mercredi 10 décembre 2014

"Tout ce qui meurt" de John Connolly

Tt ce qui meurtL'histoire : Charlie Parker, un flic new-yorkais qu'on surnomme Bird, est parti se souler après une dispute avec sa femme, un soir de décembre. En rentrant chez lui, titubant, Bird ne sait pas encore qu'il vient de franchir pour longtemps la porte de l'enfer : dans la cuisine, maculée de sang, gisent les corps atrocement mutilés de sa femme Susan et de sa fille Jennifer. Rongé par la culpabilité, Bird démissionne de la police et part sur les traces du monstrueux assassin.
De New York à La Nouvelle-Orléans, il suit celui qu'on appelle le Voyageur, fin stratège et amateur de poésie macabre qui sème derrière lui des cadavres, comme autant d'appâts. La traque mène alors les deux hommes dans les bayous de Louisiane, qui digèrent lentement les victimes écorchées du Voyageur...

La critique Nelfesque : Je connaissais John Connolly (à ne pas confondre avec Michael Connelly) pour son excellent livre jeunesse "Le Livre des Choses Perdues". Pourtant adepte de littérature policière, je ne savais même pas que ce même auteur avaient écrit des dizaines de romans dans ce genre là. Honte à moi ! C'est lors d'une discussion avec Xavier Mauméjean à la dernière édition des Utopiales que je décidais de découvrir cette autre facette de l'auteur. Il m'a tellement vanté cette saga "Charlie Parker", dont "Tout ce qui meurt" est le premier d'une longue série, que je n'ai pas pu résister longtemps.

A la lecture de ce tout premier roman je me dis que j'aurai peut être dû... L'histoire a pourtant tout pour me plaire : une découverte traumatisante et gore à souhait, un serial killer affublé d'un petit nom qui sème la peur et la désolation partout où il passe, un héros ancien flic cassé, une enquête à la Nouvelle-Orléans qui fleure bon le vaudou. On est pile poil dans le stéréotype du thriller page turner que j'adore lire pour passer un bon moment. Je suis comme ça moi, je passe des bons moments avec des personnages littéraires peu recommandables! S'il vous plaît, n'appellez pas les urgences psychiatriques tout de suite...

"Tout ce qui meurt" commence plutôt bien. On rentre très vite dans le vif du sujet avec la découverte des corps de Susan et Jennifer dès les premières pages. Connolly ne s'encombre pas de détails et ne tourne pas autour du pot. C'est efficace et j'aime ça ! Malheureusement assez vite, je comprends que je vais compter les heures avec ce roman qui sera sans doute beaucoup plus fastidieux à lire que ce que j'avais pressenti au départ.

L'auteur nous présente un nouveau personnage, puis un autre, puis un autre, encore un autre, 3 ou 4 par ci, une bande de malfrats par là... Et peu à peu on se noie dans une kyrielle de personnages et on en oublie presque qui est qui. Mieux vaut être concentré lors de sa lecture car Connolly nous présente au détour des pages des policiers de plusieurs états mais aussi deux familles adeptes du grand banditisme. Perso, j'en ai perdu mon latin... Rajoutant à cela que peu enthousiaste avec ma lecture j'ai passé plusieurs jours dessus, j'ai sorti les rames et j'ai failli prendre l'eau.

Ce roman date de 1998 et peut-être qu'en son temps il a eu un bel accueil mais aujourd'hui tant de bons bouquins sont sortis dans ce genre de littérature et sur des thèmes similaires (je vous laisse piocher dans la rubrique thriller du blog), que si je notais mes lectures je ne mettrais à "Tout ce qui meurt" qu'une petite moyenne. De facture classique, je n'ai pas eu de réelles surprises à la lecture de ce roman. Les personnages sont caricaturaux, l'histoire est cousue de fil blanc et la fin bien que sympathique aurait pour le coup méritée d'être plus longue.

