mardi 29 novembre 2022

"Une si jolie petite guerre" de Marcelino Truong

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L’histoire : En 1961, John F. Kennedy devient le 35e président des États-Unis. Décidé à endiguer le communisme en Asie, il lance le Projet Beef-Up, destiné à renforcer l'aide militaire américaine au Sud-Vietnam.

C'est dans ce contexte que Marcelino Truong et sa famille arrivent à Saigon. Sa mère est malouine, son père vietnamien. Directeur de l'agence Vietnam-Press, Truong Buu Khanh fréquente le palais de l'Indépendance où il fait office d'interprète auprès du président Ngô Dinh Diêm, chef d'un régime autoritaire pris dans ses contradictions, entre nationalisme, rejet du passé colonial, influence chrétienne et antimarxisme virulent.

Fasciné par l'armement lourd débarqué des gros porteurs US, par la multiplication des attentats et des coups d'État, Marcelino pose un regard d'enfant sur cette guerre en train de naître qui ressemble à un jeu, une si jolie petite guerre d'une forme inconnue, où l'opinion mondiale prendra toute sa part.

La critique de Mr K : Très belle découverte que ce roman graphique emprunté à la médiathèque du coin. Avec Une si jolie petite guerre de Marcelino Truong, on plonge dans les souvenirs familiaux de l’auteur et on découvre une période de la guerre du Vietnam à travers les yeux de l’enfant qu’il était. C’est frais et passionnant, l’ouvrage se dévore littéralement.

Marcelino est le troisième enfant d’un couple mixte, son papa est vietnamien et sa maman française. Le paternel est traducteur pour la diplomatie vietnamienne et est en poste à Washington DC quand son président le mute au pays en pleine insurrection communiste. Voilà la petite famille qui débarque à Saïgon et découvre un pays en plein chamboulement. Le nord communiste d’Ho Chi Minh, le sud libéral sous la coupe du président Diem conseillé en sous-main par les américains.

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Chacun dans la cellule familial réagit à sa façon. Les enfants ne comprennent pas vraiment ce qui se passe, leur innocence et leur insouciance les protège d’un certain nombre de réalités terribles mais au fil des événements se déroulant entre 1961 et 1963 (quand le conflit se durcit), ils vont peu à peu prendre conscience des choses. Le père lui reste stoïque, calme. Il ne croit pas en l’escalade, il garde un sang-froid à toute épreuve même s’il s’inquiète beaucoup pour Yvette, sa femme. Maniaco-dépressive, le pays et les affres qu’il traverse la touche fortement, elle ne supporte plus grand chose et les crises se succèdent. Le ménage tient mais c’est rude et les enfants le ressentent. L’équilibre instable est très bien rendu, tout en subtilité et l’on s’attache très vite à eux.

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Les scénettes familiales alternent avec des points historiques très bien imbriqués. Ils sont nombreux mais pas du tout rébarbatifs. Loin des poncifs et de la propagande occidentale ou orientale, c’est mesuré, attaché aux faits et donne à voir les méandres méconnus des mécanismes en jeu. L'influence des deux grands sur les deux partis en présence, les destructions et les morts inutiles, les armes terrifiantes employées (le fameux agent orange), le ressenti des populations, les bouleversements quotidiens et les différentes phases du conflit nous sont relatés de manière claire et historiquement imparables.

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Les émotions sont nombreuses, variées et assez puissantes. On a la boule au ventre par moment, on rit aussi parfois face aux réactions des gamins et à cette nostalgie qui imprègne tendrement ces pages. En sous-texte, c’est aussi une belle réflexion sur l’idéal qu’il soit communiste ou catholique avec son lot d’espoirs et de désillusions... Vraiment cette œuvre est d’une profondeur incroyable et l’on tourne les pages sans s’en rendre compte avec un crayonné simple et cependant très évocateur. Un ouvrage qui dans son genre s’impose comme une belle référence. Laissez-vous tenter !


dimanche 30 janvier 2022

Accueil des nouveaux venus !

Avec la pandémie, forcément on bouge moins et surtout on ne fréquente plus trop certains hauts lieux de craquages comme notre cher Emmaüs. Cependant, à l'occasion d'une promenade ou de courses, il nous arrive de tomber sur une boîte à livre ou sur un magasin de revente d'objets de seconde main. On revient souvent "brocouille" (comme on dit dans le bouchonnois) mais parfois, il arrive qu'on tombe sur une ou plusieurs pépites... Voici aujourd'hui la présentation des nouveaux venus dans nos PAL respectives, trouvailles effectuées lors des trois derniers mois de 2021.

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Pas mal de titres prometteurs, non ? On retrouve comme d'habitude des auteurs qu'on apprécie et dont on a hâte de retrouver la plume. Mais il y a aussi des quatrièmes de couverture qui ont pu attirer notre regard et attiser notre curiosité. Suivez le guide avec la présentation qui suit, il y a en plus un petit bonus en fin de post.

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(Premier lot pour ma PAL)

- Du domaine des murmures de Carole Martinez. C'est deux jours après que ma documentaliste en ait parlé de manière fort élogieuse que je tombai inopinément sur cet ouvrage d'une auteure qui m'avait drôlement séduit avec Le Coeur cousu lu en 2016. Carole Martinez nous plonge en plein Moyen-âge pour suivre le destin tragique d'Esclarmonde, une femme insoumise qui décide de se consacrer à Dieu en se faisant emmurée vivante ! Ça ne sent pas la joie de vivre mais j'en ai tellement entendu du bien que je pense que je vais passer un bon moment.

- Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter. Ma Madeleine de Proust de ces acquisitions avec cet ouvrage lu en 6ème (de mémoire) et qui m'avait marqué. Deux enfants inséparables dont un de confession juive en Allemagne sous le régime nazi puis la Seconde Guerre mondiale, ces quelques mots suffisent pour donner la tonalité et les enjeux de cet ouvrage que je prendrai grand plaisir à relire avec mes yeux d'adulte. Je vais préparer mes mouchoirs, dans mes souvenirs c'était rude.

- Mémoires d'un jeune homme dérangé de Frédéric Beigbeder. Il s'agit du premier roman de l'auteur, personnage bien barré à lui tout seul et qui livre ici une fenêtre sur sa vie débridée de l'époque. Typiquement le genre de lecture que j'aime, qui détend et fait délirer à la fois. On peut faire confiance à Beigbeder pour user de sa verve sarcastique et nous emporter loin de la réalité !

- Le Déclin de l'empire Whiting de Richard Russo. C'est LE pavé de ces nouvelles acquisitions et c'est un coup de poker... J'espère que je ne me suis pas planté en l'adoptant ! Bon il s'agit tout de même du prix Pulitzer 2002, une fresque romanesque dans l'Amérique d'aujourd'hui entre petites misères et grande décadence, secrets de famille et lutte pour l'affirmation de soi. Ça sent quand-même très bon cette affaire !

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(Et un deuxième lot pour ma pomme !)

- Seven dials d'Anne Perry.  J'aime beaucoup cette auteure et quand l'occasion se présente j'aime ramener un de ses livres à la maison. On retrouve dans celui-ci l'enquêteur Thomas Pitt plongé en plein secret d'État avec un crime qui pourrait mettre à mal la couronne. Du policier classique comme je les aime en plein XIXème siècle, le combo qui tue !

- Riches, cruels et fardés d'Hervé Claude. Là encore une quatrième de couverture plus que convaincante et un auteur que je vais découvrir avec cette histoire se déroulant dans un hôtel quatre étoiles en Australie, coupé de tout et où les morts vont s'accumuler. Le postulat est classique mais c'est le genre de jeu de massacre littéraire que j'aime beaucoup (surtout quand ça dessoude chez les nantis). Wait and read !

