dimanche 14 avril 2019

"Chroniques birmanes" de Guy Delisle

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L'histoire : Guy Delisle a suivi sa compagne durant 14 mois en Birmanie alors qu’elle y collaborait avec Médecins sans Frontières. Il raconte son expérience du pays, comment il a fini par apprivoiser son environnement, et petit à petit, comment il a découvert la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, soutenue elle-même par de puissants groupes industriels.

La critique de Mr K : Avec cette lecture, c'était ma première incursion dans l’œuvre de Guy Delisle, un auteur que Nelfe avait découvert avec S'enfuir, un ouvrage qui l'avait impressionnée lors de sa lecture. À l'occasion d'un passage à la médiathèque, j'en profitai pour lui prendre Chroniques birmanes qu'elle a littéralement avalé. Face à ses injonctions bienveillantes, je décidai moi aussi de le lire et je dois avouer que j'ai beaucoup aimé ce voyage autobiographique en plein cœur de la Birmanie entre découverte d'une culture étrangère et immersion dans une dictature militaire impitoyable. Pour info, le livre date de 2009 avant la libération de Aung San Suu Kyi et la libéralisation légère du pays.

Marié à une administratrice de Médecin sans Frontière qui bouge en fonction des missions qui lui sont confiées à travers le monde, Guy Delisle (auteur de BD) se retrouve plongé en Birmanie. Pendant que Madame travaille, il s'occupe de Louis, leur petit garçon, et vaque à ses occupations. Entre deux projets (plus quelques petites commandes à l'occasion), il glande pas mal, profite du climat (ou le subit surtout) et se balade dans Rangoon voir plus loin quand la possibilité s'offre à lui. En filigrane, au fil des vignettes et des strips, apparaît la réalité dictatoriale que connaissent les birmans avec son lot de censure, d'interdiction et de répression. Cette BD n'a pas pour but de dénoncer frontalement cette réalité ni d'être exhaustif sur la culture et les mœurs en vigueur. Il faut le voir plutôt comme un journal de bord personnel, un récit autobiographique relevé d'observations et de constatations entre surprise, naïveté et parfois drame.

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J'ai retrouvé au début de ce volume, l'ambiance de dépaysement que nous avons pu connaître Nelfe et moi lorsque nous sommes allés pour la première fois en Thaïlande pour un road trip de quatre semaine avec sac à dos. Tout est différent pour le narrateur même s'il a déjà roulé sa bosse. Certaines planches nous présentent ainsi sa visite au supermarché et son étonnement face aux produits (et packaging en cours), chose que nous aimons faire avec ma douce, ses rencontres avec la population avec leur fort attachement aux enfants, leur naturelle discrétion, leur goût pour le betel, la gastronomie locale pas des plus goûteuses, l'architecture en vogue plutôt douteuse et tout un tas d'éléments purement culturels qui nous plongent avec lui dans la fascination et parfois, il faut le dire, dans l'interrogation. En parallèle, il côtoie pas mal d'expatriés qui travaillent sur place dans le privé, pour l'ambassade ou d'autres ONG. Autant la partie ONG est très intéressante (j'en reparlerai) autant les autres représentants de notre pays m'ont paru fats et condescendants, livrant une image peu ragoûtante de l'occidental à l'étranger, un peu comme si on retournait au bon temps des colonies avec la sensation qu'ils vivent dans un autre monde, à dix mille lieues des horreurs qui peuvent être perpétrées pas loin de chez eux.

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C'est cet autre aspect de la BD que j'ai préféré, celle qui traite en sous-texte de la Birmanie en tant que dictature avec des libertés brimées avec en premier la liberté d'expression (censures omniprésente, la Dame enfermée chez elle depuis plus de quinze ans...), des massacres nombreux dans les marges territoriales du pays où vivent des minorités ethniques non acceptées par le pouvoir central obnubilé par l'ordre et les ressources économiques importantes de ces zones et une population qui n'est pas dupe mais qui subit le joug sans contestation possible. L'évocation des événements les plus dramatiques n'est que légère car le narrateur n'a pas assisté directement aux exactions les plus terribles mais on constate en sa compagnie le travail de censure dans le domaine du dessin, de l'information. On visite même avec lui un village excentré où 80% de la population se drogue (rappelons que ce pays produit en masse de l'Héroïne) sans que cela ne gène grandement le pouvoir, ce phénomène les arrangeant même pour garder le contrôle. Sans tomber dans le pathos ou la diatribe, par son regard distancié d'expatrié curieux, Guy Delisle nous offre un regard vif, neuf et non doctrinal sur l'état des lieux pas forcément reluisant. Il explore aussi les arcanes de l'aide humanitaire avec les difficultés pour agir sur place (les tracasseries administratives notamment), les pressions du pouvoir, le continuel jeu de va et vient, la mission que l'on se donne sans pour autant arranger les autorités... Là encore, le portrait est brut de chez brut.

