vendredi 5 février 2016

Premier craquage de PAL 2016 !

Vous l'attendiez avec impatience, le voici le voila... Roulement de tambour... Le premier craquage de 2016!

Lieu du crime: notre Emmaüs adoré bien évidemment! Dans le rôle principal, votre obligé qui une fois de plus n'a pas su résister à ses pulsions primales en digne toxico littéraire qu'il est et Nelfe en second couteau qui pour le coup est aussi tombée sur de belles petites perles! Mais que voulez-vous, on ne se refait pas... C'est bon la Honte! Voyez plutôt.

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Oui, je le conçois aisément, ça fait peur... du moins pour ceux qui ne nous connaissent pas encore beaucoup. Nos fervents lecteurs eux ont depuis longtemps abandonné toute idée de mesure et de raison quand il s'agit de nos acquisitions. On aime chiner et le chinage nous le rend bien. Une fois de plus le hasard a mis sur notre chemin des titres soit recherchés, soit accrocheurs et le tout pour 30 euros (et ouais quand même!). Ayant définitivement laissé de côté l'idée de baisser ma PAL personnelle (qui stagne autour de 200 titres environ), c'est avec un plaisir immense que je rentrais le sourire aux lèvres (avec un peu de bave aussi... accro je vous dis!). Suivez le guide (et une petite incartade de Nelfe en fin d'article), voici les nouveaux qui rejoignent leurs petits camarades!

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On commence très fort avec cinq titres des éditions Actes Sud à 1 euro pièce! Si si, vous avez bien lu et à ce prix là ils sont lisibles et en théorie possèdent encore toutes leurs pages! Miam miam!

- Le Jour des morts de Cees Nooteboom. Un roman faisant la part belle au deuil et la renaissance par la redécouverte de l'amour, entre temps qui passe et mélancolie. La quatrième de couverture est envoûtante à souhait, gageons que ce sera une belle lecture.

- Un Lieu sûr de Barbara Gowdy. Un roman à priori détonant où les éléphants tiennent le premier rôle pour un texte relevant selon certains du défi littéraire! De quoi intriguer d'autant plus que l'esprit de l'oeuvre flirte avec Kipling et Tolkien. Impossible de ne pas tenter le coup! Affaire à suivre!

- Le Reste est silence de Carla Guelfenbein. Chronique familiale sombre où un repas de mariage va dynamiter la cellule familiale révélant des fêlures jusque là bien dissimulées derrière les apparences. J'ai pensé au film Festen en lisant la quatrième de couverture et j'espère qu'on s'en approchera dans le choc des émotions.

- Des Phrases courtes, ma chérie de Pierrette Fleutiaux. J'aime beaucoup les romans qui traitent de la vieillesse et notamment de la perte d'autonomie. On tombe souvent sur des oeuvres crépusculaires où l'angoisse du temps qui passe met en exergue des émotions puissantes et pures. Il est ici question de la maison de retraite, des visites que l'on reçoit et des rapports familiaux qui se transforment. Sans doute pas la plus gaie de mes acquisitions mais la promesse d'une lecture marquante.

- L'Ampleur du saccage de Kaoutar Harchi. Un roman coup de poing autour de la notion de culpabilité ou encore, la rencontre improbable de Crime et Châtiment de Dostoïevski avec la culture maghrébine. Pour le coup, c'est quitte ou double. Qui lira, jugera!

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On continue dans les brochés avec trois ouvrages très différents au charme certain!

- Tekrock de Roland C. Wagner. Un auteur que j'aime beaucoup et qui nous a quitté trop tôt. Il s'agit d'un volume de sa relecture des Mystères de Paris d'Eugène Sue (grand feuilletoniste du XIXème siècle) mettant un enquêteur aux capacités très spéciales dans un futur devenu fou. SF, humour, policier sont au RDV!

- En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth Ozeki. Un mystérieux journal intime emporté par un tsunami, une ado mal dans sa peau, une aïeule zen de 104 ans, un kamikaze japonais amateur de poésie, un suicidaire obsédé par le modus operandi parfait pour mettre fin à ses jours, imaginaire et réalité qui se mêlent... Ça sent le bon roman japonais à la Murakami comme je les aime! J'ai très hâte de m'y mettre!

- Yujin et Yujin de Lee Geumyi. Il s'agit d'un roman jeunesse coréen suivant deux jeunes filles portant le même nom et partageant un lourd secret. J'avais adoré Les Petits pains de la pleine lune de Gu Byeong-Mo dans la même collection et de la même origine. J'y retourne donc confiant avec cette chronique adolescente dans un pays méconnu en Occident.

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Cinq livres dont les couvertures sont les plus belles de mes trouvailles du jour selon Nelfe. C'est elle la photographe du couple, y'a pas à tortiller, elle seule réalise les clichés des posts dédiés aux acquisitions. Et puis, vous ne la connaissez pas, il ne faut pas la contrarier... Aie aie, pas taper!

 - La Tour d'ivoire de Henry James. Voila un livre considéré comme un classique outre-Manche et outre-Atlantique et que l'on retrouve évoqué dans nombre de romans que j'ai pu lire. Il s'agit une fois de plus d'une histoire de famille avec le retour au pays du fils prodigue qui ne se reconnaît plus dans les valeurs de sa patrie d'origine et qui va se heurter à des manigances cyniques de la part de vieux amis... Sacré programme en perspective!

- Du Miel pour les ours d'Anthony Burgess. C'est l'achat foldingue de ce craquage! On suit ici les aventures burlesques d'un couple occidental en voyage d'affaire en URSS: quiproquos, situations absurdes et humour déjantés sont annoncés en quatrième de couverture. Je suis bien curieux de lire ça! Cet ouvrage devrait sortir assez vite de ma PAL.

- L'Attentat de Harry Mulisch. Cinq épisodes de la vie d'un homme depuis un événement fondateur qui fait s'effondrer son univers: un attentat contre l'occupant allemand devant sa porte et le massacre de sa famille en représailles. À priori une très belle plume pour une histoire bouleversante.

