mercredi 4 septembre 2013

"Avoir un corps" de Brigitte Giraud

avoir un corpsL'histoire: "Des vêtements à peine écartés, des ventres et des reins maladroitement caressés. Des intentions plus que des actes. On donne, on offre, on laisse à l’autre le soin de prendre, de saisir, de posséder. Mais l’autre est dans le trouble de la conquête, avec le trop-plein de lumière qui éclaire la chambre. Il est difficile d’accéder au secret en plein jour. Alors les yeux se ferment, les doigts s’agrippent et les cuisses s’extraient des pantalons. Il cherche, soulève, accélère. Je veux bien, veux tout, ne résiste pas."
Avoir un corps est la trajectoire d’une enfant qui devient fille, puis femme, racontée du point de vue du corps, une traversée de l’existence, véritable aventure au quotidien où il est question d’éducation, de pudeur, de séduction, d’équilibre, d’amour, de sensualité, de travail, de maternité, d’ivresse, de deuil et de métamorphoses. L’écriture au réalisme vibrant, sensible et souvent drôle, interroge ce corps qui échappe parfois, qui ravit ou qui trahit. Un roman qui rappelle que la tête et le corps entretiennent un dialogue des plus serrés, des plus énigmatiques.

La critique Nelfesque: "Avoir un corps" est le dernier roman que j'avais à lire dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. Je l'avais conservé comme dernière oeuvre à découvrir car j'avais quelques appréhensions la concernant. Et bien j'avais raison...

On est typiquement devant le genre de roman auquel je n'adhère pas du tout. Tout est basé sur l'expérience personnelle, et est donc subjectif, l'histoire est banale mais l'auteure tient là un concept! Pour certains, c'est suffisant, le concept faisant du roman une performance artistique... Pour moi c'est surtout un prétexte à fournir une oeuvre proche de la branlette intellectuelle et assez vide de sens.

L'histoire est universelle (enfin il faut tout de même être une femme pour se sentir concernée) et ne mérite pas que l'on écrive 240 pages là dessus. La narratrice est une femme qui tout le long de sa vie nous explique les changements qui s'opèrent en elle du point de vue de son corps. Le lecteur assiste donc aux grandes étapes de sa vie: l'enfance, l'adolescence, la découverte de la sexualité, la maternité, le vieillissement...

Je me suis retrouvée dans certains passages, toutes les femmes se retrouveront dans certains passages... Ce que je reproche à cet ouvrage c'est d'être plus un "manuel d'utilisation" qu'un roman. Brigitte Giraud a choisi un ton détaché et le personnage principal est quasiment déshumanisé, ce qui empêche toute empathie aux lecteurs. "Le corps ceci... Le corps cela..." Les choses ne sont pas aussi simples dans la vie, certes il y a la biologie, les réactions physiques, mais il y a aussi la psychologie et ici l'accent est mis sur la première approche.

Le corps, l'homme, l'enfant... Il n'y a pas de prénoms, pas d'accroches, pas d'attaches. Les pages s'enchaînent, vous pouvez sauter des paragraphes entier, vous ne manquerez rien de crucial. La vie défile de manière clinique et plate... C'est dommage que Brigitte Giraud ait eu l'idée avant moi (et avant vous lectrices) parce que décrire froidement ses premières règles, ses premiers émois amoureux, ses jeux d'enfants, c'est à la portée de tout le monde. Par contre, j'aurai vraiment préféré qu'elle s'abstienne en ce qui concerne la grossesse... Oui, vraiment...

Certains aimeront ce roman. Ca fait bien d'aimer des objets artistiques abscons... Personnellement, en tant que femme, je n'ai pas été touchée et je ne vois pas non plus ce que "Avoir un corps" pourrait apporter comme vision plus fine de la féminité à un homme. Ce n'est pas parce qu'on sait ce qu'il se passe dans un corps de femme qu'on connait les femmes. Espérons que ce n'était pas cela que l'auteure souhaitait apporter à ses lecteurs.