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Mais Chroniques birmanes, c'est aussi les moments que passe un père avec son fils, avec son lot d'angoisses et de joies. On rit beaucoup dans ces moments là ou quand l'auteur nous raconte ses tracasseries de touristes avec entre autres les joies de la mousson, les systèmes électriques défaillants, ses incompréhensions face à certaines mœurs, ses réactions épidermiques qui me font penser à moi parfois... Ces moments de relâche aide à faire passer la pilule et donne à l'ensemble une cohérence bienvenue et une fenêtre ouverte complète sur un pays méconnu. Rajoutez là-dessus un sens de la narration millimétré, un trait de crayon simple mais pas simpliste et un second degré salvateur : vous obtenez un récit prenant, distrayant mais aussi bouleversant. Un vrai bonheur de lecture que je vous invite à entreprendre au plus vite si ce n'est pas déjà fait.

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vendredi 29 mars 2019

"Bolchoi Arena, T1 : caelum incognito" de Boulet et Aseyn

bolchoiArenaT1L'histoire : Et si vous pouviez explorer l'Univers tout entier ? Être qui vous voulez, ce que vous voulez ? Partir à l'assaut des étoiles, survoler les volcans de glace de Ganymède, voir Saturne se lever à travers les brumes de Titan ? Si vous pouviez être Immortel ? Être pilote, chevalier, ou champion de rallye, tout ça en étant confortablement installé dans votre fauteuil ? Si vous pouviez gagner votre vie en la rêvant ?
Bienvenue dans le Bolchoi, un monde sans limites. Un monde où tout est possible. Un monde presque aussi réel que le monde réel.

La critique Nelfesque : C'est parti pour la saga "Bolchoi Arena" avec ce premier tome, "Caelum incognito", avec Boulet au scénario et Aseyn au dessin. Grande adepte de Boulet depuis plus de 15 ans, j'étais curieuse de découvrir ce nouvel univers. Le connaissant très branché astronomie et sciences, je me doutais que ça allait être foisonnant et passionnant. Autant l'annoncer tout de suite, je suis conquise.

On suit ici Marjorie. Etudiante dans la vraie vie, elle écrit une thèse sur Titan. Son amie Dana, adepte du Bolchoi, va l'initier à ce monde virtuel. Sous le pseudo de Marje, elle va se prendre au jeu, trouvant la l'occasion rêvée de se déplacer sur ce satellite tant aimé et qui la passionne au plus haut point, mais aussi s'amuser à être ce qu'elle n'est pas IRL. Tout cela n'est pas sans rappeler au cinéma "Ready player one" de Spielberg. Marjorie va se révéler être une joueuse hors pair et très douée pour une newbie, elle va très vite se faire remarquer par la communauté.

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Marjorie est une jeune femme passionnée et elle ne va pas tarder à tomber dans la marmite du Bolchoi. Dans ce gigantesque monde cosmique virtuel, elle va découvrir les hangars à vaisseaux où grouillent de nombreux avatars, faire ses premiers pas dans l'espace et piloter un engin, marcher là où elle n'aurait jamais espérer pouvoir le faire, découvrir l'immortalité...

La nouveauté est attrayante (comme je la comprends, l'univers est extrêmement bien fait) : elle navigue entre les deux mondes avec ses amis, s'en fait de nouveaux et peu à peu elle va négliger son quotidien, passant les grosses parties de ses nuits et tout son temps libre sur le réseau. Qui n'a jamais fait son no-life dans une nouvelle activité ? Alors imaginez-vous un peu que l'univers soit sans limite et que vous puissiez explorer des mondes jusqu'alors inaccessibles ? Forcément on se doute que ça va être chronophage...

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Je ne suis pas une grosse adepte de SF. Je regarde quelques films de temps en temps mais n'en lis quasiment jamais (à la différence de Mr K qui navigue entre ouvrages vintage et nouveautés). Pour autant, les sujets soulevés par ce genre me posent question et je prends beaucoup de plaisir à approfondir les choses au moins une fois dans l'année avec Les Utopiales (oui, je ferai un article sur la dernière édition avant la prochaine...). Ici le ton est parfait pour ceux qui n'y connaissent pas grand chose mais aussi pour les aficionados. Le fait de suivre Marje, complètement vierge dans le domaine, nous fait entrer pas à pas dans le monde du Bolchoi. Les codes nous sont expliqués au fur et à mesures et ce qui est visible pour l'instant a tout pour plaire également aux férus du genre. Loin de faire dans la SF absconse et élitiste, tout est ici mis en oeuvre pour parler au plus grand monde. C'est appréciable de se sentir inclus dans une histoire qui pourrait à priori être destiné à une bulle de passionnés.

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C'est Aseyn qui est au dessin et je dois avouer qu'au début j'ai eu du mal avec son trait. Pourtant, très vite, force est de constater qu'il est en total adéquation avec l'histoire. Il y a un côté très manga dans son style qui peut dérouter au départ et les couleurs pastel sont aussi assez déstabilisantes. Vintage or not vintage, ça devient difficile de dater cet ouvrage et du coup ça rajoute du charme à l'ensemble. Plutôt malin.

Dans ce premier tome, au delà de la découverte et du plantage de décor pour les prochains tomes, c'est le sujet de la dépendance au virtuel qui est abordé de plein fouet. Très rapidement addict, Marjorie va négliger son petit ami et accumuler du retard sur son travail de thèse. Jusqu'à une scène finale qui va la laisser décidément en très mauvaise posture. Découvrir le Bolchoi n'était peut-être pas une si bonne idée...

