vendredi 23 décembre 2022

"Bloodsilver" de Wayne Barrow

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L’histoire : 1691 : un bateau transportant de mystérieux passagers aborde la côte est du continent nord-américain. Les vampires viennent de débarquer de la vieille Europe. Ils forment bientôt le Convoi, longue colonne de chariots recouverts de plaques de plomb, et se lancent à la conquête de l'Ouest, anticipant le trajet du chemin de fer dans une lente et implacable progression...

1692 : à Salem, une poignée d'hommes impitoyables fonde la Confrérie des Chasseurs, bien décidés à stopper l'avancée du Convoi et à en découdre avec les créatures des ténèbres.

De Fort Alamo aux territoires sioux, de Wounded Knee à Silver City, les hommes du Nouveau Monde, Billy le Kid, les frères Dalton ou encore Doc Holliday mêlent le sang à l'argent, luttant sans merci contre les vampires, ou formant avec eux d'improbables alliances...

La critique de Mr K : Balade en terres d’uchronie historique aujourd’hui avec Bloodsilver de Wayne Barrow, un auteur derrière lequel se cachent Xavier Mauméjean (un des chouchous du Capharnaüm Éclairé) et Johan Heliot, ouvrage réédité par Mnémos en cette fin d’année. Le postulat de départ a de quoi séduire. Imaginez : réécrire le début de l’Histoire des États-Unis en y ajoutant un élément fantastique qui va bouleverser la donne. Une vraie et grande réussite pour une lecture-plaisir intense et passionnante.

70 ans après l’arrivée des premiers migrants européens sur le nouveau monde, un bateau s’échoue sur la côte est, libérant ses mystérieux occupants. Des êtres non morts, pourvus de canines pointues et de griffes acérées : des vampires ! Ils s’organisent en un convoi qui grossit de plus en plus et commence sa propre conquête de l’Ouest. Cette force nouvelle va compter dans la construction du nouvel État qui se libère des anglais en 1776 et l’Histoire va s’en voir changée à tout jamais.

Les auteurs nous proposent donc 18 bonds dans le temps, allant de 1691 à 1917, nous permettant de réécrire l’histoire si riche et parfois iconique des États-Unis. L’arrivée des premiers colons, la chasse aux sorcières (avec un passage à Salem des plus flippants), la bataille d’Adamo, le massacre de Wounded Knee, les avancées du rail, le recul des amérindiens, les attaques de banques des frères Dalton, le règlement de compte de OK Corral, les délires spirits de la veuve Winchester et beaucoup d’autres. Quand on connaît bien l’histoire américaine, c’est du bonheur en barre. La déconstruction / reconstruction est savamment orchestrée et multiplie les clins d’œil savoureux. À l’occasion, j’ai effectué quelques recherches sur le net pour me remettre en mémoire des événements ou des personnages ayant vraiment existés. On double alors le plaisir !

On retrouve complètement l’ambiance western bien pesante avec ses personnages bruts de décoffrages, une ambiance poussiéreuse et une vie rude. Pas de doute, les auteurs maîtrisent leur sujet et proposent aussi une galerie de personnages tous plus marquants les uns que les autres. L’esprit de liberté est là ainsi que les horreurs commises au nom de la conquête de l’Ouest. Le sang et la fureur se sont donnés RDV et l’on n’est pas déçu. D’ailleurs dans le domaine, les passages mettant en scène les créatures ne sont pas à mettre entre toutes les griffes, ça écharpe sévère, ça dégouline d’hémoglobine et l’on en redemande. On alterne donc immersion documentaire précise et fantastique tantôt larvé tantôt complètement déjanté. Le mélange des genres fonctionne très bien et l’on prend vraiment son pied.

Malgré un contenu dense, tout un chacun trouvera son compte dans Bloodsilver, entre action, étude sociologique et descriptions évocatrices en diable. Si on se laisse porter par le fil, que l’on se laisse guider par la langue inventive et volontiers soutenue à l’occasion, on part pour un sacré voyage qui dépote, étonne et provoque une évasion totale. Perso, j’en aurais bien repris un peu !


jeudi 24 novembre 2022

"La Schismatrice +" de Bruce Sterling

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L’histoire : Dans une humanité déracinée, peuplant le système so­laire de gigantesques stations orbitales, écartelée entre les tenants de l'évolution par la technologie et ceux de la manipulation génétique, Abélard Lindsay, jeune diplo­mate issu de la République corporative circumlunaire de Mare Serenitatis, tente de trouver son chemin. Fils d'aristocrate, il doit apprendre à survivre, à choisir son camp. Mais au moment où l'homme évolue, cesse d'exister en tant que tel pour se scinder en espèces nou­velles, il croit enfin comprendre son destin : réconcilier Mécas et Morphos autour d'un projet grandiose, la terraformation des mondes...

