notre région tant je voulais voir ce documentaire! Miracle, fin août, il a fait son apparition dans notre ciné préféré. On ne réfléchit pas... On y va!

Et bien, on aurait dû réfléchir...
Ou plutôt, J'aurais dû réfléchir...

Dès les premières minutes du documentaire, le ton est donné. Les différents protagonistes, fana de la première heure du célèbre "Shining" de Kubrick, vont disséquer ce film et nous donner les clés pour voir "de l'autre côté du miroir", la face cachée de ce long métrage. Sur le papier, ce documentaire a tout pour me plaire. Oui, sur le papier seulement... Les 15 premières minutes passées, je me demandais clairement ce que je faisais là, dans cette salle de cinéma, à écouter des inepties et voir un doc qui semble sortir tout droit des années 80! Tour à tour, on enfonce des portes ouvertes ou on hallucine sans avoir pris la moindre drogue (enfin, vous me direz, ça coûte moins cher comme ça!).

magnéto

Kubrick dans "Shining" met tout en place pour créer un sentiment de malaise et faire perdre ses repères aux spectateurs. Si vous ne l'aviez pas remarqué par vous-même, il y a de nombreuses incohérences dans les plans de l'hôtel Overlook. On ne peut clairement pas se retrouver dans telle pièce en sortant de tel couloir, le rez-de-chaussée et le premier étage se confondent lors de la balade en tricycle de Danny... Dans "Room 237" tout est expliqué en long et en large... oui mais à base de plans immondes. N'espérez donc pas vous y retrouver! Moi qui suis une habituée des plans, j'ai fait des bonds dans mon siège. On est quand même à une époque où on peut faire nettement mieux et plus compréhensif que ça non!?:

plan

Certains voient en "Shining" une dénonciation du massacre des indiens d'Amérique et effectivement de nombreux clins d'oeil sont semés tout le long du film, autant dans les dialogues que dans les détails de décors. D'autres font un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale et voient en "Shining" une représentation de la Shoah. Si cet évènement historique ne me touchait pas autant, je crois que je me serai étouffée avec mon pop-corn (alors que je ne mange même pas de pop-corn (c'est dire!)). Vraiment à partir de ce moment là, j'ai pris en grippe ce documentaire et j'ai bien eu envie de quitter la salle. Tout à fait sérieusement, on nous démontre par a+b que oui Kubrick a voulu ici parler de l'extermination des juifs. D'ailleurs, ayez cela en tête la prochaine fois que vous verrez le film, il parait que c'est une évidence! Mais oui bien sûr, pourquoi n'ai-je jamais eu l'idée de débattre de cela avec ma grand-mère en lui faisant visionner "Shining"!? Peut être aurait-elle revécu des évènements passés!? A mon sens, ici, on est en plein délire et surtout dans un manque de respect total. Gerbant...

calumet

J'ai commencé à donner mon avis sur "Room 237" avec ces deux points qui m'ont fait hérisser le poil mais d'autres détails m'ont amusée, plus qu'énervée. C'est le cas du fan ultime qui a visionné le film en superposant le visionnage classique à celui inversé. Cela donne des scènes troublantes mais de là à y voir une volonté quelconque... Idem pour celui qui nous décortique une scène image par image, nous laissant présager une révélation de ouf-malade-guedin et qui au final nous offre un pétard mouillé, une hallu que lui seul peut comprendre... Mention spéciale pour le visage de Kubrick dans les nuages... Bon après, je ne critique pas, chacun ses hobbies hein mais là on nage en plein délire.

superposition

Enfin, tout n'est pas à jeter dans "Room 237". Non, non, il y a tout de même quelques infos intéressantes, surtout sur la perception. J'ai commencé par parler de cela dans ma critique, évoquant les plans dégueux, mais il y a des points de détails comme Danny jouant sur la célèbre moquette du couloir à la géométrie changeante qui m'ont fait ouvrir de grands yeux comme une gamine. Idem lors de l'explication de la cassure entre le Shining du King et le Shining de Kubrick. Je pensais naïvement qu'il en serait ainsi tout le long de ce docu et ce ne fut vraiment pas le cas. D'où ma déception...