- Le Pousse-pousse de Lao She. Petit voyage en Chine avant l'arrivée du timonier Mao en suivant le parcours chaotique d'un chinois lambda avec en fond une vision saisissante du petit peuple de Pékin et de ses us et coutumes. Un livre précédé d'une belle réputation sur lequel je fonde de beaux espoirs. Wait and see!

- Le Secret de la chambre jaune de Kafû et Akutagawa. Le Japon encore et toujours avec cette fois ci, deux courts textes érotiques présentés comme perturbants et sentant le souffre. Censurés lors de leur sortie dans les années 20 et vendus sous le manteau, c'est une raison supplémentaire pour tenter l'expérience. 

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Un petit ensemble désordonné pour continuer l'exposition des nouveaux adoptés:

- D'un bord à l'autre d'Armistead Maupin. Il s'agit de l'épisode 5 des Chroniques de San Francisco dont j'ai lu les trois premiers tomes il y a bien longtemps et dont je recherche les volumes manquants pour les lire d'une traite lors d'un été à venir. Que de bons souvenirs avec cette saga hors norme où personnages borderline et langue subtile capturent si bien une époque et un mode de vie! 

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée une fois de plus pour cet auteur que j'affectionne beaucoup, on suit les pérégrinations d'un pauvre hère entre aventures picaresques et surréalisme. Du Vian à la sauce italienne à priori, tout pour plaire donc!

- Le Neveu d'Amérique de Luis Sepulveda. Impossible de résister à cet auteur qui à chaque fois me charme par ses écrits entre naturalisme et prise de conscience écologique et humaniste. Ce titre est plus autobiographique nous contant une vie d'errances, de rêves et d'engagement.

- Les Lois de la gravité de Jean Teulé. Idem pour Teulé que j'adore, je tombai sur ce livre que je n'ai pas lu de lui. Et hop! Dans mon escarcelle! Tiré d'un fait divers réel, retour sur une femme meurtrière qui veut dénoncer son crime avant la prescription de celui-ci. À la fois intrigant et faisant écho au cas Jacqueline Sauvage tout juste graciée par notre Président.

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3 romans placés de près ou de loin sous le signe d'histoires qui rencontrent l'Histoire:

- J'ai épousé un communiste de Philip Roth. Roth est un grand auteur américain comme je les aime qui s'attarde ici sur la période sombre du maccarthysme et sa chasse aux sorcières. À travers le destin tragique d'Ira, ce roman rend justice à ces individus détruits par les événements qui ébranlent la trame même de nos existences. Tout cela sent le complot et les trahisons dans les cercles les plus intimes... J'aime déjà!

- Le Chemin des âmes de Joseph Boyden. C'est l'histoire d'un retour au pays suite à l'armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale d'un soldat amérindien, le portrait d'un homme brisé par le conflit qui va devoir recoller à la réalité et réapprendre à vivre le temps d'un voyage en canoë de trois jours en compagnie de sa tante. Je m'attends à de l'intimisme et à un texte forçant l'empathie, je vais préparer ma boîte à mouchoirs!

- Un Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras. D'inspiration autobiographique, ce roman raconte l'histoire d'une famille de colons français en Indochine, une veuve devant s'occuper de ses deux enfants et lutter contre la fatalité qui semble s'abattre sur elle et les siens de manière régulière. J'avais adoré L'Amant du même auteur, j'ai hâte de pouvoir lire celui-ci qui s'y apparente clairement dans le contenu et la forme.

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Enfin pour terminer, 3 ouvrages de SF prometteurs:

- Hôpital nord de Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin. Un livre à la quatrième de couverture bien étrange où l'hôpital décrit semble être le dernier endroit où il faut se rendre même en cas de nécessité absolue: expériences glauques, disparitions inquiétantes, cauchemars éveillés... J'ai pensé immédiatement à une série géniale initiée par Lars Von Trier lui-même. Je n'ai pas hésité plus d'une demi-seconde! 

- Stardust de Neil Gaiman. Un récit de fantasy d'un auteur que j'ai appris à connaître et à apprécier au fil des oeuvres lues. Le monde des hommes côtoie depuis des lustres celui des fées. Une fois tous les neuf ans, ces deux univers peuvent se rencontrer lors d'une foire. Cette fois-ci, tout ne va pas se passer comme prévu... Pitch classique, je compte sur Gaiman pour y apporter un éclairage et un style novateur.

- Le Fils de l'Homme de Robert Silverberg. Encore un auteur que j'adore et qui présente ici un livre à la quatrième de couverture très mystérieuse entre renaissance et découverte de soi par un homme anonyme dans un monde inconnu. Ça a tout l'air de proposer une expérience hors du commun!

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L'incartade de Nelfe : Regardez comme j'ai été raisonnable en comparaison avec Mr K... Hum... Je dois avouer que ma PAL fait aussi très peur et que de mon côté j'ai décidé de rester dans la mesure. Oui, je sais, c'est moche. La folie ça a du panache, la raison, c'est fade, mais que voulez-vous, c'est ça ou je dois aménager le sous sol de notre maison pour y faire rentrer tous nos livres alors on fait ce qu'on peut ! Bref ! Voici mes 4 petits nouveaux :

- Wilt 2, Comment se débarrasser d'un crocodile, de terroristes et d'une jeune fille au pair de Tom Sharpe parce que j'ai lu il y a peu le premier tome et que je me suis bien amusée. Ma belle-mère venait de me prêter celui-ci mais comme je souhaite me faire la saga dans son ensemble, le voici mien désormais !

- Wisconsin de Mary R. Ellis parce qu'avec moi quand tu mets les mots enfants, alcoolisme, guerre et saga familiale dans une quatrième de couverture c'est jackpot !

- Les Ailes de l'ange de Jenny Wingfield parce qu'avec moi quand tu mets les mots enfants, alcoolisme... Ah non mince ça je l'ai déjà dit ! Parce que les histoires d'enfances brisées, de cruauté et de courage face à l'adversité ça me met la larme à l'oeil et là y a du lourd...

