mercredi 11 avril 2018

"Le Neuvième naufragé" de Philip Le Roy

9ème passager

L’histoire : Une île, un bateau échoué, des vacanciers, un mort. Trafic de drogue qui a mal tourné ou machination infernale ?

La critique de Mr K : Retour au thriller aujourd’hui avec Le Neuvième naufragé de Philip Le Roy, un auteur que j’ai déjà fréquenté à deux reprises pour des lectures sympathiques mais inégales. L’occasion faisant le larron, je me lançai dans cette lecture avec quand même un certain engouement, le pitch très simple laissant augurer une œuvre cinglante et à suspens. Je n’ai pas été déçu, le roman a été avalé en une journée et franchement, j’ai pris ma petite claque !

Suite à un naufrage calamiteux sur une petit île déserte de Méditerranée que plusieurs pays se disputent, une enquêtrice d’Interpol (Eva Valasquez) est envoyée sur place pour démêler les fils d’un drame pas si clair que cela. Huit rescapés l’y attendent ainsi qu’un cadavre, des paquets de haschich et beaucoup de questions. Plongée dans une tempête diplomatique et policière dans un territoire perdu au milieu des éléments déchaînés, elle va devoir employer tous ses talents de criminologue pour faire le tri dans les déclarations et tenter de découvrir la vérité sur une expédition de vacances qui a très mal tournée.

Il y a clairement un côté très classique se rapprochant d’Agatha Christie dans le nouveau roman de Philip Le Roy. En huis clos durant quasiment tout l’ouvrage, on suit une héroïne coincée sur une île à l’aspect lunaire qui se retrouve seule et isolée. Son travail est bien freiné par la non coopération des forces de l’ordre présentes sur place (lutte d’influence entre la Guardia civile espagnole et la police marocaine) et des naufragés récalcitrants qui semblent tout faire pour la mener en bateau. Effectivement, très vite Eva se rend compte que les versions successives qu’ils lui livrent sont trop semblables voir préparées à l’avance. Pourtant, les huit rescapés sont très différents les uns des autres entre un juge français de TPI imbu de lui-même, une avocate allemande de haut vol, une militante franco-algérienne des droits des femmes, une actrice canadienne aux allures de femme fatale, une française réceptionniste du parlement européen, un policier brésilien, un photographe fils à papa français, un écrivain gay irlandais et une inspectrice des impôts française. Ils se sont tous retrouvés sur un club Facebook pour un projet de croisière loisir en mer. Il auraient mieux fait de s’abstenir!

Au fil des interrogatoires, un chapitre sur deux, l’auteur nous convie à des flashback nombreux et éclairants. Très vite, la promiscuité sur le navire fait que les esprits s’échauffent, les tensions s’accumulent avec notamment un personnage qui agace tout le monde par ses manières plus que borderline. Le lecteur est envoyé très vite vers une direction logique qui verrait un groupe à bout de nerf qui se débarrasserait du malotru qui l’aurait plus que mérité. Mais vous le savez, tout bon thriller réserve son lot de fausses pistes, de rebondissements inattendus et dans ce domaine ce roman est une mine d’or. Qui dit la vérité ? Qui manipule qui ? Derrière les avancées de l’enquête et les révélations successives, il va falloir pour Eva décortiquer le passif de chacun, leur rapport les uns aux autres, explorer les psychés et les phénomènes de groupes qui peuvent apparaître lorsqu’ils sont soumis à rude épreuve. C’est très bien mené, bien documenté et jamais chargé en terme de pathos. Le rythme haletant des chapitres courts aide beaucoup et empaquette l’histoire merveilleusement bien.

Bien que rapides, les descriptions des personnages sont impeccable pour se faire une idée précise de leur caractères et de leurs motivations. Certes quelques uns sont caricaturaux mais poussez votre lecture et vous serez surpris du développement de certains car derrière les lignes de force se cachent des fêlures qui une fois révélées vont vous surprendre. Ainsi Eva, belle rousse incendiaire maladroite au sens de la déduction aiguisé va connaître une trajectoire tout d’abord bien rectiligne pour dans un dernier acte totalement basculer. J’ai adoré la fin que je n’ai pas vu venir et qui pour le coup s’éloigne des sentiers battus. Loin d’être un happy end à part entière, le dénouement est logique et presque amorale. J’adore ! Et puis, l’ambiance du roman est vraiment poisseuse à souhait, un compte à rebours est déclenché dès le départ, l’enquête doit être rapide tout en n’étant pas bâclée vu les forces en présence et les conséquences terribles qu’elles pourraient avoir sur certains innocents.

