mercredi 23 mai 2018

Craquage chez l'abbé (part II)

Mieux vaut tard que jamais, voici enfin le billet sur la deuxième partie du craquage assez conséquent que nous avons commis à notre Emmaüs chéri en février dernier ! Place aujourd'hui à la selection de livres contemporains après les mondes imaginaires entraperçus lors du précédent post.

Acquisitions ensemble
(Oooooh... ils sont beaux !)

Comme vous pouvez le constater, on s'est bien lâché ! Entre découvertes aléatoires et livres recherchés, nous nous sommes gâtés avec notamment quelques pièces attendues depuis des années et qui vont rejoindre la PAL pour quelques moments d'éternité tant ils risquent de ne pas y rester très longtemps. Comme la gestion d'une PAL est une chose très compliquée et source de discorde, je ne donnerai ni de titres ni de délai pour éviter de m'enfoncer... Quoi ? Nelfe me dit que je le fais déjà tout seul... Pas faux... Allez, trêve de bavardages et passons aux choses sérieuses. Roulement de tambour, les présentations peuvent commencer !

Acquisitions 3
(À tout seigneur tout honneur, débutons par les grands formats !)

- La Variante chilienne de Pierre Raufast. Un drôle de roman que celui-ci qui m'a interpellé par sa quatrième de couverture intrigante. Un homme collectionne ses souvenirs dans des bocaux et à chaque fois qu'il en ouvre un, c'est l'occasion pour l'auteur de tisser des histoires qui s'entremêlent et se répondent entre elles. Comme j'aime beaucoup cette maison d'édition (c'est celle de Xavier Mauméjean, un auteur que je ne saurais que trop vous conseiller), je me suis jeté à l'eau. La lecture sera mon seul juge n'ayant pas cherché ici ou là à en savoir plus.

- Les Échoués de Pascal Manoukian. Ouvrage sur le drame des migrants, il se déroule en 1992 bien avant le raz de marée humanitaire qui se joue encore aujourd'hui. À travers quelques personnages déracinés, l'auteur nous invite à partager ces trajectoires brisées qui se lancent à l'assaut de la forteresse Europe avec leur lot de malheurs et de désillusions. Un livre à priori poignant et qui fera sans doute douloureusement écho à notre actualité honteuse où on l'on peut par exemple en France être poursuivi pour délit de solidarité. Un livre qui je l'espère marchera sur les pas du fabuleux Eldorado de Laurent Gaudé.

- L'Esprit de l'ivresse de Loïc Merle. Un livre qui traite d'une révolte imaginaire dans les quartiers difficiles de France, sempiternels oubliés de notre République pas si égalitaire que cela (voir le sort réservé au rapport Borlo par Micron Ier). C'est une thématique - la banlieue, les cités - qui me touche particulièrement pour y avoir enseigné en début de carrière pendant de nombreuses années. Le point de vue ici est différent car tout est raconté à travers les yeux d'une seule personne qui assiste impuissante à l'inéluctable embrasement de son quotidien. L'auteur ayant été journaliste dans une première vie, je suis curieux de voir le résultat. 

- Touriste de Julien Blanc-Gras. Voici un auteur qui m'avait fait forte impression lors de ma lecture de Briser la glace. Belle plume, ton original alliant drôlerie et prise de conscience écologique, je me jetai sans réfléchir sur ce titre qui me tendait ses petites pages. Il s'agit ici d'un roman géographique où le narrateur décide de voyager un peu partout dans le monde et de raconter son parcours de touristes entre découvertes, déconvenues et parfois quelques situations hors du commun. M'est avis que ce titre ne restera pas longtemps dans ma PAL, je prévois de le lire justement quand viendront les prochaines vacances.

- Le Livre de la jongle de Stéphane de Groot. Pour terminer chez les grands, un livre détente où Stéphane De Groot en amoureux de la langue française s'amuse à revisiter dans l'esprit si drôle et absurde qui l'habite des expressions populaires. J'ai déjà feuilleté un peu l'ouvrage, ça annonce du lourd, du très très lourd même. Je suis très parti pris avec lui car je suis fan du bonhomme et j'avais déjà adoré son Voyages en absurdie. Hâte de découvrir cet ouvrage plus ancien mais qui va (j'en suis sûr) tenir toutes ses promesses.

 

Acquisitions 2
(Petits mais costauds!)

- Le Feu d'Henri Barbusse. Enfin, je l'ai trouvé. Voila un ouvrage que je recherchais depuis très longtemps en chinage et qui m'échappait jusque là. Passionné d'Histoire et aimant les romans-témoignages touchant à la Première Guerre mondiale, ce livre est considéré comme un classique. Prix Goncourt en 1916, suscitant la polémique car décrivant l'horreur à l'état pur alors que le conflit est en cours, échappant à la censure, voici un livre essentiel que je vais enfin découvrir. Là encore, il ne fera pas de vieux os dans ma PAL.

- L'Enfant de la haute mer de Jules Supervielle. Livre-poème composé de textes en prose décalés flirtant avec le conte, j'ai sauté sur l'occasion de lire du Supervielle. Auteur visionnaire à sa manière, il m'a permis d'obtenir mon concours de professeur dans la phase écrite (très beau sujet de français d'analyse de texte) et m'a ensuite ravi lorsque je découvrais d'autres oeuvres de lui au hasard de mes lectures. Ce livre semblait m'être destiné tant il était un peu à part dans son bac, me faisant de l'oeil et attirant sur lui mon regard puis mon coeur. Ce sera sans aucun doute un grand moment que de plonger dans cet univers si magique et onirique à nouveau. 

- Le Lion et La Rose de Java de Joseph Kessel. On ne présente plus ce monstre sacré qu'est Kessel. J'avais lu Le Lion, il y a très très longtemps lorsque j'étais en collège. Je vais le relire avec un plaisir immense et j'imagine que je vais le redécouvrir. L'autre titre m'était parfaitement inconnu mais je me suis dit que c'était l'occasion de lire autre chose du maître et de goûter à une découverte pour le coup total. Wait and read !

- Simples contes des collines de Rudyard Kipling. Encore un écrivain hors norme avec l'auteur du Livre de la jungle qui se livre parfois à l'exercice de la nouvelle comme dans ce recueil qui se propose de dresser un portrait atypique des Indes britanniques où les personnages sont partagés entre leurs aspirations, l'ordre établi et leur destinée. Je m'attends là aussi à du très bon tant Kipling a une plume singulière et envoûtante. 

- La Fille du capitaine de Pouchkine et Premier amour de Tourgueniev. De la littérature russe pour terminer enfin avec deux ouvrages de chez Librio pour deux auteurs classiques réputés que je n'ai pour l'instant jamais pratiqué. La honte va être enfin réparée avec ces histoires d'amour, d'honneur et de doute. Fervent amateur de Dostoievski, Tolstoï mais aussi des nouveaux auteurs russes émergents comme Glukhovsky, Starobinets ou encore Galina et Lipskerov ; j'ai hâte de me replonger dans cette littérature si particulière où l'on cisèle les hommes à la manière de diamants bruts.