- Les Dépossédés de Ursula Le Guin parce que ce titre là me disait quelque chose mais en fait je me suis trompée, il s'agissait du roman du même nom de Steve Sem-Sandberg. Dans ce dernier il est question de seconde guerre mondiale et du ghetto de Varsovie... Je crois que j'étais bourrée lors de cette virée à Emmaüs pour le confondre avec un roman SF. On ne se moque pas ! C'est pas grave, il a l'air bien quand même et puis au pire, il atterrira un jour dans la PAL de Mr K (comment ça, c'est de la triche !?)

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Au final, PAL explosée doublée d'une satisfaction sans borne d'avoir laissé libre court à mon instinct consumériste de base en manière littéraire. Une Nelfe ravie de ses trouvailles. À vous de continuer à nous suivre dans les mois (et années!) à venir pour recueillir nos avis aussi variés qu'éclairés!


mardi 20 octobre 2015

"Ring" De Koji Suzuki

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L'histoire: Kazayuki Asakawa déglutit, les yeux rivés sur l'écran de télévision. Au fond de lui-même, il sait que c'est vrai, que ce n'est ni une plaisanterie, ni une menace en l'air. Il sait que les quatre adolescents, dont sa propre nièce, qui ont regardé ensemble la cassette vidéo avant lui sont morts. Juste au même moment. S'il veut survivre, il lui faut comprendre d'où vient cette cassette, le sens de ces images énigmatiques et inquiétantes, de cette malédiction absurde. Et il ne lui reste plus que sept jours. Même moins de sept jours ! Et pas la moindre piste...

La critique de Mr K: Les films qui m'ont vraiment effrayé lors d'une séance cinoche se comptent sur les doigts d'une main. Ring de Hideo Nakata fait partie de ceux là avec une séance à haute tension vécue à sa sortie au MK2 Hautefeuille lors de ma période parisienne. Un grand grand flip, une peur viscérale et persistante durant deux semaines. J'ai appris par la suite qu'il était le premier tome d'une trilogie littéraire nippone qui a connu un succès monstre (hé hé!) au pays du soleil levant. Puis le temps a passé, seules restent les pensées (et de très mauvais remakes US) et dans ma PAL toujours rien! Jusqu'au jour pas si lointain où le présent volume s'offrait à ma vue! Vision sublime, réflexe pavlovien et hop! Acquisition directe!

Pour les amateurs du film, attendez vous à être légèrement surpris. Autant Nakata en avait fait une œuvre très intimiste et féministe par moment, autant ici, dans l'ouvrage de Koji Suzuki, c'est l'oncle d'une des victimes de la K7 maudite qui enquête. Journaliste en disgrâce suite à un reportage manqué, il fait le rapprochement par hasard entre la mort de sa nièce et celle mystérieuse d'un jeune couple dans une voiture abandonnée au bord de la route. Véritable thriller à la mode page-turner, on suit son enquête qui le mène dans un chalet de vacances où il va visionner un étrange film aux vertus quelques peu mortifères! Eh oui, on meurt de peur littéralement, une semaine pile poil après son visionnage! Le compte à rebours s'amorce et impitoyablement les jours se suivent vers le jour fatidique. Le rythme s'accélère, les révélations fourmillent et la fin… hé hé, la fin…

Je ne suis pas forcément amateur de lectures faisant suite à un visionnage cinématographique mais je dois avouer qu'avec ce récit je vais réviser mon jugement. On appréhende bien le processus d'adaptation et bien que la trame principale soit respectée (la K7, la malédiction, le personnage de Sadako), on est surpris par certains aspects de l'histoire et la vision masculine apporte un angle différent et non dénué d'intérêt. L'amitié qui lie le héros et son professeur de fac décalé est touchante, anime le récit et lui donne une vigueur supérieure au film au détriment peut-être d'une sensibilité plus exacerbée dans le métrage et par là poignante. Les morts, quelques lieux, divergent aussi et l'on tourne beaucoup en rond avant d'approcher la vérité qui s'écarte quelque peu aussi du film. Le personnage de Sadako reste aussi effrayant que dans le métrage mais en plus humain ce qui la rend encore plus tragique et cruelle en même temps.

En filigrane, c'est une vision du Japon contemporain et agité, mêlée d'influences plus traditionnelles qui s'offre à nous. Les âmes esseulées se croisent, la technologie est présente au moindre recoin (la première piste est d'ailleurs assez ambiguë et joue sur cet aspect de la société japonaise). Mais il y a aussi le poids des traditions, le machisme ambiant, la rancune accumulée, les esprits non morts et leur errance, le don surnaturel et la sorcellerie qui rentrent en jeu. Un ouvrage très complet et multiforme qui trouve son unité dans son sens aigu du récit et du rythme.

Comme dit lors de ma critique du recueil de nouvelles Dark water du même auteur, ne cherchez pas ici un ouvrage typiquement japonais. On nage dans le style thriller à l'américaine avec un savant dosage de suspens et de révélations mais une écriture plus commune et finalement proche d'auteurs occidentaux. Point de fantaisie, de digressions trop intimistes ou d'images filées mais un roman efficace et diablement mené qui procure attentes et espérances bien mesurées. Pas de peur mais une certaine appréhension, notamment un crescendo bien prenant dans les 20 derniers pages où malédiction et résolution se mêlent pour un final vraiment tendu. Lu dans le noir avec une lampe frontale, le livre procure son petit effet tout de même. Un gage de réussite et d'accomplissement que je vous conseille d'appréhender à votre tour si vous en avez le courage!

lundi 6 avril 2015

"Le Survivant" de James Herbert

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L'histoire: Un boeing 747 qui s'écrase près d'Eton: l'une des plus effroyables catastrophes de l'histoire de l'aviation. 332 morts et un seul survivant. On avait enterré les morts, et les vivants essayaient d'oublier. Seul un homme s'obstinait : Keller, jailli des flammes de l'avion, poussé par des forces invisibles, cherchant à comprendre pourquoi, lui, avait échappé à l'accident. Le jour de vérité approchait, une vérité insupportable pour les innocents habitants d'Eton. Une vérité à laquelle Keller se refusait à croire…

La critique de Mr K: James Herbert est pour moi le genre d'auteur qui nous procure de petits plaisirs coupables efficaces, un écrivain vers lequel on revient régulièrement pour retrouver quelques sensations fortes et des intrigues à la fois classiques et glaçantes dans leur déroulement. Ce volume n'a pas dérogé à la règle et m'a tenu en haleine de bout en bout.

