samedi 14 janvier 2012

"Le rituel de l'ombre" de Giacometti et Ravenne

phillL'histoire: Rome, mai 2005. Une archiviste du Grand Orient est assassiné lors d'une soirée à l'ambassade de france, suivant un rituel qui évoque la mort d'Hiram, fondateur légendaire de la franc-maçonnerie. À Jérusalem, un archéologue en possession d'une énigmatique pierre gravée subit un sort similaire.

Le commissaire Antoine Marcas, maître maçon, et son équipière, Jade Zewinski, qui abhorre les "frères", se trouvent confrontés aux tueurs implacables d'une confrérie nazie occulte, la société Thulé, adversaire ancestrale de la maçonnerie.

Soixante ans après la chute du IIIème Reich, les archives des francs-maçons, dérobées par les Allemands en 1940, continuent à faire couler le sang. Mais quel secret immémorial se dissimule entre leurs pages jaunies? Un secret pour lequel on tue sans scrupules...

La critique de Mr K: À l'occasion de notre séjour en terres anglaises, j'avais apporté avec moi cet ouvrage qui est le deuxième que je lis du duo Giacometti / Ravenne après Le 7ème templier. Le Rituel de l'ombre est leur première collaboration, c'est aussi donc la première apparition de leur héros charismatique Antoine Marcas, inspecteur franc-maçon.

Tout débute par deux meurtres rigoureusement identiques qui sont commis à plusieurs milliers de kilomètres de distance. Une archiviste du Grand Orient (loge maçonnique) et un archéologue juif ont été tué en suivant le rituel de la mort d'Hiram, fondateur mythique de la franc-maçonnerie. Au fil de l'enquête, le lecteur va rentrer dans l'univers mystérieux des frères mais aussi celui à la fois mystique et fasciste de la confrérie Thulé, une organisation nazie, ennemie héréditaire des francs-maçons.

On retrouve dans ce volume le goût des deux auteurs pour l'ésotérisme et le suspens. Force est de constater qu'ils servent le couvert avec efficacité. Nous assistons à une véritable course contre la montre haletante où les personnages ne sont pas épargnés. On se prend au jeu devant les enjeux sous-entendus même s'il faut bien avouer qu'il n'y a rien de véritablement neuf notamment au niveau des personnages qui se révèlent un peu trop stéréotypés, histoire de capter un maximum de lecteurs-acheteurs. La surprise vient du dénouement qui se situe quelque part entre religion, mysticisme et botanique! Elle m'a ravi et m'a refait penser à mes études comparées des différentes religions du monde dont les liens possibles entre religions monothéistes et chamanisme.

Loin d'être un classique, ce livre est à prendre avant tout comme une bonne récréation, un moment de détente sans prétention, un livre de plage ou de voyage diront certains. A vous de voir...

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lundi 26 décembre 2011

"Le monde enfin" de Jean Pierre Andrevon

andrevonlmeL'histoire: Un vieil homme à cheval parcourt la France, vidée de ses habitants comme la totalité de la planète, à la suite d'une pandémie foudroyante quarante-cinq ans plus tôt. En chemin, il traverse des villes envahies par la végétation et peuplées par des animaux sauvages, ainsi que quelques communautés de survivants octogénaires. Au crépuscule de savie, égrenant ses souvenirs, il veut une dernière fois voir la mer.

Dans ce monde désert, quelques destins se croisent: une femme cherche désespérement à mettre un enfant au monde, l'équipage de la première expédition avortée vers une autre étoile atterrit en catastrophe. Mais l'existence de ces survivants n'est peut-être pas due au hasard: quel est ce météore bleu vif que les rescapés aperçoivent parfois dans le ciel? Un espoir venu d'ailleurs ou le dernier signe de l'apocalypse?

La critique de Mr K: La fin de l'espèce humaine! En voila une accroche! Quand j'ai vu ce volume chez l'abbé, il ne m'a pas fallu longtemps pour jeter mon dévolu dessus. Quand en plus, je me suis rendu compte qu'il avait été écrit par l'auteur de Gandahar, je me suis dit banco! Ben... je me suis trompé!