 

Acquisitions 1
(La sélection officielle cannoise nelfesque)

- Amours de Léonor De Récondo. (Hop je prends la main rapidement pour présenter mes 2 ouvrages) Pour celui-ci, je n'ai pas lu la 4ème de couverture. J'ai une confiance aveugle en ma copinaute faurelix qui avait adoré ce roman. Elle m'avait d'ailleurs dit de ne pas lire la 4ème. Je suis sage, j'obéis ! Je sais pour le coup ça ne vous aide pas trop...

- De flammes et d'argile de Mark Spragg. Quoi !? Un Gallmeister tout seul, perdu, au milieu de livres d'occasion !? Je ne peux pas le laisser là ! Oui encore une fois, je vous aide beaucoup... (Et hop, je redonne la main à Mr K. A vous les studios !)

De biens belles acquisitions qui viennent grossir nos PAL respectives de fort belle manière. Depuis février dernier, nous n'avons pas recraqué, il faut garder la tête froide et essayer de vider nos réserves même si la tentation est forte notamment lors de vides greniers très à la mode aux beaux jours. Nous verrons combien de temps nous tiendrons (déjà 3 mois !)... En attendant, nous avons un choix certain pour nos prochaines lectures et des heures incalculables de plaisir en prévision. Chroniques à venir dans les semaines, mois et années à venir !


lundi 23 avril 2018

"Notre mère qui êtes aux cieux" de James Morrow

jamesmorrow

L’histoire:
- Non, Julie ! Pas ça ! Ne recommence jamais ça 
- Mais pourquoi, p'pa ?

Ce que Murray Katz ne dit pas à sa fille quand il la voit marcher sur les eaux de la baie d'Atlantic City, c'est qu'elle a eu un prédécesseur illustre. Qui a très mal fini... Car la fille de Murray n'est pas une enfant comme les autres. Elle lui est venue par hasard. À la banque de sperme, ils ont appelé ça une "parthénogenèse inversée". Le produit d'un spermatozoïde et... d'un ovule, mais de qui ? Murray, le petit juif qui ne croit même pas en Dieu, en a été plus étonné que la jeune Marie devant Gabriel.

Et quand la gamine commet ses premiers miracles, Murray, pétrifié, comprend la vérité : Julie est la fille de Dieu. Pour un père célibataire, élever un enfant n'est déjà pas facile. Mais avec une Mère pareille !

La critique de Mr K : Ce livre a une histoire personnelle bien particulière à mes yeux. C’est ma meilleure amie de lycée (ça remonte donc...) qui l’avait lu à l’époque et ne savait pas trop si elle l’avait aimé ou non. Profondément ébranlée par l’ouvrage (précisons qu’elle était catholique non pratiquante), elle m’avait fortement conseillée de le lire. Le temps a passé et l’occasion s’est présentée à moi une fois de plus chez notre abbé préféré. Quelle ne fut pas ma surprise alors de tomber sur Notre mère qui êtes aux cieux ! Deuxième effet Kiss-Cool, je me rendais compte en même temps qu’il a été écrit par James Morrow, un auteur que j’ai déjà pratiqué deux fois et qui à chaque fois m’a réjoui par son talent de conteur et ses apports théoriques (voir liens correspondants en fin de post). Le destin était en marche et il ne m’a vraiment pas fallu beaucoup de temps pour le sortir de ma PAL et en entreprendre la lecture... Quelle claque !

Julie n’est pas une fille comme les autres. Elle a bien un père mais il est célibataire et vivote en vendant sa semence et en travaillant dans un laboratoire de développement de photo (ben oui, à l’époque ça existait encore, l’argentique et tout ça...). Sa conception est un mystère et personne n’est en mesure de dire de quelle ovule elle est issue. Quand des signes miraculeux commencent à faire leur apparition (marche sur l’eau, dialogue avec les animaux, dons de soin), le papa s’inquiète fortement car une telle nature ne peut qu’attirer des ennuis à Julie. Le temps va passer mais les questions assaillent la désormais jeune fille : qui est sa vraie mère ? Dieu est donc une femme ? Doit-elle utiliser ses dons ou au contraire les cacher ? Face aux aléas de la vie, à des rencontres improbables et la menace insidieuses d’extrémistes religieux, Julie ne sait plus à quel saint se vouer ! Si en plus, le Diable se mêle à la partie...

J’ai adoré cette lecture, c’est bien simple, une fois le nez dedans, je n’ai pas pu relâcher le volume qui n’a pas duré plus d’une journée et demi. On retrouve dans ce roman tout le talent de Morrow pour mélanger science et religion, donnant une saveur toute particulière à une histoire éternelle finalement, la lutte entre le bien et le mal, la dualité de l’être humain et la difficile condition d’être humain. À travers le parcours de ce messie improbable, une femme de surcroît (girl power !), on se prend à réfléchir à l’origine du monde, à la foi et au besoin de croire qui habite nombre de nos semblables. Loin de verser dans le prosélytisme ou dans la provocation gratuite (je vous avouerais qu’il faut tout de même éviter de lire ce livre si vous être membre de Sens commun ou de la Manif pour tous), Morrow explore nombre de voies différentes de ce que l’on a habitude de lire sur le sujet. Un peu à la manière du génial L’Agneau de Christopher Moore, on s’adonne à une expérience littéraire rare entre plaisir de la narration / recherche d’une histoire au charme terrible et réflexion plus générale et universelle.

On s’attache immédiatement à Julie et à son entourage. On aime à suivre ses pérégrinations de jeune fille de son âge puis de femme consciente de sa nature profonde, on s’amuse du caractère si vif de Phebe sa jumelle par alliance, on apprécie l’humanité et le bon sens de Murray, le papa comblé mais inquiet. Cette famille d’un genre spécial dégage une énergie, un amour sans faille jusqu’à ce que les événements se précipitent avec l’intervention d’une secte millénariste en quête de pouvoir et adepte de l’évangélisation par la force et l’intolérance. Le révérend Billy est un monstre en soi et cache derrière sa dureté et son côté impitoyable, une fêlure profonde qui lui dicte une foi inhumaine et intransigeante. Le roman prend alors un autre tournant, plus politisé. Après une genèse du personnage principal qui oscille entre mysticisme et attrait pour la science la plus pointue, on rentre dans une histoire de résistance à l’oppression, de recherche de soi puis de révélation qui chamboulera l’ordre établi. Pour autant, ne vous attendez pas à du grand guignol, tout est juste, ajusté à la perfection sans exagération ni effets de manche superfétatoires. On reste ici à échelle humaine la plupart du temps avec nos temps d’espérance mais aussi de désespoir profond menant aux pires atrocités.

On côtoie tout de même le divin à l’occasion. Plus souvent le côté sombre d’ailleurs avec un Diable fidèle à son image de tentateur débonnaire, limite sympathique et qui tire les ficelles d’une déchéance que l’on sent venir assez vite. Pour autant, lui aussi a son intérêt, on se prend au jeu avec lui et lors d’un séjour dans les mondes inférieurs de l’héroïne nombre de révélations surprenantes enrichissent considérablement un background déjà bien épais et du coup magnifié par une vision loin des canons établis. J’aime être surpris, dérangé dans mes certitudes quand l’ensemble est construit et cohérent. Tout est ici réuni dans ce sens et procure un plaisir de lire extrême et durable. On se plaît à retrouver les références à la Bible et à toutes les histoires qui ont construit notre identité judéo-chrétienne, Morrow s’en affranchit sans pour autant les occulter totalement, là encore toute est histoire de perception et de sensibilité. Faire du neuf avec du vieux est possible et l’ouvrage est une réussite éclatante dans le domaine !

