lundi 4 juillet 2016

"Alice de l'autre côté du miroir" de James Bobin

Alice afficheL'histoire : Les nouvelles aventures d'Alice et du Chapelier Fou. Alice replonge au pays des merveilles pour aider ses amis à combattre le Maître du Temps.

La critique Nelfesque : Qui dit Fête du Cinéma dit visionnage de film que nous n'aurions peut-être pas été voir sans cela. C'est le cas ici avec "Alice de l'autre côté du miroir" labellisé Disney. Nous avions beaucoup attendu "Alice au Pays des Merveilles" lors de sa sortie en 2010 et nous n'avions pas été complètement séduits. A 4€ la séance, c'était l'occasion de voir ce que valait ce second volet.

Visuellement, ce nouvel Alice est une fois de plus très beau. Les décors, les couleurs, les personnages, les costumes, tout est ici mis en place pour éblouir le spectateur. On en prend plein les yeux et les presque 2 heures que comptent ce film passent à une vitesse folle. On ne peut pas le nier, c'est féérique, ça claque, c'est beau !

Oui mais... (parce qu'il y a un maiiiiiis) le scénario est creux, niais et très "bas de plafond". Sérieusement ? Tout ça pour une histoire de tartelettes !? ... OK, c'est peut-être une franchise destinée aux enfants mais quand même, nos gamins ont un cerveau (enfin la plupart... (du moins j'espère !)). Autant vous dire que si vous avez plus de 4 ans, la désillusion est grande... Niveau point de départ d'histoire, on est proche de Oui-oui... Navrant...

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Les personnages tels que le Chat du Cheshire, le Loir, le Lièvre de Mars, sont clairement là pour faire joli et servir la soupe. Concrètement niveau intrigue, ils ne servent à rien. Lewis Carroll doit se retourner dans sa tombe tant son oeuvre est réduite en bouillie prémâchée pour dégénérés de base. Enfin, Disney et le réalisateur l'annoncent : ce film est basé non pas sur son oeuvre mais sur ses personnages. Ah ben oui, d'accord, autant pour moi, on ne galvaude pas l'oeuvre originelle ici mais on y prélève les éléments qui nous intéressent pour en faire de la soupe étiquetté "Alice". Et puis comme ça, on pourra vendre plein de peluche Chess à Disneyland ! C'est merveilleux !

Si vous n'êtes pas trop regardant sur le fond, "Alice de l'autre côté du miroir" passe très bien. Je l'ai moi-même plus vu comme un divertissement et une grande attraction colorée et de ce point de vue là c'est une réussite. Pensez au pop-corn avant d'entrer en salle, ce film s'y prête bien. Je râle mais les défauts précités m'ont permis de bien me marrer (même si ce n'était pas le but premier du réalisateur) et comme la séance était à moindre coût, je n'ai pas arraché mon siège. Pour le reste, on  n'en retiendra pas grand chose.

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La critique de Mr K : 2,5/6. A l'occasion de la Fête du Cinéma, la programmation nous a paru quelque peu décevante à Nelfe et moi. Mais il y avait cette suite du film de Tim Burton qui déjà ne m'avait pas pleinement convaincu. Beaucoup de spectacle en effet pour un fond creux et une trahison en bonne et due forme de l’œuvre originelle. Je réaffirme d'ailleurs pour l'occasion mon amour immodéré pour le dessin animé Disney qui n'a pas vieilli et reste incontournable. Dans le genre frappadingue, on ne fait pas mieux.

Mais revenons au métrage de 2016 qui n'a pas que des défauts même si pour moi ils ont primé sur les qualités. On retrouve avec un certain enchantement le pays des merveilles qui ici est foisonnant de couleurs, de paysages incroyables et d'êtres différents. J'ai aimé aussi le Maître du temps campé par un Sacha Baron Cohen à la fois truculent mais aussi parfois touchant, les secondes qui gèrent la forteresse mécanique du temps, le lièvre de Mars et la petite souris avec une scène très sympa autour de l'heure du thé (le meilleur passage du film pour moi)… La musique de Elfman bien que calquée sur le premier opus convient à merveille au film et nous plonge dans une ambiance vraiment à part.

