vendredi 29 mai 2015

"Les Neuf dragons" de Michael Connelly

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L'histoire: Harry Bosch, dépêché sur une affaire de meurtre dans le quartier chinois de L.A., soupçonne des activités de racket des triades locales. Préoccupé par l'enquête, il n'a pas regardé le message vidéo envoyé par Maddie, sa fille de 13 ans qui vit à Hong Kong. Vision d'horreur: elle est otage des triades. Harry pensait pouvoir tout affronter, mais sa fille est son point faible… et les caïds le savent!

La critique de Mr K: Cela faisait un peu plus de deux ans que je n'avais pas lu de Connelly et plus spécialement une aventure d'Harry Bosch, un de mes inspecteurs favoris avec le personnage d'Adamsberg de Fred Vargas et l'écossais Rebus de Ian Ranking. Long time no see certes, mais il faut dire que la bibliographie de cet auteur américain n'est pas inépuisable et qu'avec celui-ci j'en suis à mon 14ème de la série. Un hasard heureux a voulu une fois de plus que je tombe sur Les Neuf dragons qui manquait à ma collection. Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour entamer ma lecture…

C'est avec grand plaisir que l'on retrouve Harry aux prises avec un meurtre d'un vieux boutiquier chinois. Après les premières constatations et le visionnage d'heures entières de bandes vidéo, la piste du racket organisé saute aux yeux et dans ce domaine les triades chinoises ne sont jamais très loin dans ce quartier de la Cité des Anges. L'étau se resserre sur un putatif coupable… C'est alors que la fille de Bosch est enlevée à Hong Kong, lieu de villégiature de son ex femme devenue joueuse de poker professionnelle dans un grand casino de la voisine Macao. Ni une ni deux, le policier s'envole pour l'Asie pour retrouver sa fille. Il en est certain, elle est toujours vivante! C'est le début d'une course poursuite éprouvante qui ne verra son déroulement que dans les ultimes pages de cet ouvrage.

La première partie de ce roman est classique et s'inscrit dans la tradition des opus précédents. On suit pas à pas l'enquête d'Harry. Ce dernier a un nouveau partenaire (Ignacio) qui se révèle traumatisé par une balle qu'il a pris lors d'une arrestation. Il en fait donc le moins possible et la tension est palpable avec Harry qui vit littéralement pour son métier qu'il considère comme sa passion, la mission de sa vie. Par contre, le chef a changé et apporte son soutien à son inspecteur remuant. Comme à son habitude, Connelly étale avec délice tous les détails de l'avancement de l'enquête: les premières constatations, l'autopsie, l'étude des projections de sang (pas de Dexter pour autant!) et c'est vraiment pas à pas qu'on progresse, au rythme des enquêteurs. Il y a moins de moments de pause avec Harry dans sa maison surplombant la vallée, moins d'atermoiements sur ses états d'âmes. Il faut dire qu'il subit moins de pression de la part de sa hiérarchie que dans les récits précédents.

C'est sans compter l'enlèvement de sa fille qui survient un peu avant la moitié du livre. Pétage de plomb, décisions rapides à prendre, toutes ses certitudes s'effondrent et il va devoir rechercher l'être cher dans une ville qu'il connaît très mal et où il va se retrouver confronter à Eléanore, son ex qu'il n'a cessé d'aimer et qui a refait sa vie à l'autre bout du monde. Il a cependant besoin d'elle car même s'il est déjà venu à Hong Kong pour voir sa fille Madeline, la barrière de la langue et sa méconnaissance des lieux jouent contre lui. Beaucoup plus pressant, la deuxième partie de ce roman virevolte entre vieilles rancœurs et non-dits et course contre la montre dans la métropole asiatique fourmillante de vie. C'est l'occasion pour Connelly d'étaler sa science de la description et ses grandes qualités pour créer une ambiance. C'est bien simple, on s'y croirait! La lecture se révèle toujours aussi facile et addictive. Et pourtant…

J'ai été en effet quelque peu déçu par cet opus. Tout d'abord, même si on se prend au jeu, j'ai trouvé l'histoire et ses rebondissements plutôt classiques et sans surprise, une première avec cet auteur. La montée de l'intrigue et la pression qui l'accompagne même s'ils sont bien rendus ne m'ont pas autant captivé que d'autres ouvrages de référence de cet auteur. On tombe un peu dans le banal. Et puis, il y a quelques éléments qui ne tiennent pas debout, des motivations peu crédibles et des actions qui semblent impossible à réaliser et qui restent sans explication plausible. Là encore, Connelly m'avait habitué à mieux. Je rejoins donc ici les réserves que j'ai pu lire ici ou là dans certaines chroniques du web.