Rajoutez à cela une langue très agréable, accessible malgré parfois des concepts assez abscons et vous obtenez une lecture rare et prenante comme jamais. Si les thèmes évoqués vous intéressent, Notre mère qui êtes aux cieux est vraiment un incontournable, un chef d’œuvre qui honorera votre bibliothèque de sa présence.

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé:
- En remorquant Jehovah
- Hiroshima n'aura pas lieu

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lundi 2 avril 2018

Craquage chez l'abbé (part I)

En février dernier, Nelfe et moi sommes allés chez notre abbé préféré pour fouiner un peu du côté des rayonnages de livres. Pour une première en 2018, on a fait fort ! La preuve, il faudra pas moins de deux billets pour vous décrire le butin en commençant aujourd'hui par les ouvrages appartenant au domaine de l'imaginaire au sens large. Regardez plutôt !

Acquisitions avril ensemble

Comme d'habitude, le hasard fait bien les choses et il y avait vraiment de quoi se régaler lors de notre visite avec des auteurs que j'affectionne et dont certains titres m'étaient encore inconnus et des découvertes vraiment intrigantes qu'il me tarde de faire lors de leurs lectures. Pas d'ouvrage pour Nelfe cette fois-ci, elles viendront lors du second billet sur les ouvrages de littérature plus contemporaine. Allez, c'est parti pour le grand déballage !

Acquisitions avril Denoel
(Le charme intemporel des couvertures vintage de la collection Présence du futur)

- Noô 1 de Stefan Wul. Un auteur auquel je ne peux pas dire non et qui propose bien souvent des oeuvres inclassables que certains aiment appelés "délires lucides" ou "surréalisme rationnel". C'est bien barré en tout cas et en matière de SF le Monsieur s'y entend. il est ici question de migration forcée à travers l'espace et de questionnements sur le pouvoir. Le héros réfugié sur une autre planète va connaître bien des déboires et se révéler à lui-même. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que cet ouvrage sera une belle expérience de lecture.

- Le Coeur désintégré de Théodore Sturgeon. J'adore cet écrivain et avec ce recueil de cinq nouvelles autour de l'amour, la haine et le coeur qui comprend tout, ce sera ma première incursion dans ses récits courts. J'ai hâte de m'y frotter tant chaque lecture de Sturgeon s'est révélée un délice de chaque instant entre vision neuve et écriture séduisante à souhait.

- Persistance de la vision de John Varley. Des nouvelles encore avec ce recueil qui m'a fait de l'oeil avec une quatrième de couverture faisant la part belle à l'immortalité possible grâce à l'ingénierie génétique. On imagine qu'au delà du progrès technique, ces trois textes seront l'occasion pour l'auteur (que je découvrirai lors de cette lecture) d'aborder des thèmes plus philosophiques comme la notion de morale et d'éthique mais aussi de désir et d'accomplissement de soi, des thématiques qui m'intéressent tout particulièrement lorsqu'on aborde le genre SF.

Acquisitions avril j'ai lu folio
(Un beau mix fort prometteur !)

- Visages volés de Michaël Bishop. Présenté comme une puissante métaphore de la colonisation, cet ouvrage met en scène un monde civilisé reléguant à la marge des êtres repoussants de par leur apparence physique. Le nouveau responsable de cette communauté honnie par les puissants va prendre au fur et mesure fait et cause pour eux, liant son destin au leur et devra faire face à une vérité que les humains ne sont pas forcément prêt à entendre. Un pitch accrocheur pour un roman à la très bonne réputation. M'est avis que je suis tombé sur une belle pièce littéraire !

- Mainline de Deborah Christian. Là encore, c'est le résumé du dos qui m'a séduit avec une trame se déroulant sur une planète aquatique dévolue au commerce sous toutes ses formes notamment les plus malhonnêtes. Au coeur de l'intrigue une femme-assassin aux pouvoirs très étendus dont celui de voir les futurs alternatifs qui s'offrent à elle. Mais tout pouvoir à son revers... Un roman de SF entre space-péra et cyberpunk, un mix intéressant à première vue qu'il faudra confirmer à la lecture.

- Cugel saga de Jack Vance. Ca fait un bon bout de temps que je n'ai pas lu un Jack Vance, auteur très prolifique qui m'a à chaque fois bluffé et complètement emporté avec lui dans des univers riches pour des voyages immersifs. Il est ici question de vengeance dans un univers fantasy avec son lot de sorciers, de magiciens, de voleurs et de royaumes en péril. Miam miam !

Acquisitions avril j'ai lu folio 2
(Roooooo, que de promesses encore !)

- Un Monde d'azur de Jack Vance. Même auteur mais dans de la SF pure et dure. Dans un monde sans consistance, fait d'océan, d'air, de soleil et d'algues, les habitants n'ont pas à se soucier de leur survie car la nourriture leur est distribuée en abondance à condition qu'ils nourrissent régulièrement le roi qui les protège. Mais ce dernier est-il un Dieu ou un monstre marin ? Drôle de résumé pour un ouvrage qu'il me tarde de découvrir lui aussi.

- Hérésie et Inquisition d'Anselm Audley. Ce sont les deux premiers tomes d'une trilogie de fantasy que je ne connaissais ni de nom ni de réputation. Le cycle se déroule sur une planète géante en grande partie recouverte d'océan où des fanatiques religieux tiennent le pouvoir d'une main de fer. Mais la résistance s'organise... C'est le genre d'achat coup de poker que j'affectionne. Qui lira, verra !

Acquisitions avril mix
(Un dernier mélange pour la route !)

- Pire que le mal de Jay R. Bonansinga. Un petit tour dans la dimension Terreur avec une histoire de stripteaseuse condamnée par un cancer qui guérit miraculeusement grâce à une technique d'auto-hypnose. La contre-partie est cependant inquiétante car elle semble avoir réveillé quelque chose d'épouvantable qui était en dormance depuis son plus jeune âge. Typiquement le genre de résumé qui me fait craquer, à confirmer lors de la lecture !

- La Magnificence des oiseaux de Barry Hughart. Un livre qui semble n'être qu'un pur délire mélangeant enquête, Histoire et éléments fantastiques. Impossible à résumer sans trahir une quatrième de couverture bien space. Décrit comme un mélange improbable (mais réussi !) du Juge Ti et de Terry Pratchett (deux références qui me parlent), j'attends de voir ce que cela va donner !

- La Malédiction des rubis de Philip Pullman. J'ai sauté sur l'occasion lorsque j'ai croisé la route de cet ouvrage. J'ai littéralement dévoré la trilogie de La Croisée des mondes et il me tardait de replonger dans un livre de cet auteur au talent immense. Il est ici question d'une jeune fille intrépide qui se retrouve seule dans le Londres inquiétant de l'époque victorienne et qui va devoir percer les secrets d'un rubis très convoité qui attise la mort autour de lui. Trop hâte d'y être!

