mardi 31 mai 2016

"Congo Requiem" de Jean-Christophe Grangé

Congo RequiemL'histoire : On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan.
Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu'à Lontano, au coeur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris.
Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi. L'Homme-Clou.
Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

La critique Nelfesque : "Congo Requiem" est la suite de "Lontano" paru en septembre dernier chez Albin Michel. Ne vous aventurez pas dans la lecture de ce roman sans avoir lu le premier volet de ce diptyque.

Nous retrouvons ici la famille Morvan, ce clan aux liens ambivalents fait d'amour et de répulsion où le passé n'est que mensonge et les sentiments complexes. Dès les premières pages, le ton est donné. Jean-Christophe Grangé reprend l'histoire là où elle s'est arrêtée dans son ouvrage précédent et ne diminue pas son rythme. Le lecteur est tout de suite replongé dans l'intrigue. Il n'y a pas de temps morts, impossible de reprendre son souffle, les aventures de Morvan père et fils en Afrique vont nous mener tout droit au coeur de contrées suffocantes et denses.

Bien que l'enquête a été résolue dans "Lontano", Erwan sent que tout n'est pas bien clair dans le passé de son père et compte bien démêler l'affaire en se rendant lui-même au Congo, là où Grégoire a passé une partie de ses jeunes années. Un voile opaque règne sur cette période de sa vie et il est temps de déterrer les vieux démons. Erwan n'est pas au bout de ses surprises...

Dans ce volet, Grangé nous fait vivre l'Afrique de l'intérieur. Avec force détails, il entraîne son lecteur au coeur de l'Afrique noire, dans une zone où Tutsis et Hutus s'affrontent, où les conditions météorologiques font perdre la raison, où des armes puissantes se retrouvent aux mains de novices et où les pratiques n'ont rien de communes avec celles de l'Europe. C'est dans ce milieu inhospitalier et au climat hostile qu'Erwan va mettre toute son énergie, parfois avec inconscience, pour suivre les traces de la jeunesse de son père jusqu'à la ville de Lontano aujourd'hui abandonnée.

Dans le même temps, nous suivons les frères et soeurs d'Erwan qui, bien que n'étant pas de la police, ont aussi la fibre enquêtrice. Loïc est en pleine désintox sur les routes d'Italie et nage en eaux troubles chez sa belle-famille. Gaëlle, quant à elle, est toujours aussi intrépide et, se questionnant sur son psy, mène l'enquête avec l'aide d'Audrey. Ce joli petit monde va lever des lièvres qui vont constituer au final un gigantesque puzzle malsain. Autant vous le dire tout de suite, ne vous attachez pas trop aux personnages. Grangé n'hésite pas à les malmener, les faire souffrir et au besoin en dézingue quelques uns pour le bien de l'histoire. Avec lui, on ne fait pas dans la dentelle mais dans l'efficacité !

Plus politique que Lontano, Grangé densifie son histoire avec Congo Requiem et apporte ici une lecture différente de son précédent ouvrage. Tout est remis en cause, plus rien n'est certain, le doute s'installe. Cet auteur est un virtuose du retournement de situation, de la révélation qui tue. Dans ce roman de plus de 700 pages, il retourne littéralement le cerveau de ses lecteurs et donne envie de relire Lontano à la lumière des révélations faites ici. Une incroyable prouesse et une intégrale de 1400 pages au total où l'ennui ne pointe jamais, où l'intérêt ne fait que s'accroître, où l'arrivée du dénouement entraîne un sprint final terrifiant et où le lecteur ne peut que louer l'auteur pour son machiavélisme génial !

De mon côté, j'applaudis des deux mains. Je crie au génie. Grangé fait ici très fort et renoue avec ses meilleurs romans. On retrouve dans Lontano et Congo Requiem (qu'il faut absolument lire à la suite et dans l'ordre) tout ce qui fait le talent de Grangé : un gigantesque tableau fait de suspense et de rebondissements sur fond de dépaysement géographique et culturel avec des personnages couillus et singuliers. Un ouvrage rondement ficelé et un must pour tout amateur de thriller !