Je crois que vous avez compris que l'on ne puisse pas dire que j'ai aimé ce documentaire. Je préfère rester sur ma propre vision du chef d'oeuvre de Kubrick. Je ne vais donc pas en rajouter et laisser la place à Mr K qui, lui, à un autre avis sur cette "épreuve" que fut "Room 237"

danny

La critique de Mr K: 4/6. Belle expérience pour ma part même si ce métrage s'est plutôt révélé être une épreuve pour ma douce et calme compagne... Disons-le tout de go, ici on a affaire à des acharnés, des furieux de Shining à qui l'on donne la parole durant deux heures. Ayant revu ce film mythique récemment deux fois au cinéma pour une action culturelle avec mes CAP menuisiers, je peux me targuer de bien le connaître et voir l'avis exposé dans une salle obscure par de gros geeks, fans du film m'enthousiasmait au plus haut point. Dans l'ensemble ce fut une bon moment de délire et de réflexion sur l'image et le sens que l'on donne à une oeuvre d'art de façon générale.

dessin

Clairement, on est face à une oeuvre totalement subjective. Tout n'est pas à prendre au sens propre et comme une vérité absolue. Certes il y a des révélations sympathiques que l'on connaissait déjà si l'on s'est un peu documenté (les changements et détails irréels de l'hôtel, notamment la fenêtre du bureau du directeur qui ne peut physiquement exister), le changement de machine à écrire, une chaise qui disparaît, un tricycle qui change d'étage sans prendre l'ascenseur ou l'escalier... Mais on a aussi des théories beaucoup plus fumeuses ayant trait à l'histoire des Etats Unis et du monde (génocide des amérindiens -théorie plutôt crédible pour moi- et génocide juif -là je trouve qu'on frise la démence-). La mythologie avec une affiche de skieur censé représenter le minotaure du labyrinthe de Knossos! On a même une résurgence de théorie du complot avec les liens obscures que Kubrick auraient avec la Nasa et les fameuses images faussées des premiers pas sur la Lune... On nage dans des délires parfois presque paranoiäques mais comme Kubrick l'était légèrement sur les bords... Je n'ai pas été choqué mais plutôt amusé.

machine

Ce que j'ai préféré, c'est le règlement de compte entre Kubrick et Stephen King avec l'épisode sur la voiture des héros. Cela donne lieu à un jeu sur la couleur et un pseudo accident qui en dit long sur les rapports tendus entre l'écrivain et son réalisateur-traitre. Assez jouissif, c'est beau de voir des égos surdimentionnés se rentrer dedans avec une telle force. J'ai aussi aimé l'approche freudienne avancée par une fan et qui fait le rapprochement entre les différents membres de la famille et les apparitions. On savait Kubrick amateur de psychanalyse (Eyes Wide Shut est aussi énorme sur cet aspect des choses) mais là, le film prend tout un autre éclairage que j'ai trouvé enrichissant et intéressant. L'expérience sur le passage du film dans les deux sens de visionnage en même temps bien que ne prouvant strictement rien est assez bluffante quant on voit le résultat. Mention spéciale pour la musique qui est vraiment hypnotisante et angoissante à souhait, on y retrouve des sonorités du type de celles du mythique groupe Goblin qui avait notamment signé les magistrales BO de Suspiria de Dario Argento et de Zombie de Romero. Génial!

jumelles

Au final, je dirai que ce film est vraiment à conseiller aux gros fans du métrage originel et qu'il faut vraiment l'avoir bien en tête pour en dégager la substantifique moëlle. Ma note n'est pas optimale car toute une partie du documentaire ressemble à de la simple masturbation intellectuelle sous acide (images subliminales notamment) et je trouve qu'on n'insiste pas assez sur l'étude des personnages et la destruction de la cellule familiale et des apparences par un réalisateur complètement borderline. Car ce film avant tout parle de la destruction de l'esprit humain, de pulsions incontrôlables et de la fin de toute chose (ici l'amour marital et l'enfance de Danny).

photo

Un bon trip en quelque sorte qui a le mérite aussi de nous faire réfléchir sur l'art de la critique et de la vision dans l'art. Quel dommage que Kubrick ait été si discret sur ses intentions de son vivant, je pense qu'il y aurait eu matière à faire un "making of" et un essai psychanalytique et philosophique sur ce film intemporel et indépassable que s'est révélé être Shining.

