jeudi 11 juin 2020

"La Folle aventure des Bleus... suivi de DRH" de Thierry Jonquet

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Le contenu : Adrien, fervent supporter de l'équipe de France de football, a tout perdu au lendemain de la Coupe du Monde à Paris. Quatre ans plus tard, il est sur le point de toucher le fond. Heureusement, les Bleus, ses héros, s'envolent pour la Corée à la conquête d'un nouveau titre de champions du monde...

Une gare un soir d'orage, un train en retard. Deux DRH, directeurs des "ressources humaines" observent, comme des entomologistes, les voyageurs et les regardent évoluer dans l'univers clos d'un wagon.

La critique de Mr K : Petite escapade chez Thierry Jonquet aujourd’hui avec un petit recueil de 93 pages qui m’a diablement séduit. La folle aventure des Bleus... suivi de DRH propose deux récits noirs bien enlevés comme sait si bien les proposer un auteur qui excelle aussi bien dans le format court que dans le roman. Petit tour d’horizon de ce court opuscule...

Dans La folle aventure des Bleus, on rencontre Adrien, un gros amateur de foot qui est dans une belle panade. Divorcé et sans nouvelles de ces deux filles, sans taf et à la rue, endetté jusqu’au cou suite à une partie de poker désastreuse, il est mal et se raccroche au rêve des Bleus qui vont tenter en 2002 de gagner à nouveau la coupe du monde. Dans ce marasme complet, voila qu’un espoir apparaît, un petit coup qui pourrait rapporter et lui permettrait de remonter la pente, de rembourser son créditeur et repartir dans la vie. Mais rien ne va se passer comme prévu... On retrouve ici tout le talent de Jonquet pour nous proposer une véritable descente aux enfers dans les milieux laborieux. La déchéance est ici totale, le récit cynique à souhait et la fin terrifiante. On se laisse délicatement emporter par la petite musique d’un quotidien banal que distille savamment Jonquet pour mieux nous dérouter vers un fatum implacable. Court et efficace, cette nouvelle pose des bases solides et retourne littéralement le lecteur.

DRH est un peu plus longue et constitue le deuxième morceau proposé ici. Plusieurs groupes de personnages attendent le même train qui a du retard : un groupe de jeunes impatients qui partent à une noce, un ex taulard tout juste sorti de zonzon que sa superbe petite amie est venue récupérer et deux DRH qui rentrent d’un séminaire sur les meilleures stratégies à adopter pour faire passer un plan social. L’auteur présente l’attente en faisant monter les tensions, en appuyant sur quelques éléments de caractère et la nature des liens qui unissent ces personnes. Le train finit par arriver et tout ce petit monde se retrouve dans le même wagon ou presque... L’escalade peut démarrer, les DRH vont observer ce qui se passe entre les deux autres groupes, parier dessus et en tirer au final une leçon glaçante. L’architecture de ce court récit est lui aussi un modèle du genre. L’auteur avance ses pièces petit à petit, l’angoisse monte peu à peu car la tension va vraiment crescendo et les attentes suscitées se révèlent toutes fausses, ce qui est toujours une bonne chose dans le genre de la nouvelle. On croise ici de la colère, du désir, de l’alcool, de l’étouffement et même Daniel Balavoine !

Belle petite lecture que ce recueil qui concentre toutes les qualités d’un auteur que j’aime parcourir régulièrement. Le ton cynique, l’écriture souple et cassante, des personnages déglingués et une morale savoureusement déviante sont à nouveau au programme. À lire absolument si vous êtes amateur du maître.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Le Bal des débris
- Les Orpailleurs
- Le Pauvre nouveau est arrivé !
Moloch
Mémoire en cage
La bête et la belle
La vie de ma mère !
Mygale

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mardi 9 juin 2020

"La Fontaine pétrifiante" de Christopher Priest

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L’histoire : Dans un cottage isolé dans la campagne anglaise, Peter Sinclair, jeune écrivain désœuvré, cherche à faire le point sur son existence en rédigeant son autobiographie. Mais l'écriture commence à dériver. L'Angleterre autour de lui, plongée dans une lente apocalypse, s'efface peu à peu. Et Peter Sinclair se retrouve en train d'écrire l'histoire d'un autre homme, citoyen d'un monde imaginaire avec sa mer Centrale, sa cité de Jethra et son foisonnement d'îles exotiques - parmi lesquelles la mythique Collago, où la Loterie offre aux heureux gagnants l'accès à l'immortalité...

La critique de Mr K : Voilà deux ans que cet ouvrage patientait dans ma PAL, depuis en fait une rencontre avec l’auteur aux Utopiales 2018 lors d’une dédicace. Auteur aux talent immense, Christopher Priest s’était alors révélé un homme charmant, humble et d’une érudition jubilatoire. Ayant adoré toutes mes précédentes lectures de cet auteur, j’ai donc entamé La Fontaine pétrifiante, un ouvrage classé à part dans sa bibliographie et ma première incursion dans le cycle de L’Archipel des rêves. Une chose est sûre, j’y reviendrai vite tant le voyage s’est révélé aussi enrichissant que divertissant. Attention lecture bien barrée !

Peter est à un moment de sa vie où rien ne va plus. Plus de travail, plus de copine, mort de son père, des relations complexes avec sa sœur, plus d’appartement... autant d’éléments qui le poussent à se retirer au milieu de nulle part, dans un cottage en piteux état que lui prête un ami de longue date contre la promesse de retaper la bicoque et de s’occuper du jardin. Au début, Peter s’y attelle avec un certain enthousiasme mais très vite il se prend au jeu de l’écriture de son autobiographie. Littéralement possédé par ce projet qui lui permet selon lui de faire le point sur sa vie, il délaisse totalement les travaux et même sa vie journalière. Il ne mange presque plus, ne se lave plus et le logement atteint un stade de décrépitude avancé.

Puis dans un chapitre, on bascule. On retrouve Peter dans un autre monde, il vient de gagner à la loterie et a la possibilité de devenir immortel, rien de moins ! Il voyage d’île en île dans un mystérieux archipel pour rejoindre une clinique qui changera son existence à jamais et croise des personnes et notamment son ex compagne mais dans une version différente, "améliorée" pense-t-il même. Ce ne sont pas les mêmes noms, pas les mêmes expériences passées ensemble mais on retrouve des passerelles donnant sur ces deux existences liées mais distinctes à la fois. Étrange étrange... Au fil des deux récits qui finissent par s’entrecroiser, on comprend alors le processus en cours et le glissement mental initiatique et quasi mystique qui s'opère chez Peter...

