samedi 23 janvier 2016

"Tu mourras moins bête - tome 2 : Quoi de neuf Docteur Moustache ?" de Marion Montaigne

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L'histoire : Après avoir brillamment démystifié la science au cinéma, Marion Montaigne s'attaque à... votre corps ! Si vous croyez que l'apoptose est une maladie des pieds ou si vous pensez que le "stade anal" est un lieu de concert de 100 000 personnes, alors ce livre est fait pour vous ! Grâce à son programme "cinq rires et légumes par jour", la Professeure Moustache vous promet un esprit sain dans un cornichon !

La critique de Mr K : Chronique d'un beau cadeau de Noël de ma chère et tendre ce soir  avec ce deuxième volume de Tu mourras moins bête de Marion Montaigne qui passe de la science appliquée au cinéma à l'exploration de notre corps, de nos cellules et de nos mauvaises habitudes. Tiré de son blog, on retrouve ici tout son talent de vulgarisation et de dérision pour un bonheur de lecture de chaque instant et où le rire a le premier rôle.

Un peu plus d'une trentaine de sujets sont ici abordés entre fonctionnement de la machinerie humaine (physionomie et psychologie), retour sur des grands noms de la médecine qui ont marqué l'Histoire de la discipline (dont Aristote et Paré tout de même!), les médecines parallèles (grand moment de drôlerie), la recherche et la biologie et toute une série de sujets annexes. Il est donc question des cellules et de leur fonctionnement, de la traque des virus, du fonctionnement de notre peau, des différents stades psychologiques de l'homme, du fonctionnement du cerveau pour traduire les informations qu'il reçoit, de sexe et des questions pseudo-existentielles qui l'entourent et bien d'autres thèmes que vous découvrirez en parcourant ce tome. On en apprend beaucoup, on re-découvre aussi des choses vues (flashback dans les années collège!) à travers des explications simples, des données chiffrées parfois bluffantes et un humour corrosif à souhait.

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Un peu à la manière de Il était une fois la vie (série culte de mon enfance sur le corps humain), Marion Montaigne donne vie aux cellules, virus et autres composants de notre corps. Pas d'effet de surprise du coup, le procédé ayant déjà été utilisé mais on retrouve ici en plus l'humour dévastateur de l'auteure qui décidément touche au but à chaque vanne ou gag. Il faut voir les défenses immunitaires sous leur uniforme de gardiens de l'ordre râler sur les clandestins (virus) qui essaient de pénétrer dans notre corps. Cette parabole et bien d'autres qui parsèment cet ouvrage font écho à l'actu et aux peoples de notre temps. On saluera les efforts de Montaigne d'en finir avec le Tsar Cozy (quoique dans ce domaine, il se suffit à lui même) et les frères Bogdanov à qui elle fait subir bien des choses et qui sont une énigme scientifique à eux tout seul.

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Comme dit dans la chronique du tome 1, les trentenaires sont le cœur de cible de ce recueil diablement séduisant où les dessins s'effacent derrière la somme de connaissances déployées et la dérision qui l'accompagne. Les références sont multiples, les dérapages comiques présents à quasiment chaque case et cette BD parlera aux plus grands comme aux plus petits même si ces derniers ne saisiront pas l'intégralité des sous-entendus. Et puis il y a le Docteur Moustache qui est une narratrice hors pair et possède un charme disons... particulier!

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Un essentiel dans le genre donc pour se cultiver et se gondoler en même temps. C'est tout à fait mon crédo car j'ai toujours pensé que c'était en s'amusant qu'on apprenait le mieux. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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mercredi 11 novembre 2015

11 Novembre : lectures pour se souvenir

En ce jour de célébration de l'Armistice de 1918, il me semblait bon de vous administrer une petite piqûre de rappel bienveillante concernant des ouvrages que je trouve incontournables sur le sujet. Cette guerre a été la toute première où la mort de masse a fait son apparition, où le bourrage de crâne devient réfléchi et institutionnalisé dans le but d'embrigader la population entière et où les graines des conflits à venir sont plantés (Révolution russe de 1917, l'humiliation des allemands en 1919 à Versailles notamment). C'est une période qui m'a toujours fasciné et que j'explore régulièrement à travers mes lectures.