Keller a survécu à l'impensable! Pensez donc, un crash aérien juste après le décollage de son avion (il en était le copilote)! Tout le monde est mort sauf lui! Rajoutez là-dessus qu'il a perdu la mémoire et qu'il lui est impossible de savoir pourquoi il s'en est sorti, et vous obtenez un être humain complètement largué qui cherche à obtenir des réponses. Les semaines se passent et il commence à avoir des flashs, à entendre des murmures et, en ville, les morts violentes et inexplicables s'accumulent... Bizarre, vous avez dit bizarre? Vous êtes encore bien loin de la vérité.

Elle est bien longue à se dessiner d'ailleurs entre les chapitres mettant en scène le héros à la recherche d'éclaircissements sur les causes du drame et ceux suivant très ponctuellement le destin fatal de quelques habitants d'Eton, victimes d'une mystérieuse entité. En effet, très vite on se rend compte que derrière le thriller plutôt classique se cache une intervention surnaturelle même si cette fois ci elle est légèrement différente de ce que l'on lit / voit d'habitude. Un bon point pour Herbert qui sème les fausses pistes pour mieux nous égarer dans des supputations sans fin. Bien malin serait celui qui devine les tenants et les aboutissants avant les derniers chapitres de ce volume.

On retrouve la finesse de caractérisation des personnages propre à Herbert qui fait dans le court et le concis, tout en efficacité et en retrait des stéréotypes. Ces personnages sont emplis de fêlures et cachent des zones d'ombre parfois peu enviables, parfois plus surprenantes. Les effets de surprises sont donc assez nombreux tout au long du récit qui se révèle tortueux et parfois très cruel envers ses protagonistes. Keller est vraiment attachant par exemple, il passe par tous les états en l'espace de quelques jours (sauf le grand bonheur extatique bien évidemment) et rien ne semble lui être épargné. Surtout qu'il doit composer avec une ville aux abois, des médias intrusifs et de nébuleuses forces qui le dépassent. Étrange atmosphère aux senteurs de fin du monde où même les dépositaires des forces divines ne peuvent rien faire (terrifiante scène dans une Église).

Difficile donc de relâcher ce livre tant l'histoire est addictive et les pages se tournent toutes seules. Moins gore qu'à son habitude, Herbert fait plus dans la terreur psychologique et les effets d'épouvantes à l'ancienne ce qui n'est pas plus mal et crédibilise davantage une histoire qui devient de plus en plus tourmentée et effrayante. Une bien belle expérience délicieusement horrible que tout amateur du genre se doit de lire.

Oeuvres déjà chroniquées du même auteur:
-Le Sombre
-Pierre de Lune
-La Lance

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samedi 21 mars 2015

Le printemps dans nos PAL

Alors que certains sont en train de craquer leurs slips au Salon du Livre qui se tient en ce moment sur Paris, de notre côté, on fait la part belle aux secondes mains. Vous savez comment on est, depuis le temps que vous nous connaissez maintenant, quand on est devant des petits orphelins en attente de nouveaux parents, nous ne savons pas dire non !

Les acquisitions Nelfesques :

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- Revue XXI : Une revue toujours très intéressante avec des sujets de fond, c'est toujours bon à prendre. Surtout quand on la dégote à 1€ (pour info, c'est 15€ dans le commerce). A ce prix là dommage qu'il n'en restait qu'une...
- "Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson : "Quoi !? T'as JAMAIS lu "Millénium" !?" Hey ça va détend toi ! Bien sûr que je l'ai déjà lu. Tu me prends pour une fana de thriller en carton ou quoi ? Seulement voilà, mon tome 1, issu d'un troc est une vilaine édition France Loisir donc hop, on le remplace par la vraie de chez Actes Sud et ainsi les 3 tomes sont tous pareils dans la bibliothèque (comment ça, je suis une maniaque?).
- "Nickel Blues" de Nadine Monfils : Parce que j'ai déjà "Les Vacances d'un serial killer" dans ma PAL et que celui ci m'a l'air complètement déjanté, encore une fois !
- "La Répétition" de Eleanor Catton : Parce que j'ai flashé sur la couv' et que l'histoire est glauque à souhait. Pile le genre d'histoire qui me branche.
- "Purge" de Sofi Oksanen : Parce que ça fait longtemps que j'ai ce roman ci dans ma wish list et que la semaine passée j'ai vu l'adaptation sur Arte (sans savoir que c'était cela à la base sinon j'aurai stoppé le visionnage vu qu'en général je préfère lire les bouquins avant). Cette adaptation m'ayant complètement retournée, il fallait que je lise ce roman au plus vite. La vie est bien faite parfois, il m'est tombé dans les bras !
- "Beach Music" de Pat Conroy : Parce que j'ai adoré "Le Prince des marées" du même auteur et qu'un pavé de plus ne me fait pas peur.
- "Conséquences" de Darren Williams : Parce qu'on se trompe rarement avec un Sonatine.

Même si j'ai déjà une PAL à faire peur, j'ai été plutôt raisonnable et quand on sait que j'en ai eu pour 18€ l'ensemble, ça aurait été dommage de se priver !

Place maintenant à Mr K qui a perdu tout sens commun ...

Les acquisitions de Mr K :

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Côté horreur / fantastique :

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- "Ring" de Koji Suzuki : J'ai adoré l'adaptation d'Hidéo Nakata qui avait réussi à me filer la frousse de ma vie et le recueil de nouvelles "Dark Water" du même auteur m'avait bien plu... Tentation quand tu nous tiens!
- "Otage de la nuit" de Richard Matheson : On ne peut résister à un Matheson! Vous me dites que si? Je vous dis que non! Surtout que l'histoire de celui-ci mêlant couple à la dérive et femme fatale fantomatique semble réserver de belles surprises.
- "La Boucle" de Koji Suzuki : Tentation again avec mister Suzuki qui revient cette fois-ci avec une histoire de virus très très contagieux!