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Mais voila, à part ça, on a quand même affaire à un scénario convenu et parfois ridicule (la raison de la dispute entre les deux princesses est un grand moment de n'importe quoi). On prend vraiment les mômes pour les dindons de la farce et le nombre d'incohérences est assez flippant. Niveau acting, on atteint aussi des sommets de cabotinage avec des grimaces en veux-tu en voila, une Alice certes féministe et attachante mais jouant toujours sur les mêmes émotions. Au final, on préfère largement les mimiques des êtres virtuels qui touchent beaucoup plus au cœur que les acteurs en chair et en os... un comble ! Beaucoup d'ellipses aussi au niveau de la narration et de la caractérisation des personnages qui empêche vraiment de s'attacher à eux.

Certains me diront mais ce n'est pas trop grave, c'est beau ! Oui et non... C'est beau mais l'avalanche d'effets spéciaux fait retomber toute forme de poésie dans un trop plein qui finit par lasser. Le mieux est l'ennemi du bien, l'adage se vérifie ici une fois de plus. On passe finalement deux heures dans une belle attraction mais passé la séance (qui passe très vite je vous l'accorde), l'impression de vide persiste laissant un goût légèrement amer dans la gorge. Au final, voila un film vite vu et vite oublié.

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mercredi 1 juillet 2015

"Vice-Versa" de Pete Docter

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L'histoire : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie...

La critique Nelfesque : Gros coup de coeur pour "Vice-Versa", dernier né des studios Disney-Pixar ! J'aime les films d'animation, j'aime le temps d'un dessin-animé retourner en enfance et rêver mais j'ai rarement vécu autant d'émotions qu'avec celui ci. Tout simplement hors du commun.

Que se passe-t-il dans nos têtes ? Pourquoi sommes-nous parfois tirailler quand il faut prendre une décision ? Qu'est ce qui fait la personnalité de chacun ? Les festivaliers et les critiques à Cannes cette année ont été unanimes : "Vice-Versa" était bouleversant et sa projection fut un triomphe. Je partage totalement leur avis. On navigue ici entre rires, larmes et réflexion. Notre gymnastique cérébrale est très bien rendue. Les explications complexes sont finement simplifiées et imagées pour que tout devienne accessible sans pour autant galvauder des faits scientifiques. Chacun en ressort grandit, petits et grands ont appris des choses. Même si tout n'est pas compréhensible pour les plus petits, ils peuvent ressentir grâce aux images les émotions qui nous sont traduites. Un vrai tour de force qui nous cueille à chaque minute.

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Riley a 11 ans. Elle vient de quitter son Minnesota natal pour San Francisco et c'est la tempête dans sa tête. Elle a quitté la maison qu'elle aime, ses repères, ses amis, une vie calme à la campagne pour une ville qu'elle ne connaît pas, une maison qui ne lui plaît pas et tout un avenir à construire. Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût sont alors à pied d'oeuvre pour que cette transition se fasse de la meilleure façon possible et que Riley ne souffre pas trop de ce changement de vie.

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Oui mais voilà, rien ne va se passer comme prévu et nous suivons les pérégrinations de ces 5 sentiments dans le cerveau de Riley. La tour de contrôle des émotions, les îles de la personnalité qui constituent cette dernière, la mémoire à long terme, le train de la pensée, le stockage des souvenirs, la fabrication des rêves, le parc de l'imaginaire, le subconscient... tel est le décors reflétant tout cerveau. Le film commence comme une friandise au goût acidulé, Riley est petite et heureuse, tout n'est que bonheur et paillettes puis peu à peu l'ambiance bascule dans quelque chose de plus angoissant, de plus complexe et perturbant. Loin des sentiers balisés de dessins animés édulcorés pour enfants, beaux à regarder mais sans messages ou très simplistes, "Vice-Versa" pose des questions essentielles sur l'accomplissement de soi, sur la gestion des émotions, sur le fait de grandir, sur l'oubli...