Le huis clos fonctionne à plein, le rythme est rapide et chaque chapitre réserve une petite fin qui agrippe le lecteur et l’oblige à passer au suivant. Ne prévoyez pas de vous lever tôt une fois l’ouvrage débuté au risque de connaître un sentiment de frustration extrême. On retrouve ici tout l’art de Philip Le Roy pour embarquer le lecteur avec sa langue simple, efficace et son goût immodéré pour le suspens qu’il transcrit de manière royale. Dans le genre c’est top et franchement ce serait dommage de passer à côté si vous êtes amateur !

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- Le Dernier testament
- Pour adultes seulement

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mardi 29 décembre 2015

"Cité de la mort lente" de Daniel Walther

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L'histoire : 2020. Grâce à un bombardement nucléaire des États-Unis par des extrémistes, l'Europe blanche et chrétienne est devenue la plus grande puissance mondiale. Hélas, elle n'est pas dans la ligne des penseurs utopistes, mais plutôt dans le droit fil de l'Opus Dei. Freddy Breslauer, arrêté et envoyé sur le plateau d'Albion où se construit la fusée européenne qui prendra la route de Mars, assiste à un crime ignoble, connaît quelques "permissions sexuelles" et finit par s'évader. Il traverse la France totalitaire, partie intégrante de la Grande Europe. Récupéré par des policiers robotisés dans une gare perdue, il est transporté dans une ville souterraine dans les Alpes et y connaît des désarrois intenses qui le font douter de sa propre santé mentale...

La critique de Mr K : Deuxième incursion pour ma pomme dans la collection Novella SF des éditions du Rocher après ma lecture de l'excellent ouvrage Poids mort de Xavier Mauméjean. Au programme, un pitch attrayant sous fond de dystopie sombre avec dans le premier rôle une victime de l'incurie du monde placé sous le signe du road movie. Franchement ça donne envie! Au final, le bilan est plutôt mitigé entre déception sur le background et de beaux passages intimistes. Suivez le guide!

Parce que juif et libertin, Freddy Breslauer est arrêté et envoyé en camp de travail. Il faut dire qu'il cumule les défauts dans cette nouvelle Europe puritaine et intolérante. Tombant de Charybde en Scylla, il va connaître un destin tragique entre enfermement, répression et semi-liberté. Il va faire des rencontres plus ou moins brèves et presqu'entrevoir un avenir radieux. Malheureusement, le fatum finira par le rattraper dans une fin tout bonnement machiavélique et sans issue.

Honnêtement, je ne me suis pas vraiment attaché au personnage principal. Je l'ai trouvé quelque peu limité dans sa caractérisation comme s'il n'était qu'un agrégat d'idées et de concepts sans réelle substance. Au lieu d'appuyer sur l'identité du bonhomme, l'auteur dérive très vite sur son obsession pour les relations charnelles. Loin de moi d'être pudibond, l'érotisme en littérature a son charme et ses desseins propres mais ici, ça ressemble presque à de l'abattage de viande fraîche. Dommage car le background aurait permis d'appuyer davantage sur la limitation des libertés dont justement les relations hommes/femmes. Du coup, la lorgnette sur ce monde imaginaire est très étroite, limitée et franchement, on ronge son frein face à cette réduction de champ. Il en va de même pour les personnages secondaires qui ne sont que des ombres à peine esquissées, caricaturales et finalement sans grand intérêt.

