samedi 1 avril 2017

"De Bons présages" de Terry Pratchett et Neil Gaiman

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L’histoire : L'Apocalypse est pour demain. Avec ses trompettes, ses flammes de l'Enfer, son courroux du ciel et tout le tremblement. L'éternel lutte entre les forces du Bien et celles du Mal arrive enfin à son terme. On va pouvoir savoir qui est l'heureux gagnant.

Sauf que certains ont pris goût à l'humanité et s'imaginent qu'on pourrait éventuellement essayer de penser les choses avec un peu plus de subtilité. N'en déplaise à leurs maîtres respectifs, l'ange Aziraphale (bouquiniste à temps partiel) et le démon Rampa (qui aimerait bien écouter autre chose que Queen sur l'autoradio de sa Bentley) se sont mis d'accord pour repousser l'apocalypse d'une éternité ou deux.

Encore faudrait-il pour ça mettre la main sur l'Antéchrist. Mais allez trouver un garnement pareil dans un bled paumé de l'Angleterre. Et puis, gare ! il est flanqué d'un terrible molosse des enfers dont le nom même fait frémir : Toutou.

La critique de Mr K : Je ne me suis jamais vraiment remis du décès de Terry Pratchett, un auteur talentueux à l’écriture magique et à l’humour qui dériderait un mort. Dans mon malheur, un espoir ; l’homme fut prolixe en œuvres et pas seulement dans ses ouvrages se déroulant dans l’univers déjanté du Disque-monde. Ainsi, j’ai beaucoup apprécié sa tétralogie SF (il me reste le quatrième tome à lire d'ailleurs) écrite déjà en collaboration avec Stephen Baxter (La Longue Terre, La Longue Guerre et La Longue Mars). Lors d’une rencontre avec l’auteur Guillaume Chérel pour une sortie chez Mirobole éditions à la librairie L’Archipel des mots à Vannes, je tombai inopinément sur De Bons présages, mis en avant par une libraire transie d’amour envers Pratchett (une note ne tarissant pas d’éloge étaient glissée sur la couverture de l’objet du délit !). La quatrième de couverture acheva de me convaincre avec un mix improbable mais diablement séduisant (sic) d’apocalypse, d'Antéchrist, de buddy guy movie entre un ange et un démon sous le sceau du délirant Pratchett et l’écriture ensorcelante de Neil Gaiman, autre auteur que j’aime beaucoup. Ce n’est pas exagéré que de dire que ce livre était fait pour moi...

L’Apocalypse aura donc lieu en fin de semaine (après le thé) et rien ne semble se passer comme prévu, le pire étant qu’à la manière du merveilleux film La Vie est un long fleuve tranquille, deux bébés ont été échangés à la naissance dont le futur Antéchrist, fils du Diable en personne qui doit mener les opérations et réduire l’humanité en esclavage. Avouez que c’est ballot de s’en rendre compte à moins d’une semaine de l’ultime guerre céleste opposant le Bien et le Mal. Ce recueil relate les putatifs derniers jours de notre monde avec une foule de personnages totalement branques et moult références eschatologiques, bibliques et plus encore. C’est dense, fouillis, tordu et terriblement drôle. Passez votre chemin si vous aimez les narrations à sens unique, vous reposer sur vos lauriers quand vous lisez car ici tout est diablerie stylistique, rebondissements abracadabrantesques et référencés tout azimut, chaque page (chaque phrase même) réservant des surprises et des vannes totalement ubuesques dans la pure lignée des œuvres précitées de Pratchett.

On croise quand même un sacré beau monde durant les 430 pages de ce livre à nul autre pareil. À commencer par un duo fort disparate composé d’un ange et d’un démon qui se connaissent depuis des millénaires et sont censés être opposés. Le temps ne fait rien à l’affaire et des rapprochements se sont opérés, des idées ont émergé dont celle saugrenue s’il en est que l’homme mériterait peut-être d’être sauvé malgré ses errances répétées et ses coups de canifs dans le contrat signé avec Dieu. Pour autant, ce n’est pas gagné pour eux, difficile en effet de désobéir sans conséquences fâcheuses quand son patron est Dieu ou le Diable. Cela donne lieu à nombre de réflexions de hautes volées teintées d’humour totalement anglais, no-sense à la Monty Python dont je suis adepte, des situations cocasses alternant avec des rencontres peu communes avec notamment une descendante d’une Nostradamus femme, un corps d’inquisiteurs que la tentation de la chair guette de très près, un Antéchrist de onze ans (et sa bande de gentils garnements) qui hésite à passer du côté obscur (ils sont sympas les gens quand même !), un chien infernal qui se complaît dans son rôle de meilleur ami de l’homme ou encore les quatre cavaliers de l’Apocalypse amateurs de grosses bécanes chevauchant vers leur destinée suivis par des motards décérébrés... On nage en plein délire, les références et les digressions s’accumulent mais on en redemande.

