samedi 22 juillet 2017

"La Ligne de sang" de DOA

La Ligne de sang

L'histoire : Cela n'aurait pu être qu'un banal accident de moto sur les hauteurs de la Croix-Rousse. Un homme dans le coma victime d'un accrochage... C'est le début d'une enquête des plus troubles menée à l'instinct par les officiers de police Marc Launay et Priscille Mer. La victime, entourée de mystères, est bien trop inquiétante. Tout sue l'angoisse et la peur dans sa grande maison vide. Trop de portes fermées, de questions, de silences oppressants. Sa compagne même a disparu, comme volatilisée, et personne ne sait rien. Jamais cette dernière ne mentionnait son nom. Jamais elle ne parlait de lui. A sa demande. Comme s'il avait voulu ne jamais exister. Comme s'il avait souhaité que personne ne puisse un jour savoir ce qu'il était vraiment...

La critique Nelfesque : DOA est un auteur que j'aime beaucoup. Il ne fait pas toujours dans la facilité et ses romans peuvent demander un effort aux lecteurs et se révéler exigeants mais quel plaisir à chaque fois !

"La Ligne de sang" est un thriller plutôt accessible mais à ne pas mettre entre toutes les mains. Ce qui commence comme une enquête banale va plonger peu à peu nos deux officiers de police dans un tourbillon d'effroi. DOA ne fait pas dans la dentelle et ne ménage pas ses lecteurs tant par les idées soulevées ici que dans les scènes à la limite du soutenable pour les non-initiés. Les amateurs de thriller jusqu'au-boutiste quant à eux seront plus que ravis. C'est mon cas et je dois avouer que j'ai adoré ce roman qui ne cesse de monter en puissance et en pression durant toute la lecture.

Rien de plus banal qu'un accident de la route. Lorsqu'un motard est retrouvé dans le coma suite à une collision, la routine policière se met en place. On met en lumière les circonstances de l'accident et on tente de prévenir les proches. Très vite, une zone d'ombre va apparaître autour de cet homme. Sa petite amie s'est volatilisée et est injoignable et sa famille est plus qu'étrange. Tout cela est bien trop flou pour Marc Launay qui va entraîner sa collègue Priscille sur les traces de son passé. D'autant plus qu'il craint le pire pour la petite amie que rien ne disposait à se comporter de la sorte...

"Moui, bon, c'est assez banal ton histoire là Nelfe..." me direz-vous. Oula ! Détrompez-vous ! Tout ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg ! Et en dessous, croyez-moi, il y a de quoi frémir... Ce que Marc et Priscille vont découvrir est inimaginable (et je me garderai bien de vous donner des détails ici). DOA emmène alors son lecteur dans un univers sombre, glauque et pour le moins ésotérique. Déviances, magie noire, occultisme sont au coeur de ce roman qui nous emmène du centre ville de Lyon où débute l'histoire aux pentes escarpées des Alpes. Villages de montagne, habitants taiseux, ici les gens de la ville ne sont pas les bienvenus. Et que penser de l'état du motard qui, pendant ce temps, ne cesse d'évoluer entre dédoublement de la personnalité, possession et démonstrations de violence surhumaine...

Sans jamais tomber dans la caricature, DOA ne cesse de nous surprendre et maîtrise la tension comme personne dans ce roman. Il entraîne le lecteur vers des contrées insoupçonnées et le fait passer par tous les états. Jusqu'à la scène de fin, bouquet final incroyable, on est sur les dents jusqu'à la dernière page ! Amateurs de rebondissements, d'univers sordides et d'histoires prenantes, vous aimez être surpris et prendre votre pied avec un thriller qui sort du lot, n'hésitez plus, "La Ligne de sang" a toutes les qualités pour vous faire vivre un excellent moment de lecture. On en redemande !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Citoyens clandestins"
- "Le Serpent aux mille coupures"