La critique de Mr K : Grosse déception que cette lecture d’un ouvrage pourtant culte réédité cet été à l’occasion de la rentrée littéraire. Pour beaucoup, La Schismatrice de Bruce Sterling est un livre incontournable, un ouvrage fondateur du cyberpunk en littérature. Agrémenté ici de nouvelles se déroulant dans le même univers, j’ai été perdu assez vite et ce malgré d’indéniables qualités d’écriture. Sans doute ce genre annexe de la SF n’est pas fait pour moi...

Dans un futur éloigné, les hommes ont essaimé l’univers et l’espèce en elle-même a drôlement évolué. Certains membres se sont améliorés technologiquement parlant, d’autres sont le fruit de manipulations génétiques. Deux courants que tout semble opposer et qui créent régulièrement des tensions voire des conflits de grande importance. On a donc affaire aux post-humains en deux déclinaisons bien différentes donnant le tournis dans les implications et applications qui sont données à lire ici.

Au cœur de l’intrigue, on retrouve Abélard, un jeune diplomate déchu que l’on envoie sur une colonie isolée suite à un incident le mettant en cause. Éloigné de tout ce qu’il connaît, fuyant sans cesse d’un point à un autre, voulant innover pour briser les règles, il sera amené à vivre nombre d’aventures qui le place au centre de l’échiquier global. Ses actes pourraient même avoir une incidence sur l’ordre des choses et même changer le visage de l’humanité... rien que cela !

Sur le papier, ce roman était fait pour moi avec une dimension space opéra qui me parle puisque je suis amateur du genre. Mais voila, trop d'ellipses entre les différentes parties ont fait que j’ai eu du mal à saisir les différents tenants et aboutissants. Je me suis raccroché à ce que j’ai pu, j’ai essayé de faire les liens qui s’imposent mais globalement en fin de lecture, j’avais l’impression d’être totalement passé à côté.  Beaucoup de frustration donc, surtout que les questions soulevées ici ou là étaient porteuses de sens, on est dans la métaphysique pure et c’est le genre de questionnements qui nous assaillent déjà quand on s’intéresse à la recherche actuelle en matière de sciences appliquées à l'homme et autre. Du coup je suis sorti agacé de cette lecture...

Pourtant, l’écriture est plutôt plaisante, ça se lit bien, il y a quelques passages plus difficiles notamment lors d’évocations techniques mais franchement c'est fluide. Certaines descriptions vous transportent littéralement, des dialogues entre personnages font mouche mais il manque ce supplément d’âme aux personnages pour vraiment accrocher le lecteur, notamment Abélard qui m’a finalement laissé de marbre. Plutôt dommage pour un protagoniste qui a son importance...

Non vraiment, sans doute que La Schismatrice n’était pas fait pour moi malgré son aura et cette nouvelle édition somptueuses (la qualité du papier, la couverture sublime, les ajouts de nouvelles). Je détonne sans doute avec cet avis mi-figue mi-raisin et je vous conseille vivement d’aller lire ceux de confrères plus aguerris et amateurs de cyberpunk, ils y ont sans doute vu des choses qui m’ont échappé. Pour ma part, cette lecture aura été ma dernière incursion dans le genre. Un coup dans l’eau.

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vendredi 16 septembre 2022

"Le Sang des Parangons" de Pierre Grimbert

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L’histoire : Le monde des hommes est en train de s’effondrer. Et toutes les prières, tous les sacrifices, semblent incapables d’y remédier. L’humanité assiste, impuissante, à son crépuscule. Une dernière chose doit cependant être tentée. Une folie, à la hauteur de cette situation désespérée.

Chaque nation, chaque territoire a ainsi désigné son champion. Certains sont des sages, des savants, ou des dévots. D’autres sont des mercenaires, des aventuriers ou des chevaliers. Il y a même des rois et des reines… Ils ne se connaissent pas, ils ont parfois des intérêts contraires, mais ils ont été réunis pour former le groupe des parangons. Une escouade d’exception dont la mission représente la dernière chance de survie de leurs peuples respectifs.

Ensemble, ils vont devoir pénétrer la montagne sacrée, siège du palais souterrain des dieux. Et s’ils parviennent jusqu’aux éternels, malgré les dangers légendaires que renferme cet endroit, ils devront les convaincre de sauver leur monde agonisant. En les suppliant… ou bien en les défiant, si nécessaire.

Mais combien de parangons verront leur sang versé sur le chemin, pour permettre aux autres de continuer ?

En restera-t-il un seul, qui pourra prouver que l’humanité mérite vraiment d’être sauvée ?

La critique de Mr K : Une escale en terre fantasy aujourd’hui avec Le Sang des Parangons, dernier ouvrage en date de Pierre Grimbert à qui l’on doit notamment Le Secret de Ji. Plus qu'un simple roman fantasy, cet ouvrage est une expérience de lecture totale, addictive et d'une profondeur abyssale. Une sacrée claque.