Ce roman se lit vraiment d’une traite tant on est happé très vite par l’histoire et intrigué par Peter et son évolution. Contrairement à ce que pourrait laisser penser mes paragraphes précédents, ce livre est très accessible. Se situant à la croisée des chemins entre la littérature dite générale et la SF, tout est tourné ici autour du personnage principal qui se cherche à travers les épreuves multiples qu’il traverse. Il est beaucoup question de la mémoire, des souvenirs qu’on se forge (avec la notion de subjectivité forte qui les accompagne) et qui contribuent à notre construction aussi imparfaite soit-elle. Se rajoute par dessus, une remarquable évocation du travail de l’écrivain, du rapport à l’écriture et la relecture qui trouve son écho dans les scènes se déroulant dans les deux mondes et qui se répondent. Le roman prend alors une densité impressionnante et chacun y trouvera un univers vraiment fabuleux teinté de métaphores à l’interprétation variable.

Autrefois je croyais que la force des mots était garante de vérité. Qu'à condition de trouver le mot juste, il ne dépendait que d'un acte de volonté approprié que je parvinsse à consigner sous une forme affirmative tout ce qui était vrai. J'ai appris depuis que les mots n'ont d'autre valeur que celle de l'esprit qui les choisit, de sorte qu'il entre dans l'essence de toute prose d'être une forme d'imposture.

En filigrane, un fil conducteur autre que le sens de l’existence en lui-même apparaît, il s'agit de l’amour, le seul le vrai. Là aussi Christopher Priest excelle avec une histoire véritablement tragique, mélancolique où l’espoir est cependant encore permis. Le double personnage Gracia / Seri est très attachant, des scènes la mettant aux prises avec un Peter déboussolé se révèle vraiment poignantes (c’est mon côté fleur bleue que je revendique totalement). Malgré un background incertain, où la réalité et la fiction se mêlent sans vergogne, il y a des êtres de chairs et de sang qui vivent et souffrent au fil des pages.

Roman labyrinthique basé sur une dualité forte (quasiment une schizophrénie galopante) où les personnages sont constamment en équilibre instable, l'écriture de Priest se révèle précise, toujours juste, avec un rythme qui ne se dément jamais. Cette lecture fut une expérience épatante conjuguant plaisir de lire, voyage aux cœurs des perceptions et réflexion intense sur soi. Un de mes préférés de l’auteur.

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
-Le Prestige
-La Machine à explorer l'espace

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dimanche 15 mars 2020

Acquisitions virales...

2020 a bien commencé pour nous avec notre Little K qui grandit petit à petit. Mais elle n'est pas la seule ! Avant sa naissance, nous avions succombé une fois de plus au virus de l'acquisition d'ouvrages de seconde main. Il était plus que temps de vous faire une petite présentation des nouveaux venus dans nos PAL respectives... en fait dans la mienne, car Nelfe pour le coup n'a rien trouvé à son goût !

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Ces trouvailles viennent d'horizons bien différents entre désherbage du CDI de mon établissement avant une remise à neuf complète, une ou deux boîtes à livres croisées lors de sortie en voiture ou encore des occasions dégotées dans des magasins de brocantes comme il en apparaît de plus en plus depuis quelques temps. Le butin est varié et fait surtout la part belle à des auteurs que j'aime tout particulièrement !

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- Celui qui survit et Fog de James Herbert. Deux titres du même auteur dégotés en même temps et au même endroit ! Coup double donc pour deux ouvrages prometteurs avec une histoire de brouillard maléfique qui rend les gens fous et dans l'autre volume un homme unique survivant d'une catastrophe aérienne confronté au paranormal. Des histoires à priori classiques mais vu le talent de conteur de l'auteur de la très bonne trilogie des rats, je pense que James Herbert va encore me faire passer un bon moment.

- Debout les morts de Fred Vargas. Un des derniers titres de l'auteure que je n'ai jamais eu l'occasion de lire. Pas d'Adamsberg dans celui-ci par contre, avec une étrange histoire d'arbre qui apparait sans prévenir dans le jardin d'une cantatrice qui va finir par disparaître. Bizarre, vous avez dit bizarre ? C'est souvent le cas avec les trames que nous propose Fred Vargas et en général, c'est pour le meilleur. Hâte d'en savoir plus.

- Les Voisins d'à côté de Linwood Barclay. Je suis bien content d'être tombé sur cette histoire de voisinage qui va faire trembler dans les chaumières ! Jusqu'à quel point connaît-on ses voisins ? C'est un peu le principe de base de cette histoire d'assassinat qui va remuer une petite communauté bien sous tout rapport... du moins en apparence ! Linwood Barclay excelle pour faire basculer des quotidiens banals dans le doute et les affres de l'angoisse. Il ne fera pas long feu dans ma PAL !

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- La Planète de Shakespeare de Clifford D. Simak. Impossible pour moi de résister à cet auteur quand je croise un de ses ouvrages en rayonnage d'occasion et puis cette collection de SF est mythique ! Dur de résumer la quatrième de couverture complètement folle de ce bouquin où un homme se réveille d'un sommeil cryogénique sur une drôle de planète où aurait vécu un certain Shakespeare. Même si je m'attends à tout et n'importe quoi avec un tel pitch, je ne me fais aucun souci, avec Simak je me régale à chaque fois !

- Bizarre ! Bizarre ! de Roald Dahl. Après ma lecture plus qu'enthousiaste de Matilda, il n'y a pas si longtemps, je vais remettre le couvert avec ce maître conteur qui propose ici une série de quinze histoires fantastiques entre drame et humour avec j'imagine le style si particulier et prenant d'un auteur qui a bercé mes jeunes années de lecteur. Typiquement le genre de lecture détente qui fait du bien et dont on a besoin en ces temps troublés.

- Le Roi Arthur : les légendes de la table ronde de Molly Perham. Un très beau livre pour finir le tour d'horizon du jour avec un ouvrage traitant d'un de mes héros préférés et tous les mythes qui l'entourent. J'ai rendez-vous avec Merlin, Arthur, Lancelot, Mordred et consorts avec des histoires éternelles, illustrées de fort belle manière. Que du plaisir en perspective !

Belle brochette d'ouvrages à mon actif encore une fois, la PAL remonte un peu mais rien de vraiment irrémédiable. Qu'il est bon de penser à tous ces mondes imaginaires qui m'attendent et procureront une évasion immédiate au milieu d'une actualité anxiogène au possible. Vous retrouverez comme d'habitude les chroniques de ces ouvrages sur le blog à plus ou moins longue échéance au fil de mes lectures. Portez-vous tous bien en tout cas en attendant. Et que la lecture soit avec vous !

jeudi 21 novembre 2019

"Delirium tremens" de Ken Bruen

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L’histoire : Il n'y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l'image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait. Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d'un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s'est installé dans un pub de Galway. Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l'aide de Guinness. Il est fragile et dangereux. Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d'enquêter. "On l'a noyée" sont les mots qu'elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait. De quoi ne plus dormir. Surtout si d'autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un...