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Voila pour cette première partie d'achats qui, vous en conviendrez, sont sources de promesses de lectures tantôt passionnantes tantôt intrigantes. Ils vont désormais rejoindre leurs petits camarades en attendant d'être choisis. Très vite, je vous reparlerai des acquisitions de cette session Emmaüs février 2018 avec le reste des ouvrages qui se sont faits adopter. 

dimanche 11 février 2018

Ouverture de la chasse aux livres 2018

Voici le premier post acquisitions pour l'année 2018 au Capharnaüm éclairé. Je vais vous parler aujourd'hui de trouvailles très sympathiques faites au détour de balades en terres bretonnes entre boîtes à livres, librairies d'occasion et brocantes. Comme vous allez pouvoir le constater, janvier s'est révélé riche en adoptions livresques prometteuses. Jugez plutôt !

acquisition fev 2018 ensemble

Sept petites pépites qui vont venir enrichir ma PAL bien fournie ! Nelfe ne s'est pas laissée tenter cette fois-ci, mais bon... 2018, ne fait que commencer. Débutons sans attendre le tour d'horizon de mes nouvelles acquisitions !

acquisition fev 2018 sf

- La Machine à explorer l'espace de Christopher Priest. On ne peut pas dire non à Christopher Priest. Encore plus quand il revisite HG Wells à travers un mix délirant de ses oeuvres les plus célèbres. Écrit de jeunesse, j'ai hâte de visiter Mars et d'assister à la guerre des mondes en compagnie de voyageurs déboussolés. Un livre qui ne restera pas longtemps dans ma PAL à coup sûr !

- Enfants des étoiles de HG Wells. Justement, à côté de l'ouvrage précédent, j'ai trouvé un ouvrage de Wells que je ne connaissais pas. De la SF à nouveau donc avec de mystérieux rayons cosmiques qui bombardent en permanence la surface de la Terre et dont on ne connaît pas l'origine. L'auteur se propose d'éclairer notre lanterne à sa manière... Je dois avouer que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, n'ayant jamais été déçu par l'auteur, je suis très optimiste !

acquisition fev 2018 horreur

- Soleil de minuit de Ramsey Campbell. Un roman de la collection Terreur chez Pocket qui promet beaucoup. L'auteur m'a déjà séduit par le passé, cette balade morbide au pays des contes glacés du Nord que nous propose Ramsey Campbell attise mes attentes de lecteur. Au programme, un passé enfoui qui ressurgit et convoque des fantômes fait s'éloigner de la réalité un héros incrédule. On peut compter sur l'auteur pour lâcher les chevaux et malmener au maximum son personnage principal. 

- Envoûtement de Ramsey Campbell. Même auteur pour une toute autre histoire dans le genre terreur qu'il affectionne. Une tante hargneuse et possessive revient d'entre les morts en prenant possession de sa petite nièce, bien trop jeune pour comprendre ce qui lui arrive. M'est avis que ce roman va bousculer les lignes et fournir une expérience sur le fil du rasoir. J'ai bien hâte d'aller voir cela de plus près !

- La Tempête du siècle de Stephen King. Un King que je n'ai jamais eu l'occasion de lire et qui s'est présenté à moi au gré d'un hasard heureux. Une mystérieuse tempête qui approche et s'annonce apocalyptique, un individu menaçant aux objectifs obscurs, une ambiance de fin du monde qui plane sur une communauté isolée... Pas de doute, on est en terrain connu et l'on peut compter sur le roi de l'épouvante pour nous mener par le bout du nez !

acquisition fev 2018 contempo

- L'Équipage de Joseph Kessel. Un livre que j'ai adopté de suite sans même connaître son contenu, là encore on ne peut pas dire non à un monstre sacré de la littérature. De retour à la maison, après prise de renseignements sur le web, les étoiles se sont alignées : le récit se déroule durant la Première Guerre mondiale et décrit la vie des membres d'une escadrille française d'observation. Un grand roman que j'ai hâte de découvrir !

- Belle du Seigneur d'Albert Cohen. Enfin, un classique qui m'a toujours échappé et qui de surcroît peut servir d'arme d'auto-défense tant le volume s'apparente à une brique ! Une histoire d'amour étirée sur plus de 1000 pages, ça ne se refuse pas, ça se goûte et se découvre ! Wait and read.

Voila voila, pour cette première série d'acquisitions qui va rejoindre ma PAL. Sachez d'ors et déjà qu'hier avec Nelfe nous sommes allés à notre Emmaüs préféré pour la première fois cette année et que le craquage a été énorme ! Inutile de vous dire que vous serez bientôt informés de nos nouvelles trouvailles. En attendant, je vous laisse, j'ai quelques lectures qui m'attendent...

mercredi 10 janvier 2018

"Le Pêcheur" de Clifford D. Simak

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L’histoire : Finalement les fusées étaient trop lentes. Mieux valait confier l'exploration spatiale à des hommes aux pouvoirs télékinésiques prononcés. Leurs facultés psy leur permettaient, sans se déplacer, de projeter leur esprit jusqu'aux étoiles. Leur centre, surnommé l'Hameçon, commercialisait ensuite les idées et les techniques que les explorateurs avaient rapportées des planètes lointaines.

Lorsque Shepherd Blaine ramène une entité extraterrestre qui a pénétré dans son esprit, il sait que l'Hameçon, ne prendra pas de risques : dans ce cas-là, on supprime l'explorateur. Il doit fuir. Mais, hors de l'Hameçon, les hommes doués de facultés psy sont massacrés par la foule qui a peur d'eux. Blaine est donc perdu. Toutefois, il n'est plus seul désormais, une entité aux pouvoirs inconnus l'habite...

La critique de Mr K : Ça fait déjà un petit bout de temps que j’étais tombé sur cet ouvrage de Simak, un auteur de l’âge d’or de la SF US que j’aime pratiquer à l’occasion. Il faut dire que je ne me suis jamais vraiment remis du choc de ma lecture de Demain les chiens, un classique de la SF prospective et inventive. Le Pêcheur ne navigue clairement pas dans les mêmes eaux, l’auteur produisant ici un ouvrage de série B type, qui a pour but principal de divertir. Cependant, on peut compter sur Simak pour y introduire quelques éléments de réflexion sur le genre humain. Au final, cette lecture fut une belle expérience.

Sheperd Blaine est un explorateur des temps futurs. La science ayant échoué à réussir à envoyer des hommes loin et très longtemps, elle s’est rabattue sur les possibilités qu’offrait l’esprit avec le développement des voyages psychiques. Chaque "voyageur" explore donc des mondes lointains et essaie d’en ramener des souvenirs et des données qui sont ensuite exploités pour faire progresser l’humanité. Sheperd n’en est pas à son premier voyage quand il revient dans la base en compagnie d’une présence incongrue au fond de son cerveau, une entité extra-terrestre intelligente et curieuse. Ni une ni deux, il s’enfuit le plus loin possible de ses collaborateurs car il se sait condamné car tout contact direct est interdit avec des êtres venus d’ailleurs. Commence alors une fuite en avant qui le verra combattre ses anciens alliés et essayer d’échapper à un monde replongé dans l’obscurantisme chassant toutes les manifestations scientifiques qui sont sources de mal pour eux, les vieilles superstitions étant revenues au goût du jour. Autant vous dire que ce n’est pas gagné pour lui !

