samedi 15 octobre 2016

"Cher pays de notre enfance" d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat - ADD-ON de Mr K

cher pays de notre enfanceNelfe a déjà lu et chroniqué cette BD le 10/04/16. Mr K vient de la terminer et de la chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de celle de Nelfe.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "Cher pays de notre enfance", ça se passe par là.

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dimanche 10 avril 2016

"Cher pays de notre enfance" d'Etienne Davodeau et Benoît Collombat

cher-pays-de-notre-enfance-collombat-davodeau-couverture1L'histoire : Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée.
Benoît Collombat est grand reporter à France Inter.
L'un est né en 1965, l'autre en 1970.
Ils ont grandi sous la Ve République fondée par le général de Gaulle, dans un pays encore prospère, mais déjà soumis à la "crise".

L'Italie et l'Allemagne ne sont pas les seules nations à subir la violence politique.
Sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, le pays connaît aussi de véritables "années de plomb" à la française.

Dans ces années-là, on tue un juge trop gênant. On braque des banques pour financer des campagnes électorales. On maquille en suicide l'assassinat d'un ministre. On crée de toutes pièces des milices patronales pour briser les grèves. On ne compte plus les exactions du Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, alors tout-puissant. Cette violence politique, tache persistante dans l'ADN de cette Ve République à bout de souffle, est aujourd'hui largement méconnue.

En sillonnant le pays à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore anciens truands -, en menant une enquête approfondie, Etienne Davodeau et Benoît Collombat nous révèlent l'envers sidérant du décor de ce qui reste, malgré tout, le cher pays de leur enfance...

La critique Nelfesque : "Cher pays de notre enfance" est la dernière BD née d'Etienne Davodeau, célèbre dessinateur a qui l'on doit entre autres les excellents "Les Ignorants" ou encore "Lulu Femme Nue". Dans ce présent volume, il s'associe à Benoît Collombat, grand reporter, pour livrer aux lecteurs, sous un format bande dessinée surprenant et bienvenu, les dessous de la vie politique de la Ve République.

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"Cher pays de notre enfance" a beaucoup fait parler d'elle jusqu'à présent. Elle a d'ailleurs obtenu le "Fauve d'Angoulême 2016 - Prix du Public Cultura" et au-delà de toute la mauvaise presse qu'a pu avoir le festival BD cette année, elle n'a pas à rougir de sa distinction. C'est un véritable travail journalistique dessiné que nous propose ici les deux auteurs. Un récit de 218 planches revenant sur les années 70 et 80 en France.

Vous pensiez que les affaires mafieuses n'étaient que l'apanage des scénarios de films de gangsters, que seuls l'Italie ou certains quartiers de New-York ne pouvaient être le décor de sombres tractations, complots et assassinats camouflés en suicide ? Détrompez-vous. Nous sommes ici dans notre Douce France, ce Cher pays de notre enfance à tous et ce que révèlent les auteurs de cet ouvrage fait froid dans le dos.

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Avec un aspect BD qui pourrait en dérouter certains mais confère à l'ensemble une dimension plus accessible et moins rébarbative au premier abord, Davodeau et Collombat n'en poursuivent pas moins un véritable travail d'investigation. Nous les suivons dans une enquête de fond aux quatre coins de la France, à bord d'un train ou d'une voiture de location, à la recherche de témoignages. Ils vont tour à tour rencontrer des journalistes, des greffiers, des policiers, des hommes lambda ou "d'importance" ayant été témoins de certains agissements que les pouvoirs en place ont mis beaucoup de soin à cacher à l'opinion publique.

