vendredi 12 février 2016

"Hiver arctique" de Arnaldur Indridason

hiver arctiqueL'histoire : Comment peut-on poignarder un enfant ? Au coeur de l'hiver arctique, en Islande, un garçon d'origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait douze ans. Crime raciste ? Le commissaire Erlendur mène l'enquête, s'acharne et s'embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s'obstine à survivre dans une nature hostile. L'absurdité du mal ordinaire lui échappe...

La critique Nelfesque : "Hiver arctique" d'Arnaldur Indridason était dans ma PAL depuis... oula oui tout ça... au moins ! Quoi de mieux qu'un mois de janvier pour l'en sortir (oui, je l'ai lu en janvier) ? Histoire de se plonger un peu dans l'hiver avec un grand H quand ici on n'en a même pas eu un petit... J'enfile le bonnet, les gants et l'écharpe et hop on y va, en route pour le grand froid et la littérature islandaise !

L'histoire débute avec la découverte du corps du jeune Elias, un gamin de 12 ans, poignardé et laissé pour mort dans la neige à la sortie de l'école. Là, au pied de son immeuble de cité islandaise où toutes les cultures se côtoient et où chacun vit tout de même replié sur lui-même à cause principalement des températures négatives en hiver, l'idée qu'un jeune thaïlandais à peine sortie du nid puisse perdre la vie sans que personne n'en soit témoin attriste le commissaire Erlendur. Très vite sa nationalité semble être le mobile du meurtre. Sombre réalité ou simple piste à explorer, l'enquête est ouverte.

Nous sommes ici dans du roman policier pur. L'enquête prend son temps, toutes les pistes sont explorées, le lecteur assiste aux enquêtes de voisinage... On est bien loin du thriller haletant et le moindre petit flocon de neige de cette grande cour déserte est passé au peigne fin par l'équipe policière.

Je suis une adepte de thriller, vous le savez. J'aime quand ça bouge, quand ça sue, quand il se passe quelque chose et je dois dire qu'ici je me suis autant amusée que devant un épisode de Derrick (ou pour ceux qui aimeraient Derrick et que je ne souhaite pas fâcher, disons que j'ai éprouvé autant d'intérêt que devant un reportage "Chasse et pêche"). Je ne suis pas contre le fait de prendre son temps, j'aime d'ailleurs d'autres ouvrages d'auteurs du nord qui aiment planter des ambiances et mettre le lecteur dans une bulle (je pense notamment à Camilla Läckberg) mais ici je n'ai trouvé aucun véritable intérêt. Tout est terriblement plat...

J'aurai pu faire l'impasse sur l'histoire (avec un roman policier quand même c'est un comble mais soit) si le traitement des personnages avait eu une saveur particulière. Un héros charismatique, un bureau de police singulier, une histoire personnelle borderline par exemple pour me tirer de l'apathie mais de ce côté ci aussi c'est le calme plat. Il faut savoir que "Hiver arctique" fait partie d'une saga où l'on suit le commissaire Erlendur Sveinsson, peut-être qu'au fil des romans et des enquêtes (celui-ci est le 7ème dans une série de 12 romans écrits à ce jour) on s'attache aux uns et aux autres. J'ai un peu peur que cet attachement ne survienne qu'au rythme d'une cagouille (vous ne connaissez pas les cagouilles ? C'est comme ça qu'on appelle les escargots dans mon Périgord natal (bon ben comme ça, vous avez appris quelque chose !)).

J'ai lu ça et là depuis ma lecture de ce roman qu'Indridason était un auteur qui aimait dépeindre une société malade, dénoncer l'horreur ordinaire en quelque sorte. Oui, certes. J'ai plus l'impression qu'ici dans ce roman, il enfonce des portes ouvertes. Cela fait-il de moi une lectrice au coeur de pierre ? Une lectrice qui ne se soucie pas du sort des expatriés et n'est pas émue par la mort d'un enfant ou par des meurtres racistes ? Je ne pense pas non, ce serait faire de gros raccourcis et finalement faire du Indridason dans le texte ! En plus, j'étais particulièrement intéressée par ce roman du fait de la nationalité de la communauté mise en avant ici (amoureuse de la Thaïlande et de sa culture que je suis (là aussi, je peux repasser, le gamin aurait été turque ou gabonais que ça aurait été la même chose)).

Je ne dis pas pour autant que ce roman est à jeter mais dans le genre, j'ai lu 100 fois mieux. Je l'ai lu plus comme je pourrais regarder une émission populaire à la TV, sans réel intérêt, pour passer le temps. Côté littérature, j'attends bien plus que cela et j'ai été déçue par cet auteur qui pourtant est un des écrivains islandais les plus plébiscités dans son pays. Ce n'est pas souvent qu'un roman fait flop, c'est un peu tristounet mais ça arrive... Vous l'aurez compris, je ne vous conseillerai pas forcément la lecture de ce roman mais si de votre côté vous êtes de grands adeptes du monsieur, j'aimerai bien lire vos arguments en commentaires.

hiver-montagne-300x127Ce roman a été lu dans le cadre du presque challenge "Destockage de PAL en duo" avec ma copinaute faurelix.