Une lecture à mon sens dispensable mais ce n'est pas l'avis de tout le monde. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site d'Entrée Livre.


lundi 2 septembre 2013

"Le Cas Eduard Einstein" de Laurent Seksik

eduardeinsteinL'histoire: Le fils d'Einstein a fini parmi les fous, délaissé de tous, jardinier de l'hôpital psychiatrique de Zurich. Sa mère, qui l'a élevé seule après son divorce, le conduit à la clinique Burghölzli à l'âge de vingt ans. La voix du fils oublié résonne dans ce roman où s'entremêlent le drame d'une mère, les faiblesses d'un génie, le journal d'un dément.

Une question hante ce texte : Eduard a-t-il été abandonné par son père à son terrible sort ? Laurent Seksik dévoile ce drame de l'intime, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant.

La critique Nelfesque: Albert Einstein, je connais vaguement. Comme tout le monde... E=MC²... Mes connaissances en Einstein sont à vrai dire assez limitées. Comprenez ici que je ne suis pas une acharnée d'Einstein ou une fan devant l'absolu. C'est donc sans réelles attentes que j'ai commencé à lire ce roman de Laurent Seksik et, il faut bien l'avouer, j'en suis ressortie plus intelligente! Si si!

Dans "Le Cas Eduard Einstein", il n'est pas question des travaux du génie que l'on connait tous. Ne partez pas en courant, l'auteur ne fait pas mention de ses études et ce ne sont pas des pages de formules qui vous attendent ici. Il est bien entendu question de l'homme de sciences mais dans sa vie privée, la partie immergée de l'iceberg, et plus précisément de son premier mariage et de son fils Eduard.

Eduard, enfant brillant, promis à une carrière dans la médecine et ayant du reste effectué sa première année, va à l'âge de 19 ans littéralement "péter un câble". Elevé avec son frère par leur mère après la séparation de leurs parents, il est de plus en plus ingérable. Il se montre odieux, se présente nu devant des invités à la maison, part dans des délires paranoïaques et croit qu'il peut se transformer en loup... Avouez qu'en tant que progéniture d'un homme à fort QI on ne s'attendait pas à cela...

Albert Eintein est très mal à l'aise avec les problèmes de son fils. Il connait bien quelques spécialistes mais il est très vite démuni et préfère prendre la fuite. La période post Seconde Guerre mondiale en Allemagne n'aide pas vraiment les choses non plus et Einstein part vivre aux Etats-Unis laissant ex-femme et enfants (devenus grands) en Suisse. A bout de bras, Mileva va tenir son fils et prendre toutes les décisions le concernant.

C'est un roman passionnant que "Le Cas Eduard Einstein". On y cotoie des grands noms de la psychiatrie et de la recherche, on entre dans la vie privée d'un des plus grands noms de l'histoire des sciences et on s'émeut de la vie d'Eduard, dans un autre monde. Internement en hôpital psychiatrique, électrochocs... Autre époque, autres moeurs, autres remèdes...

Albert rencontre Mileva à l'Ecole Polytechnique de Zurich où elle est la seule femme de la classe. Vouée à une grande carrière, elle restera dans l'ombre de son mari jusqu'à leur séparation 20 ans plus tard. Entre temps, ils ont eu Hans Albert et Eduard. Tous trois, très proches, vont "faire sans" Albert. Celui ci vivra à Berlin, se remariera, partira pour les Etats-Unis et aura tout au long de sa vie une position politique forte. Contre les inégalités et l'injustice, il connaitra l'Allemagne nazie et la ségrégation aux Etats-Unis.

J'ai vraiment aimé cette lecture. Moi qui ne serait sans doute pas allée spontanément vers ce roman, craignant une oeuvre fastidieuse à lire ou bourrée de références scientifiques, je me suis passionnée pour cette famille hors norme et en même temps banale avec ses joies et ses peines. Le temps des presque 300 pages que compte "Le Cas Eduard Einstein", j'ai pris la mesure de ce que la notoriété peut faire de bien mais aussi de destructeur. J'ai été émue par Mileva, courageuse et protectrice, attendrie par Eduard, touchant dans ses réactions et questionnements. Quant à Albert, il m'a à la fois désapointée dans son rôle de père et impressionnée par son engagement politique et moral pour le respect des Droits de l'Homme. Une oeuvre à lire.