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Très prenant, diablement malin et très actuel dans ses propos, ce premier tome de "Bolchoi Arena" se révèle être une très bonne mise en bouche. Je ne sais pas combien de tomes sont prévus mais si vous lisez ce présent ouvrage, il y a fort à parier que vous aurez très envie de découvrir la suite ! C'est mon cas !

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jeudi 21 février 2019

"Happy !" de Grant Morrison et Darick Robertson

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L’histoire : Nick Sax voit tout en noir : sa vie, sa ville, son boulot de tueur, après des années comme flic respecté, puis corrompu. Un contrat qui tourne mal l’envoie à l’hôpital, et c’est la fuite en avant : la mafia aux trousses, les ex-collègues juste derrière, et un tueur d’enfants qui sème la terreur. Et son costume de père Noël, qui va bien avec la saison froide qui gèle les rues ajoute à l’atroce farce morbide dans laquelle baigne un Sax au bout du rouleau. Jusqu’au moment ou un petit cheval volant tout bleu se présente: il est seul à le voir, et cette apparition propose de règler presque tous ses problèmes...

La critique de Mr K : Chronique d’un comics qui dépote aujourd’hui avec Happy ! de Grant Morrison et Darick Robertson, œuvre hardboiled par excellence qui ne plaira pas à tout le monde. Thématiques déviantes et ultra violence assumée sont au programme d’un récit survitaminé qui m’a de suite séduit par son côté jusqu’au-boutiste sans concession. Lorgnant vers la série des Sin City de master Miller, j’ai littéralement dévoré ce court volume de 112 pages qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.

Au centre de l’histoire, on retrouve Nick Sax, un ex flic ripou converti en tueur à gage. Lors d’un contrat, les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et notre antihéros devient une cible, rôle auquel il n’est pas habitué. La mafia toute puissante de New York et la police métropolitaine sont désormais à ses trousses, le chasseur devient proie. Comme si cela ne suffisait pas, le voila en proie à ce qu’il prend tout d’abord pour une hallucination: une petite licorne bleue volante lui apparaît et lui annonce qu’il est le seul à pouvoir la voir et qu’il a une mission: sauver une petite fille nommée Haley, prisonnière d’un tueur d’enfant grimé en père Noël. Commence alors un voyage initiatique pour cet homme dont la vie s’est transformée en enfer depuis bien longtemps et qui a peut-être une ultime occasion de redonner du sens à son existence.

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La couleur est donnée dès les premières planches, le cauchemar est en marche. Plongé dans un monde interlope, le lecteur est directement au prise avec la lie de l’humanité. Il y a peu ou pas d’espoir dans cette ville livrée au crime organisé qui s’appuie sur le pouvoir en place pour asseoir son emprise. Policiers corrompus, mafieux cruels aux méthodes vicieuses et sans pitié sont au menu. Pas de fioriture, la violence est partout présente, à commencer par le langage ordurier qui s’échappe de chaque bulle avec des personnages qui semblent n’avoir rien à perdre et donnent libre court à tous leurs instincts. Ça prend à la gorge, écœure même parfois avec des cases fourmillant de détails peu ragoûtants. Ce n’est pas pour rien que la motion "pour public averti" a été apposée sur la quatrième de couverture.

Mêlant personnages de polar, approche fantastique parfois avec le personnage de la licorne, c’est un drôle de mélange qui nous est proposé un peu à la manière du cinéma Grindhouse remis au goût du jour par Tarantino et Rodriguez il y a quelques temps. Protagonistes caractérisés en quelques pages, limites caricaturaux (le genre comics à ses codes), rien ne nous est épargné de leurs vicissitudes. Ainsi Nick Sax est au trente sixième dessous ayant perdu tout ses repères moraux et subsistant par ses aptitudes au meurtres et à la loi du talion. Gunfight, trahisons, coups de pokers sont sa vie qui semble lui échapper malgré sa très grande assurance et un humour cynique dévastateur. Il faut dire que ses adversaires ne sont pas fins et sont d’une extrême cruauté. L’argent roi, les réseaux criminels sont explorés en profondeur avec une fenêtre sur ce que l’humanité peut faire de pire avec notamment le trafic d’être humain, la pédopornographie et la corruption généralisée qui gangrène une société malade de ses vices. Le parrain inaccessible vous fera trembler ainsi que ses hommes de main impitoyables aux méthodes extrémistes.

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Seule éclaircie dans ce monde déviant, la mystérieuse licorne dont la nature est très vite révélée et ouvre le récit vers des horizons peut-être meilleurs. Là encore, le choix en revient à Nick qui va devoir s'engager comme jamais auparavant et peut-être toucher à la rédemption. La confrontation entre l’homme brisé et cet être imaginaire va bousculer les lignes, alterner confrontation brutale et révélations plus touchantes sur le passé du héros. On reste dans du classique mais quand les recettes fonctionnent, il n’y a pas de raison de s’en priver. J’ai retrouvé, à plusieurs reprises, des arcs narratifs propres au personnage Marv de la série Sin City évoquée précédemment. Cet aspect du récit le sort du simple déballage de violence pour entrer dans une trame plus ouverte sur les possibilités d’évolution d’un personnage pourri jusqu’à la moelle. Intéressante, la fin achève le récit en apothéose de façon attendue mais logique.