Pour autant, on passe un bon moment et c'est toujours une joie de retrouver Harry et ses démons. Espérons que dans ses prochaines aventures, Connelly retrouve toute sa maestria et revienne à ce qu'il sait le mieux faire: des livres addictifs et profonds qui nous interrogent sur l'humain et le monde qui l'entoure. Ce serait dommage de gâcher la destinée d'un personnage aussi attachant qu'Harry Bosch.

Autres romans de Connelly chroniqués sur le blog:
- Les Egouts de Los Angeles
- La Glace noire
- La Blonde en béton
- Le Dernier coyote
- L'Oiseau des ténèbres
- Wonderland avenue
- Echo park
- A genoux
- Créance de sang
- Le Poète
- L'Envol des anges
- Los Angeles river
- Lumière morte

 

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mardi 26 mars 2013

"Lumière morte" de Michael Connelly

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L'histoire: Harry Bosch a pris sa retraite. Mais une chose est sûre: il élucidera le meurtre d'Angella Benton, jeune assistante de production tuée quelques jours avant le braquage sanglant d'un studio d'Hollywood. Même si, dès le départ, "on" lui ordonne de renoncer...

La critique de Mr K: Cela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas replongé dans le Los Angeles de Connelly et que je n'avais pas suivi les pas d'Harry Bosch, un de mes inspecteurs préférés. Dans la chronologie générale des romans le mettant en scène, Lumière Morte est un des derniers. Le vieux briscard (enfin pas si vieux que ça) est désormais un jeune retraité mais il n'arrive pas à se détacher d'un certain nombre d'enquêtes non résolues. Parmi celles-ci, le mystérieux meurtre d'une jeune femme travaillant pour les studios de cinéma.

Assez vite, Harry va remarquer que cette affaire n'est qu'un arbre masquant la forêt. Les procédures ont été déviées ou déguisées, derrière ce meurtre à priori anodin se cache quelque chose de bien plus gros. À partir de là, l'inspecteur se rapproche de la vérité mais il va se heurter à la raison d'État et va faire un séjour fort peu réjouissant dans les geôles des services anti-terroristes US. Je n'en dis pas plus mais je ne peux qu'abonder dans le sens de la critique reproduite en quatrième de couverture exprimant l'idée que ce roman est sans doute le plus noir de l'auteur. Deux chapitres sont particulièrement éprouvants et l'on ne peut que ressortir choqué du traitement que l'on réserve en démocratie aux pseudos terroristes.

On retrouve ici tout le talent de Connelly dans le développement de ses personnages et c'est avec un plaisir sans borne que j'ai retrouvé la défroque d'Harry Bosch, éternel mélancolique amateur de jazz. Très vite on prend peur face au déroulé de l'intrigue, il est quand même bien mal parti ce cher Harry et c'est vraiment in extremis qu'il s'en sort cette fois ci. Los Angeles est toujours aussi bien évoquée et on fréquente tour à tour les studios, quelques bars miteux et surtout la route, élément omniprésent dans l'ensemble de l'oeuvre de Connelly qui se plait à décrire avec son style inimitable les déplacements de ses héros à travers la cité des anges.

Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour en terminer avec ce récit bien sombre. Immédiatement pris par l'histoire, ravi de mes retrouvailles avec Harry et la langue virevoltante de Connelly, j'ai passé un grand et beau moment de lecture. Il doit m'en rester quelques uns encore à lire, je vais persévérer dans la quête des volumes manquants chez l'abbé et autres brocantes...

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Los Angeles river

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mardi 20 décembre 2011

"Los Angeles river" de Michael Connelly

losangelesrivermcL'histoire: Sur la demande de la veuve de Terry McCaleb, l'ex-inspecteur du LAPD Harry Bosch accepte de remettre de l'ordre dans les papiers du défunt. Rendu méfiant par les révélations d'un associé de McCaleb, il enquête et comprend qu'il y a eu meurtre. Encore faut-il le prouver et retrouver un assassin qui a laissé des traces si évidentes qu'on a l'impression qu'il a envie de se faire prendre...