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lundi 30 avril 2012

"Shining" de Stanley Kubrick

affiche shiningL'histoire: Jack Torrance, ancien alcoolique et écrivain raté, décide de reprendre sa vie en main en s’installant avec sa femme Wendy et son fils Danny dans un hotel, l’Overlook Palace, qui offre en été, confort et luxe mais qui se retrouve en hiver complètement coupé du monde par le froid et la neige…

C’est donc en tant que gardien que Jack Torrance y est embauché cette année là. Mais une fois coupés du monde, l’hôtel se réveille et avec lui, d’étranges phénomènes vont peu à peu avoir raison de la santé mentale, déjà fragile de Jack. Heureusement, le petit Danny possède un don; Le « shining », qui lui permet de voir les choses et les êtres disparus.

La critique de Mr K: 6/6. Film culte par excellence, j'ai eu la chance en six mois de le voir deux fois au cinéma (une fois pour préparer le visionnage, une fois avec les loupiots). En effet, dans le cadre de l'opération Lycéens et apprentis au cinéma, nos jeunes sont conviés à découvrir des œuvres cinématographiques. Je vous avais parlé il y a déjà quelques temps de tout le bien que je pensais de Sparrow de Johnnie To. Le grand moment est arrivé la semaine dernière avec le classique de l'épouvante de Kubrick que la plupart de mes CAP bois ont découvert au cinoche. Y'a pas à dire, ils ont de la chance! 

Génialissime, c'est le premier mot qui vient à l'esprit quand on pense à ce film hors norme, tourné en 1980 par un des plus grands cinéastes qui soit. Adapté librement de l'œuvre éponyme de Stephen King, on a affaire à un film de "maison hantée" classique doublé d'une belle autopsie de la folie humaine à travers le personnage de Jack Torrance campé ici par un Nicholson plus habité que jamais! C'est d'ailleurs ce point de focalisation qui a fait que King s'est détourné du film de Kubrick assez vite: là où l'auteur à succès avait voulu centrer le récit sur Danny (le fils de la famille Torrance) et son pouvoir, le cinéaste anglais s'est concentré sur le père et sa descente dans les méandres de la folie. Le film est en grande partie porté par la prestation remarquable de Jack Nicholson, qui parait-il, faisait peur à sa partenaire féminine et à certains membres de l'équipe de tournage! 

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Peu de films peuvent se vanter de m'avoir fait peur mais Shining est pour moi la référence absolue en la matière avec La maison du Diable de Robert Wise et Ring d'Hidéo Nakata. J'ai beau connaître Shining par cœur, la chair de poule apparaît dès la grandiose scène d'ouverture où l'on suit une voiture roulant vers l'hotel Overlook à travers des paysages majestueux mais menaçants de solitude, rajouté à cela quelques effets sonores bien flippants et ça y est vous êtes prisonnier d'une appréhension qui ne va aller que crescendo pendant deux heures de métrage! Un des points forts de ce film est la bande son qui est tout bonnement perverse et machiavélique. Malgré les 32 ans qui nous séparent de sa sortie en salle, les musiques et sons font toujours autant d'effets, mes élèves me l'ont confirmé quand on a commencé à étudier quelques scènes en classe dans le noir alors qu'ils sont rodés au cinéma d'horreur et d'épouvante. 

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L'esthétique du film est parfaite et Shining est l'illustration parfaite du côté maniaque de son auteur avec notamment une obsession pour la symétrie (voir la scène de la chambre 237, Danny sur son tricycle dans les couloirs de l'hôtel). Les images sont toutes plus belles les unes que les autres et cette beauté glacée contribue énormément au côté glauque de l'affaire qui ne narre rien d'autre que le déchirement d'une famille (des tensions règnent chez les Torrance et Jack sert de catalyseur avant l'explosion finale). N'oublions pas l'Overlook qui est un personnage à lui tout seul et dont les manifestations sont quasi traumatisantes pour certaines: la morte dans la baignoire (THE flip pour moi!), les jumelles assassinées, la mer de sang s'échappant des ascenseurs, les grands espaces vides où résonnent des crécelles et autres sons impromptus... bref, un endroit où on ne passerait quelques mois en solitaire! 

