mardi 26 mai 2015

"Mad Max : Fury Road" de George Miller

mad max afficheL'histoire : Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule militaire piloté par l'Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement...

La critique Nelfesque : Il est de bon ton d'encenser "Mad Max : Fury Road". Tout le monde adore ce film, tout le monde crie au génie. La projection à Cannes a été un franc succès. De mon côté, je n'étais pas très enthousiaste à l'idée d'aller le voir mais Mr K étant un gros fan de la franchise, j'ai cédé aux appels des sirènes. Résultat des courses : si je dis que "Mad Max" est too much je me fais fouetter en place publique ?

Oui, voilà, le mot est dit. Visuellement, pas de soucis, je suis bien de l'avis de tous, "Mad Max" envoie du bois ! On en prend plein les yeux et plein la tête tout du long. Dès les premières images, j'ai tout de suite su que ce long métrage était une scène finale de 2 heures. Amis épileptiques, attention ! C'est nerveux, ça part dans tous les sens, la tension est présente du début à la fin. Trop ? Je ne suis pas loin de le penser.

mad max 2

Pourquoi trop ? On en fait jamais trop ? Si ? Ah ben si... "Mad Max" est sympa, c'est un bon détente neurone mais quand je vais au cinéma, j'y vais pour autre chose. Côté scénario, c'est mince et George Miller a pris le parti de tout mettre dans le visuel et la perfection de l'environnement jusqu'aux moindres détails. Sans cet étalage de prouesse de cadrages, de maîtrise de caméras et de perfectionnisme, on n'irait pas bien loin... L'histoire tient en une ligne : Furiosa enlève une chose indispensable à Immortan Joe qui va se lancer à sa poursuite (remarquez que je n'ai pas dévoilé ce qu'était "la chose" sans quoi je vous tue le suspens). Ouais hein, avouez qu'avec ça, si on n'a pas le talent de George Miller, on en fait pas un film de 2 heures...

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Je ne veux pas faire ma rabat-joie pour autant parce que je ne me suis pas réellement ennuyée mais je n'ai pas non plus l'impression d'être ressortie grandie de cette projection. Je reste sur le souvenir d'une photographie extrêmement léchée, un souci du détail poussé à l'extrême, des accessoires impressionnants (mention spéciale pour le guitariste qui est un vrai musicien jouant sur un vrai instrument de musique), un monde fort bien rendu (mais pas assez fouillé et dépeint aux spectateurs (c'est dommage !)), des décors naturels superbement inscrits dans l'histoire et une expérience cinéma décoiffante (j'aime bien souffler parfois aussi). Je précise que nous avons vu le film en version 2D et heureusement. En 3D, je pense que j'aurai perdu mes yeux !

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Vous l'aurez compris, "Mad Max : Fury Road" est un film à voir au cinéma car il perdra sans doute de sa superbe sur petit écran, tant, à mon sens, sa principale qualité réside en cela. Mais suis-je bête, vous l'avez déjà tous vu et vous l'avez tous aimé non ?

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La critique de Mr K : 4,5/6. On peut dire que je l'attendais celui-là! Les teasers et bandes-annonces successives m'avaient mis l'eau à la bouche donnant à voir un spectacle à priori dantesque et une technique léchée comme jamais. Pas de tromperie sur la marchandise avec ce film s'apparentant à une course poursuite de deux heures, d'une beauté à couper le souffle et aux acteurs charismatiques à souhait. 