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Cette petite fille si seule dans sa nouvelle vie est pourtant peuplée d'une petite bande remuante et énergique qui remue ciel et terre pour qu'elle garde le cap. Evoluants dans un monde riche et coloré, les 5 sentiments ont une multitude de solutions à leur portée et se bagarrent parfois pour trouver la bonne. C'est foisonnant, passionnant et certains détails éveillent en nous des choses enfouies. Qui n'a pas eu enfant un ami imaginaire et l'a complètement oublié ? Découvrir où celui ci réside à présent crève le coeur... Avec ce film d'animation diablement malin et efficace, le spectateur est tour à tour surpris, émerveillé, ému et apaisé.

Une très jolie histoire, un très beau film d'animation, très loin d'être bête, qui plait aussi bien aux petits qu'aux grands. Le meilleur Pixar et, psychologiquement, le plus abouti jusqu'à présent ! J'attends le DVD avec impatience ! Une réussite !

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La critique de Mr K: 6/6, une grande et belle claque que le dernier né de chez Pixar. A mes yeux, le plus réussi, le plus abouti et le plus riche de tous leurs métrages. Il sera sans nul doute dans mon top 3 de l'année tant il m'a remué et diverti. Attention chef d’œuvre! Et en animation, c'est tout de même assez rare depuis ces dernières années.

Le concept est simple, on rentre dans la tête d'une jeune fille et nous suivons le fonctionnement de son cerveau à travers les cinq émotions principales qui régissent nos vies (la joie, la tristesse, la colère, la peur et le dégoût). Tout se passe pour le mieux pour Riley jusqu'au jour où elle déménage de son Minnesota natal pour San Francisco. Ça fait beaucoup de changements pour elle et la transition va s'avérer bien rude pour cette petite fille normalement enjouée. Crispations avec la famille, éloignement avec ses amis, premiers jours à l'école, nombreux sont les obstacles à son épanouissement, heureusement ses émotions veillent et vont la guider dans cette période pas très facile.

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Ce film est imparable et d'une grande finesse. Ma référence reste le Alice au pays des merveilles de Disney dans le genre récit initiatique mais celui-ci n'est vraiment pas loin derrière. Au fil des aventures de Joie et Tristesse pour revenir dans la salle de contrôle, elles croiseront l'ancien ami imaginaire de Riley, Bing Bong, un mix fortement improbable de barbe à papa, d'éléphant, de chat et de dauphin, déambuleront dans sa mémoire à long terme (et verront au passage comment les souvenirs sont conservés ou effacés), prendront place à bord du train de la pensée, traverseront le pays de l'imaginaire et bien d'autres choses encore. Les enfants dans la salle s'amusent beaucoup des situations décrites, les adultes aussi avec en plus la conscience d'assister à un spectacle peu commun.

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Ce dessin animé est d'une rare intelligence, d'une justesse de tous les instants et s'avère être un beau résumé d'une étape essentielle dans notre développement: la fin de l'enfance et de l'enchantement pour entrer dans l'âge de l'adolescence et le début de la conscience de soi et surtout des autres. L'architecture du métrage est remarquable car tout le monde s'y retrouve et comprendra le message selon son degré d'évolution si je peux m'exprimer ainsi. Un bonheur de cinéma entre rire et grosses larmes (oui, j'ai pleuré et beaucoup même!), à ne louper sous aucun prétexte!

dimanche 22 juin 2014

"Maléfique" de Robert Stromberg

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L'histoire: Maléfique est une belle jeune femme au coeur pur qui mène une  vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son coeur pur en un coeur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore. Mais lorsque l’enfant grandit, Maléfique se rend compte que la petite princesse détient la clé de la paix du royaume, et peut-être aussi celle de sa propre rédemption…

La critique Nelfesque: Ah ! ENFIN ! "Maléfique" est en salle ! Bon ben on hésite pas une seconde, on prend nos places et on y va. J'étais littéralement tombée amoureuse de la bande annonce de ce film. L'ambiance, le visuel... tout semblait être fait pour me plaire. J'ai lu quelques ITW d'Angelina Jolie (notamment dans le Studio Ciné Live spécial Cannes) et j'avais fortement envie de voir ce film au cinéma.

