mercredi 2 juillet 2014

"L'Or du bout du monde" de Tamara McKinley

lor-du-bout-du-mondeL'histoire: 1850. Ruby et son mari James - les descendants des pionniers venus tenter leur chance en Australie - doivent eux aussi braver bien des dangers pour conquérir cette terre âpre.
Afin d'assurer leur subsistance, James est tenté par la ruée vers l'or. Il entraîne Ruby dans sa vie aventureuse. Bientôt, la jeune femme découvre qu'elle doit s'allier avec Kumali, une Aborigène, pour s'adapter et survivre dans ce milieu hostile.
Pendant ce temps, de nouveaux arrivants débarquent sur les rives australiennes, dont un pêcheur de baleines tahitien au mystérieux passé, un aristocrate anglais, une maîtresse d'école jeune et naïve... Tous ont le même rêve de réussite. Leurs destinées seront liées à jamais.

La critique Nelfesque: Il y a déjà 3 ans, j'ai découvert Tamara McKinley avec "La Dernière valse de Mathilda" que j'ai adoré avoir avec moi durant l'été 2011. Avec "L'Or du bout du monde", j'ai retrouvé le même plaisir de lecture, le même attachement aux personnages, le même empressement de connaître la fin de l'histoire.

"L'Or du bout du monde" fait partie d'une saga appelée "Saga Océane". C'est ici le 3ème et dernier tome et le seul que j'ai lu de la saga. Il n'est donc pas obligatoire de lire les précédents tomes avant celui ci mais croyez moi, je vais m'empresser de me les procurer maintenant pour avoir plus de détails notamment sur les racines de Ruby et celles du mystérieux "aristocrate anglais" dont il est question dans la 4ème de couv'. Dans tous les cas, ce sera pour rester encore un peu dans l'histoire familiale et non pour comprendre certains passages car vraiment encore une fois ce roman se suffit à lui-même.

J'ai une petite faiblesse pour les sagas familiales, ambiance "Les Oiseaux se cachent pour mourir" (dont je vais d'ailleurs lire le tome 2 cet été). Oui je l'avoue... Pour certains ce ne sont peut être pas des lectures très honorables mais perso j'adooooore (avec plusieurs "o", c'est vous dire à quel point j'aime ça) vibrer pour des histoires de secrets familiaux et de drames sur fond de romans historiques... Alors quand c'est servi avec le talent de Tamara McKinley à l'écriture je dis OUI et même 3 fois OUI !

Tamara McKinley a un talent sans pareil pour mettre ses lecteurs dans une ambiance bien particulière et propice à ce type de lecture. Entre petits détails de la vie quotidienne, secrets dévoilés au compte goutte, gestion de la dramaturgie, elle nous tient en haleine pendant 450 pages (bien plus si on considère l'ensemble de la saga). La vie dans la bush Australien est à notre portée, la chaleur ambiante devient notre climat, les douleurs de Ruby sont les nôtres, les joies de Jessie de même. C'est tout un florilège de personnages tous plus attachants ou agaçants les uns que les autres qui nous est ici proposé. L'ensemble donnant une histoire addictive qui tient le lecteur de la première à la dernière page.

Ruby est une jeune mariée qui part s'installer avec son époux dans une contrée lointaine et aride d'Australie et va vite déchanter dans son quotidien avec James, un homme égoïste et injuste. Jessie, jeune institutrice vient de faire des milliers de kilomètres pour enseigner dans un petit dispensaire de campagne. Kumali, ancienne esclave indigène, va connaître les joies de la vie de femme libre tout en ne l'étant jamais complètement... "L'Or du bout du monde" est avant tout une histoire de femmes avec lesquelles le lecteur va vivre des frustrations, des colères, des résignations, des drames mais aussi des amours, des bonheurs et des espoirs.

Tous ces petits mondes, ces microcosmes familiaux vont un jour se rejoindre pour mettre un point final à une destinée captivante. On aimerait tellement continuer de suivre ces familles et ne plus les quitter tant on est attaché à chacun d'entre eux mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Tamara McKinley nous dépeint une fin du XIXème siècle en Australie à la perfection. Epoque de tous les espoirs de richesse mais aussi d'un clivage riches / pauvres indéniable et d'un esclavagisme barbare, c'est par les moments intimes de chacun des personnages de ce roman que l'on redécouvre une Histoire pourtant pas si éloignée de notre époque mais qui nous semble déjà si archaïque. Epoque de conquêtes territoriales, de rêve de gloire, des chercheurs d'or... Autant de rêves masculins qui laissèrent sur la touche bon nombre d'épouses et de mères. Autre époque, autres moeurs.