L’ouvrage en lui-même est un bijou en terme de forme. Dessins léchés, action brute de décoffrage et passages plus intimistes s’alternent et offrent une immersion totale dans un univers borderline qui séduit autant qu’il choque. Moi qui aime être bousculé, j’ai été servi et j’en redemanderai presque tant l’ouvrage se lit vite et bien. Une sacrée expérience que je recommande à tous les amateurs de sensations fortes et de récits extrêmes. Une série a été adaptée pour la télévision (sans doute de manière plus soft), je m’en vais la regarder dans les semaines à venir.

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lundi 26 novembre 2018

"L'Apocalypse selon Magda" de Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel

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L'histoire : L'apocalypse annoncée il y a un an n'aura finalement pas lieu ! Tandis que l'humanité tout entière célèbre la nouvelle, Magda, 14 ans, est dévastée. Pourquoi ? Pour le comprendre, il faut revenir en arrière, à ce jour où Magda décide qu'elle mourra sans regrets. D'amours maladroites en paradis artificiels, sous le compte à rebours des saisons, la jeune fille se découvre à elle-même, dans un monde d'adultes dépassés par les événements.

La critique de Mr K : Petite lecture bien sympathique aujourd'hui avec cette BD empruntée à la médiathèque sur la seule foi de sa quatrième de couverture et de dessins séduisants. L'Apocalypse selon Magda est surprenant, sous fond de trame pré-apocalyptique, il s'agit surtout d'une œuvre très intimiste qui s'empare d'un sujet inépuisable : le passage de l'enfance à l'âge adulte. Pour cela, rien de tel que de prendre un sujet féminin de treize ans, de lui bombarder une nouvelle terrifiante et de la laisser agir à sa guise. Je peux vous dire que ça dépote !

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Et oui ! Le proviseur du collège l'a annoncé : la fin du monde, c'est pour dans un an tout juste ! Magda et ses camarades hallucinent mais les médias le confirment : une série d'événements naturels hors norme vont s'enchaîner et l'humanité n'en réchappera pas. Le compte à rebours est lancé, en cinq chapitres qui correspondent chacun à une saison, le temps s'égraine et nous suivons l'évolution de Magda, sa famille et ses proches. Les réactions sont diverses vous vous en doutez, le chaos guette et Magda est bien décidée à changer.

Si vous vous attendez à une BD pré-apocalyptique, passez votre chemin. L’ouvrage s'apparente bien davantage à un récit initiatique, celui d'une jeune fille de treize ans qui à la faveur d'un changement biologique, accentué par un contexte extrême va s'affranchir des règles établies, se chercher comme tous les adolescents du monde. Bien qu'omniprésente dans les esprits, la fin du monde n'est finalement qu'évoquée et l'on se concentre sur le parcours de Magda qui va vivre en accéléré ce que l'on vit normalement en quelques années, l'apparition de ses règles, le jeu des hormones, flirts et premières expériences, premiers gros flips et toute une série d'expérimentations qui vont la changer pour toujours. Sans caricature et grâce à un ton juste et mesuré, on a ici le parfait petit guide de la crise d'adolescent.

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Il faut dire que dès le début, le paternel se fait la malle avec sa maîtresse et laisse la famille isolée : la maman, Natacha (la grande sœur de Magda) et l'héroïne elle-même. Le déséquilibre initial ne va faire que se creuser entre interrogations métaphysiques (je ne suis plus une enfant et je veux faire ce que je veux), le goût pour la transgression (sortir à pas d'heure, l'acte de chair) et une famille débordée qui ne gère plus rien dans un monde en perte de repères et qui part à vau l'eau. L'apocalypse est ici volontiers psychique tant on sent que la fêlure grandit entre Magda et les siens. La fin vient cueillir le lecteur avec une dernière planche inoubliable qui permet au récit d'aller au bout de sa logique. C'est suffisamment rare pour être signalé, on n'est pas ici face à une BD purement commerciale avec un cahier des charges morales fixé d'avance. Ici, on cherche le réalisme avant le sensationnel et l'aventure de Magda loin d'être codifiée, explore à merveille la psyché de ces êtres si fragiles et si vulnérables que sont les adolescents (même si beaucoup ne l'avoueront jamais !).

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L'Apocalypse selon Magda a donc un ton assez unique entre rire, drame et fatum qui semble indépassable. Les dessins accompagnent très bien le récit et même s'ils ne m'ont pas paru exceptionnels, ils se révèlent dynamiques et bien plus fouillés qu'en apparence, je pense notamment aux émotions des personnages qui s'avèrent très bien rendues malgré un trait un peu léger par moment. On passe donc un bon moment malgré la fin tétanisante qui prolonge bien après la lecture la réflexion induite au départ. Une belle expérience à tenter si le cœur vous en dit.

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jeudi 25 octobre 2018

"Les Brumes de Sapa'' de Lolita Séchan

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L'histoire : Peut-on être amis quand tout nous sépare ? Les étapes qui construisent nos vies d'adulte sont-elles les mêmes lorsqu'on a des existences très éloignées ? Obstacles du quotidien, premiers amours, premier travail, rapport aux parents... Sur fond de transformation du Vietnam, deux jeunes femmes que tout sépare vont vivre une amitié de celles qui montrent que certaines questions sont universelles...