J'ai lu "Le cas Eduard Einstein" dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.

samedi 31 août 2013

"J'ai perdu tout ce que j'aimais" de Sacha Sperling

j'ai perduL'histoire: Pour se remettre du succès inattendu de son premier roman et de la déception du deuxième, Sacha s'est enfui un an à Los Angeles. De retour à Paris, l'accueil est glacial. Ses amis d'enfance lui reprochent de s'être inspiré d'eux pour façonner ses personnages, d'avoir révélé leurs secrets, d'avoir raconté leurs frasqsues. Et que peut un écrivain quans ses personnages se révoltent contre lui? Les choses ont bien changé depuis l'époque du lycée, et l'ex-petite vedette littéraire semble sombrer dans la paranoïa... A mois que sacha ait raison d'avoir peur.

La critique Nelfesque: Sacha Sperling est l'auteur de deux romans avant "J'ai perdu tout ce que j'aimais", sortie de la Rentrée Littéraire: "Mes Illusions donnent sur la cour" et "Les Coeurs en skaï mauve". Sacha Sperling, narrateur de ce dernier roman, est également auteur de deux romans et la biographie de ce dernier résonne étrangement avec celle de l'auteur. C'est un roman étonnant et intrigant que nous offre ici Sacha Sperling. Où s'arrête la réalité? Où commence la fiction?

Durant tout le roman, Sacha Sperling tente d'embobiner son lecteur, de le perdre entre deux mondes, de le faire s'interroger sur ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Pour ma part, "J'ai perdu tout ce que j'aimais" est le premier roman de Sperling que je lisais. Je suis donc partie vierge de toutes références passées mais, après investigations, il se trouve qu'en effet les personnages de ce présent roman sont également ceux de "Mes Illusions donnent sur la cour". Ceux ci, amis de Sacha, sont mécontents du succès de l'auteur après la sortie de ce premier roman en librairie. Ils s'estiment floués par leur ami d'enfance, leurs vies données en pâture à des milliers de lecteurs. Maintenant que Sacha est rentré de son année d'exil, ils comptent bien lui dire le fond de leurs pensées!

Sacha est un personnage très parisien avec des amis très parisiens, un microcosme branchouille bobo argenté qui traine dans des soirées où alcool et drogue coulent à flot. Lui, pas très bien dans ses baskets depuis son retour, va devenir de plus en plus parano à mesure qu'il va mettre de la coke dans son nez et de la beuh dans son tabac. D'autant plus qu'il va commencer à recevoir des sms menaçants de la part d'un expéditeur anonyme qui semble être bien informé sur son passé et son quotidien...

Sacha se sent de plus en plus seul, devient de plus en plus méfiant et hautain envers ses proches et flirte dangereusement avec la ligne jaune. Dans cette période complexe, il va faire la connaissance d'un dealer dans un parc qui va l'aider à solutionner son problème et d'une jeune femme dont il va tomber amoureux. Ainsi entouré, il se sent plus fort et épaulé mais jusqu'à quand?

L'auteur nous présente ici un personnage tourmenté et rongé par les remords. Avec une écriture simple et limpide il sait faire monter la pression et peu à peu le lecteur s'attache à Sacha, malgré ses défauts, et souffre avec lui. Paranoïa, schizophrénie, trahison... Sacha va passer par tous les états et bien qu'ayant deviné pas mal de choses avant la révélation finale j'ai pris plaisir à lire ce roman bien construit et prenant. Jusqu'à un certain point...