Posté par Nelfe à 18:13 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 29 mai 2014

"Le Serpent aux mille coupures" de DOA

doaL'histoire: CHASSELAS (n. m.) : Cépage blanc surtout apprécié comme raisin de table. Le chasselas de Moissac, qui bénéficie de l'Appellation d'Origine Contrôlée, est le plus réputé. Il est produit dans le Bas Quercy, à hauteur de 7000 tonnes par an pour un chiffre d'affaires à la revente estimé à 45 millions d'euros.
COCAÏNE (n. f.) : Alcaloïde dérivé de la coca. Parfois utilisée en médecine. En général prisée sous forme de poudre blanche aux effets excitants. Les principaux pays producteurs (Colombie, Venezuela et Bolivie) en fournissent 900 tonnes par an pour un chiffre d'affaires à la revente estimé à 250 milliards d'euros.
MONDIALISATION (n. f.) : Propagation de phénomènes au monde entier. Interdépendance croissante des hommes, de leurs systèmes politiques et économiques, et de leurs activités à l'échelle de la planète.

La critique Nelfesque: J'ai découvert DOA il y a quelques années avec l'excellent et non moins exigeant "Citoyens clandestins". "Le Serpent aux mille coupures" est à mettre en perspective avec ce dernier, chose que j'ignorais totalement au début de ma lecture.

Il faut dire aussi que la 4ème de couverture de ce présent roman est on ne peut plus énigmatique. On se dit qu'il y a de fortes chances que l'on se lance dans une lecture ayant pour sujet la drogue dans une région viticole avec en toile de fond un commerce illicite mondial. Bingo! C'est faible niveau détails mais on a ici les grandes lignes.

Une famille de jeunes viticulteurs nouvellement installées dans la région est persécutée par les anciens du coin. Ici, on ne veut pas de nouveaux et on ne veut encore moins d'un africain. Inlassablement, ils font l'objet de pressions et de harcèlements. De nombreuses plaintes sont déposées à la gendarmerie locale mais rien n'avance et ces derniers sont voués à continuer de subir, au péril de leur vie, les menaces de leurs voisins ou à quitter les lieux et leur rêve de vie à la campagne au milieu des vignes.

Dans ce climat déjà tendu, le destin va s'acharner... Une même nuit où certains sabotent pour la énième fois les vignes d'Omar Petit, 3 dealers colombiens se font liquider au même endroit, au même moment. S'en suivent une cavale, une prise d'otage dans la ferme des Petit, une vengeance, une course poursuite... 213 pages de quiproquo, de bêtise crasse, d'injustice, de survie. Une plongée dans le monde des cartels de la drogue à l'échelle du sud ouest de la France. Al Capone chez les bouseux.

Ce thriller / roman noir est un petit bonheur pour qui aime le genre. Le lecteur se questionne, se perd, retrouve son chemin, s'interroge, s'indigne et passe par tous les sentiments. Qui est coupable? Qui est victime? Tout est beaucoup plus compliqué qu'il n'y parait et en peu de pages DOA livre un roman beaucoup plus simple et accessible que "Citoyens clandestins" mais où pointe des questionnements qui trouveront réponse dans ce dernier. Sa lecture étant assez lointaine pour moi, il a fallu que je me replonge dans ses pages prisent au hasard pour raviver ma mémoire et comprendre la toute fin du "Serpent aux mille coupures". Lire la dernière phrase d'un roman et ne rien comprendre, je crois qu'il n'y a rien de pire!

Je vous conseille donc cette lecture si vous avez lu "Citoyens clandestins" et si vous aimez les histoires se passant dans les milieux de la drogue. Egalement si des sujets tels que le racisme et l'injustice vous touchent. D'autant plus en ce moment, vu l'actualité politique...