Je ne vous apprendrai sans doute rien si je vous disais que "Maléfique" est une relecture du conte de "La Belle au bois dormant". Disons plutôt que c'est la même histoire mais vu du côté de "la méchante sorcière", alias Maléfique. Tout ce que l'on croyait connaître jusqu'alors sur ce conte va prendre une dimension différente.

Mieux vaut connaître le dessin animé originel pour apprécier à sa juste valeur "Maléfique". Si ce n'est pas le cas, il n'y a pas mort d'homme mais vous risquez de passer à côté de pas mal de clins d'oeil bien sympathiques. Pensez donc à mettre en place une petite séance DVD de rattrapage pour vos enfants avant de les emmener voir ce présent opus. D'ailleurs si vous êtes adultes, ne snobez pas ce bijou pour autant, vous le regretteriez !

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Ca y est, j'ai lâché le mot : "Maléfique" est un bijou ! J'ai adoré ! Visuellement il est superbe. Nous l'avons vu en 3D (on n'a pas spécialement choisi, perso la 3D, je m'en fiche un peu) et pour une fois ce n'est pas du gadget. C'est sans doute bien plus beau en 3D (même si maintenant j'ai envie de le voir en version "classique" pour comparer...). Le monde féérique qui nous est proposé est foisonnant de créatures toutes plus belles et mignonnes les unes que les autres : papillons luminescents, fée minuscules et colorés, gnomes hérissons... Les paysages sont à couper le souffle et vraiment on en prend plein les yeux.

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Côté "fond", "Maléfique" n'a pas à rougir et ne fait pas de faux pas. Fidèle au conte originel, il ne le trahit jamais tout en apportant des détails supplémentaires et surtout la vision de Maléfique qui vient apporter une lecture différente à l'histoire. Celle que l'on prenait jusqu'ici pour la méchante sorcière cruelle et sans cœur s'avère être une fée déçue et blessée par la race humaine. Le spectateur comprend alors beaucoup mieux ses agissements et découvre par là même son côté tendre.

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Film féministe (et oui !), il véhicule des notions de respect, de tolérance et d'amour. D'une façon dark certes mais tellement mieux que certaines soupes mielleuses peuvent prétendre le faire... Angelina Jolie est bluffante en Maléfique et la réalisation de Stromberg la sublime. Que dire sur le passage où Maléfique passe d'une fée gaie et ouverte à une créature noire et vengeresse ? Un superbe moment de cinéma. On est dans une production Disney et on l'occulte totalement. Preuve que si ils le veulent ces studios peuvent faire des films de qualité sans racolage intempestif et loin du manichéisme. Sur ce dernier point, j'ai été surprise. Un bon point de plus !

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Les personnages sont touchants. Maléfique en tête bien sûr, sublime dans son rôle, à laquelle on s'attache et pour laquelle on souhaite une fin heureuse mais aussi Diaval, serviteur polymorphe de Maléfique, avec qui il forme un duo diabolique (mais pas que). Les marraines d'Aurore, les 3 bonnes fées, sont de vraies têtes à claque et amènent une dose d'humour salvatrice sans laquelle le spectateur serait sous pression constante du début à la fin du long métrage.

Vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de découvrir ce film sans plus tarder. Que vous ayez 9 ou 90 ans, vous ne pourrez contester la beauté de cette production et au delà de cela vous vous laisserez entraîner dans un monde fascinant où il fait bon retrouver son âme d'enfant dans ce qu'elle a aussi de plus sombre parfois. Une vraie réussite !

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La critique de Mr K: 4,5/6. Voilà un film que nous attendions depuis que Nelfe et moi avions vu la bande-annonce il y a quelques mois de cela. Je ne suis pas franchement Disney (du moins depuis les 90') mais j'avais été plutôt agréablement surpris par leur précédente relecture d'un classique avec Blanche Neige et le chasseur. Bien m'en a pris de ne pas céder à mes pulsions premières et de tenter l'aventure car Maléfique est une belle réussite.