- Le Langage de Pao de Jack Vance.  Je ne dis jamais non à Jack Vance, un auteur prolifique, polymorphe et à la plume enivrante. Cet ouvrage a l'air bien étrange, le résumé à l'arrière est ésotérique. Il est question de modeler le comportement des humains en leur enseignant une langue nouvelle qui change de sens selon la catégorie de l'utilisateur. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Je trouve aussi...

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(Le lot de miss Nelfe ! Toujours plus raisonnable que moi, vous remarquerez...)

- La Couronne verte de Laura Kasischke.  Nelfe et Laura Kasischke, c'est une belle histoire d'amour littéraire. Elle était donc aux anges quand nous avons mis la main sur ce titre qu'elle n'avait pas encore lu. Deux jeunes femmes américaines parties fêter la fin du lycée au Mexique vont visiter avec un inconnu le fameux Chichen Itza. A priori ce n'était pas une bonne idée... Plume magique et un don certain pour explorer la psychologie de chacun, ses failles et ses égarements, je pense que ma douce va passer un beau et grand moment de lecture.

- La Cage dorée de Camilla Läckberg. Encore une auteure que Nelfe adore, décidément elle en a de la chance dans nos errements de boîtes à livres à boîtes à livres. Il s'agit ici d'un one-shot (il n'appartient donc pas à la série de romans avec Erica Falck comme héroïne). Camilla Läckberg verse ici dans le noir avec un mélange de trahison, rédemption et vengeance d'une femme qui a tout sacrifié pour un mari qui va la tromper. Il faut se méfier d'une femme en colère et l'héroïne du roman va rendre coup pour coup. Clairement un ouvrage pour ma douce...

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(Et un dvd bonus !)

Ben oui, c'est suffisamment rare dans une boîte à livres pour être soulignée : un DVD ! On ne court pas après mais il nous manquait le troisième élément de la trilogie de Christopher Nolan consacré à Batman (chronique lors de sa sortie ciné ici). Un ton en dessous du précédent (aaaah ! ce joker anarchiste complètement jeté !), il reste une belle pièce d'action stylisée et profonde. M'est avis que je vais le revoir très vite !

Voila voila, un beau bilan je trouve, riche en promesses d'heures de plaisir. Chroniques à venir au fil de nos lectures respectives. Vive la seconde main !

lundi 14 décembre 2020

"Les Chroniques de Durdane" l'intégrale de Jack Vance

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L’histoire : Sur la planète Durdane existe un ensemble de communautés disparates, le Shant, sur lequel règne l'Anome, aussi surnommé l'Homme sans Visage. Dans cette région, chaque femme, chaque homme se voit équipé à la fin de l'adolescence d'un torque explosif que l'Anome peut faire détoner à tout moment. La terreur qu'inspire ce juge et bourreau a maintenu une paix relative pendant des décennies.

Mais voilà que débarquent d'on ne sait où les Rogushkoïs, de féroces créatures humanoïdes qui massacrent les hommes et s'accouplent avec les femmes. Et contre lesquelles l'Anome ne prend aucune mesure particulière.

Parce que les Rogushkoïs ont tué sa mère, le jeune Etzwane se jure de découvrir l'identité de l'Homme sans Visage et de mettre un terme à son règne. Bientôt tous les secrets de Durdane tomberont aux pieds du jeune homme, brisés comme des jouets trop fragiles. Et il sera bien obligé de comprendre que le prix de la responsabilité est parfois exorbitant.

La critique de Mr K : Confinement et mauvais temps se conjuguaient de manière morose quand je jetai mon dévolu sur Les Chroniques de Durdane de Jack Vance qui trônait dans ma PAL depuis trop longtemps. J’avais besoin d’aventure, de dépaysement, de plonger dans un gros pavé qui propose une immersion dans un monde neuf et dangereux loin de la grisaille du quotidien. Je prenais pas trop de risque car chaque lecture de Vance s’est toujours révélée passionnante. Pas de suspens donc, ce fut encore une fois une lecture foisonnante et fascinante proposant une lecture addictive et un plaisir constant. Suivez le guide !

L’action se déroule sur la planète Durdane, un astre accueillant où les humains ont essaimé il y a déjà 9000 ans. Sur l’archipel de Shant, divisé en plus de 90 cantons, règne l’Homme sans visage, un despote qui fait régner l’ordre par la terreur qu’inspire un collier que chacun porte à partir d’un certain âge. À la manière de celui porté par les élèves du film culte Battle Royal, il peut exploser à n’importe quel moment lorsque vous avez transgressé une règle et que le dictateur décide de vous faire passer de vie à trépas. Le système fonctionne car un calme durable s’est installé sur le Shant, chaque communauté peut appliquer ses lois et règles, l’ordre du monde progresse dans un rythme lent et sans rupture.

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Etzwane, un jeune homme que rien ne distingue de la masse est né dans le Shant, dans une communauté très religieuse fondée sur des règles strictes mais lui aspire à autre chose. Fils d’un musicien errant, il a une énergie créatrice et une nature versatile qui l’empêchent de s’intégrer et de se sentir en accord avec les préceptes qu’on lui impose. Dans une première partie, on le découvre lui et sa mère, personnes à part aux caractères bien trempés. Sa génitrice est endettée jusqu’au cou pour racheter son indenture, elle n’est pas libre de quitter le canton et de changer de vie. Son fils a encore le choix lui et il finira par partir à l’aventure et construire son destin, on le suit durant une dizaine d’années dans son parcours chaotique entre travail et coups tordus.

Tout bascule quand le Shant est mystérieusement attaqué à divers endroits par les cruels et sauvages Rogushkois, des êtres sauvages qui pillent, violent et massacrent les communautés isolées. Le temps passe et l’Anome (titre officiel de l’Homme sans visage) ne réagit pas à ses actes innommables et lorsqu’en revenant dans son canton revoir sa mère, Etzwane la retrouve morte suite à une attaque des Rogushkois, il prend la décision de changer les choses et en premier lieu d’aller questionner directement l’Homme sans visage. Ce n’est que le début d’un voyage initiatique durant lequel notre héros va en apprendre beaucoup sur son monde et sa manière de fonctionner, sur les étranges créatures qui les attaquent et cachent un secret très lourd qui va changer à jamais sa vision des choses. Les révélations sont nombreuses, vont crescendo et proposent un voyage assez fabuleux dans son genre.

J’ai adoré les personnages. Comme toujours chez Jack Vance, on est loin des archétypes et des caricatures. Tout ici est nuance, construction savante et circonvolutions complexes. Le héros par exemple est loin d’être lisse, ses décisions et ses motivations portent même à confusion parfois, lorgnant avec les limites entre le bien et le mal. On flirte donc souvent avec Machiavel entre raison d’État et velléités plus personnelles. On croise nombre d’autres personnages tout aussi réussis mais dont la liste est trop longue pour ne pas tomber immédiatement dans l’itération assommante. J’ai particulièrement apprécié le chef de troupe de musiciens et son allant irrépressible, Ifness un historien venu de la terre pour étudier Durdane et qui est sensé ne pas intervenir dans le cours des choses ou encore un allié improbable qui finira par faire sédition entre deux volumes bien virevoltants. Très riche en développement personnel, cette trilogie est un régal pour les amateurs de destinées tortueuses et les psychés dérangées.

Véritable récit-monde, le contexte est d’une richesse incroyable avec une densité descriptive impressionnante mais jamais étouffante. On en apprend énormément sur Durdane en pénétrant dans les arcanes du pouvoir, l’organisation des différents cantons, les croyances et pratiques diverses qui ont cours dans le Shant. Dans la troisième partie, Etzwane élargit ses horizons, en parcourant un continent à demi sauvage le Caraz et partira même dans l’espace pour une quête désespérée. Lieux, ethnies et espèces sont donc passées au crible avec une légèreté de style louable et de tous le instants. Le dépaysement est total, l’immersion aussi. Durant plus de 600 pages, on est vraiment ailleurs entre réalisme crû, fantasy et SF avec une écriture qui fait merveille, que le temps n’affecte pas et qui au final procure un bonheur de lecture assez indescriptible.