Ce point me laissera au final un arrière goût désagréable et un avis en demi teinte. Ce tout petit point tient en quatre malheureuses pages, les quatre dernières (et oui, vous avez bien lu... Les boules!!!). Là où j'aurai aimé que l'auteur aille au bout de son concept et qu'il offre à ses lecteurs un final bien glauque et destructeur, Sacha Sperling donne un grand coup de frein, laisse de la gomme sur le route, fait marche arrière et nous écrit une fin bien fadasse! Pourquoi!? Pourquoi bâcler ainsi une oeuvre qui aurait pu être une petite bombe? Pourquoi prendre ses lecteurs pour des imbéciles en leur expliquant par le menu ce qu'ils ont de toute façon deviné et les priver d'une vraie fin!? Monsieur Sperling, nous pensez-vous à ce point idiots pour que vous sabordiez ainsi toute la construction de votre roman dans les quatre dernières pages en changeant radicalement de cap!? En colère, j'ai terminé cette lecture, en me disant qu'il n'aurait pas fallu beaucoup plus pour que "J'ai perdu tout ce que j'aimais" soit un excellent roman. Dommage...

J'ai lu "J'ai perdu tout ce que j'aimais" dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.

jeudi 29 août 2013

"La Vie à côté" de Mariapia Veladiano

la vie à côtéL'histoire: Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans la maison au bord du fleuve, aux côtés d'un père, médecin et trop absent, et d'une mère qui "a pris le deuil à sa naissance". Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena. C'est sans compter sur l'impétueuse tante Erminia, qui décide de l'initier au piano. Rebecca va dès lors concentrer sa vie entière dans ses mains... Une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté.

La critique Nelfesque: Voilà un très joli roman de la Rentrée Littéraire. J'ai tout de suite été charmée par la quatrième de couverture étant moi même pianiste et ayant été séduite par cet instrument très jeune. Je ne connaissais pas Mariapia Veladiano et après avoir lu "La Vie à côté", je n'exclue pas de me pencher plus sérieusement sur sa bibliographie.

Dans ce roman, nous suivons Rebecca tout au long de sa vie et les choix qui ont été fait pour elle par ses parents depuis sa naissance. La réaction de ses parents face au bébé dans le couffin, sa sortie de la maternité, la décision de la mettre ou non à la maternelle, la rentrée à l'école primaire, le collège... Ces étapes, tout à fait ordinaires dans une vie lambda, sont, dans une vie "à côté", un véritable problème. Rebecca a en effet une particularité, cruelle et injuste, celle d'être laide. L'auteur n'y va pas par quatre chemins, Rebecca n'a pas juste un physique ingrat, ses traits ne s'adouciront pas avec l'âge, elle est irrémédiablement difforme.

Comment faire lorsque l'on est parents d'un "monstre"? Le physique est-il vraiment important dans une vie? Comment le vivre au quotidien et quelle image donne-t'on aux autres? Voici autant de questions posées dans ce roman. L'auteur place le lecteur du point de vue de Rebecca, jeune fille "normale" et sensible voyant sa vie conditionnée par son physique et le lecteur ne peut rester insensible.

Sans jamais rentrer dans le pathos, "La Vie à côté" est un roman absolument cruel qui donne à lire des situations à la limite du soutenable. Le rejet d'une mère, les moqueries à l'école, le harcèlement... tant d'obstacles et de désillusions qui ne devraient pas être soumis à une petite fille. C'est alors dans la pratique du piano que Rebecca va trouver sa place et se rapprocher de sa mère qui semble depuis sa naissance avoir fait le deuil de son enfant. Repliée dans son silence depuis de nombreuses années, rien ne semble plus la toucher et sa vie se résume aujourd'hui aux quatre murs de sa chambre. A son décès, Rebecca va avoir accès à son journal et va tenter de comprendre l'attitude de sa mère.

Avec une tante musicienne et un père jouant à l'occasion, Rebecca va tout mettre en oeuvre pour faire de la pratique du piano sa planche de salut. Grâce à lui elle veut reconquérir le coeur de sa mère, être la fierté de ses parents, voir le monde extérieur. Elle va faire des rencontres magiques et enrichissantes, un florilège de personnages atypiques et cabossés va graviter autour d'elle. Sa pratique du piano, c'est sa façon de vivre sa vie à côté, sa vie différente de celle des autres mais méritant d'être vécue.