Le monde est en pleine déréliction, la fin des temps approche sans que les hommes semblent pouvoir y faire quoi que ce soit. Dans cette ambiance apocalyptique nul espoir n’est permis si ce n’est une tentative un peu folle de vouloir contacter les anciens Dieux au fin fond de la montagne sacrée dont personne n’est jamais revenu vivant. Les cadavres s’amoncellent autour de ce lieu qui provoque fascination et épouvante, seule une porte taillée dans la pierre indique que des êtres humains (ou des Dieux ?) y ont résidé il y a bien longtemps et qu’il y a donc une entrée...

Chaque peuplade, chaque nation a donc désigné une personne, un champion qui va les représenter dans une équipée à nulle autre pareille. On trouve de tout dans cette troupe disparate (les fameux Parangons qui donnent leur nom au livre) : guerriers, sages, voleurs, prêtres, mendiants, musiciens, princes et rois se mêlent, se jaugent, se jugent et parfois se rapprocheront. L’union n’a de sacrée que le nom car dès les préparatifs et l’entrée dans la montagne, les tensions sont palpables. Le voyage se prolongeant, les morts s’accumulant, les frictions vont se multiplier au gré de découvertes et d’expériences déconcertantes et surtout mortifères.

Chaque chapitre adopte le point de vue d’un Parangon différent. Ils sont plus de quarante et c’est de presque la moitié dont on partage les pensées, actes et atermoiements. Il faut se laisser porter au début car on a l’impression de sauter du coq à l’âne. Des liens et rapports finissent par apparaître donnant à découvrir des relations complexes et cohérentes. Le jeu devient jubilatoire et comme les personnages sont ciselés de manière fort à propos, on prend beaucoup de plaisir à suivre leur évolution malgré l’aspect dramatique que prend très rapidement l’expédition.

Comme dit précédemment, les morts s’accumulent jouant sur les nerfs des protagonistes et les plongeant peu à peu dans un désespoir grandissant. Les galeries et couloirs se ressemblent, regorgent de dangers tous plus étranges les uns que les autres, des créatures errent dans ces lieux et mêmes les lois physiques semblent modifiées. De quoi inquiéter ces aventuriers trop sûrs d’eux pour certains et mettant à jour les iniquités et les rivalités qui vont finir par ressurgir parfois au pire moment. Le jeu de massacre peut commencer avec en fil rouge cette question obsédante : les Dieux existent-ils ? Vont-ils accéder aux demandes formulées par les survivants ? Le monde va-t-il être sauvé ?

Solidement ancré dans un univers fantasy esquissé de manière discrète et délicate, le flou est très artistique ici, l’important réside ailleurs dans ce roman initiatique. À travers l’errance des Parangons, le ressenti de chacun des personnages que l’on croise, l’auteur propose un très beau diaporama des questions existentielles qui traversent une destinée humaine avec un questionnement constant sur le sens de l’existence. Il se dégage de l’ensemble une puissance évocatrice vraiment prenante voire bouleversante par moments et l’on se laisse littéralement emporter avec un plaisir sans borne.

Très très belle expérience de lecture donc, avec un auteur à la plume aussi vive que passionnante, un univers clos aussi angoissant que source d’interrogations et une fin que j’ai trouvé pour ma part tout à fait réussie. Un must dans son genre que je vous invite à découvrir au plus vite.

mardi 24 novembre 2020

"La Ligue des héros" de Xavier Mauméjean

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L’histoire : 1898 : Londres. L’Angleterre victorienne est en proie aux agressions de Peter Pan et des créatures du Pays de Nulle Part. Pour faire face à la menace, Sir Baycroft crée La Ligue des héros et recrute les meilleurs : Lord Kraven, English Bob, Lord Africa ou le Maître des détectives. Ils mènent ainsi une lutte sans fin contre les ennemis issus du peuple imaginaire.

1969 : banlieue de Londres. Un vieil homme est ramené dans sa famille par deux blouses blanches. D’où vient-il ? Qu’a-t-il fait ces dernières années ? Nul ne le sait. Jusqu’au jour où disques de rock et lectures de comics lui font redécouvrir l’aventure, l’héroïsme, l’honneur... et quelques souvenirs.

Entre merveilleux et réalité, entre steampunk et uchronie, les deux destins se rejoindront dans un tourbillon d’intrigues et de personnages savoureux.

La critique de Mr K : Chronique d’une superbe lecture aujourd’hui avec La Ligue des héros de Xavier Mauméjean, un auteur que j’adore et que je n’ai malheureusement pas pu voir cette année aux Utopiales à cause du contexte que l’on ne connaît que trop bien. Avant le reconfinement, nous sommes partis voir la grand-mère de Nelfe dans son havre de paix, perdu au milieu de la campagne périgourdine. Il me fallait emmener avec moi un ouvrage séduisant, propice à l’évasion et à la délectation littéraire. On peut dire que j’ai fait un choix fort judicieux avec un ouvrage virevoltant à souhait entre intrigues tortueuses, manipulations historiques délectables et langue toujours aussi érudite et jubilatoire.