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Ce fut donc un immense plaisir de voir Shining au cinéma, une chance incroyable pour tout amateur du genre né trop tard pour pouvoir l'admirer au cinéma lors de sa sortie.  Une œuvre culte qui trouve écho encore aujourd'hui auprès de la jeunesse, preuve s'il en est de son côté inoxydable et marquant. Un pur bonheur et une expérience inoubliable.

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mercredi 22 juin 2011

Kubrick dans tous ses états!

Lors de notre passage à la capitale début juin, nous sommes allés en compagnie du meilleur ami de Nelfe voir l'exposition consacrée à Kubrick à la Cinémathèque. Arrivés devant le bâtiment nous sommes accueillis par Alex et son regard en biais.

EntreeKubrick

Grands amateurs du maître, nous avons passé pas moins de 3 heures sur les lieux tant il y a à voir, à écouter, à découvrir sur ce cinéaste hors norme. En effet, en plus des textes explicatifs et des objets / tenues des films, des extraits sont diffusés durant tout le parcours ainsi que des morceaux des musiques de film.

L'expo est très bien pensée car il s'agit de parcourir différentes salles les unes après les autres, chacune correspondant à une des œuvres de Kubrick. La visite suit donc l'ordre chronologique de sortie en salle des films. Tout logiquement, on commence par les petits courts métrages de Kubrick qui démontrent déjà tout son talent à mettre en image une histoire aussi réduite soit-elle. Puis ce sont les deux premiers films (Le Baiser du tueur et Ultime Razzia), deux œuvres en noir et blanc, assez méconnues du grand public mais déjà pleines de qualités. J'avais eu l'occasion de les découvrir lors du cycle Kubrick passé sur Arte il y a quelques années, elles témoignent déjà du côté méticuleux voir limite maniaque du réalisateur.

On enchaîne directement alors sur la salle consacrée au film Les sentiers la gloire. Film marquant et première collaboration de Kubrick avec Kirk Douglas. Des témoignages écrits et des anecdotes nous éclairent sur l'accueil plutôt glacial que le film a pu recevoir dans certains pays et certains milieux. Déjà dérangeant et génial, ce coup d'éclat va marquer sa carrière et faire entrer Kubrick dans la cour des grands.

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(Les sentiers de la gloire)

Son prochain long est celui que Kubrick contrôlera le moins, le seul véritable film de studio qu'il réalisera. Appelé par Kirk Douglas producteur et acteur sur Spartacus, il remplace le réalisateur précédent sur le départ. Dans la salle consacrée à ce péplum haut en couleur, on retrouve le buste du sénateur et la tenue de quelques personnages principaux.

Spartacus
(Spartacus)

Dans la salle suivante, ça se gâte car elle est consacrée à Lolita, un de ses films les plus sulfureux. On retrouve le canapé en forme de bouche éclaboussant la salle de sa couleur sang et toute une séries de documents manuscrits notamment les échanges du réalisateur avec les associations religieuses intégristes qui voyaient dans ce film une incitation à la débauche et une œuvre immorale. Des textes nous expliquent aussi ce qu'a voulu faire Kubrick et la collaboration étroite qu'il a eu avec l'auteur originel Nabokov.

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(Lolita)

Vient ensuite, la salle consacrée au Docteur Folamour. Film extraordinaire de drôlerie et d'engagement où l'on s'aperçoit toute l'admiration que portait le cinéaste pour le grand Peter Sellers. Les scènes-clefs sont projetées, des maquettes et des dessins préparatoires sont exposés notamment sur la salle de guerre qui revient continuellement dans le métrage.

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(Docteur Folamour)

On entre alors dans la plus grande salle de l'expo, celle de 2001, l'Odyssée de l'espace. C'est un de mes films préférés et il faut avouer que les organisateurs ont mis les bouchées doubles. Explications et présentation des effets spéciaux et systèmes de caméra pour leur réalisation, reproductions diverses et variées, témoignages, les liens unissant Kubrick et C. Clarke, des extraits cultes (les hommes-singes découvrant l'outil, le monolithe, le voyage intérieur final)... Bref, une belle plongée dans cette œuvre ô combien fascinante!