La critique de Mr K : Quelle belle pioche que ce roman graphique emprunté à la médiathèque ! Je suivais assidûment depuis quelques mois l'IG de Lolita Séchan et son coup de crayon m'interpelait. J'aime le noir et blanc, le côté fouilli / resserré de ses dessins, la poésie qui s'en dégage... J'ai donc décidé de passer le pas et j'empruntai Les Brumes de Sapa, un roman graphique intimiste lorgnant vers le récit initiatique. Au final, une bonne grosse claque des familles avec un Mr K ressortant pantelant de sa lecture, le cœur au bord des lèvres...

À bout de souffle, perdue dans une existence qu'elle ne maîtrise pas, flippée à l'idée de se tromper de voie, Lolita Séchan décide de partir sur un coup de tête au Vietnam. Elle a vingt deux ans, elle ne connaît rien à ce pays et part en sac à dos, seulement armée de son guide Lonely Planet. C'est un autre monde qu'elle découvre, à mille lieues de nos existences occidentales. Traditions différentes, langue hermétique, niveau de vie bien inférieur au nôtre sont autant de murailles qui semblent infranchissables à la jeune fille dans un premier temps. Partie pour trouver des réponses à ses questions existentielles, à quatre jours de son retour en France (après quatre semaines sur place), elle va faire une rencontre inattendue et décisive.

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La dernière étape de son périple l'emmène dans le nord du pays en contact avec l'ethnie Hmong, principale attraction touristique de Sapa, terre montagneuse baignée de brumes impénétrables. Lolita Séchan y fait la connaissance de Lo Thi Gom une jeune fille de douze ans. Presque instantanément le courant passe entre elles. De fil en aiguille, une amitié se noue et régulièrement la française reviendra au Vietnam pour revoir son amie, ces rencontres ponctuant sa vie, validant ou non certaines décisions importantes, cette relation affranchissant la distance et les différences. Car nés à des milliers de kilomètres de distance, deux êtres peuvent se retrouver, se reconnaître dans leurs singularités respectives.

Quand j'ai refermé cet ouvrage, j'avais l’œil bien humide, touché que j'ai été par le parcours de Lolita et de son amie hmong. D'une nature mélancolique, soucieuse et parfois indécise, l'auteure est avant tout en quête d'elle-même. D'une manière assez unique, avec beaucoup de pudeur, une dose d'autodérision aussi, un coup de crayon magistral, elle se croque et se livre sans fard nous faisant part de sa quête intérieure aussi longue que difficile. Chouchoutée par sa maman, adorée par un père au plus mal, c'est un saut dans le vide qu'elle entreprend pour briser une espèce de cercle vicieux qui l'empêche d'avancer. Le dépaysement va lui permettre dans la douleur au départ de faire le point sur sa situation, plus dur sera le cheminement vers le bonheur qu'elle recherche...

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Lo Thi Gom, son jeune âge, sa fraîcheur, son ethnicité aussi qui l'isole dans son propre pays va lui ouvrir des portes et cela sera réciproque. Se nourrissant l'une de l'autre au fil des visites de Lolita, chacune va se construire (se reconstruire parfois) un peu grâce à l'autre, et le temps passant, leurs vies évoluant vont faire progresser chacune sur sa trajectoire personnelle. Malgré certains bouleversements dans leurs vies respectives, elles se retrouvent et partagent émotions et expériences. En toute simplicité, par l'observation de la nature, des gens, des maisons, des façons de vivre. Aux antipodes de notre monde trop pressé, cette œuvre est une véritable ode à la lenteur, à la construction de soi progressive et nécessaire pour réussir à toucher du doigt le bonheur.

Superbe voyage intérieur, belle rencontre se conjuguent dans ce roman graphique à une belle fenêtre sur un pays et une culture fascinante. Le grand écart est total, l'immersion dépaysante est remarquablement rendue par un dessin toujours juste, d'une grande beauté. La fin quant à elle vient nous cueillir sur une conclusion à la fois logique et terriblement mélancolique. Ainsi va la vie dit-on... Une œuvre vraiment essentielle qu'il faut absolument avoir lu si on est amateur de roman graphique profond et touchant. Pas sûr pour ma part que je m'en remette de sitôt tant Les Brumes de Sapa m'a conquis et profondément ému.

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samedi 23 janvier 2016

"Tu mourras moins bête - tome 2 : Quoi de neuf Docteur Moustache ?" de Marion Montaigne

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L'histoire : Après avoir brillamment démystifié la science au cinéma, Marion Montaigne s'attaque à... votre corps ! Si vous croyez que l'apoptose est une maladie des pieds ou si vous pensez que le "stade anal" est un lieu de concert de 100 000 personnes, alors ce livre est fait pour vous ! Grâce à son programme "cinq rires et légumes par jour", la Professeure Moustache vous promet un esprit sain dans un cornichon !

La critique de Mr K : Chronique d'un beau cadeau de Noël de ma chère et tendre ce soir  avec ce deuxième volume de Tu mourras moins bête de Marion Montaigne qui passe de la science appliquée au cinéma à l'exploration de notre corps, de nos cellules et de nos mauvaises habitudes. Tiré de son blog, on retrouve ici tout son talent de vulgarisation et de dérision pour un bonheur de lecture de chaque instant et où le rire a le premier rôle.