Cependant, au détour des pérégrinations de Freddy, on entr'aperçoit quelques éléments glaçants de ce futur terrifiant notamment les gardes automates sans âme qui sont chargés de le retrouver puis de le garder. Course folle à la recherche de la sécurité et de l'arasement mental, ils sont le but poursuivi par une société totalitaire folle et inhumaine. Belle métaphore que cet affrontement entre l'homme libre et la technologie qui ne le libère plus mais l'avilit et le cloisonne. J'ai aussi aimé le personnage de Zul, femme au charme certain qui va accompagner un temps le héros et refaire naître des sentiments oubliés depuis longtemps chez lui, mais là encore on ne peut s'empêcher de penser que l'auteur s'arrête en route, qu'il aurait pu développer davantage pour faire décoller l'intrigue et les tenants et aboutissants de l'ouvrage.

J'ai lu quantité d'ouvrages du même style, traitant du même sujet et celui-ci ne restera pas gravé dans ma mémoire. La faute aussi à un style parfois maladroit et grossier. C'est parfois très lourd et sans réel intérêt stylistique. Quelques passages relèvent cependant le niveau, quelques fulgurances bien senties qui pourtant n'arrivent pas à sauver un livre définitivement dispensable qui semble être passé à côté des buts qu'il s'est fixé. Seul avantage, il est très court et écrit gros. Peu ou pas trop de temps perdu avec la possibilité pour moi de me rattraper avec un livre de Pierre Bordage qui me fait de l'oeil depuis les Utopiales. À bon entendeur...

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samedi 6 juin 2015

"Poids mort" de Xavier Mauméjean

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L'histoire: Paul Châtel entrait plus volontiers dans un café que dans sa femme. Cela n’avait rien à voir avec une prétendue addiction, et encore moins avec leur histoire d’amour. La cause tenait uniquement à ce qu’il ne supportait plus d’être lui-même. Pour devenir autre, c’est-à-dire formidablement obèse, il lui avait fallu courage et patience. Une discipline nécessaire pour intégrer le programme Pondération. La boite avait pour vocation de régler tous les problèmes. Depuis, sa vie avait changé. Aucun regret, bien au contraire, pour l’ancien Paul disparu sous ses replis de graisse. Il avait pris de la consistance. Paul flottait, dans un bain de vapeur, massé par les remous du jacuzzi, léger et désirable comme un bouquet de crevettes. Son mollusque nageait en dessous de la ligne de flottaison. II ne l’avait plus vu depuis que cette bouée de chair lui collait à l’estomac, semblable à un naufragé volontaire. Son histoire était simple, mais elle ne manquait pas d’épaisseur.

La critique de Mr K: Trois lectures de cet auteur, trois belles expériences et au fil des Utopiales, des rencontres enrichissantes avec un homme érudit et accessible. Nelfe, aimant augmenter à l'occasion ma PAL déjà débordante, est revenue il y a quelques temps avec cette nouvelle de Xavier Mauméjean. Vous ne soupçonnez pas les merveilles que l'on peut dégoter dans les endroits les plus incongrus - et croyez moi, dans ce domaine, Nelfe est passée reine du dénichage. Dans cet ouvrage de la collection Novella SF des éditions du Rocher, l'auteur nous livre une histoire plutôt singulière…

Paul Châtel ne se satisfait plus de sa vie. Tout l'ennuie, il a perdu la saveur de l'existence. Sa femme l'indiffère, son fils n'a pas beaucoup plus d'importance que cela. Il en va de même pour son travail et il a l'impression de passer à côté de sa vie. Un jour au bar où il a ses habitudes, un ancien compagnon de classe lui parle d'une mystérieuse société cherchant des personnes pour participer à des expériences d'un genre nouveau. Voyant la réussite éclatante de cette ancienne connaissance, il va tenter l'aventure pour essayer de prendre en main sa vie.

