samedi 26 novembre 2011

"Green Manor: 16 charmantes historiettes criminelles" de Bodart et Vehlmann

album-cover-large-11519Les histoires: Le meurtre n'est rien sans un peu d'élégance...

La critique de Mr K: C'est à l'amie Céline que je dois cette découverte enthousiasmante lors d'un échange de prêts fort réjouissant! Ce volume à l'allure ancienne (l'éditeur s'est amusé à reproduire l'aspect des livres d'autrefois) est composé de petits récits policiers qui ont pour point commun de tous commencer dans le salon principal du fameux Green Manor, lieu de villégiature d'un club sélect composé de ce que Londres compte comme bourgeoisie et aristocratie. Parmi les plaisirs de cet établissement, il en est un qui revient au début de chaque histoire: le goût pour les affaires insolubles et mystérieuses. Placez le tout dans une période historique que j'affectionne tout particulièrement (le XIXème siècle) et vous obtenez un croisement original entre Les aventures de Sherlock Holmes de Conan Doyle et des fins lorgnant vers les Tales from the Crypt (une autre de mes références préférées).

Difficile de se détacher de ce volume tant on est pris immédiatement dans cet univers cohérent où les fêlures sont humaines et conduisent à des historiettes où l'on est souvent pris au dépourvu. Les auteurs sont très malins et nous emmènent là où ils veulent, juste avant de retourner la situation et le lecteur avec! Vous verrez, la dernière planche de chaque récit vaut son pesant d'or. L'action est d'autant plus efficace qu'elle se déroule pendant un siècle assez rigide en terme de conventions sociales. L'opposition est donc bien nette entre les apparences que veulent se donner les privilégiés et la réalité de leurs turpitudes. green-manor-assassins-gentlemenN'allez pas croire pour autant que vous allez vous retrouver face à une œuvre sombre et revendicative, il s'agit ici de pur divertissement mais un divertissement intelligent et fort bien documenté.

Au niveau technique, il n'y a rien à redire. Les dessins ne sont pas forcément exceptionnels mais le trait est précis et l'on suit avec plaisir les planches sans aucune gêne ni frustration. Les dialogues sont succulents et là encore en adéquation avec l'époque représentée. Les 16 scénarios sont diablement bien ficelés et la surprise est toujours au rendez-vous sans faute de goût ni artifice abracadabrantesque. Le tout baigne dans une ambiance très "british" et l'élégance est de mise d'un bout à l'autre parce que même si le sang est au centre du volume au moins faut-il qu'il soit verser avec style!

Une belle découverte que je vous incite fortement à tenter à votre tour surtout si vous êtes amateur de récits à suspens à la fois étranges et troublants. Merci copine!

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lundi 18 avril 2011

"Vampyres, sable noir" tome 1, collectif

Vampyres_tome_1L'histoire: le mythe des vampyres... recrée par trois écrivains et trois duos d'auteurs de bande dessinée.

La critique de Mr K: Une BD bien sympathique que celle là. 3 histoires illustrées de trois manières bien différentes traitant du même thème: le vampirisme. Dieu sait que c'est à la mode par les temps qui courent et qu'en indécrottable vieux con, je persiste et je signe, Dracula reste (et de loin) la pièce maîtresse en la matière en littérature, tant l'écriture de Bram Stocker est marquante pour tout amateur de fantastique (Anne Rice se défend pas mal non plus d'ailleurs). Pour moi, un vampire est avant tout un être compulsif et bestial bien plus proche de ceux présentés dans la BD 30 jours de nuit de Templesmith que leurs ersatz poudrés de la série Twilight et consorts. À noter que Vampyres Sable noir fait parti d'un projet assez vaste avec deux tomes BD, un livre et un DVD.

Ici, nous avons donc trois histoires courtes, genre que j'affectionne depuis longtemps notamment à travers Les Contes de la crypte. D'ailleurs, De sang frais, la première histoire, dans son traitement et son twist final s'en rapproche énormément. Frank Marvel, journaliste, et sa petite famille recommencent leur vie dans une nouvelle localité. Peu à peu des événements étranges vont amener le héros à enquêter sur le passé de l'endroit et il n'est pas au bout de ses surprises. Je vous l'accorde l'histoire est des plus classiques et j'ai même deviné la fin avant la dernière planche mais les dessins sont bien réussis et la narration est efficace. Une bonne entrée en matière en somme.