Ce livre raconte la destinée de quelques survivants suite à la disparition massive des hommes à cause d'un virus foudroyant qui par contre a épargné toutes les autres formes de vie tant végétales qu'animales. La Nature a donc repris ses droits et l'on retrouve dans cet ouvrage un souffle épique teinté de misanthropie extrême qui n'est pas pour me déplaire. Cet aspect est ici bien traité et l'auteur tout au long des 634 pages se plait à nous décrire avec une multitude de détails à la manière des naturalistes du XIXème siècle la reconquête de la flore et les rites de la faune, nouveaux souverains de la planète Terre.

C'est justement au niveau du parti pris d'écriture que le bas blesse... Il ne se passe pas grand chose durant ces 634 pages! Ca fait une somme de descriptions assomantes et pas forcément très utiles. Au bout de 100 pages, l'ennui commence à pointer son nez mais on se prend à rêver qu'il s'agit pour Andrevon de bien planter le décor... Que nenni! La ligne directrice ne change pas d'un iota jusqu'à la dernière ligne pour arriver à une conclusion mille fois lue et pour moi pas assez ambitieuse et réaliste. L'auteur laisse entrevoir un vague espoir pour la race humaine alors que depuis le début il nous décrit un apocalypse irréversible... De qui se moque-t-on?

Bref, voilà une lecture fort dispensable! J'ai décroché pas mal de fois mais j'ai persisté par égard envers l'auteur, personnage haut en couleur que j'apprécie humainement. Pas sûr du tout par contre que je replonge un jour dans sa littérature...

Jean Pierre Andrevon déjà chroniqué ici même:
- Un horizon de cendres
- Tout à la main

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jeudi 29 septembre 2011

"Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson

le_vieux_qui_ne_voulait_pasL'histoire : Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au coeur de l'histoire du XXème siècle. Car méfiez-vous des apparences! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d'un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec quelques coups de pouce du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s'est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d'évènements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...

La critique Nelfesque : Un ami a eu la bonne idée de me prêter ce roman. Je l'avais déjà remarqué à sa sortie et j'avais fortement envie de le lire, inutile de préciser que je ne me suis pas faites prier pour repartir avec ce livre sous le bras !

J'ai vraiment accroché à ce roman très drôle et atypique. Avec beaucoup d'humour et une bonne dose de grand n'importe quoi, Jonas Jonasson nous emmène avec lui dans un road movie de folie pure qui fait du bien! "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" est très différent de tout ce que j'ai pu lire jusqu'à présent en littérature suédoise avec Stieg Larsson, Camilla Läckberg ou encore John Ajvide Lindqvist.

Ici tout est déjanté, le personnage principal, Allan Karlsson, a "un cul monstre" ! Partout où il passe les choses tournent à son avantage. Candide et opportuniste, il ne voit le mal nul part et peut, pour un temps, sceller des alliances avec toutes sortes d'hommes politique. Ceci lui apportera certains ennuis mais lui ouvrira également de nombreuses portes.

Arrivé à ses 100 ans, Allan a eu une vie bien remplie, bien loin de celles qu'ont pu vivre les autres papis résidants de sa maison de retraite. Il est tout à fait logique donc qu'il décide une nouvelle fois de se faire la malle! L'occasion est alors trop belle de nous conter ses expériences passées et c'est ainsi que Jona Jonasson balaye une décennie d'Histoire contemporaine avec humour et loufoquerie! Le lecteur alterne un chapitre sur deux entre le présent d'Allan avec sa fugue et son passé loin des sentiers battus. C'est qu'il en a vu des choses Allan! Toujours au coeur de l'action, il était là pour la guerre civile en Espagne du temps de Franco, pour la révolution chinoise avec Mao, pour mai 68 en France mais il a aussi travaillé avec l'Amérique dans les recherches sur la bombe atomique et connu le conflit entre la Corée du Nord et la Corée du Sud... De quoi voir ses leçons d'histoire autrement...

On rit avec ce roman au titre improbable comme seuls les suédois savent le faire, on se prend de tendresse pour Allan et on s'amuse avec l'Histoire. Un roman que je conseille vivement à ceux qui aiment la politique et à ceux qui aiment rire tout simplement. Un vrai régal !