La société Taxinom lui propose alors de rentrer dans le programme Pondération. Il s'agit pour lui de gagner 40kg en six mois avec en objectif une obésité qui pourrait lui apporter une forme de reconnaissance de soi et un bonheur qui jusque là semble lui échapper… Bizarre vous avez dit bizarre? Vous n'avez encore rien lu, espèce de prison dorée où tout lui est accessible (sauf le monde extérieur comme par hasard...), il doit se gaver de repas plus délicieux les uns que les autres (chaque jour devant être une fête, les menus sont calqués sur les repas de fêtes traditionnels: Noël, Pâques, Anniversaire…). Étrange atmosphère constituée de docteurs froids, de superviseurs démagos, de gardes armés surveillants vos moindres faits et gestes, de cobayes consentants qui pètent les plombs… On nage en eaux troubles: que recherche Taxinom? Que va-t-il arriver à Paul? Où veut en venir l'auteur qui se fait bien plus mystérieux qu'à son habitude?

Peu à peu, le lecteur se retrouve emprisonné avec Paul dans un univers glaçant et paranoïaque. Pourtant, le héros ne fait pas grand chose pour s'en sortir, il se raccroche à l'idée qu'il va retrouver un sens à sa vie notamment par le biais de Brigitte une patiente du même programme qui lui redonne goût à certains appétits qu'il semblait avoir perdu définitivement. Cela donne lieu à une scène d'amour en jacuzzi absolument dantesque comme rarement j'ai pu en lire auparavant. Très vite, on se rend compte que cette femme fait partie intégrante de l'expérience et qu'elle doit conduire Paul là où l'entreprise veut le mener. On en perd son latin et c'est vraiment à l'ultime page que le voile sera levé lors d'une chute abrupte et quelque peu décevante dans le sens où Xavier Mauméjean nous sert une explication crédible mais que j'aurais pensé et voulu plus poussée voir métaphysique.

Cela n'enlève en rien à toute l'architecture troublante de la trame déployée sur les 127 pages que compte cette nouvelle. On retrouve le même plaisir et la même fascination pour un style exigeant et si accessible à la fois avec par exemple ce passage: Il lui fallait l'un et l'autre, esprit et viscère, ou mieux pensée et panse sans avoir à y réfléchir. Jeux de mots, images nouvelles, second degré continuel… pour une lecture qui offre réflexion, humour et un peu de noirceur. C'est un savant mélange qui fait bien son effet et qui marque le lecteur pour un petit bout de temps. Une aventure qui se tente pour tous les amateurs de SF maligne et constructive.

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé:
- Lilliputia
- American gothic
- Ganesha

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vendredi 30 août 2013

"Les chiens de l'hiver" de Dan Simmons

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L'histoire: Professeur de littérature anglaise à l'université du Montana, Dale Stewart est aussi l'auteur d'une série de romans à succès: Jim Bridges, le roi de la montagne. Mais Dale se trouve aujourd'hui à un tournant crucial de sa vie: dépressif et suicidaire, il a vu sa femme puis sa jeune maîtresse le quitter, et va probablement perdre son emploi. Il éprouve alors le besoin de retourner dans l'Illinois, sur les lieux de son enfance, pour écrire un roman "sérieux" mettant en scène la bande de gamins dont il faisait partie à l'époque.

Mais à peine arrivé, Dale est victime d'une succession de faits bizarres. La maison qu'il a louée – celle de son défunt ami Duane, un garçon surdoué mort à onze ans déchiqueté par une moissonneuse-batteuse – lui paraît hantée. Des chiens noirs démoniaques rôdent autour de la maison et il reçoit sur son ordinateur de mystérieux messages en vieil anglais. Perdu entre la réalité et ses hallucinations, Dale va voir resurgir l'horreur...

La critique de Mr K: Retour vers un de mes auteurs préférés aujourd'hui avec ce Dan Simmons dégoté chez l'abbé (comme c'est original!). Avec ce livre, Dan Simmons nous fait partager son goût pour les récits d'épouvantes et le surnaturel. Ici, un écrivain lambda qui a connu son heure de gloire retourne dans son village d'enfance pour se ressourcer et essayer de se sortir de sa dépression chronique suite à ses déboires sentimentaux. Les souvenirs ressurgissent très vite et bientôt, des choses étranges commencent à se dérouler autour de lui: il communique avec ce qui semble être un esprit et des chiens bien inquiétants font leur apparition autour de la ferme qu'il a louée pour l'occasion.

Autant vous le dire de suite, ce livre est une très belle réussite. Le suspens est vraiment insoutenable et ce n'est vraiment qu'à l'ultime fin de l'ouvrage que tous les tenants et aboutissants sont livrés.