N’allez pas croire pour autant qu’il ne se passe rien. Certes l’action est lente mais peu à peu, la fin menace et tout se précipite. D’étranges événements se déroulent un peu partout (on croise à l’occasion quelques victimes de l’Apocalypse pas piqués des vers dont une télé-agente qui n’a vraiment pas de bol !), l’orage gronde et inexorablement tous les principaux protagoniste se retrouvent concentrés dans un coin paumé d’Angleterre où se jouera le sort de toute vie sur Terre. Je vous laisse découvrir le génial artifice final qui réglera la situation.

Bien que chargé et fleurissant en concepts désopilants, De Bons présages se lit très facilement si on s’en donne les moyens. Loin d’être indigeste, l’ensemble pourrait être qualifié de livre-somme entre récit alternatif de l’Apocalypse, saillies drolatiques à la Groland pour une bonne critique de notre monde / du genre humain et jeu constant avec nos marqueurs sociétaux et religieux. C’est grandiloquent et irrévérencieux, drôle et ironique, en deux mots : jubilatoire et génial ! Si le cœur vous en dit, foncez ! Vous ne le regretterez pas, ça ne ressemble à rien d’autre.

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mardi 24 mai 2016

"Stardust" de Neil Gaiman

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L'histoire : Dans la campagne anglaise, à l'aube de l'ère victorienne, la vie s'écoule paisiblement au petit village de Wall, ainsi nommé du fait de l'épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de la forêt du Pays des Fées. Le jeune Tristran Thorn se consume d'amour pour la belle Victoria Forrester, qui ne le lui rend guère. Une nuit, alors qu'ils contemplent le firmament, une étoile tombe du ciel...

La critique de Mr K : Retour dans la galaxie Gaiman aujourd'hui avec ce récit de fantasy assez court (214 pages) dont a été tiré une adaptation cinématographique plutôt côtée au casting bluffant. Pour ma part, en ouvrant le recueil, j'étais vierge de tout spoiler (je n'ai pas vu le film à l'heure où j'écris ces quelques lignes) et j'attendais avec hâte de retrouver l'auteur des très bons American gods et Coraline. Je n'ai pas été déçu!

Le petit village forestier de Wall borde la frontière qui sépare la Terre et le monde des Faëries. Un mur symbolise cette dissociation et les habitants doivent le garder pour empêcher toute incursion d'un côté comme de l'autre. Une entorse à la règle est tolérée tous les neuf ans quand s'ouvre la foire des fées qui, durant un jour et une nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer. C'est la promesse d'Amour du jeune Tristran qui va le propulser dans le territoire interdit, à la recherche d'une mystérieuse étoile qui est tombée du ciel. Il est loin de s'attendre à ce qui va suivre, Stardust est en effet riche en rencontres et en rebondissements...

Ce roman est une réussite en terme de fantasy tout d'abord. On retrouve tous les éléments classiques du genre à la différence notable qu'elle se déroule à notre époque (du moins quand l'action se passe dans le village de départ). Mais dès que Tristran a traversé le Rubicon mur, on rencontre créatures des bois, fées de toutes sortes, sorcières malveillantes et tristes monarques que la Mort guette. Rien de véritablement neuf mais une osmose qui se fait naturellement avec cet être venu de la Terre et qui est obsédé par son amour pour la belle Victoria. Au début, c'est plutôt une épreuve laborieuse pour le jeune homme, puis le goût de l'aventure va lui venir et une fois la véritable nature de l'étoile révélée, le personnage va voir sa vie et ses certitudes vaciller. Il ne sera plus jamais le même...

Comme toujours avec ce genre, on voyage beaucoup, on combat d'horribles monstres et personnages secondaires obnubilés par leurs désirs contre-nature (ici l'éternelle jeunesse et la vie éternelle), on passe des soirées charmantes dans des auberges bondées où l'on festoie jusqu'à pas d'heure (variation plus sombre ici), on chevauche du matin au soir sur des montures parfois assez rétives (ici une licorne au tempérament fougueux), on se réveille avec des courbatures de dingue en mangeant de l'écureuil, on tombe amoureux de la mauvaise nana (ou du mauvais mec, c'est valable dans les deux sens), on retombe amoureux mais cette fois ci à priori ça devrait être bon, etc. Tout cela pour dire qu'on a entre les mains (et pas entre les nains...) avec Stardust un livre plutôt classique dans son contenu, sans réelle surprise mais au récit maîtrisé et plaisant à parcourir tant on se plaît à reconnaître les chemins déjà parcourus dans d'autres œuvres.