Rien ne va plus sur Terre en cette fin du XIXème siècle depuis l’invasion venue du pays de Nulle part menée par Peter Pan. Les êtres imaginaires débarquent et font régner le chaos, poussés par un leader aussi juvénile que soupe au lait. Pour contrer cette menace plus que redoutable, un lord anglais haut placé décide de créer La Ligue des héros, sorte d’association d’êtres exceptionnels sensés nous protéger et apporter la paix à un monde qui en a bien besoin. En parallèle en 1968, on suit la destinée d’un vieillard anonyme qui semble un peu paumé et que l’on confie à sa famille. Rien ne semble le lier à l’univers fantastique précédemment décrit... et pourtant ! Plus la lecture avance, plus l’ensemble gagne en cohésion, les révélations surprenantes voire tétanisantes se succèdent pour mener à une conclusion renversante qui m’a totalement chamboulé.

Difficile d’en dire beaucoup plus, le spoiler ne serait jamais loin. Sachez simplement que le contenu est foisonnant et que l’on alterne l’aventure à l’état pur avec des passages bien prenants où le rythme se dispute aux péripéties les plus délirantes, des passages plus uchroniques où l’auteur s’amuse à faire dévier la trajectoire du temps bouleversée par l’arrivée d’êtres venus d’ailleurs, mais aussi des focus sur les tractations en jeu entre une impératrice qui a troqué son pouvoir contre une longévité accrue, des luttes d’influence entre factions rivales (on retrouve les traditionnels humains confrontés aux garçons perdus, les pirates et les peaux rouges). C’est très dense, parfois étourdissant même. Il faut accepter pour cela de se laisser balader un peu à l’aveugle mais rassurez-vous tout est savamment orchestré pour nous emmener vers une vérité qui éclaire tout et fait frissonner. Personnellement, je n'ai rien vu venir et j’aime tout particulièrement ça. Je ne m’y attendais pas du tout et cela devient rare de nos jours en matière de lecture donc bravo à l’auteur.

Il y a énormément de références dans cet ouvrage et elles font régulièrement le bonheur du lecteur. Xavier Mauméjean évoque et invoque tour à tour l’œuvre de James Matthew Barrie (l’auteur de Peter Pan) pour l’irruption de ses créatures, Sir Conan Doyle pour l’aspect policier / déduction avec un membre de la ligue qui se rapproche du locataire de Baker Street dans son esprit. Il y a aussi toute une filiation avec la culture des pulps, littérature populaire qui a fait les joies des amateurs à l’époque avec des personnages au premier abord caricaturaux qui se révèlent au final bien plus fins qu'il n’y paraissent de prime abord car comme le dit Mauméjean à la page 232 : "Savez-vous pourquoi l’équipe ne s’appelle pas "Compagnie des justiciers courtois" ou "Escadron des généreux gentlemen" ? Parce qu’il faut des héros. C’est-à-dire des hommes sans scrupule, capables de commettre des actes que tout le monde feint d’ignorer. Des missions indignes, qu’un écrivain romantique enjolivera plus tard pour en faire des actions d’éclat, nobles et chaleureuses. Il en a toujours été ainsi." Moi qui ne suis pas fan des films et productions Marvel (bien trop lisses et sans surprises à mes yeux quand on a dépassé 15 ans), j’ai donc été conquis par ces personnages hors norme qui s’avèrent complexes dans leur développement et parfois totalement surprenants. Là encore c’est un point de plus dans la balance d’une lecture vraiment épatante qui mêle de surcroît des références plus contemporaines comme Moorcock, Orwell et Christopher Moore. Oui, rien que ça !

Ce recueil qui regroupe deux romans, des nouvelles et des "ajouts temporels" de bon aloi est donc un joyeux bazar qui mêle différents genres avec une réussite de tous les instants. À la frontière du fantastique, de l’uchronie et de la rétro-SF, voila un livre qui ne se laisse jamais dépasser par ses ambitions, qui oscille entre le fun et l’humour mais passe aussi parfois par des abysses ténébreuses saisissantes à souhait. Derrière un aspect foutraque, on retrouve la plume si incisive et juste de l’auteur quand il s’agit d’explorer la psyché humaine. On dévore littéralement cette œuvre à moins que ce soit elle qui le fasse sans que l’on s’en rende compte... On retrouve le style si plaisant et renversant d’un auteur vraiment à part et qui se livre ici avec virtuosité à un exercice de style complètement barré et qui emporte tout avec lui. À lire absolument pour tous les amateurs des genres suscités, le voyage est incroyable et à nul autre pareil !