Jack Vance frappe encore avec une édition vraiment superbe (manque juste une carte que j’ai par ailleurs trouvé sur le net) et une trilogie qui dépote et ravira les amateurs du genre. Courez-y si ce n’est déjà fait !

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mardi 9 juillet 2019

Six mois de craquages !

Post particulier aujourd'hui avec la présentation de toutes nos acquisitions effectuées en matière de livres d'occasion au cours des six derniers mois. Emmaüs, boîtes à livre, magasins discount et autres brocantes nous ont fait succomber plus d'une fois et par petites touches bien senties. Addict un jour, addict toujours ! Revenons donc sur l'étendue des dégâts...

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(Belle photo de famille, non ?)

Le butin s'avère très varié avec des livres que je recherchais depuis un certain temps, des auteurs chouchous dont il me manquait un titre ou encore des ouvrages prometteurs où le charme agit de suite par la couverture ou la quatrième de couverture sans que l'on puisse résister. Ce qui vous surprendra moins, c'est le fait qu'une fois de plus Nelfe a été beaucoup plus sage que moi. Une section spéciale lui sera tout de même consacrée en toute fin d'article !

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(Voyage en terres asiatiques...)

Quelques trouvailles bien sympathiques venues d'Orient aux éditions Picquier qui ne sont plus à présenter.

- "Les Chroniques de Zhalie" de Yan Lianke. Direction la Chine avec la chronique d'un village pauvre qu'une femme hors du commun veut transformer en cité flamboyante. Entre folie, ambition et parabole de la Chine moderne tournée en dérision, voila un ouvrage qui promet beaucoup.

- "L'Hiver dernier, je me suis séparé de toi" de Nakamura Fuminori. Roman noir japonais, l'ouvrage s'attache à suivre l'enquête d'un journaliste sur un photographe accusé de tuer ses modèles pour prendre un cliché de leur mort en direct... Attirance pour la perdition, on nous annonce des apparences trompeuses et une frontière de plus en plus mince entre raison et pulsions meutrières. Typiquement le genre d'ouvrage qui peut me plaire !

- "Le Jardin arc-en-ciel" d'Ogawa Ito. Une rencontre miraculeuse, un amour qui emporte tout sur son passage et le destin d'une famille pas comme les autres sont au programme de ce roman très apprécié sur la toile qui s'apparente à une ode à la tolérance et à l'acceptation des différences. Je suis intrigué par cet ouvrage qui ne tardera pas à quitter ma PAL tant il se dégage un charme inexpliquable de la quatrième de couverture.

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(Black is black !)

- "Peur blanche" de Ken Follett. Ce sera mon premier Ken Follett en dehors de ses romans historiques. Miam miam ! Thriller scientifique, ce livre a un postulat de départ des plus inquiétants : une terrifiante arme bactériologique a été dérobée et un vent de panique souffle sur la Grande Bretagne. J'ai hâte de découvrir cet auteur sous un jour nouveau, comme en plus il a bonne presse, je ne pense pas m'être trompé en adoptant ce volume !

- "Delirium Tremens" de Ken Bruen. Un roman policier venu d'Irlande qui a l'air particulièrement sombre avec un antihéros alcoolique et complètement borderline. Face au classement par la police d'affaires touchant à des jeunes filles retrouvées mortes noyées, il va reprendre du poil de la bête pour que justice soit faite. Ça a l'air bien hardboiled !

- "Magie maya" et "Le Sphinx" de Graham Masterton. Deux ouvrage d'un de mes auteurs favoris en littérature d'épouvante. Graham Masterton nous propose ici deux danses avec des démons et divinités démoniaques qui vont bouleverser pour notre plus grand plaisir les vies apparemment sans histoire de héros improbables. Cet écrivain est mon pêché mignon et j'ai vraiment hâte de le relire. M'est avis que je vais prendre un des deux volumes avec moi pour nos vacances.

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(Classique quand tu nous tiens !)

 - "Un Capitaine de quinze ans" de Jules Verne. Trop content d'avoir dégoté chez Emmaüs ce titre de Jules Verne qui m'avait échappé jusque là. Cette histoire d'adolescent se retrouvant à la barre d'un grand navire à voile à tout juste quinze ans a tout pour m'emballer. Il ira rejoindre après sa lecture ma collection d'ouvrages parus chez Hachette (superbe collection) de cet auteur qui a bercé mon enfance avec des romans immortels.

- "Le Fantôme des Canterville" d'Oscar Wilde. J'avais lu il y a quelques temps Le Portrait de Dorian Gray qui m'avait, je l'avoue, refroidi. Le style a vieilli à mes yeux et je m'étais ennuyé. N'étant pas rancunier, je vais retenter l'aventure Oscar Wilde avec ce recueil de nouvelles trouvé à prix d'or. Gageons qu'il me rabiboche avec cet auteur culte !

- "Les Âmes mortes" de Gogol. J'adore cet auteur que je n'ai plus pratiqué depuis de nombreuses années (avant le blog, c'est dire !). Ce roman appartient aux grands classiques de la littérature russe et nous conte l'odyssée d'un escroc pour acheter des âmes mortes (des serfs disparus) pour s'enrichir ensuite illégalement. On peut compter sur Gogol pour livrer un ouvrage remarquablement écrit et au passage un tableau satirique de la société russe de l'époque.

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(Mix de contemporains bien alléchants !)

- "Trilogie maritime" de William Golding. Sous la forme d'un journal intime, l'auteur culte de Sa Majesté des mouches nous invite à suivre le voyage vers les antipodes d'un jeune aristocrate anglais qui durant la traversée va perdre ses illusions et découvrir le monde, le vrai ! Cet ouvrage me fait vraiment de l'oeil, il me tarde de le découvrir et de replonger dans l'écriture à la fois subtile et puissante d'un des auteurs les plus doués de sa génération.

- "Katiba" de Jean-Christophe Rufin. Quel plaisir de tomber sur cet ouvrage de Rufin, un de mes auteurs chouchou ! Dans la lignée de son très bon Le Parfum d'Adam, il nous propose à nouveau un thriller avec le terrorisme en toile de fond, ici dans la mouvance islamiste. J'ai hâte de retrouver l'écriture à la fois simple et gouleyante d'un auteur qui ne m'a jamais déçu !

- La Conversation amoureuse d'Alice Ferney. Je vous avoue que je ne savais pas de quoi parle ce roman lorsque je l'ai croisé dans un bac de livres d'occasion. J'ai vu le nom d'Alice Ferney et je l'ai adopté directement étant un grand fan de cette auteure pas comme les autres qui propose avec chacun de ses ouvrages un voyage livresque puissant et marquant dans la durée. Après recherche sur internet, il est question d'un amour adultère nourrit par une passion féroce ! Hâte d'y être !

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(Voyages en terres étranges en vue !)

- "Brocéliande" de Jean-Louis Fetjaine. Voici un ouvrage que je recherchais depuis plusieurs années en occasion, il s'agit de la suite du Pas de Merlin de Jean-Louis Fetjaine, un autre auteur que j'apprécie grandement. Ce livre reprend l'épopée de Merlin là où on l'avait laissé et si je me souviens bien, il était en bien fâcheuse posture !