Un peu plus d'une trentaine de sujets sont ici abordés entre fonctionnement de la machinerie humaine (physionomie et psychologie), retour sur des grands noms de la médecine qui ont marqué l'Histoire de la discipline (dont Aristote et Paré tout de même!), les médecines parallèles (grand moment de drôlerie), la recherche et la biologie et toute une série de sujets annexes. Il est donc question des cellules et de leur fonctionnement, de la traque des virus, du fonctionnement de notre peau, des différents stades psychologiques de l'homme, du fonctionnement du cerveau pour traduire les informations qu'il reçoit, de sexe et des questions pseudo-existentielles qui l'entourent et bien d'autres thèmes que vous découvrirez en parcourant ce tome. On en apprend beaucoup, on re-découvre aussi des choses vues (flashback dans les années collège!) à travers des explications simples, des données chiffrées parfois bluffantes et un humour corrosif à souhait.

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Un peu à la manière de Il était une fois la vie (série culte de mon enfance sur le corps humain), Marion Montaigne donne vie aux cellules, virus et autres composants de notre corps. Pas d'effet de surprise du coup, le procédé ayant déjà été utilisé mais on retrouve ici en plus l'humour dévastateur de l'auteure qui décidément touche au but à chaque vanne ou gag. Il faut voir les défenses immunitaires sous leur uniforme de gardiens de l'ordre râler sur les clandestins (virus) qui essaient de pénétrer dans notre corps. Cette parabole et bien d'autres qui parsèment cet ouvrage font écho à l'actu et aux peoples de notre temps. On saluera les efforts de Montaigne d'en finir avec le Tsar Cozy (quoique dans ce domaine, il se suffit à lui même) et les frères Bogdanov à qui elle fait subir bien des choses et qui sont une énigme scientifique à eux tout seul.

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Comme dit dans la chronique du tome 1, les trentenaires sont le cœur de cible de ce recueil diablement séduisant où les dessins s'effacent derrière la somme de connaissances déployées et la dérision qui l'accompagne. Les références sont multiples, les dérapages comiques présents à quasiment chaque case et cette BD parlera aux plus grands comme aux plus petits même si ces derniers ne saisiront pas l'intégralité des sous-entendus. Et puis il y a le Docteur Moustache qui est une narratrice hors pair et possède un charme disons... particulier!

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Un essentiel dans le genre donc pour se cultiver et se gondoler en même temps. C'est tout à fait mon crédo car j'ai toujours pensé que c'était en s'amusant qu'on apprenait le mieux. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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mercredi 11 novembre 2015

11 Novembre : lectures pour se souvenir

En ce jour de célébration de l'Armistice de 1918, il me semblait bon de vous administrer une petite piqûre de rappel bienveillante concernant des ouvrages que je trouve incontournables sur le sujet. Cette guerre a été la toute première où la mort de masse a fait son apparition, où le bourrage de crâne devient réfléchi et institutionnalisé dans le but d'embrigader la population entière et où les graines des conflits à venir sont plantés (Révolution russe de 1917, l'humiliation des allemands en 1919 à Versailles notamment). C'est une période qui m'a toujours fasciné et que j'explore régulièrement à travers mes lectures.

Pour vous permettre de l'appréhender sereinement entre plaisir de lecture et exigence historique, je vous propose de revenir sur trois livres et deux BD essentielles que j'ai pu chroniquer. N'hésitez pas à cliquer sur les titres évoqués pour être renvoyé vers l'article correspondant et une chronique plus détaillée.

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Romans :

- Un classique tout d'abord avec Les Croix de bois de Roland Dorgelès paru en 1919. Un petit bijou de modernité d'écriture et d'immersion totale dans le quotidien des Poilus. Magnifique plaidoyer pour la paix et l'entente entre les hommes, il n'a pas perdu une ride et semble avoir été écrit hier. 

- Plus récent mais tout aussi réussi La Chambre des officiers de Marc Dugain. L'auteur nous convie à explorer l'envers du décor en nous invitant à suivre le destin d'Adrien, blessé de guerre qui va passer quasiment tout le conflit dans un château à la campagne accueillant les Gueules cassées, mutilés de la Grande Guerre. Ce livre propose une très belle réflexion sur l'absurdité de la guerre et aussi une belle évocation de la nécessaire reconstruction du héros et son deuxième éveil à la vie.

- Enfin, le Goncourt 2013 Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, un habitué du polar qui nous livre ici une fresque splendide sur l'après 14-18 ou le destin de deux camarades de combat qui vont tenter de se refaire après leur retour de guerre. Le récit est palpitant et saisissant de réalisme, impossible de relâcher ce volume avant la fin. Un must!

BD :

- La référence dans le domaine est sans aucun doute l'ouvrage de Tardi "C'était les tranchées". Tiré des mémoires de son grand-père et d'autres témoignages, il nous livre des planches terribles dans un noir et blanc sublime soulignant à merveille la boucherie qu'a été cette guerre et la connerie humaine qui l'accompagne (notamment les ordres idiots des supérieurs, régulièrement épinglés dans les lettres de Poilus). 

- Autre très bel ouvrage, celui du collectif d'auteurs de Vies tranchées qui revient sur le sort peu enviable réservé aux soldats devenus fous pendant le conflit. À travers une petite vingtaine de cas véridiques, vous croiserez traumatisés et mutilés, côtoierez espoir et rédemption mais aussi souffrance et folie. Le souvenir est encore vif dans mon esprit, preuve s'il en est de la qualité de cette BD.