Pour vous permettre de l'appréhender sereinement entre plaisir de lecture et exigence historique, je vous propose de revenir sur trois livres et deux BD essentielles que j'ai pu chroniquer. N'hésitez pas à cliquer sur les titres évoqués pour être renvoyé vers l'article correspondant et une chronique plus détaillée.

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Romans :

- Un classique tout d'abord avec Les Croix de bois de Roland Dorgelès paru en 1919. Un petit bijou de modernité d'écriture et d'immersion totale dans le quotidien des Poilus. Magnifique plaidoyer pour la paix et l'entente entre les hommes, il n'a pas perdu une ride et semble avoir été écrit hier. 

- Plus récent mais tout aussi réussi La Chambre des officiers de Marc Dugain. L'auteur nous convie à explorer l'envers du décor en nous invitant à suivre le destin d'Adrien, blessé de guerre qui va passer quasiment tout le conflit dans un château à la campagne accueillant les Gueules cassées, mutilés de la Grande Guerre. Ce livre propose une très belle réflexion sur l'absurdité de la guerre et aussi une belle évocation de la nécessaire reconstruction du héros et son deuxième éveil à la vie.

- Enfin, le Goncourt 2013 Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, un habitué du polar qui nous livre ici une fresque splendide sur l'après 14-18 ou le destin de deux camarades de combat qui vont tenter de se refaire après leur retour de guerre. Le récit est palpitant et saisissant de réalisme, impossible de relâcher ce volume avant la fin. Un must!

BD :

- La référence dans le domaine est sans aucun doute l'ouvrage de Tardi "C'était les tranchées". Tiré des mémoires de son grand-père et d'autres témoignages, il nous livre des planches terribles dans un noir et blanc sublime soulignant à merveille la boucherie qu'a été cette guerre et la connerie humaine qui l'accompagne (notamment les ordres idiots des supérieurs, régulièrement épinglés dans les lettres de Poilus). 

- Autre très bel ouvrage, celui du collectif d'auteurs de Vies tranchées qui revient sur le sort peu enviable réservé aux soldats devenus fous pendant le conflit. À travers une petite vingtaine de cas véridiques, vous croiserez traumatisés et mutilés, côtoierez espoir et rédemption mais aussi souffrance et folie. Le souvenir est encore vif dans mon esprit, preuve s'il en est de la qualité de cette BD.

Ces modestes conseils littéraires vous permettront - je l'espère - de découvrir ou redécouvrir un conflit certes lointain mais révélateur de la nature humaine et de ses motivations. En espérant que ce billet vous procure envie et idées, je vous souhaite de très bonnes lectures à venir.

mardi 28 avril 2015

"Billets d'Amour" de Roman Ronzeau

billets-damourL'histoire : "J'étais métamorphosé, mon comportement devenait erratique. On voulait tout le temps être collés, ne plus faire qu'un avec l'autre.
J'avais été frappé par le Grand Amour.
J'étais perdu."

La critique Nelfesque : Mr K m'a offert "Billets d'Amour" de Romain Ronzeau pour mon anniversaire. Aussitôt reçu, aussitôt lu : elle n'a pas fait long feu !

En voyant le titre et la quatrième de couverture, je me suis demandée quelle mouche avait piqué Mr K pour m'offrir une BD aussi cucul. Ce n'est pas vraiment notre genre de faire passer des messages par cadeaux interposés et encore moins le mien de faire dans la guimauve alors pensez bien qu'avec un bouquin rose contenant le mot "amour" dans le titre, j'étais méfiante. Et puis j'ai ouvert l'ouvrage, découvert que Romain Ronzeau officiait sur son blog depuis de nombreuses années et je me suis laissée prendre par cette douce dinguerie !

"Doux dingue", c'est exactement l'expression qui qualifie ce recueil de billets de blog. Des petites histoires courtes d'1 à 7 pages qui retracent la rencontre et les débuts de relation de Romain avec sa copine. C'est tendre, c'est frais et c'est surtout très drôle. Dans de telles conditions, oui, ok, je veux bien lire un bouquin rose avec le mot "amour" dans le titre !

Pourtant grande adepte des blogs BD, tels que celui de Boulet, Pénélope Bagieu, Diglee, Margaux Motin, Reno entre autres, je ne connaissais pas Romain, erreur réparée depuis. Je suis plus que ravie de l'avoir découvert puisque son style et son ton correspond tout à fait à ce que j'aime. Merci Mr K !

