mardi 25 août 2015

Acquisitions estivales multiples

Ensemble

Le début de l'été est une période propice aux destockages en tout genre, ce fut le cas notamment dans deux bibliothèques municipales de par chez nous. En apprenant ces événements à venir, Nelfe s'est vue investie d'une mission quasi sacrée chez nous: compléter nos PAL avec d'éventuelles affaires à ne pas manquer! Pour info, je n'étais pas là lors de ses petits craquages ce qui explique pourquoi ils sont restés plutôt relatifs! Voici un petit tour d'horizon des acquisitions qui vont venir rejoindre nos réserves à lire!

Poulpe

C'est ainsi que ma douce a pensé à moi en me ramenant trois volumes de la série du Poulpe que je n'ai toujours pas lu. Ceux qui nous suivent depuis un certain temps savent que j'affectionne tout particulièrement les aventures de Gabriel Lecouvreur et de sa coiffeuse de copine. On peut dire que je suis gâté avec ici tour à tour une enquête sur des militaires français ayant sévi au Rwanda, le meurtre épouvantable d'un immigré dans les beaux quartiers de la capitale et l'assassinat d'une jeune femme naviguant dans les sphères de l'aéronautique à Toulouse. Beau programme en perspective!

autre

- 1275 âmes de Jim Thompson: Petite trouvaille nelfesque qui s'apparente à un roman bien noir, mâtiné de policier. La quatrième de couverture sent le souffre et le pétage de plomb d'un shérif au bout du rouleau. Ça promet de dépoter et Nelfe m'a confié qu'elle avait bien hâte de le lire!

- L'École d'impiété d'Alexandre Tisma: Petit recueil de nouvelles sur la seconde Guerre mondiale qui m'attire beaucoup étant friand de récits courts à l'occasion (Nelfe ne pratique pas trop, préférant les romans). Intimisme et monstruosité de la guerre semblent se mêler dans ce livre dont j'ai eu des échos très positifs! Qui lira, verra!

- L'Homme aux yeux de napalm de Serge Brussolo: Nelfe n'a pu s'empêcher de me prendre un Brussolo tant elle connait mon goût pour cet auteur prolifique à l'oeuvre très variée. Il s'agit de SF ici avec une rencontre du troisième type qui se déroule très mal. Traque impitoyable, mutations inquiétantes, imagerie et mythes de Noël revus par l'auteur... Je suis bien curieux de lire ça!

- Anthologie officielle des Utopiales 2010: Chaque année, nous allons aux Utopiales de Nantes et à chaque fois j'hésite à prendre le recueil de nouvelles SF qui sort pour l'occasion. Nelfe m'a dégoté celle-ci avec notamment comme auteurs conviés pour l'occasion Vincent Gessler, Peter Watts ou encore Thomas Day et Iain McDonald. La thématique retenue est la notion de frontière, je pense que l'aventure sera au RDV. Affaire à suivre!

Lire

Enfin, la mistinguette s'est trouvé quelques vieux exemplaire du magazine Lire (ici janvier, mars et mai 2013) auquel elle s'est d'ailleurs abonnée très récemment. En plein rush de la Rentrée littéraire, il est parfois bon de revenir en arrière et trouver des idées de lecture dans des romans déjà sortis il y a quelques temps. Il n'y a pas que les nouveautés, les petites pépites sont partout, ce n'est pas une course! M'est avis que l'état de sa PAL ne va pas s'améliorer!

Bon ben, vous pouvez vous rendre compte que malgré mon absence c'est encore ma PAL qui va le plus grandir! Au choix Nelfe remplit à merveille ses devoirs conjugaux ou alors elle cherche à me torpiller! La réflexion reste ouverte...


vendredi 17 avril 2015

"La Voie du Sabre" de Thomas Day

lavoiedusabrethomasday

L'histoire: Pour parfaire l'éducation de son fils Mikédi, le chef de guerre Nakamura Ito le confie à un rônin du nom de Miyamoto Musashi. Un samouraï de légende, le plus grand maître de sabre qu'ait connu l'Empire des quatre Poissons-Chats. Ensemble, pendant six longues années, le maître et l'apprenti vont arpenter la route qui mène jusqu'à la capitale Edo, où l'Impératrice-Dragon attend Mikédi pour en faire son époux. Mais la Voie du Sabre est loin de trancher l'archipel en ligne droite : de la forteresse Nakamura aux cités flottantes de Kido, du Palais des Saveurs à la Pagode des Plaisirs, Mikédi apprendra les délices de la jouissance, les souffrances du combat et la douceur perverse de la trahison.