Déjà lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "Lontano"
- "Kaïken"
- "Le Passager"
- "La Forêt des Mânes"
- "Le Serment des limbes"
- "Miserere"

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samedi 12 décembre 2015

"Le Passager" de Jean-Christophe Grangé - ADD-ON de Mr K

Le-passager-de-Jean-Christophe-GrangeJ'ai déjà lu et chroniqué ce roman le 19/09/11. C'est maintenant au tour de Mr K.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de la mienne.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Le Passager", ça se passe par là.

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lundi 28 septembre 2015

"Lontano" de Jean-Christophe Grangé

Lontano-JCGrangeL'histoire : Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l'Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.
Sur fond d'intrigues financières , de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l'espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons.
Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

La chronique Nelfesque : Aaaaaaaah ! Un nouveau Grangé en librairie !!! Aaaaaah ! Après 3 ans de silence livresque, le voici de retour, ENFIN, mon Jean-Christophe chouchou ! J'ai eu l'occasion de parler de ses bouquins de nombreuses fois sur le blog (liens en fin d'article) mais je le redis encore : en page-turner, Grangé tu fais pas mieux !

Pendant plus de 700 pages (il fallait au moins ça pour un retour en force), le lecteur suit l'histoire des Morvan, une famille qui a pris l'habitude de toujours se protéger quoi qu'il arrive et quel qu'en soit le prix. Loin d'être la famille idéale par la liste longue comme le bras de secrets et de non-dits, ils ne se rendent pas moins service dès qu'ils le peuvent. Une mafia à l'échelle familiale...

Entre Paris, le Congo et la région de Brest, l'histoire nous fait parcourir des milliers de kilomètres. Erwan, un des fils Morvan, est appelé dans une école militaire de Brest pour élucider une affaire. Un bleu vient d'être retrouvé pulvérisé par une frappe aérienne sur une île d'entrainement. Accident ou mise en scène pour cacher un meurtre horrible perpétré lors d'un week-end d'intégration ? L'histoire commence ainsi mais trouvera de multiples ramifications lorsque les cadavres commenceront à s'accumuler dans la capitale...

Dès les premières pages, on retrouve le bonheur de lire un ouvrage de Grangé. Les chapitres courts, allant à l'essentiel, s'enchaînent. Les phrases chocs qui donnent envie de poursuivre sa lecture se multiplient et les 700 pages sont avalées en moins de temps que l'on a de dire "ouf". Grangé n'a pas perdu son talent pour faire monter la tension, créer l'urgence d'en savoir plus chez ses lecteurs et l'"effet page-turner" marche ici encore à plein régime. On ne change pas une formule qui marche, Grangé maîtrise !

L'autre ingrédient définissant les romans de Grangé, c'est le côté gore et malsain. Les scènes de crimes atroces où l'esprit tordu du meurtrier suinte, la façon dont l'auteur les décrit, les images qui défilent devant les yeux du lecteur et qui l'empêcheront de dormir ou le régaleront de détails tordus qui donnent corps à une ambiance des plus glaçantes... C'est cela qu'un lecteur de Grangé attend et aime dans ses romans. Sur ce point, dans le premier tiers du roman j'ai été assez déçue. La jeune victime retrouvée à Brest n'est "que" "éparpillé façon puzzle" sur les murs de l'abris dans lequel il se trouvait lors de la frappe et il est bien difficile d'avoir des détails sur l'état d'un corps avant sa mort lorsqu'il est découvert ainsi. J'en vois déjà certains tordre du nez... "Non mais Nelfe t'es malade ou quoi !? Une purée de jeune bleu-bite ça te suffit pas niveau détails crados ?" Eh bien non lecteurs, vous le savez maintenant parce que vous me lisez depuis longtemps mais, à l'image des films de genre dont je raffole, j'aime les détails sordides, les litres d'hémoglobine poisseuse, les scènes de meurtres pensées à l'extrême et qui laissent à voir aux lecteurs la chasse d'un tueur des plus retors et difficiles à cerner. Je suis une psychopathe !

Bah alors ? Il est décevant ce "Lontano" ? Etonnant dans un premier temps par ce manque d'éléments et ce parti-pris "façon bouchère", le lecteur retrouve quelques pages plus loin la patte Grangé avec la découverte de premier choix d'un second corps n'ayant pas subit les assauts de l'armée. On y voit tout de suite plus clair ! Pas de spoilers ici mais attendez-vous à ce que l'ombre de l'Homme-Clou, tueur en série africain, arrêté dans les années 70 par Morvan père, plane sur ces pages.