Côté policier :

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- "Les Orpailleurs" de Thierry Jonquet : Je ne l'ai pas lu celui-là, Thierry Jonquet ne m'a jamais déçu et ce volume a de très bonnes critiques. J'ai déjà hâte de le lire!
- "L'Epée de Darwin" de Dan Simmons : Ca fait un p'tit bout de temps que je n'ai pas fréquenté cet auteur. L'occasion fait le larron et cette histoire d'accident qui ne semble pas en être vraiment un est intrigante... Wait and see.
- "Le Jardin des pendus" de Ian Rankin : LE Rankin que je cherchais pour pouvoir ensuite enchaîner sur trois autres de la série mettant en scène l'innénarrable inspecteur Rébus! O joie!
- "La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond" de Serge Brussolo : Pour le titre complètement décalé, pour cette histoire de métro englouti où auraient survécus des rescapés, pour Brussolo enfin qui m'a souvent fait chavirer par son imagination si fertile.

Côté SF :

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- "Arche" de Stephen Baxter : Une histoire classique de fin du monde avec aux manette cet auteur que j'ai connu grâce à sa très belle collaboration avec Terry Pratchett. Hâte de voir ce que cela donne en solo.
- "La Face des eaux" de Robert Silverberg : Ben... face à un Silverberg , je ne peux pas résister... no comment!
- "Saison de rouille : hommes sans futur" de Pierre Pelot :  Pierre Pelot est aussi un auteur que j'affectionne et cette histoire d'apocalypse (une de plus me direz-vous) me parait bien thrash dans son développement.
- "American Gods" de Neil Gaiman : Ce sera mon premier livre de cet auteur dont la réputation n'est plus à faire. Couvert de récompenses, cet ouvrage a l'air bien barré et rentre complètement dans mes goûts.

Côté contemporain :

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- "Poulailler" de Carlos Batista : La quatrième de couverture est barrée de chez barrée avec une histoire d'enfant sadique reproduisant son monde déviant au sein d'un poulailler! Bien thrash à priori!
- "Les Anges vagabonds" de Kerouac : Pour retrouver la belle expérience que fut la lecture de Sur la route quand j'étais ado. En plus, la couverture est top!
- "Les Vieilles" de Pascale Gautier : La couverture m'a attiré l'oeil de suite et cette histoire de nouvelle retraitée qui va se confronter aux vieilles habitudes des plus anciens a l'air à la fois touchante et drôle.
- "Insupportable" de Giacomo Sartoni : Un petit livre plein de promesse à classer dans le noir le plus profond et que je lirai très prochainement avec l'histoire d'un jeune homme humilié dans sa vie de tous les jours et qui va réagir de façon extrême.
- "Petite" de Geneviève Brisac : Un coup de poker que cette chronique de l'anorexie à travers les yeux d'une jeune malade. C'est une pathologie qui m'a toujours interpellé, ce sera l'occasion d'en comprendre un peu plus les mécanismes physiques et surtout mentaux.
- "Malevil" de Robert Merle : La mort est mon métier a été un choc lors de sa lecture, j'ai hâte de replonger dans cet auteur avec ce livre traitant de l'apocalypse (again!).
- "Les Domestiques" de Gustavo Bossert : Une histoire étrange de domestiques cinglés squattant de force une maison. Bien branque et en provenance directe d'Amérique du Sud. Je prends!
- "On n'empêche pas un petit coeur d'aimer" de Claire Castillon :  Claire Castillon m'avait bien marqué avec Insecte, recueil de nouvelles bien noires. J'en redemande avec celui-ci qui à l'air tout aussi perché que le premier!
- "Le Monde selon Garp" de John Irving : Livre culte pour beaucoup, je vais tenter l'expérience. Je dois avouer que je ne sais même pas à quoi m'attendre!
- "Un Long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot : J'avais vraiment aimé le film et certains amis historiens m'en avait dit le plus grand bien. Comme en plus j'adore la littérature traitant de la Première Guerre mondiale, je saute le pas!
- "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson : Nelfe avait dévoré ce roman qui lui avait été prêté par l'ami Franck. Je voulais moi aussi le lire et le prix modique m'a fait basculer du côté obscure de la force!
- "Jeux de maux" de David Lodge : Pour tester cet auteur dont j'ai entendu le plus grand bien, il est question ici du Diable. Raison de plus pour s'y intéresser!
- "Le Violon noir" de Maxence Fermine : J'avais adoré "Neige", il m'était donc impossible de passer à côté de celui-ci qui est aussi très bien côté dans la blogosphère.

Bon j'ai craqué dans les grandes largeurs mais pour seulement 31€... Je suis pardonné, hein?

Je crois que là, on est privé de librairie pendant plusieurs mois !

mardi 6 janvier 2015

Premier craquage de 2015

Sous couvert d'accompagner Nelfe dans la découverte d'un magasin de tissu (le papa Noël lui a offert une machine à coudre dont elle vous parlera dans un futur post), j'avais en fait ourdi un plan lourd de conséquence pour ma PAL. Pourquoi ne pas profiter de la nouvelle année pour aller chiner quelque peu dans des brocantes de la région? Ce qui devait arriver arriva! J'ai une fois de plus cédé à la tentation, Nelfe dans une bien moindre mesure...

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- Étoiles, Garde à vous de Robert A. Heinlein. J'ai adoré le film de Verhoeren Starship Trooper qui est tiré de ce roman, je m'attends à une belle dénonciation de l'autoritarisme militaire. Je suis en plein dedans et je ne suis pas du tout déçu. Chronique à suivre dans le mois (j'en ai dix autres déjà prêtes à poster!).

- Le Survivant de James Herbert. Le pitch est vraiment intrigant avec cet ultime rescapé d'un crash aérien cherchant à savoir pourquoi lui s'en est sorti et pas les autres... J'avais aimé La Trilogie des Rats du même auteur, gageons que celui-ci soit aussi réussi en terme de suspens.