J'ai vraiment été touchée par cette lecture. Je sais ce qu'est la vie au quotidien de l'apprentissage de l'instrument, les pressions et le stress qu'engendre le fait de vouloir faire de la musique autre chose qu'un simple passe temps, la notion de "nécessité" dans son jeu et la sensation de liberté qu'apporte la pratique de la musique dans une vie, un exutoire à tous nos soucis. Mariapia Veladiano a su retranscrire à merveille le lien si particulier qui lie un musicien à son instrument en y rajoutant une dose supplémentaire d'urgence. Une histoire qui émeut, une enfant que l'on voudrait aimer, une écriture simple et si belle, un roman à découvrir.

J'ai lu "La Vie à côté" dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.

dimanche 11 août 2013

"La Transcendante" de Patricia Reznikov

transcendante

L'histoire: Pauline vient de vivre un drame, l’incendie de son appartement dont elle est sortie avec de graves blessures. Seul un livre a survécu de cet amas de cendres, "La lettre écarlate" de Nathaniel Hawthorne. Elle décide alors d’aller sur les traces de l’écrivain à Boston où elle fait la rencontre d’une vieille originale qui la prend en main et lui fait visiter sa ville, tous les lieux où a vécu Hawthorne, dont Salem sa ville natale.
Et peu à peu au milieu de ce jeu de pistes littéraire qui l’étourdit, son empathie pour Hester Prynne, l’héroïne de "La lettre écarlate" et sa rencontre avec un homme dans une étrange librairie l’amènent à envisager différemment sa vie.

La critique Nelfesque: "La Transcendante" de Patricia Reznikov est un des romans qui vous attend dans le grand tourbillon qu'est la Rentrée Littéraire, aux éditions Albin Michel. Avec un sujet lourd et à la fois complexe, avec en trame de fond "La Lettre écarlate" de Nathaniel Hawthorne, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre avec ce roman. Etalage de savoir de la part de l'auteure ou prétexte pour mettre en place une histoire commune à chacun, la souffrance de l'existence? C'est pleine de doute que j'ai commencé ma lecture.

Un adjectif me vient en tête quand je songe à cette lecture: paisible. C'est un sentiment de sérénité qui m'a accompagné durant toute ma lecture et qui reste prégnant une fois la dernière page tournée. Le lecteur découvre en même temps que Pauline, le personnage principal de "La Transcendante", la ville de Boston, son atmosphère, son Histoire, sa culture à travers l'oeuvre et la vie de Nathaniel Hawthorne. Tout en douceur et aux côté de Georgia, étrange américaine farfelue et francophile, ancienne professeur de littérature à la retraite, nous nous baladons dans les rues de Boston, chaudes et bienveillantes où passé et présent se côtoient et où la littérature et le mouvement transcendantaliste (mouvement littéraire, spirituel, culturel et philosophique qui a émergé aux États-Unis, en Nouvelle-Angleterre, dans la première moitié du XIXe siècle) sont omniprésents. Les anecdotes de Georgia, nous pousserait presque à aimer Boston, tout du moins à vouloir la découvrir un jour en vrai.

Ces balades sont toutes conditionnées par "La Lettre écarlate" de Hawthorne et par le désir de Pauline de découvrir quelque chose sur cette oeuvre. Quoi exactement? Elle ne le sait pas elle-même... Elle a échoué à Boston, dans un désir de comprendre mais sans réellement savoir quoi ni comment. Ce roman étant le seul vestige de l'incendie de son appartement et de sa vie en général, elle est intimement persuadée qu'il y a un message à comprendre, un chemin à suivre, presque une volonté divine derrière sa venue. L'auteure, par la voix de Pauline, nous relate alors quelques longs passages du fameux roman de Hawthorne jusqu'à lui faire raconter l'intégralité par le menu. Ce procédé, rare dans la littérature, peut sembler rébarbatif et inutile mais, peu à peu, les liens se font entre l'histoire du roman et la vie de Pauline. Histoire que l'on retrouve également dans celle de Georgia et dans celle de chacun d'entre nous, une blessure difficile à cicatriser mais qui fait de l'homme ce qu'il est. Un mal nécessaire pour avancer.

