lundi 12 novembre 2012

"Toi" de Zoran Drvenkar

ToiL'histoire: Imagine une tempête de neige sur l’autoroute. Un bouchon qui s’étire sur plusieurs kilomètres, aucune visibilité. Un homme sort de sa voiture et en silence assassine méticuleusement, à mains nues, vingt-six personnes dans les véhicules alentours. C’est le début d’une série de meurtres sans mobiles apparents commis par celui que la presse surnomme Le Voyageur.

Imagine maintenant cinq adolescentes. Cinq amies avec leurs espoirs et leurs peurs, leurs envies et leurs problèmes. Cinq jeunes filles que rien ne peut séparer, qui vont être prises au piège d’une situation qui les dépasse. Prises en chasse par un homme à qui tu ne voudrais pas avoir affaire, elles vont se jeter dans une fuite en avant sauvage et désespérée.

Imagine enfin un voyage jusqu’à un hôtel isolé en Norvège où tous ces protagonistes vont se retrouver pour une confrontation à la tension extrême et un dénouement qui te laissera sans voix.

La critique Nelfesque: J'ai découvert Zoran Drvenkar l'an dernier, lors de la sortie en France de son roman "Sorry" que j'avais adoré. C'est donc tout naturellement que je me suis jetée sur ce nouveau roman, "Toi", sorti en librairie le 8 novembre. Je n'ai pas regardé la quatrième de couverture, j'ai seulement noté la couleur criarde de la couv' et le titre énigmatique.

C'est une fois à la maison que je me suis attachée à découvrir l'histoire de ce roman avec les quelques phrases à l'arrière du livre. "Etrange cette façon de tutoyer le lecteur" me dis-je. Je tords le nez, je n'aime pas trop ça mais ce que j'ignore encore c'est que ce procédé est utilisé durant tout le roman!

Il m'a bien fallut une centaine de pages pour m'habituer à l'écriture de l'auteur et commencer à apprécier ma lecture. Au départ, j'ai été décontenancée par ce tutoiement permanent que j'ai ressenti limite comme une agression, chose sans doute voulue par Zoran Drvenkar. Autant dire donc que c'est efficace! Le "tu" est d'autant plus difficile à cerner qu'à chaque chapitre le sujet diffère. On s'y perd et mieux vaut s'accrocher pour la suite de la lecture.

C'est ce que j'ai fait et j'ai bien fait! Peu à peu, cette deuxième personne du singulier s'éclipse, elle n'apparait plus importante face aux personnages présentés et aux moindres recoins de leurs psychologies explorés. Le lecteur est littéralement dans la tête de chaque personnage de cette histoire et ces derniers n'en deviennent que d'autant plus attachants. On ne sait pas très bien où l'auteur veut nous emmener, les scénettes se suivent sans lien apparent entre elles, les personnages se multiplient et en tant que lecteur, il faut bien l'avouer, on est paumé... Puis peu à peu encore une fois la lumière se fait et "Toi" s'apparente à un énorme puzzle où les indices sont donnés au compte goutte à l'aide de flash back et de visions multiples de la même scène et laisse présager d'un final en apothéose.

"Toi" est un roman qui se mérite, ce n'est pas une lecture aisée mais pour qui fait l'effort de poursuivre, il se révèle vraiment addictif. Chaque personnage a son importance, chaque détail également et le final est étonnant. Un roman à dévorer!

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mardi 22 mars 2011

"Sorry" de Zoran Drvenkar

sorryL'histoire: Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, après une succession de petits boulots, de drames personnels, de défaites diverses et de blessures secrètes, c’est sans trop d’illusions qu’ils abordent la trentaine. Les choses vont néanmoins changer très vite quand ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui s’estiment s’être mal comportés envers un salarié, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords en allant à leur place chercher le pardon auprès de leurs victimes.
Tout va pour le mieux jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience en obtenant l’absolution pour les horribles souffrances qu’il inflige décide de recourir aux services de Sorry.
C’est le début d’une longue descente aux enfers pour les quatre amis. Pris dans un piège infernal et mortel, ils n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

La critique Nelfesque: Un nouveau roman chez Sonatine? Vous imaginez bien que je ne laisse pas passer l'info sans me jeter sur l'oeuvre en question! Parce qu'après Ellory, Kellerman ou encore Mosby dont je parlerai bientôt, Sonatine est pour moi une valeur sûre en matière de thriller.

Avec"Sorry" de Zoran Drvenkar l'essai est tranformé et fort bien transformé. Dans ce thriller haletant nous suivons quatre amis dans la création de leur société et cette idée ingénieuse qui va les faire basculer dans l'horreur. Plus qu'un simple thriller, nous suivons les joies et les peines d'une bande de trentenaires, leur longue amitié, leurs doutes, leurs blessures. Drvenkar (auteur au nom imprononçable!) nous livre des personnages attachants à la psychologie fouillée. Quand les drames se produisent, ce sont de vrais coups de poing que nous recevons.

J'ai deviné assez rapidement le déroulement de l'intrigue (je lis pas mal de thrillers, je deviens un as en matière de résolution d'énigmes) mais j'étais loin de m'imaginer la complexité du fil de l'histoire. Dans ce roman, on est très loin du manichéisme, les héros ne sont pas tout blanc et, loin d'être excusés, ceux qui semblent être des monstres se révellent être des hommes blessés. Sous nos yeux, page après page, la valse des personnages se danse de façon complexe et passionnante.

L'originalité de ce roman vient aussi de la plume de Drvenkar. Ce livre a été élu meilleur thriller de l'année 2010 en Allemagne et en le lisant on comprend pourquoi. L'auteur joue avec les focalisations externes, passant d'un personnage à un autre au fil des chapitres mais aussi les focalisations internes usant du "je". Fait novateur, marquant le lecteur, les chapitres nommés "toi" l'interpelle directement en le tutoyant. Totalement intégré dans l'histoire, on ne sait pas véritablement qui est le "je" et qui est le "tu". On se laisse porter par le talent de Drvenkar, tout se clarifie peu à peu et ce mélange de sujets nous ébranle au plus profond, laissant entrevoir la possibilité que nous pourrions être tous ces personnages à la fois.

Au final, "Sorry" se révèle être un excellent thriller que je conseille vivement aux amateurs du genre. Bien plus encore, "Sorry" est un véritable questionnement sur les notions de culpabilité et de vengeance. Qui sommes nous réellement? Comment les éléments marquants de notre vie peuvent conditionner toute notre existence? Qui sommes-nous pour juger ou pardonner? Un roman passionnant!

Posté par Nelfe à 18:31 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
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