samedi 1 mars 2014

Pétage de plombs littéraire de début de vacances

Depuis hier soir, Mr K est en vacances. Remarquant que nous n'avions pas assez de choses à lire à la maison (hum...), il a eu la bonne idée d'aller chez Emmaüs aujourd'hui. Je suis faible, j'ai suivi... Et là, c'est le drame... pour notre PAL!

Roooo bon, ça va, c'est pas comme si c'était tout le temps!!! Je pars me cacher et je vous laisse découvrir le craquage du jour.

Côté BD:

Emmaus

- Les Passagers du vent (Tomes 1 à 5) de François Bourgeon, auteur hautement apprécié de Mr depuis sa lecture de "Les Compagnons du crépuscule". Depuis le temps que cette série lui faisait de l'oeil, il n'allait pas s'en priver vu le prix affiché.
- Monsieur Jean - Les Nuits les plus blanches de Dupuy et Berberian. Un Monsieur Jean ne se refuse pas pour Mr K!
- Légende et réalité de Casque d'or d'Annie Goetzinger. Une dessinatrice déjà dans la bdthèque et très apprécié ici.
- Je m'appelle Jean Cyriaque de Jean-Pierre Dionnet et Jean Solé. Une BD bien barrée datant d'une époque dorée.

Acquisitions Nelfesques:

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- "Bernard" de David Foenkinos parce que j'ai été intrigué par ce roman/nouvelle qui reprend les personnages et la trame de "La Tête de l'emploi" que j'ai lu il y a peu tout en ayant l'air différent. Etrange!
- "La Couleur des sentiments" de Kathryn Stockett que Mr K m'a déniché et que nous voulions lire tous les 2. Future chronique à 4 mains!
- "L'Abandon" de Peter Rock. Là encore, future chronique à 4 mains. Ca m'a l'air bien malsain et éprouvant comme roman...
- "Itinéraire d'un salaud ordinaire" de Didier Daeninckx. Premier Daeninckx pour moi et ici il est question de la seconde guerre mondiale. Je n'ai pas pu résister.
- "Les Vacances d'un sérial killer" de Nadine Monfils. Aaaaah! Depuis le temps que je veux le lire!
- "Le Petit monde du Golem" de Joann Sfar. Parce que j'adore cet homme autant en auteur de BD qu'en roman ou en réalisateur.

Acquisitions de Mr K:

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- "Une Dernière chance pour Rebus" et "Du fond des ténèbres" de Ian Rankin. C'est toujours un plaisir de suivre les enquêtes de Rebus l'écossais. Ces deux là me tendaient leurs petites menottes.
- "L'Armée furieuse" de Fred Vargas. Enfin en poche et d'occas'! Trop la classe!
- "Un Blues de coyote" de Christopher Moore. L'occasion m'est enfin donné de lire un autre ouvrage de l'auteur du cultissime "L'Agneau".
- "Le Premier cavalier de l'Apocalypse" de John Case. Epidémie virale, complot, sciences, sectes, prophétie, Apocalypse... Il ne m'en fallait pas plus pour acquérir ce volume.

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- "Les Conseils de Tonton DSK" de Plantu parce qu'un Plantu, ça ne se refuse pas!
- "Le Complot contre l'Amérique" de Philip Roth. Cet auteur m'avait ému aux larmes avec "Un Homme", gageons qu'il me fasse frissonner avec cette uchronie bien sombre.

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- "Les Déferlantes" de Claudie Gallay. Sujet du DNB 2013, auréolé du Grand Prix des Lectrices Elle, de multiples critiques positives m'ont encouragé à tenter l'aventure.
- "Concerto à la mémoire d'un ange" d'Eric-Emmanuel Schmitt. Un ouvrage de l'auteur que je n'avais pas encore lu et comme on l'adore au Capharnaüm, pas question de ne pas lui ouvrir notre bibliothèque.
- "Le Magasin des Suicides" de Jean Teulé. Parce que je ne l'ai toujours pas lu et c'est une honte quand on sait que j'adore Teulé!
- "La Mort du roi Tsongor" et "La Porte des Enfers" de Laurent Gaudé. Car l'écriture de Gaudé, c'est comme le chocolat, ça fond dans la bouche et c'est un bonheur renouvelé à chaque lecture.
- "Baise moi" de Virginie Despentes. Pour le relire, le réapprécier et puis comme tous nos lecteurs fidèles le savent, je suis profondément amoureux de la dame et de son style.
- "J'irai cracher sur vos tombes" de Boris Vian. Depuis des années, on m'en a parlé, je l'ai cherché, je l'ai enfin trouvé! Je vais bientôt avoir mon avis fixé.
- "La Joueuse de go" de Shan Sa. J'aime les jeux, j'aime l'Histoire, à priori ce roman devrait me plaire surtout qu'il a bonne presse.
- "Les Charmes discrets de la vie conjugale" de Douglas Kennedy. Une histoire de passé qui ressurgit, entre les mains de Douglas Kennedy, ça promet de faire des étincelles.