Max erre dans le désert depuis la perte de ses proches, redevenu un simple animal ne répondant qu'à ses instincts, il se tient à l'écart des hommes dans un monde livré aux pillards et à la violence organisée suite à un holocauste nucléaire. Il va cependant devoir s'impliquer dans une chasse à l'homme après avoir été capturé par les war-boys d'Immortan Joe, un patriarche défiguré régnant en tyran sur une communauté assoiffée le considérant comme un demi-dieu. Furiosa (Charlize Theron sans cheveux et sans bras gauche -sic-) un des éléments de la garde rapprochée du patron s'est mise en tête d'enlever son harem et d'aller mettre les concubines du seigneur de guerre à l'abri dans un hypothétique paradis. Inutile de vous dire qu'Immortan Joe n'est pas content et qu'il va tout faire pour récupérer ce qu'il estime être son bien…

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Je vous l'accorde le scénario tient sur un papier à cigarette et on est rarement surpris. C'est un des seuls points noirs à mes yeux de cette production à grand spectacle qui pourtant s'écarte largement des standards grâce à la virtuosité de sa réalisation. Les Michael Bay et consorts peuvent aller se rhabiller ou au moins retourner à leur école de cinéma, le maître en matière en terme d'action est de retour, George Miller à 70 ans n'a rien perdu de son talent bien au contraire, avec les avancées technologiques, ses qualités explosent la rétine pour un spectacle total et prenant comme jamais. Les décors sont fabuleux et les couleurs d'une pureté sans faille, on s'y croirait vraiment. Rajouter là-dessus des éléments post-apocalyptiques marquants et typiques de la série Mad Max (les véhicules customisés, la cité dans la montagne, le look des personnages, la rudesse des rapports humains…) et vous obtenez un film hardboil à souhait.

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La course poursuite est d'une rare intensité ce qui a d'ailleurs fait dire à certain qu'elle ferait passer la série des Fast and furious (que je n'ai pas vu et que je ne verrai sans doute jamais) pour des courses de poussettes. La tension est permanente avec juste deux petits passages de dix minutes de calme avant un retour de l'action. On ressort un peu groggy de cette expérience cinématographique hors du commun, sonné par le rythme trépidante et les personnages délirants rencontrés en route: Furiosa est d'un magnétisme certain (je perds un peu le sens commun quand Charlize Theron est sur une pelloche), le nouveau Mad Max campé par Tom Hardy n'a pas à rougir de la comparaison avec Mel Gibson, Nicholas Hoult est aussi remarquable dans le rôle plus nuancé d'un war-boy qui commence à comprendre les manipulations mentales dont il a été abreuvé depuis l'enfance, les méchants sont terribles avec Immortan Joe bien sûr mais aussi ses seconds et un guitariste de heavy metal attaché à l'avant d'un camion jouant d'une guitare électrique lanceuse de flammes, unique et totalement métal! J'adore! 

L'action est menée à 100 à l'heure sans ralentis ou presque (ça change des faiseurs d'Hollywood qui en usent et en abusent), d'une clarté et d'une visibilité rare entre frénésie et passages plus posés. On en prend plein les mirettes mais aussi dans les oreilles avec une musique qui accompagne le tout sans fausse note de goût et une omniprésence discrète et efficace. Non vraiment, il n'y a rien à jeter au niveau de la technique.

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Ma note reste limitée pour plusieurs raisons cependant. Comme dit précédemment le scénario ne brille par pour son génie mais bon, on peut s'y attendre quand on va voir un film du genre post-apo. Ce que je regrette le plus est le manque de thrash... je m'explique. Ce film est violent et rude pour les âmes sensibles mais je l'ai trouvé presque trop propre niveau tripaille. On en aperçoit quelque peu mais souvent tout se déroule hors champ et le sang se fait rare, un comble au vu du déroulé du récit. Je m'attendais plus à un trip du genre Mad Max 2 qui n'était pas avare en la matière et qui reste malgré tout à mes yeux le meilleur de la série malgré son aspect cheap aujourd'hui, le temps ayant fait son œuvre. J'aurais aussi voulu que l'auteur pousse un peu plus la réflexion sur la société mise en place par Immortan Joe... 

Ne boudons pas pour autant notre plaisir, ce film est absolument à voir au cinéma tant il perdra de sa superbe sur petit écran. Ne vous attendez pas à un film cérébral et ultra-féministe comme j'ai pu le lire ici ou là, songez plutôt à un blockbuster efficace, novateur dans sa réalisation et trépidant du début à la fin. Rooooaaaaaaar!

Posté par Nelfe à 18:51 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
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