Mais alors Mr K, faut-il lire un tel livre me direz-vous? Ma réponse est oui car il s'agit tout de même de Gaiman et que son talent de conteur n'est plus à prouver. Les novices en terme de fantasy y trouveront une histoire prenante et bien menée, les afficionados une douce distraction entre deux romans cultes de Tolkien, George R. Martin ou encore Moorcock. Rythmé à souhait, volontiers sarcastique à l'occasion (le second degré me plaît terriblement en fantasy), lisible à différents niveaux, on y trouve forcément quelque chose qui nous donne envie d'aller plus loin dans la lecture. Plus que le récit plutôt convenu, ce sont les personnages qui m'ont accroché notamment Tristran pour son côté fleur bleu qui va se heurter à la dure réalité et celui de la sorcière qui souhaite retrouver sa prime jeunesse et qui est ici une figure tragique très shakespearienne et jusqu'au-boutiste (il paraît que c'est ma chouchoute Michelle Pfeiffer qui tient le rôle dans la version cinoche).

On passe un bon moment pour une lecture qui ne révolutionne pas le genre mais l'illustre parfaitement. L'aventure et la romance sont au rendez-vous dans le style impeccable et parfois déviant de Gaiman. Une expérience parfaite pour un après midi pluvieux coincé à la maison ou une douce pause lecture en pleine nature.

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jeudi 16 juillet 2015

"American Gods" de Neil Gaiman

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L'histoire: Dans le vol qui l'emmène à l'enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur? Et en quoi consiste réellement le travail qu'il lui propose? En acceptant finalement d'entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d'un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l'ancien monde et nouvelles idoles profanes de l'Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l'aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde...

La critique de Mr K: Il s'agit de ma première lecture de Neil Gaiman plutôt reconnu dans la blogosphère et le reste du monde réel. Nelfe a déjà eu l'occasion de le pratiquer à deux reprises avec un Neverwhere qu'elle avait trouvé plutôt moyen et un Coraline qu'elle avait adoré (je me suis contenté du film au cinoche et je l'avais trouvé dément). American Gods est le fruit d'une rencontre impromptu chez Emmaüs (une fois de plus!) et il est auréolé de multiples récompenses comme les prix Hugo et Nebula en 2002. La quatrième de couverture ayant ouvert en moi des gouffres de perplexité, je sautai le pas et m'en portai acquéreur.

Ombre sort de prison après un braquage qui a mal tourné. En trois ans, il a eu le temps de réfléchir, il veut se ranger et retrouver sa femme qu'il aime plus que tout. Tout s'écroule quand on lui annonce la mort de son aimée. Sur le vol qui le ramène chez lui, il croise la route du Voyageur, un être énigmatique qui se révèle être bien plus qu'une simple rencontre de passage. De fil en aiguille, Ombre va voir son destin attaché à ce personnage qui va l'emmener bien plus loin que n'importe quel mortel avant lui. Oui, le Voyageur est un Dieu pluri-millénaire mais que lui veut-il? Et qui sont ces mystérieuses personnes en costume et véhicules noirs qui les suivent?

C'est à un sacré voyage que l'auteur nous convie avec cet ouvrage. Il y a tout d'abord Ombre, un ex taulard en quête de rédemption qui enchaîne les déconvenues en début de roman et qui va devoir trouver un nouveau sens à son existence. Je me suis attaché quasi immédiatement à ce personnage plutôt classique mais qui permet de donner un repère solide au lecteur par rapport au background et à l'évolution du récit. Il est à mes yeux le personnage le plus réussi du roman, complexe et en perpétuelle remise en question, on le retrouve là où parfois on ne l'attend pas, sa traversée de l'Amérique apporte un regard intéressant car différent sur le monde qui l'entoure. Rien ne lui est épargné et pourtant il semble naviguer à vue, sans excès, de manière neutre comme s'il se fichait un peu de la tournure des événements. Ce côté stoïque et détaché m'a beaucoup plu.

Cela détonne par rapport à l'univers développé par Gaiman. On croise une multitude de divinités anciennes ramenées par les émigrés lors de leur traversée de l'Atlantique ou du Pacifique. Mais elles ont tendance à mourir (oui, les Dieux meurent aussi) à cause de l'oubli, ne devant leur existence qu'à la croyance que l'on porte en eux. Ce champs du crépuscule est joué par toute une nouvelle génération de dieux issus de l'évolution technologique du monde, de jeunes ambitieux qui ne rêvent que d'une chose: supplanter leurs glorieux aînés. La bataille approche et tout le monde se range en ordre de bataille. Manipulations, faux-semblants, retournements de situations mais aussi quelques moments de paix attendent notre héros brinquebalé entre volontés divines et son existence en miette. La trame est dense, très dense même, on peut juste reprocher une fin plutôt convenue alors que l'on attendait quelque chose de plus explosif, de plus inventif.