- "Le Dernier loup-garou" de Glen Duncan. Moi, Lucifer du même auteur m'avait totalement conquis lors de sa lecture, je vais remettre le couvert avec ce premier volume d'une trilogie prometteuse. Un vieux loup-garou suicidaire et blasé va faire une rencontre qui va changer totalement son existence, les avis de certains amis blogueurs sont parfois dithyrambiques concernant ce tome 1. Il ne me reste plus qu'à franchir le Rubicon !

- "Les Chroniques de Durdaine" de Jack Vance. Encore un hasard heureux avec cette intégrale de Jack Vance qui promet de l'aventure en pagaille, un univers SF bien barré et des révélations fracassantes sur un monde où les habitants sont contrôlés par la terreur (une variation autour du collier explosif à la Battle Royale - oeuvre cinématographique culte à mes yeux -). Considéré comme une oeuvre culte du space-opéra, m'est avis que cet ouvrage ne restera pas longtemps dans ma PAL !

- "Sargasso" de Edwin Corley. Un vaisseau spatial US se pose en plein triangle des Bermudes, un drame se noue alors mettant en prise directe mystères de l'espace, secrets sous-marins enfouis, manoeuvres politiques et phénomènes naturels stupéfiants. Le contenu m'attire fortement (toutes les thématiques me sont chères) et la couverture est sublime de surcroît. Y'a plus qu'à !

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(Futures lectures nelfesques !)

Comme promis, voici la section dédiées aux acquisitions de ma chère et tendre, sélection qui bien que moins dense promet de merveilleuses heures de lecture :

- "Fumiers et Cie" de Tom Sharpe. Auteur se situant entre les Monthy Python, les Marx brothers et le no-sense à l'anglaise, il est très apprécié de ma douce qui l'avait dégusté avec Wilt 1. On retrouve de nouveau son goût pour la satire au vitriol avec cette histoire totalement farfelue suivant des personnages déjantés. Je pense que Nelfe va bien s'amuser !

- "La Théorie des six" de Jacques Expert. Fan de thriller, Nelfe n'a pas hésité longtemps à acquérir cet ouvrage de Jacques Expert, un auteur que nous pratiquons assez régulièrement. Un tueur en série bien retors annonce qu'il va faire six victimes et lance un défi aux forces de l'ordre : pourront-ils l'arrêter avant la fin de son cycle ? On peut compter sur cet auteur pour maintenir le suspens jusqu'au bout. Nelfe vous dira ce qu'elle en a pensé lors de son retour de lecture.

- "Une pluie sans fin" de Michael Farris Smith. Là encore, Nelfe succombe à la tentation de replonger dans l'oeuvre d'un auteur qu'elle aime tout particulièrement avec son génial Nulle part sur la Terre et Le Pays des oubliés (qu'elle n'a toujours pas chroniqué la feignasse !). Ici, il verse dans l'anticipation à la mode La Route de McCarthy avec des USA coupés en deux suite à des aléas climatiques exceptionnels. C'est l'occasion pour Michael Farris Smith d'explorer les psychés humaines et de livrer en filigrane un portrait sans concession de son pays. Je le piquerais bien à Nelfe après sa lecture...

Il ne reste maintenant plus qu'à opérer des choix de lecture, lire encore et toujours pour voyager, se transcender, explorer notre humanité, rire, pleurer, s'indigner et encore et toujours prendre du plaisir. Nos PAL bien descendues depuis quelques mois reprennent du poil de la bête... Belle variation autour du mythe de Sisyphe, non ? Comptez sur nous en tout cas pour vous faire partager ces futurs moments qui je n'en doute pas seront intenses et susceptibles de vous intéresser.

lundi 8 juillet 2019

"Terre il faut mourir" de James Blish

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L’histoire : De mort naturelle ou de mort violente, il faudra bien, sans doute, que la Terre meure un jour. Cependant, d'ici là, même s'ils ne parviennent jamais à embrasser le temps dans la vision panoramique que leur donnerait l'omniscience, les hommes peuvent espérer avoir colonisé assez de planètes pour que la fin de la Terre ne signifie pas la fin de l'humanité. Mais le prix de cette conquête de l'inconnu - conquête simultanée de l'espace et du temps - est souvent l'équilibre mental de ceux qui la tentent.

La critique de Mr K : Voilà un petit bout de temps que cet ouvrage traînait son ennui dans ma PAL. À la faveur du mois de juin, je décidai de l’exhumer après avoir lu des avis très concluants sur cet auteur apprécié dans le milieu de la SF et que je n’avais toujours pas lu jusque là. Terre il faut mourir a donc été un test pour moi pour découvrir James Blish et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne s’est pas révélé concluant...

Huit nouvelles constituent ce recueil et malheureusement un certain nombre d’entre elles ne m’ont pas plu du tout, la faute essentiellement à un style très ampoulé, des récits pas si originaux que ça, mais aussi une quatrième de couverture qui trompe un peu sur la marchandise. Je m’attendais à des récits sur la fin de notre belle planète bleue, ce qui s’est révélé ne pas être le cas. Je vous en dis plus de suite !

L’ouvrage débute avec Les Pompes cervelles, un récit qui se déroule sur une Terre marquée par une guerre ouverte entre les USA et l’URSS (on sent l’histoire écrite du temps de la Guerre Froide). Une unité du bloc ouest va explorer le site d’un crash et tenter de soutirer des informations au pilote décédé grâce à la technologie de pointe en vogue. Sur place, ils vont découvrir une activité cérébrale étrange qui ne semble pas venir de notre planète... Bien que suranné dans son écriture, ce récit fonctionne bien avec notamment une fin surprenante que l’on ne voit pas venir avec au passage une charge antimilitariste qui n’est pas pour me déplaire. Dans L’affaire du VS1, un astronaute seul sur une station orbitale pète un plomb dans les grandes largeurs : il veut larguer une bombe atomique sur Washington DC ! Confondant le réel et l’irréel, il croit avoir un équipage et recevoir des ordres... Un homme est envoyé pour lui faire entendre raison. Là encore, ça marche bien, on lit l’histoire avec un plaisir renouvelé malgré une forme parfois marquée par le temps. Reste cependant des personnages un peu caricaturaux et une folie galopante qui aurait méritée d’être plus fouillée...

Dans Sautes de temps, un astronaute se réveille durant son voyage vers Alpha du Centaure. Il se rend compte avec stupeur que le temps est déréglé et qu’il doit repenser systématiquement à chaque action qu’il doit effectuer. Cette nouvelle riche en promesses retombe comme un soufflé. Finalement très classique dans son contenu, elle se révèle indigeste à la lecture. Dommage dommage... Dans Oeuvre d’art, Richard Strauss est vivant ! Du moins, son esprit à été reconstitué et il recommence à écrire des pièces musicales, essayant d’atteindre l’apogée de son art. La fin m’a totalement pris au dépourvu, la nouvelle s’avère très plaisante à lire avec notamment un rythme soutenu qui garde captif le lecteur. On enchaîne avec Le Joueur de flûte. Les hommes se sont réfugiés sous Terre suite à une guerre bactériologique désastreuse. Des solutions s’opposent pour reconquérir la surface, les personnages s’entre-déchirent à ce propos. Raison d’État, mensonge, manipulation des populations sont au menu de ce court texte plutôt bien mené même si la forme se révèle rébarbative. À noter le parallèle intéressant avec le conte éponyme.