La critique de Mr K : Superbe découverte que Delirium tremens de Ken Bruen, premier volume d’une série littéraire mettant en scène Jack Taylor, un ex flic complètement borderline, alcoolique notoire, amateur de formulations chocs et d’ellipses mémorielles. Dans le domaine du polar servi bien noir, cet ouvrage se pose là et malgré un résumé plutôt classique pour ce genre de production, je peux vous dire que j’ai rarement lu quelque chose d’aussi frais et bien frappé pour rester dans la métaphore éthylique...

Jack Taylor est clairement une épave. Devenu détective privé occasionnel après un coup d’éclat malheureux le mettant en cause avec une huile gouvernementale, le voila réduit à traîner ses guêtres de pub en pub, le gazier s’enfilant les verres avec un talent somme toute impressionnant. Il collectionne donc les cuites, les rencontres farfelues, les trous noirs mais aussi les gueules de bois et les réveils difficiles. Son avenir semble derrière lui, il ressasse ses illusions perdues et à l’occasion repense à sa jeunesse.

Mais voila qu’un jour, une femme vient le voir pour lui demander d’enquêter en sous main sur le pseudo suicide de sa fille. Elle en est sûre, les conclusions officielles sont erronées, la p’tite n’a pu commettre l’irréparable. Connaissant bien la maison Poulaga, Jack ne tarde pas à découvrir qu’elle n’est pas la seule victime dans ce cas, que régulièrement des affaires sont classées masquant sans doute une organisation criminelle de grande ampleur. Ne pouvant compter que sur ses moments de lucidité (pas nombreux), des amis tout aussi jetés que lui et un vieux barman à la figure paternelle, le voila parti en croisade contre lui-même et des forces adverses redoutables. Ce ne sera pas de tout repos et l’espoir est bien mince de rétablir une vérité qui pourrait faire du mal à beaucoup de monde...

Autant vous dire de suite, l’enquête en elle-même passe très vite au second plan, l‘essentiel ici est ailleurs, j’en parlerai par la suite. Pour autant, cette quête de vérité n’est pas inintéressante, le suspens est bien mené et même si très vite, on devine où les pas de Jack vont le mener, on est happé par le background et les ficelles cachées à l’œuvre derrière cette série de disparitions dramatiques. Indics, rencontres impromptues, visites de lieux particulièrement glauques sont au menu avec son lot de surprises et de rebondissements parfois complètement loufoques ou dramatiques. Ça tape dur dans ce roman et pas seulement sur le zinc d’un bar, le héros s‘en prend plein la tête et on pourrait presque comparer son enquête à un chemin de croix parsemé d’embûches et dont le principal opposant est lui-même.

Delirium tremens est surtout l’occasion pour le lecteur de découvrir Jack Taylor, un anti-héros particulièrement amoché par la vie. Esprit nébuleux, dépendance poussée à l’alcool, mauvaises fréquentation, vie de patachon, impulsivité sont son quotidien décrit ici avec une économie de mots qui facilite l’empathie pour un personnage plutôt repoussoir au départ mais qui au fil des chapitres livre des parcelles d’humanité qui nous le rendent vite sympathique. Il y a de l’inspecteur Rebus en lui (mon inspecteur favori, je suis un grand fan de Ian Rankin) même si là on est tout de même au bout du bout. Les petits flashback qui nous sont assénés concernant son adolescence puis ces débuts finissent d’enfoncer le clou et offrent un personnage vraiment complexe qui cache ses fêlures derrière l’image de poivrot fini qu’il donne à voir. Certains diront que ce n’est pas original et je ne peux qu’abonder en leur sens mais c’est ici réalisé avec un grand talent et la lecture se révèle très très addictive (un jour de lecture pour ma part et c’était dur de s’interrompre).

Il faut dire que le style est épatant et original. Les chapitres très courts (souvent pas plus de cinq pages) se feuillettent sans forcer à la manière d’un thriller mais avec une forme parfois étrange mêlant citations, mise en page différente (des passages peuvent s’apparenter à de mini listings), punchlines irrésistibles de Jack en roue libre et un hachage du rythme qui accélère le récit et le rend totalement incontrôlable. J’ai adoré et c’est un peu le cœur remué (la fin est terrible !) que l’on referme cet ouvrage en espérant dégoter le suivant au plus vite pour continuer de suivre les traces bouillonnantes d’un personnage principal vraiment à part. Une petite bombe que tous les amateurs du genre se doivent absolument de lire !

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vendredi 4 octobre 2019

"La Vierge des glaces" de Hans Christian Andersen

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L’histoire : Au sommet des montagnes suisses, au creux des grands glaciers, vit la Vierge des glaces, redoutable reine des neiges éternelles.

Le jeune Rudy lui a échappé de peu et, depuis ce jour, elle attend de pouvoir enfin l'étreindre pour lui donner un baiser mortel.

La critique de Mr K : Quel bonheur de retrouver un auteur qui nous a bercé durant notre enfance ! Je me rappelle encore de mes couchers dans la maison des Pyrénées de ma grand mère qui tous les soirs sans exception me faisait la lecture de contes dont ceux d’Andersen. C’est donc sans hésiter que j’adoptai cet ouvrage lors d’un chinage de plus. Il n’est pas resté longtemps dans ma PAL et cette lecture fut aussi rapide qu’intense. Il n’y a pas à dire, que l’on soit grand ou petit, la magie opère toujours !

Rudy est un enfant des montagnes, on suit sa destinée depuis sa jeune enfance quand il a réchappé de peu à la mort. Orphelin très jeune, il va apprendre à connaître et apprécier la nature. Devenu chasseur et guide de haute montagne émérite, il va faire une rencontre qui va changer sa vie. L’amour a ce don inouï de pouvoir vous transcender... Cependant une menace guette sournoisement le jeune Rudy car la Vierge des glaces à qui il a échappé n’est pas du genre à s’avouer vaincue et gare à l’imprudent qui se laisserait embrasser par mégarde...

L’addiction est immédiate grâce à la langue toujours aussi fabuleuse et intemporelle d'Andersen. L’ouvrage n’a pas du tout vieilli et garde un charme intact. J’aime tout particulièrement l’évocation régulière de la nature qui dans ce conte est un personnage à part entière. Descriptions détaillées mais jamais trop lourdes, on sent le foehn nous souffler aux oreilles, on frémit aux avalanches déclenchées par une Vierge des glaces rancunière envers les hommes, on reste ébahi devant de grandioses paysages entre forêts, alpages et sommets escarpés. C’est bien simple on s’y croirait avec en plus un soupçon de magie, de merveilleux qui tantôt fascine ou inquiète car il s’agit bien d’un conte de fée comme on l’entendais à l’époque : merveilleux et douloureux à la fois, il doit servir de leçon, de morale pour la jeunesse.

