mardi 7 février 2012

"La vengeance du wombat et autres histoires du bush" de Kenneth Cook

wombatL'histoire: Wombats sur ma gauche, wombats sur ma droite: tous piétinaient et grognaient. Planté parmi eux au clair de lune, immense, le corps flasque et hardi, le filet dans une main, la seringue dans l'autre, j'attendais le wombat qui m'intéressait. [...] Avec l'aisance du geste entraîné, je lui lançai le filet sur le corps. Il le déchiqueta en moins de deux secondes. [...] Comment étais-je censé m'y prendre à partir de là?
K.C.

Une rencontre dans un bar, quelques bières fraîches, et voilà Kenneth Cook, écrivain d'âge mûr "en léger surpoids", embarqué dans d'incroyable aventures où la faune humaine et animale du bush joue le premier rôle.
Kangourou suicidaire, koalas explosifs, wombats vindicatifs, aborigènes roublards finissent toujours par contrarier son penchant naturel pour le confort.

La critique Nelfesque: Après "Cinq matins de trop" du même auteur, me voici de retour dans le bush australien. Autant les paysages arides pourraient m'attirer, autant la population dépeinte dans "Cinq matins de trop" et aujourd'hui dans "La Vengeance du wombat..." ne me donne qu'une envie: demeurer le plus loin possible de cette région du monde!

Là s'arrête la comparaison car nous sommes ici dans un registre totalement différent. Dans "La vengeance du wombat...", Kenneth Cook choisi l'humour et la dérision pour nous présenter ses aventures. Le narrateur est une sorte d'aventurier de canapé, qui serait bien mieux dans son salon que dans le pub du coin mais qui, par je ne sais quel malheureux hasard, se retrouve dans des situations impossibles (et hilarantes) souvent par lâcheté. Et oui, cet homme est un gros mou et au fil des nouvelles, il se laisse entrainer pas les grands mââââles australiens dans des aventures abracadabrantes.

C'est ainsi qu'il va partir à la capture du wombat au clair de lune et du buffle en territoire aborigène, assister à des paris dignes des grands westerns, tenter de faire partir un lézard en orbite, risquer sa vie en tentant de sauver un kangourou et un wallaby, essayer de dompter des serpents malgré sa phobie, surveiller une valise au contenu illicite, assister à une démonstration de grenade à moins d'un mètre, partir à la pêche au requin, écouter des souvenirs ayant pour sujet des koalas explosifs... Du grand n'importe quoi! Mais un n'importe quoi de qualité, rafraichissant et drôle.

Ma préférence va à "Des serpents très, très perturbés", nouvelle de 18 pages, où l'on se demande qui du serpent, du narrateur ou de l'ami dompteur qui l'entraine dans une histoire foireuse (n'ayons pas peur des mots)  est effectivement le plus perturbé. J'ai franchement rit à la lecture de cette nouvelle tant l'auteur dépeint avec brio les différents états par lesquels passe le narrateur. Si il ne devait rester qu'une seule nouvelle ce serait celle ci!

N'étant pas une grande adepte des nouvelles (trouvant souvent l'ensemble frustrant et vite oublié), j'ai été charmée par "La vengeance du wombat et autres histoires du bush". Même si certaines histoires sont jouissives alors que d'autres sont anecdotiques, dans l'ensemble on passe un bon moment.

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mercredi 2 juin 2010

"Cinq matins de trop" de Kenneth Cook

cinq_matinsL'histoire: Jeune instituteur dans l’Outback, au coeur de l’Australie, John Grant doit passer la nuit à Bundanyabba avant de s’envoler pour Sydney. Il dépose ses valises à l’hôtel, va boire un verre et jouer dans l’un des nombreux pubs de cette petite ville torride et poussiéreuse, où tout le monde s’ennuie...
"Cinq matins de trop" nous fait vivre le cauchemar éveillé d’un homme ordinaire, qui devient peu à peu accro à l’alcool, au jeu, au sexe, à la violence, jusqu’à l’autodestruction.

La critique Nelfesque: Autant le dire tout de suite, j'ai adoré ce roman! Une écriture fluide, simple, un personnage principal captivant, "Cinq matins de trop" a tous les ingrédients d'un bon livre.

Nous suivons John dans sa descente aux enfers avec l'angoisse au ventre. Que va-t-il lui arriver? Comment va-t-il réagir face aux coups durs? Il n'y a pas de réelles surprises à la lecture de cette oeuvre, on s'attend à ce que toute la misère du monde lui tombe sur les épaules mais on assiste aux déroulements des évènements avec appréhension. Car le plus dur n'est pas ce que va vivre John, ses problèmes d'argent ou son début d'addiction à l'alcool, mais plutôt sa façon de les vivre.

Une scène est particulièrement éprouvante: la chasse aux kangourous. Après diverses "épreuves", John n'est plus le même homme, complètement ouaté dans l'alcool, grisé par la violence de ses camarades de beuvenir, il sombre dans la folie. L'instituteur n'est plus qu'une brute, un fou, un meurtrier...

Comme spectateur de sa propre vie, de sa propre déchéance, il va assister immobile aux épisodes de son destin qui vont radicalement changer sa vie. A chaque moment, il a le choix de poursuivre sa folie ou de mettre un coup de pied à terre pour refaire surface. A chaque fois, il fait le choix de ne pas choisir et sombre peu à peu dans l'ombre de lui-même. Jusqu'où va aller cette descente aux enfers? On s'imagine aisément l'issue de cette histoire mais les dernières pages sont une belle surprise.

"Cinq matins de trop" est une lecture difficile émotionnellement. Elle nous montre que l'homme est faible, qu'il est toujours plus facile de se voiler la face et de se laisser couler que de regarder en face ses erreurs et tenter de redresser la barre. Elle nous montre aussi la misère sociale dans laquelle vit certains êtres humains et donne un début d'explication à qui souhaite comprendre.

Posté par Nelfe à 11:16 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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