Dans ce recueil, nous sommes dans le futur où Romain a deux enfants, ados scotchés à leurs tablettes / smartphones. Pour la énième fois, il s'aventure à leur raconter ses débuts avec leur mère ce qui a le don de les saouler. Ce postulat de départ est prétexte pour revenir sur diverses anecdotes de sa vie amoureuse. Des petits détails que nous avons tous vécu en couple, l'exacte copie ou quelque chose s'en rapprochant. Je me suis totalement retrouvée dans ces petites histoires, parfois du côté de Romain, parfois du côté de son amie.

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Le personnage de Kritix Girls par exemple est moi tout craché (et bon nombre de nanas avec leurs mecs (mais que voulez-vous amis hommes, c'est parce qu'on vous aime et qu'on veut que vous soyez au top de vos capacités !)). D'ailleurs en parlant de vous, il y a quelques bonnes planches sur la mauvaise foi masculine... Ne vous inquiétez pas, on en prend aussi pour notre grade avec nos lubies complètement farfelues. Quelques pages plus loin, ce sont les soirées séries qui ne peuvent que faire écho à notre propre addiction. Les tasses attitrées pour boire le thé et qu'un jour fatalement il va falloir prêter, l'enfilage de couette moment redouté de toute personne aimant se prélasser dans son lit... autant de choses du quotidien que nous avons aussi vécu. Et comment ne pas penser à nous lors de la présentation du syndrome Télérama, nous qui depuis des années décortiquons ici même les films que nous allons voir au cinéma !

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"Cela fait beaucoup de clichés tout de même !" pourriez-vous penser. Pas sûre. Fatalement puisque parfois inconsciemment, et alors que l'idée même nous rebute, nos vies n'ont rien d'originales et ressemblent à celles de milliers d'autres personnes (oui je sais c'est dur...). Romain racontant ici des anecdotes tout à fait personnelles, cela ne peut que nous sauter aux yeux. Et pourtant il flotte entre ces pages, comme dans nos histoires de couple, des petites choses personnelles, liées à nos personnalités, à nos histoires vécues. Des réactions singulières qui font sauter l'idée de clichés et rendent uniques nos relations.

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Il n'y a d'ailleurs pas que de l'humour entre ces pages, bien que ce soit cette dimension là qui m'ait le plus plu ici. Il y a aussi beaucoup de poésie et d'amour avec des petits moments volés et suspendus où l'on parcourt les dessins le sourire aux lèvres.

Cette BD, très centrée sur le couple puisque c'en est le sujet principal, présente aussi quelques planches sur des sujets plus généraux faisant partis de notre quotidien tels que la presse et ses marronniers. Comme quoi être en couple, c'est aussi s'ouvrir aux autres et à la neige qui tombe en plein hiver sur Paris (dingue !!! ). C'est aussi l'occasion pour Romain Ronzeau de partager avec nous ses planches des 24 heures de la BD.

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Bien que Romain ait son propre style, je n'ai pu m'empêcher de penser à Boulet dans certaines cases que ce soit au niveau du dessin (comme ce personnage désintégrant une bouteille en plastique) ou au niveau du fond (comme cette BD post apocalyptique se déroulant dans les WC et que je vous laisse découvrir). Ce n'est pas une critique, loin de là, j'adore Boulet. Boulet est mon Dieu ! (voilà, ça, c'est dit !).

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Vous l'avez compris, "Billets d'Amour" est un ouvrage qui m'a beaucoup plu et qui plaira, à n'en pas douter, aux personnes de ma génération (grosso modo de 1975 à 85) qui sont restés des grands enfants. Une BD qui a du coeur. Pleine de tendresse et d'autodérision. Merci Romain !

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vendredi 16 janvier 2015

"De Cape et de Crocs - Tome 11 : Vingt mois avant" de Ayroles et Masbou

cape-crocs-couvL'histoire: La série qui rend hommage aux classiques littéraires remonte sur les planches le temps de deux albums où le lapin Eusèbe affronte de cruels mousquetaires. Duels épiques et mots d’esprit pour vous servir.

La critique Nelfesque : La saga "De Cape et de Crocs" est terminée depuis 2012 mais les dessinateurs / scénaristes ont décidé de faire un spin-off pour le plus grand plaisir des amateurs de la BD. Quand en plus, cette nouvelle histoire est consacrée à Eusèbe, les fans de la première heure, dont je fais partie, attendent avec impatience la sortie du Graal et se précipitent en librairie dès sa sortie !