"Cher pays de notre enfance" se lit comme un bon polar avec ses rebondissements, ses révélations chocs et ses personnages forts. A la différence près qu'ici on prend moins de plaisir à découvrir les indices tant nous sommes effrayés d'apprendre qu'en France, ici, chez nous, dans un passé encore très proche, pouvaient se passer des choses aussi incroyables dans les hautes sphères politiques. Nous sommes ici en plein cauchemar, en pleine intrigue cinématographique où la vie des hommes vaut bien moins que l'intérêt politique et où tous les coups sont permis pour atteindre des objectifs. Meurtres, agressions, intimidations, braquages... Non, nous ne sommes pas au cinéma mais sous la présidence de Pompidou et Giscard, nous sommes sous la Ve République, la même que nous connaissons encore aujourd'hui... Ça laisse "rêveur"....

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Pour avoir une autre vision du pouvoir, celle que l'on nous cache, celle de l'ombre, l'inavouable et la peu glorieuse, je vous conseille la lecture de cette BD. Un travail exceptionnel qui nous éclaire sur une partie récente de notre Histoire politique française, qui demande une certaine culture générale mais qui se révèle passionnante. Une bande dessinée dense, instructive et documentée qui demande un effort de concentration, ne se lit pas comme un simple divertissement et a le mérite d'aborder des sujets brûlants de fond et n'a pas peur d'appuyer là où ça fait mal.

La critique de Mr K (add-on du 15/10/16) : Suite à la chronique enthousiaste de Nelfe au mois d'avril, je m'étais juré de mettre le nez dans cette BD dont le sujet m'intéressait fortement et qui a reçu le prix du public à Angoulême. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre cette enquête sur les années de plomb de la Vème République, un aspect sombre de la vie politique française depuis la Libération. On a beau s'en douter, quand les courageux auteurs de cette BD donnent à voir autant de preuves et témoignages accablants de collusions entre partis politiques, police, justice et patronat ; on ne peut que s'émouvoir et prendre peur.

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Loin de tomber dans le conspirationnisme à la mode web qui a pignon sur rue en ce moment, nous avons affaire ici à un réel travail de journalistes d'investigation qui cherchent à lever le voile sur l'assassinat du Juge Renault, les liens entre un cambriolage et le financement occulte d'un parti politique, les déviances et exactions du SAC (Service d'Action Civique), le pseudo suicide d'un ministre de la République et les luttes intestines de pouvoir. On tombe ici de Charybde en Scylla, les auteurs faisant preuve de pédagogie en explicitant le contenu de leurs découvertes mais aussi la méthode qu’ils ont suivi. S'appuyant sur des faits, des documents et des témoignages vérifiables ; ils remettent à jour des éléments oubliés de notre histoire commune et font quelques révélations fracassantes.

Comment par exemple, la justice peut-être freinée quand elle touche du doigt la vérité. Comment tout homme peut être tout bonnement supprimé s'il s'avère être gênant et compromettant. Comment grand banditisme (le gang des lyonnais) et les élites politiques peuvent s'arranger à l'occasion et puis, les sempiternelle querelles de pouvoir, d'influence et de népotisme interne aux familles. C'est effrayant mais ça a le mérite d'être clair. Quand en plus de grands noms apparaissent au détour d'une planche ou deux, on ne peut que pleurer de voir les hommages rendus à de véritables truands assassins lors de leur mort récente (si si, rappelez vous, c'était en Juin 2015). J'étais déjà écœuré à l'époque, je le suis encore plus après la lecture de cet ouvrage ô combien salutaire mais effroyable dans son approche froide et journalistique. Point d'avis ou de digression, simplement la quête de la vérité.

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Une sacrée claque que cette BD, rudement bien menée avec les dessins sobres et efficaces qui rendent parfaitement compte du processus d'enquête. Ses apports historiques sur une certaines société française à une époque donnée sont justes, mesurés et constamment soumis à la vérité de l'historien tellement galvaudée ces derniers temps par des politiques en quête de renaissance ou des journalistes peu soucieux de respecter l'Histoire. Ça fait du bien de rentrer dans les arcanes du pouvoir (ici c'est clairement la droite, du Gaullisme et du RPR dont il est question) et surtout, on mesure la chance que l'on a d'habiter en France, en Europe ; pays et région loin d'être parfaits mais où la liberté d'expression restent tellement appréciables.