Pour autant, ne boudons pas notre plaisir, au-delà de l'histoire à proprement parler, ce livre est aussi l'occasion pour Gaiman de nous décrire les États-Unis, de parcourir ce grand pays et les différentes réalités qui l'ont construit et le constitue encore aujourd'hui. Les métropoles toutes puissantes, la toute puissance financière, la percée des nouvelles technologies et leur influence sur la conduite de nos vies et du monde, son passé douloureux (le génocide amérindien, le racisme envers les nouveaux arrivants, un magnifique passage sur l'esclavagisme à la fois dur et évocateur comme jamais), ses petites communautés repliées sur elles-même (le passage du héros à Lakeside est parmi mes préférés du roman)… Livre-somme, American Gods flatte l'intellect et l'imagination, présente un melting pot de références et connaissances assez hallucinant qui donne le vertige et impressionne par leur concomitance. C'est surtout à ce niveau là que l'on prend vraiment une claque avec ce roman, ce qui justifie pleinement la moisson de récompenses qu'il a pu recueillir.

Bien que foisonnant dans son contenu, ce livre se lit facilement en grande partie grâce à l'écriture de Gaiman qui est accessible et simple. C'est d'ailleurs ce dernier point qui m'empêche de le classer dans la catégorie des chefs d’œuvre absolus. On retrouve un sens du rythme certain mais la qualité littéraire n'est pas assez poussée. On passe cependant un moment étourdissant et bluffant qui me fait dire que je retournerai sans doute faire un tour dans la bibliographie de cet auteur.

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dimanche 27 juillet 2014

"Coraline" de Neil Gaiman

coralineL'histoire: Coraline vient de déménager dans une étrange maison et, comme ses parents n'ont pas le temps de s'occuper d'elle, elle décide de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien. Identique, et pourtant...

La critique Nelfesque: J'ai découvert "Coraline" il y a 5 ans au cinéma et j'avais adoré ce film d'animation plein de mystère et superbement réalisé. L'occasion s'est présentée de lire le roman de Neil Gaiman dont a été tiré celui ci et j'ai sauté dessus.

J'avais déjà lu du Gaiman par le passé et je n'avais pas vraiment été convaincu. Peut être le mauvais roman, peut être le mauvais moment pour découvrir cet auteur que beaucoup encensent. Avec "Coraline", j'ai aimé Gaiman sans pouvoir m'enlever de la tête les images du film de Henry Selick (qui a également à son actif "L'Etrange Noël de M. Jack" (rien que ça!)). Une adaptation très fidèle à ce roman qui a su mettre les bonnes illustrations sur les mots de son auteur.

Coraline est une petite fille curieuse de tout. Avec son âme d'aventurière, elle ne tient pas en place et lors de son emménagement dans une nouvelle maison, la tentation est trop grande d'en explorer le moindre recoin. Elle va alors découvrir un monde fantastique où tous ses désirs sont exhaussés, où ses parents ont du temps pour elle, où les chats parlent et les souris montent des spectacles de cirque. Mais les apparences sont trompeuses et Coraline va vite découvrir les limites du paraître.

"Coraline" se dévore. Relativement court (153 pages), le lecteur adulte enchaine les pages et les enfants seront, je n'en doute pas passionnés par les découvertes de son héroïne. Du haut de mes 32 ans, je ne saurai jamais les sensations de lecture que procurent ce roman sur les jeunes enfants mais m'est avis qu'il laisse des traces dans leurs jeunes vies de lecteurs.

Merveilleux, addictif mais aussi angoissant et effrayant, de nombreux qualificatifs seraient justes pour parler de "Coraline". On s'attache très rapidement à cette jeune fille, on souffre comme elle de l'indifférence de ses parents tout en l'expliquant avec nos yeux d'adultes. Qui n'a jamais ressenti ce sentiment de délaissement quand les parents ont trop de travail ou des préoccupations qui nous dépassent quand, du haut de nos 10 ans, on a envie de passer nos journées à jouer et où être fille unique n'est pas toujours évident? Avec une imagination débordante, Coraline parcourt les pièces de son nouvel appartement, explore le jardin en s'inventant des histoires. Mais un jour la réalité dépasse la fiction et une porte mystérieuse s'ouvre dans son salon. Commence alors une épopée à la hauteur de ses attentes d'où il sera difficile de revenir à la réalité.