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- La Société des faux visages
- La Vénus anatomique
- Kafka à Paris
Poids mort
Ganesha
American gothic
Lilliputia

samedi 6 juin 2020

"Le Livre jaune" de Michael Roch

lelivrejaune(1)L’histoire : Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené au Roi en jaune, hanté par le souvenir de ses amours. Ce dernier lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction.

La critique de Mr K : Attention OLNI ! Cet Objet Livresque Non Identifié détone dans les parutions littéraires françaises et le voyage est pour le moins étrange (c’est un euphémisme). Le Livre jaune de Michael Roch convie donc le lecteur à une exploration bien barrée de l’esprit humain à travers l’histoire de ce pirate échoué sur un mystérieux rivage, qui guidé par un aveugle, va rencontrer le roi jaune, une figure tutélaire mélancolique marquée du sceau d’une malédiction. Ils passent ensemble un marché : si le naufragé réussit à lever le mauvais sort, il retrouvera la vie. Commence alors un voyage hors norme...

Un voyage où finalement chaque lecteur y apportera ce qu’il est. En effet, l’ouvrage s’apparente à un cheminement intérieur d’une rare intensité avec une descente aux enfers vertigineuse, la quête de la rédemption et un dénouement métaphysique. Au niveau de la construction, c’est donc classique, je dirais universel à l’image des contes à haute portée philosophiques que l’on trouve dans toutes les cultures du monde. Livre sur la reconstruction de soi, sur l’introspection nécessaire qui nous mène à nous améliorer ou à nous libérer, on explore tous les aspects de la personnalité de Jacq Crochet (car il s’agit bien de lui) avec un luxe de détails inouïs. Parfois des ouvrages de seulement 150 pages peuvent se révéler bien plus riches que d’énormes volumes qui conjuguent vacuité et lieux communs.

C’est tout le contraire ici où on ne cesse de naviguer à vue. Clairement ce roman divisera forcément ses lecteurs. Je vais redire ce que j’ai pu exprimer pour d’autres lectures de cet acabit : pour pénétrer dans cet ouvrage et surtout l’apprécier à sa juste valeur, il faut absolument adopter une attitude de lâcher prise, accepter de ne pas tout comprendre tout de suite, faire parfois des allers retours entre les chapitres car on fait face à un récit intimiste d’un rare hermétisme. L’auteur se plaît à mélanger fantasmes et éléments réels pour ériger le parcours d’un personnage complexe auquel on s’attache cependant très vite. Il faut trouver son rythme de lecture, se laisser porter par les nombreuses images et références qui composent ce recueil. Si vous y arrivez, vous connaîtrez comme moi une certaine forme de félicité, de celle que l’on éprouve que trop rarement lors de la lecture d’un livre.

Derrière ce parcours initiatique du personnage principal mais aussi les figures récurrentes du guide aveugle ou encore de la femme aimée pour le moins insaisissable, on a de très belles pages sur des composantes essentielles de la vie humaine, à commencer par l’amour qui occupe vraiment une place centrale. Depuis L’Écume des jours de Vian (mon livre préféré que j’amènerai emporter avec moi sur une île déserte) ou plus contemporain La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu, je n’avais pas pris une aussi belle claque sur cette thématique abordée de manière fantastique. Passion, rage, ressentiment, tristesse, les sentiments du héros le passent littéralement à la moulinette et le conduisent très loin dans son introspection. Entre ces atermoiements et autres tortures intérieures, l’auteur nous assène des vérités plutôt rudes d’ailleurs sur la condition humaine mais qui conduisent à de profondes réflexions et à une construction générale du livre assez jubilatoire.

Le Livre jaune a donc un côté exceptionnel, rare et précieux. Le contenu passionnant et tortueux est magnifié par une écriture originale et tout bonnement géniale. Très inventive, foisonnante, toujours dans la progressivité du portrait intérieur en mouvement et sans jamais se contempler elle-même (elle reste à tout moment accessible malgré tout), je suis tombé sous le charme. Michael Roch à sa manière renouvelle la langue française et à mes yeux se révèle être un auteur à part dans le paysage littéraire national. Le style est osé, mix improbable entre le récit classique et la poésie en prose (des passages sont vraiment sublimes) et m’a totalement convaincu. Une expérience hors norme qui me marquera pour longtemps.

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mercredi 20 septembre 2017

"La Vénus anatomique" de Xavier Mauméjean

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L’histoire : 1752. L’Europe en dentelles est teintée de sang. Le philosophe-chirurgien Julien de la Mettrie, dont les ouvrages ont jadis été brûlés, mène une vie sans histoire derrière les remparts de la bonne ville de Saint-Malo. Repos troublé, un soir, par une convocation fort déplaisante : le Secret du Roi, ce cabinet obscur qui conduit la diplomatie souterraine de Louis XV, souhaite l’exposer aux feux de Versailles... Une telle invitation ne se refuse pas, amis qu’attend-on de lui ? Sur la route, les Mousquetaires noirs menacent le carrosse ; à Paris, la Chambre ardente, redoutable tribunal d’inquisition qui aime peu la science et la raison, entend bien faire respecter la justice de Dieu.

