mercredi 26 juin 2013

"Midnight movie" de Tobe Hooper et Alan Goldsher

Couverture-MIDNIGHT-MOVIE1

L'histoire: "Ce serait pas mal de retourner à Austin et de faire un tour au festivalo, même si je me rappelais pas de quoi parlait mon film – sûrement de zombies et de sexe. Et j'avais pas du tout envie de me retrouver devant une salle remplie de geeks fans de films gore. Mais j'avais besoin de fric."

Un réalisateur de films d'horreur, Tobe Hooper, assiste à la projection de son premier film lors d'un festival de seconde zone. Ce film oublié, écrit et tourné par Tobe lorqu'il avait quinze ans, n'a jamais été projeté en public.

Très vite, les spectateurs sont victimes de phénomènes étranges, effrayants, à la limite de l'inconcevable. Leurs amis sont également touchés. Et les amis de leurs amis... le phénomène se propage à toute vitesse, et les cadavres s'accumulent dans l'Amérique entière.

Tobe Hooper comprend alors que, pour arrêter cette épidémie, il devra remonter aux origines de ce film maudit, ce film qu'on aurait jamais dû projeter à minuit.

La critique de Mr K: Avant de tomber dessus par hasard et mal rasé, je dois avouer que je n'avais jamais entendu parlé de cet ouvrage et je savais encore moins que le pape du film d'horreur s'était livré à une expérience littéraire en compagnie d'un comparse. C'est donc l'esprit vierge de toute opinion pré-conçue et avec une belle espérance en matière de fun (la quatrième de couverture est quand même bien tripante) que je me lançai dans cette lecture. Une fois de plus, le hasard a très bien fait les choses.

Le résumé n'est pas du tout trompeur. On est ici dans du grindhouse pur jus, de la série B littéraire d'horreur comme on les aime: sexy, glauque et sanglante à souhait. Une simple projection de cinéma va dégénérer et une épidémie de violence sans nom va se déclarer. On n'est pas loin du pitch de The Crazies en beaucoup plus sexe car ici les malades sont violents, obsédés par la fornication et morts-vivants! Le cocktail est détonnant et on ne s'ennuie pas une seconde! Prenez les meilleurs éléments de nombreux films de genre, mixez le tout et vous obtenez ce Midnight Movie certes pas des plus original sur le fond mais à la forme à la fois novatrice et efficace à souhait.

En effet, ce n'est pas un simple récit qui nous est ici fourni mais une multitude de points de vue, un peu à la manière du World War Z du fils de Mel Brooks. À la différence de ce dernier, nous n'avons pas affaire ici à une compilation de témoignages mais à divers types de documents. Il y a du témoignage mais aussi des échanges mail, des sms, des faire-part de décès, le journal intime d'un fou-furieux, des posts de blog, des articles de presse... Le tout compilé nous permet de suivre les raisonnements de Hooper (cinéaste meurtrier bien malgré lui), les tribulations d'une jeune fille coincée (elle ne le reste pas très longtemps), de sa sœur sur laquelle le sort semble s'acharner et bien d'autres personnages que je ne peux évoquer ici sans prolonger ce post inutilement, vous gâchant par la même occasion les nombreuses surprises que vous réserve ce livre atypique. Sachez que toutes ces pièces de puzzle s'assemblent à merveille et donne une histoire complexe et sur-vitaminée.

L'ouvrage se lit très vite et de façon plaisante à condition qu'on aime le genre. Ça dépote, c'est irrévérencieux à souhait et cette lecture s'apparente avant tout à une lecture pop-corn, un plaisir semblable aux films d'horreur ringards qu'on aime regarder entre amis un samedi soir pour relâcher la pression de la semaine. Tobe Hooper s'y décrit avec beaucoup d'autodérision et de cynisme ce qui le rend très attachant. Alors oui, ce n'est pas de la grande littérature mais ça fait un bien fou en ces temps troublés! Avis aux amateurs de sexe, de gore et de rock-and-roll!