"Lontano" est donc un retour aux sources pour Grangé qui signe là un roman bien noir et tordu entraînant son lecteur au plus profond de l'âme humaine, au dernier sous-sol, celui où les pires instincts et les pires croyances se côtoient. La fin laisse le lecteur sur sa faim mais il s'agit d'un diptyque... Alors, je ne vois qu'une chose à ajouter : VITE, LA SUITE !

Déjà lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé :
- "Kaïken"
- "Le Passager"
- "La Forêt des Mânes"
- "Le Serment des limbes"
- "Miserere"

lundi 10 septembre 2012

"Kaïken" de Jean-Christophe Grangé

kaikenL'histoire: Quand le Soleil Levant devient un Soleil Noir,
Quand le passé devient aussi tranchant qu'une lame nue,
Quand le Japon n'est plus un souvenir mais un cauchemar,
Alors, l'heure du kaïken a sonné.

La critique Nelfesque: Quand un nouveau Grangé sort en librairie, je deviens folle, il me le faut là maintenant tout de suite! Je campe devant la librairie, je saute dessus comme une droguée en manque. Cette année, j'ai eu la chance de découvrir ce "Kaïken" en avant première. De quoi me rendre limite hystéro, vous vous imaginez bien... J'ai attendu qu'il soit disponible pour vous en parler. Vous pourrez ainsi à la fin de ce billet, vous propulsez chez votre dealer de bouquins!

Dès le premier chapitre, les 6 premières pages, le ton est donné. "Kaïken" va être un roman à 100 à l'heure, un roman qui n'attendra pas la page 120 pour démarrer, un roman qu'il va être difficile de lâcher avant la fin. On retrouve la plume incisive et addictive de Grangé, ses phrases courtes et percutantes, ses chapitres "droits au but". Certains se lassent peut être de ce procédé, maintes fois copié mais difficilement égalé. Personnellement, j'aime à chaque fois retrouver la plume si caractéristique de Grangé, cette plume qui vous prend au bide et vous entraine dans les pires horreurs.

L'originalité de ce roman réside dans le fait que l'on a l'impression de commencer par la fin. On connait le nom du coupable, la traque policière touche à sa fin et très rapidement la main est mise sur le grand méchant du bouquin. Petite feinte de l'auteur qui va faire intervenir ici une seconde histoire dans son roman. L'occasion, comme à son habitude, de nous faire découvrir des contrés lointaines, d'autres coutumes et une façon de vivre littéralement différente de nos vies d'occidentaux.

"Kaïken" est une immersion dans le Japon légendaire, celui des samouraïs et de la philosophie zen, celui des rites initiatiques et de la maîtrise de soi. C'est aussi un bel hommage au Japon d'aujourd'hui et l'occasion pour Grangé de nous faire partager sa passion pour ce pays à travers les 472 pages de son roman. Comme à son habitude, l'auteur nous livre ses connaissances à bon escient et distille des informations sur le thème pour plonger le lecteur dans une ambiance particulière et lui faire comprendre la psychologie de ses personnages.

Niveau gore, le lecteur en prend encore une fois plein la tête avec un tueur sanguinaire détraqué, surnommé "L'accoucheur" parce qu'il enlève des femmes enceintes, les évicère et brûle leurs foetus encore reliés au cordon ombilical. Bon appétit si vous êtes à table! L'enquête sur l'accoucheur est la première du roman mais bien vite, Passan, le flic de l'histoire, va se retrouver confronté à une enquête beaucoup plus personnelle qui touchera l'intérieur même de son foyer. Comment réagit un flic Grangesque lorsqu'un malade cherche sa femme et ses enfants? Réponse: il ne reste pas 2 heures le cul sur sa chaise et agit dans la seconde. Raaaa que ça fait du bien!

Alors OK, l'univers policier est un peu caricatural, un peu comme Olivier Marchal nous le présente au cinéma, mais ce sont ces flics là que j'aime. Je ne m'en plaindrai donc pas. The dark side of the police man!