Ce tome 11, "Vingt mois avant" est sorti en novembre et, comme son nom l'indique, il nous conte l'histoire d'Eusèbe vingt mois avant sa rencontre avec Maupertuis et Villalobos. Autant vous le dire tout de suite, si j'avais su que cette histoire serait scindée en deux, j'aurai attendu la sortie du tome 12 pour éviter la frustration que j'ai ressentie à la fin de ce présent opus.

Pour autant, quel plaisir de retrouver Eusèbe, le lapin le plus mignon et le plus drôle du monde ! Dans les autres tomes de "De Cape et de Crocs", j'étais sans cesse à la recherche de ce petit animal (un peu comme Caroline dans "Boule et Bill") qui au détour des cases apportait une touche de naïveté et de comique à l'ensemble. Ici, nul besoin de lancer une recherche minutieuse : il est partout !

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Il n'est pas utile d'avoir lu les 10 tomes précédents puisqu'il s'agit vraiment d'une histoire à part. Cependant, je vous conseille vivement de découvrir cette saga dans son intégralité tant elle ne ressemble à aucune autre.

On retrouve ici tout ce qui fait la qualité de la série : des dessins soignés, un univers historique recherché, des références littéraires à foison et une langue et des dialogues savoureux. Ces derniers sont vraiment LE point fort de la saga. Candide, naïf, trop gentil et maladroit, Eusèbe est sans cesse confronté à des quiproquos qui vont le mener dans des situations rocambolesques absolument savoureuses. Depuis le premier tome, la question qui taraude le lecteur est "Qu'a pu donc faire Eusèbe pour se retrouver aux galères ?". Un début de réponse se trouve ici et le moins que l'on puisse dire c'est que Eusèbe les accumule !

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Vous l'aurez compris, ce tome ci est clairement destiné aux fans. Pour autant si vous découvrez la saga, vous serez séduit par le mélange de classique et d'humour décalé. L'esprit d'Alexandre Dumas et de ses Trois Mousquetaires flotte sur ces planches. Complots, combats à l'épée, vent désuet d'un autre temps sont servis avec un amour de la langue française indéniable et des tournures de phrases à mourir de rire. A découvrir d'urgence !

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samedi 18 octobre 2014

Vide médiathèque et petits nouveaux

Ce matin, j'étais sur le pont dès potron-minet pour le vide médiathèque d'une ville voisine. Afin de renouveler ses stocks, la médiathèque proposait une vente aux collectivités et scolaires hier et continuait aujourd'hui sur sa lancée en entrée libre. Beaucoup de bonnes choses ont dû partir hier mais je ne suis pas rentrée les mains vides !

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Oui, je sais, on ne peut pas dire que je suis en manque de lecture mais quand il y a des affaires à faire, je ne peux pas m'en empêcher ! Essayez de deviner combien j'ai dépensé pour ce petit butin ?

Côté lecture :

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- "Suttree" de Cormac McCarthy parce que j'ai adoré "La Route" et que la 4ème de couv' de ce roman ci m'a fait de l'oeil.
- "Et pendant ce temps-là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets" de Raphaële Moussafir pour le titre ! Et parce que j'ai été charmée par l'adaptation cinématographique de "Du vent dans mes mollets".

Côté BD :

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- "Les formidables aventures de Lapinot - Amour et Intérim" de Lewis Trondheim parce que j'adore ce dessinateur et que je lis quotidiennement son blog.
- "Aristide broie du noir" de Séverine Gauthier et Jérémie Almanza pour les dessins qui m'ont donné envie de le découvrir.

Côté musique :

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- "Going to where the tea trees are" de Peter Von Poehl parce que je ne l'avais pas en physique.
- "In Case we die" de Architecture in Helsinki pour les 3 F Télérama et parce que j'avais aimé les quelques titres déjà entendus.

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Rajoutez à la pêche du jour un beau soleil qui réchauffe bien et on peut dire que le week-end commence bien !


samedi 10 mai 2014

"Pacco fait son show : Boys Vs Girls"

paccoL'histoire: La version 100% collector du spectacle d'humour!!!
Son premier spectacle sur scène comme si vous y étiez, toi et lui dans la salle, sauf que là tu peux être où tu veux, à ton boulot, dans le métro, dans ton lit, en solo ou en bonne compagnie... C'est toi qui vois!!!