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Il est préférable d'avoir déjà vu La Belle au bois dormant (je pense aux plus jeunes surtout) pour goûter au maximum aux divergences scénaristiques de Maléfique. Le début du métrage s'attarde sur l'enfance et la jeunesse de la pseudo méchante sorcière qui s'avère être une fée plutôt sympathique (niaiseuse diront les esprits chagrins !) vivant en harmonie dans les Landes, territoire des fées et autres lutins. Elle va faire la rencontre d'un jeune garçon (le dénommé Stéphane) dont elle va s'éprendre. Les hommes étant tous des porcs (sic), ce dernier va la trahir des années plus tard en lui coupant les ailes, trahissant par la même occasion sa dulcinée. Maléfique s'enfonce dans son chagrin, se laisse gagner par la colère, isole la Lande du monde des humains et lance une malédiction sur la première née de Stéphane, devenu entre temps roi. La gamine est élevée par trois petites fées bien crétines mais Maléfique veille et pas forcément de la manière dont on croit !

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Ce film est tout d'abord d'une grande beauté. Les 20 premières minutes nous laissent découvrir un royaume des fées enchanteur et divin. Peuplé de créatures plus grotesques et rigolotes les unes que les autres, on se plaît à rêver d'y aller pour s'éloigner du monde des hommes. Mais très vite, on sombre en même temps que l'héroïne dans de superbes tableaux de dark fantasy pure, un univers que j'apprécie tout particulièrement. Des murailles de ronces plus vraies que natures séparent désormais les hommes et le petit peuple. Paysages et personnages sont traités avec finesse et esthétiquement ce film est une grande réussite. Les passages plus branchés action sont aussi de beaux morceaux de bravoures notamment l'affrontement premier entre les hommes et les créatures sylvestres (il y a un côté Ent qui n'est pas pour me déplaire) mais aussi la bataille finale avec un dragon des plus réussi.

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Les acteurs sont au diapason au premier rang desquels Angélina Jolie rayonne de mille feux. D'une beauté froide et touchante, elle donne une grâce, un charme et une mélancolie incroyable à son personnage pour lequel on ne peut qu'avoir sympathie et admiration. Derrière ce cœur de glace se cache un être profondément blessé par le désir et l'ambition d'un homme vide de sentiments et que l'on adore détester, le roi Stéphane est assez pitoyable dans son genre et irritant au possible. La jeune actrice jouant Aurore est aussi très convaincante même si le personnage n'est pas mon préféré tant elle déploie candeur et mièvrerie (en même temps, il s'agit de la Belle au bois dormant tout de même!). Mention spéciale au serviteur métamorphe de Maléfique que j'ai trouvé à la fois touchant et intéressant dans ses rapports ambigus avec sa maîtresse. A bien des égards ce film s'adresse aussi aux adultes par les sens cachés qui ont pu être glissés ici ou là notamment une dimension féministe indéniable et rafraîchissante pour un genre aussi codifié que le conte.

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Au final, on passe une heure et demi de pur divertissement et d'émerveillement. Nous l'avons vu en 3D (pas le choix) mais pour une fois le procédé était bien utilisé et donnait une envergure épique à ce spectacle total. À voir pour tous les amateurs de contes de fée et autres rêveurs en tout genre.

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vendredi 23 mars 2012

"John Carter" d'Andrew Stanton

john_carter_officielleL'histoire: Le fascinant voyage de John Carter, qui se retrouve inexplicablement transporté sur Barsoom, au cœur d’une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas et de la captivante princesse Dejah Thoris. Dans ce monde sur le point de disparaître, Carter va découvrir que la survie de Barsoom et de son peuple est entre ses mains…

La critique de Mr K: 5/6. Profitant des printemps du cinéma, je m'en suis allé dans une salle obscure à la recherche d'un petit plaisir coupable en solitaire vu que Nelfe n'est pas adepte de films d'aventure à grand spectacle. Très belle surprise pour un film dont je n'attendais pas tant! Les deux heures et demi sont passées à vitesse grand V et c'est avec un sourire béat (béta diront certaines...) que je suis ressorti enchanté de la salle!

