dimanche 13 décembre 2009

Et tu seras un homme mon fils...

La_route_afficheL'histoire: Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des
rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.

La_route

La critique Nelfesque: Pour moi LE film de l'année. Beaucoup attendent "Avatar" à cette place, mais "La route" est un chef-d'oeuvre et il sera difficile de le détrôner! Un film sublime, tout en finesse et en subtilité. Tellement touchant que j'en ai pleuré du début à la fin. Et sans mouchoirs, je vous laisse imaginer l'état de mon maquillage à la fin du film et la rapidité avec laquelle je me suis planquée quand les lumières se sont rallumées et les premiers spectateurs levés. J'en menais pas large... En faisant notre debriefing juste après le film avec Mr K, j'en pleurais encore! On a frôlé la dépression. THE méga claque donc. Au vu de la bande annonce (que je vais quand même mettre en fin de post même si je ne l'aime pas), l'accent est mis sur l'action, la survie face aux autres... Bien sûr la survie tient une place importante dans ce film, mais plus que tout c'est l'amour d'un père pour son fils et le dépassement de soi qui est à l'honneur avec "La route". Les acteurs jouent divinement bien, Viggo Mortensen est bluffant, sur le fil à chaque instant, si fort pour son fils et en même temps si détruit par ce qui leur arrive. Ce qui n'a pas plus à certains critiques est la soit disant dimension christique... Là il faudrait qu'ils m'expliquent... Le personnage du père a la foi certes mais il n'en fait pas des tonnes et est un homme comme un autre. Faut-il avoir la foi pour tenter de survivre dans ce monde que nous propose "La route". Je n'ai pas vu passer les 2 heures de projection, longue errance à l'image d'"Into the wind". Ceux qui veulent de l'action et sont effrayés par les films lents passez votre chemin. Pour les autres courrez-y! Un chef-d'oeuvre je vous dis!

La_route_1

La critique de Mr K: 6/6, un petit bijou que ce film! Pour moi, peut-être LE film de l'année tant nous sommes sortis marqués par ce métrage Nelfe et moi. Dans un post précédent, j'avais dit que fin du monde et cinéma faisaient rarement bon ménage. Je ne pensais pas revenir sur mes paroles aussi vite! Ici, on est bien loin du produit prédigéré, marketing et cynique tel que 2012. Place au drame intimiste que vivent un homme et son fils dans une Terre qui se meure. Le cinéaste a décidé d'adopter un point de vue centré sur le ressenti et les rapports quasi fusionnels entre Mortensen (tout bonnement épatant!) et le petit Kodi Smit-McPhee (pour une fois qu'un môme est acteur et ne joue pas à l'être!). On ne sait donc pas ce qui s'est passé pour que le monde s'effondre mais on constate plutôt une forme de régression de l'humanité (cannibalisme, pillage: univers un peu à la Mad Max) dans laquelle détonnent nos deux héros (attachés au Bien, l'écriture / la lecture, la propreté -scène poignante du bain-). Personnellement, j'y ai vu un parallèle avec le monde actuel où parfois on a l'impression que l'être humain n'est qu'un simple mouton individualiste et querelleur, où les "vertueux" (à savoir les altruistes, les empathiques, les cultivés et autres) sont remisés au placard et sont les premières cibles de la société du spectacle chère à Guy Debord. Certes il y a des relents christiques dans ce voyage et l'apparence et le code de conduite de Viggo Mortesen dans le film y font clairement référence mais j'ai envie de dire: "ET ALORS!?". Je suis non croyant et ce n'est pas pour autant que je ne suis pas sensible à ce type de message. Enfin, c'est aussi un film sur l'éducation d'un enfant par son père qui lui apprend ce qu'est la vie, qui lui apprend le discernement entre le bien et le mal: un film d'amour avec un grand A, l'amour d'un père pour son fils, le plus pur qui soit mais aussi le plus touchant. Je pense me procurer le livre au plus vite vu tout le bien que j'ai pu en lire sur différents sîtes qui disent que le film n'est pas à la hauteur du matériau originel... Qu'est-ce que ce doit être! Un film magnifique donc, je n'avais pas pleuré ainsi depuis Dancer in the dark de Von Trier! Un joyau du 7ème art comme il est rare d'en croiser. À voir absolument!

Posté par Nelfe à 16:08 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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