Pendant ce temps-là, l'agent du FBI Rachel Walling reçoit, elle, l'appel qu'elle redoutait depuis des années: le tueur le plus cruel et retors qu'il lui ait jamais été donné de traquer, à savoir... le Poète, est de retour.

La critique de Mr K: Encore un grand moment de lecture en compagnie d'Harry Bosch et de Connelly. Décidément, je les collectionne! Rajoutez à cela trois personnages fétiches de l'œuvre du maître: le Poète alias Bacchus ex du FBI devenu tueur sanguinaire, Terry McCaleb un des transplantés cardiaques des plus célèbres de la planète littéraire et Rachel Walling enquêtrice du FBI ici en disgrâce et vous obtenez un casting d'anthologie mêlé à une intrigue maline à souhait comme sait si bien les concocter Connelly.

Tout débute par deux enquêtes croisées. Harry Bosch est appelé par la veuve de McCaleb (un bon ami à lui déjà vu notamment dans Créance de sang) mort à priori d'une banale crise cardiaque. Dans le même laps de temps, le FBI est sur les dents car il semblerait que le Poète ait refait surface. Très vite, on se rend compte que ces deux investigations vont se rejoindre pour n'en former qu'une! Cependant la suite n'est pas de tout repos et l'écrivain ne nous épargne pas tant les fausses pistes et les rebondissements sont nombreux.

On retrouve dans cet opus toutes les qualités de Connelly et même un petit peu plus! Le style fluide et accessible est bel et bien toujours là et il fait toujours merveille dans les phases descriptives de lieux ou des phases d'actions très réalistes, ne cédant jamais aux sirènes de la surenchère. Ce qui est nouveau, c'est que pour la première fois, Connelly adopte la focalisation interne quand il suit Harry. C'est véritablement révolutionnaire pour tout fan de cet inspecteur hautement attachant. Nous sommes littéralement immergés dans sa psyché et son système de déduction. On ne peut que s'émouvoir lors de ses entrevues avec sa petite fille et ses avancées dans l'enquête gagnent en force et en impact auprès du lecteur.

Autre nouveauté et ici des plus délectables: les mises en abimes présentes dans le récit pendant tout cet ouvrage. Los Angeles river peut être considéré comme la suite de deux ouvrages précédents de Connelly Créance de sang et Le Poète. Or, le premier a été adapté au cinéma avec Clint Eastwood, il y a déjà quelques temps (l'adaptation ne m'a pas plu car fort éloignée de la matrice originelle). C'est ainsi que dans le présent ouvrage, on apprend avec un sourire au coin des lèvres que le grand Clint a assisté à l'enterrement de McCaleb en hommage au personnage qui a interprété au cinéma, une pure jouissance intellectuelle pour l'authentique fan que je suis. A un autre moment, Harry discute avec l'ex associé et ami de McCaleb, Buddy, qui lui fait part de sa colère lorsqu'il a vu son personnage sur grand écran qu'il a trouvé caricatural et avilissant. Autant de mélanges entre réalité et fiction qui font gagner en cohérence et en lien l'univers de Connelly.

Une fois de plus, j'ai été bluffé par ma vitesse de lecture, Connelly est vraiment un as. Le récit coule naturellement, accroche à chaque fin de chapitre et le dénouement ne déçoit pas. Sans doute un des meilleurs de la série.

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L'Envol des anges

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samedi 9 juillet 2011

"L'envol des anges" de Michael Connelly

envol

L'histoire: Le vieux funiculaire de Bunker Hill est très fréquenté par les touristes. Mais ce soir-là, c'est un cadavre qu'y croise l'inspecteur Bosch. Et pas n'importe lequel: celui d'Howard Elias, le célèbre avocat défenseur de la communauté noire. Menaçait-il de traîner une fois encore la police de Los Angeles devant la justice? Une enquête explosive pour Harry Bosch: s'il commet la moindre erreur, c'est tout le quartier de South Central qui s'embrase...