Dans Les Étoiles sont des prisons, un vaisseau voyage vers Titan avec un équipage et des passagers. Grâce à un nouveau moyen de propulsion, on peut aller plus loin plus vite mais gare aux mauvaises surprises ! Télépathie généralisée, l’infiniment petit, l’enfermement et ses conséquences sur un groupe humain sont autant de thématiques qui m’ont semblé sous-exploitée ici avec un style franchement repoussoir. Mauvaise pioche encore une fois ! La nouvelle suivante Bip nous présente une agence spéciale qui peut prévoir l’avenir et envoie des agents pour faire respecter ces prédictions. Sous fond de guerre galactique avec une bonne dose d’espionnage, l’ambiance de cette nouvelle est bien prenante, on se prend au jeu et malgré un style toujours ampoulé, on passe un bon moment. Le recueil se termine avec la nouvelle éponyme Terre il faut mourir qui nous parle de la nécessaire conquête spatiale pour l’Homme qui détruit à petit feu sa planète d’origine. Sous la domination d’un pouvoir matriarcal (et oui !), le héros va rencontrer une intelligence extra-terrestre qui lui annonce la destruction définitive de la Terre. Sympathique mais pas transcendante, cette lecture a le bénéfice de poser des questions très intéressante sur l’Homme, son développement et son rapport à sa planète mais franchement, là encore, il n’y a pas de quoi crier au génie.

Je suis donc ressorti plutôt déçu de cette lecture, je suis pourtant amateur du genre et de cette époque littéraire. Malheureusement, le temps a passé et les textes ont vraiment vieilli. La tentation fut grande d’abandonner cette lecture a de multiples reprises, j’ai tout de même voulu donner sa chance jusqu’au bout à cet auteur. Force est de constater qu’il ne m’aura pas transcendé et que je ne le pratiquerai sans doute pas de nouveau... À réserver uniquement aux fans de James Blish et aux amateurs transis de SF vintage de chez vintage !

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dimanche 20 janvier 2019

Premiers craquages de 2019 !

Et oui ! 2019 a débuté depuis peu et nous avons déjà craqué en matière d'ouvrages d'occasion. Bon en fait, surtout moi, mais cela ne vous surprendra pas, Nelfe a toujours su être plus raisonnable que moi en la matière. Mais bon, on ne se refait pas et comme je ne crois pas aux résolutions de début d'année, je n'avais rien promis... Vous retrouverez dans ce post des articles dégotés à prix vraiment très bas dans notre recyclerie locale et dans notre très achalandé Emmaüs, deux hauts lieux de chinage qui décidément nous déçoivent rarement ! Regardez-moi ça !

Ensemble janv 19

De belles prises, non ? Pour éviter de définitivement plomber ma PAL qui dépasse allégrement les 200 ouvrages dormants, j'essaie désormais d'aller vers des auteurs et des ouvrages que je souhaite absolument lire. Ça réduit un peu le degré de tentation même si ça ne permet pas d'éviter tous les écueils. Le butin est en tout cas bien alléchant et je m'en vais vous le présenter en détail !

Contemporain janv 19
(Ouvrages contemporains en pagaille)

- Les Vivants et les morts et La Brigade du rire de Gérard Mordillat. Un auteur que j'adore et sur lequel je fais coup double ! Je suis justement en train de lire son dernier (Ces femmes-là) qui dépote. J'aime la langue simple et truculente de l'auteur, son engagement à gauche et sa façon d'aborder les problèmes sans fioriture. Typiquement le genre de littérature qui me parle, fait réfléchir et donne du baume au coeur dans un monde devenu fou à mes yeux. Ils ne resteront pas longtemps dans ma PAL même si je vais essayer d'espacer mes lectures pour éviter l'overdose.

- Dans l'or du temps de Claudie Gallay. Une autre auteure que j'affectionne tout particulièrement. Depuis ma lecture enthousiaste des Déferlantes, dès que je vois un Claudie Gallay trainer dans un bac, je ne peux pas résister ! Elle nous raconte ici la rencontre improbable entre un homme père de famille et une vieille dame singulière qui va finir par se confier sur sa vie passée haute en couleur. On peut compter sur l'auteure pour nous dévoiler des personnages attachants et profonds, raconter les fêlures intimes voir l'indicible au détour d'un récit enlevé. Hâte d'y être !

- Hors d'atteinte d'Emmanuel Carrère. Encore un auteur que je pratique régulièrement et qui ne m'a jusque là jamais déçu. Il nous propose dans ce roman de suivre Frédérique, une prof de collège qui va tomber dans l'addiction au jeu et remettre sa vie au main du hasard par pur défi. On peut compter sur Emmanuel Carrère pour nous proposer un récit vertigineux à partir d'un point de départ basique. Je pense que ce sera encore une lecture plaisante.

- Comment j'ai raté mes vacances de Geoff Nicholson. Voici ma prochaine lecture, j'ai enfin réussi à trouver un ouvrage fun et décalé. J'enchaine les lectures sombres et pessimistes, il est bon aussi de bien rigoler parfois un livre à la main ! Croisement entre Tom Sharpe et les Marx Brother, l'auteur nous invite à passer des vacances en compagnie d'Éric et sa famille. À priori, rien ne se passe comme prévu et l'on croise un nombre impressionnant de personnages plus branques les uns que les autres. M'est avis que ça devrait me plaire ! Je vous en reparle très bientôt sur IG!

Imaginaire janv 19
(Pour quelques livres de genre en plus...)

- L'Oeuf du dragon de George R. R. Martin. En attendant que le maître incontesté de la lenteur d'écriture nous offre ENFIN la conclusion de sa saga, je suis tombé sur ce petit volume se déroulant avant Le Trône de fer. Ça me fera patienter et je suis impatient de passer quelques temps en compagnie du chevalier sans terre et surtout de son écuyer, un certain Aegon Targaryen ! Conspiration, baston et voyages en terres lointaines sont au programme. Ce volume ne restera certainement pas bien longtemps dans ma PAL, Westeros me manque trop !

- Druide d'Oliver Peru. Voici un volume qui m'avait fait de l'oeil plusieurs fois lors de nos séjours successifs aux Utopiales. Le hasard fait donc bien les choses, j'ai hâte là aussi de me plonger dans la lecture de cet ouvrage de fantasy mettant en lumières le culte druidique, protecteur du monde. Un crime va remettre tout en cause provoquant le chaos et le désordre. Précédé d'une excellente réputation, cet ouvrage promet beaucoup. Qui lira, verra!

- L'Univers en folie de Fredric Brown. Petit détour par la science fiction avec un auteur qui n'est plus à présenter et qu'il fait bon fréquenter régulièrement quand on est fan du genre. Suite à un accident lors d'un lancement de fusée, un journaliste renait dans un monde parallèle où il va devoir se confronter puis conjuguer avec son double. L'expérience promet d'être fascinante et complètement décalée.

- Le Djinn de Graham Masterton. Un petit ouvrage de terreur enfin avec un Graham Masterton auquel je ne peux pas résister non plus ! Un objet ancien venu de l'autre bout du monde, un esprit malveillant qui ne demande qu'à être libéré, une obsession dangereuse, un auteur aimant la démesure et à l'écriture addictive... Ce sont les ingrédients idéaux pour fournir un bon récit fantastique et gore. Le genre de lecture-récréation qui ne se refuse pas !

Thriller janv 19
(LA trouvaille de Nelfe !)

- Les Morsures de l'ombre de Karine Giébel. Une auteure que ma douce a découvert sur le tard mais qu'elle a beaucoup apprécié sur sa première lecturede Toutes blessent la dernière tue (chronique à venir quand elle le voudra bien...). Nelfe est une grande amatrice de thriller devant l'éternel, nul doute que cette histoire d'homme mis en cage suite à un RDV amoureux va lui plaire. On nous parle en quatrième de couverture de frontières floues entre bourreaux et victimes, de hasard inexistant et de psychologie torturée... Purée ça promet !