Ce recueil est une petit bombe, une ode à la vérité et un sacré acte de foi et de courage. Chapeau bas messieurs !

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jeudi 14 janvier 2016

"Genetiks, Récit complet" de Richard Marazano et Jean-Michel Ponzio

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L'histoire : Thomas Hale est chargé de recherches pour le laboratoire Génétiks™. Sans réelle vie privée, entièrement voué à son travail, ses relations semblent se limiter à ses collègues et à son père, Nathan Hale, un peintre adulé devenu paralytique suite à un accident de voiture.

Thomas est souvent l’objet de cauchemars. Il voit des silhouettes évoluer dans une brume irréelle. Réminiscence du passé ? Mais de quel passé puisqu’il n’en a aucun souvenir ?

Sa vie bascule le jour où Génétiks™ devient la première entreprise à parvenir à identifier la succession complète des gènes codant du génome d’une cellule humaine. Premier problème, la cellule décodée appartient à Thomas. Second problème, Thomas en a fait don par contrat à son entreprise. Va-t-il accepter, comme on l’y pousse, à devenir le premier homme privatisé, propriété d’un groupe industriel?

La critique de Mr K : Nelfe avait lu le premier volume de cette trilogie suite à des Utopiales où nous nous l'étions vu offert. Elle avait apprécié le background, beaucoup moins la forme, elle devait cependant lire la suite des pérégrinations de Thomas Hale, un cerveau au service d'une multinationale hégémonique dans son domaine: la biotechnologie. Le temps a passé, seul reste les pensées comme disait Michel P. et Madame a oublié de parcourir la suite. Un copain à nous s'en rappelait lui et lui a prêté le présent volume depuis déjà plus d'un an! C'est finalement moi qui ai lu cette intégrale et qui vais vous donner mon avis qui vous le verrez est partagé entre enthousiasme quant au fond et beaucoup plus de regrets au niveau de l'esthétique pure, du dessin notamment.

On retrouve toute une série de thèmes chers au genre qui ici s'entremêlent en une alchimie grisante et d'une grande densité. Appartenant à la dimension anticipation, le récit n'est pas avare en détails sur le monde comme il pourrait le devenir. Consumériste à l'extrême, tout s'achète ou se vend, les grandes entreprises sont au centre de l'organisation politique. Corruption et coups bas sont monnaie courante avec à la clef le progrès au nom de la sainte valeur du profit. Le récit en cela est dérangeant car il colle à la société Genetiks qui sous couvert d'améliorer l'existence humaine va proposer un pacte faustien à un de ses employés les plus brillants.

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La dimension philosophique et morale prend tout son sens à travers les questionnements de Thomas sur son identité, ses valeurs et son propre corps et esprit. Au nom du progrès, peut-on tout accepter, se sacrifier même quitte à se détourner de nos principes moraux les plus intimes? La question est là, lancinante durant le triptyque et accompagne ce personnage que rien ne destinait à devenir un héros ou un symbole de lutte. Cet être lambda tombe dans quelque chose qui le dépasse, le transcende et finalement le menace. L'action s'accélère donc beaucoup à partir du deuxième tome pour résoudre l'équation de base posée dans le premier volume. Quelle valeur a un être humain et sa personnalité?

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Le reste est très vague volontairement pour ne pas lever le voile sur une intrigue fournie, à rebondissements et saisissante de froideur et d'efficacité. On ne s'ennuie pas une seconde entre scènes du quotidien (avec à la clef des visions étonnantes d'une réalité déviante), des passages hallucinés entre rêves et cauchemars, courses-poursuites haletantes et scènes complotistes léchées et glaçantes. Les pages se tournent toute seules tant l'addiction à l'histoire et aux concepts abordés est importante. Impossible d'en avoir terminé avant de savoir le mot de la fin, les surprises sont au RDV et la lecture terminée, on sent tout le cœur et la sophistication en œuvre dans un récit mené de main de maître.