La critique de Mr K: Suite à une belle déception avec la lecture de Stairway to hell l'année dernière, je me devais de donner une deuxième chance à Thomas Day, auteur assez reconnu dans le milieu français de la littérature de genre. Le hasard d'un chinage a voulu que je tombe sur La Voie du Sabre qui semblait mêler culture japonaise et fantasy, deux aspects qui m'ont intéressés de suite tant ce pays me fascine et tant la fantasy m'a réveillé à la lecture à mon plus jeune âge.

Il s'agit d'un roman initiatique contant les aventures d'un jeune héritier de bonne famille (fils aîné d'un seigneur de guerre) confié au soin d'un Ronin, Miyamoto Musashi, considéré comme le plus grand combattant de son époque. Le vieux maître (il aurait plus de cent ans) est assez étrange. Il étonne par son apparence négligée (il est sale, dépeigné, très souvent hirsute...) et son comportement (il est limite alcoolique et aime la compagnie des filles de joie). Il s'est écarté du Bushido (règlement sévère dirigeant l'existence des samouraïs) pour suivre la Voie du Sabre sensée représenter la vertu et l'abnégation. Il va tenter de l'inculquer à son jeune élève empli de lourds préjugés dus à son vécu et son éducation. Il se révèle aussi impulsif et ambitieux ce qui déplaît fortement à son Ronin de maître et qui va finir par causer sa perte.

Ce livre est raconté à la première personne, c'est le jeune apprenti qui en trois rouleaux (le livre est divisé en trois "périodes") raconte les différentes étapes de son cheminement intérieur. C'est donc à travers son regard que l'on voit les actions et les pensées en marche dans ce roman qui mêle à la fois intimisme des relations entre le tuteur et son protégé et actes de bravoure ou non. Longue et sinueuse est la route vers la connaissance dit-on, vous verrez qu'elle se fait ici en plus tortueuse et déviante. J'ai retrouvé en effet dans cette histoire quelques éléments de la relation étrange qui se noue entre un certain Obiwan Kenobi et son jeune Padawan Anakin Skywalker. Le jeune est tout aussi doué qu'impétueux et l'on sent bien que malgré les efforts et les limites posées par son maître, il ne peut que s'écarter de la voie tracée. Le malaise, l'impatience et le déni montent en puissance chez le jeune narrateur qui loin de se conformer aux exigences de son apprentissage semble s'en écarter de part ses pensées puis par ses actes. Déformation professionnelle oblige, plus ma lecture avançait plus le jeune apprenti m'a irrité, énervé et finalement dégoûté tant il sombre dans la suffisance et la tyrannie envers son prochain. Quand il touche enfin ses rêves de puissance, on sait que cela ne peut que mal finir.

Par contre, j'ai adoré le personnage du vieux sage. Complètement décalé, cela le rend humain. Il faut le voir faire la leçon à quelques malandrins suite à une soirée bien arrosée, on oscille entre humour mais aussi admiration devant une force mental intacte et un sens de la justice épidermique. Car on comprend bien vite que cet homme là s'est mis au ban de la société japonaise pour des raisons morales, son code d'honneur a changé et il doit pour cela aller à l'encontre des normes communes (notamment la place des Samouraïs et le respect qui leur est dû). On rentre immédiatement dans cet univers grâce aux multiples références à la culture traditionnelle japonaise, un lexique approprié est d'ailleurs présent en fin de lecture pour éclairer les zones d'ombre qui pourraient apparaître au fil de la lecture. On assiste donc à un beau voyage, passant d'une île de l'archipel japonais à une autre (4 îles principales le composent je vous le rappelle) de villages paysans en palais princiers en passant par des pagodes-écoles à des temples de sectes bouddhiques et des lupanars exubérants. Cela donne lieu à de belles descriptions maîtrisées, concises et efficaces et à des rebondissements très nombreux qui gardent le suspens intact jusqu'à la dernière page. La langue est ici moins outrancière que dans le précédent livre que j'ai pu lire de lui et cet apaisement se fait au profit d'un récit court en terme de pages (300 environ) mais dense en contenu et en émotions.