On se prend très vite d’affection pour Rudy, un garçon puis un homme attachant et nature. Agile, fort et droit, on aime sa joie de vivre, son optimisme et sa force de conviction. Tout se passe pour le mieux pour lui, il force l’admiration et ses qualités rejaillissent sur autrui. L’Amour quand il surgit le transfigure et le pousse à se dépasser comme autant d‘épreuves pour conquérir sa belle. Cependant, un événement du passé entache tout cela et sans vraiment qu’il le sache, le malheur le guette. Cette appréhension qui gagne le lecteur ne touche pas Rudy et lorsque celui-ci devra affronter son destin, le lecteur doit accepter un sort peu enviable pour le héros qu’il a profondément aimé.

Grand amateur de contes et de légendes, cette lecture fut un plaisir fugace mais sans pareil. Un conteur hors pair, une histoire éternelle et une évocation de la montagne qui m’ont rappelé des souvenirs d’enfance touchants, voila une lecture dont je me souviendrai longtemps et qui en appelle d’autres.

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mardi 9 juillet 2019

Six mois de craquages !

Post particulier aujourd'hui avec la présentation de toutes nos acquisitions effectuées en matière de livres d'occasion au cours des six derniers mois. Emmaüs, boîtes à livre, magasins discount et autres brocantes nous ont fait succomber plus d'une fois et par petites touches bien senties. Addict un jour, addict toujours ! Revenons donc sur l'étendue des dégâts...

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(Belle photo de famille, non ?)

Le butin s'avère très varié avec des livres que je recherchais depuis un certain temps, des auteurs chouchous dont il me manquait un titre ou encore des ouvrages prometteurs où le charme agit de suite par la couverture ou la quatrième de couverture sans que l'on puisse résister. Ce qui vous surprendra moins, c'est le fait qu'une fois de plus Nelfe a été beaucoup plus sage que moi. Une section spéciale lui sera tout de même consacrée en toute fin d'article !

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(Voyage en terres asiatiques...)

Quelques trouvailles bien sympathiques venues d'Orient aux éditions Picquier qui ne sont plus à présenter.

- "Les Chroniques de Zhalie" de Yan Lianke. Direction la Chine avec la chronique d'un village pauvre qu'une femme hors du commun veut transformer en cité flamboyante. Entre folie, ambition et parabole de la Chine moderne tournée en dérision, voila un ouvrage qui promet beaucoup.

- "L'Hiver dernier, je me suis séparé de toi" de Nakamura Fuminori. Roman noir japonais, l'ouvrage s'attache à suivre l'enquête d'un journaliste sur un photographe accusé de tuer ses modèles pour prendre un cliché de leur mort en direct... Attirance pour la perdition, on nous annonce des apparences trompeuses et une frontière de plus en plus mince entre raison et pulsions meutrières. Typiquement le genre d'ouvrage qui peut me plaire !

- "Le Jardin arc-en-ciel" d'Ogawa Ito. Une rencontre miraculeuse, un amour qui emporte tout sur son passage et le destin d'une famille pas comme les autres sont au programme de ce roman très apprécié sur la toile qui s'apparente à une ode à la tolérance et à l'acceptation des différences. Je suis intrigué par cet ouvrage qui ne tardera pas à quitter ma PAL tant il se dégage un charme inexpliquable de la quatrième de couverture.

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(Black is black !)

- "Peur blanche" de Ken Follett. Ce sera mon premier Ken Follett en dehors de ses romans historiques. Miam miam ! Thriller scientifique, ce livre a un postulat de départ des plus inquiétants : une terrifiante arme bactériologique a été dérobée et un vent de panique souffle sur la Grande Bretagne. J'ai hâte de découvrir cet auteur sous un jour nouveau, comme en plus il a bonne presse, je ne pense pas m'être trompé en adoptant ce volume !

- "Delirium Tremens" de Ken Bruen. Un roman policier venu d'Irlande qui a l'air particulièrement sombre avec un antihéros alcoolique et complètement borderline. Face au classement par la police d'affaires touchant à des jeunes filles retrouvées mortes noyées, il va reprendre du poil de la bête pour que justice soit faite. Ça a l'air bien hardboiled !

- "Magie maya" et "Le Sphinx" de Graham Masterton. Deux ouvrage d'un de mes auteurs favoris en littérature d'épouvante. Graham Masterton nous propose ici deux danses avec des démons et divinités démoniaques qui vont bouleverser pour notre plus grand plaisir les vies apparemment sans histoire de héros improbables. Cet écrivain est mon pêché mignon et j'ai vraiment hâte de le relire. M'est avis que je vais prendre un des deux volumes avec moi pour nos vacances.

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(Classique quand tu nous tiens !)

 - "Un Capitaine de quinze ans" de Jules Verne. Trop content d'avoir dégoté chez Emmaüs ce titre de Jules Verne qui m'avait échappé jusque là. Cette histoire d'adolescent se retrouvant à la barre d'un grand navire à voile à tout juste quinze ans a tout pour m'emballer. Il ira rejoindre après sa lecture ma collection d'ouvrages parus chez Hachette (superbe collection) de cet auteur qui a bercé mon enfance avec des romans immortels.

- "Le Fantôme des Canterville" d'Oscar Wilde. J'avais lu il y a quelques temps Le Portrait de Dorian Gray qui m'avait, je l'avoue, refroidi. Le style a vieilli à mes yeux et je m'étais ennuyé. N'étant pas rancunier, je vais retenter l'aventure Oscar Wilde avec ce recueil de nouvelles trouvé à prix d'or. Gageons qu'il me rabiboche avec cet auteur culte !

- "Les Âmes mortes" de Gogol. J'adore cet auteur que je n'ai plus pratiqué depuis de nombreuses années (avant le blog, c'est dire !). Ce roman appartient aux grands classiques de la littérature russe et nous conte l'odyssée d'un escroc pour acheter des âmes mortes (des serfs disparus) pour s'enrichir ensuite illégalement. On peut compter sur Gogol pour livrer un ouvrage remarquablement écrit et au passage un tableau satirique de la société russe de l'époque.

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(Mix de contemporains bien alléchants !)

- "Trilogie maritime" de William Golding. Sous la forme d'un journal intime, l'auteur culte de Sa Majesté des mouches nous invite à suivre le voyage vers les antipodes d'un jeune aristocrate anglais qui durant la traversée va perdre ses illusions et découvrir le monde, le vrai ! Cet ouvrage me fait vraiment de l'oeil, il me tarde de le découvrir et de replonger dans l'écriture à la fois subtile et puissante d'un des auteurs les plus doués de sa génération.