Léger reproche à faire à ce "Kaïken": une fin trop rapide. C'est d'ailleurs le seul défaut que je trouve à l'ensemble des romans de Grangé. Là où on aimerait une scène finale de 40 ou 50 pages, il nous les torche en 10. Frustration suprême! La fin de ce présent roman, très cinématographique aurait mérité d'être plus longue mais au final c'est le roman dans son ensemble que l'on retient et non la fin. Vous pouvez donc y aller!

Et bien voilà, mis à part pour "La Forêt des Mânes" qui m'a agacée sur plusieurs points, je renouvelle mon amour pour Grangé et vous conseille de découvrir ce dernier roman.

Déjà lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "Le Passager"
- "La Forêt des Mânes"
- "Le Serment des limbes"
- "Miserere"

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lundi 19 septembre 2011

"Le Passager" Jean-Christophe Grangé

passagerL'histoire:

Je suis l'ombre.
Je suis la proie.
Je suis le tueur.
Je suis la cible.

Pour m'en sortir,
Une seule option: fuir l'autre.

La critique Nelfesque : Ah ! Un nouveau Grangé en rayon ! Cela faisait des mois que je l'attendais celui là ! A sa sortie le 1er septembre, en sortant du boulot, j'étais chez le libraire. Moi, folle ? Oh, si peu !

C'est donc avec une joie non dissimulée que je me suis plongée dans la lecture du "Passager". Après une déception concernant son précédent roman, "La Forêt des Mânes", je suis partie dans l'optique que ce roman ci signerait soit la fin de mon engouement concernant cet auteur, soit le verdict que "La Forêt des Mânes" était une simple baisse de régime et que Grangé repartait de plus belle.

Résultat des courses ? Grangé revient en force avec "Le passager" et ça fait plaisir. Déçue par son personnage principal dans son roman précédent, j'avais écrit à l'époque que cet auteur ne savait pas écrire des personnages féminins sans rentrer dans le cliché débile et stéréotypé. Ce roman ci m'a fait mentir. Ici le personnage principal est une femme, Anaïs Chatelet, flic de 29 ans qui va traquer un tueur en série s'inspirant de scènes mythologiques et mener une enquête en marge. Elle partage le haut de l'affiche avec celui qui se nomme au début du roman Mathias Freire, psychiatre au CHS de Bordeaux. La quatrième de couverture ne dit pas grand chose sur l'histoire du "Passager" et au fil des pages, la surprise est totale. Je ne souhaite pas trop en dire sur la trame du roman si ce n'est qu'il est ici question de mythologie, de psychologie, d'enquête à la "Avant d'aller dormir" de Steve Watson mais en 1.000 fois mieux, de recherches médicales et de complot militaire.

Le lecteur est complètement pris dans l'histoire, happé par la plume dynamique de Grangé, avec ses chapitres courts et ses phrases incisives. Cet auteur n'a pas son pareil pour mener en bateau son lecteur et il est impossible de deviner quoi que ce soit avant la fin. Une fin qui est un peu en deçà de l'ensemble du roman. Les vingts dernières pages et la scène finale semblent un peu baclées, arrivant comme un cheveu sur la soupe mais les dernières lignes du roman récupèrent la légère déception finale. Et puis sur un roman de 750 pages, n'en jeter que 20 et être en haleine avec les 730 autres, c'est négligeable...

D'habitude, Grangé nous fait voyager à travers le monde, aimant scinder ses romans en deux entre une enquête en France et un dénouement dans un pays lointain. Ici, "Le Passager" est découpé en cinq parties mais reste sur le territoire français. Bordeaux, le Pays Basque, Marseille, Paris... C'est aux quatre coins de l'hexagone que le lecteur est baladé dans des milieux sociaux aussi disparates que les milieux artistiques, la médecine, le monde de la pêche ou encore la vie des sans domiciles fixes. Cette dernière approche est une des plus marquantes et les scènes dans les foyers de SDF sont difficilement soutenables, non pas pour la violence des actes mais pour l'idée même que cela puisse exister à notre époque...