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui sur une lecture d'un de mes auteurs préférés: Michaël Connelly. On retrouve dans cet ouvrage le charismatique inspecteur Harry Bosch dans une enquête bien tortueuse qui distribue à merveille son lot de pression et de suspens sous fond de corruption, de tensions raciales et de lutte inter-services (la police, les boeufs carottes, le FBI, les décisionnaires et les exécutants...).

On constate encore une fois tout le talent de Connelly pour conduire une histoire et nous amener là où il le veut, quand il veut. C'est avec délice que je me suis replongé dans L.A avec pour la première fois un climax bien tendu entre les différentes souches de la population: un grand avocat noir a été tué et les minorités veulent un coupable et très vite. S'il pouvait être flic ce serait encore mieux vu les heurts quotidiens qui existent entre blacks et forces de l'ordre. Mais voilà! Chez Connelly rien n'est jamais simple et sous les dehors d'un crime crapuleux se cache en fait quelque chose de bien plus important, impliquant des pontes politiques et industriels. Quels secrets se cachent derrière ce crime? Comment Harry va-t-il pouvoir résoudre l'énigme alors qu'on lui met des bâtons dans les roues?

Harry justement est en plein trouble dans ce volume. Sa femme est de plus en plus distante et malgré le désarroi qui le gagne, il doit mener l'enquête et lutter face aux obstacles dressés devant lui par des gens censés l'aider. C'est trépidant et le commun des mortels ne pourrait supporter tout ce que ce pauvre Harry endure. On souffre avec lui et il est difficile de ne pas s'émouvoir de la tristesse qui se dégage de lui durant tout le livre. Tour à tour, il passe pour un emmerdeur, un raciste, un sale flic qui couvre ses collègues plutôt que de chercher la vérité, le sauveur de ces dames... bref, on passe par toutes les étapes et il faut s'accrocher. La fin est bien sombre, des illusions disparaissent et le personnage principal semble se trouver à la croisée des chemins... ce qui me donne encore plus envie de lire la suite de l'œuvre de ce maître du policier qu'est Connelly!

Comme d'habitude, Los Angeles est le cadre des enquêtes de Bosch. On continue donc ici la visite de cette métropole aussi bruyante et pleine de vie que mystérieuse et envoutante. Dans L'envol des anges, on se promène dans les rues en ébullition de South Central, on boit un coup dans de vieux rades paumés pour flics, on rencontre des gens de la haute dans le quartier -hype-, on médite avec Harry dans sa maison sur pilotis... Plus que jamais, L.A est un personnage à part entière distillant indices et diffusant une ambiance crépusculaire.

L'écriture de Connelly reste toujours aussi limpide, exigeante et efficace. Ça fond dans la bouche et on ne peut pas décrocher avant la dernière page. Une excellente aventure d'Harry Bosch placée sous le signe de la mélancolie et de la désillusion. À lire absolument pour les amateurs du genre!

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vendredi 25 février 2011

"À genoux" de Michael Connelly

agenouL'histoire: Le corps du Dr Stanley Kent vient d'être retrouvé au belvédère naturel proche de Mulholland Drive: deux balles dans la nuque, style exécution. Nouvellement affecté à la section Homicide Special, l'inspecteur Harry Bosch découvre vite que le Dr Kent avait accès à des matières radioactives utilisées dans le traitement de certains cancers féminins... et que ces matières ont disparu. Aux yeux de l'agent spécial du FBI Rachel Walling, que Bosch aime encore malgré leur rupture après le fiasco d'Echo Park, ce meurtre et cette disparition risquent fort de marquer le début d'un attentat terroriste à la bombe sale. Donc conflit ouvert et cette fois, Bosch n'est pas sûr d'avoir le dessus: il y a certes de la parano dans les services de la sécurité du territoire, mais la menace islamiste est bien réelle...

La critique de Mr K: Une fois de plus, l'abbé m'a permis d'ajouter une pièce dans ma collection de Connelly et cette fois ci en grand format! À genoux se situe juste après Echo park que j'avais bien apprécié. À tout bien réfléchir, Connelly ne m'a jamais vraiment déçu.