Le roman commence dare-dare avec le retour sur terre de Sheperd qui doit prendre immédiatement la décision qui va faire basculer sa vie dans une course sans fin. Le rythme ne se relâche plus jamais, laissant libre cours à une course poursuite dantesque qui voit le héros s’engluer dans un monde transformé en gigantesque toile d’araignée pour un être comme lui. Traître aux yeux de ses anciens compagnons, il représente une sérieuse menace aux yeux des humains dits normaux c’est-à-dire sans pouvoirs psy. Il trouvera donc nombre d’obstacles sur sa route, devra démêler faux-semblants et situations inextricables (sur qui peut-il compter ? Comment échapper à une foule en colère ? Comment apprivoiser l’entité qui lui parle dans ses pensées ?). La tension semble ne jamais devoir retomber et Sheperd est soumis à rude épreuve et devra faire preuve de la plus grande prudence et d’une adaptabilité sans faille.

La télékinésie au centre récit est très bien rendue car Sheperd peut en effet lire dans les pensées des uns, envoyer des images dans l'esprit des autres et communique avec son passager intérieur. Ces passages efficaces rajoutent une touche bien délirante à l’ensemble. De plus, comme dans beaucoup d’ouvrage de Simak le livre sent bon la nature, la bonne terre avec des passages descriptifs très poétiques lorsque le héros remonte une rivière en canoë ou grimpe un chemin escarpé à travers les collines ou les montagnes. Rappelons que Simak était un amoureux de la nature qu’il aimait introduire dans ses ouvrages de SF, comme une sorte de mythe du Paradis perdu que les héros essaient de retrouver à travers leurs pérégrinations. Ces passages ici, même s’ils n’effacent pas les tensions sous-jacentes, introduisent une certaine forme de douceur, d’accalmie devant les problèmes soulevés par la situation précaire du héros. Encore un bon point !

On retrouve ici tout le talent de conteur de Simak avec sa langue souple et efficace qui alterne moments de bravoure et apports contextuels finement entremêlés, brossant un monde futuriste inquiétant car redevenu rétrograde et méfiant. L’humain est véritablement un loup pour l’humain dans ce récit impitoyable et sans réel espoir apparent pour ces humains aux capacités psy pourchassés sans vergogne par les apôtres d’un ordre moral rigide et intolérant. Bien que moins présentes que dans d’autres ouvrages du maître, ses thématiques bien qu’effleurées restent prégnantes et apportent une densité intéressante à une histoire plutôt classique où toute surprise semble absente quand on est un vieux briscard de la lecture SF tel que moi. Rien de rédhibitoire en terme de plaisir de lecture pour autant, on passe un bon moment et aucun regret ne pointe à l’horizon lorsque l’on referme définitivement le volume. Avis aux amateurs !

Autres lectures de Clifford D. Simak chroniquées au Capharnaüm Éclairé:
Demain les chiens
L'empire des esprits
Mastodonia
Carrefour des étoiles
- Les Visiteurs

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samedi 9 décembre 2017

"Crains le pire" de Linwood Barclay

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L’histoire : Que peut-on imaginer de pire pour un père que de réaliser, impuissant, que sa fille a disparu ? Tim Blake, père de famille divorcé, mène une vie paisible. Sydney, sa fille de 17 ans, a trouvé un petit boulot d’été dans un hôtel. Ce matin-là, elle s’en va et lui promet d’être de retour pour dîner. Mais le soir, elle ne rentre pas et ne laisse pas de message ; les autres soirs non plus. Tim mettra tout en œuvre pour retrouver Sydney...

La critique de Mr K : Petite lecture détente avec un thriller bien mené et addictif à souhait aujourd’hui avec Crains le pire de Linwood Barclay. Lu en deux jours, je n’ai jamais vraiment réussi à le lâcher tant j’ai été pris par cette histoire simple en apparence mais source d’un suspens intenable pendant plus de 490 pages.

Tim Blake n’a rien d’un mec extraordinaire. Il n’a pas la fibre entreprenante ce qui lui a coûté son entreprise de vente automobile et son mariage, sa femme se barrant avec un concurrent. Papa d’une jeune adolescente, il vit une vie tranquille, sans relief ni aspérités. Recevant sa fille à la maison pour l’été, elle disparaît sans crié gare un beau jour. De suite, il se précipite à l’hôtel où elle travaille pour un job estival et là... personne ne la connaît ! C’est le début de l’enfer pour Tim qui se rend compte qu’il ne connaissait peut-être pas aussi bien sa fille que cela. Un mois plus tard, l’état des recherches de la Police est au point mort, une gamine fugueuse n’intéresse personne. Bousculant sa nature, Tim va décider de partir à sa recherche. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas au bout de sa peine !

Pas de temps mort avec ce roman qui commence tambour battant. Ce récit nous plaçant dans la situation du père, notre champ de connaissance de la situation est aussi peu étendu que le sien, ce qui développe une empathie particulièrement forte envers ce personnage qui peu à peu sombre dans l’angoisse. Ce gars lambda va littéralement se transformer au fil de l’épreuve qu’il traverse. Prenant les choses en main, il tâtonne tout d’abord, se plante plus d’une fois mais va finir par mettre le doigt sur certains détails troublants ouvrant la porte à des hypothèses de plus en plus inquiétantes. À ce niveau là, l’auteur est redoutable, la gestion du personnage principal est un modèle du genre, conjuguant poncifs et passages connus pour nous livrer une véritable course contre le temps et parfois la folie.

Bien construit, le récit avance masqué. On se prend à inventer toutes sortes d’hypothèses, l’auteur nous livrant un certain nombre de fausses pistes et de révélations confondantes. On a beau être habitué à ce genre de manœuvres littéraires quand c’est bien fait, les vieilles recettes sont souvent les meilleures et c’est justement le cas ici. Dans ces conditions, vous comprenez l’aspect fortement addictif de ce roman qui se lit quasiment d’une traite. Identités secrètes, trahisons, faux semblants, courses poursuites, fusillades, surveillances étroites, on retrouve ici tous les bons éléments d’un roman à suspens réussi.

Sympathique aussi le tissage des liens entre les différents personnages. J’ai aimé ainsi les liens changeants entre Tim et Bob (le nouveau mec de son ex femme) qui évoluent énormément et donnent lieu à des passages vraiment bien gérés et touchants, le lien entre Tim et Patty la meilleure amie de sa fille disparue qui vit dans des conditions précaires avec sa mère alcoolique est aussi très touchant. Ces passages sont justes, donnent un réalisme de bon aloi à une histoire qui vire au bout d’un moment au thriller haletant qui ne donne aucun répit au lecteur pris au piège. Certains passages peuvent au départ désarçonner, voir paraître délirants mais le déroulé donne des éléments de réponse assez clairs très vite et l’on se rend compte que Linwood Barclay est décidément très doué pour balader ses lecteurs.

L’écriture est banale pour le genre mais redoutablement efficace. C’est bien simple, les pages se tournent toutes seules et il est extrêmement difficile de s’en dépêtrer. Alors certes, on ne peut pas vraiment crier au génie mais franchement, si vous êtes amateur, vous auriez bien tort de bouder votre plaisir !