Posté par Mr K à 15:22 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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lundi 7 février 2011

"Le discours d'un roi" de Tom Hooper

Le_Discours_d_un_Roi_afficheL'histoire:  L’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI, suite à l’abdication de son frère Edouard VIII. D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.

La critique Nelfesque: Quel film! Autant le dire tout de suite: j'ai adoré "Le discours d'un roi", pas tant pour le côté historique du film que pour la longue route de travail d'un homme avec lequel on souffre et pour les liens d'amitié qu'il tisse avec son orthophoniste, Lionel Logue.

Colin Firth est brillant dans le rôle de Berthie, personnage bègue depuis tout petit. Il sait nous faire vivre les difficultés de son personnage, on souffre avec lui lorsqu'il bute sur les mots et ses appréhensions sont palpables. Réussira-t-il à lire un discours de trois pages à la BBC? Le chemin est long et le travail est colossal. Nous avons vu le film en VO et Colin Firth mériterait grandement son oscar de meilleur acteur tant son jeu est crédible et plein d'émotion. Difficile de ne pas verser une larme quand il se confie sur son enfance à Lionel Logue.

Tant que l'on est dans les récompenses, je donnerai sans hésitation l'oscar du meilleur second rôle à Geoffrey Rush, le spécialiste qui va aider le roi à vaincre son bégaiement. On ressent une véritable fêlure et une bonté d'âme dans ce personnage. Sans arrière pensée, il va tout faire pour que le roi lève la tête et donne de la voix. Finalement "Le discours d'un roi" est avant tout un film sur l'amitié de deux hommes qui n'auraient jamais dû se rencontrer. D'un côté, l'homme public et puissant, de l'autre, un homme à la carrière ratée, simple et bon. Peu à peu, ils vont s'ouvrir l'un à l'autre et faire tomber les barrières sociales.

le_discours_d_un_roi_geoffrey_rush

Le discours est vu comme une partition, ses annotations, avec ses accents et saisures de rythme, sont très proches de celles que l'on pourrait voir sur une partition de travail d'un musicien. Le spécialiste se transforme alors en chef d'orchestre lors de la prononciation du fameux discours. En tant que pianiste, j'ai été particulièrement touchée par cette similitude.

"Le discours d'un roi" est un film magnifique qui remue bon nombre de sentiments chez le spectateur. On passe en presque 2h des rires aux larmes. A voir absolument et de préférence en VO.

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La critique de Mr K: 5/6, très très bon film. Par contre, il faut préparer ses mouchoirs car il y a de grandes chances pour que vous deveniez liquide. Beau film sur l'amitié, les deux acteurs principaux sont parfaits: Colin Firth excelle dans le rôle de ce roi à la voix déficiente et Geoffrey Rush est épatant dans le rôle de l'orthophoniste anti-conformiste qui se mue par moment en psychologue de choc.

Le film dure deux heures environ mais on ne les voit pas passer. Les scènes s'enchaînent et l'émotion d'une rare intensité étreint le spectateur: j'ai tout particulièrement souffert lorsque le futur Georges VI révèle à Lionel Logue (le doc) son enfance difficile (si si, c'est possible même dans la famille royale anglaise!) livrant par là même la clef de sa guérison. Je pourrais vous décrire d'autres moments forts mais ce serait trop révéler ce film qui est bourré de qualités: humour à l'anglaise, reconstitution historique nickel, acteurs de second plan bien choisis (Helena Bonham Carter excellente comme à son habitude tout comme Guy Pearce dans le rôle du frère volage), qualités techniques indéniables, une réflexion aussi sur l'importance et le rôle de la voix pour tout homme de pouvoir, le symbole de la monarchie dans la culture anglaise...

Pourquoi 5/6 et pas le maximum? Peut-être le manque d'originalité qui renvoie ce film au "Cercle des poètes disparus" ou au magnifique "Shine" (avec Geoffrey Rush justement). Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film est à voir, ne serait-ce que pour pleurer un bon coup... ça ne m'était pas arrivé depuis La route!

Posté par Nelfe à 19:34 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
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