La critique de Mr K (edit du 02/07/15) : Cela fait un petit bout de temps que je voulais lire ce livre que Nelfe avait beaucoup aimé lors de sa lecture. Depuis, un film a été réalisé et nous devions aller le voir au cinéma. Finalement ça ne s'est pas fait en grande partie à cause de moi qui voulait découvrir cette histoire à priori délirante version papier avant d'en voir l'adaptation cinématographique. Une fois commencé, il ne m'a pas fallu longtemps pour terminer cet ouvrage qui s'est révélé addictif, distrayant et fort bien ficelé.

Alan va avoir 100 ans et après une vie plus que bien remplie, il n'a certainement pas envie de fêter son anniversaire avec sœur Alice aussi décrépite que désagréable et le gotha de la ville de Malmköping où se trouve sa maison de retraite. Il passe par la fenêtre et décide de partir à l'aventure en quête d'un coup à boire et pourquoi pas de compagnie. Il se fera très vite des amis et sans vraiment le savoir va mettre en branle toute la machine policière et judiciaire. En parallèle, certains chapitres nous raconte sa vie qui fut fort tumultueuse et la témoin incroyable du déroulement du temps lors du XXème siècle. L'histoire intime côtoie alors la Grande histoire pour le plus grand bonheur du lecteur.

Belle claque que ce roman qui va à cent à l'heure, pas mal pour un héros centenaire qui accuse son âge et au parcours hors du commun. Dans les parties qui se déroulent à notre époque (2005 pour être plus exact), il se dégage une belle humanité des rencontres successives que fait le vieillard avec un voyou au grand cœur, un vendeur ambulant au cursus plus qu'inouï, une rousse incendiaire au caractère bien trempé, une éléphante en mal d'affection, un policier investi mais qui cherche à changer de voie, des gangsters d'une grande stupidité et une myriade de personnages secondaires plus réussis les uns que les autres (l'auteur prend notamment un malin plaisir à bien nous expliquer le parcours de chacun pour mieux les zigouiller quelques lignes plus tard). La partie road movie est très bien rendue entre voyage, pause boisson et discussion sur la vie et son sens. On rit beaucoup notamment grâce aux traits d'esprits purement suédois qui s'égrènent au fil des pages entre absurde, non sens et humour noir implacable. J'adore! On rit beaucoup sans pour autant sacrifier au sérieux de la situation et aux rebondissements nombreux et parfois cocasses.

Il faut dire que cette escapade tardive d'Allan n'est rien comparé à sa vie. Orphelin très jeune, spécialiste en dynamite, au fil de ses pérégrinations il va rencontrer les plus grands de ce monde avec en vrac des rapports amicaux avec le président Hoover, le sauvetage de la quatrième femme de Mao, un désaccord fatal avec Staline, un séjour en Corée du nord, un dîner en compagnie de De Gaulle et de Lyndon Johnson... Chaque apparition d'Allan a de grandes conséquences sur l'évolution du monde et un grain de folie vient émailler des situations pas forcément confortables: le passage au goulag est un modèle du genre avec le frère jumeau d'Einstein qui n'a aucun sens de l'orientation et qui par sa tare va réussir une évasion spectaculaire. On se demande à chaque fois ce qu'il va pouvoir se passer et c'est étonnant et rafraîchissant de rencontrer de grands noms de l'histoire qui pour une fois ne s'expriment pas par discours mais comme tout à chacun, ce roman rentrant dans leur intimité.

On passe donc un excellent moment grâce à un rythme soutenu, une lecture aisée et immersive au possible, de l'Histoire, des aventures rocambolesques et un esprit vraiment différent de ce que j'ai l'habitude de lire. Un livre à lire de toute urgence si ce n'est déjà fait!

mardi 20 septembre 2011

"Le pas de Merlin" de Jean-Louis Fetjaine

merlinL'histoire: Au VIème siècle, l'île de Bretagne est assaillie par les Saxons, les Gaëls et les Pictes. Après la mort du roi Guendoleu, tué lors d'une terrible bataille, son jeune barde Merlin se trouve plongé malgré lui dans un complot aux conséquences effroyables. 