Selon Mad movie, mon magasine fétiche, il aura fallu plus de 80 ans pour que ce projet d'adaptation se réalise... ben franchement, ça valait le coup de l'attendre! Rien que le pitch de départ est une gageur, excusez du peu: un homme se retrouve plongé sur la planète rouge après une rencontre avec un gus en robe possédant un bijou lui permettant de se transporter de monde en monde... S'ensuit un film d'aventure qui collectionne les morceaux de bravoure, les rencontres improbables avec des créatures étranges, les scènes romantiques à deux euros et les SFX impressionnants (la 3D ça a parfois du bon!).

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Commençons par le point qui manque pour justifier le 5/6: pas vraiment d'originalité dans le déroulement de l'histoire, on n'échappe pas aux passages obligés "gnangnan", n'oublions pas que cette œuvre est produite par Disney. Pas de sang ni de crime en gros plan mais le réalisateur utilise à merveille le hors-champs pour retraduire certaines scènes violentes (duel dans l'arène, batailles entre vaisseaux-bâteaux). Les acteurs ne sont pas non plus exceptionnels mais ils suivent le cahier des charges à la lettre, à défaut de passion on se contentera de l'efficacité de l'ensemble. À part ça, le reste ce n'est que du bonheur!

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Je ne suis pas amateur de 3D qui pour le moment ne s'était justifiée que pour Avatar de James Cameron. C'est la passe de deux avec John Carter, quasi présente à l'écran en permanence, elle n'est pas un simple gadget et permet une immersion totale dans les différents univers présentés dans le métrage. Les effets spéciaux sont hallucinants tout au long du film et franchement on est bluffé. Les créatures sont particulièrement réussies avec notamment les Tharks, êtres humanoïdes à quatre bras qui vont recueillir le naufragé de l'espace. Mention particulière au Woola, sorte de chien à la mode martienne dont chaque apparition est un véritable bonheur! Il m'a fait penser au bandersnatch de l'Alice au pays des merveilles de Burton. Je veux en adopter un! Rajoutez là dessus des montures à dix pattes, des gorilles blancs géants aimant s'ébattre dans une arène en écrasant les malheureux condamnés et vous obtenez un bestiaire fort réussi et réjouissant!

Woola John Carter

L'acteur principal est un mix étrange entre Johnny Depp et Keanu Reeves, il ravira sans doute un certain nombre de spectatrices quant à moi, je fus instantanément pris sous le charme de la charmante princesse en détresse. La musique est d'une excellente qualité, s'éloignant des hymnes pompeux qu'on nous assène généralement dans ce genre de production et le gars derrière la caméra sait ce qu'il fait, ne se contentant pas de plans fixes à la Star Wars épisode 2. Bref, ça virevolte, ça surprend et ça entraîne. Les plans s'enchaînent à toute vitesse et ne laissent pas une minute de répit au pauvre spectateur ébouriffé face à l'Aventure avec un grand A. D'ailleurs on sent que le cinéaste aurait voulu en mettre en plus, peut-être y'aura-t-il une version ultra-longue sur le DVD? Je suis preneur!

Un film à aller voir au cinéma pour le spectacle grandiose qu'il propose. N'allez pas dire que je vous aurai pas prévenu!

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vendredi 11 juin 2010

"Prince of Persia : les sables du temps" de Mike Newell

jaquette_prince_of_persia_les_sables_du_tempsL'Histoire (attention ça casse des barreaux de chaise!):

Un prince rebelle est contraint d'unir ses forces avec une mystérieuse princesse pour affronter ensemble les forces du mal et protéger une dague antique capable de libérer les Sables du temps, un don de dieu qui peut inverser le cours du temps et permettre à son possesseur de régner en maître absolu sur le monde.