- "Katiba" de Jean-Christophe Rufin. Quel plaisir de tomber sur cet ouvrage de Rufin, un de mes auteurs chouchou ! Dans la lignée de son très bon Le Parfum d'Adam, il nous propose à nouveau un thriller avec le terrorisme en toile de fond, ici dans la mouvance islamiste. J'ai hâte de retrouver l'écriture à la fois simple et gouleyante d'un auteur qui ne m'a jamais déçu !

- La Conversation amoureuse d'Alice Ferney. Je vous avoue que je ne savais pas de quoi parle ce roman lorsque je l'ai croisé dans un bac de livres d'occasion. J'ai vu le nom d'Alice Ferney et je l'ai adopté directement étant un grand fan de cette auteure pas comme les autres qui propose avec chacun de ses ouvrages un voyage livresque puissant et marquant dans la durée. Après recherche sur internet, il est question d'un amour adultère nourrit par une passion féroce ! Hâte d'y être !

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(Voyages en terres étranges en vue !)

- "Brocéliande" de Jean-Louis Fetjaine. Voici un ouvrage que je recherchais depuis plusieurs années en occasion, il s'agit de la suite du Pas de Merlin de Jean-Louis Fetjaine, un autre auteur que j'apprécie grandement. Ce livre reprend l'épopée de Merlin là où on l'avait laissé et si je me souviens bien, il était en bien fâcheuse posture !

- "Le Dernier loup-garou" de Glen Duncan. Moi, Lucifer du même auteur m'avait totalement conquis lors de sa lecture, je vais remettre le couvert avec ce premier volume d'une trilogie prometteuse. Un vieux loup-garou suicidaire et blasé va faire une rencontre qui va changer totalement son existence, les avis de certains amis blogueurs sont parfois dithyrambiques concernant ce tome 1. Il ne me reste plus qu'à franchir le Rubicon !

- "Les Chroniques de Durdaine" de Jack Vance. Encore un hasard heureux avec cette intégrale de Jack Vance qui promet de l'aventure en pagaille, un univers SF bien barré et des révélations fracassantes sur un monde où les habitants sont contrôlés par la terreur (une variation autour du collier explosif à la Battle Royale - oeuvre cinématographique culte à mes yeux -). Considéré comme une oeuvre culte du space-opéra, m'est avis que cet ouvrage ne restera pas longtemps dans ma PAL !

- "Sargasso" de Edwin Corley. Un vaisseau spatial US se pose en plein triangle des Bermudes, un drame se noue alors mettant en prise directe mystères de l'espace, secrets sous-marins enfouis, manoeuvres politiques et phénomènes naturels stupéfiants. Le contenu m'attire fortement (toutes les thématiques me sont chères) et la couverture est sublime de surcroît. Y'a plus qu'à !

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(Futures lectures nelfesques !)

Comme promis, voici la section dédiées aux acquisitions de ma chère et tendre, sélection qui bien que moins dense promet de merveilleuses heures de lecture :

- "Fumiers et Cie" de Tom Sharpe. Auteur se situant entre les Monthy Python, les Marx brothers et le no-sense à l'anglaise, il est très apprécié de ma douce qui l'avait dégusté avec Wilt 1. On retrouve de nouveau son goût pour la satire au vitriol avec cette histoire totalement farfelue suivant des personnages déjantés. Je pense que Nelfe va bien s'amuser !

- "La Théorie des six" de Jacques Expert. Fan de thriller, Nelfe n'a pas hésité longtemps à acquérir cet ouvrage de Jacques Expert, un auteur que nous pratiquons assez régulièrement. Un tueur en série bien retors annonce qu'il va faire six victimes et lance un défi aux forces de l'ordre : pourront-ils l'arrêter avant la fin de son cycle ? On peut compter sur cet auteur pour maintenir le suspens jusqu'au bout. Nelfe vous dira ce qu'elle en a pensé lors de son retour de lecture.

- "Une pluie sans fin" de Michael Farris Smith. Là encore, Nelfe succombe à la tentation de replonger dans l'oeuvre d'un auteur qu'elle aime tout particulièrement avec son génial Nulle part sur la Terre et Le Pays des oubliés (qu'elle n'a toujours pas chroniqué la feignasse !). Ici, il verse dans l'anticipation à la mode La Route de McCarthy avec des USA coupés en deux suite à des aléas climatiques exceptionnels. C'est l'occasion pour Michael Farris Smith d'explorer les psychés humaines et de livrer en filigrane un portrait sans concession de son pays. Je le piquerais bien à Nelfe après sa lecture...

Il ne reste maintenant plus qu'à opérer des choix de lecture, lire encore et toujours pour voyager, se transcender, explorer notre humanité, rire, pleurer, s'indigner et encore et toujours prendre du plaisir. Nos PAL bien descendues depuis quelques mois reprennent du poil de la bête... Belle variation autour du mythe de Sisyphe, non ? Comptez sur nous en tout cas pour vous faire partager ces futurs moments qui je n'en doute pas seront intenses et susceptibles de vous intéresser.

dimanche 20 janvier 2019

Premiers craquages de 2019 !

Et oui ! 2019 a débuté depuis peu et nous avons déjà craqué en matière d'ouvrages d'occasion. Bon en fait, surtout moi, mais cela ne vous surprendra pas, Nelfe a toujours su être plus raisonnable que moi en la matière. Mais bon, on ne se refait pas et comme je ne crois pas aux résolutions de début d'année, je n'avais rien promis... Vous retrouverez dans ce post des articles dégotés à prix vraiment très bas dans notre recyclerie locale et dans notre très achalandé Emmaüs, deux hauts lieux de chinage qui décidément nous déçoivent rarement ! Regardez-moi ça !

Ensemble janv 19

De belles prises, non ? Pour éviter de définitivement plomber ma PAL qui dépasse allégrement les 200 ouvrages dormants, j'essaie désormais d'aller vers des auteurs et des ouvrages que je souhaite absolument lire. Ça réduit un peu le degré de tentation même si ça ne permet pas d'éviter tous les écueils. Le butin est en tout cas bien alléchant et je m'en vais vous le présenter en détail !

Contemporain janv 19
(Ouvrages contemporains en pagaille)

- Les Vivants et les morts et La Brigade du rire de Gérard Mordillat. Un auteur que j'adore et sur lequel je fais coup double ! Je suis justement en train de lire son dernier (Ces femmes-là) qui dépote. J'aime la langue simple et truculente de l'auteur, son engagement à gauche et sa façon d'aborder les problèmes sans fioriture. Typiquement le genre de littérature qui me parle, fait réfléchir et donne du baume au coeur dans un monde devenu fou à mes yeux. Ils ne resteront pas longtemps dans ma PAL même si je vais essayer d'espacer mes lectures pour éviter l'overdose.