Posté par Nelfe à 16:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
vendredi 2 septembre 2011

"Citoyens clandestins" de DOA

citoyensclandestinsL'histoire: A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Une véritable petite saloperie se balade dans la nature et il ne s'agit plus seulement de sauver quelques milliers de vies humaines. L'Etat français, ou certains de ses représentants, est prêt à tout pour éviter ce qui pourrait être une hécatombe comme un formidable scandale. Il y a des jours où l'Histoire avec un grand H tape à votre porte et l'esquiver ne sert à rien. La jeune journaliste Amel Balhimer ou l'apprenti jihadiste Karim ne le savent pas encore mais leurs destins sont désormais bien au-delà de l'ordinaire raconté au 20 heures. Un homme, ailleurs, braque la lunette de son fusil high-tech sur la fenêtre éclairée d'une ferme. Démarre alors un effarant compte à rebours...

La critique Nelfesque: Alors que nous allons bientôt célébrer le triste dixième anniversaire de l'attentat sur les tours jumelles, hasard du calendrier, c'est le moment que j'ai choisi pour me lancer dans la lecture de "Citoyens clandestins" de DOA. Cela faisait plusieurs mois que j'avais fortement envie de lire ce roman à la couverture si mystérieuse et oppressante.

Dès les premières pages, on sent une menace sourde et inévitable planée sur l'histoire. On sait tout de suite que quoi qu'il se passe, quelques soient les moyens mis en place, les choses se finiront mal. Le lecteur fait alors la connaissance des personnages principaux. Ces derniers sont nombreux et il faut faire un effort de mémoire pour bien intégrer les différents protagonistes. Le lecteur suit tour à tour Lynx, personnage froid et énigmatique, travaillant pour une autorité dont on ignore le nom et qui s'occupe des sales besognes, Amel, jeune journaliste fraichement débarquée de l'école et rêvant d'un premier job important, Karim, agent infiltré dans le milieu islamiste... Autour d'eux gravitent bon nombre d'officiels et officieux, la DGSE, la DRM, la DCRG... Autant de service de l'Intérieur et de la Défense que l'on apprend à connaître. Autant le dire tout de suite, il faut s'accrocher pour lire ce roman qui demande beaucoup de concentration. "Citoyens clandestins" est un roman qui se mérite et qui se révèle passionnant pour qui passe outre la difficulté. Qui est en rapport avec qui, qui fait partie de tel ou tel service, je me suis perdue souvent et je suis sans doute passée à côté de certaines choses en lisant tard le soir (avec les yeux qui se croisent, ce n'est pas évident...). Heureusement, DAO a placé en fin de roman une annexe regroupant les principaux personnages et un organigramme simplifié du renseignement français fort utile.

Une fois tout ceci intégré, le lecteur se lance sur les traces de terroristes islamistes qui, sous couvert de la religion, fomentent des attentats et enrôlent de jeunes musulmans. Karim, agent de la Direction du renseignement militaire, se verra ainsi infiltré dans ce groupuscule pour une mission à haut risque qui le mènera aux frontières de la paranoïa. Parallèlement à cette opération, Amel se voit parrainée par un grand journaliste qui lui confie des piges sur le milieu terroriste. Tout deux vont être approchés par un indic haut placé leur révélant des informations surprenantes sur des faits divers passés inaperçus dans la presse. Plus qu'un simple roman sur le terrorisme, DOA nous propose une autopsie des hautes autorités de l'Etat qui font tout pour préserver la sûreté de la France mais surtout pour préserver son image. Une saloperie se balade dans la nature, une saloperie française qui n'aurait pas dû être délogée, une saloperie qui va servir d'arme pour les terroristes et montrer à la face du monde ce que la France est capable de produire... Plus qu'empêcher une tuerie, c'est empêcher la découverte de cette arme par l'opinion publique qui occupe les esprits des autorités. Et pour ce faire, tous les moyens sont bons. Même le crime. Même utiliser des hommes en missions non officielles.

Un roman qui fait froid dans le dos.

Posté par Nelfe à 19:12 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,