Du paradis à l’enfer, le chemin est tout droit... Ainsi bascule la vie de la Mettrie. Biomécaniciens et sculpteurs de chair, monarques cyniques, séducteurs emperruqués et femmes de tête se succèdent en des lieux que la morale réprouve – magasin d’enfants, mausolée des plaisirs ou Manufactures de cadavres -, tandis que plane en coulisse l’ombre mécanique des automates, anatomies mouvantes de chair et d’acier...

La critique de Mr K : C’est toujours avec un plaisir non feint que je me plonge dans un roman de Xavier Mauméjean. Celui-ci date déjà d’un petit bout de temps et je m’en étais porté acquéreur lors des dernières Utopiales de Nantes où nous avons l’habitude Nelfe et moi de nous rendre chaque année. C’est l’occasion entre autre de discuter avec cet écrivain au talent immense et à la gentillesse qui ne se dément jamais. Cet ouvrage lorgne vers l’uchronie et pourrait se résumer en un mix improbable (mais très réussi) de roman d’aventure de cape et d’épée et de récit fantastico-SF. Un mélange des genres étrange au départ mais fort bien maîtrisé, pour un plaisir de lecture optimal.

Julien de la Mettrie, un philosophe-chirurgien (si si à l’époque des Lumières c’est possible !) vit tranquillement à St-Malo derrière les remparts centenaires de la cité maritime. Il a déjà bien vécu entre des expériences parfois traumatisantes sur le Front en tant que médecin et les autodafés dont il a été victime par les autorités religieuses voyant d’un mauvais œil ses travaux scientifiques mettant à mal les certitudes théologiques en vogue dans les hautes sphères du pouvoir. Le siècle des Lumières est celui des idées nouvelles certes mais aussi celui de confrontations parfois rudes et la mise au placard de grands penseurs comme l’exemple de Diderot abordé au détour de l’histoire narrée ici. Tout au long du roman, Mauméjean y fait constamment référence en glissant ici et là quelques éléments véridiques qui contrebalancent l’uchronie ambiante.

Le récit de La Vénus anatomique bascule quand le cabinet secret du roi Louis XV convoque de force Julien de la Mettrie pour lui confier à lui et d’autres savants une mission de la plus haute importance : participer à un mystérieux concours scientifique où ils seront en concurrence avec les puissances allemandes et vénitiennes. Julien fera la connaissance de deux autres spécialistes qui avec son concours vont devoir construire une vie artificielle, n’en déplaise aux défenseurs de la Foi. C’est le début des ennuis avec une fuite en Allemagne pour pouvoir élaborer leur projet. Cependant, les fanatiques ont plus d‘un tour dans leur sac et de grands moyens pour combattre ceux qu’ils considèrent comme hérétiques : entre escarmouches, complots et intrigues, la mission de Julien n’est pas de tout repos pour le plus grand bonheur du lecteur qui se plaît à suivre les aventures tumultueuses des tenants de la Raison.

Le mélange des genres fonctionne quasi immédiatement avec un Xavier Mauméjean qui n’a pas son pareil pour reconstituer un passé glorieux, à savoir ici l’époque moderne et plus particulièrement un XVIIIème siècle à la croisée des chemins entre un Ancien Régime à bout de souffle et l’émergence de la bourgeoisie éclairée qui s’en remet de plus en plus à la science et la raison. Volontiers érudit, le récit est d’une densité incroyable, mêlant aventures palpitantes avec des scènes qui ne souffrent pas de la comparaison avec un Alexandre Dumas au sommet de sa forme (l’attaque du carrosse, la scène du duel, l’attaque de l’atelier) et passages plus intimistes donnant à lire les troubles et doutes qui habitent un narrateur un peu dépassé par les enjeux que sa mission implique. Lui et ses amis se révèlent être des apprentis sorciers qui jouent avec la nature et l’ordre des choses, actes qui déplaisent au plus haut point aux représentants de l’ordre ancien qui voient d’un mauvais œil le développement de la science.

Dans ce roman, on visite tour à tour les salons dorés de Versailles (avec une entrevue avec le roi bien rendue et tendue à souhait), les laboratoires secrets d’hommes de science émergents, les bas fonds des villes avec les premiers grognements d’une révolution à venir, les cachots obscurs où l’on enferme les grands esprits pour éviter la contamination de la modernité mais aussi des lieux interlopes où la vie d’un enfant est monnayable ou d’autres endroits où le vice est à la portée de toutes les bourses. Très réaliste, La Vénus anatomique est un miroir fidèle d'une époque emblématique de notre histoire. Mais le malicieux auteur s’en donne aussi à cœur joie en y introduisant des éléments purement uchroniques qui font basculer le récit dans l’irréel et le délirant. Quel plaisir pour le lecteur de démêler le vrai du faux, de séparer les éléments historiques des ajouts SF qui teintent le roman d’un fantastique de bon aloi, classique dans sa forme mais sacrément efficace.