Fuyant la barbarie, perdu dans les affres d'un amour impossible, il parcourt le royaumes celtes ravagés par la guerre, suscitant la méfiance de ceux qui voient en lui «le fils du diable». au plus profond de la forêt, pourtant, l'enfant se découvrira de biens étranges alliés. Au cours de ce voyage initiatique, celui qui deviendra Myrddin le Nécromant réussira-t-il à percer le fascinant secret qui pèse sur ses origines?

La critique de Mr K: C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé Jean Louis Fetjaine, l'auteur de La trilogie des elfes  que j'avais adoré lors de ma lecture. Avec ce premier volume, je m'attaquais à une nouvelle saga ayant cette fois-ci pour personnage central le mythique Merlin que l'on a pu apercevoir dans l'ouvrage cité ci-dessus. L'ambition de l'auteur est grande car loin de se conforter dans une énième version légendaire, Fetjaine voulait coller à la dimension historique et humaine du personnage. Dans une préface méthodologique, il nous explique comment il a procédé entre recherches historiques pures et passages romancés. Le travail est impressionnant et le livre, à mes yeux, une réussite. 

Preuve en est que je l'ai littéralement dévoré en deux jours, le syndrome Fetjaine a encore frappé! On retrouve son sens du rythme, du suspens et moultes détails sur l'époque qui font qu'on est saisi par l'histoire et tout ce qui l'entoure. On plonge dans le VIème siècle comme ont pu le livrer au public les historiens spécialistes de l'époque. Les descriptions sont criantes de réalisme et on se retrouve plongé dans les odeurs, les couleurs et les mœurs de l'époque. Le moins que l'on puisse dire c'est que la vie y était rude pour tous que l'on soit pauvre ou noble. On voyage énormément suivant les pas de Merlin, le roman se révélant un road-movie sans temps mort. De temps à autre, l'auteur suit de plus près les tractations des puissants pour mieux rebondir sur le destin exceptionnel de cet être hors du commun que se révèle être le fils bâtard de la reine Aldan. 

Nous traversons donc une bonne partie de la Bretagne de l'époque, c'est-à-dire l'Angleterre des tribus celtes qui se livrent une guerre sans merci et où tous les coups bas sont possibles. Les trahisons sont légions, les mariages arrangés de rigueur et les batailles sanglantes à souhait! On ne peut s'empêcher de frémir lors de l'embuscade dont est victime le seigneur et maître de Merlin au début du livre, la cruauté des hommes est ici frontale et sans concession. On retrouve une certaine paix de l'âme lors des passages plus légers qui voient Merlin et son ami le moine Blaise discuter de choses et d'autres pendant leur long périple, on sourit devant la peur panique de Merlin d'embarquer dans une frêle esquif, on reste coi lors de la nuit des morts où Merlin isolé dans la forêt entraperçoit la vérité sur ses origines... On passe par tellement d'états d'exaltation que la fin arrive bien trop vite... Comble du désespoir ma PAL est très fournie et je ne possède pas encore le volume 2. Il va falloir que j'attende un peu pour éviter les foudres de ma chère compagne... 

Je n'irai pas par quatre chemins, ce livre est une véritable petite bombe pour tout amateur d'Histoire et de légende, l'auteur maniant à merveille l'écriture et le déroulement de son récit. Passez la surprise du point de vue adopté (pas d'Arthur Pendragon dans ce livre, ils n'auraient pas vécu à la même époque), la lecture de ce roman est un enchantement (sic) de tous les instants. Courez-y, vous ne risquez pas d'être déçus!

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samedi 27 août 2011

"Incarceron - Livre II - Le Cygne noir" de Catherine Fisher

Incarceron 2

ATTENTION: Ne lisez pas ce qui suit si vous n'avez pas lu le tome 1

L'histoire: Alors que Finn s'est évadé d'Icarceron et s'apprête à devenir roi, une nouvelle menace surgit, qui met sa vie, et celle de Claudia, en danger.
Toujours enfermés dans la Prison, Keiro et Attia espèrent s'échapper grâce au pouvoir d'un gant magique. Mais face aux obstacles qui s'accumulent, le rêve de liberté s'éloigne.
Pendant ce temps, Incarceron poursuit ses propres désirs d'indépendance. En secret, la Prison se fabrique une arme ultime, une arme qui pourrait bien détruire le monde...