Tu te poses des questions sur le couple...
Tu te demandes pourquoi t'es pas en couple ou pourquoi se mettre en couple.
Tu ne sais même pas ce que c'est qu'un couple.
Tu te poses des questions sur le couple.
(C'est une question piège.)
Ton couple est en crise. (mais tu ne le sais pas encore.)
Tu veux te mettre en couple avec quelqu'un qui est déjà en couple.
Tu n'as même jamais entendu parler du couple.
Tu penses que les blagues sexistes c'est mal,
mais que c'est quand même vachement drôle.
Tu n'as jamais rigolé de ta vie.
Si tu as répondu ou oui ou non ou je sais pas à une de ces questions...
... Alors cette BD est pour toi!!!

La critique Nelfesque: J'ai gagné cette BD sur le blog de Pacco il y a déjà pas mal de temps. Je l'ai lu assez vite mais j'ai hésité à en faire une chronique sur le blog. Mais pourquoi ça? Parce qu'un bon gros "mouaaaaaais booooof" s'est emparé de moi au cours de ma lecture et la fin a été assez laborieuse. Peu importe, que j'aime ou pas une oeuvre, j'aime en dire quelques mots ici alors c'est parti.

Vous l'aurez compris, avec les grosses sirènes du marketing, cette BD parle du couple. Si vous ne l'aviez pas saisi, y a un léger soucis... Les gags s'enchainent, parfois drôles et vrais, parfois lourds et clichés. Je suis une habituée des blogs BD et il faut bien avoué que le quotidien des dessinatrices blogueuses, leurs manies, leurs amours, je les ai lus et relus des centaines de fois. Ici, on pourrait se dire qu'étant traité par un homme, cette vision prendrait un autre sens. Oui, pas faux, en sortant les gros sabots c'est une autre vision.

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Un peu déçue par cette lecture car Pacco est quelqu'un que j'aime bien mais je me rends compte que c'est plus par petites touches ou lors de collaborations avec d'autres dessinateurs qu'en intégrale parce que là je frise l'overdose. Une overdose de Pacco, une overdose de mise en avant, une overdose de "moi je". Beaucoup trop de dessins le mettant en scène. C'est un peu le principe d'un one man show me direz-vous mais imaginez-vous un one man show que vous subissez et qui ne vous fait pas rire. L'horreur! Alors comme le dit Pacco en 4ème de couv', "C'est toi qui voit"!!! Pour moi c'est tout vu, désolée mais je passe mon tour. A vous de voir maintenant...

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vendredi 31 janvier 2014

"Tu mourras moins bête - tome 1 : La science, c'est pas du cinéma" de Marion Montaigne

tu-mourras-moins-bete-volume-11L'histoire: Si vous avez toujours rêvé de manier le sabre laser ou de rétrécir vos gosses, réveillez-vous : le cinéma, c'est pipeau et compagnie!
La célèbre Professeure Moustache, bien connue des nombreux fans du blog de Marion Montaigne, épluche pour vous les aberrations scientifiques qui peuplent vos films et séries préférés. La science, ce n'est peut-être pas du cinéma, mais avec la Prof Moustache, c'est terriblement drôle!

La critique de Mr K: Je vous le disais déjà dans un post précédent, j'ai des potes en or! Autre cadeau d'annif aujourd'hui avec cette petite chronique d'un ouvrage pas comme les autres avec ce premier tome issu du blog de Marion Montaigne qui s'amuse à démystifier les productions cinématographiques et télévisuelles en invoquant la science avec un grand S! Moi qui ne suis qu'un modeste littéraire aimant la science à petite dose et surtout (je l'admets) dans le genre SF quand elle se fait évocatrice d'un futur lointain et fantasmé, cet ouvrage venait à point nommé pour me faire réviser mes bases et pouvoir ensuite briller en société ou devant mes ados boutonneux d'élèves!