Ainsi les savants s’apparentent en milieu d’ouvrage aux savants fous classiques de la littérature au premier rang desquels Victor Frankenstein qui plane au dessus de l’ouvrage. Les esprits s’échauffent, l’action s’accélère et l’histoire cède la place à une rétro-SF au charme indéniable qui fait mouche et hypnotise le lecteur prisonnier d’une histoire éternelle : celle du créateur, de sa créature et des oppositions qui vont en naître. Rajoutez là dessus, quelques rencontres avec des personnages devenus célèbres comme Casanova ou encore le chevalier d’Eon et la lecture devient jubilatoire. C’est bien simple, une fois bien avancé dans la lecture, il est impossible de reposer le volume tant on est happé par ce souffle si singulier qu’insuffle Mauméjean par son style à la fois érudit, joueur et si littéraire dans son approche des mots et de la langue. Ici, les phrases se goûtent, se savourent et se digèrent lentement entre finesse et traits d’esprit nombreux et bien pensés. Un pur bonheur de lecture.

Inutile d’en dire plus, au risque de lever trop le voile sur le contenu de ce récit décalé, Xavier Mauméjean signe une fois de plus un roman conjuguant à la fois exigence formelle, malice narrative et puissance du propos. Un bijou littéraire qui plaira à tous les amateurs d’Histoire uchronisée.

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
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mardi 12 avril 2016

"Les Enfants de Lugheir" d'Isabelle Pernot

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L'histoire : Le trône de Lugheir a été autrefois conquis dans le sang par le tyran Hadrien, empereur de Thyr. Depuis, les sorciers de l’empire ont étendu leur noire emprise sur le continent. Trente années plus tard, la jeune bohémienne Caitlyn prend connaissance de son héritage : elle est la dernière descendante des princes de Lugheir. Accompagnée de Julian, le fils rebelle de l’empereur, elle part à la reconquête du royaume de ses ancêtres.

La critique de Mr K : Cela faisait un petit bout de temps que cette saga (4 romans réunis ici en deux volumes) me faisait les yeux doux dans ma PAL. Ayant une petite envie de fantasy, je me décidai enfin à la ressortir. Grand bien m'en a pris car Les Enfants de Lugheir d'Isabelle Pernot fait la part belle à l'aventure et la romance. La lecture fut plaisante à souhait malgré quelques légers défauts. Suivez moi pour ce voyage à rebondissements en terre imaginaire.

L'action commence quasi immédiatement lors de deux premiers chapitres trépidants qui installent les premiers ressorts de l'histoire. Un prince en fuite qui s'est rebellé contre son empereur de père, une jeune fille au mystérieux passé qui s'éveille à la magie et une tension déjà palpable. L'Empire de Thyr étend son influence sur une grande part des terres connues et son emprise totalitaire se fait de plus en plus forte. L'empereur Hadrien a bien changé et son penchant pour la magie noire l'ont fait sombrer. Il s'attire le ressentiment de sa progéniture et cherche par tous les moyens à faire taire toute forme de résistance. Cette dernière va alors s'organiser autour de Julian et de Caitlyn. Longue sera la route avant le dénouement.

Il faut avouer que le début est quelque peu décevant. La faute à une intrigue ultra-classique qui ne semble réserver aucune surprise, des révélations précoces et des personnages plutôt lisses. Les héros évoluent à la limite de la bleuette et les méchants sont… très très méchants. On ne s'ennuie pas mais on reste dans l'attendu et personnellement, je restais sur ma faim, la faute aussi à des descriptions peu immersives et relativement courtes (j'aime cet aspect de l'écriture dans le genre fantasy). C'est le risque quand on apprécie le style et que l'on tente de découvrir une nouvelle auteure surtout connue pour être la traductrice d'un certain Feist, écrivain à la renommée certaine dans le milieu de la fantasy.

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Heureusement, passées les deux cents premiers pages (environ 900 pour l'ensemble), l'histoire décolle enfin. Les personnages gagnent en profondeur, les fêlures apparaissent. On se rend compte alors que l'auteur soigne ses personnages, par petites touches elle leur donne une densité qu'on ne soupçonnait pas de prime abord. Le couple de héros se cherche, se confronte, se rapproche et s'éloigne au fil des événements nombreux qui peuplent l'histoire. Ces imperfections les rendent plus proches, plus humains rendant les passages initiatiques (superbe scène du rite de passage de Caitlyn) et les rebondissements saisissants. Les seconds rôles ne sont pas en reste, Isabelle Pernot se plaisant à décrire de manière fort intelligente les ressorts des drames familiaux, les jeux d'alliance et de pouvoir, les figures des mythologies et rites magiques créant un monde complet et cohérent. Les mécanismes bien que huilés et déjà lus fonctionnent, tenant en haleine un lecteur désormais convaincu.