Ces modestes conseils littéraires vous permettront - je l'espère - de découvrir ou redécouvrir un conflit certes lointain mais révélateur de la nature humaine et de ses motivations. En espérant que ce billet vous procure envie et idées, je vous souhaite de très bonnes lectures à venir.

mardi 28 avril 2015

"Billets d'Amour" de Roman Ronzeau

billets-damourL'histoire : "J'étais métamorphosé, mon comportement devenait erratique. On voulait tout le temps être collés, ne plus faire qu'un avec l'autre.
J'avais été frappé par le Grand Amour.
J'étais perdu."

La critique Nelfesque : Mr K m'a offert "Billets d'Amour" de Romain Ronzeau pour mon anniversaire. Aussitôt reçu, aussitôt lu : elle n'a pas fait long feu !

En voyant le titre et la quatrième de couverture, je me suis demandée quelle mouche avait piqué Mr K pour m'offrir une BD aussi cucul. Ce n'est pas vraiment notre genre de faire passer des messages par cadeaux interposés et encore moins le mien de faire dans la guimauve alors pensez bien qu'avec un bouquin rose contenant le mot "amour" dans le titre, j'étais méfiante. Et puis j'ai ouvert l'ouvrage, découvert que Romain Ronzeau officiait sur son blog depuis de nombreuses années et je me suis laissée prendre par cette douce dinguerie !

"Doux dingue", c'est exactement l'expression qui qualifie ce recueil de billets de blog. Des petites histoires courtes d'1 à 7 pages qui retracent la rencontre et les débuts de relation de Romain avec sa copine. C'est tendre, c'est frais et c'est surtout très drôle. Dans de telles conditions, oui, ok, je veux bien lire un bouquin rose avec le mot "amour" dans le titre !

Pourtant grande adepte des blogs BD, tels que celui de Boulet, Pénélope Bagieu, Diglee, Margaux Motin, Reno entre autres, je ne connaissais pas Romain, erreur réparée depuis. Je suis plus que ravie de l'avoir découvert puisque son style et son ton correspond tout à fait à ce que j'aime. Merci Mr K !

Dans ce recueil, nous sommes dans le futur où Romain a deux enfants, ados scotchés à leurs tablettes / smartphones. Pour la énième fois, il s'aventure à leur raconter ses débuts avec leur mère ce qui a le don de les saouler. Ce postulat de départ est prétexte pour revenir sur diverses anecdotes de sa vie amoureuse. Des petits détails que nous avons tous vécu en couple, l'exacte copie ou quelque chose s'en rapprochant. Je me suis totalement retrouvée dans ces petites histoires, parfois du côté de Romain, parfois du côté de son amie.

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Le personnage de Kritix Girls par exemple est moi tout craché (et bon nombre de nanas avec leurs mecs (mais que voulez-vous amis hommes, c'est parce qu'on vous aime et qu'on veut que vous soyez au top de vos capacités !)). D'ailleurs en parlant de vous, il y a quelques bonnes planches sur la mauvaise foi masculine... Ne vous inquiétez pas, on en prend aussi pour notre grade avec nos lubies complètement farfelues. Quelques pages plus loin, ce sont les soirées séries qui ne peuvent que faire écho à notre propre addiction. Les tasses attitrées pour boire le thé et qu'un jour fatalement il va falloir prêter, l'enfilage de couette moment redouté de toute personne aimant se prélasser dans son lit... autant de choses du quotidien que nous avons aussi vécu. Et comment ne pas penser à nous lors de la présentation du syndrome Télérama, nous qui depuis des années décortiquons ici même les films que nous allons voir au cinéma !

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"Cela fait beaucoup de clichés tout de même !" pourriez-vous penser. Pas sûre. Fatalement puisque parfois inconsciemment, et alors que l'idée même nous rebute, nos vies n'ont rien d'originales et ressemblent à celles de milliers d'autres personnes (oui je sais c'est dur...). Romain racontant ici des anecdotes tout à fait personnelles, cela ne peut que nous sauter aux yeux. Et pourtant il flotte entre ces pages, comme dans nos histoires de couple, des petites choses personnelles, liées à nos personnalités, à nos histoires vécues. Des réactions singulières qui font sauter l'idée de clichés et rendent uniques nos relations.

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Il n'y a d'ailleurs pas que de l'humour entre ces pages, bien que ce soit cette dimension là qui m'ait le plus plu ici. Il y a aussi beaucoup de poésie et d'amour avec des petits moments volés et suspendus où l'on parcourt les dessins le sourire aux lèvres.

Cette BD, très centrée sur le couple puisque c'en est le sujet principal, présente aussi quelques planches sur des sujets plus généraux faisant partis de notre quotidien tels que la presse et ses marronniers. Comme quoi être en couple, c'est aussi s'ouvrir aux autres et à la neige qui tombe en plein hiver sur Paris (dingue !!! ). C'est aussi l'occasion pour Romain Ronzeau de partager avec nous ses planches des 24 heures de la BD.