Les personnages de "La Transcendante" sont particulièrement intéressants. Pauline est perdue et est parfois abrupte, voire insolente, envers Georgia. Elle retourne contre elle ce qu'elle ne comprend pas, sans chercher à comprendre les raisons de sa "loufoquerie". J'ai eu du mal à concevoir cette attitude qui ne sert pas vraiment le personnage de Pauline mais fait de celui de Georgia un être d'autant plus attachant. Comme une bonne fée, elle pardonne toujours à Pauline ces états d'âme et finira par lui montrer ce qu'elle était venue chercher.

Pauline va également rencontrer Blake, nietzschien convaincu, qui vit dans l'instant et ne prend en compte ni passé ni avenir. Avec son caractère tout en retenu et sa philosophie de vie diamétralement opposée à celle de Georgia, il a le mérite de proposer à Pauline une autre façon de voir la vie et une clé qui lui permettra de tourner la page sur un passé douloureux.

"La Transcendante" est un roman étonnant. Difficile à critiquer tant il foisonne de détails et de sentiments en moins de 300 pages. Certains le trouveront pompeux, c'est un peu ce que j'ai pensé au début de ma lecture, d'autres lui préfèreront le caractère bienveillant et l'atmosphère douce et sereine qui se dégagent de ces pages, ce que je retiendrai finalement de cet ouvrage. Dans tous les cas, il ne laissera personne indifférent...

J'ai lu ce roman dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre. L'avis de mes compagnons de lecture est à retrouver sur la fiche consacrée sur le site.


jeudi 8 août 2013

"Ratburger" de David Walliams

ratburger

L'histoire: Zoé a onze ans, elle vit tout en haut d'une tour HLM avec un père très déprimé et une belle-mère terriblement paresseuse. En fait, Zoé a mille raisons d'être dépitée, mais la mort suspecte de son hamster, Poil-de-Carotte, la désole plus que tout. Aussi, lorsqu'elle découvre dans sa chambre Armitage, un bébé rat, elle décide de ne plus s'en séparer. Mais cacher un rat n'est pas chose facile, surtout quand l'horrible Tina, tyran de l'école, surveille vos moindre faits et gestes, et que l'ignoble Burt vous poursuit pour transformer votre animal chéri en ... HAMBURGER. Zoé est prête à tout pour leur échapper et sauver Armitage!

La critique Nelfesque: Une fois n'est pas coutume, c'est un roman de littérature jeunesse que je vous présente aujourd'hui. "Ratburger" de David Walliams fait partie de la sélection que j'ai reçu dans le cadre du Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre.

David Walliams est un auteur anglais comme le ton utilisé dans ce roman le laisse clairement présager. C'est à la fois drôle et piquant comme l'est l'humour anglais. Du haut de mes plus de 30 ans, j'ai pris plaisir à découvrir cet auteur jusqu'ici inconnu pour moi (c'est ça quand on n'a pas d'enfants et que l'on ne s'intéresse que de loin à ce genre de littérature).

Dans "Ratburger", on suit Zoé, jeune fille de onze ans, dans une aventure hors du commun. En effet, qui peut se targuer d'être un jour confronter à un cuisinier peu scrupuleux servant des hamburgers de rats à ses clients? Zoé est une amoureuse des rongeurs et ne peut laisser faire une chose pareil, surtout quand son propre rat, Armitage, est en danger de burgurisation! Facétieuse et imaginative, elle est aussi bien courageuse et nous entraine avec humour dans une épopée originale où elle doit braver sa belle-mère, la caïd du primaire et le cuisinier fou pour sauver son petit animal de compagnie.