- Dans l'or du temps de Claudie Gallay. Une autre auteure que j'affectionne tout particulièrement. Depuis ma lecture enthousiaste des Déferlantes, dès que je vois un Claudie Gallay trainer dans un bac, je ne peux pas résister ! Elle nous raconte ici la rencontre improbable entre un homme père de famille et une vieille dame singulière qui va finir par se confier sur sa vie passée haute en couleur. On peut compter sur l'auteure pour nous dévoiler des personnages attachants et profonds, raconter les fêlures intimes voir l'indicible au détour d'un récit enlevé. Hâte d'y être !

- Hors d'atteinte d'Emmanuel Carrère. Encore un auteur que je pratique régulièrement et qui ne m'a jusque là jamais déçu. Il nous propose dans ce roman de suivre Frédérique, une prof de collège qui va tomber dans l'addiction au jeu et remettre sa vie au main du hasard par pur défi. On peut compter sur Emmanuel Carrère pour nous proposer un récit vertigineux à partir d'un point de départ basique. Je pense que ce sera encore une lecture plaisante.

- Comment j'ai raté mes vacances de Geoff Nicholson. Voici ma prochaine lecture, j'ai enfin réussi à trouver un ouvrage fun et décalé. J'enchaine les lectures sombres et pessimistes, il est bon aussi de bien rigoler parfois un livre à la main ! Croisement entre Tom Sharpe et les Marx Brother, l'auteur nous invite à passer des vacances en compagnie d'Éric et sa famille. À priori, rien ne se passe comme prévu et l'on croise un nombre impressionnant de personnages plus branques les uns que les autres. M'est avis que ça devrait me plaire ! Je vous en reparle très bientôt sur IG!

Imaginaire janv 19
(Pour quelques livres de genre en plus...)

- L'Oeuf du dragon de George R. R. Martin. En attendant que le maître incontesté de la lenteur d'écriture nous offre ENFIN la conclusion de sa saga, je suis tombé sur ce petit volume se déroulant avant Le Trône de fer. Ça me fera patienter et je suis impatient de passer quelques temps en compagnie du chevalier sans terre et surtout de son écuyer, un certain Aegon Targaryen ! Conspiration, baston et voyages en terres lointaines sont au programme. Ce volume ne restera certainement pas bien longtemps dans ma PAL, Westeros me manque trop !

- Druide d'Oliver Peru. Voici un volume qui m'avait fait de l'oeil plusieurs fois lors de nos séjours successifs aux Utopiales. Le hasard fait donc bien les choses, j'ai hâte là aussi de me plonger dans la lecture de cet ouvrage de fantasy mettant en lumières le culte druidique, protecteur du monde. Un crime va remettre tout en cause provoquant le chaos et le désordre. Précédé d'une excellente réputation, cet ouvrage promet beaucoup. Qui lira, verra!

- L'Univers en folie de Fredric Brown. Petit détour par la science fiction avec un auteur qui n'est plus à présenter et qu'il fait bon fréquenter régulièrement quand on est fan du genre. Suite à un accident lors d'un lancement de fusée, un journaliste renait dans un monde parallèle où il va devoir se confronter puis conjuguer avec son double. L'expérience promet d'être fascinante et complètement décalée.

- Le Djinn de Graham Masterton. Un petit ouvrage de terreur enfin avec un Graham Masterton auquel je ne peux pas résister non plus ! Un objet ancien venu de l'autre bout du monde, un esprit malveillant qui ne demande qu'à être libéré, une obsession dangereuse, un auteur aimant la démesure et à l'écriture addictive... Ce sont les ingrédients idéaux pour fournir un bon récit fantastique et gore. Le genre de lecture-récréation qui ne se refuse pas !

Thriller janv 19
(LA trouvaille de Nelfe !)

- Les Morsures de l'ombre de Karine Giébel. Une auteure que ma douce a découvert sur le tard mais qu'elle a beaucoup apprécié sur sa première lecturede Toutes blessent la dernière tue (chronique à venir quand elle le voudra bien...). Nelfe est une grande amatrice de thriller devant l'éternel, nul doute que cette histoire d'homme mis en cage suite à un RDV amoureux va lui plaire. On nous parle en quatrième de couverture de frontières floues entre bourreaux et victimes, de hasard inexistant et de psychologie torturée... Purée ça promet !

Au final, on n'est pas peu fiers de nos achats. Malgré une grille de sélection plus resserrée, on a vraiment de très bons dealers de livres de seconde main dans notre secteur et cela promet encore de très bonnes heures de lecture. La PAL ne s'en porte pas mieux mais que voulez-vous, quand on aime, on ne compte plus! Suite au prochain numéro, lors des chroniques à venir dans les jours, semaines, mois et années à venir !

mardi 11 décembre 2018

"L'Enfant de la haute mer" de Jules Supervielle

julessupervielle

L'histoire : Comment s'était formée cette rue flottante ? Quels marins, avec l'aide de quels architectes, l'avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres ? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d'ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables ? Et ce clocher très ajouré ? Et ceci qui ne contenait que de l'eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, parmi de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson ?

La critique de Mr K : J'ai une relation très particulière avec Jules Supervielle, poète franco-uruguayen malheureusement pas assez lu par chez nous. C'est grâce à lui que j'ai décroché mon concours de professeur de Lettres-Histoire avec un magnifique texte tiré de l'ouvrage La Fable du monde. Depuis, je n'avais pas recroisé son chemin jusqu'à un séjour à notre Emmaüs préféré où le présent recueil de nouvelles me tendait ses petites pages implorantes. Incapable de résister, je l'adoptais immédiatement et il est maintenant temps pour moi de vous dire ce que j'ai pensé de L'Enfant de la haute mer, un ouvrage mêlant surréalisme, poésie intimiste et universelle à la fois. Une expérience différente de ce que je lis d’habitude mais éclairante et d'une beauté morbide à coupler le souffle.

Morbide est en effet le terme qui me vient en premier à l'esprit en évoquant cette lecture. Beaucoup des huit nouvelles tournent autour de la mort et de la disparition (du corps, de l'âme, voir de l'identité). Sans tomber dans le glauque mais dans une manière d'aborder la destinée humaine différente de ce que l'on a l'habitude de voir ou lire, Supervielle nous conte des existences sur le fil du rasoir, décalées et pour certaines appartenant à la dimension fantastique. On passe ainsi allégrement du monde des vivants aux morts, de celui des corps physiques englués dans un quotidien morose à celui d'esprits égarés qui ne savent même plus s'ils existent vraiment ou pourquoi ils survivent.