Au final, on n'est pas peu fiers de nos achats. Malgré une grille de sélection plus resserrée, on a vraiment de très bons dealers de livres de seconde main dans notre secteur et cela promet encore de très bonnes heures de lecture. La PAL ne s'en porte pas mieux mais que voulez-vous, quand on aime, on ne compte plus! Suite au prochain numéro, lors des chroniques à venir dans les jours, semaines, mois et années à venir !

lundi 14 janvier 2019

"Procédure d'évacuation immédiate des musées fantômes" de Serge Brussolo

brussolo

L'histoire : Dans un Paris en partie vitrifié par un récent conflit nucléaire, la crise énergétique fait rage. Pour remédier à la pénurie, un groupe de savants a imaginé de convertir l'âme des morts en électricité. Désormais, les kilowatts sortent tout droit des cimetières ! L'énergie-fantôme, c'est la mort mise au service de l'électroménager, c'est l'au-delà commandé par un interrupteur, le fleuve des morts qui court sur le filament d'une ampoule électrique, le carburant d'outre-tombe grâce auquel vous pourrez, demain, mettre un fantôme dans votre moteur ! Mais comme l'apprendra Georges, le médium-dépanneur qui guérit les téléviseurs par simple imposition des mains, l'énergie-fantôme, c'est aussi... l'enfer !

La critique de Mr K : Retour sur une lecture bien space aujourd'hui avec une nouvelle incursion chez un de mes auteurs français préférés : Serge Brussolo. Écrivain à l’œuvre multiforme, dans Procédure d'évacuation immédiate des musées fantômes, on se retrouve dans un univers SF où l'anticipation se fait rageuse et particulièrement préoccupante. Même si l'ouvrage n'est pas exempt de défauts, j'ai passé un excellent moment, voici pourquoi...

Suite à une guerre nucléaire généralisée, la planète Terre est irrémédiablement changée. Les trois quarts de la population a disparu et les sociétés qui se relèvent péniblement du désastre doivent faire face à une crise énergétique sans précédent. L'énergie de l'atome étant désormais bannie et totalement tabou (on le comprend aisément !), les hommes ayant perdu les savoirs liés à l'énergie solaire, ils se rabattent sur une ressource nouvelle : la conversion des âmes des morts en énergie pure ! Ainsi, on peut même se servir des morts pour améliorer le sort des vivants ! Vous vous imaginez bien qu'en jouant aux apprentis sorciers et aux nécromants d'un nouveau genre, l'homme court à sa perte. Le lecteur s'en rendra compte en suivant les destins croisés de Georges, médium-dépanneur pour objets "possédés" et Sarah, une jeune femme tout feu tout flamme qui travaille pour une mystérieuse organisation dirigée par l'État. Quel lien y'a-t-il entre ces deux êtres que tout semble séparer ? Que cache vraiment cette nouvelle technologie ? Voila les deux questions principales qui vont guider le lecteur durant sa lecture.

Ce roman est assez bluffant dans son approche d'un monde post-apocalyptique. On s'y croirait vraiment avec des descriptions hallucinantes de sociétés à l'agonie où les tensions sont nombreuses. Villes semi-désertes, groupes de pression extrémistes en goguette dans les rues (fortement teintés de bleu-marine...), habitants calfeutrés dans leurs logements vivant quasiment en autarcie et bâtiments détruits / vitrifiés, figures errantes et hagardes dans les rues... On prend tout cela en pleine face dès les premiers chapitres qui plantent d'entrée de jeu une ambiance pesante et un climax oppressant. Sans pour autant alourdir la lecture, ces passages plus contemplatifs qu'autre chose donnent à voir un monde déchiré et en proie à une déchéance qui semble inéluctable. Et puis, il y a l'utilisation au quotidien par tous de cassettes renfermant l'énergie tant convoitée mais qui parfois fait se détraquer les objets qui les utilisent... Cet élément proche du fantastique donne une saveur alors toute particulière à un ensemble déjà bien singulier.

Au milieu de tout ça, on retrouve deux personnages attachants aux motivations bien différentes et au charisme certain. L'auteur s'amuse beaucoup avec eux, nous menant sur de fausses pistes et les hypothèses les plus folles. Entre un réparateur doué de pouvoirs surnaturels ayant du laisser tomber sa famille (femme et fille) au profit d'une cause supérieure et une jeune fille qui va de découverte en découverte sur la vraie nature de ses activités, on navigue vraiment en eaux troubles. Certes on devine certaines choses assez vite, mais on se plaît à suivre ces existences bouleversées qui tendent à se raccrocher à tout ce qui pourrait donner du sens à leur vie. Quand la roue tourne ou qu'une révélation a lieu, gare aux dégâts! Crédibles et en constante évolution, Georges et Sarah sont vraiment des personnages à part, toujours sur le fil du rasoir. Ces deux existences malmenées vont être confrontées à une vérité pas forcément bonne à entendre et qui aura des répercussions énormes sur leurs existences respectives.

Bien mené, le roman se lit vite et bien. On oscille entre polar, roman initiatique, SF et même fantastique dans une aventure rythmée et séduisante. On peut cependant déplorer par moment quelques lenteurs, des scories narratives pas forcément très utiles mais quand l'auteur revient à l'essentiel, quelle claque ! Méandres de l'esprit humain, les effets de choix hasardeux, la raison d'État qui sacrifie des innocents sont certains des nombreux thèmes que l'on trouve traités dans ce volume bien malin où l'on retrouve l'imagination débordante de l'auteur et son goût pour les intrigues tortueuses. Un très bon livre de SF, à recommander aux amateurs du genre, friands d'écrits différents et originaux.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur :
"Le Syndrome du scaphandrier"
"Bunker"
"Les Emmurés"

"Avis de tempête"
"La Main froide"
"Pélerin des ténèbres"
"La Fille de la nuit"
"La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond"
"Le Livre du grand secret"
"Trajets et itinéraires de l'oubli"
"Le Nuisible"
"Le Murmure des loups"
- ''Le Cycle des ouragans"
- ''L'Armure de vengeance"

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lundi 21 mai 2018

"Persistance de la vision" de John Varley

persistancedelavision

L’histoire : Être homme ou femme, quelle importance quand on peut changer de sexe à volonté ? Être jeune ou vieux, beau ou laid, où est le problème quand l’ingénierie génétique vous rapetisse ou vous rallonge, vous greffe un œil ou un poumon aussi facilement que vous rafistolez votre mobylette ? Et la mort direz-vous ? Eh bien, vous la saluerez d’un pied de nez puisque votre banque a stocké vos gènes et vous fabriquera un clone si vous succombez à un accident ! À condition évidemment, que vous ne restiez pas coincé dans l’ordinateur...

La critique de Mr K : Retour à la SF aujourd’hui avec une chronique concernant un recueil de quatre nouvelles de John Varley : Persistance de la vision date de 1978. Je l’ai dégoté lors d’un chinage de plus chez notre abbé préféré, ne demandant qu’à être embarqué : couverture fascinante, quatrième de couverture intrigante et une réputation flatteuse de l’auteur m’ont convaincu de l’adopter et de lui faire rejoindre ma PAL dont il est d’ailleurs sorti très vite ! Force est de constater que malgré ses quarante ans d’âge, cet ouvrage a gardé toute sa force évocatrice et interroge toujours autant sur notre nature profonde et la course à la technologie.

Dans le chaudron, la nouvelle qui ouvre le recueil nous propose de suivre le sillage de Kiku, un géologue amateur de Mars qui décide de prendre des vacances sur Vénus pour assouvir sa passion et donner du peps à son existence devenue aseptisée. Dans ce futur lointain, les êtres humains ont une longévité accrue, il a soixante-treize ans mais en paraît trente grâce à la technologie médicale qui permet de remplacer n’importe quel organe ou partie du corps en un temps trois mouvements, du moins si l’on est assez fortuné pour cela. Sur Vénus, il va rencontrer une jeune femme étrange qui va s’improviser guide et le sensibiliser malgré lui à des aspects méconnus de sa personnalité et de sa vie. On vire, vous l’avez compris, dans le voyage initiatique, la prise de conscience de soi et l’ouverture à l’autre. Un pur plaisir de lecture qui fait la part belle à l’humanisme et le retour à la simplicité des choses.