2001lodysseedelespace
(2001, l'Odyssée de l'espace)

On enchaîne directement sur l'univers déjanté d'Orange Mécanique réalisé trois ans plus tard et qui défraya la chronique en son temps. Là encore, on a le droit à des explications du maître sur ses motivations, on se retrouve nez à nez avec des meubles féminisés du bar mythique du film, une des tenues d'Alex et de ses droogies, sa platine à vinyles, des extraits de journaux de l'époque et des critiques diverses qui saluent ou conspuent une œuvre certes vieillissante mais qui pose toujours des questions d'actualité.

Orangemecanique

On embraye ensuite sur Barry Lyndon, épopée à costume mirifique au niveau de la technique. Tout un point d'ailleurs est fait sur les moyens qu'ont du employer le cinéaste et ses techniciens pour filmer les scènes à la bougie, marque indélébile de ce film.

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(Barry Lyndon)

On passe ensuite dans l'univers de l'épouvante avec Shining (qu'on a revu depuis et où je frissonne toujours au moment de la découverte macabre dans la chambre n°237). "Redrum" est inscrit sur un mur, les deux robes des jumelles assassinées sont exposées ainsi que la hache de Jack Nicholson. Des témoignages vidéos nous font revivre le tournage et on se rend compte que Kubrick a pris un plaisir certain à désarçonner ses acteurs y compris le grand Nicholson. C'est aussi le divorce entre lui et Stephen King qui voulait centrer le film sur Danny (comme dans le livre) alors que le réalisateur s'intéressait davantage à la folie gagnant peu à peu le père. Petite anecdote sympathique, dès le début de l'exposition, on est accueilli par la moquette de l'hôtel Overlook qui nous accompagne dans les différents couloirs. Ca met dans l'ambiance!

Shining
(Shining)

Ensuite, direction le Vietnam avec Full Metal Jacket. Une belle salle avec la fameuse scène de l'instructeur chef engueulant vertement ses bleus en boucle sur un mur, la transformation d'un terrain vague en une ville vietminh détruite et des réflexions sur la guerre (retour aux origines pour Kubrick qui revient à ce thème après Les sentiers de la gloire et Docteur Folamour).

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(Full Metal Jacket)

Puis c'est la salle dédiée à Eyes Wide Shut, seul film du maître que j'ai vu en salle à sa sortie. Beaucoup de photos et de témoignages, notamment de Kubrick sur l'érotisme et le mystère qu'il voulait exprimer à travers cette oeuvre trouble et déroutante. On peut également admirer bon nombre des masques présents dans le film.

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(Eyes Wide Shut)

Reste ensuite trois dernières salles. La première est un auditorium où des scènes de films sont projetées avec les musiques correspondantes (on ne soulignera jamais assez l'importance capitale de la musique pour le réalisateur avec la perfection technique qu'on lui connaissait). Suit après un couloir exposant son travail photographique car avant de tourner Kubrick était photographe, les clichés ont été reproduits et sont vraiment à voir. Enfin, la dernière salle s'intéresse aux projets qu'il n'a jamais pu réaliser à commencer par son Napoléon sur lequel il planchera des années sans jamais décrocher de financement, un film sur l'intelligence artificielle qui sera finalement réalisé par Spielberg (semi-réussite trop mièvre à mes yeux) et un projet avorté sur la seconde guerre mondiale et l'extermination des juifs.

Vous l'avez compris ce fut dense et intense. D'ailleurs, seul bémol à cette visite, 6 sièges pour l'ensemble de l'exposition. Il ne fait donc pas bon être âgé ou handicapé et avoir besoin de s'asseoir... Nelfe a pas mal râlé car elle avait justement ce besoin. C'est heureux mais avec les pieds en compote que nous sommes sortis de là avec le désir de revoir au plus vite les pièces maîtresses d'un artiste qui restera à jamais un des plus grands de l'histoire du cinéma. Si comme Jack, vous êtes amateurs et même si vous venez des régions polaires, l'exposition est ouverte jusqu'au 31 juillet!

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Posté par Mr K à 17:32 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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