dimanche 24 août 2014

"Mister Babadook" de Jennifer Kent

mister babadook afficheL'histoire: Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu'elle n'arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé 'Mister Babadook' se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le 'Babadook' est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations...

La critique Nelfesque: Nous avions repéré la sortie de "Mister Babadook" depuis quelques temps et nous avions hâte de le découvrir au cinéma. Un bon moment de ciné en perspective mais c'était sans compter l'ambiance de la salle, affreuse, l'une des pires qu'il m'ait été donné de supporter depuis "The Children". N'y allons pas par 4 chemins, les grognasses présentes ce soir là dans la salle et qui auraient mieux fait de mater le film chez elle, m'ont gâchée le plaisir. Et vas y que je te commente le film à voix haute (ah non pardon, en beuglant), et vas y que je sors mon portable pour textoter, et vas y que je me crois chez moi ! Bon je vais essayer de faire abstraction de tout cela pour vous parler de ce sympathique Babadook mais là j'ai comme des envies de meurtres...

On respire...

Un deuxième visionnage du film se fera à sa sortie en DVD car je pense que n'étant pas dans des conditions optimales de détente, je suis en partie passée à côté de ce long métrage. Pendant la première moitié du film, j'ai baillé, j'ai regardé ma montre, je n'étais pas vraiment là et je trouvais le rythme du film affreusement long. Pour autant je ne peux nier que ce film a du potentiel et en y repensant maintenant, je lui trouve bien moins de défauts qu'à la sortie de la salle, toute énervée que j'étais.

mister babadook

Les qualités visuelles de "Mister Babadook" sont indéniables, la photographie est de toute beauté, le choix des décors et des costumes est judicieux dans un camaïeu de gris donnant une ambiance froide et dénuée de vie à l'ensemble de l'oeuvre. Le spectateur est immergé dans un climax de tristesse, à l'image de celle que vit le personnage d'Amelia depuis la mort de son mari. Tout est ici fait pour sentir la détresse psychologique de cette mère de famille. Rajoutez lui un gamin affreux qui passe ses journées à hurler et à avoir des idées sombres et vous plaignez vraiment cette pauvre femme. Au passage, le jeune Noah Wiseman qui joue le rôle de Samuel est à suivre. On a envie de lui mettre des grosses claques au début puis son jeu s'affine pour montrer tout un panel de sentiments tout le long du film. Idem pour Essie Davis qui en sombrant dans la folie nous ravit avec des dialogues cultes. Transmettre des émotions au spectateur, n'est ce pas là la vertu première d'un bon acteur ?

mister babadook 2

En allant voir "Mister Babadook", je m'attendais à un film d'horreur pur. Le genre de film qui fait sursauter, avoir des sueurs froides et cauchemarder en jouant sur nos peurs enfantines. Raté pour le coup et je dois dire que ma première réaction a été d'être déçue. Je n'ai pas sursauté, je n'ai pas eu peur et je n'ai encore moins cauchemardé. "Mister Babadook" n'est pas à proprement parlé un film d'horreur. Certes, il met le doigt sur une terreur de gosses, le monstre caché sous le lit, mais ceci n'est que prétexte à matérialiser le deuil d'Amelia. Plus psychologique qu'horrifique, "Mister Babadook" bluffe par ses qualités évocatrices, son côté sensible que l'on descelle si l'on gratte un peu la surface et que l'on ne se contente pas seulement de voir ce film au premier degré.

Je vous conseille donc d'aller voir ce film au cinéma. Il n'est pas des plus novateurs mais, si vous aimez les films de genre, vous apprécierez le soin apporté aux détails et la qualité du jeu d'acteurs. Et puis c'est le premier film de Jennifer Kent et ça annonce du bon pour la suite !

mister babadook 3

La critique de Mr K: 5/6, un film malin et très réussi que ce Mister Babadook! Malgré des conditions de visionnage assez catastrophiques à cause de quiches bavardes et irrespectueuses des autres spectateurs (et je reste poli là!), ce métrage sort du lot par sa beauté mortifère et sa symbolique très forte qui fonctionne à plein régime.

Une jeune veuve doit élever seul son fils qui s'avère être un gamin perturbé et pénible. Hyperactif, il lui mène la vie dure. Incapable de se remettre de la mort de son mari, trop permissive et protectrice envers son engeance, elle se laisse dévorer par une existence morne et désespérante. Bref, ça ne respire pas la joie de vivre cette affaire! Tout va changer à partir du jour où elle va trouver un mystérieux livre mettant en scène un certain Mister Babadook, croquemitaine des plus inquiétants dont il est très difficile de se débarrasser! Face à la terreur qui domine son fils, la jeune femme va se transformer et devoir affronter ses propres démons. Ça va dépoter!

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Il s'agit du premier film de Jennifer Kent, jeune australienne plus que prometteuse après cette heure et demi de spectacle total d'une finesse remarquable. Film fantastique, il ne fait pas vraiment peur et verse finalement beaucoup plus dans le psychologique, rarement on aura été aussi juste dans la description du rêve, de la peur et de la folie (de grands moments dans ce domaine dans ce film, on pourrait presque les comparer aux passages mettant en scène Jack Nicholson dans Shining). Inventif en terme de cadrages et de plans (j'ai adoré les passages de couchés et de levés de lit entre cadre bancal et changements de lumière avec l'impression de ne plus savoir quand on se trouve en journée, la nuit...), d'une beauté sombre à couper le souffle (décors, personnages... tout est triste à l'image de l'état d'esprit du personnage principal), une musique insidieuse parfaite pour soulever les multiples moments de tensions parsemant le film, des effets spéciaux bien ficelés (le babadook est inquiétant juste comme il faut) et surtout une direction d'acteur impeccable qui témoigne d'un amour pour le cinéma qui explose à l'écran.

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Tous les acteurs sont excellents et on y croit de bout en bout, pas comme dans toutes ces productions fantastiques et horrifiques à la mode où on nous sert les mêmes personnages caricaturaux et sans âme. Essie Davis illumine le métrage par sa présence et son aura. Je l'avais déjà remarqué dans la série australienne La Gifle, passée sur Arte il y a déjà quelques temps. Elle campe avec une justesse incroyable cette mère endeuillée, dépassée par les événements et incapable de s'occuper correctement de son fils. Son rôle est vraiment incroyable et on se rend bien compte que Mister babadook en est aussi après elle. Le twist final bien que prévisible pour l'amateur du genre que je suis en surprendra plus d'un avec un message freudien des plus intéressants. Sans doute, la réalisatrice a mis ses propres peurs et névroses dans ce film tant toute cette entreprise est construite et maîtrisée.

mister babadook 1

Un très très beau film à voir absolument, qu'il vaut bien mieux que la bande annonce officielle. Fin, beau et efficace, je le garderai longtemps en mémoire. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Posté par Nelfe à 15:44 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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