La nouvelle suivante qui s’intitule Dansez, chantez voit un homme et son symbiose doué de raison aborder une base spatiale où ils vont vendre un morceau de musique de leur composition. Très étrange, il faut s’accrocher lors de cette lecture qui sort des sentiers battus car l’auteur aime à faire se chevaucher les points de vue et l’on s’égare facilement. On se rend finalement vite compte que l’intérêt réside dans le dialogue avec l’habitante principale de la station (la bien nommée Xylophone -sic-) qui symbolise l’humanité perdue du héros qui n’éprouve plus le monde que grâce au symbiose qui l’enveloppe, coexiste avec lui et lui fournit des sensations pré-calculées. Clairement, cette nouvelle fait froid dans le dos et propose une vision très pessimiste de l’humain qui se déshumanise irrémédiablement, confiant ses sentiments et ressentis à une entité étrangère. Très très dérangeant.

Trou de mémoire reste dans le domaine de la réflexion sur l’humain et son âme. Dans cette nouvelle, le héros transfère son esprit dans un animal pour goûter à la vie sauvage le temps de quelques heures, son corps étant conservé bien au chaud en attendant. Malheureusement pour lui, la société concernée l’a égaré et nous suivons donc l’esprit du patient en perdition dans un bloc mémoriel informatisé. Visions délirantes, angoisses prégnantes et plans sur la comète l’assaillent et nous suivons bouche bée un voyage intérieur vraiment tripant. Désarçonnant mais compréhensible, ce récit m’a vraiment séduit par les thématiques qu’il aborde et que l’on peut facilement transposer à soi, comme si cette expérience malheureuse avait le don de révéler au héros malheureux les priorités à suivre dans une vie humaine. Un petit bijou bien psychédélique et en même temps fort éclairant.

Le recueil se termine avec Les yeux de la nuit, récit un peu plus long que l’on pourrait apparenter à un croisement bien strange entre Sur la route de Kerouac et Les portes de la perception d’Huxley (deux classiques cela va sans dire !). Seul récit se déroulant au XXème siècle mais dans une dystopie où le monde est en bien piteux état avec des crises économiques à répétition, des accidents nucléaires notamment ; le héros décide de partir vers la Californie, toujours plus loin vers l’ouest. Il cumule les expériences jusqu’à sa découverte d’une communauté de sourds, aveugles et muets à laquelle il va s’attacher et se mêler. Il va y faire de nombreuses expériences et notamment y apprendre un langage unique basé sur le corps. Découverte de l’autre, communautarisme bienveillant et pacifique, unité totale du groupe et effacement de l’individu l’amènent à penser autrement, à sortir des carcans dans lesquels il s’enfermait. Poésie, sensualité et tendresse sont au RDV d’une nouvelle différente des autres sur laquelle souffle une étrangeté bienvenue qui donne à voir une forme d’utopie tout droit sortie des seventies.

Au final, ce fut une lecture vraiment différente de ce que je peux lire d’habitude en SF. Réflexive, tordue, poétique, prospective, le voyage est vraiment séduisant, alterne moment barrés et passages plus paisibles avec au centre des préoccupations la notion d’humanité, de progrès scientifique périlleux et de partage. C’est à la fois beau, troublant et cela provoque de nombreuses réflexions pour le lecteur curieux d’en apprendre plus et de partir loin, très loin au détour de textes marquants et que l’on parcourt avec un plaisir renouvelé. Une belle expérience que je vous invite à tenter si vous êtes amateur d’une SF différente.

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lundi 2 avril 2018

Craquage chez l'abbé (part I)

En février dernier, Nelfe et moi sommes allés chez notre abbé préféré pour fouiner un peu du côté des rayonnages de livres. Pour une première en 2018, on a fait fort ! La preuve, il faudra pas moins de deux billets pour vous décrire le butin en commençant aujourd'hui par les ouvrages appartenant au domaine de l'imaginaire au sens large. Regardez plutôt !

Acquisitions avril ensemble

Comme d'habitude, le hasard fait bien les choses et il y avait vraiment de quoi se régaler lors de notre visite avec des auteurs que j'affectionne et dont certains titres m'étaient encore inconnus et des découvertes vraiment intrigantes qu'il me tarde de faire lors de leurs lectures. Pas d'ouvrage pour Nelfe cette fois-ci, elles viendront lors du second billet sur les ouvrages de littérature plus contemporaine. Allez, c'est parti pour le grand déballage !

Acquisitions avril Denoel
(Le charme intemporel des couvertures vintage de la collection Présence du futur)

- Noô 1 de Stefan Wul. Un auteur auquel je ne peux pas dire non et qui propose bien souvent des oeuvres inclassables que certains aiment appelés "délires lucides" ou "surréalisme rationnel". C'est bien barré en tout cas et en matière de SF le Monsieur s'y entend. il est ici question de migration forcée à travers l'espace et de questionnements sur le pouvoir. Le héros réfugié sur une autre planète va connaître bien des déboires et se révéler à lui-même. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que cet ouvrage sera une belle expérience de lecture.

- Le Coeur désintégré de Théodore Sturgeon. J'adore cet écrivain et avec ce recueil de cinq nouvelles autour de l'amour, la haine et le coeur qui comprend tout, ce sera ma première incursion dans ses récits courts. J'ai hâte de m'y frotter tant chaque lecture de Sturgeon s'est révélée un délice de chaque instant entre vision neuve et écriture séduisante à souhait.

- Persistance de la vision de John Varley. Des nouvelles encore avec ce recueil qui m'a fait de l'oeil avec une quatrième de couverture faisant la part belle à l'immortalité possible grâce à l'ingénierie génétique. On imagine qu'au delà du progrès technique, ces trois textes seront l'occasion pour l'auteur (que je découvrirai lors de cette lecture) d'aborder des thèmes plus philosophiques comme la notion de morale et d'éthique mais aussi de désir et d'accomplissement de soi, des thématiques qui m'intéressent tout particulièrement lorsqu'on aborde le genre SF.

Acquisitions avril j'ai lu folio
(Un beau mix fort prometteur !)

- Visages volés de Michaël Bishop. Présenté comme une puissante métaphore de la colonisation, cet ouvrage met en scène un monde civilisé reléguant à la marge des êtres repoussants de par leur apparence physique. Le nouveau responsable de cette communauté honnie par les puissants va prendre au fur et mesure fait et cause pour eux, liant son destin au leur et devra faire face à une vérité que les humains ne sont pas forcément prêt à entendre. Un pitch accrocheur pour un roman à la très bonne réputation. M'est avis que je suis tombé sur une belle pièce littéraire !

- Mainline de Deborah Christian. Là encore, c'est le résumé du dos qui m'a séduit avec une trame se déroulant sur une planète aquatique dévolue au commerce sous toutes ses formes notamment les plus malhonnêtes. Au coeur de l'intrigue une femme-assassin aux pouvoirs très étendus dont celui de voir les futurs alternatifs qui s'offrent à elle. Mais tout pouvoir à son revers... Un roman de SF entre space-péra et cyberpunk, un mix intéressant à première vue qu'il faudra confirmer à la lecture.

- Cugel saga de Jack Vance. Ca fait un bon bout de temps que je n'ai pas lu un Jack Vance, auteur très prolifique qui m'a à chaque fois bluffé et complètement emporté avec lui dans des univers riches pour des voyages immersifs. Il est ici question de vengeance dans un univers fantasy avec son lot de sorciers, de magiciens, de voleurs et de royaumes en péril. Miam miam !