Me voilà rabiboché avec Thomas Day, je ne crie pour autant pas au génie car on retrouve nombre d'éléments narratifs et créatifs entraperçus ici et là mais l'ensemble est cohérent et immersif à souhait. Le plaisir de lecture est constant et je l'ai lu quasiment d'une traite ce qui est gage de qualité. Avis aux amateurs, ce livre est pour vous.

Posté par Mr K à 17:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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lundi 10 novembre 2014

"Stairways to hell" de Thomas Day

Stairways to hellL'histoire: Ils sont trois, ils se prénomment Thomas. Déchus du Royaume, ils recherchent l'Amour.
Le premier est en prison pour un crime raciste qu'il a bel et bien commis. À sa sortie, il fait la connaissance d'une amérindienne qui va lui montrer sa véritable nature. Car cet homme est aussi un loup, qui déambule dans les carcasses automobiles d'Extermination Highway.
Le deuxième est médecin-urgentiste à Paris. Alors que la crise conjugale guette, il découvre le petit monde interlope des catacombes et des carrières. Là, il rencontre Maneki Neko, actrice porno et sorcière, grande spécialiste de la transgression.
Le dernier est écrivain, du moins c'est ce que croit son entourage. En réalité, il s'agit d'un imposteur hanté par le fantôme de celle à qui il a tout volé, une certaine Eddie qui s'apprête à le guider jusqu'aux escaliers qui descendent vers l'Enfer.

La critique de Mr K: Lecture coup de poing aujourd'hui avec ce Stairways to hell de Thomas Day. Un livre dont je serai bien incapable de dire si je l'ai aimé ou détesté tant il ne s'apparente à rien de ce que j'ai pu lire auparavant! De manière générale, je suis ouvert et j'aime la transgression dans l'Art mais là, certains passages ont réussi à me choquer et croyez moi, il m'en faut beaucoup! Trois nouvelles en un volume et une référence à Clive Barker (un de mes chouchous dans le genre horrifique) en quatrième de couverture. Il ne m'en fallait pas moins pour tenter l'aventure malgré une couverture vraiment affreuse... La lecture fut éprouvante!

Trois histoires bien glauques nous sont proposées par un auteur qui en préface annonce directement la couleur en expliquant que l'écriture lui permet de relâcher sa part sombre et pouvoir livrer ainsi toute sa gentillesse (reconnue à priori...) au quotidien. Je tiens à signaler de suite que vu le contenu de ces trois nouvelles, on peut se dire que le bonhomme est bien chahuté au niveau de la cafetière, cela donne une nouvelle vraiment réussie et deux autres des plus crades pour rester correct! Sexe, drogue, rock and roll, violence, meurtre, scatophilie, pratiques déviantes, ... âmes sensibles s'abstenir, Virginie Despentes c'est du Gavalda à côté! Vous êtes prévenus!

Sans concession, on rentre dans l'esprit torturé de trois Thomas aux destins plus que dérangés. On se retrouve face à des êtres amoraux, déviants qui recherchent une certaine forme de rédemption mais souvent vers le pire! Ils laissent sur leur chemin tout un lot de violences sexuelles (on est carrément dans la pornographie la plus pure par moment) et autres violences physiques et les chutes de chaque nouvelle (surtout les deux dernières) laissent le lecteur KO avec un furieux mal de vide. Clairement j'ai été dérangé tout au long de cette lecture rapide (3h maximum si on a le cœur et les tripes bien accrochées).

On ne sait jamais vraiment si on a affaire à un virtuose de l'écriture ou un tâcheron voulant jouer la surenchère à tout prix pour empocher un maximum de blé. Les passages décrivant les délires hallucinogènes sont parmi les plus forts et profonds que j'ai pu lire (hormis la première partie des Racines du mal de Maurice G. Dantec). Les obsessions intimes sont disséquées et livrées brut de décoffrage avec un brio évident. L'écriture se fait volontairement acérée mais non dénuée de nuances poétiques par moment, une poésie bien sombre vous l'avez deviné. Le rythme est haletant, pas de temps mort pour le lecteur foudroyé par le contenu de l'ouvrage.

Par contre, une bonne partie de livre n'est que prétexte à débauche de scènes pornographiques détaillées et poussées à l'extrême. Là je dis stop! Il pouvait se contenter de bien moins pour un effet certes moins ragoûtant mais tout aussi efficace pour toucher ses objectifs. On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions, ici on s'y noie et on se retrouve à surnager au milieu de déjections et autres joyeusetés du même genre. La forme finit par dépasser le fond et franchement on sort écœuré. Surtout que la caricature est de mise notamment pour les personnages féminins qui sont soit l'image de la niaise cucul ou l'érotomane inassouvie (vous soulignerez l'effort que je fais pour rester poli!).