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D'une lecture addictive à souhait, au plaisir renouvelé à chaque nouveau chapitre ou sujet traité, j'ai dû malheureusement faire le deuil de beaucoup de mes rêves de geek. Le sabre laser n'existera jamais! Rendez-vous compte! Tout un pan de mon imaginaire de petit garçon s'est écroulé entre les pages 162 et 171! Honnie soit cette Marion et sa maudite science! Bruce Willis ne pourra jamais nous sauver d'un météorite menaçant notre planète bleue! En cas de fusillade, je ne pourrais pas me la jouer Rambo en enlevant moi-même la balle histoire de faire tomber en pâmoison ma Nelfe adorée et obtenir d'elle ce que je veux! Je ne pourrais jamais sauter du haut du Golden Gate sans me scratcher comme une vulgaire crêpe! Autant vous préparez au pire: Mac Gyver, c'est aussi du flan.... Noooooooooooonnnn! (fondu en noir)

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Passez ce moment de légère déprime, cette lecture est à ne pas rater. Les esprits chagrins vous diront que Marion Montaigne n'est pas ce qui fait de mieux en terme de traits de crayon et de dessins mais franchement... On s'en fiche! L'intérêt est ici tout autre! L'humour foisonne et clairement les trentenaires joyeux et débonnaires que nous sommes sont les cœurs de cible privilégiés de Marion Montaigne. Cassez-vous les p'tits cons! Non, je rigole, revenez! Les références sont légions et les flashbacks sont nombreux! Rajoutez là dessus une belle couche de science qui ne se prend pas au sérieux mais qui ne sert que la vérité et vous obtenez un drôle d'ouvrage, unique en son genre qui m'a clairement rendu moins bête! Le titre est remarquablement bien choisi et je me suis réveillé chaque jour plus intelligent que la veille. Les pages se tournent toutes seules et il m'a fallu lutter contre le petit démon qui sommeillait en moi pour ne pas éteindre la lumière à pas d'heure, vous savez comme les gosses...

Un bon moment donc que cette lecture atypique aussi réjouissante que réflective. À ne pas manquer!

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jeudi 5 décembre 2013

"Vies tranchées: Les soldats fous de la Grande Guerre" - Oeuvres collective

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L'histoire: La guerre est-elle cause de folie chez les soldats? Qui aujourd'hui ne répondrait pas oui à cette question? Mais lors de la Première Guerre mondiale, il en allait tout autrement.

Grâce à des documents d'époque inédits, redécouverts à Ville-Évrard par Hubert Bieser (historien en santé mentale), Vies tranchées retrace le parcours d'une quinzaine d'hommes, oscillant entre champs de bataille et asile psychiatrique. Dans ces pages d'un réalisme saisissant, vous vivrez les cauchemars de Jean Marie G., les hallucinations de Baptistin B., la dépression et la mutilation de Gabriel C., ou encore l'étrange destin de Louis N. que l'on hospitalise pour confusion mentale, et que l'on finit par condamner comme anarchiste...

Enfin se lèvela chape de plomb qui s'est abattue, durant leur vie et bien au-delà, sur ces victimes méconnues.

La critique de Mr K: Voici un ouvrage très précieux pour la mémoire collective. On a beaucoup parlé de la Grande Guerre en focalisant sur les tenants et les aboutissants, sur la guerre de tranchées en elle-même, sur les généraux qui l'ont mené et qui ont donné leurs noms à nombre de rues de nos villes. Mais jusqu'à maintenant, jamais on avait traité le cas des soldats que la guerre a fait basculer dans la folie et la psychose. Certes, on avait pu les apercevoir dans certaines œuvres comme l'excellent Croix de bois de Roland Dorgelès ou encore le classique de Kubrick Les sentiers de la Gloire (et encore, là les allusions sont très légères). Mais jamais finalement, un ouvrage n'avait été consacré à ces hommes revenus fous du front. C'est aujourd'hui chose faite depuis fin 2010 avec la parution de cette BD chez Delcourt, fruit du travail acharné d'Hubert Bieser (historien) et de sa collaboration avec une pléthore de dessinateurs et scénaristes. Désolé, ce serait trop long de tous les citer!

Le principe de cet ouvrage est très simple. A travers de micro-récits, on suit le parcours d'une quinzaine de soldats traumatisés par la guerre. A chaque fois ou presque, le dessinateur change, ce qui donne une certaine variété dans l'esthétique de cette BD. Le fil conducteur reste le même mais l'évocation de l'horreur de la guerre suit la sensibilité des différents artistes qui se succèdent tout au long des pages. S'intercale entre ces cas particuliers, un récit concernant l'histoire de l'asile qui permet de se faire une idée plus précise des conditions de placements des aliénés et l'idéologie dominante de l'époque en matière de psychiatrie. Très vite, on se rend compte qu'une grande suspicion entoure ces malades d'un genre nouveau que l'on prend bien souvent pour des simulateurs qui cherchent à déserter.