La première grande réussite de ce livre sont ses personnages avec en premier lieu, le héros (anti-héros?) Dale Stewart. En à peine deux chapitres, on se dit que c'est pas gagné pour lui et qu'il l'a en même temps un peu cherché. Séparé de sa femme et donc privé de ses filles qu'il adore, sa maîtresse le largue à son tour à cause de leur grande différence d'âge et de la lassitude. Rajoutez à cela, une carrière littéraire plutôt à l'arrêt et les premiers symptômes de la dépression, vous obtenez un personnage bancal, totalement borderline par moment. On sombre avec lui dans ses doutes, ses fausses vérités et vous verrez que les révélations sont légion! Très réaliste dans son traitement, le choc en est plus grand quand les éléments fantastiques commencent à se multiplier et à devenir inquiétants autour de lui. Je me suis attaché à ce personnage hors norme qui même s'il est loin d'être parfait reflète à merveille les contradictions de l'être humain et son goût pour la vie. Autour de lui, quelques personnages récurrents gravitent: l'étrange agente immobilière, une bande de skins-bouseux très agressifs envers Dale Stewart, la sex-symbol de l'école primaire devenue adulte et toujours aussi troublante, un shérif vindicatif au comportement suspect... Autant de personnages (et j'en oublie!) qui entretiennent le mystère dans ce roman vraiment envoûtant à l'ambiance parfois proche de la série Twin Peaks de Lynch.

L'autre point fort du livre est son histoire et le climax distillé par Dan Simmons. D'un simple histoire de maison hantée, on rentre ici dans une histoire plus large qui mélange allégrement souvenirs, hallucinations, expériences éprouvantes, moments futiles de bonheur, érotisme mortifère et réflexions intérieures du héros. L'ambiance est cotonneuse à souhait avec une touche de tension qui ne va que grandissante au fil des pages: du brouillard, de drôles de bruit, une ferme qui cache bien des secrets et que le narrateur-héros explore peu à peu, des habitants au comportement déviant, des flash-backs sur le passé de Dale qui font penser qu'il n'est pas si blanc que cela... On chavire définitivement dans le fantastique quand d'étranges chiens font leur apparition et semblent évoluer au fil du temps (taille, aspect, attitude...). Là dessus, se rajoute un mystérieux échange via DOS entre le héros et un inconnu qui semble en savoir beaucoup sur lui et qui s'exprime en vieil anglais, tout en mêlant à ses propos des références ésotériques sur le livre des morts égyptiens. Peu à peu, Dale est envahi par la paranoïa, la méfiance et la peur. On bascule alors avec lui de l'autre côté de la barrière qui nous sépare des aliénés mentaux. Le lecteur perdu mais cependant accroché, fait alors toutes sortes d'interprétations toutes plus folles les unes que les autres et au final, elles se sont toutes révélées fausses pour ma part! Le voile levé, j'ai été satisfait par une fin à la fois logique et ouverte.

Que dire sinon que j'ai dévoré une fois de plus ce livre de Dan Simmons. J'ai retrouvé son écriture à la fois exigeante et accessible. Évocatrice à souhait, sans lourdeurs inutiles, tout en étant suffisamment précise pour aborder des thèmes et des croyances assez pointues, elle embarque le lecteur vers les chemins de la félicité littéraire. L'intrigue se dévoile très lentement avec des bouleversements que l'on ne voit pas forcément venir et des interrogations qui se multiplient, j'ai vraiment été tenu en haleine pendant l'intégralité du roman. Stephen King peut bien être cité en quatrième de couverture: "Je suis époustouflé par ce qu'écrit Dan Simmons...". Je ne peux qu'abonder en son sens (pour une fois!) surtout quand on a lu d'autres chef d'œuvre du bonhomme avec notamment L'Échiquier du mal, Endymion ou encore Terreur. Ce livre est une vraie petite bombe que tout amateur du genre se doit d'avoir lu! À bon entendeur!

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
- Ilium
- Olympos
- Terreur
- L'Homme nu

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