dimanche 15 décembre 2013

"Gravity" d'Alfonso Cuarón

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L'histoire: Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.

Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...

La critique Nelfesque: Nous sommes allés voir "Gravity" à sa sortie en salle. Et oui, ça fait maintenant plus d'un mois et j'avoue que j'ai trainé à écrire cette critique... Mea culpa maxima. J'ai attendu ce film pendant longtemps, j'étais ravie d'aller le voir et il faut bien avouer qu'au final bien que le trouvant superbe visuellement, je suis un peu déçue. Explications!

L'expérience 3D prend vraiment tout son sens avec "Gravity". Pour ceux qui ont toujours rêvé d'aller dans l'espace, c'est vraiment bluffant. Le paysage est superbe, on s'y croirait. Et quand le personnage joué par Sandra Bullock est en perdition façon "tonneaux", on chercherait presque la bassine à porter de main (peu glamour je sais, mais franchement ça serre le bide).

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Pour le scénario, tout tient en une ligne. C'est maigre... Vous verrez plus loin que Mr K a un avis totalement différent du mien mais personnellement je me suis dit, tout le long du film, que cette pauvre Ryan n'avait vraiment pas de bol! Après s'être mangée des débris en pleine navette, elle va se perdre dans l'espace (sans Matt LeBlanc, au moins elle a cette chance!) puis finalement réussir à rejoindre une station... en feu!... Sans vous dérouler le film et vous spoiler d'avantage, sachez qu'elle n'est pas au bout de ses peines. A la toute fin, j'en ai même ri (non franchement, elle a pas de bol!). Du coup j'ai eu beaucoup de mal à rentrer véritablement dans le film et le côté bien pensant et gnangnan de la psychologie des personnages ne m'a pas aidée.

Encore une fois, vous verrez que sur ce long métrage, autant on est souvent d'accord avec Mr K, autant là, on est presque aux antipodes. Matt Kowalsky m'a bien plu avec son petit côté désinvolte et blagueur tout en étant très pro (George en même temps... What else!?) mais alors Ryan Stone... C'est moi ou elle est bétasse!? Tout le côté introspectif et certaines de ses réactions de découragement m'ont saoulée. J'ai en tête plusieurs scènes que je ne vais pas vous dévoiler mais pour ceux qui l'ont vu, la scène avec l'asiatique... Au secours!

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Enfin, contrairement à ce que la bande annonce laisse penser, le film n'est pas totalement "silencieux". La BO du film dans les bacs aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Je ne dis pas qu'elle est mauvaise mais pour l'expérience du silence spaciale, je repasserai...

Voilà pour moi. Je retiendrai de "Gravity" seulement un excellent visuel. Le reste ne m'a pas vraiment charmée. Je ne regrette cependant pas de l'avoir vu sur grand écran et en 3D car cette dimension là sera amoindrie sur une TV. Un divertissement mais pas le film du siècle.

La critique de Mr K: 5/6. J'ai passé une fois de plus un excellent moment de cinéma avec cette fois-ci le dernier film d'Alfonso Cuaron. Survival spatial encensé par la critique, nous ne pouvions décemment pas passer à côté surtout qu'il y avait notre copain George. J'étais plus inquiet de la présence de Sandra Bullock et l'obligation d'aller voir le film en 3D (gadget à la mode bien souvent inutile).

Tout cela a été balayé après le visionnage d'un film qui à coup sûr marquera le genre SF au cinéma. On savait que Poutine est un personnage peu recommandable mais les russes sont en plus de sérieux imbéciles dans le film! Ils décident de détruire un de leurs satellites avec un bon missile des familles et patatra! Les débris vont percuter le lieux où se trouvent les héros du film. À partir de là, tout part en cacahuète et Sandra Bullock va affronter moultes dangers avant de pouvoir souffler. S'enchainent alors toute une série de morceaux de bravoure et de pannes diverses et variées qui vont mettre le cœur du pauvre spectateur en miette. Pour ma part, j'ai été tendu pendant 90% du temps de projection et je n'étais pas forcément beau à voir en sortant (bon j'exagère à peine...).

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Le scénario est certes convenu mais le traitement est remarquable notamment en matière de psychologie des personnages. Cuaron est un esthète et un cinéaste de grand talent. Il avait réussi à faire du troisième volume des aventures d'Harry Potter au cinéma une œuvre personnelle et enchanteresse malgré le cahier des charges des producteurs. On retrouve ici sa patte talentueuse avec une Sandra Bullock que j'ai trouvé transfigurée et tout bonnement incroyable. Il faut dire que je ne porte pas vraiment cette actrice dans mon cœur et qu'elle a tout de même joué dans pas mal de navets.

Elle tient son rôle à merveille, sa plastique séduisante au possible n'est pas ce qui m'aura le plus marqué mais plutôt la fêlure qui semble l'habiter les ¾ du film. On la sent attiré par le vide et on se demande si elle ne va pas lâcher tout pour sombrer dans l'espace. Heureusement, George est là. Derrière le personnage du spationaute expérimenté se cache un homme d'un profond humanisme, pris d'affection pour cette jeune novice (c'est une spécialiste informatique et non une spationaute de métier). Le vieux briscard est drôle et rassurant mais sa figure est elle aussi tragique à sa manière. Derrière les actes et les questionnements, on voit la portée philosophique qu'a voulu imprimer Cuaron, un peu à la manière de Walter Bishop (mon chouchou de la série Fringe), la vie est la somme de tous les choix que l'on fait. Ici sans ostentation et lourdeur, le spectateur va vivre une aventure extraordinaire aussi spectaculaire qu'intime.

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Le spectacle justement est total. Si on ne devait retenir qu'un seul film à voir en 3D, c'est bien celui-là! Même Avatar ne lui arrive pas à la cheville, ici le réel prend le dessus sur la surenchère. On y croit! Moi qui ait pour rêve depuis gamin d'aller un jour dans l'espace (j'ai choisi le mauvais métier même si mes loupiots planent la plupart du temps à 2000!), j'ai été dans l'espace durant plus d'une heure! La 3D est donc une pleine réussite, il ne manquait plus que l'apesanteur et c'était bon! Les images sont de toute beauté: à ce propos le long plan-séquence d'ouverture est une merveille d'esthétisme et de mise en place de l'intrigue. La musique se fait ici très légère (ben oui, dans l'espace le son ne se propage pas) et les effets spéciaux sont très réussis. Pour un survival c'est essentiel de partager les émotions du personnage principal et je peux vous dire qu'on passe par tous les états!

Au final, ce film gagne vraiment à être vu au cinéma et avec une bonne 3D qui ne réduit pas les couleurs et la luminosité, sur petit écran je pense qu'il perdra de sa superbe. L'histoire bien que classique se tient et est porteuse d'un message un peu moins mièvre qu'à l'habitude. Plus qu'un film, c'est vraiment une expérience à laquelle il manque juste un aspect mystico-empirique qui l'aurait placé au panthéon des films cultes de SF à mes yeux. Un excellent film cependant!

Posté par Nelfe à 19:11 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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