En bref, vous l'aurez compris, si comme moi vous aimez voyager dans le temps, si vous êtes à la recherche de sagas familiales vibrantes et si les pavés ne vous font pas peur, je vous conseille vivement de vous plonger dans ce roman et plus largement dans les oeuvres de Tamara McKinley qui n'a pas son pareil pour entraîner ses lecteurs dans des nuits d'insomnies littéraires.


samedi 22 janvier 2011

"Le Livre des Choses Perdues" de John Connolly

connollyL'histoire: Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...

La critique Nelfesque: Lecture coup de coeur! J'avais lu beaucoup de bien de ce "Livre des choses perdues" et je suis maintenant en mesure de dire que ces éloges étaient fondés.

Ce roman mêle pas mal de sentiments, on passe par toutes les phases. J'ai eu la larme à l'oeil, j'ai eu peur... On s'attache très rapidement au petit David qui vient de perdre sa maman et qui voit son quotidien bouleversé tout d'abord par cette épreuve douloureuse puis par son passage dans un monde parrallèle.

Les aventures qui vont lui arriver dans ce monde sont tout sauf merveilleuses. Il va croiser la route de créatures mi-loups mi-hommes, de femmes-biches, d'une chasserresse sanguinaire... Quand je dis que j'ai eu peur, j'ai eu vraiment peur (et pourtant je ne suis pas une gamine de 10 ans) alors quand je lis que cette oeuvre est un roman jeunesse, je dis: attention, à ne pas mettre entre toutes les mains! C'est très violent et glauque pour un petit bout de chou. Les actes sanglants ne sont pas édulcorés et on peut ressentir l'appréhension du jeune héros.

Mais il n'y a pas que des passages effrayants dans "Le livre des choses perdues", il y a aussi des passages très drôles notamment quand John Connolly s'appuie sur des contes revisités tels que "Blanche neige et les sept nains". Là où l'enfant trouvera amusant ce passage, l'adulte aura une lecture à un niveau plus politique. Niveau conte, on voit aussi redéfini "Hansel et Gretel", "La belle au bois dormant"...

Je conseille fortement ce livre aux grands enfants et aux adultes pour son côté merveilleux tout en étant "réaliste", pour l'humour et la plume de l'auteur qui sait remanier l'univers des contes fort bien et nous emmène avec lui dans ce monde. On en redemande!

La critique de Mr K:  Un très bon livre. Je l'ai lu suite à l'avis fort enthousiaste de Nelfe. Il est classé dans le style littérature jeunesse mais après lecture ce n'est pas le genre d'ouvrage que je refilerai à mes gamins avant un certain âge, le contenu est parfois difficile à appréhender et à supporter pour des esprits encore trop jeunes.

Un jeune garçon à la vie éprouvante va trouver un passage vers un autre monde où il va connaître de multiples aventures. Le parcours initiatique du jeune David n'est qu'un prétexte pour l'auteur qui dans ce livre s'adonne au détournement systématique et mordant des contes de fée: Blanche neige est une horrible matrone et les sept nains des ouvriers exploités adeptes de Marx, la chasseresse est un sérialkiller digne héritière du Dr Mengelheim, le preux chevalier est homosexuel et ne se bat pas pour toutes les causes nobles qui viennent à lui... On rit beaucoup mais le frisson est aussi au RDV! On sent d'ailleurs ici le goût prononcé de l'auteur pour le genre thriller qui lui est plus habituel: ça saigne en abondance avec moultes détails. Sympa quand on a l'âge requis, cette lecture pourrait se révéler traumatisante pour les plus petits. Certes les originaux de Perrault sont saignants et il est important de ne pas sur-protéger nos chers têtes blondes mais là, on est parfois dans l'étalage de barbaque.

Le final bien qu'attendu est réussi et ressemble un peu dans l'esprit à la fin du film Le labyrinthe de Pan. Aventure vécue? Délire de l'inconscient? Chacun se fera sa propre idée. Une lecture que je vous conseille fortement.

Posté par Nelfe à 17:15 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
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