La plume de Gaiman est simple et efficace. L'auteur sait toucher là où ça fait mal en enveloppant le tout d'un voile merveilleux et fait passer son lecteur par tous les états. Cela reste un roman jeunesse et on s'imagine bien que tout sera bien qui finira bien mais l'angoisse pointe très souvent le bout de son nez au fil des pages et la morale de l'histoire est intéressante dans un monde actuel où les paillettes et la facilité intéressent plus nos jeunes que le quotidien et les distractions durement gagnées. Je conserverai précieusement cet ouvrage pour un futur bambin en âge de le lire, pour qu'il découvre avec ses mots à lui et une histoire passionnante que tout ce qui brille n'est pas d'or et qu'il faut se méfier des apparences. Même en tant qu'adulte, il est bon de se voir rappeler parfois que l'amour de ses proches est un bien précieux.

Vous l'aurez compris, je vous conseille ce roman. Que vous ayez 7 ou 77 ans, vous retrouverez dans "Coraline" des fondamentaux essentiels à la construction de tout être humain. La vie n'est pas faite que de bonheur et d'amusement et il faut parfois passer par des chemins tortueux pour en découvrir toute sa valeur.

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mardi 4 mai 2010

"Neverwhere" de Neil Gaiman

neverwhereL'histoire: Une rue de Londres, un soir comme un autre. La jeune fille gît devant lui sur le trottoir, face contre terre, l'épaule ensanglantée. Richard la prend dans ses bras, elle est d'une légèreté surprenante. Et quand elle le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital, il a le sentiment de ne plus être maître de sa volonté. Dès le lendemain, elle disparaît et, pour Richard, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne la voient plus... Le monde à l'envers, en quelques sorte. Car il semblerait que Londres ait un envers, la " ville d'En Bas ", cité souterraine où vit un peuple d'une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé, et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant...

La critique Nelfesque: Inutile de chercher ce livre en librairie, il n'est plus édité. Oui, je suis comme ça moi, je présente des livres rares (gniark gniark gniark). Vous aurez toujours la possibilité de l'emprunter à la bibliothèque (chose que j'ai faite) ou attendre sa réédition qui ne devrait pas tarder. J'en ai entendu parler (ou plutot "lu écrire") sur les forums littéraires.

Mais venons en à "Neverwhere". Je suis mitigée sur ce roman. L'histoire est originale mais la fin attendue. Le ton sympathique mais le fil difficile à suivre. Neil Gaiman utilise l'humour quand il s'agit de parler du personnage principal, Richard Mayhew, et il faut avouer que ces traits de dérision sont appréciables au milieu de l'enfer que vit Richard. Imaginez-vous du jour au lendemain devenir complètement transparent pour le commun des mortels? Bonjour l'angoisse! En y réfléchissant c'est exactement ce que l'on fait endurer aux SDF qui peuplent nos trottoirs... Ca fait réfléchir...

En ce qui concerne les personnages, ma préférence va aux gentils (non je ne vis pas au pays des bisounours!). Dame Porte, Chasseur, Old Bailey, le Marquis de Carabas, qui vivent dans le Londres d'en bas, nous transportent dans un monde "parallèle" aux allures moyen-âgeuses. Un sous-sol crasseux, aux effluves qui fleurent bon les égoûts et où on ne peut faire confiance à personne. Voilà le monde merveilleux dans lequel atterri Richard. Parmi les "méchants", les Velours sont le peuple qui a attiré le plus mon attention avec leurs allures de femmes fatales pas si "belles" que ça. Croup et Vandemar, les sadiques qui nous suivent du début à la fin du roman, quant à eux, ne m'ont fait ni chaud ni froid. Je pense pourtant que l'effet escompté n'était pas celui ci... Tout est exagéré en ce qui les concerne, l'auteur fait dans l'amphase et j'ai fini par les trouver bien plus agaçants que flippants. Le duo tombe donc à l'eau en ce qui me concerne. C'est à cause de ce dernier point que mon avis est mitigé. Rajoutons à cela une style assez fouillis, sautant du coq à l'âne, d'un endroit à un autre, d'un personnage à un autre et vous aurez l'autre point qui m'a dérangé dans ma lecture.

Finalement, en finissant ma critique, je me rends compte que mon bilan penche plutôt pour le positif. Je viens d'apprendre qu'avant d'être un roman "Neverwhere" est une série de 6 épisodes. Peut être est-ce le fait qu'il s'agisse d'une adaptation qui rend l'ensemble moins profond qu'un roman véritable.

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