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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

La plupart des cas évoqués dans ces pages sont des hommes simples, issus de milieux modestes, cela rend d'autant plus ces récits poignants tant il semble que l'innocence semble profanée. Partis la fleur au fusil, ils reviennent choqués et à jamais transfigurés du front. Le vacarme assourdissant des obus, les cadavres pourrissants de leurs copains à leurs pieds, les épidémies et les infections, les mutilations, le froid, la faim... de ce chaos indescriptible (ou presque...) nait la folie et le dégoût. Arrivés à l'hôpital psychiatrique commence la lente reconstruction (si elle est encore possible) et la confrontation avec des administratifs bien souvent septiques et incompétents, qui ne mesurent aucunement le degré d'horreur et d'épouvante que pouvait atteindre l'existence du poilu, dans cette guerre d'un genre nouveau s'apparentant à une boucherie sans précédent en matière historique.

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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Cela donne une oeuvre âpre, uniquement basée sur le témoignage et la vérité. Les images et les mots cinglent le lecteur comme autant de coups de fouets qui transpercent l'âme tant le voyage est éprouvant. La mort côtoie bien souvent la folie, et ses êtres semblent errer dans les limbes d'un inconscient peuplé de monstres et d'images indélébiles. Incapables bien souvent d'expliquer leur glissement dans la folie, réduits à l'état de loque humaine, ces êtres n'ont plus d'humains que leur nature physique tant leur esprit est irrémédiablement marqué au fer rouge de la violence et de l'absurdité. Je dois avouer que je suis ressorti tout chamboulé de cette lecture, étant moi-même féru de cette guerre méconnue et devant chaque année transmettre un petit bout d'histoire aux jeunes pousses qui me sont confiées.

Très belle découverte donc pour moi, à la fois dure et nécessaire, une pierre angulaire en tout cas dans le devoir de mémoire qui doit être consacré à cette période sombre de notre Histoire commune.

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mardi 19 février 2013

"La Page blanche" de Pénélope Bagieu et Boulet

lapageblancheL'histoire: Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni de son nom ni de ce qu’elle fait là. Menant l’enquête tant bien que mal, elle tente de recouvrer la mémoire et de retrouver son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou l’existence banale d’une femme ordinaire ? Et dans ce cas, saura-t-elle devenir quelqu’un après avoir été quelconque ?

La critique Nelfesque: Je suis une inconditionnelle de Boulet. Il pourrait dessiner "La petite maison dans la prairie" que je serai toujours aussi fan! Il a une folie dans ses histoires où je me retrouve complètement, un humour qui me fait faire pipi dans ma culotte (j'exagère à peine) et un dessin vraiment superbe et riche en détails. Pour "La Page blanche", c'est lui qui est au scénario et rien que pour ça j'ai envie de dire "peu importe qui tient le stylet de la tablette (oui parce que c'est comme ça maintenant, on ne dessine quasi plus à l'ancienne (triste monde tragique)), il FAUT que je lise cette BD!!!".

Le stylet, c'est Pénélope Bagieu qui le tient. Bingo! Je lis son blog depuis des lustres maintenant et j'ai beaucoup aimé "Joséphine". Double effet Kiss cool pour "La Page blanche"!

On est ici bien loin de l'univers de "Joséphine" et des "Notes" de Boulet. Pas de larmes au coin des yeux parce qu'une situation vous fait mourir de rire ni de blagounettes qui enfoncent des portes ouvertes mais transpirent la réalité. Le ton est d'emblée plus soft. Une certaine mélancolique se dégage de ces pages et l'ensemble plonge le lecteur dans une sorte de sentiment cotonneux.

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Notre héroïne se retrouve un soir d'automne assise sur un banc parisien et confrontée à un black out total sur sa vie. Elle ne se rappelle plus son nom, son adresse, son travail, ses amis... Mise à part qu'elle est visiblement jeune et qu'elle vit dans la capitale française, tout le reste est à redécouvrir.