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mardi 28 novembre 2017

"La Danse du bouc" de Douglas Clegg

la danse du bouc clegg

L’histoire : Les gosses sont enterrés jusqu'au cou. Comme si leurs têtes étaient des fleurs. Alors je passe la tondeuse à gazon pour les couper. Il faut les étouffer quand ils sont encore en bouton... Mais les lames de la tondeuse se coincent. Alors je vais dans la remise à outils chercher une grande paire de cisailles. Pour terminer le travail.

Mais les têtes des gosses ont disparu. Je me retourne : ils sont là, derrière moi. Ils ont chacun une débroussailleuse et ils avancent sur moi. Je sais alors que je suis la mauvaise herbe du jardin... Je me réveille avant que les terribles lames ne viennent trancher ma gorge paralysée. Je jette un coup d’œil sur mon réveil : bientôt 8 heures. Je pourrais me faire porter pâle. Mais je suis prof, après tout, et les vacances de Noël approchent...

La critique de Mr K : C’est pour Halloween que mon choix s’est porté sur ce volume qui dormait depuis trop longtemps sur les étagères de ma PAL. Je cherchais un ouvrage pas prise de tête et surtout branché ésotérisme et ténèbres, histoire d’être au goût du jour. En parcourant les titres épouvante-horreur qui composent une partie de ma PAL, la quatrième de couverture de celui-ci m’a directement plu. Au final, ce fut une lecture super enthousiasmante à la croisée de la trilogie littéraire Ça de Stephen King et les films cultes The Thing et L’Antre de la folie de John Carpenter. Suivez moi si vous l’osez !

Ce livre s’apparente à la chronique d’une petite ville ordinaire des États-Unis. Pendant la première moitié de l’ouvrage, l’auteur nous présente un certain nombre de personnages clef de la communauté avec ses jeunes à problème, ses commères médisantes, ses hommes abattus par le travail, les vieilles familles qui sont installées ici depuis les premiers pionniers, ses piliers de comptoirs, ses professeurs férus d’histoire locale... Dès le début, on sent bien que quelques chose ne tourne pas rond à Ponte Fract. Tout a commencé par un accident qui a failli s’avérer fatal à Theodora, une jeune fille sans histoires. Mais voila, noyée dans un lac glacée puis ressuscitée, il semble qu’elle ne soit pas revenue indemne et surtout seule de son voyage au delà de la vie et de la mort. Il y a aussi ses légendes indiennes qui semblent prendre vie suite à la spoliation de leurs biens ou encore cette maison abandonnée de l’autre côté du lac où l’on entend de drôles de bruits la nuit. L’apocalypse est en marche sans que personne ne s’en doute et quand elle va s’abattre ça va faire mal !

Divisé en deux grosses parties, cet ouvrage s’avale quasiment d’une traite tant il se révèle très vite addictif. Bien que l’on côtoie la misère humaine la plus profonde parfois et certains personnages particulièrement ragoûtants (le postier pervers notamment), on s’attache vite à cette petite ville qui n’est pas sans rappeler Derry dans la trilogie Ça du King. On rentre dans l’intimité familiale des gens entre splendeur et décadence, tracas du quotidien, vieilles rancunes, difficultés pécuniaires, alcoolisme... Tout fait penser au maître de l’épouvante et force est de constater que pour un premier roman, Douglas Clegg s’avère être un orfèvre en matière de plantage de décor. Il va à l’essentiel, sans fioritures mais avec un sens de la concision et de l’efficacité redoutable.

Puis, peu à peu, les événements bizarres s’accumulent : les fous du village se réveillent, les morts passent des coups de fils impromptus, des gens disparaissent comme si la haine et la colère se cristallisaient sur la ville. La police est très vite dépassée face à cette multiplication de crimes et délits, finalement on arrive à un dernier acte d’une rare violence, où l’hémoglobine coule à flot et où les personnages principaux ne semblent plus capables de discerner le réel du cauchemar. Honnêtement, ça cloue littéralement le lecteur à son siège et je dois avouer que je n’avais pas ressenti autant de plaisir de lecture devant une œuvre d’horreur pure depuis très longtemps. Esprits, vampires, goules et manifestations démoniaques se livrent à une surenchère d’actes odieux et déviants pour le plus grand malheur des pauvres habitants (pas si innocents que cela vous vous en doutez) et les survivants se comptent sur les doigts d’une main en fin de volume.

L’aspect gore ne gâche rien et préserve une certaine tension palpable durant les 445 pages de ce roman. Très bien maîtrisé, le rythme et le suspens ne se relâchent jamais et certains passages s’avèrent très inquiétants ce qui est aussi un très bon point. L’écriture en soi n’a rien de remarquable mais quelle imagination notamment lors des passages où les forces du mal passent à l’action. On ne sait plus où donner de la tête et l’on se demande bien jusqu’où cela peut aller. La conclusion est sans appel et cette lecture fait partie du haut du panier en terme de littérature de genre horrifique. Si vous êtes adeptes, foncez-y, c’est top de chez top !

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samedi 30 septembre 2017

"Conan" de Robert E. Howard

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L’histoire : "C’est alors que vint Conan le Cimmérien – cheveux noirs, regard sombre, épée au poing, un voleur, un pillard, un tueur aux accès de mélancolie tout aussi démesurés que ses joies – pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre." Les chroniques némédiennes

La critique de Mr K : C’est à l’occasion du Motocultor festival que je me décidai à me relancer dans un re-reading d’un ouvrage culte de fantasy : Conan de Robert E. Howard. Ça me semblait être le lieu idéal pour retourner en Aquilonie et suivre les aventures de ce barbare ultra-célèbre qui fit mon bonheur plus jeune entre lecture de l’ouvrage, BD pleines d’action et un film mémorable avec un futur gouverneur de Californie dans le rôle titre. Presque trente ans après, le bonheur de lecture est intact et j’ai redécouvert au passage la richesse de la langue de l’auteur qui est considéré à raison comme un pilier du genre.

Avant même la lecture des nouvelles en elles-mêmes (7 courts textes composent ce recueil), une judicieuse préface nous présente l’auteur et son apport à la littérature. C’est ainsi que j’ai appris que Howard fut au départ un enfant doué intellectuellement, timide et du coup (comme c’est encore trop souvent le cas) régulièrement malmené par les autres. En réaction, il devint un fanatique de sport et de culture physique, devenant même un temps boxeur. La peur changea de camp ! C’est après qu’il commença à entreprendre une carrière liée à l’écriture avec Conan mais aussi Solomon Kane. Malgré une réussite qui lui tend les bras, il finira par se donner la mort à l’annonce du décès prochain de sa mère dont il était très proche. Bien qu’indépendante de l’œuvre elle-même, je trouve que sa vie a été passionnante et éclaire quelque peu la teneur de ses ouvrages et notamment la raison d’être de ce cimmérien à la force brute et au cœur chaud.

