mardi 22 janvier 2013

"Cowboys et envahisseurs" de Rosenberg, Van Lente, Foley, Calero et Lima

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L'histoire: Même s'ils nous tuent comme des lâches, nous mourrons en guerrier.
Dans l'Ouest sauvage, cowboys et apaches se mènent une guerre sans merci jusqu'à l'arrivée d'un ennemi encore plus dangereux...
de leur alliance va dépendre la survie de la race humaine.

La critique de Mr K: Une bonne petite BD de série B aujourd'hui avec ce Cowboys et envahisseurs dégoté à prix cassé dans un magasin discount de la région. Pour deux euros, ça ne se refuse pas surtout que finalement, bien que convenue, cette BD se lit avec plaisir et même parfois avec délectation.

Tout est dit en quatrième de couverture: une ambiance western mâtinée de SF. Là où j'aurai pu bloquer, c'est pour le côté western de la chose. A part Sergio Léone, c'est un genre qui me laisse de glace, le trouvant emprisonné dans des codes bien trop prégnants pour surprendre. Puis voir des gars régler leurs affaires à coup de guns, franchement... On n'est plus des bêtes! Ne comptez pas sur moi par exemple pour aller voir le dernier effort de Tarantino par exemple! Ici, très vite l'ambiance saloon et gué-guerre entre blancs et indiens laisse la place à un scénario très improbable et complètement déviant: les extra-terrestre débarquent et ne sont pas vraiment sympathiques, à part une qui tombe sous le charme ténébreux du héros. Mouais...

Le volume se lit très vite car on a affaire à un roman graphique version "actioner" bourrin. J'ai aimé même si je pense bien que le genre peut rebuter. Tout d'abord le prologue est magnifique tant en terme de technique (Calero est un bon!) et de fond. Ainsi les auteurs recontextualisent cette lutte à travers l'accumulation d'exemples pris dans l'histoire. L'homme n'apprenant rien de son passé, le génocide indien est en marche. Là dessus, survient une soucoupe volante d'où sortent d'étranges créatures mues par la soif de conquête (le parallèle est facile à faire) et c'est le début de la résistance. Pour reprendre la formule du personnage de producteur US pour présenter un de ses projets à Odile Deray dans l'Enormissime Cité de la peur de et avec Les Nuls: "First they meet, second they fight and thirst they fuck". Vous l'avez compris cowboys et indiens face à l'adversité vont oublier leurs rancoeurs passées, se faire des bisous et combattre le mal.

PlancheS_29561(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

A partir de là, c'est de l'action tout azimut. La psychologie des personnages est épaisse comme du papier à cigarette (des caricatures de personnages plus qu'autre chose), les rebondissements sont sans surprise mais on se maintient dans le récit surtout grâce à ce décalage permanent que produit ce mix de deux genres bien différents. Ce n'est tout de même pas tous les jours qu'on voit de tels affrontements. Les dessins du récit principal sont moins réussis que le prologue mais suffisent à souligner l'action et la rendre vivante. Une fois refermée, cette BD est presque aussitôt oubliée mais on passe tout de même un bon moment. Un petit plaisir régressif de plus en quelque sorte...