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Et pourtant… un élément rédhibitoire ternit quelque peu le tableau, la faute à un choix artistique qui m'a rebuté. Vous verrez en feuilletant l'album que nous ne nous trouvons pas en face d'une œuvre classique dans son approche du dessin. J'ai trouvé que les personnages paraissaient comme figés avec un effet roman photo qui m'a interloqué et déçu. Beau livre d'images avec des cases très belles (notamment les extérieurs et paysages), les scènes de narration pures semblent sans vie et empêchent de rentrer à 100% dans les phases trépidantes de la quête de Thomas. Un sérieux bémol quand il s'agit de BD, vous en conviendrez.

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Au final, Genetiks est un ouvrage à découvrir surtout pour l'histoire et le traitement scénaristique employé, on s'approche de classiques de la Science Fiction. Par contre, si le dessin est le plus important pour vous, passez votre chemin au risque d'être déçu. Vous voila prévenus!

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lundi 30 juillet 2012

"genetiks™ [I]" de Marazano et Ponzio

genetiksL'histoire: Thomas Hale est chargé de recherches pour le laboratoire Génétiks™. Sans réelle vie privée, entièrement voué à son travail, ses relations semblent se limiter à ses collègues et à son père, Nathan Hale, un peintre adulé devenu paralytique suite à un accident de voiture. Thomas est souvent l’objet de cauchemars. Il voit des silhouettes évoluer dans une brume irréelle. Réminiscence du passé? Mais de quel passé puisqu’il n’en a aucun souvenir? Sa vie bascule le jour où Génétiks™ devient la première entreprise à parvenir à identifier la succession complète des gènes codant du génome d’une cellule humaine. Premier problème, la cellule décodée appartient à Thomas. Second problème, Thomas en a fait don par contrat à son entreprise. Va-t-il accepter, comme on l’y pousse, à devenir le premier homme privatisé, propriété d’un groupe industriel?

La critique Nelfesque: Nous sommes rentrés des Utopiales 2011 avec entre autres dans nos valises le premier tome de la série BD "génétiks" de Marazano et Ponzio. Il s'agissait d'un exemplaire cadeau et ce fut l'occasion d'une découverte intéressante.

Je ne me serai pas procurée de moi-même cet ouvrage car le dessin ne me plait pas du tout. Certes, ça ne fait pas tout dans une bande dessinée mais c'est tout de même un point très important. J'ai donc fait fi de cela afin de me concentrer sur l'histoire. En effet, le dessinateur utilise pour cette série la technique de rotoscopie, technique cinématographique qui consiste à relever image par image les contours d'une figure filmée en prise de vue réelle pour en ne transcrire la forme et les actions dans un film d'animation. Ce procédé permet de reproduire avec réalisme la dynamique des mouvements des sujets filmés. Certains adhèrent, d'autres non. Je fais partie de cette seconde catégorie. Certes cela donne du dynamisme mais je trouve les dessins beaucoup trop froids et figés.

Et l'histoire alors? Nous sommes ici dans un thriller scientifique, un genre que je n'ai pas l'habitude de lire que ce soit en littérature ou en BD. Thomas Hale est chercheur au sein du laboratoire "genetiks". Comme tous les employés, il a donné lors de son arrivée dans l'entreprise un échantillon de son ADN. Le laboratoire a traité cet échantillon, comme les centaines d'autres en leur possession, et ont trouvé dans l'ADN de Thomas des données primordiales pour leurs recherches. Thomas se retrouve donc "acheté" par la firme et ne dispose plus librement de sa personne. Ce premier tome pose les bases de questionnements tels que l'éthique, le vieux fantasme de l'immortalité, les mutations génétiques...