Dans ces sept nouvelles, nous suivons donc Conan, un jeune barbare cimmérien qui trace sa route et son destin à travers les différents empires et royaumes de l’âge hyperboréen. Le jeune fuyard de la première nouvelle aux prises avec une horde de loup et une momie ressuscitée se transformera au fil des récits en voleur expérimenté puis en mercenaire / guerrier que l’on recherche ardemment en ces temps troublés. Les différentes nouvelles le mettent aux prises avec de vils magiciens, des créatures venues d’autres plans d’existence et du tréfonds des ténèbres. Chaque récit est l’occasion d’un voyage en terre étrangère avec la rencontre d’autres peuples et souvent le déclenchement d’une quête ardue qui mettra à rude épreuve notre barbare de héros.

Le personnage principal n’a rien perdu de son charisme malgré les années et le temps qui passe. On retrouve ce charme animal et sauvage qui font littéralement décoller le lecteur durant sa lecture. Impressionnant de force, les actes herculéens sont légions durant ces pages, le monde décrit est rude et Conan peut compter sur son physique hors norme pour se tirer des situations délicates où l’emmène un auteur assez sadique à son endroit. Loin d’être seulement un monolithe de force brute, Conan est plus malin qu’il n'en a l’air et se révèle parfois même faillible. Il n’est pas rare en effet que la peur l’envahisse lorsqu’il se retrouve face au surnaturel ou la magie, phénomènes que les cimmériens abhorrent. Bon, il reste malgré tout un bon gros barbare bourrin mais cette faiblesse ajoutée à son empathie envers certains personnages et les jeunes filles en détresse rajoute un caractère plus humain à ce géant qui s’apparente à une machine de guerre impitoyable.

Très branché action, le tempo est mené tambour battant. C’est la marque de fabrique de Howard dans sa façon de narrer et décrire les histoires qu’il propose. Le genre de la nouvelle est d’ailleurs exigeant dans le genre, il faut savoir planter rapidement et efficacement un lieu, un temps et une intrigue. Les textes présentés ici sont des modèles du genre avec à chaque fois des récits bien ficelés, jamais redondants ni bâclés. Malgré le peu de descriptions (je suis un aficionados du style de Tolkien d’où cette légère frustration), on est immergé immédiatement en ces temps sombres et on s’émerveille devant les lieux où se déroulent les histoires : des villes luxuriantes aux tripots les plus malfamés, des cryptes les plus darks aux forêts les plus mystérieuses, on voyage beaucoup et l’on côtoie divers dangers bien flippants. Et puis, les scènes d’action pures sont d’une rare efficacité et donnent à voir un spectacle total, sans fioritures où la crudité se mêle à la virtuosité. Un pur bonheur de lecture qui passe très vite sans que l’on s’en rende compte.

Force est de constater que depuis les années 30, Conan reste la pièce maîtresse du genre Sword and sorcery et qu’il est indéboulonnable en terme de référence ultime. Sous ces apparences de simple roman d’aventure et d‘action se cache une expérience littéraire toujours aussi délectable qui fait la part belle aux exploits et au dépaysement. Un classique parmi les classiques !

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dimanche 10 septembre 2017

Craquage littéraire estival

À l'occasion de la visite prolongée d'une amie de Nelfe à la maison courant août, nous lui avons fait visiter notre petit coin de Paradis entre plages, vieilles pierres, Festival Interceltique et gastronomie bretonne. Lectrice régulière de notre blog, elle a émis le souhait innocent (sic) d'aller faire un tour chez notre cher abbé... Vous connaissez ma faible capacité de résistance à l'idée d'aller visiter ce lieu de perdition très bien achalandé, Nelfe étant elle-aussi tentée... en deux temps trois mouvements ; nous voila partis ! Voici le résultat de cette visite imprévue mais une fois de plus fructueuse. Jugez plutôt !

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(Ne sont-ils pas beaux les p'tits nouveaux ?)

N'est-ce pas un beau craquage des familles ? Je vous l'accorde, on a fait pire (surtout moi) mais franchement, il était impossible de résister. Au final, voici une sélection une fois de plus variée et riche en promesses de plaisirs littéraires. Voici un petit tour d'horizon des nouvelles acquisitions du Capharnaüm Éclairé qui vont rejoindre leurs aînés sur les rayons de nos PAL respectives. Suivez le guide !

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(C'est toujours un bonheur certain de dégoter des ouvrages publiés chez Actes Sud)

- Monde clos de Christos Chryssopoulos. Une bien curieuse trouvaille que ce roman polyphonique nous parlant d'une cité périphérique à travers les destins et vies des habitants des lieux entre rêve, tragédie et sublime au détour de leur quotidien. La couverture et le résumé m'ont séduit de suite et en allant zieuter sur le net, les avis parfois très positifs m'ont conforté dans mon choix. Je suis bien curieux de voir ce que cela va donner.

- Les Arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann. Ce roman d'un jeune auteur allemand narre la rencontre entre le grand explorateur Von Humboldt (croisé pour ma part lors de mes études d'Histoire) et le prince des mathématiques Gauss. À priori, les échanges entre les deux génies de leur temps font des étincelles et couvrent les réussites et échecs d'une vie humaine. Véritable phénomène littéraire dans son pays d'origine, j'ai hâte de me faire ma propre opinion sur cet ouvrage.

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(La meute des ouvrages publiés chez Le Livre de poche)

- Les Ritals et Bête et méchant de Cavanna. Le hasard fait que j'ai pu me procurer deux des trois volumes constituants l'autobiographie de Cavanna. C'est un personnage qui m'a toujours fasciné et qui à priori à eu une vie passionnante en dehors de la sphère publique. Il ne me reste plus qu'à trouver Les Russkoffs et je pense m'atteler à la lecture de la trilogie d'une traite. Sinon j'aurais peur d'être frustré.

- L'Apiculteur de Maxence Fermine. Décidément mes pas croisent beaucoup Fermine cette année et quel ravissement de tomber sur le présent ouvrage. Un extrait était au coeur de l'épreuve de français du DNB l'année dernière et j'adore cet écrivain qui est capable de nous transporter très loin avec une économie de mot incroyable. Je me le réserve pour le début d'année prochaine pour me le garder au chaud, ayant lu Opium cet été (la chronique est prête et sera postée dans le mois après les sorties de la Rentrée littéraire).

- Mémoires de mes putains tristes de Gabriel Garcia Marquez. Un ouvrage dont je ne connaissais même pas l'existence avant de tomber inopinément dessus : il y est question d'amour charnel, de tendresse, le tout enrobé d'humour selon les avis que j'ai pu consulter depuis. Le genre de recettes qui me plaît et qui conforte cet achat compulsif s'apparentant au départ à un coup de poker. Quoiqu'avec cet auteur, je ne prenais pas un grand risque...

- Une Maison de poupée d'Henrik Ibsen. J'ai eu l'occasion de parcourir quelques extraits de la présente pièce féministe lors de lectures de manuels de BAC pro. J'avais été saisi par la modernité du verbe et la profondeur des propos, c'était l'occasion rêvée d'approfondir cette première approche en lisant l'oeuvre intégrale. Qui lira verra, mais je n'ai aucun doute sur la qualité de l'oeuvre et de sa portée.