- L'armure de vengeance de Serge Brussolo. Mon amour pour Brussolo n'est plus à prouver, il retourne ici au Moyen-âge avec une étrange armure mue par une volonté propre! Polar, fantastique, le tout mâtiné d'un background médiéval, la recette semble bonne!

- Cette nuit-là de Linwood Barclay. Recommandé par Michaël Connelly lui-même, à priori il s'agit d'un thriller page-turner efficace où il est question de la disparition de la famille d'une jeune fille partie fait le mur pour une soirée. À voir!

- Le Rocher de Tanios d'Amin Maalouf, prix Goncourt 1993 de mémoire. À priori un excellent livre entre aventure et intimisme. J'ai hâte de le lire!

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- La Pentalogie de la Belgariade de David Eddings. À 50 centimes la pièce, difficile de résister surtout qu'il est précédé d'éloges très flatteurs chez tous les amateurs du genre fantasy peu représenté dans ma PAL (bon, on cherche les excuses qu'on peut!). Je pense les amener tous les cinq en Asie du sud-est d'ici peu, on aura une longue escale de 14h à Abu Dhabi sur le retour et des moments de farniente en prévision. À raison de 1kg au total, ça ne pèse pas trop lourd dans les bagages!

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- La Pentalogie de la Mallorée de David Eddings. Vous l'avez compris, il y a un ou une grande fan d'Eddings qui a lâché son stock dans la région. Ce deuxième cycle fait suite à celui précédemment évoqué, vu le prix je décidai de doubler la mise. On est des oufs et on n'a peur de rien!

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- Le DVD de Enter the Voïd de Gaspard Noë. Mon grand regret de 2010 en matière de cinéma: ne pas avoir pu aller le voir! Il parait qu'il est cultissime, j'aime le bonhomme, sa filmographie, sa technique et son esprit frondeur. Visionnage prévu ce vendredi avec Nelfe et mon plus vieil ami. Ca va dépoter!

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- Mémé de Philippe Torreton. Vous vous rappelez? Nelfe m'accompagnait et elle aussi a craqué... Ce livre lui a fait de l'oeil dès sa sortie en librairie, le hasard lui a permis de l'acquérir à prix modique! Elle s'attend à beaucoup pleurer, rassurez-vous je serai là pour la consoler!

Bonne pioche donc que cette expédition de début d'année qui s'est avérée fructueuse en terme d'acquisitions et riche en promesses d'évasion. Y'a plus qu'à!


samedi 27 septembre 2014

"Apparition" de Graham Masterton

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L'histoire: Chargé de restaurer une vieille demeure victorienne, David Williams y est confronté à d'étranges phénomènes: bruits mystérieux, lueurs inexplicables et surtout la présence de Brown Jenkin, un rat d'une taille monstrueuse qui rôde dans le grenier.
Il apprend bientôt que la maison était au siècle dernier un orphelinat et que tous les enfants y sont morts en l'espace de deux semaines. Épidémie? Ou bien les petits pensionnaires ont-ils été enlevés et tués au cours d'un rituel abominable?
Explorant le grenier, il découvre que celui-ci est en fait une porte sur le temps, qui permet de revenir en 1886, date à laquelle les Grands Anciens firent une première tentative pour reprendre le contrôle de notre planète.
Une seconde offensive se prépare...

La critique de Mr K: Lors de ma dernière lecture d'un Masterton (Magie des neiges), j'avais été grandement déçu. J'étais donc parti pour éviter d'en relire malgré un goût prononcé pour le genre épouvante-horreur que je trouve idéal pour se détendre entre deux lectures dites plus conventionnelles... Oui, oui, on est un peu bizarre au Capharnaüm Éclairé. Mais voilà, l'abbé a encore frappé et lors d'un passage innocent sur les lieux du crime pour trouver des éléments de décoration pour notre mariage, je tombai sur le présent volume que me tendit, la bouche en cœur, mon adorée. Crotte, flûte et mort au rat! Les Grands Anciens sont mentionnés et je ne peux que penser au maître du genre, HP Lovecraft qui m'a converti il y a déjà bien 20 ans au genre! Je décidai donc d'adopter ce livre afin de donner une dernière chance à cet auteur. Bien m'en a pris! Même si ce n'est pas un chef d'œuvre, il a rempli son office malgré un démarrage un peu mou du genou.

Sacré David! Dans le genre loser dans la vie il se pose là et ça ne va aller en s'améliorant. Sans le sou depuis son divorce compliqué, avec son fils Danny sur les bras, il se retrouve à devoir rénover une vieille demeure victorienne au passé des plus inquiétants. Grattement, frottement, lumière irréelle, cimetière d'enfants dans le jardin, la panoplie complète de la maison hantée et plus encore! Très vite, on sent bien qu'il se trame quelque chose et croyez moi, on n'est pas au bout de nos surprises!

Il faut bien avouer que les débuts sont tout de même laborieux. D'une extrême lenteur, le récit peine à s'installer d'autant que les personnages s'apparentent à des clichés ambulants notamment les personnages secondaires, au premier rang desquels celui de Liz, une jeune fille charmante comme tombée du ciel et dont la psychologie n'a pas plus d'épaisseur qu'un OCB bleu expert. L'écriture est sympathique mais sans plus et ça manque cruellement de suspens et de concret.

Heureusement l'auteur semble se donner un bon coup de pied au derrière à partir de 150 pages et l'on tombe alors dans une œuvre débridée à souhait où le gore et le mysticisme sombre ont la part belle. Fantômes du passé, voyages dans le temps, créatures innommables lovecraftiennes, cruauté gratuite et thriller psychologique se conjuguent à merveille et l'on comprend que l'auteur en avait gardé sous le coude. Ce mélange de SF, d'horreur et de drame intime forme une belle œuvre qui certes tarde à monter en pression mais se termine dans une pyrotechnie littéraire des plus flamboyantes et rarement descriptions m'auront autant marqué que celle du dernier acte. On tend vraiment vers Lovecraft par moment et j'ai adoré certains passages!