"génétiks" est une BD cinématographique et l'on s'imagine aisément cette histoire sur grand écran. Les rebondissements sont nombreux, le sentiment d'oppression présent... en un mot ce premier tome est haletant et annonce une histoire surprenante. Je lirai sans doute à l'occasion la suite, sans pour autant vouloir la conserver dans ma bibliothèque faute aux dessins qui vraiment m'insupportent. Dommage...

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(clic pour voir en plus grand)

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mardi 22 février 2011

"Fais péter les basses Bruno! " de Baru

fais_p_terL'histoire: L'histoire commence dans un petit village africain. Ousmane Traoré, célèbre footballeur de passage au pays, repère un gamin doué d'un talent exceptionnel balle au pied. Le gamin s'appelle Slimane. Ousmane lui prédit un bel avenir sur les terrains de fouteballe, mais à une condition : qu'il accepte de faire le voyage en Europe. Et voilà comment Slimane se retrouve planqué dans la soute d'un avion, avant de sauter à terre à l'atterrissage et de se mettre à courir pour échapper aux flics. Il court, court, court sans s'arrêter, sur les voies du périph, à travers champs, il court à s'en faire péter le coeur. Et il devient... travailleur clandestin pour de rudes besognes. Pendant ce temps-là, Zizou sort de prison. Zizou ? Non, pas le Zinedine Zidane adulé des foules. Un autre Zinedine, lascar de banlieue coupable de quelques peccadilles. A peine dehors, il s'empresse de régler les affaires courantes : renouveler sa garde-robe et dessouder celui qu'il accuse de l'avoir fait coffrer. Ensuite, il décide de se consacrer à son grand projet : mettre la main sur un fourgon de la Brinks et ses 7 ou 8 millions, sans escorte, car à Noel ils sont en manque de personnel. Son coup ultime, « pour finir peinard, en attendant le cimetière, comme une retraite, quoi ».
Le problème, c'est que Zizou a autant de cervelle que de scrupules. Pour réussir son coup, il a besoin d'aide...

La critique Nelfesque: J'ai beaucoup apprécié cette joyeuse bande de truands à l'ancienne issue d'une époque où la délinquance avait une certaine classe. Chacun a refait sa vie mais l'occasion est trop belle de faire "le dernier coup". Il y a du Lino Ventura, du Michel Constantin, du Bernard Blier dans ces personnages.

Face à ce gang ancienne génération, une bande plus brutale manie le révolver sans hésitation ni état d'âme. Ils sont peut être plus violents dans les actes mais n'arrivent pas à la cheville des "papis". Ils en seraient même risibles. Deux générations de caïds s'affrontent pour le plus grand bonheur des lecteurs.

En parallèle de cette histoire de casse, Slimane, jeune africain arrivé clandestinement en France, galère dans sa vie de sans papier. Il va bientôt arriver comme un cheveux sur la soupe dans le sillage de l'histoire. Le côté "jeune espoir du football" ne m'a pas touchée. Peut être est-ce parce que je n'aime pas particulièrement ce sport... je m'en serais passée. Mais c'est là l'occasion de mettre le doigt sur l'immigration clandestine et les rêves vite déçus des immigrants. En France, Slimane vit dans la crainte des flics, dans l'exploitation par des patrons peu scrupuleux, dans la précarité.

Cette BD se passe dans le milieu rural et ouvrier et on sent une vrai tendresse de l'auteur pour ce monde où les gens sont simples, taiseux et en même temps loyaux. Ils arpentent des décors fait d'usines, de barres HLM de province, de stations essence et de cafés PMU. On est ici bien loin du strass et des paillettes mais on est bien plus près des gens qui se contentent de peu. Baru nous dépeind là toute une société de gens du peuple.

"Fais péter les basses Bruno!" a eu le Grand Prix du Festival d'Angoulême en 2010. Avec son respect pour les anciens, son humour avec des nouveaux "méchants" loin d'être au point et le côté social avec l'histoire de Slimane, il le méritait amplement. Je vous conseille cette bande dessinée.

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