Là où généralement Grangé aime le gore et les scènes violentes et sanguinolantes, dans "Le Passager" l'accent est davantage mis sur le côté psychologique de l'histoire et sur la personnalité des personnages. Attention tout de même, on reste dans du Grangé et çà et là, certaines scènes pourront choquer les plus sensibles (je pense notamment à une histoire de lavabo qui fait bien dresser les poils sur les bras).

En bref un excellent thriller dont je conseille vivement la lecture. Quant à moi, j'attends déjà 2012 et un prochain roman!

La critique de Mr K (edit du 12/12/15) : Ça faisait un bail que je n'avais pas lu un ouvrage de cet auteur que Nelfe adore et que j'apprécie beaucoup notamment les topissimes Le Serment des limbes et Miserere. Un soir de débauche c'est à dire devant la télévision (très peu allumée à la maison), Nelfe et moi sommes tombés devant la bande annonce d'une adaptation tv sous forme de mini-série de ce roman avec Jean-Hugues Anglade dans le rôle principal (I love you mec!). Ne l'ayant pas lu et fortement tenté de regarder la série, je proposais à Nelfe de lire l'ouvrage rapidement pour que nous puissions regarder la version télé. J'ai vraiment bien fait, j'ai passé un excellent moment et j'ai surtout pu mesurer ensuite la vacuité et la trahison éhontée que représente la version télé. Je t'aime quand même Jean-Hugues...

Tout commence par un meurtre affreux dont Grangé a le secret. Un homme est retrouvé mort dans une voie de garage d'une gare avec une tête de taureau à la place de la tête. Anaïs Chatelet une jeune flic écorchée vive est dépêchée sur place et chargée de l'enquête. En parallèle, un géant amnésique est trouvé près des lieux et confié aux bons soins de Thomas Freire, psychiatre solitaire qui se prend de suite d'affection pour ce bon grand géant pour paraphraser Roald Dahl. Difficile d'en dire plus sans trahir quelques secrets et déroulements de l'histoire qui mêle joyeusement amnésie, fugue psychique, meurtres basés sur la mythologie, secrets de famille peu ragoûtants, descente en Enfer et révélations multiples… Du Grangé quoi!

Une fois de plus, je suis resté bluffé par la capacité de cet auteur à scotcher son lecteur chapitre avec chapitre. Vous avez sans doute connu ce syndrome du lecteur compulsif qui regrette de tomber dans les bras de Morphée alors qu'il n'attend qu'une chose… lire la suite de son bouquin! Étonnamment, rien de tout ça ici, la tension et l'attente étaient tellement fortes que j'ai réussi à tenir un peu plus que d'habitude. Il faut dire que Grangé n'a pas d'égal dans le domaine des punchlines qui tuent en fin de chapitre. Et comme ceux-ci n'excèdent jamais 8 pages… Impossible de relâcher le livre et même quand la nécessité fait loi, on se prend à penser à l'histoire que l'on a abandonné et qu'on a hâte de retrouver une fois la journée de taf terminée.

J'ai adoré le personnage du psychiatre qui pour moi fait partie des plus charismatiques de l’œuvre de Grangé. Opiniâtre, bienveillant, il va voir son quotidien tomber dans l'inconnu et va devoir se forger de nouvelles attitudes et capacités. Le basculement est remarquablement bien rendu et l'on est emporté par le flot des révélations qu'il doit assimiler. Le pauvre, il en prend vraiment plein la tête. Anaïs quant à elle m'a agacé au plus haut point au début, la faute à un traitement légèrement caricatural. Heureusement, l'histoire lui réserve bien des surprises (Oh que oui!), livrée à elle-même, seule contre tous, le personnage décolle et accroche vraiment le lecteur. Encore un bon point! On ne s'ennuie donc pas une seconde surtout que Grangé n'a plus à prouver son sens du rythme et de la surprise. Dès que l'on pense avoir une certitude, un twist nous retourne le cerveau et l'on se retrouve ainsi 5 à 6 fois complètement paumé à l'image du duo principal. Je dois avouer que j'ai pris un pied monstrueux à me laisser berner, balader par un auteur au sommet de sa forme.