La critique de Mr K:

3/6, un chouette petit moment de détente cérébrale. J'y suis allé il y a deux jours en compagnie du voisin (le papa de Speedou) au Méga Cgr de Lanester histoire de se délasser d'une journée assez éprouvante au boulot (ils sont bien excités les minots en ce moment!). Que dire? Certes c'est commercial, pas original, c'est convenu, on devine ce qui va se passer au fur et à mesure du déroulement du film, les effets spéciaux pètent (sans pour autant être omniprésents), les personnages sont caricaturaux  à souhait et la morale cucul est bien présente! Mais alors, pourquoi 3/6 me direz-vous?

Déjà, il y a l'acteur principal: Jake Gyllenhaal que j'avais adoré dans Donnie Darko, un film culte. Ici il "se la joue" bondissant, manie la répartie à merveille et fait montre d'un bon jeu d'acteur malgré un personnage assez monolithique (ben, c'est Disney quand même!). Puis il y a Ben Kingsley, grand parmi les grands depuis sa magistrale interprétation de "Gandhi" qui ici cabotine beaucoup et se révèle bien sympathique en vilain pas beau (ben, c'est Disney quand même! -bis-). La princesse n'est pas mal non plus, belle à se damner et un caractère de cochon qui en donnerait à redire à Nelfe... et là, c'est très très très fort! J'ai bien aimé l'apparition en faire-valoir d'Alfred Molina en bandit amateur et organisateur de courses d'autruches, le passage est particulièrement délirant. Il faut voir ces Struthionidae, un dossard dans le dos, arranguées par des parieurs fous furieux. Et puis, force est de constater que le film est fidèle au jeu vidéo qui l'inspire et qui en son temps m'avait donné pas mal de fil à retordre et beaucoup de bons moments. Les paysages sont magnifiques, le désert et les villes notamment. On retrouve par moment la magie qui avait opéré sur la trilogie de l'anneau de Jackson lors des longs plans aériens sur les villes et autres forteresses. Je vous rassure la comparaison s'arrête là!

Bon c'est certainement pas le film du siècle, Newell n'arrive pas à faire décoller son film au dessus du cahier des charges (on l'a connu plus inspiré avec Quatre mariages et un enterrement ou Donnie Brasco) mais on sait que Bruckheimer vampirise tous les projets qu'il touche. À voir au cinoche ou pas du tout, vu qu'à mon avis ça ne donnera pas grand chose à la télé. Un chouette petit moment de détente cérébrale en somme...

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mardi 6 avril 2010

"Alice au Pays des Merveilles" de Tim Burton

alice_afficheL'histoire: Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge.

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La critique Nelfesque: Voilà des mois que nous attendions la sortie de ce "Alice au Pays des Merveilles" de Tim Burton. A sa sortie, j'ai lu à peu près tout et son contraire sur ce film: sublime, sans surprise, Tim Burton vendu à la cause Disney, Johnny Depp monopolisant l'écran... Nous nous sommes donc fait notre propre opinion. A la base, nous voulions le voir en 2D, la 3D n'étant pas mon dada et n'apportant rien à ce film comme j'ai pu le lire sur divers blogs, puis devant le guichet, nous nous sommes rendus compte que nous avions sélectionné un horaire 3D... Tant pis...

Je parle vite fait de la 3D car comme je l'ai dit ce n'est pas mon truc et je n'y accorde pas vraiment d'importance. La technologie de ce cinéma nécessite l'utilisation de lunettes de haute technologie que nous devons rendre à la fin de la séance. Bilan de l'expérience avec les lunettes 3D XPAND: sombre!!!! Quelle déception face à un film si coloré d'avoir des lunettes à filtre vert! De plus, ces lunettes réduisant terriblement le champs de vision, j'ai eu l'impression de voir le film sur un mini écran... Les conditions n'étaient donc pas optimales... REMBOURSEZ!