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Bien que Romain ait son propre style, je n'ai pu m'empêcher de penser à Boulet dans certaines cases que ce soit au niveau du dessin (comme ce personnage désintégrant une bouteille en plastique) ou au niveau du fond (comme cette BD post apocalyptique se déroulant dans les WC et que je vous laisse découvrir). Ce n'est pas une critique, loin de là, j'adore Boulet. Boulet est mon Dieu ! (voilà, ça, c'est dit !).

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Vous l'avez compris, "Billets d'Amour" est un ouvrage qui m'a beaucoup plu et qui plaira, à n'en pas douter, aux personnes de ma génération (grosso modo de 1975 à 85) qui sont restés des grands enfants. Une BD qui a du coeur. Pleine de tendresse et d'autodérision. Merci Romain !

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vendredi 16 janvier 2015

"De Cape et de Crocs - Tome 11 : Vingt mois avant" de Ayroles et Masbou

cape-crocs-couvL'histoire: La série qui rend hommage aux classiques littéraires remonte sur les planches le temps de deux albums où le lapin Eusèbe affronte de cruels mousquetaires. Duels épiques et mots d’esprit pour vous servir.

La critique Nelfesque : La saga "De Cape et de Crocs" est terminée depuis 2012 mais les dessinateurs / scénaristes ont décidé de faire un spin-off pour le plus grand plaisir des amateurs de la BD. Quand en plus, cette nouvelle histoire est consacrée à Eusèbe, les fans de la première heure, dont je fais partie, attendent avec impatience la sortie du Graal et se précipitent en librairie dès sa sortie !

Ce tome 11, "Vingt mois avant" est sorti en novembre et, comme son nom l'indique, il nous conte l'histoire d'Eusèbe vingt mois avant sa rencontre avec Maupertuis et Villalobos. Autant vous le dire tout de suite, si j'avais su que cette histoire serait scindée en deux, j'aurai attendu la sortie du tome 12 pour éviter la frustration que j'ai ressentie à la fin de ce présent opus.

Pour autant, quel plaisir de retrouver Eusèbe, le lapin le plus mignon et le plus drôle du monde ! Dans les autres tomes de "De Cape et de Crocs", j'étais sans cesse à la recherche de ce petit animal (un peu comme Caroline dans "Boule et Bill") qui au détour des cases apportait une touche de naïveté et de comique à l'ensemble. Ici, nul besoin de lancer une recherche minutieuse : il est partout !

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Il n'est pas utile d'avoir lu les 10 tomes précédents puisqu'il s'agit vraiment d'une histoire à part. Cependant, je vous conseille vivement de découvrir cette saga dans son intégralité tant elle ne ressemble à aucune autre.

On retrouve ici tout ce qui fait la qualité de la série : des dessins soignés, un univers historique recherché, des références littéraires à foison et une langue et des dialogues savoureux. Ces derniers sont vraiment LE point fort de la saga. Candide, naïf, trop gentil et maladroit, Eusèbe est sans cesse confronté à des quiproquos qui vont le mener dans des situations rocambolesques absolument savoureuses. Depuis le premier tome, la question qui taraude le lecteur est "Qu'a pu donc faire Eusèbe pour se retrouver aux galères ?". Un début de réponse se trouve ici et le moins que l'on puisse dire c'est que Eusèbe les accumule !

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Vous l'aurez compris, ce tome ci est clairement destiné aux fans. Pour autant si vous découvrez la saga, vous serez séduit par le mélange de classique et d'humour décalé. L'esprit d'Alexandre Dumas et de ses Trois Mousquetaires flotte sur ces planches. Complots, combats à l'épée, vent désuet d'un autre temps sont servis avec un amour de la langue française indéniable et des tournures de phrases à mourir de rire. A découvrir d'urgence !

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samedi 18 octobre 2014

Vide médiathèque et petits nouveaux

Ce matin, j'étais sur le pont dès potron-minet pour le vide médiathèque d'une ville voisine. Afin de renouveler ses stocks, la médiathèque proposait une vente aux collectivités et scolaires hier et continuait aujourd'hui sur sa lancée en entrée libre. Beaucoup de bonnes choses ont dû partir hier mais je ne suis pas rentrée les mains vides !

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Oui, je sais, on ne peut pas dire que je suis en manque de lecture mais quand il y a des affaires à faire, je ne peux pas m'en empêcher ! Essayez de deviner combien j'ai dépensé pour ce petit butin ?

Côté lecture :

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- "Suttree" de Cormac McCarthy parce que j'ai adoré "La Route" et que la 4ème de couv' de ce roman ci m'a fait de l'oeil.
- "Et pendant ce temps-là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets" de Raphaële Moussafir pour le titre ! Et parce que j'ai été charmée par l'adaptation cinématographique de "Du vent dans mes mollets".

Côté BD :

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- "Les formidables aventures de Lapinot - Amour et Intérim" de Lewis Trondheim parce que j'adore ce dessinateur et que je lis quotidiennement son blog.
- "Aristide broie du noir" de Séverine Gauthier et Jérémie Almanza pour les dessins qui m'ont donné envie de le découvrir.

Côté musique :

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- "Going to where the tea trees are" de Peter Von Poehl parce que je ne l'avais pas en physique.
- "In Case we die" de Architecture in Helsinki pour les 3 F Télérama et parce que j'avais aimé les quelques titres déjà entendus.

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Rajoutez à la pêche du jour un beau soleil qui réchauffe bien et on peut dire que le week-end commence bien !