Les personnages sont on ne peut plus stéréotypés, la belle-mère est affreuse et méchante, la terreur des cours de récré, Tina, est sans coeur, le cuisinier est hargneux et dégoûtant, la prof est antipathique et injuste mais Wallias a sû insuffler dans ses personnages une dose d'humour qui fait toute la différence et les rend unique. Les relations entre eux sont tour à tour énervantes, amusantes ou émouvantes. Ainsi, la relation particulière que Zoé entretient avec son père, ayant perdu son emploi il y a quelques mois, ainsi que celle qu'elle partage avec Raj, le marchand de journaux au grand coeur, attendriraient le plus glacial des lecteurs.

Les dessins de Tony Ross parsèment le roman et ajoutent une touche de fantaisie et d'humour à l'ensemble qui en contient déjà une belle dose. Comme émanant directement de l'esprit de Zoé, ils nous présentent entre autres une hiérarchie des animaux les plus et moins aimés par les humains (Margaret Thatcher y fait d'ailleurs une apparition (so british)), le rêve de Zoé de former une troupe d'animaux qui raviraient la planète entière grâce à leurs dons de DJ, chanteurs, danseurs, prestidigitateurs ou encore acrobates. N'allez pas dire à Zoé que c'est impossible! La preuve, elle avait appris de nombreux tours à Poil-de-Carotte, son hamster, étrangement disparu et Armitage connait les rudiments du hip-hop!

Vous l'aurez compris, c'est une aventure loufoque que nous présente ici David Walliams. Un roman mêlant humour subtil, avec toutefois ce qu'il faut de détails "crados" qui plaisent aux enfants, critique sociale d'une partie de la population sans emploi et parquée dans des HLM insalubres et plaidoyer pour le végétarisme (non, sans aller jusque là, la non-consommation de viande de rongeurs!). Ne partez pas en courant, malgré mes grands mots de lectrice aguerrie, "Ratburger" est avant tout un roman pour enfants qui sait divertir sans faire dans la facilité. Rafraîchissant!

Les critiques de mes compagnons de Comité de Lecture ainsi que d'autres avis sont à retrouver sur la fiche consacrée sur Entrée Livre (en cours de mise en ligne).

mercredi 7 août 2013

Comité de lecture pour l'élection des Coups de cœur des Lecteurs d'Entrée Livre - 2ème édition!

L'an dernier, j'ai eu la chance d'être sélectionnée pour faire partie du Comité de lecture pour l'élection des Coups de coeur des Lecteurs d'Entrée Livre. S'en sont suivies de belles semaines de lecture et une expérience enrichissante en compagnie d'autres lecteurs passionnés.

Cette année encore, je vais pouvoir découvrir et vous faire découvrir quelques romans de la Rentrée Littéraire 2013. Merci à Entrée Livre de me renouveler sa confiance.

Voici le gros paquet que j'ai réceptionné aujourd'hui:

colis

"Mais qu'est ce qu'il y a d'écrit sur ta lettre Nelfe, je ne vois pas très bien?". Il suffit de demander:

lettre

Au programme de cette année: de la littérature jeunesse, contemporaine, française et étrangère. Il y en a pour tous les goûts et la sélection est variée.

Pour ceux qui font partie du comité de lecture mais n'ont pas encore réceptionné leur colis et veulent garder la surprise, n'allez pas plus loin. Pour les curieux, voici ce qu'il y a dans ce gros paquet:

détail

détail tranche

Mes prochaines lectures sont donc toutes trouvées et dans les prochains jours, vous pourrez lire mes avis sur:
- "Avoir un corps" de Brigitte Giraud aux éditions Stock,
- "La Transcendante" de Patricia Reznikov aux éditions Albin Michel,
- "La vie à côté" de Mariapia Veladiano aux éditions aux éditions Stock,
- "Ratburger" de David Walliams aux éditions Albin Michel Jeunesse,
- "Le cas Eduard Einstein" de Laurent Seksik aux éditions Flammarion,
- "J'ai perdu tout ce que j'aimais" de Sacha Sperling aux éditions Fayard.