Ainsi une petit fille réside dans une étrange ville perdue au cœur de l'Océan Atlantique, elle vit seule et va à l'école en attendant un éventuel navire qui viendrait la sauver. Dans une autre nouvelle, Supervielle nous raconte la nativité à travers les yeux de l'âne et du bœuf, variation biblique étonnante et pleine de douceur. Dans un autre texte, c'est une noyée que l'on suit au fil de son périple dans la Seine, elle va rencontrer nombre d'esprits et de divinités qui règnent sur l'au-delà. Une autre nouvelle nous raconte ce qui se passe au ciel quand les esprits s'y rencontrent entre chamailleries et reconnaissance mutuelle. Ailleurs, un rite de passage ne se passe pas comme prévu dans une tribu d'amérindiens laissant une porte ouverte au Mal qui pourrait prendre le contrôle de Rani, nouveau chaman de la tribu. Une histoire nous fait part de la vie d'une jeune fille qui naît avec une voix de violon ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes à sa famille et dans un autre très court récit, un homme et son cheval portent le même nom, la mort de l'un d'entre eux va provoquer une mutation chez l'autre. Enfin, dans une nouvelle qu'aurait pu écrire Steinbeck, un marchand oriental traversant un désert va faire escale dans une ferme pour y vendre quelques objets. Malheureusement pour lui, c'est la mort qui l'y attend.

Difficile de décrire vraiment le contenu tant il appartient parfois à la poésie pure faite de chimères et ressentis très personnels. Je ne suis pas vraiment certain que chacun y trouvera la même chose selon son vécu, ses croyances et ses attentes. Sachez simplement que l'auteur use d'une langue merveilleusement simple et évocatrice, provoquant l'évasion immédiate et une rêverie langoureuse. La mélancolie qui habite ses pages nous saute au visage, nous emprisonne et nous emmène sur des chemins de traverse à l'atmosphère nébuleuse entre douceur et amertume, rires et larmes. Au delà de ces petites histoires bizarres, il nous parle de nous les hommes, de nos errances et de nos capacités à rebondir même si finalement rien n'est jamais définitif et que notre condition nous rattrape tôt ou tard.

J'ai aimé cette lecture qui nous rappelle notre mortalité sans pour autant nous plomber. Il y a une grande source de chaleur et de joie qui habitent ses lignes malgré un contenu parfois pétrifiant. On navigue bien souvent à vue, il faut se laisser bouleverser, bousculer dans ses certitudes pour pénétrer cet univers si particulier d'un auteur au sommet de sa forme. Un bien bel ouvrage qui comblera les âmes avides de sensations fortes, de voyages littéraires au long cours et de beautés littéraires inexplorées.

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dimanche 9 décembre 2018

Petit craquage hivernal...

Aujourd'hui, chronique d'un petit craquage effectué la semaine dernière lors d'un passage impromptu dans notre Emmaüs préféré pas loin de chez nous. En théorie, vu l'ampleur de ma PAL, je ne suis pas sensé y mettre les pieds ! Mais bon... je n'allais pas laisser Nelfe y aller toute seule, elle avait absolument besoin de moi pour la conseiller en matière de pelotes de laine (je suis un expert sur cette question, c'est bien connu, on vient de loin pour me consulter...) car Madame aime aussi les loisirs créatifs et s'est prise d'une passion soudaine pour le crochet. Bref, impossible d'aller là-bas sans faire un petit tour au rayon livres qui est toujours fort bien achalandé... Voici le résultat en image !

Acquisitions dec 2018 ensemble

Je trouve que j'ai été plutôt raisonnable et croyez moi ce fut dur ! J'ai du laisser derrrière moi une bonne dizaine de titres qui m'intéressaient fortement... Mais il parait que la vie est une question de priorité, je rajouterai pour ma part que c'est une question de temps et de place à la maison! Nelfe sachant se montrer convaincante - et légèrement autoritaire aussi -, je mes suis concentré sur l'essentiel avec neuf titres très pormetteurs, Madame se contentant d'un seul livre (elle a toujours été plus light que moi niveau craquage, ça ne surprendra personne parmi nos habitués !). Et c'est parti pour les traditionnels commentaires des nouvelles acquisitions !

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(Petite sélection classique pour commencer !)

- Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas. Cela va en surprendre certains mais je ne l'avais pas à la maison alors que ce fut une de mes premières lectures de jeunot. Je le recherchais depuis des années en occasion ! En fait pour la petite histoire, j'ai choppé Vingt ans après d'Alexandre Dumas depuis déjà quelques années et que je n'ai jamais lu. Avant de le lire, je voulais absolument relire le classique de base pour pouvoir profiter au maximum de sa suite. C'est désormais chose possible et je me réjouis d'avance de ce re-reading et de ce qui va suivre.

- Le Voleur d'enfants de Jules Supervielle. Ma récente redécouverte de cet auteur via ma lecture de L'Enfant de la Haute mer m'a enthousiasmé (chronique à venir très prochainement) et ce roman venait à point pour continuer l'exploration de la bibliographie de Supervielle, cet auteur franco-uruguayen à la langue si poétique et si marquante. Pas de nouvelles donc au programme avec cet ouvrage mais un récit long sous forme de conte d'une enfance perdue et mélancolique.

- Les Fourmis de Boris Vian. J'ai du mal à résister à Boris Vian je l'avoue. Malgré une oeuvre inégale, il reste pour moi l'auteur du plus beau roman qui soit : L'Écume des jours (ne venez pas me parler de l'adaptation de Gondry que je trouve bof !). Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles qui s'inscrivent, selon la quatrième de couverture, justement dans la veine de mon livre préféré. Je n'ai pas hésité deux secondes et j'adoptais immédiatement ce petit orphelin où l'on est sensé retrouver toute l'émotion, la verve, la fantaisie et l'insolence de Vian. Hâte d'y être !

- Madame Chrysanthème de Pierre Loti. Comme de nombreuses personnes avant moi, je suis tombé sous le charme de Pierre Loti avec son Pêcheur d'Islande qui malgré le temps qui passe reste un livre culte au charme indéniable. Basé sur ses voyages et expériences en Orient (il a été officier de Marine), cet ouvrage fait la part belle à la culture japonaise, la découverte de l'Empire du Soleil levant et à la rencontre avec une femme fantasmée qui devient bien réelle. Ce livre a tout pour me plaire !

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(Quelques ouvrage contemporains pour continuer...)

- Notre part des ténèbres de Gérard Mordillat. J'ai découvert Gérard Mordillat en tant qu'écrivain de roman l'année dernière avec son très bon La Tour abolie. On retrouve à priori la même verve et le même engagement bien à gauche avec cette histoire d'employés qui vont séquestrer en pleine mer les actionnaires de leur société. À priori, la peur change de camp ! Ce n'est pas pour me déplaire...