Les talents d'écrivains de Masterton ne sont plus à prouver et j'ai retrouvé l'enthousiasme qui m'accompagnait lors de mes premières lectures de cet écrivain. Mâtiné de références cultes (Poe, Lovecraft, un peu du King par moment), cet ouvrage est une excellent détente neurone, horrifique à souhait et à la chute assez surprenante. Avis aux amateurs!

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- Le Portrait du mal
- Magie des neiges

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jeudi 28 juin 2012

"Le Seigneur de l'Histoire" de Michel Jeury

MJ-LSDH-BL'histoire: Il existe un mystérieux rapport entre le comédien Bruno Gorda et Godrap, le tout-puissant dictateur de l'avenir, qui se fait appeler le Seigneur de l'Histoire. Mais lequel? Bruno Gorda se prépare à tourner L'Enclave des guerriers. Une attaque surprise des agents de Godrap le précipite avec ses mais dans un monde hors du temps. Il se retrouve prisonnier d'une autre «enclave de guerriers», où s'affrontent les soldats d'une impossible Europe. Il a alors la révélation de son identité et le pressentiment de son destin.

Tombé dans un mini-monde parasite, il échappe de justesse à son frère jumeau et à la police de Godrap. Le véritable Seigneur de l'Histoire l'attend au bout de l'aventure pour lui apprendre la vérité sur son univers.

La critique de Mr K: Je vous le dis tout de go, c'est mon premier Michel Jeury et ce sera sans doute mon dernier aussi! Pour nos lecteurs les plus fidèles, vous savez déjà que Nelfe avait chroniqué il y a déjà un petit bout de temps May le monde du même auteur, livre qu'elle avait particulièrement détesté! À mon tour, je me suis frotté à cet écrivain qui a tout de même une assez bonne réputation dans le milieu de la SF. Je reste dubitatif...

Pourtant en lisant le quatrième de couverture chez l'abbé, j'étais plus que chaud pour lire une histoire qui me semblait bien déviante et uchronique à souhait! Mais voilà, c'est pas tout d'avoir un pitch de départ béton, il faut le consolider durant le déroulement du récit, ce qui n'est pas vraiment le cas ici. Rassurez vous, on a les réponses qu'on attend mais elles m'ont paru convenue et à aucun moment je n'ai ressenti le moindre sentiment de surprise ou d'originalité. Au fur et à mesure de ma lecture, un sentiment de déjà-lu et d'ennui ont pointé de concert pour ne pas me lâcher avant la dernière page.

Les différents personnages manquent de relief et se révèlent être plus des caricatures qu'autre chose. J'avais l'impression de lire un patchwork de clichés et de situations récurrentes, et franchement il m'a fallu un sacré effort de volonté pour venir à bout de ce livre. Le plus fou c'est que cette médiocrité de fond se retrouve à mon goût aussi dans l'écriture qui m'a paru plate et dénuée de force évocatrice.

Vous l'avez compris ce livre ne m'a pas plu, m'a énormément déçu et ne va pas remonter l'estime de cet écrivain au Capharnaüm Éclairé.

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dimanche 26 juin 2011

"Le 7ème templier" d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne

7L'histoire: 1307. Le roi Philippe le Bel et le pape Clément V ordonnent l'anéantissement total de l'Ordre du Temple. Mais dans l'ombre des commanderies, sept templiers vont organiser sa survivance par-delà les siècles.

De nos jours, le commissaire franc-maçon Antoine Marcas reçoit l'appel désespéré d'un mystérieux frère, sur le point d'être assassiné, qui lui transmet la piste d'un secret fabuleux: le trésor des templiers.

Au même moment à Saint-Pierre de Rome, le pape s'apprête à bénir la foule quand il est abattu par un tireur d'élite...

La critique de Mr K: C'est ma première incursion dans l'univers d'Antoine Marcas qui revient ici pour la septième fois. J'avais déjà aperçu dans les rayonnages de diverses librairies les ouvrages des deux compères qui "ont donné ses lettres de noblesse au thriller ésotérique français" comme le dit la quatrième de couverture fort avenante et commerciale à souhait. Il m'est avis que le propos est à nuancer... je l'ai lu certes très rapidement, j'ai été pris dans l'histoire mais l'ensemble finalement s'oublie assez rapidement à l'instar d'un Dan Simmons.

Mais je ne vais pas pour autant bouder le plaisir que j'ai pu éprouver. Très rapidement, pour ne pas dire immédiatement, on est plongé au cœur d'un complot qui dépasse les frontières et le temps. On alterne les chapitres se déroulant au début du XIVème siècle et ceux se passant à notre époque. Le médiéviste que je fus a été ravi de se retrouver dans la période historique que j'ai préféré lors de mes études d'Histoire. L'époque est bien rendue et les événements plutôt fidèles aux événements historiques avérés, avec quelques passages romancés pour planter les décors et les personnages. J'ai aussi apprécié le personnage de Marcas, un maçon en plein doute et humaniste mais que finalement on ne voit pas beaucoup. On visite quantité de lieux marquants (notamment une église de Paris à côté de laquelle je suis passé quantité de fois sans jamais y pénétrer) , on révise ses anciens cours d'Histoire (avis aux amateurs). L'ambiance est mystérieuse à souhait et il est vraiment difficile de détacher les yeux du livre sans savoir l'ultime Vérité cachée. Bref, du bon roman à suspens.

Cependant des scories viennent entachées cet ensemble. Certains personnages sont caricaturaux (je pense essentiellement à Gabrielle, femme maçonne intelligente et belle qui finira dans les bras du bel inspecteur -Oups! Spoiler!-) et réagissent parfois de façon illogiques. À la manière d'un James Bond, on se demande si les auteurs n'ont pas un contrat avec certaines entreprises tant les références à certaines marques sont flagrantes: Mac et face de bouc notamment! Certains diront que cela plonge le livre dans notre réalité d'aujourd'hui; perso, je pense que c'est à la mode et que du coup, le duo surfe sur la vague! J'ai trouvé ses détails inutiles et vraiment déplacés. La lecture est encore un des rares domaines où l'on peut éviter un tant soit peu le matraquage publicitaire... De manière générale, le suspens est bien ménagé mais finalement l'aventure se révèle creuse et sans relief. Les motivations des différents protagonistes (à part les templiers) sont esquissées et on tombe dans le manichéisme bête et méchant. L'enquête en elle-même est courte et pas si tordue que ça, un comble pour un quête multi-séculaire (c'est le trésor des templiers dont il s'agit tout de même!).

