samedi 2 août 2014

"Coldwater" de Vincent Grashaw

cold water afficheL'histoire: Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

La critique Nelfesque: Charmée par la bande annonce de ce long métrage, j'avais très envie de voir "Coldwater" au cinéma. C'est maintenant chose faite. Une ambiance et un thème que j'affectionne, il ne m'en fallait pas plus pour me déplacer et je ne regrette pas du tout.

L'histoire est dure. Nous nous retrouvons avec les jeunes incarcérés dans un camp de redressement américain et nous attachons plus particulièrement à la vie de Brad, petite frappe qui mène sa barque avec un certain code de l'honneur mais qui se retrouve dépassé par les évènements lors d'une soirée étudiante où un drame va avoir lieu. Ses parents, ne sachant plus quoi faire, se tourne vers Coldwater, un centre paramilitaire, pour le remettre dans le droit chemin. Ce qui l'attend ici va le marquer autant dans sa chair que psychologiquement.

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Magistralement mené par Vincent Grashaw, réalisateur que je ne connaissais pas jusqu'ici mais que je vais dorénavant suivre avec beaucoup d'intérêt, ce film est quelque peu classique dans son traitement. Il y a du "Mystic River" ou encore "Sleepers" dans ce film de part la jeunesse désoeuvrée qu'il présente mais aussi son côté "bande de copains" unis dans la douleur. Très vite, le spectateur s'attache à ces jeunes, toute considération de leurs culpabilités mise à part, devant l'horreur que leur réserve ce camp de redressement.

Interdit au moins ne 12 ans, il n'est au départ pas spécialement violent dans les images mais dans les idées qu'il véhicule. Pendant les 3/4 du film, je me disais que certes l'histoire est éprouvante mais tout restait tout de même convenu, jusqu'à une scène marquante qui frappe le spectateur de plein fouet. On ne peut alors nier que "Coldwater" est un film remarquable qui fonctionne comme une cocotte minute !

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Eprouvant, froid et implacable, "Coldwater" met le spectateur sous pression pendant presque 2 heures. Comment peut-on en arriver à de tels extrêmes? Que justifie la violence? L'homme malgré tous ses défauts et ses erreurs de parcours reste tout de même un homme. Rien ne légitime de pareils traitements. Un film qui fait froid sans le dos et que je vous conseille vivement de voir. 

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La critique de Mr K: 5/6. Un très bon métrage que Coldwater. On démarre au quart de tour avec "l'enlèvement" du jeune héros par des inconnus dans sa propre chambre. En fait, il s'agit d'employés de Coldwater, un centre de redressement pour délinquant tenu par un ancien militaire auquel ses parents ont fait appel suite aux démêles de leur fils avec la justice (il trafique quelques peu le jeunot et un drame a eu lieu). Commence alors une véritable descente en enfer pour Brad avec en toile de fond une Amérique repliée sur ses peurs et prônant des solutions radicales mais pas forcément efficaces. D'ailleurs la fin de ce film est tout bonnement scotchante voir traumatisante ce qui le fait passer du bon au très bon film!

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La grande force du film tient à son acteur principal P. J. Boudousqué. Beaucoup le compare à Ryan Gosling (Drive for ever!) et c'est loin d'être faux. Même visage, un jeu tout en intériorisation avec un regard qui perce le spectateur et au final, une empathie qui fonctionne à plein durant tout le film. Impressionnant de justesse et de présence, il illumine cette histoire plutôt classique dans sa structure. Face à lui, James C. Burns campe le directeur du centre. Impitoyable, chauffant le chaud et le froid, il incarne à la fois la figure paternelle et le cerbère des Enfers. Lui aussi est bluffant et leurs face à face sont lourds de tensions. De manière générale, tous les protagonistes jouent très bien et contribuent à la distillation de la tension et d'un malaise grandissant. Le dernier tiers du métrage est un modèle de pétage de plomb avec une cocotte minute qui ne peut qu'exploser suite à l'accumulation des brimades et autres sévices.

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Vincent Grashaw est pour moi un réalisateur à suivre. C'est un technicien hors pair et ce film est de toute beauté. Il y a de l'inventivité dans les cadrages et les travellings malgré quelques passages obligés dûs au genre du film. Tout contribue à créer une ambiance dérangeante (musique, bruitages, lumière, plans) et le scénario bien que plutôt prévisible de prime abord prend une tournure plus extrême qu'à l'habitude dans une production américaine moyenne. Mélange de récit classique et de flashback disséminés deci delà, on ressort quelques peu groggy de cette séance pas comme les autres entre chronique adolescente et dénonciation d'une Amérique à la dérive. Une belle séance de cinéma un peu rude que je vous invite à découvrir au plus vite.

Posté par Nelfe à 19:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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