La critique Nelfesque: Cela faisait un moment que ce tome 2 trainait dans ma PAL. J'avais bien apprécié la lecture du premier volet mais il y a tellement de romans à lire et si peu de temps que j'ai toujours mis à plus tard la suite. Rien de mieux qu'une lecture commune pour se donner la motivation de sortir ses romans "oubliés". C'est avec Elise que je me suis lancée dans "Le Cygne noir".

Même si la lecture du premier tome remontait à quelques mois je n'ai pas eu trop de mal à me replonger dans l'histoire. "Le Cygne noir" débute quelques jours après la fin du premier tome. On peut donc facilement tout lire d'un coup et ne prendre l'ensemble que pour un seul et unique roman. Toutefois, j'ai préféré ce tome ci que j'ai trouvé plus "adulte". Mensonge, faux semblants et illusions sont au premier plan. L'avenir du royaume se joue et ça conspire sec à tous les niveaux. Qui est qui? Peut-on vraiment faire confiance aux proches? Rien n'est moins sûr.

Dans ce second volet, la Prison tient une place importante en tant que "personne". Dans le premier, le lecteur fait connaissance avec son univers, ici, il a affaire à la tête pensante, l'oeil inquisiteur qui tire les ficelles et détient le pouvoir de vie et de mort dans ce monde. L'auteur nous expose ses désirs et son rêve le plus cher ainsi que les moyens mis en oeuvre pour atteindre ce but. La rumeur d'un "Extérieur" de la Prison et la légende de Sapphique tiennent encore une place importante dans ce tome. Mais l'extérieur est-il si idyllique? Est-ce vraiment mieux "dehors"? Rien n'est moins sûr...

Avec "Le Cygne noir", Catherine Fisher donne de l'épaisseur à l'ensemble de la saga en complexifiant les rapports entre les différents personnages et en faisant de ce roman jeunesse un roman plus adulte. Seul bémol (et non des moindres): la fin... qui me fera préférer d'autres romans adulte plus aboutis. Toutefois, il offre une bonne approche de l'univers fantasy à ceux qui n'ont pas encore osé franchir le pas.

A lire également, l'avis de ma compagne de lecture Elise.

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dimanche 29 mai 2011

"La trilogie des elfes" de Jean-Louis Fetjaine

trilogie_elfesL'histoire: Il y a bien longtemps, avant même Merlin et le roi Arthur, le monde n'était qu'une sombre forêt peuplée d'elfes et de races étranges dont nous avons aujourd'hui perdu jusqu'au souvenir. Dans ces temps anciens, les elfes étaient un peuple puissant et redouté des hommes. Voici le récit de leurs dernières heures, depuis la rencontre du chevalier Uter et de Lliane, la reine des elfes. L'histoire d'une trahison et de la chute de tout un monde, d'un combat désespéré et d'un amour impossible.


La critique de Mr K: Quelle bonne lecture que celle-ci! Je n'ai pas mis longtemps à parcourir cette trilogie fort réussie qui mélange à merveille «légendes arthuriennes» et fantasy à la Tolkien. Abandonnez donc toute velléité historienne, c'est à un étrange voyage entre éléments historico-légendaires et éléments romanesques que nous convie l'auteur. Vous croiserez des figures célèbres comme Merlin, Uter, Morgane mais aussi trolls, gobelins, elfes et autres créatures imaginaires.

Une fois la lecture entamée, difficile d'en sortir tant on rentre directement dans le vif du sujet. C'est tout à l'honneur de Fetjaine, il ne perd pas de temps en scènes d'exposition et autres descriptions alambiquées, on plonge directement dans le récit et le cadre est posé très vite. On ne tombe pas pour autant dans le simple récit d'aventure, l'auteur se permettant par moment de s'attarder sur les mœurs des uns et des autres: le pacifisme froid des elfes, les rustres et besogneux nains aux fond de leur mines, la bêtise crasse des kobolds, l'ingénierie et l'ambition démesurée des hommes, les sombres desseins du maître des ténèbres...