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(Mégamix foireux de titres inclassables)

- Souvenirs de la troisième guerre mondiale de Michaël Moorcock. Tout petit recueil de nouvelles dont deux inédites en France, je n'ai strictement aucune idée du contenu de cet ouvrage que j'ai adopté de manière purement instinctive. Mon choix a été seulement guidé par mon amour profond pour mes lectures précédentes de l'auteur et un titre accrocheur en diable. Wait and read !

- La Danse du bouc de Douglas Clegg. Petit craquage purement sadique avec un ouvrage mettant en scène un professeur complètement branque qui rêve de dégommer les élèves indélicats qui auraient la mauvaise idée de mal se comporter durant ses cours. Du fantasme à la réalité, il n'y a qu'un pas qu'à priori le personnage principal franchit allègrement. Ça a l'air furieusement gore cette affaire, m'est avis que ça devrait me plaire ! 

- Johnny chien méchant d'Emmanuel Dongala. J'ai entendu beaucoup de bien de ce roman se déroulant au Congo et mettant en scène des adolescents plongés trop tôt dans l'âge adulte à cause de guerres absurdes récurrentes dans cette région du monde. Le livre a l'air assez furieux dans son genre, sans doute thrash mais aussi porteur de sens et d'humanité. 

- L'Ile de Robert Merle. Enfin, dernier ouvrage pour moi avec ce roman d'aventure maritime écrit par un auteur talentueux que j'admire énormément. C'est typiquement le genre de lectures qui m'ont fait aimer les livres et m'ont fait voyager dans l'imaginaire très facilement étant plus jeune. On n'est pas loin de la Madeleine de Proust là...

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(Vous avez vu ? Nelfe n'a jamais autant trouvé d'ouvrages à son goût !)

- La Promesse des ténèbres de Maxime Chattam. Malgré ses déconvenues avec les derniers titres parus de l'auteur, Nelfe a décidé de retenter sa chance avec un ouvrage plus ancien de Chattam en espérant retrouver les très belles sensations de lecture qu'elle avait éprouvées lors de sa lecture enthousiaste de la Trilogie du mal.

- Le Charme discret de l'intestin de Giula Enders. Voila un ouvrage qui a fait grand bruit lors de sa sortie et dont Nelfe a entendu le plus grand bien. Comme à la maison nos entrailles ne nous laissent pas forcément toujours en paix (sans mauvais jeu de mot), il était temps de prendre le taureau par les cornes ! 

- Pas de pitié pour Martin de Karin Slaughter. Un ouvrage qui a fait de l'oeil à ma douce lors de sa sortie, elle s'était dit alors qu'à l'occasion d'un chinage, elle pourrait l'acquérir. Le hasard faisant bien les choses, c'est désormais chose faite ! Ne reste plus qu'à attendre sa chronique.

- Scintillation de John Burnside. À priori, un ouvrage bien noir, sur l'amitié entre adolescents. Il n'en fallait pas plus à Nelfe pour se laisser tenter car c'est son triptyque magique en terme de thématique de lecture. Gageons qu'elle ne soit pas déçue !

- En attendant Babylon d'Amanda Boyden. Enfin, un coup de poker provoqué par une couverture attirante, une histoire intrigante se déroulant à la Nouvelle-Orléans avant l'ouragan Katrina et une maison d'édition que Nelfe affectionne énormément. M'est avis que celui-ci va lui plaire aussi.

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Voili voilou, on est très mal ! Tout ça à cause de l'indélicatesse de la copine de Nelfe qui a donc participé passivement (mais a participé tout de même !) à l'effrondement total de tout espoir de rédemption pour nous et notre PAL qui atteint désormais une taille gigantesque et se mute de plus en plus en une deuxième bibliothèque. C'est grave docteur ?

samedi 9 septembre 2017

"La Grand-mère de Jade" de Frédérique Deghelt

La-grand-mere-de-JadeL'histoire : Quand Jade, une jeune femme moderne, "enlève" sa grand-mère pour lui éviter la maison de retraite et fait habiter à Paris celle qui n'a jamais quitté la campagne, beaucoup de choses en sont bouleversées. A commencer par l'image que Jade avait de sa Mamoune, si bonne, si discrète...
Une histoire d'amour entre deux femmes, deux générations, au dénouement troublant...

La critique Nelfesque : Voici un livre que j'ai traîné dans ma PAL des années. Repéré lors de sa sortie en broché chez Actes Sud en 2009, pour tout dire, il me faisait peur. Je suis tombée dessus en version poche quelques années plus tard, je l'ai acquis mais je l'ai laissé prendre la poussière. Et puis cet été je me suis dit que c'était le bon moment. Il y a des romans comme "La Grand-mère de Jade" que l'on sacralise. Ici, j'appréhendais l'émotion qu'il pouvait susciter en moi. Tout ce qui touche à la vieillesse me touche beaucoup et lorsqu'il s'agit de rapport grand-mère / petite fille, je n'arrive pas à mettre de filtre et m'identifie très (trop ?) facilement.

Dès les premières pages, je sens bien la boule qui se forme dans ma gorge. Je connais cet amour qui lie une jeune fille à une femme plus âgée de sa famille. J'ai la chance de l'avoir vécu. Je sais que l'histoire ne peut se terminer autrement qu'avec le décès de cette femme et j'en ai déjà le coeur retourné. Puis peu à peu, se dégage de ce roman un ton que je n'avais pas envisagé. La légèreté.

"La Grand-mère de Jade" est un roman sur la vie, sur la vieillesse, sur les liens familiaux. Mais c'est aussi une magnifique déclaration d'amour à la lecture. Jeanne est une femme que ses petits-enfants surnomment Mamoune. Qui est vraiment Mamoune, si ce n'est cette mamie gâteau aimante et protectrice ? Personne ne se pose réellement la question. Mamoune a toujours été Mamoune. Frédérique Deghelt va peu à peu lever le voile sur ce personnage qui, bien plus qu'une grand-mère, est une femme avec ses secrets.

Pour lui éviter la maison de retraite, Jade décide sur un coup de tête d'aller la chercher et l'emmener vivre avec elle dans son petit appartement parisien. Sans demander l'avis de ses parents, de ses tantes, de sa famille. Comme un cri du coeur, cette solution est la seule qui s'impose à l'esprit de Jade. La grand-mère se laisse prendre au jeu et suit, non sans appréhension mais prête à vivre une nouvelle vie, sa petite-fille. Ensemble, elles vont affronter le quotidien, veiller l'une sur l'autre, s'entraider, se conseiller. Quand l'une veut écrire un roman, l'autre la corrige et lui cherche un éditeur, quand l'autre se livre sur son passé, la seconde l'écoute avec curiosité et surprise. Toutes deux vont se découvrir mutuellement, se donner du courage et s'aimer d'autant plus.

"La Grand-mère de Jade" ne m'a pas bouleversée autant que j'aurais pu le penser mais j'y ai trouvé une très belle relation intergénérationnelle et une ode à la lecture fine et respectueuse. Le genre de roman qui fait du bien, qui redonne foi en l'être humain. Jusqu'à l'ultime révélation finale qui tombe comme un couperet. Frédérique Deghelt surprend et fait réfléchir. Une belle découverte !

Egalement lus et chroniqué du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "La Vie d'une autre"
- "L'oeil du prince"

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