mercredi 20 novembre 2013

"9 mois ferme" d'Albert Dupontel

Affiche_9moisL'histoire: Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux moeurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend...

La critique Nelfesque: Dupontel... Tout un programme! Dès qu'un film de ce réalisateur sort en salle, je ne peux pas m'empêcher de m'y rendre. Et je fais bien! Ici encore, avec son "9 mois ferme", il n'a pas déçu la grande fan que je suis.

Dupontel c'est la folie, le jusqu'au-boutisme de l'humour noir. On aime ou on n'aime pas, il y a rarement de juste milieu. J'ai choisi mon camps depuis de nombreuses années et ici encore, c'est du grand Dupontel qui nous est offert sur un plateau.

Moments gores drôles, moments touchants, pétages de plombs, délire total: tout est là. En vrac, on retiendra les différents scénarios de Bob expliquant comment un homme qu'il a cambriolé a pu être retrouvé sans bras, sans jambes et sans yeux, la scène où Ariane découvre qu'elle est enceinte, les différentes interventions de son collègue amoureux transi à la fois pitoyable et si sûr de lui... Autant de moments de cinéma où la folie rencontre la finesse, où la vision du réalisateur est tour à tour incisive et pleine de tendresse.

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Car c'est cela le cinéma de Dupontel, une tendresse particulière, bien à lui, difficile à définir mais tellement palpable à la vision de ses films. Comme Mr K le détaillera plus bas, les personnages sont finement ciselés, du principal au secondaire, jusqu'au figurant. L'amour qu'il porte au cinéma et aux acteurs n'est plus à prouver.

Un concentré de bonne humeur déjà palpable dans la bande annonce qui est tout à fait fidèle au film. Pas de publicité mensongère, 1h20 d'un film que je vous recommande.

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La critique de Mr K: 5/6. Je suis un inconditionnel du bonhomme depuis Bernie et ce film ne fait que conforter le fait qu'il est le seul à vraiment oser le thrash dans le milieu sclérosé de la comédie made in France. Mais résumer Dupontel à ce seul aspect serait se méprendre profondément.

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Durant 1h30 de métrage, on ne s'ennuie pas une seconde. C'est vrai que le début commence doucement mais c'est pour mieux cerner les personnages. Dupontel s'attarde donc sur la vie morne et réglée à la seconde près de la juge Sandrine Kimberlain, juge psycho-rigide pathologique. Cela donne lieu à de bons moments qui mélangent habilement humour et mélancolie. Sa vie va radicalement changer quand elle va se rendre compte qu'elle se retrouve enceinte suite à un égarement plutôt rock and roll avec le sieur Dupontel, braqueur multirécidiviste amateur selon la presse de globe oculaires en salade! La rencontre, vous l'imaginez va être explosive!

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Le grand talent de Dupontel est l'amour qu'il porte à ses personnages. Des passages sont vraiment hilarants (Kimberlain déambulant saoule dans la rue, moment unique), d'autres beaucoup plus tendres mais sans mièvrerie mal venue (le personnage du braqueur qui va se rendre compte qu'il va devenir papa). Il y a évidemment les deux personnages principaux qui sont très réussis mais comme à son habitude, Dupontel se fait un point d'honneur à ciseler ses personnages secondaires qui resteront pour certains longtemps dans la mémoire des spectateurs. Mention spéciale pour moi à l'avocat bègue campé avec panache par un Nicolas Marié encore plus décalé que d'habitude (il était déjà remarquable dans le rôle du médecin de famille azimuté du aussi très réussi Le Vilain). Kimberlain rayonne de tout son talent dans ce film où elle est entourée de grands malades: Dupontel égal à lui même, un collègue transi d'amour pour elle insupportable à souhait que l'on adore détester...

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Ce décalage des personnages est servi à merveille par la réalisation. En plus d'être un auteur exigeant et novateur, Dupontel se révèle inventif et esthète la caméra au poing. Cela se traduit par un film baignant dans une atmosphère étrange où les couleurs et les cadrages renvoient à la folie qui se dégage des personnages. Il y a du Caro et Jeunet dans l'air (période Delicatessen, La cité des enfants perdus), cela rend ce film très particulier et assez bluffant dans son genre. Je ne lui mets pas pour autant un 6/6 car je regrette un peu le caractère convenu de l'histoire qui ne réserve pas vraiment de surprises. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce Dupontel-ci est un grand crû qui réchauffe le cœur et l'esprit!

Posté par Nelfe à 20:08 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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