En trois volumes, il s'en passe des choses! Le lecteur évolue constamment entre scènes de vie pastorales, amours contrariés, trahisons et complots, batailles dantesques, manipulations religieuses, disparitions d'espèces entières et menaces récurrentes. On s'attache très vite aux personnages et bien souvent les nerfs sont mis à l'épreuve face aux événements qui nous sont comptés. Certains de mes favoris meurent assez vite ou disparaissent, les malfaisants ont souvent le dernier mot (en premier lieu les hommes ce qui n'est pas étonnant) et les événements tournent en défaveur des formes de vie les plus pacifiques en faveur des ambitieux, des belliqueux et des industrieux (recul de la nature face à l'industrie et au développement).

Je ne crie pas au génie pour autant car il n'y a rien de véritablement original dans tout cela pour quiconque pratique un tant soit peu l'heroic fantasy (thèmes abordés, personnages-type). Cependant Fetjaine tire son épingle du jeu par son écriture simple, accessible ne cédant jamais pour autant à la facilité et sa capacité à maintenir le suspens. Dans ces conditions, les pages défilent devant nos yeux sans vraiment qu'on s'en rende compte. J'ai passé de très agréables moments en compagnie de la magnifique reine des elfes et de tous les autres personnages de ce roman. À lire absolument si on est amateur.

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mercredi 30 mars 2011

"L'évangile selon Satan" de Patrick Graham

satanL'histoire: Dans sa carrière de profileuse au FBI, Marie Parks a vu beaucoup de tueurs en série, mais rarement d'aussi cruels et méthodiques que Caleb le Voyageur. Comme si, venu du fond des âges, il avait été envoyé en mission par Satan lui-même... Ou du moins par ses adorateurs, rassemblés dans une organisation qui semble prête à tout pour retrouver un livre perdu depuis des siècles. Un livre maudit dont le contenu pourrait renverser l'Église catholique et inaugurer un âge de ténèbres.
Aidée d'un exorciste du Vatican et armée de ses propres dons de médium, Marie Parks est alors la seule à pouvoir contrecarrer les noirs desseins des serviteurs du Très-Bas. D'elle dépend désormais l'issue de cette bataille décisive entre le Bien et le Mal...

La critique Nelfesque: J'avais repéré ce roman à sa sortie mais il y a tellement de livres à lire qu'il a fallu que je tombe dessus dans une enseigne de bouquins d'occasion pour qu'il me revienne en mémoire. J'ai commencé ma lecture avec en tête une remarque d'un copain l'ayant lu à l'époque: "il est affreux ce livre, les images sont hyper dures, j'en cauchemarde la nuit" (à quelque chose près). A ce dernier, je dirai aujourd'hui "petite nature!". Il n'est pas plus gore ou plus tordu que n'importe quel thriller.

Les aller-retour entre l'époque moyen-âgeuse et l'époque contemporaine m'ont particulièrement séduite. Avec les prédispositions de Marie Parks à la limite du paranormal et les techniques d'hypnose du père Carzo, le lecteur découvre peu à peu l'origine du mal qui semble s'être réveillé. C'est aussi l'occasion de revenir sur l'Inquisition, les croyances et la gourvernance de l'Eglise à cette époque.

Les 660 pages (dommage quand même à 6 près non?!) de ce petit pavé défilent sans que l'on s'en rende compte. L'enquête est passionnante et la dimension historique du roman lui confère un intérêt supplémentaire. Toutefois, la naïveté du prêtre dans ses tentatives de repousser le malin m'a quelques fois fait sourire... Lui qui est censé être un grand exorciste du Vatican et qui a quelques centaines de "repoussages" du malin à son actif semble parfois oublier qu'il est face à Satan et qu'avec lui il ne faut pas se contenter de 3 gouttes d'eau bénite mais sortir l'artillerie lourde! J'exagère à peine... On frôle l'improbable... Bon mais que diable (ho ho que je suis drôle), nous sommes dans un roman!

Même si j'ai deviné des éléments de l'intrigue avant leur révélation et que certains passages m'ont fait tordre du nez, j'ai aimé cette enquête à travers les âges mêlant complot à grande échelle, satanisme et exorcisme. L'organigramme du Vatican et les secrets d'alcôve sont aussi deux éléments qui tiennent le lecteur en haleine tout en l'informant. Un roman à lire en somme!