Loin de moi l'idée de dire que cet ouvrage est mauvais, il est "sympathique" mais dans le genre j'ai lu 1.000 fois mieux. Dommage... Je vais tout de même continuer cette saga à l'occasion. Non pas que je sois maso mais vu ce que m'en a dit Mauméjean, son enthousiasme pour cette série et le fil conducteur sous-jacent, j'ai fortement envie de voir où tout cela va mener le lecteur. Même si pour cela il faut passer par quelques déconvenues...

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samedi 22 janvier 2011

"Le Livre des Choses Perdues" de John Connolly

connollyL'histoire: Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère.
Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire.
Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...

La critique Nelfesque: Lecture coup de coeur! J'avais lu beaucoup de bien de ce "Livre des choses perdues" et je suis maintenant en mesure de dire que ces éloges étaient fondés.

Ce roman mêle pas mal de sentiments, on passe par toutes les phases. J'ai eu la larme à l'oeil, j'ai eu peur... On s'attache très rapidement au petit David qui vient de perdre sa maman et qui voit son quotidien bouleversé tout d'abord par cette épreuve douloureuse puis par son passage dans un monde parrallèle.

Les aventures qui vont lui arriver dans ce monde sont tout sauf merveilleuses. Il va croiser la route de créatures mi-loups mi-hommes, de femmes-biches, d'une chasserresse sanguinaire... Quand je dis que j'ai eu peur, j'ai eu vraiment peur (et pourtant je ne suis pas une gamine de 10 ans) alors quand je lis que cette oeuvre est un roman jeunesse, je dis: attention, à ne pas mettre entre toutes les mains! C'est très violent et glauque pour un petit bout de chou. Les actes sanglants ne sont pas édulcorés et on peut ressentir l'appréhension du jeune héros.

Mais il n'y a pas que des passages effrayants dans "Le livre des choses perdues", il y a aussi des passages très drôles notamment quand John Connolly s'appuie sur des contes revisités tels que "Blanche neige et les sept nains". Là où l'enfant trouvera amusant ce passage, l'adulte aura une lecture à un niveau plus politique. Niveau conte, on voit aussi redéfini "Hansel et Gretel", "La belle au bois dormant"...

Je conseille fortement ce livre aux grands enfants et aux adultes pour son côté merveilleux tout en étant "réaliste", pour l'humour et la plume de l'auteur qui sait remanier l'univers des contes fort bien et nous emmène avec lui dans ce monde. On en redemande!

La critique de Mr K:  Un très bon livre. Je l'ai lu suite à l'avis fort enthousiaste de Nelfe. Il est classé dans le style littérature jeunesse mais après lecture ce n'est pas le genre d'ouvrage que je refilerai à mes gamins avant un certain âge, le contenu est parfois difficile à appréhender et à supporter pour des esprits encore trop jeunes.

Un jeune garçon à la vie éprouvante va trouver un passage vers un autre monde où il va connaître de multiples aventures. Le parcours initiatique du jeune David n'est qu'un prétexte pour l'auteur qui dans ce livre s'adonne au détournement systématique et mordant des contes de fée: Blanche neige est une horrible matrone et les sept nains des ouvriers exploités adeptes de Marx, la chasseresse est un sérialkiller digne héritière du Dr Mengelheim, le preux chevalier est homosexuel et ne se bat pas pour toutes les causes nobles qui viennent à lui... On rit beaucoup mais le frisson est aussi au RDV! On sent d'ailleurs ici le goût prononcé de l'auteur pour le genre thriller qui lui est plus habituel: ça saigne en abondance avec moultes détails. Sympa quand on a l'âge requis, cette lecture pourrait se révéler traumatisante pour les plus petits. Certes les originaux de Perrault sont saignants et il est important de ne pas sur-protéger nos chers têtes blondes mais là, on est parfois dans l'étalage de barbaque.

Le final bien qu'attendu est réussi et ressemble un peu dans l'esprit à la fin du film Le labyrinthe de Pan. Aventure vécue? Délire de l'inconscient? Chacun se fera sa propre idée. Une lecture que je vous conseille fortement.

Posté par Nelfe à 17:15 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
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