On retrouve ici une Harry Bosch fraîchement muté dans la section spéciale spécialisée dans l'élucidation de meurtres particulièrement retors. Notre inspecteur préféré va être confronté dans cette enquête à un crime de sang froid sonnant comme une exécution. Livre construit comme un compte à rebours (Harry trop fort, résout l'affaire en 8 heures!), des pistes apparaissent rapidement. Véritable course aux indices, on se laisse embarquer immédiatement par les personnages déjà rencontrés dans de précédents ouvrages de Connelly, mention spéciale à l'agent Rachel Welling dont le charme tout naturel ne laisse par Bosch indifférent. Retrouvailles forcées, coups de gueule et petits jeux de séduction ponctuent une enquête trépidante enchaînant révélations et coups de théâtre... du Connelly pur jus et du meilleur crû.

Intrigue bien ficelée, parano ambiante bien rendue (Connelly égratigne au passage l'Amérique et sa psychose de l'arabe terroriste), rythme effréné, la ville de Los Angeles remarquablement rendue une fois de plus, des personnages creusés et complexes... Non ne cherchez plus, le maître a encore frappé!

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mardi 2 novembre 2010

"Créance de sang" de Michael Connelly

cr_anceL'histoire: L'ex-agent du FBI Terry McCaleb est à peine remis d'une greffe du coeur quand une inconnue, Graciela Rivers, vient le voir sur le bateau où il se repose et le somme d'enquêter sur la mort d'une certaine Gloria Torres, abattue à bout portant et de sang froid par un tueur masqué, dans une épicerie de la banlieue de Los Angeles. Agacé par l'aplomb de la jeune femme, McCaleb refuse. Elle lui révèle soudain que Gloria Torres n'est autre que sa propre soeur, et que c'est son coeur qui bat sous l'énorme cicatrice qu'il a encore en travers de la poitrine: cette enquête, Terry McCaleb la lui doit.

La critique de Mr K: Avec ce Connelly, j'ai fait une petite infidélité à ce cher Harry Bosch. L'auteur laisse de côté, le temps de ce "Créance de sang", son héros fétiche pour nous inviter à suivre l'enquête à travers les yeux de Terry McCaleb déjà présent dans "Le poète" (ce dernier se situant chronologiquement après ce volume): convalescent après une greffe cardiaque, il se doit de retrouver le meurtrier de sa donneuse.

Comme à son habitude, Connelly a soigné aux petits oignons ses personnages et on s'y attache immédiatement. J'ai retrouvé avec un rare plaisir l'ex du FBI, McCaleb, profiler et enquêteur de génie. Diminué, limite has-been, il va devoir tout au long du livre se reprendre en main pour accéder à la requête de Graciela Rivers. Cette dernière est, elle aussi, une blessée de la vie: soeur assassinée, son neveu à charge et incapacité à surmonter son deuil tant que la lumière n'aura pas été faite. Ces deux là étaient fait pour se rencontrer, ces rapports changeants constituent la part solaire d'un roman plutôt sombre.

En effet, Connelly ne nous épargne pas, une fois de plus! Scène de crimes violents et à priori gratuits, un tueur sadique et malsain à souhait (rien à envier au "Poète"!), des flics retors freinant l'enquête: vous l'avez compris, on a souvent les nerfs pendant cette lecture. Sans compter, McCaleb qui force sur ses limites, toujours sur le fil du rasoir mais qui peu à peu s'approche de la vérité. La résolution d'énigme sera difficile à accepter et changera sa vie irrémédiablement.

On retrouve dans "Créance de sang" tout le talent de Connelly: son style à la fois incisif et concis, un maniement hors norme du suspens (très difficile de reposer le bouquin avant la fin) et une trame changeante et manipulatrice. Une bien bonne lecture que je conseille à tous les amateurs de policier bien ficelé.

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mardi 6 juillet 2010

Ballade avec Harry à Echo park

michael_connelly_echo_park_L_1L'histoire:

C'est devenu une obsession: tous les six mois, Bosch ressort le dossier Gesto. En treize ans d'enquête, il n'a rien pu trouver: ni indice, ni suspect, pas même le corps de la jeune victime. Un jour enfin le coupable passe aux aveux, mais Bosch se méfie: pour lui, l'homme n'est rien d'autre qu'un imposteur talentueux doublé d'un bouc émissaire idéal. Une dernière fois, Bosch reprend l'enquête...