BCTCette lecture entre dans le cadre du Baby-Challenge Thriller 2011.

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jeudi 17 février 2011

"Le Prince des marées" de Pat Conroy

prince_des_mar_esL'histoire: Tom, Luke et Savannah ont grandi au paradis, dans le sud faulknérien, sur la petite île de Melrose où leur père pêchait et leur mère régnait par sa beauté. Comment survivre à tant de bonheur et de poésie ? Leur enfance éblouie et perdue préfigure les drames inévitables de l'âge adulte. Parce qu'ils refusent de mûrir, de vieillir, leurs rêves d'art, d'exploits, de justice vont se heurter à la brutalité du monde réel. La géniale et tragique Savannah et ses frères affrontent l'amour, la solitude et la peur de vivre avec une ironie désespérée. De leurs blessures inguérissables naissent des fous rires sans fin et une immense tendresse.

La critique Nelfesque: J'ai acheté "Le Prince des marées" sur un coup de tête, sans en avoir jamais entendu parler, pour la 4ème de couverture qui tombe pile poil dans les "drames" que j'aime: une enfance entre deux eaux avec ses joies et ses peines et le long parcours vers l'âge adulte à l'image de "Le petit copain", "Le secret du bayou", "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" ou encore"Seul le silence". J'ai tenté le coup et ce malgré les 1068 pages de ce pavé. Et oui, j'aime le risque!

Quelle bonne idée j'ai eu là! Je m'attendais à un récit familial chronologique et ce roman est tout autre. Tom, coach de football américain, veut venir en aide à sa soeur jumelle Savannah, aujourd'hui écrivain de talent. Après plusieurs tentatives de suicide, elle est internée dans un hôpital psychiatrique où sa psychologue, admiratrice de ses écrits, veut percer le mystère de son mal-être. Pour ce faire, elle fait appel à Tom pour qu'il l'aide à démêler les fils de leur passé commun. A travers plusieurs séances chez ce spécialiste et diverses conversations privées avec elle, Tom va se mettre à raconter ce qui a fait son enfance: leurs vies sur une île proche du continent, le métier de crevettier de leur père, l'amour particulier de leur mère, les liens de leur fratrie, les drames qui ont eu lieu... Et le lecteur est pris dans un récit passionant mêlant vie de tous les jours, lutte des classes, regards d'enfant et souvenirs poignants.

Tom n'a jamais quitté sa région et se retrouve confronté à la vie new-yorkaise, trépidante et où les habitants sont bien différents de ses relations habituelles. Face à son enfance, face à ses peurs, il va aider sa soeur et s'aider lui-même. L'occasion lui ai donné de tout mettre à plat et de se réconcilier avec son passé.

On alterne donc, un chapitre sur deux, avec les souvenirs de Tom et les rendez-vous chez la psychologue. Les personnages sont fouillés et complexes, les rapports entre eux sont passionnants et c'est avec plaisir qu'on les retrouve à chaque lecture (oui 1068 pages c'est long mais on ne voit finalement pas le temps passer). Entre poésie, drame et humour parfois, on s'attache rapidement à la vie à la dure mais si belle dans cette région des Etats-Unis dans les années 60. Si vous n'êtes pas rebutés par les gros livres, je vous conseille fortement ce roman que j'ai adoré.

1000"Le Défi des Mille" ayant donné son top départ alors que j'étais en pleine lecture de ce roman, j'ai raccroché les wagons. Ca tombe bien, j'ai encore quelques pavés dans ma PAL!

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vendredi 4 février 2011

"L'attentat" de Yasmina Khadra

attentatL'histoire: Dans un restaurant de Tel Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds: il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

La critique de Mr K:  Vous aimez les chefs d'œuvre et les claques dans la gueule? Ça tombe bien, c'est justement ce que je vous propose aujourd'hui avec ce livre époustouflant que j'ai dévoré en deux traites et dont la marque est durable et amère tant son propos est brûlant et malheureusement toujours d'actualité. "L'attentat", c'est une leçon d'Histoire contemporaine et une plongée sans concession dans le conflit israélo-palestinien vu par un des écrivains algériens les plus doué de sa génération.