L'édifice finit par révéler son secret et clairement ça tient la route. Par contre, encore une fois j'ai trouvé la fin abrupte, comme précipitée par l'urgence, laissant un peu de côté des éléments attachants et des zones d'ombre (défaut récurrent de l'auteur selon certains). C'est vraiment dommage car on a frôlé la perfection en terme de contenu. Au niveau de la forme pure, on reste sur du Grangé: simple et efficace. Sûr que ce n'est pas de la grande littérature mais le style épouse à merveille le fond et contribue à la paranoïa ambiante. Les 750 pages se tournent toutes seules et sans difficulté avec l'addiction évoquée auparavant qui ne redescend jamais.

Au final, voici un thriller rondement mené entre gore, exploration des abysses de l'âme humaine et course contre la montre. Amateurs de suspens, de machiavélisme et de révélations multiples, cet ouvrage est pour vous.

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mardi 6 octobre 2009

Promenons nous dans les bois pendant que le loup n'y est pas...

la_foret_des_manesL'histoire:

Jeanne Korowa n'a fait qu'une erreur
Elle cherchait le tueur dans la forêt
C'était la forêt qui était dans le tueur
Comme l'enfant sauvage
Au fond de l'homme

La critique Nelfesque: Ah un nouveau Grangé! Je me suis jetée dessus comme la misère sur le monde. J'ai conscience que l'écriture de Grangé n'est pas de la grande littérature mais force est de constater qu'il a le sens du suspens et une grande capacité à tenir ses lecteurs en haleine.

C'est donc pleine de bonne volonté que je me suis plongée dans ce livre sans en connaître l'histoire. En lisant la 4ème de couverture, on est pas plus avancé... Pour vous éclairer un peu, sans trop en dévoiler, je peux vous dire qu'il est encore une fois question d'une enquête haletante. Nous suivons le parcours d'une juge dans des affaires de meurtres cannibales sur fond de rites primitifs. Un meurtre, deux, trois... Quel lien ont-ils en commun? Quel est leur but? Et nous voilà donc partagé entre Paris et un pays étranger à la recherche de la vérité. Grangé aime bien balader son lecteur à travers le monde.

Comme à son habitude, ce roman est très bien documenté. On apprend beaucoup sur l'histoire d'un pays (dont je tairai le nom pour éviter de trop en dévoiler) ainsi que dans certains domaines. Oui, je sais, c'est très énigmatique tout ça mais le problème avec Grangé est qu'il vaut mieux en cacher le plus possible sous peine de dévoiler une partie du bouquin...

Qu'ai-je pensé de cet ouvrage? Et bien je suis mitigée. J'ai aimé la première partie qui se déroule à Paris, les premiers meurtres et les débuts de l'enquête. La seconde partie à l'étranger est plus lourde, plus dans la description et moins "haletante". Bien sûr j'ai eu envie de connaître la fin, je ne dirai pas que la seconde partie est pourrie mais elle est un cran en dessous. Je n'ai pas non plus accroché au personnage principal, Jeanne Korowan, qui se la joue "être une femme libérée tu sais c'est pas si facile", femme moderne, féministe, sous prozac, qui regarde Grey's anatomy et se masturbe à l'occasion... Les bons gros clichés! C'est sûrement très dur pour un homme d'écrire un personnage principal féminin mais là, par moment, on tombe dans la caricature. J'ai souvent eu envie de la taper!
Autre point noir, GROS point noir, ce sont les coïncidences! Il y en a beaucoup trop! Ca décrédibilise totalement l'histoire... La ficelle facile de Grangé cachant un manque d'inspiration sans doute. On sort du chapeau une coïncidence grosse comme Maïté et hop on peut rebondir là dessus pour continuer la course contre la montre. Mouais...

Alors Grangé est très bon en matière de suspens. Dans "La forêt des mânes", il ne déroge pas à cette règle mais ce n'est pas son meilleur ouvrage. A lire pour le fun mais ne commencez pas par celui ci si c'est votre baptême du feu avec cet auteur. Préférez lui plutôt "Le serment des limbes", "L'empire des loups", "Miserere" ou le classique "Les rivières pourpres"...

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dimanche 21 décembre 2008

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé...

miserereL'histoire:
Ce sont des enfants.
Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits.
Aucune ombre. Aucune inclusion. Aucune faille.
Mais leur pureté est celle du Mal.