La critique de Mr K:

C'est toujours avec le même plaisir que j'ai retrouvé Harry dans une enquête à haut suspens, placée ici sous le signe de la manipulation (policière, politique). Je ne reviendrais pas sur les grandes qualités scripturale inhérentes à l'oeuvre de Connelly tant une fois de plus l'auteur montre sa capacité à littéralement "embarquer" son lecteur.

Ce livre traite d'une obsession, Harry veut retrouver le responsable d'une disparition jamais résolue. Cela permet à Connelly d'explorer encore plus profondément la psyché de son personnage emblématique. Quel être complexe que ce Bosch! Inspecteur hors pair, papa depuis quelques temps mais séparé de sa femme, on retrouve son goût pour le jazz et les histoires d'amour complexes. À cette occasion, le lecteur recroise le chemin de l'agent du FBI Rachel Welling déjà croisée dans "Le poète" et évoquée dans d'autres opus de la série.

Deux passages m'ont particulièrement marqué. Celui de l'interrogatoire du tueur en série qui serait incriminé dans la disparition. Je me suis retrouvé dans la situation de Clarisse face à Hannibal Lecter dans "Le silence des agneaux". Vérité? Mensonge? On nage en eau trouble en compagnie d'Harry, un brin de doute et l'enquête prend une toute autre orientation et toutes les certitudes du héros (et donc du lecteur!) se brisent. Une pure merveille que cet entretien haut en couleur. Il y a aussi le passage où le tueur encadré par moulte flicaille va dans Echo park pour montrer l'endroit où il aurait enterré le cadavre. Un des meilleurs passages à suspens de Connelly. On sait qu'il va se passer quelque chose et on passe vraiment par tous les états au fil des pages, jusqu'à l'acte final.

Un très bon pollar une fois de plus à l'actif de Connelly. Bien noir avec quelques lueurs d'espoir par moment et un Harry au sommet de sa forme. Bonne lecture!

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mercredi 23 juin 2010

"Wonderland avenue" de Michael Connely

9782020590778L'histoire:

L'inspecteur Harry Bosch surveille l'enlèvement des deux premiers cadavres de l'année lorsqu'on l'informe qu'un humérus d'enfant vient d'être retrouvé sur les hauteurs de Hollywood. Qui plus est, l'ossement porte des traces laissant entendre qu'il y aurait eu mauvais traitements répétés. Horrifié par la nouvelle - il n'y a rien de plus éprouvant que d'enquêter sur la mort d'un enfant -, Harry Bosch se rend sur les lieux et s'aperçoit que l'enfant semble avoir été tout à la fois victime d'un assassinat prémédité et, contradiction majeure, enterré à la va-vite. Et pour corser la difficulté, l'affaire remonterait à une vingtaine d'années.

La tâche qui l'attend pourrait devenir désespérante au possible, si Harry Bosch ne faisait pas alors la rencontre d'une jeune recrue éperdue d'admiration pour lui...

La critique de Mr K:

Et un Connelly de plus! Retour de Harry qui cette fois ci enquête sur un sordide crime: celui d'un enfant. Une fois de plus, nous voila replongés dans les sombres ruelles et artères de la cité des anges. On retrouve une fois de plus tout le talent de Connelly pour décrire cette ville décidément hors du commun, bouillonnante d'activité et cachant les plus terribles secrets.

On accompagne ce cher Harry, inspecteur de la police judiciaire qui de nouveau est confronté au mensonge, aux fausses pistes et à la hiérarchie tatillonne et "entravante" pour le bon déroulement de l'enquête. Il y a aussi un Harry plus solaire rencontrant une jeune femme bien attirante et attirée par lui... Cela donne de bons chapitres entre romantisme rétro et échanges vifs et charmeurs. Beau personnage que cette "bleue" qui tente de faire son trou dans la profession.

Durant toute cette lecture (qui fut rapide vous vous en doutez!), on navigue constamment à vue, sans certitude aucune sur la suite des événements. On va de surprise en surprise avec une certaine fascination face aux drames et contours d'enquête qui s'enchassent les uns aux autres. Il faut une fois de plus attendre les dix dernières pages pour comprendre l'ensemble des tenants et des aboutissants. Un grand Connelly? Un Connelly tout court! Rendons grâce une fois encore au génie et au talent de cet écrivain qui livre après livre continue de créer et de surprendre! Encore!