Un médecin israélien d'origine palestinienne qui a placé sa vie sous le signe de l'engagement médical, un docteur comme tant d'autre qui s'efforce de soigner quiconque a besoin de lui sans faire de distinction va recevoir le choc de sa vie: sa femme, son aimante et douce femme, s'est fait sauter dans un restaurant avec sa ceinture d'explosif causant des dizaines de morts dont de jeunes juifs venus fêter un événement. Il passe par tous les états, du déni jusqu'à l'acceptation. Commence alors pour lui un long voyage vers ses racines pour essayer de s'expliquer ce geste fou qu'il n'accepte pas mais dont il doit éclaircir les motivations afin de reprendre sa vie en main. Le plus terrible réside dans le fait qu'à aucun moment le héros ne s'est douté des intentions de son épouse avant son passage à l'acte.

Le sujet est grave et il ne fallait surtout pas que l'auteur se loupe... le résultat est tout bonnement magistral. Entre pudeur et vérité, le style et la langue de l'auteur font merveille sans jamais nous épargner dans le sens où il explore toutes les facettes du problème et aborde de front la cause palestinienne et la position d'Israël. Autant vous prévenir de suite, vous ne serez pas ménagés, des scènes sont vraiment insoutenables: l'explosion, les cadavres, les contrôles de la police israélienne, la destruction de la maison familiale par les bulldozers, le siège de Janin... on ressort de là éprouvé, rincé, écœuré. J'en ai les poils du cou hérissés rien qu'à vous en parler! C'est un roman certes mais les personnages semblent tout droit sortis de la réalité et c'est cela qui effraie le plus. Il y a le docteur dépassé par les événements mais aussi sa famille, son ami ponte des services d'ordre, un imam intégriste, des militants des brigades d'Al Aqsa, un vieil ermite dépassé par les événements... autant de points de vue exprimés qui rend compte du sac de nœuds de la situation actuelle.

Une lecture essentielle.

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jeudi 3 février 2011

"La forêt des ombres" de Franck Thilliez

ForetDesOmbresL'histoire: Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d'un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d'argent.
Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l'on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige...

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La critique Nelfesque: Outch! Vous voyez ce que peut donner un uppercut dans le bide? Et bien c'est avec cette sensation que j'ai fini ma lecture. Ce roman est un match de boxe et on en sort avec la tête pas tout à fait intacte.

"La forêt des ombres" est différent de "La chambre des morts" qui m'a fait découvrir Franck Thilliez le mois dernier. J'ai davantage apprécié cette lecture, même si elle est beaucoup plus physique. L'histoire est assez simple, un huis clos dans un chalet au coeur d'une forêt profonde. Coupés du monde, un auteur, sa femme, sa fille, et un couple de riches admirateurs de son talent, vont s'isoler pendant trois semaines sans moyen de communication ni moyen de transport. Que va-t-il se passer?  Vous vous doutez sûrement qu'ils ne vont pas profiter tranquillement des feux de cheminées et des balades dans les bois...

Autant vous le dire tout de suite: âmes sensibles, abstenez-vous! Le climax est glauque, l'écriture est percutante et sans fioriture, les personnages sont complètement tarés et l'ensemble est jouissif à l'extrême. Impossible de poser le livre, il faut savoir la suite, le plus vite possible. C'est une question de vie ou de mort.

J'ai deviné certains éléments de l'histoire avant la fin mais ça ne m'a pas gaché mon plaisir car au final, bien que l'explication soit importante, c'est avant tout l'enfermement et la tension palpable entre les personnages qui m'a plu. J'ai retrouvé du Jack  dans le personnage de David, du "Shining" de S. King  sous la plume de Thilliez. La folie guette et le lecteur est littéralement pris en otage.

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié cette lecture et je ne peux que vous la conseiller. Toutefois, attention, si vous n'appréciez pas particulièrement le glauque, passez votre chemin. Moi même qui ait tendance à aimer le sang et les larmes, je me suis dit qu'il ne fallait pas que j'enchaîne avec un autre thriller. Vous voilà prévenu!