Conclusion: Mr K a explosé sa PAL qui était déjà fort bien remplie. Quant à la mienne, son sort n'est pas enviable.
Bon ben je crois que vous avez là les principales occupations de nos prochains mois!!!
Et encore... On s'est retenu...


vendredi 21 février 2014

"La tête de l'emploi" de David Foenkinos

latetedelemploiL'histoire: A 50 ans, Bernard se voyait bien parti pour mener la même vie tranquille jusqu'à la fin de ses jours. Mais parfois l'existence réserve des surprises... De catastrophe en loi des séries, l'effet domino peut balayer en un clin d oeil le château de cartes de nos certitudes. Et le moins que l'on puisse dire est que cet homme ordinaire, sympathique au demeurant, n'était pas armé pour affronter ce qui l'attendait.
Buster Keaton post-moderne, il va devoir traverser ce roman drôle et mélancolique pour tenter de retrouver sa place dans un monde en crise.

La critique Nelfesque: Vous avez dû remarquer, en lecteurs éclairés que vous êtes, l'omniprésence de Mr K ces derniers temps dans la rubrique Des mots sous nos yeux. Et oui, cela fait des semaines que je n'ai pas mis le nez dans un roman. "Mais whyyyyyyy!?" me diriez-vous interloqués et bilingues. Pas l'envie principalement, la tête ailleurs aussi beaucoup. C'est donc avec Foenkinos et sa dernière parution en librairie que j'ai décidé que ce jeûne de lecture était terminé. Oui, je reviens! Youpi!

Mercredi soir, je me pose devant ma PAL et je me dis "Bon ça suffit les c********! Tu as de tous les styles là dedans, tu vas te trouver un roman qui va te redonner le goût de la lecture!". C'est ainsi que je me suis retrouvée avec "La tête de l'emploi" entre les mains. La quatrième de couverture m'a fait de l'oeil. Un roman contemporain, frais, tragique et drôle. C'est ça qu'il me faut! Je m'installe dans mon lit, j'ouvre la première page et..... je le lis d'une traite! C'est ce qui s'appelle un retour en force!

Voici l'extrait qui a fini de me convaincre :
"Le "Bernard" impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n'a pas peur de taper dans le dos d'un Bernard. Je pourrais me réjouir de porter un prénom qui est une véritable propagande pour se faire des amis. Mais non. Avec le temps, j'ai saisi la dimension sournoise de mon prénom : il contient la possibilité du précipice. Oui, j'ai toujours senti le compte à rebours de l'échec, dans cette identité qui est la mienne. Il y a des prénoms qui sont comme la bande-annonce de leur destin. A la limite Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, il était certain que je n'allais pas révolutionner l'humanité."

Pour l'avoir lu en une seule cession, vous ne serez pas surpris si je vous dis que j'ai aimé ce roman. A l'image de l'extrait cité plus haut, le ton est détaché et ironique. Jamais à un seul instant, Bernard, le personnage principal, ne se prend au sérieux ou ne s'apitoie sur son sort. Il a pourtant des raisons de sombrer! A la cinquantaine, sa femme le quitte, au boulot c'est loin d'être rose et il retourne vivre chez ses parents vieillissants et intransigeants. Là où certains trouvent qu'à 50 ans si on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie, celle de Bernard n'est pas des plus envieuses. Mais c'est la vie...

Bernard est un gars lambda. Des Bernard il y en a plein. Un jour, la roue se grippe, plus rien ne va et c'est la descente aux enfers. On est à la fois peiné, fasciné et amusé par le destin tragique de Bernard qui pourrait être notre voisin, notre ami, notre épicier ou parfois même nous-même. J'ai retrouvé pas mal de traits de caractère similaires dans le personnage de Bernard ou de ceux de ses parents dans quelques uns de mes proches. Je ne donnerai pas de nom, je ne veux pas me fâcher! Toujours est-il que lors de ma lecture j'ai pouffé à maintes reprises de part les situations présentées et les liens que j'ai pu faire.

La relation parents / enfant que Bernard entretient avec les siens est particulièrement bien réussie. Ces parents octogénaires vivent une vie de vieux. Perruches inséparables, ils ne peuvent pas aller aux toilettes l'un sans l'autre, ils vivent les pieds collés à leurs patins et se réjouissent de regarder "Questions pour un champion". Oui c'est cliché à mort mais présenté à la Foenkinos c'est très drôle. Bernard, par sa situation, va venir tout bousculer dans leur quotidien et leurs réflexions et inquiétudes sont à mourir de rire. Pourtant Bernard est du genre discret et arrangeant mais ses parents sont ce qu'ils sont. Bernard est à leurs yeux toujours leur petit garçon et ce dernier va devoir régresser pour pouvoir rester chez papa maman un petit temps et ne pas finir sous les ponts.