La critique Nelfesque:
J'ai fini ce bouquin ce matin. Méga claque, double Kansetsu Geri retourné dans la face.
Nous avons là un Grand, un Très Grand Grangé. Des phrases courtes, incisives. Un histoire effroyable. Des détails sordides non présentés pour le plaisir de faire du trash mais nécessaires à la compréhension de l'ensemble. De la torture des camps nazis au régime d'Allende, ce roman nous fait voyager entre l'Allemagne, le Chili et la France, entre passé et présent. En pleines fêtes de Noël, des crimes atroces et inexpliquables sont perpétrés au sein même d'églises. Un mort, deux, trois...  Est ce l'oeuvre d'un tueur en série? Sont-ils plusieurs? Quel est le passé de ces victimes? Quel lien les rassemble? Les chorales d'enfants? La musique classique?

Kasdan et Volokine, deux flics respectivement arménien et russe, l'un à la retraite et l'autre en cure de désintox, vont mener l'enquête ensemble. Et seuls... contre le Mal.

A chaque nouveau Grangé je suis de plus en plus séduite. J'attends donc le prochain avec impatience. Cet auteur est décidément un très grand écrivain de polar.
A lire absolument tout en l'éloignant des yeux chastes de nos petites têtes blondes. Je vous garantie qu'en refermant ce livre, vous ne les verrez plus jamais comme avant...

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jeudi 9 octobre 2008

"Le Serment des limbes" de Jean-Christophe Grangé

SermentL'histoire:

"Quand on traque le Diable en personne, jusqu'où faut-il aller?"

La présentation de l'éditeur: (oui parce que sinon on est un peu dans le flou...)
Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n’a de cesse de comprendre ce geste. Il découvre que Luc travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l’Europe dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s’appuient sur la symbolique satanique. Les meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frolé la mort et vécu une « Near Death Experience ». Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des « miraculés du Diable » et agissent pour lui. Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ?

La critique Nelfesque: J'avais acheté ce bouquin à sa sortie, il y a plus d'un an, pour Mr K. En 3 jours, il a avalé les 652 pages (le bargeot...). Alors d'après toi qu'est ce que je vais t'en dire de ce Grangé? Que c'est une bouse? Quand même, il n'est pas maso à ce point! J'ai mis nettement plus de temps à le lire. Non pas que je n'ai pas accroché à l'histoire parce que franchement elle est béton, mais tout simplement parce que je n'ai pas eu des masses le temps de lire ces derniers temps (là j'anticipe les vacheries que Mr K pourrait dire dans les commentaires). Bon bref, je vais pas te raconter ma vie et vais te dire ce que j'ai pensé du Serment des Limbes.

Grangé a cette faculté, ce don, de tenir son lecteur en haleine. Il y a dans tous ses livres une similitude: la notion d'urgence. Le Serment des Limbes est encore une fois une course contre la montre écrite à la première personne, ce qui nous plonge encore plus dans l'histoire.
Ce bouquin est passionnant, Grangé maitrise son sujet à la perfection (certifié par un ancien élève en fac d'Histoire et une catholique avec plusieurs années de caté au compteur, donc autant dire qu'on se fout pas de ta gueule là!!! Ca rigole pas!). D'un chapitre à l'autre, l'auteur te balade et ébranle tes certitudes. Tu crois détenir la clef de l'énigme à la page 256, tu y crois dur comme fer sur 50 pages et BOUM, en faites, tu t'es planté. Et ça recommence à la page 402... Tu n'as plus envie de lâcher ce bouquin avant de connaître enfin le pourquoi du comment!

En plus, le Mathieu, il joue sa vie en permanence, il enquête comme un malade au quatre coin de la France et à l'étranger, ne dort presque plus (il a plus le temps!) et comme le livre est superbement écrit (à la première personne, je le rappelle), ben Mathieu, c'est TOI! Autant te dire que si tu tiens à ta vie et à ta santé mentale, il vaut mieux le lire vite. Tiens, d'un coup, je comprends Mr K!

A lire d'urgence.
D'autant plus qu'il vient de sortir "Miserere" (je sens qu'on va encore stresser...).

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