C'est ce chemin vers la connaissance d'elle-même que Pénélope Bagieu et Boulet nous fait arpenter dans "La Page blanche". Elle va enquêter sur sa propre vie, glâner des indices auprès de ceux qui la connaissent, découvrir une jeune femme dont elle ignore tout et parfois ne souhaiterait pas retrouver.

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J'ai été surprise par cette bande dessinée qui nous donne à voir un côté plus sombre des deux auteurs, révélant leur face sensible et quelque part leur vision de la vie. Je savais déjà Boulet capable de ce genre de choses (je vous l'ai dit, je suis fan) par contre de Pénélope je ne connaissais que le côté girly et ce fut très agréable de la voir dans un autre registre.

L'humour est tout de même présent sur certains planches, permettant de détendre une atmosphère assez lourde. On se prend d'affection pour cette jeune femme et l'oppression qu'elle ressent nous donne envie d'ouvrir la fenêtre et de prendre un grand bol d'air.

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Je conseille la lecture de cette BD qui met le doigt en douceur sur des sujets tels que le poids des apparences et du quotidien, l'appartenance à des clans sociaux et surtout fait réfléchir le lecteur au sens qu'il veut donner à sa vie. Tout un programme! La Vérité est ailleur (comme dirait Mulder...)!

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mercredi 21 mars 2012

"Star Wars, le côté obscur: Aurra Sing" de Truman et Fabbri

starwarscoteobscur08L'histoire: Après Boba fett, Aurra Sing est sans doute la plus redoutée des chasseurs de primes de toute la galaxie. Formée par la mystérieuse "Femme Sombre", Aurra Sing laisse derrière elle une traînée sanglante au sein de l'Ordre Jedi, comme en atteste la collection de sabres laser qu'elle arbore. 

La critique de Mr K: Retour dans l'espace avec ce volume supplémentaire de la série consacrée au côté obscure de la force (à prononcer d'une voix gutturale à la lueur d'une lampe torche placée sous le menton). Avant cette lecture, je ne connaissais pas ce personnage haut en couleur que cette mercenaire assoiffée de vengeance à l'encontre de l'ordre Jedi, collectionneuse de sabres lasers à ses  heures perdues (faut bien s'occuper!).

Deux récits constituent ce volume. Très différents au niveau du graphisme (une nette préférence pour la deuxième partie), ils traitent à chaque fois de contrat que doit honorer cette tueuse implacable formée aux arts jedis (par un chevalier femme rongée par les remords depuis le passage dans le côté sombre de la force de sa protégée) qui aime par dessus tout envoyer ad patres certains de ses anciens camarades! Pour être honnête, le premier récit est bas de plafond et surtout prétexte à quelques morceaux de bravoure et autres bastons sidérales sidérantes (+1 point pour l'allitération!). Et surtout, jamais les auteurs ne nous révéleront pourquoi Aurra Sing semble obnubilée par les jedis et cherche à les massacrer! Un peu stupide quand on lit le postulat de base à l'arrière de la BD! Heureusement que je l'ai eu d'occaz, j'aurais presque pu me fâcher! 

Le deuxième récit m'a beaucoup plus séduit même s'il ne révèle rien de faramineux sur les motivations profondes de l'héroïne (si ce n'est garnir le porte feuille des deux auteurs!). Mi quête initiatique mi traque infernale, la beauté des dessins est à couper le souffle et on est bien loin du côté simpliste des traits décrivant la première. Comble du bonheur, Aurra Sing bute de l'Ewok et franchement depuis le premier visionnage du Retour du jedi, ça me démangeait furieusement d'éradiquer une ou deux de ces peluches uniquement présentes pour attirer un public jeune et naïf. Justice est donc rendu dans cet opus!

Clairement cet BD est de l'ordre du dispensable pour les non puristes de Star Wars. Rien de neuf niveau scénario et esthétique pure. Pour moi ce sera juste l'occasion de rajouter un volume à ma collection qui s'étoffe de plus en plus...

personnage-aurra-sing-1

Déjà chroniqués dans l'univers Star Wars en BD au Capharnaüme éclairé:
- Star Wars Legacy, volumes 1 à 5, volumes 6 et 7, volumes 8, 9 et 10.
- Star Wars, le côté obscur: Dark Maül, La quête de Vador

Posté par Mr K à 14:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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