Car là est tout le côté dramatique de "La tête de l'emploi". Derrière les situations tragi-comiques des relations intergénérationnelles et les réflexions empreintes de second degré de Bernard se joue un véritable drame. En quelques jours, la vie d'un homme peut basculer du tout au tout. Lundi, il est marié, heureux, avec une fille qui part faire un stage au Brésil. Mardi sa femme veut faire une pause. Mercredi il part vivre à l'hôtel. Jeudi il perd son boulot. Vendredi il n'a plus d'amis... Une série d'évènement qui pousse bon nombre de personnes au suicide laissant l'entourage dans l'incompréhension.

En tant que lecteur, on a envie que Bernard s'en sorte. Certes il n'est pas tout rose et "paye ses erreurs" mais personne ne mérite ce type de vie. On a envie qu'il envoie tout péter, qu'il reprenne le contrôle de sa vie, qu'il trouve un nouveau boulot et qu'il soit heureux. Foenkinos a raison, "le "Bernard" impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate". Son Bernard en tout cas pousse à l'empathie. Une vraie réussite que ce roman qui porte bien son nom et qui pour moi à rempli son contrat: me faire passer un bon moment. Je vous le conseille!

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vendredi 21 octobre 2011

"Les souvenirs" de David Foenkinos

souvenirsL'histoire: "Je voulais dire à mon grand-père que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là."

La critique Nelfesque: J'avais lu il y a quelques années "Le Potentiel érotique de ma femme"  du même auteur. J'avais vraiment apprécié cette lecture et ce dernier roman, avec son thème qui me touche, est l'occasion de retenter l'expérience.

"Les souvenirs" est un roman sur la vie, dans tout ce qu'elle a de plus simple, de plus beau, mais aussi de plus douloureux. Rien de palpitant dans ce roman, pas de sensationnel ni d'inoubliable mais une lecture très agréable et l'écriture de Foenkinos qui sait aller directement au coeur.

Dans "Les Souvenirs", l'auteur met sans doute beaucoup de lui même, cela se sent à la lecture. Il nous raconte sa vie, ses amours au sens large qui va de l'Amour avec un grand A à l'amour que l'on peut ressentir pour ses amis et ses proches, avec beaucoup de délicatesse et de pudeur. Les souvenirs de l'auteur mais aussi ceux de personnages plus ou moins célèbres, toujours en lien avec la trame principale, nous sont présentés sans ostentation.

Ce roman laisse une sensation étrange à chaque fois que l'on le repose. Une mélancolie envahit le lecteur et on ne peut qu'être touché à l'évocation de certaines scènes dont la mort de son grand-père et son incapacité à lui dire son amour. Nous sommes tous, à un moment ou à un autre de nos vies, confrontés à ce genre d'évènements douloureux. Quels souvenir en avons-nous? Je me suis beaucoup retrouvée dans la façon qu'à l'auteur de gérer (ou non) ces moments de vie et les souvenirs qu'il fabrique à sa grand-mère sont touchants et émouvants. Simples et sensibles.

Vous l'aurez compris, cette lecture n'est pas gaie... Dès les premières phrases du roman, le ton est donné: "Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c'était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m'attendre sans bouger." Il y est beaucoup question de la vieillesse et du deuil. J'ai d'ailleurs essuyé quelques larmes (chose rare chez moi) provoquées par l'écriture de l'auteur et ses phrases courtes, simples et percutantes.

Mais rassurez-vous, on ne risque pas non plus le suicide à chaque page. Certes les mots sont durs, les scènes pénibles mais l'auteur laisse, ça et là, trainer des mots d'usage familier qui dérident les situations. Comme dans cet extrait qui m'a marqué: "Dans la chambre, face à son corps, une image m'a saisi: la mouche. Une mouche posée sur son visage. C'était donc ça la mort. Quand les mouches se posent  sur nous et qu'on ne peut plus les chasser. C'est cette vision qui m'a été le plus pénible. Son immobilité agressée par cette grosse conne de mouche. Depuis, j'écrase toutes les mouches."

David Foenkinos nous offre ici une oeuvre sensible et délicate sur des thèmes qui nous touchent. La vie, la mort, la vieillesse, l'amour... rien de bien compliqué, rien de phénoménal... juste des sentiments humains et des souvenirs qui font nos vies.

Posté par Nelfe à 14:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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