dimanche 6 avril 2014

"Et puis, Paulette..." de Barbara Constantine

pauletteL'histoire: Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et cela ne le rend pas particulièrement heureux. Un jour, après un violent orage, il propose l'hospitalité à sa voisine dont le toit de la maison a été détruit pendant la tempête. De fil en aiguille, la ferme se remplit: un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette...

La critique Nelfesque: J'ai beaucoup de tendresse pour les personnes âgées. Des souvenirs d'enfance, entourée de ma grand-mère, arrière grand-mère et arrières tantes remontent souvent à la surface. Alors quoi de mieux d'un roman tel que "Et puis, Paulette..." pour retrouver ces doux moments en lecture et tout ça au meilleur endroit qui soit: en vacances chez mémée!

Barbara Constantine est une auteure que j'aime beaucoup. Avec des mots simples, des situations de la vie de tous les jours, elle arrive à livrer une émotion profonde à ses lecteurs. La simplicité et la douceur de vivre, on les retrouve dans ce roman ci. Très vite, on s'attache à Ferdinand et à sa petite communauté peu commune qui se constitue petit à petit. Le genre d'initiative qui serait bien utile dans la vraie vie pour combler la solitude et continuer à vivre dans la joie et ce même après un certain âge. Trop de nos "petits vieux" vivent seuls, aigris, sans lien avec l'extérieur... "Et puis, Paulette" redonne foi en un avenir meilleur pour nos anciens et nous même dans quelques années.

Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres, avec leurs manies, leurs folies mais aussi leurs fêlures. Les soeurs Lumière, deux "presque soeurs" (l'une est la belle soeur de l'autre), de plus de 80 ans ont passé toute leur vie ensemble et m'ont particulièrement touchées. J'aurai voulu les prendre dans mes bras et leur dire que tout allait bien se passer, mamies... Mais c'est Barbara Constantine qui l'a fait à ma place en les faisant intégrer la ferme du bonheur. Un endroit où solidarité et prévenance animent les coeurs.

Vaincre la solitude en se regroupant c'est bien mais ça engendre des situations cocasses qui ne laisseront pas le lecteur de marbre. Avec 2, 3, voir 5 petits vieux dans une même maison, la logistique doit suivre! C'est 5 fois plus de médicaments à distribuer dans les semainiers, des comptes à entreprendre pour se répartir les charges, des tableaux à compléter pour les tâches ménagères... et de bonnes tranches de rigolade!

Mais, ne vous y méprenez pas, Barbara Constantine n'a pas fait de son oeuvre un roman culcul où tout le monde est beau et gentil, tout le monde s'aime, bisounours et compagnie. Il est aussi question de la vieillesse, de la maladie, de la mort et de souffrances psychologiques telles que l'absence, la tristesse et la solitude. Tant de sujets inévitables quand la vie est plus longue lorsque l'on regarde en arrière. On rit certes mais au détour d'une page la larme peut faire son apparition. Comment continuer de vivre lorsque l'être aimé s'en est allé? Comment ne pas être nostalgique des moments passés avec ses petits-enfants quand on les voit trop peu souvent à son goût? Mais que voulez-vous ma bonne dame, c'est comme ça, les jeunes, ils ont leur vie aussi...

Je vous conseille la lecture de ce roman qui se lit très rapidement et qui laisse au lecteur un sentiment doux-amer une fois terminé. Le sentiment d'avoir passer un moment hors du temps où la douceur de vivre et la simplicité prévalent sur la frénésie et l'égoïsme de notre époque mais aussi une indéniable nostalgie d'un temps révolu qui noue la gorge. Longue vie à nos mamies à blouse!

Et puis, Paulette... Je vous laisse la découvrir...

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "Allumer le chat"
- "A Mélie, sans mélo"

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samedi 19 novembre 2011

"A Mélie, sans mélo" de Barbara Constantine

meliemeloL'histoire: Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Pour la première fois, sa petite-fille, Clara, vient passer les grandes vacances chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé... Elle verra ça plus tard. La priorité, c'est sa Clarinette chérie! Durant tout l'été (le dernier?), Mélie décide de fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique... Et puis, comme la vie est vraiment dingue parfois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour... Cent cinquante ans à eux deux? Mais quand on aime, on ne compte pas!