Surtout que l'écriture en elle-même semble monter en niveau. Les descriptions se font plus denses et c'est parfois émerveillé que l'on visite une forêt abritant une drôle d'auberge, que l'on pénètre dans les brumes de l'au-delà, que l'on explore des tunnels sous-terrain, que l'on se balade dans des villes tantôt grouillantes d'activité ou au bord de l'implosion. On voyage beaucoup, le dépaysement est garanti et l'immersion durable. Le rythme reste lui très soutenu et de chapitre en chapitre, l'action ne désemplit pas, retransmise à travers le regard des différents camps en présence. Je garderai longtemps en mémoire, les aspects les plus sombres comme les nécromants de l'empereur ou les récriminations de ce dernier face à sa lente déchéance. Sans conteste, on retrouve nombre d'éléments scénaristiques et thématiques présents dans la trilogie originelle de Starwars. Pour parachever le tout, l'histoire d'amour prend elle aussi de l'ampleur et se révèle prenante. Tous les éléments se rejoignent sur une fin de lecture sous tension bien qu'un peu abrupte. Pour ma part, j'aurais rallonger la sauce d'une vingtaine de pages.

Au final, Les Enfants de Lugheir est une lecture intéressante et divertissante. On finit par se prendre au jeu et le livre capte vraiment l'attention. Certes, la nouveauté et la surprise ne sont pas au rendez-vous mais un bon amateur de fantasy y trouvera son compte. Alors, tenté(e) ?

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dimanche 29 juin 2014

Double craquage !

Bon ben... ma PAL a encore pris chère en deux jours! Nelfe a été plus raisonnable, il paraît que c'est normal vu que c'est une fille...

À l'occasion d'un passage éclair qui s'est prolongé chez Noz (magasion de déstockage), nous sommes tombés sur des bacs entiers de livres des éditions Picquier et Mnémos neufs à des prix imbattables (2.99€ le volume ça ne se refuse pas!). Et paf! Pastèque! 1er craquage intégral pour moi:

Noz

- "Les enfants de Lugheir" vol 1 et 2 d'Isabelle Pernot. Je disais justement à Nelfe que je n'avais pas de fantasy dans ma PAL pour l'été, comme cette série a plutôt bonne presse et que le prix défiait toute concurrence, je me suis laissé tenter.

- "Les dernières aventures de l'école des chats" de Kim Jin-Kyeong. C'est un pur coup de poker, ça parle de chat (j'adore ces bestiaux!), c'est coréen et pour les jeunes (j'avais adoré "Les petits pains de la pleine lune" de Gu Byeong-mo)... Vu les bonnes critiques au dos et l'association avec Harmonia Mundi, je me suis dit que je ne pouvais pas me tromper!

- "Chanson populaires de l'ère Showa" de Ryû Murakami. Un Murakami que ce soit un Ryû ou un Haruki impossible de résister, et comme la quatrième de couverture donne envie, j'ai foncé!

- "Pierrot-la-gravité" de Isaka Kôtarô m'a intrigué lui par sa quatrième de couverture qui mêle road movie de deux frères enquêtant sur d'étranges rébus. Le background a l'air bien strange donc... Bingo!

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Passée la joie de ces acquisition hier, aujourd'hui nous allons à un vide-grenier tout près de chez nous afin de chiner sans réelles arrières pensées (sic) et là patatra, double combo dans nos faces respectives... Et oui, Nelfe a aussi craqué même si elle l'a fait plutôt maladroitement!

Vide grenier

- "L'attrape-coeurs" de Salinger. Un classique que j'ai adoré ado quand je l'avais emprunté au CDI. L'occasion était trop belle pour la laisser passer!

- "Chagrin d'école" de Daniel Pennac qui a obtenu le prix Renaudot en 2007 et que je voulais lire lors de sa sortie et qui m'était sorti de l'esprit.

Et enfin pour Nelfe... Roulement de tambours...

- "L'ainé" et "Brisingr" de Christopher Paolini, c'est à dire les volumes 2 et 3 d'Éragon dont elle était sûre de posséder le volume 1 et qu'elle a laissé sur le stand pour le coup... mais voila, une fois rentrés chez nous, elle s'est rendue compte qu'elle ne l'avait pas! Solitude!

Au final, j'ai une fois de plus explosé ma PAL que je commençais à réduire peu à peu et Nelfe est une tête de linotte... On gagne beaucoup à chiner!