Acquisitions avril j'ai lu folio 2
(Roooooo, que de promesses encore !)

- Un Monde d'azur de Jack Vance. Même auteur mais dans de la SF pure et dure. Dans un monde sans consistance, fait d'océan, d'air, de soleil et d'algues, les habitants n'ont pas à se soucier de leur survie car la nourriture leur est distribuée en abondance à condition qu'ils nourrissent régulièrement le roi qui les protège. Mais ce dernier est-il un Dieu ou un monstre marin ? Drôle de résumé pour un ouvrage qu'il me tarde de découvrir lui aussi.

- Hérésie et Inquisition d'Anselm Audley. Ce sont les deux premiers tomes d'une trilogie de fantasy que je ne connaissais ni de nom ni de réputation. Le cycle se déroule sur une planète géante en grande partie recouverte d'océan où des fanatiques religieux tiennent le pouvoir d'une main de fer. Mais la résistance s'organise... C'est le genre d'achat coup de poker que j'affectionne. Qui lira, verra !

Acquisitions avril mix
(Un dernier mélange pour la route !)

- Pire que le mal de Jay R. Bonansinga. Un petit tour dans la dimension Terreur avec une histoire de stripteaseuse condamnée par un cancer qui guérit miraculeusement grâce à une technique d'auto-hypnose. La contre-partie est cependant inquiétante car elle semble avoir réveillé quelque chose d'épouvantable qui était en dormance depuis son plus jeune âge. Typiquement le genre de résumé qui me fait craquer, à confirmer lors de la lecture !

- La Magnificence des oiseaux de Barry Hughart. Un livre qui semble n'être qu'un pur délire mélangeant enquête, Histoire et éléments fantastiques. Impossible à résumer sans trahir une quatrième de couverture bien space. Décrit comme un mélange improbable (mais réussi !) du Juge Ti et de Terry Pratchett (deux références qui me parlent), j'attends de voir ce que cela va donner !

- La Malédiction des rubis de Philip Pullman. J'ai sauté sur l'occasion lorsque j'ai croisé la route de cet ouvrage. J'ai littéralement dévoré la trilogie de La Croisée des mondes et il me tardait de replonger dans un livre de cet auteur au talent immense. Il est ici question d'une jeune fille intrépide qui se retrouve seule dans le Londres inquiétant de l'époque victorienne et qui va devoir percer les secrets d'un rubis très convoité qui attise la mort autour de lui. Trop hâte d'y être!

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Voila pour cette première partie d'achats qui, vous en conviendrez, sont sources de promesses de lectures tantôt passionnantes tantôt intrigantes. Ils vont désormais rejoindre leurs petits camarades en attendant d'être choisis. Très vite, je vous reparlerai des acquisitions de cette session Emmaüs février 2018 avec le reste des ouvrages qui se sont faits adopter. 

mercredi 28 février 2018

"Le Monde englouti" de J. G. Ballard

Ballard

L'histoire : Au III° millénaire, le Terre n'est plus peuplée que de cinq millions d'habitants. Le Soleil a changé de forme et s'est rapproché de notre planète, entraînant une formidable diminution des terres émergées, envahies désormais par la jungle où des reptiles colossaux ont remplacé les mammifères. Comment survivre dans ces conditions, surtout quand des bandes de pirates recherchent sans relâche les trésors engloutis ?

La critique de Mr K : Chronique d'une lecture bien particulière aujourd'hui avec un titre considéré classique dans le domaine de la science fiction : Le Monde englouti de J.G. Ballard. Cet auteur divise ses lecteurs, certains lui vouent un culte pour son caractère parfois visionnaire et d'autres le trouvent ennuyeux comme la mort. Pour ma part, ce sera ma deuxième incursion dans son univers après ma lecture glaçante et tripante de Crash lors de la sortie de l'adaptation cinématographique de David Cronenberg. Place ici à la SF post-apo dans une Terre revenant lentement et sûrement à des temps primitifs où l'humain a de moins en moins sa place.

En ce troisième millénaire, l'espèce humaine a quasiment disparu de la planète Terre. L'astre solaire est désormais bien plus proche de notre monde, il a changé de forme provoquant un réchauffement climatique sans précédent, une diminution drastique des terres émergées et une forte hausse des températures. Un avant poste scientifique est sur le point d'être évacué. C'est dans cette base que travaille Kerans, le biologiste héros de cette histoire. Bien qu'il sente que cette évacuation soit la meilleure des choses à faire, il hésite. Il se sent irrémédiablement attiré par une nouvelle solitude qui lui apaise l'esprit, il ne se fait plus vraiment d'illusions sur l'avenir de la race humaine sur Terre et de plus, il noue une relation intime tendre avec une femme vivant juste à côté. Les préparatifs avancent et l'indécision le gagne, un nouveau danger surgissant, Kerans entreprendra un long et lent voyage intérieur qui n'aura qu'une seule issue...

Clairement, ce roman ne plaira pas à tout le monde. En effet, le style contemplatif et le rythme extrêmement lent en rebutera plus d'un, Ballard se concentrant beaucoup sur le climax, l'ambiance de fin de règne de l'être humain sur notre belle planète. Peu d'action, des personnages caractérisés au minimum, tout cela contribue à mettre en exergue le retour du primitif sur les civilisations humaines. Cela donne de merveilleuses pages descriptives sur la végétation invasive qui recouvre toutes les traces de l'humanité, regagne le territoire connu sur une espèce en voie d'extinction qui pourtant a réussi pendant des millénaire à dominer la nature. La jungle s'étend, l'eau est omniprésente, on sentirait presque la moiteur générale se dégager des pages de cet ouvrage qui fait la part belle au dépaysement, à l'inversion des valeurs et le retour à l'état sauvage d'un biocosme qui tient enfin sa revanche ! L'atmosphère est ici étouffante, oppressante ne laissant aucune place à toute forme d'optimisme.

Le héros et ses proches sont donc réduits à leur plus simple expression, silhouettes vagues errant dans un univers qui les dépasse et bouscule leurs certitudes. Effacés, sans traits de caractères excessifs, ils subissent de plein fouet la lente dégénérescence de l'humanité et apprennent à vivre avec cet environnement nouveau et hostile. Difficile de s'attacher à eux car ils ne sont pas charismatiques ni spéciaux, une certaine banalité les habite et permet à l'auteur d'intensifier le décor et l'atmosphère. Plus tard dans le récit, les héros vont faire la connaissances d'une troupe de pirates peu scrupuleux qui se sont adaptés aux nouvelles règles qui régissent la planète. Extrêmes, lorgnant vers les bandes de pillards de George Miller dans sa tétralogie Mad Max, ils vont provoquer un changement radical chez Kerans. On rentre alors dans une autre dimension, plus spirituelle où le héros réalise un véritable voyage intérieur qui va l'éclairer sur sa destinée et sa nature profonde. Le roman prend alors une tournure assez déconcertante, totalement barrée et, disons-le, obscure. Ce n'est pas pour me déplaire étant fan de récits à la Castaneda ou encore K. Dick dans sa période allumée.

C'est aussi donc un livre qui se mérite, qu'il faut apprendre à apprivoiser tant l'écriture fait écho à l'ambiance crépusculaire et moite qui règne sur les 217 pages de l'ouvrage. Rythme lent, écriture elliptique convient le lecteur à un voyage langoureux, douloureux et cependant très poétique. Certains seront lâchés très vite car il ne se passe finalement pas grand chose dans ces pages mais il faut prendre cette œuvre plus comme une étude philosophique sur la traditionnelle opposition entre les concepts de nature et de culture. Et pour une fois, l'ordre naturel semble l'emporter... Une très bonne expérience en somme que vous pouvez tenter si vous voulez expérimenter une lecture à la fois différente et très enrichissante.

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