Au final, c'est un livre que je ne peux pas conseiller tant il est extrême et parfois gratuit dans la transgression. Pour ma part, je ne l'ai finalement pas fait autographier par l'auteur aux Utopiales. J'attendrai d'en avoir lu un autre plus conventionnel pour porter un jugement définitif sur Thomas Day.

vendredi 3 octobre 2014

Mr K craque... again!

Oui, je le confesse, je suis un multi-récidiviste! Impossible pour moi d'aller chez l'abbé sans craquer. Il va peut-être falloir que je pense bientôt à consulter... En attendant, voici un bref résumé de ma collecte de mercredi!

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- La château de Lord Valentin de Robert Silverberg. J'adore cet auteur et ce livre me faisait de l'oeil dans le Bac SF. L'histoire m'a interpellé avec un soupçon de l'univers du cirque qui m'a toujours plu en littérature... Wait and see!
- Le Jeu du jugement de Bernard Taylor. À priori, une histoire de sales mioches n'aimant pas leur belle-mère et qui lui réserve un sort peu enviable! Impossible de résister à un tel pitch. Ce sera une de mes prochaines lectures!
- Rendez-vous avec Rama de Arthur C. Clarke. Une histoire de vaisseau spatial fantôme écrite par l'auteur de 2001, L'Odyssée de l'espace... Ça ne se refuse pas!
- La Ligue des gentleman extraordinaires d'Alan Moore et Kevin O'Neill. Depuis ma lecture enfiévrée de V pour Vendetta, je considère Alan Moore comme un demi-dieu! Alors même si le film tiré de cette BD est vraiment un nanar, je me laisse tenter, en plus les dessins sont sympathiques!

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- La fille de la nuit de Serge Brussolo. Histoire classique d'une femme amnésique poursuivie par des tueurs... Oui mais voilà, c'est Brussolo qui est aux manettes et il ne m'a jamais vraiment déçu dans le polar!
- Chicagone, série Le Poulpe de François Joly. Bon ben... Je l'avais pas lu et le jeu de mot du titre est une fois de plus très bien trouvé. Et puis, un petit voyage à Lyon en compagnie de Gabriel Lecouvreur ça me tente bien!
- Moloch de Thierry Jonquet. Un auteur que je porte aux nues, un livre non lu de lui et pas cher... What else?
- Sept jours pour expier de Walter Jon Williams. Une histoire étrange entre chronique du sud à la Steinbeck et le technothriller. Il n'en fallait pas moins pour aiguiser ma curiosité!
- Stairways to hell de Thomas Day. Ce sera ma première incursion chez cet auteur dont j'ai entendu beaucoup parler. Il y a des chances pour que j'aille le voir en dédicace aux Utopiales à la fin du mois. Ce serait dommage de ne pas avoir de livres de lui! En plus, ca a l'air totalement déjanté, style Sin City!

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- Tendre jeudi de John Steinbeck. Un grand saut dans l'inconnu que ce titre mais comme je redécouvre avec un plaisir certain cet auteur depuis quelques mois, je n'allais pas laisser passer l'occasion!
- Le Cheminot de Asada Jirô. Un recueil de nouvelles qui parle du temps qui passe et de la jeunesse perdue... Une ambiance bien japonaise comme je les aime. À voir!
- Du moment que ce n'est pas sexuel de Gudule. J'ai dévoré en son temps Le club des petites filles mortes du même auteur depuis je n'avais jamais recroisé la route de cette dame hors norme. L'occasion fait le larron et cette histoire d'amour bien thrash me semble idéale pour des retrouvailles!
- Caïn de José Saramago. Une histoire bien étrange qui commence lors du premier crime et parcourt ensuite les temps bibliques. Bien barré et donc pour moi! Conseillé et repéré par ma douce!

Bon, ma PAL se remplit encore... mais il est tellement difficile de résister face à des titres évocateurs ou des auteurs que l'on pratique et apprécie. Pas de quoi s'ennuyer en tout cas! Ils vont rejoindre leurs petits frères et sœurs en attendant ma voracité de lecture!