On change de style avec La maison sur la colline. Une jeune femme entame un suivi psychiatrique avec un spécialiste et déballe sa vie: une jeunesse passée de foyer en foyer, une mère célèbre et absente, un père qu'elle ne connaît pas... Puis un jour, sa génitrice vient la chercher à la sortie de l'école et c'est le début d'une nouvelle vie de famille, un grand espoir. Sauf que le père ressurgit et les ennuis avec... Le récit commence comme une banale biographie racontée de patient à médecin mais plus on s'enfonce dans les mémoires de cette jeune fille plus on sent que quelque chose cloche et franchement, la fin part en freestyle le plus complet. Le lecteur est bringuebalé, se perd, semble retrouver son chemin pour finalement aboutir à un final inattendu et franchement glaçant. Une bien belle réussite que ce morceau là avec des dessins simples et fortement poétiques rendant parfaitement compte de l'état d'esprit des personnages (certains portraits m'ont fait penser à Munch et son fameux Cri).

Le recueil se termine avec Alizarine qui pour moi est le segment le plus faible de ce triptyque vampirique. On y suit un boxeur et son meilleur ami dans un coup qui doit les rendre riches. Les auteurs s'attardent beaucoup sur le boxeur qui a un bon fond mais finalement se révèle manipulable notamment à travers les rapports qu'il entretient avec son vieux pote. Même si la fin est à la fois logique et sadique à souhait, j'ai trouvé cela léger et convenu. Même les dessins ne s'avèrent pas à la hauteur des deux premiers récits. Une petite déception donc...

Comme souvent dans les recueils de nouvelles ou les BD à sketch, on trouve à boire et à manger. Ici, le bilan est tout de même positif même si on ne trouvera pas d'originalité ou de singularité dans ce tome 1. Reste des histoires sympathiques et deux premiers récits qui valent largement le détour. Avis aux amateurs de sang frais non pré-pubères.

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Extrait du segment 1, De sang frais.

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vendredi 18 février 2011

"Héritages" de Hans et Gourdon

couvL'histoire:

Je m'appelle Nina.
Je suis une sorcière.
Mon pouvoir ne se voit pas.
Il m'accompagne depuis toujours.
J'en ai hérité.
Mes mains en sont les instruments...

La critique de Mr K: J'ai reçu cette BD en cadeau par notre cher voisin Tinmar (vous savez le papa de Speedou). Ce volume est une histoire complète qui fait partie d'une collection particulière appelée Sorcières: Des récits indépendants pour des destinées de femmes... singulières... Tout un programme! Justement les deux auteurs sont des femmes, chose suffisamment rare pour le signaler (même si elles percent de plus en plus depuis un certain temps notamment grâce à la toile).

Cette BD débute par quelques mots de Sigmund Freud: Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. Une ambiance mystérieuse s'installe et va distiller ses effets pendant tout le récit. Nous suivons Nina, jolie jeune fille indépendante, invitée avec son compagnon Nils à une soirée mondaine par sa meilleure amie Chloé. Dès la première planche, la narratrice nous parle d'un don qu'elle possède depuis toute petite sans nous en révéler la teneur. Sur le retour, le couple a un accident de voiture, Nils meurt. La vie de Nina bascule. L'accident en est-il vraiment un? Qui est cette homme qui la suit? Et cette mystérieuse blonde? Et puis, il y a ses deux grands-mères qu'elle a peu connu et dont personne ne parle dans sa famille... Peu à peu, on s'enfonce avec elle dans le passé familial et l'on sent l'étau se resserrer autour d'elle.

Heritages_Tome_1_Planche_2
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Avec cette histoire, on se retrouve en plein polar mêlé de fantastique. Rythme plutôt lent au départ, plus on avance, plus les événements s'accélèrent, un peu à la manière d'un bon policier. On a le droit aux fausses pistes, aux révélations de secrets anciens, aux situations inextricables et aux passages de suspens, même si dans l'ensemble on baigne dans le déjà-vu. Je n'ai que rarement été surpris par les méandres d'un scénario finalement conventionnel, c'est le seul défaut de cette œuvre. En effet, les dessins ne ressemblent à rien d'autre que j'ai pu parcourir dans le 9ème art et sont réussis: mélange de dessins classiques avec une petite touche impressionniste pour marquer encore plus l'étrangeté régnante.

En résumé, une bonne BD qui se lit bien et qui mérite d'être découverte.

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