Pour conclure, je dirais que c'est un excellent roman pour la plage. On passe de bons moments mais son souvenir est loin d'être impérissable. Ne voulant pas m'arrêter à ce premier avis, je pense me procurer un autre livre de la série via troczone, histoire de me fixer définitivement sur ces auteurs.

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vendredi 28 janvier 2011

"Mental" de Kââ

kaaL'histoire: Qui donc joue à quoi avec qui? À la fin, qui veut quoi, pour qui? Ce genre de combines ahurissantes mais enrichissantes dans lesquelles on se retrouve contraint de jouer une partie dont les règles vous échappent, comment s'en dégager?

Évidemment, il y a Karola. Et Karola est un atout. Mais est-ce un atout maître?

Et "Mental", c'est quoi? Un état d'esprit, un zombie ou un fou? Ou encore une jolie zone d'obscurité en de grasses combines, combines bien trop voyantes pour que tout cela dure interminablement.

Mais pendant que ça dure...

La critique de Mr K: Cette critique est toute particulière pour moi car je connaissais l'auteur. Kââ (pseudonyme de Pascal Marignac) était mon professeur de philosophie en Terminale L... était, car ce personnage hors-norme est décédé depuis d'une longue maladie. Grand escogriffe à la rhétorique bien trempée et au charisme propre aux esprits inaccessibles, je savais qu'il avait écrit un certain nombre de polars publiés chez de petites maisons d'édition. C'est mon cher ami Vince qui à l'occaz de mon anniversaire (décidemment, j'ai été gâté!) m'a envoyé ce cadeau par le biais du lutin "Plugu le barbu". Je l'ai lu en deux jours, voici mes impressions...

Mental se lit très vite. Court roman, on suit les aventures abracadabrantesques d'un tueur à gage nommé Cinquante qui est contacté pour exécuter un autre tueur qui aurait fait faux bond à l'organisation qui l'aurait engagé. Derrière tout cela, se cache une sombre histoire de manipulation et un mystérieux convoi qui attise les appétits. On voyage beaucoup entre la Suisse et le Morbihan sud (Belle île, Auray, Quiberon... notre coin quoi!). Le héros lui, enchaîne les verres, les clopes et les bastons... C'est craspec, glauque et souvent truculent à l'image de l'auteur qui clopait à l'occasion dans la salle de classe. On retrouve aussi dans ce livre sa passion pour les armes à feu qu'il décrit ici avec un détail et un amour sans pareil (façon duels à la Sergio Léone, l'arme se révelant être la prolongation d'une pulsion, d'une personnalité). On retrouve aussi son goût pour le gore bien dérangeant et les citations de ses philosophes préférés comme Hegel et Nietzsche.

Cependant, cette lecture ne m'a pas pour autant convaincu. Le langage trivial et direct marche un temps mais finit par lasser, ce qui faisait la virtuosité et le charme d'un maître à penser le fait passer ici pour un vulgaire tâcheron. Il m'est très dur de le juger ainsi mais c'est l'impression générale qui se dégage à la fin de ma lecture. Beaucoup de répétitions de termes comme monstrueux, grotesque que l'on retrouve toutes les trois pages, des incohérences au niveau du scénar (les poursuivants sont vraiment trop cons pour bosser pour une société de cette envergure), des personnages d'origine étrangères qui parlent avec des termes trop pompeux... c'est bancal et finalement, ça atténue et neutralise les qualités suscitées.

Ce livre, il faut le prendre comme une série B (une série Z diraient les esprits chagrins), un petit divertissement sans prétention. Dommage que la forme ne suive pas le fond, que l'écrivain ne rejoigne pas le fabuleux maître à penser qu'il a été pour moi. Reste un regard sans concession sur la nature humaine et des fulgurances à la Lautréamont au détour de quelques pages. A chacun de s'y frotter et de juger!

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lundi 17 janvier 2011

"Simon's cat: une calamité de chat" de Simon Tofield

untitledPour ceux qui nous pratiquent depuis quelques temps, vous savez qu'à la maison nous avons une duchesse nommée Tesfa . Nous vivons chez elle et elle mène une vie de rêve entre croquettes, balades et siestes (record: 20h en une journée! Aaaah la vie de chat, ça fait rêver...)

Amateur de félins depuis longtemps (Nelfe un peu moins mais la conversion n'est plus loin), ma chère et tendre m'a offert le présent volume pour mon anniversaire le mois dernier. Simon's cat, c'est un peu une institution pour les internautes amoureux des chats. Difficile en effet de passer à côté de ces petites séquences animées souvent hilarantes (mélange d'observations scientifiques de la vie de nos tigres de salon et de délires poétiques voir surréalistes par moment -cf. le réveil à coup de batte de baseball).

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J'ai découvert que l'auteur Simon Tofield avait décliné le maître et son affreux matou sous forme de recueil de strips lorsque j'ai ouvert mon cadeau. Une bien belle surprise! On rit beaucoup devant ses situations quotidiennes que tout possesseur de félin connait ou a connu: le chat qui quémande sa nourriture, qui s'allonge sur tout papier ou livre que vous lisez, le chasseur-flemmard, leur curiosité maladive et les conséquences parfois ennuyeuses... De vrais morceaux de vie, saisis par le crayon expert du dessinateur: des dessins simples et un humour ravageur, voila ses crédos. On retrouve l'esprit d'une BD à la Garfield, le chat qui parle en moins. En grand amateur du gros roux, je ne pouvais résister au chat de Simon. Une lecture bien distrayant vers laquelle on retourne régulièrement, histoire d'attraper un sourire (à défaut d'une souris) au passage!

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