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Mais que dire du film en lui même? Je l'ai d'abord trouvé très beau (bien qu'il me tarde de le voir "lumineux"!), les couleurs et les décors sont sublimes (oui j'ai par moment enlevé mes lunettes pour voir certes flou mais coloré). Johnny Depp est excellent en Chapelier Fou tout comme Helena Bonham Carter en Reine Rouge. Ce sont là mes 2 personnages préférés et ils sont superbement interprêtés. L'actrice qui tient le rôle d'Alice joue de façon trop monocorde pour moi. Qu'elle soit heureuse ou pas, elle a toujours la même tête... Alors oui, elle ressemble beaucoup à Alice mais je n'ai pas été emballé par sa prestation. Quant aux personnages "non humains", le Lièvre de Mars et le Loir sont très drôles et superbement rendus. Les personnages "méchants" ne sont pas en reste.

Et Tim Burton alors? Il  a été "bouffé" par Disney oui ou non!? Et bien, réponse de normand, je dirai oui et non. Oui dans le sens où on sent que ce n'est pas du Tim Burton pur et dur (qu'est ce que c'est que cette fin mielleuse et moralisatrice!? Et cette musique au générique signée... Avril Lavigne!? J'ai cru que j'allai vomir dans mon fauteuil lors des 10 dernières minutes...) mais on sent bien la Burton touch dans la folie des personnages et le rendu des scènes.

Je suis déçue de l'avoir vu en version 3D qui est sympathique mais sans plus et je le reverrai avec plaisir dans d'autres conditions. En attendant, je vous conseille fortement d'aller le voir. En tous cas, pour nous, ce fut une bonne séance de lundi de Pâques.

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La critique de Mr K: 4/6. Pas mal du tout, je suis d'ailleurs plutôt surpris vu que je partais avec un à priori négatif. Depuis mon plus jeune âge, je suis un grand fan du dessin animé de Disney et plus vieux, je m'étais laissé séduire par le texte de Lewis Caroll qui avait été une belle découverte. Que dire de ce métrage? C'est loin d'être le meilleur Burton (je préfère "Edward aux mains d'argent", "Les noces funèbres", "Beetlejuice"...) mais niveau évasion, l'objectif est atteint. Les décors sont magnifiques et on se balade avec l'héroïne dans des paysages de toute beauté. Les acteurs sont bons dans l'ensemble: j'ai particulièrement été sensible au charme d'Alice (l'actrice ressemble beaucoup à Cate Blanchet -Galadriel-), Helena Bonham Parker comme d'habitude est excellente en reine rouge tyrannique à la fêlure touchante (elle a une grosse tête au sens propre comme au sens figuré!) et Johnny Depp ne cabotine pas trop (dieu sait que j'appréhendais ce dernier point quand j'avais vu la Bande Annonce). Les êtres virtuels ne sont pas en reste avec le chat qui disparaît (mon personnage préféré dans l'original) et le bandersnatch qu'Alice réussit à domestiquer (mi pitt mi hyène, j'ai adoré son aspect et son caractère).  Bref on nage en plein merveilleux ce qui est la moindre des choses vu le nom du film!

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Cependant, ce n'est pas pour autant un film inoubliable. On sent bien les concessions que Burton a dû faire pour Disney, à ce titre la fin est d'une nullité insondable entre niaiserie et morale bien cucul (Non de Dieu Tim, avec le talent qui est le tien, tu pouvais t'imposer davantage dans l'écriture!). Adieu la douce folie ambiante qui régnait jusqu'alors sur le film. J'ai peu apprécié aussi la reine blanche avec ses postures à la "mord moi le noeud" (ceux qui ont vu le métrage comprendront) à qui j'avais bien envie de balancer un pruneau. Dernier défaut et non des moindres, la 3D! On y allait pour une séance classique et manque de pot... On s'est tapé un film avec une technologie hasardeuse: couleurs fades et flou intégral lors des scènes en 3D. Pas si génant mais décevant tant j'ai l'impression que cette fois ci ce n'était pas essentiel.

Un film à voir au cinoche tant il est beau mais en ayant bien à l'idée que c'est un Disney avant d'être un Burton.

Posté par Nelfe à 19:21 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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