La critique Nelfesque: Il y a quelques mois, j'ai lu "Allumer le chat" du même auteur. Très branchée par l'histoire, j'avais été un peu déçue par le roman. "A Mélie, sans mélo" m'a fait le même effet. L'histoire me plaisait vraiment beaucoup mais à la lecture je n'ai pas accroché plus que ça...

Pas mal de lecteurs apprécient Barbara Constantine, j'en ai entendu beaucoup de bien et je suis d'autant plus surprise de ne pas apprécier son écriture. Certes, j'ai passé un bon moment à lire "A Mélie, sans mélo" que j'ai dévoré en une après midi. Ca se lit très bien, c'est frais. Mais ça ne me suffit pas... Il ne me restera au final pas grand chose de cette lecture d'ici quelques jours. Rien ne m'a marquée au point de me faire vibrer. J'aime les histoires profondes et là tout est trop simple. Je comprends que l'on puisse apprécier ces lectures qui changent les idées et sont pleines de bons sentiments. C'est vrai que ça donne le sourire aux lecteurs mais il me faut un peu plus que ça.

Au final, je me retrouve ici, à essayer de mettre des mots sur ce que j'ai ressentie à la lecture de ce roman et je m'aperçois que c'est mission impossible! La grand-mère est mignonne, la petite-fille aussi, la mère est un peu barrée mais au final assez conventionnelle, le grand-père attendrissant, le petit-copain aussi. Ca se résume à ça... C'est creux... Il n'y a pas d'aspérité, tout glisse, le bonheur est présent, le ciel est bleu et les oiseaux chantent. Je suis peut-être maso en fait! J'aime les larmes, les doutes, les peines... et je crois que je vais m'arrêter là avec cet auteur...

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samedi 25 juin 2011

"Allumer le chat" de Barbara Constantine

Allumer-le-chatL'histoire: Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille!

La critique Nelfesque: J'ai été un peu déçue par ce roman. Peut-être en attendais-je trop? Peut-être avais-je lu trop d'articles positifs? Voici des mois que je l'avais noté et Mr K me l'a offert pour mon anniversaire. Toute contente, je me suis plongée dans cette lecture et j'en suis ressortie avec un petit "ah bon? c'est tout!?".

J'ai trouvé ce roman sympa mais sans plus. L'idée de vouloir buter le chat à longueur de pages comme le laissait entendre la 4ème de couverture et le titre me plaisait bien (ça c'est dû à mon appartenance au CCC) mais le chat est finalement un personnage bien secondaire dans ce roman. "Allumer le chat" se lit très facilement et très rapidement, c'est un bon roman pour qui veut lire un bouquin frais et léger qui ne prend pas la tête mais je n'ai pas complètement adhéré à l'écriture de l'auteur (qui semble écrire comme elle parle) et à l'histoire de cette famille entre les "deschiens" et les participants de "Confessions intimes".

Pour aimer un roman, j'ai besoin que l'histoire me touche et/ou que l'écriture m'interpelle et là il faut bien l'avouer, ça ne casse pas des briques. Certains passages sont toutefois très drôles et je pense que j'aurai mieux fait de me réserver cette lecture pour cet été. Je conseillerai d'ailleurs sans doute ce roman à qui veut se bronzer sur la plage avec quelque chose de drôle entre les mains. Barbara Constantine part dans un vrai délire où les évènements farfelus se succèdent. Les personnages sont des gentils "ratés" que la vie n'a pas épargnés et nous les suivons dans pas moins de 70 chapitres. 70 chapitres en 256 pages, vous vous imaginez bien que c'est du concentré! Mais 70 chapitres c'est long et ce qui était amusant au début se retrouve lourd et lassant (notamment la prolifération de gros mots qui sans vouloir faire ma prude m'ont quelque peu agressé l'oeil).

Au final, "Allumer le chat" est un roman qui se lit rapidement mais qui tombe, à mon goût, bien vite dans la facilité. Je crois que j'avais mis beaucoup trop d'attente dans ce roman et mon enthousiasme est retombé comme un soufflé.

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