- Nouvelles chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin. Voila un volume que je recherchais aussi tout particulièrement depuis quelques années, c'était le tout dernier tome qu'il me manquait pour pouvoir me proposer un défi lecture de taille : relire toutes les chroniques à la suite l'été prochain ! J'ai adoré cette saga lors de sa découverte au début de mes études, il me tarde d'y retourner y faire un tour et de vous la chroniquer.  Trop content d'avoir enfin la collection complète !!!

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(Un petit passage dans la dimension SF...)

- Janua vera de Jean-Philippe Jaworski. J'ai beaucoup entendu parler de ce livre en 2008 lorsqu'il a reçu le prix du Cafard Cosmique. Ouvrage de fantasy réputé par sa densité et sa puissance évocatrice, il me tarde de suivre les aventures de héros dépassés par leurs tourments intérieurs, d'odieux complots et des destins contrariés. M'est avis qu'il ne fera pas long feu dans ma PAL celui-là !

- La Mort vivante de Stephan Wul. Typiquement, l'auteur auquel je ne peux résister, chacune de mes lectures précédentes de lui se sont révélées riches et sources de plaisir de lecture. Dans ce roman, Stephan Wul met en jeu l'opposition classique entre science et croyance religieuse. Joachim le héros est un biologiste talentueux qui fuit sa planète d'origine qui est frappée par un interdit religieux. Cet apprenti sorcier, qui cherche à créer la vie, veut se substituer à Dieu, mais cela se fera-t-il sans risque ? C'est tout l'enjeu de ce petit roman de 150 pages qui est diablement tentant !

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(La seule et unique acquisition de Nelfe)

- Les Larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Typiquement le genre de livre qui plait à ma douce : une héroïne au bout du rouleau abandonnée de tous, l'arrivée dans une communauté de réprouvés et l'entraide qui finit par s'installer mais ne garantit pas d'atteindre sans risque la stabilité et pourquoi pas le bonheur... Vu le sourire que Nelfe arborait en trouvant ce livre, je pense que ça va être une très chouette lecture pour elle.

C'en est fini de cet état des lieux qui fait la part belle aux livres espérés, aux valeurs sûres mais aussi aux découvertes intéressantes qui restent à confirmer. Les petits nouveaux vont donc aller rejoindre leurs compagnons de PAL dès maintenant et attendront sagement (et plus ou moins longtemps...) qu'on vienne les chercher pour les dévorer. Ce qui est sûr, c'est qu'ils finiront tous par être chroniqués !

mercredi 11 juillet 2018

Puces de Doëlan 2018 (29)

Comme chaque année, fin juin, se tenaient les Puces de Doëlan. Petit port typique sur la commune de Clohars-Carnoët dans le Finistère Sud que j'aime particulièrement, j'adore m'y promener à n'importe quel moment de l'année. Printemps, été, automne, hiver, à chaque saison son charme. La côte est magnifique et je ne m'en lasse pas. C'est donc tout naturellement que ce rendez-vous est inscrit dans notre agenda longtemps à l'avance.

Puces de Doelan 2018 7

Toute la journée, on flâne à travers les étals dans ce cadre enchanteur. Allier notre amour de la chine, des découvertes livresques avec celui de la Bretagne, nous sommes aux anges. Et quand le soleil est aussi de la partie (comme à chaque édition), touristes et locaux sont contents et en prennent plein les yeux.

Puces de Doelan 2018 5

Avec 120 exposants, il y a de quoi faire. Très peu d'étals pro, c'est vraiment le vide-grenier authentique qui permet de faire de bonnes affaires et l'ambiance familiale où on discute très facilement et échange sur nos passions (notamment littéraire, vous commencez à nous connaître) est très agréable.

Puces de Doelan 2018 6

Plutôt qu'un long discours, je vous laisse profiter du cadre et de l'ambiance encore un peu avant de vous présenter les petits nouveaux qui ont rejoint notre bibliothèque. Si vous n'en avez pas assez, vous retrouverez des informations supplémentaires sur le coin et d'autres photos sur les billets des années précédentes et .

Puces de Doelan 2018 8

Puces de Doelan 2018 4

Puces de Doelan 2018 3

Puces de Doelan 2018 2

Alors, alors ! Qu'est-ce qui a attiré notre attention cette année dans les bacs ? Des bouquins bien sûr ! Oh, quelle surprise ! Mais aussi une petite gourmandise découverte en fin de parcours (victime de son succès, j'ai été obligée d'être raisonnable).

Acquisitions 2

Comme d'habitude, j'ai été plus sélective que Mr K (il faut dire aussi qu'il a un rythme de lecture de malade). Voici mes acquisitions du jour :

Acquisitions 1

- "Watership down" de Richard Adams. Trop contente de le trouver en état neuf, la précédente lectrice n'ayant pas accroché (il y a encore son marque-page dans l'ouvrage), de mon côté j'en avais beaucoup entendu parler lors de sa traduction et sortie en France en 2016. Je ne m'y attendais pas du tout. Hop, je l'embarque !

- "Surtensions" d'Olivier Norek. Norek est un auteur que bon nombre d'amateurs de thriller aime beaucoup. Pour ma part, ne l'ayant encore jamais lu, c'est l'occasion de le découvrir.

- Et la lichouserie, comme on dit en Bretagne du côté de Quimper : de la confiture maison de cassis. Miam !

Et côté Mr K ? Une sélection éclectique :

Acquisitions 5

- "La Clé de l'abîme" de José Carlos Somoza. Un Actes Sud, il passe rarement à côté. Avec déjà un ouvrage de l'auteur, "La Caverne des idées", dans sa PAL, c'est ici la passe de 2.

- "L'Ecole des chats" de Kim Jin-Kyeon. On avait déjà acquis la suite il y a quelques temps, sans savoir qu'il s'agissait d'une saga. Surprise de tomber sur cette première intégrale. C'est bon, maintenant on a tout !

Acquisitions 4

- "Une Balle dans la tête" de Dan Simmons. Inconditionnel de l'auteur, forcément, un ouvrage non lu se retrouve directement dans le sac !

- "Sacré Bleu" de Christopher Moore. Même remarque que pour le roman précédent. Moore est un auteur que Mr K aime beaucoup. Hop, dans le sac !

- "La Triste fin du petit Enfant Huître" de Tim Burton. Madeleine de Proust pur jus !

Acquisitions 3

- "La Quête du Graal" et "Guerre des Gaules" de César. Typiquement le genre de bouquins à côté desquels je passe totalement mais l'historien du couple saute dessus. Enjoy !

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Encore une belle édition dans tous les sens du terme ! De belles choses à se mettre sous les yeux et de bonnes heures de lecture sous la dent ! J'espère que cette petite promenade littéraire et touristique vous aura plus. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot pour nous donner vos impressions, vos conseils sur tel ou tel livre à lire en premier. Ça prolonge le plaisir !