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samedi 5 juin 2010

Vide grenier mon ami

Aujourd'hui grand vide grenier annuel de notre village. Autant on vit à la campagne, avec une petit village à proximité, autant son vide grenier est monstrueusement ENORME! A croire que les habitants accumulent un max de choses toute l'année pour pavaner début juin... ou alors, à l'instar des villes du littoral, tout le monde afflue ce jour là... car ce vide grenier est l'un des plus grands de la région. Les stands investissent toutes les rues, le moindre recoin.

En bon chineurs que nous sommes, nous ne pouvions, cette année encore, râter cet "évènement"!

De retour à la maison, nous avons étalé nos trésors de guerre sur la pelouse:

vide_grenier

Côté bouquins:
- "Mastodonia" de Clifford D. Simak
- "Echo park" de Michael Connelly
- "Le diable l'emporte" de Barjavel
- "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
- "Le livre d'or de la science fiction", des nouvelles de J. G. Ballard
- "Le livre d'or de la science fiction",  des nouvelles de Jack Vance
- "99 francs" de Frédéric Beigbeder

Côté BD:
- "La légende de Robin des Bois" de Manu Larcenet

Côté jeu:
- "Steambot Chronicles" pour PS2

Côté musique:
- "Wave Digger" d'High Tone
- "Cube" du Peuple de l'Herbe

Côté film:
- "Blueberry" de Jan Kounen

Je crois qu'on peut dire que cette année, le vide grenier de notre village est vraiment un bon cru!

lundi 26 avril 2010

Harry Bosch à la recherche de son passé...

coyotteL'histoire:

L'inspecteur Harry Bosch a été suspendu de ses fonctions. Pour réintégrer le LAPD, il doit consulter une psychologue... Il révèle au Dr Hinojos le secret qui le hante: sa mère, une prostituée, a été assassinée lorsqu'il était enfant. L'enquête n'a jamais abouti. Malgré l'interdiction qui le frappe, il décide de retrouver son meurtrier et rouvre le dossier...

La critique de Mr K:

Sacré Harry! Il a le don pour s'attirer les ennuis! Là, pour le coup, il a fait fort! Il a carrément fait passer son supérieur à travers la vitre de son bureau ce qui provoque son éviction temporaire des affaires criminelles. Entre les séances chez le psy et la recherche du meurtrier de sa mère, ce roman est mené tambour battant par un Connelly au sommet de sa forme!

À mes yeux, il s'agit pour le moment du meilleur Connelly que j'ai pu lire. Dans ce volume, Harry Bosch, personnage ombrageux, se révèle beaucoup plus. À force de subir en premier lieu les séances menées par la psy (un bilan positif est obligatoire pour qu'il puisse réintégrer la LAPD -Los Angeles Police Department-), il commence à baisser sa garde et l'on cerne mieux le personnage. On connaissait son enfance dans des foyers pour orphelins, son passage par le Vietnam mais quid de sa mère biologique? Le voile est légèrement levé et permet de comprendre les blessures de l'enfance qui continuent à l'habiter et conditionnent sa manière de percevoir les choses et d'agir. Ces révélations successives contribuent à rendre encore plus attachant ce policier hors norme.

Dans ce roman, on croise d'autres personnages intéressants dont certains déjà présents dans les romans précédents dont le chef Irving qui dirige la police de L.A, qui avec le temps s'adoucit avec Harry. Il y a aussi la psy passionnée par son boulot mise à rude épreuve par un Bosch tout d'abord réfractaire à toute forme d'analyse de soi, Jazz une femme au passé douloureux qui séduira Harry et toute une série de personnages hauts en couleur que le policier croisera au cours de ses investigations (un mac machiavélique à souhait, un procureur retors, un amoureux transi depuis plus de 30 ans...). On retrouve encore ici tout le talent de l'auteur pour mettre en chair ses personnages qu'il façonne avec amour et précision. En résulte une enquête haletante dont il est difficile de sortir! Quitte à passer pour un autiste auprès des êtres aimés!

Je me répète mais il faut lire Connely quand on aime le polar! Fort de son expérience dans le journalisme, ses romans sont toujours le reflet fidèle de la réalité policière et criminelle de la cité des anges, le tout allié avec un scénario jamais pris en défaut et des rebondissements à chaque fin de chapitre. Un must que ce «Dernier coyote»!

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