Si je vous dis que j'ai hâte de commencer, vous me croyez!?

vendredi 24 mai 2013

"L'Eternel" de Joann Sfar

EternelL'histoire: "Les vampires, ça n’existe pas.
La psychanalyse, ça ne marche pas.
On était vraiment faits pour se rencontrer."

La critique Nelfesque: J'aime beaucoup Joann Sfar, que ce soit en bande dessinée (avec entre autres l'incontournable "Chat du Rabbin") ou en film (THE claque avec "Gainsbourg, vie héroïque"). "L'Eternel" est son premier roman. Autant le dire tout de suite: "Vivement les autres!!!".

Comme je l'ai si finement laissé entrevoir, j'ai vraiment été très enthousiaste à la lecture de ce roman et celle ci étant encore fraîche, je vais essayer de ne pas trop me laisser porter par mon engouement dans ce billet. Ca va être dur!

Tout commence avec l'histoire de 2 frères, Ionas et Caïn, partis à la guerre. Résolument différents dans leur façon d'être et de voir la vie, suite à une attaque ennemie, ils vont chacun avoir un destin bien particulier. L'un, coureur de jupons, va devoir épouser la promise de son défunt frère, l'autre va devenir "éternel". C'est ce dernier, Ionas, que le lecteur va suivre sur plusieurs centaines d'années. Désarçonné, il va devoir apprendre à "vivre" sa nouvelle condition. Qu'est-il vraiment? Que va devenir son quotidien? Comment va-t-il faire le deuil de sa vie passée? Sera-t-il seul jusqu'à la fin des temps?

Dès les premières pages, on reconnait bien la patte de Sfar, nous entrainant entre rêve et réalité, entre conte noir et monde actuel... Le lecteur est trimballé dans un univers de fiction très rythmé et visuel. Au fur et à mesure de la lecture, des tas d'images défilent dans sa tête. M'est avis qu'il pourrait y avoir une adaptation de ce roman. Par Sfar himself, là ça serait le pied!

En distillant son humour décalé à la fois tendre et cru (mais jamais vulgaire), il fait de son histoire de créatures fantastiques un monde foisonnant où chaque personnage a son intérêt propre et auprès duquel le lecteur aime déambuler. Vampires, loups-garous, mandragores, hommes-poissons et savants fous hantent gentiment ses pages. Attention tout de même, "L'Eternel" est loin d'être un livre pour enfants! Les personnages sont drôles mais leur nature reste sombre et certaines de leurs idées ou certains actes peuvent être considérés comme violents. Ca charcute sévère par moment et c'est ce côté jusqu'au-boutiste, cette fidélité de l'auteur à lui-même, qui ont su me charmer.

On retrouve des thèmes chers à Joann Sfar tels que la judaïté. Ionas, avant d'être vampire, était (et demeurera) juif. S'en suivent des cas de conscience, des questionnements et toute une Histoire qu'il partage avec Rebecka, sa psychanalyste dans la seconde partie du roman (oui parce que les vampires peuvent suivre une thérapie... si si...). On retrouve aussi tout l'univers fantastique qu'il chérit et certains se lasseront peut être de retrouver ses formules habituelles. A mon sens, le roman est pour lui un nouveau support qui laisse à chaque lecteur la liberté de se créer sa propre image de l'histoire proposée et ici plus que dans la BD ou le ciné, son imaginaire est mis à contribution. C'est par les mots cette fois ci que Sfar doit convaincre et, bien qu'assez surprise au départ par son écriture, je dois dire qu'au final j'ai été assez conquise. Alors c'est sûr, Sfar n'est pas à l'Académie Française, ce n'est pas un grand écrivain mais il a sû me faire voyager et me scotcher pendant 500 pages et je ne lui en demandais pas plus.

"L'Eternel" n'est pas un roman bit-lit, même si on y parle d'amour aux détours des pages. Ce n'est pas non plus ni un roman horrifique ni une parodie malgré l'humour bien présent ici. Sfar a sû nous livrer un roman ovni aux frontières de tous ces genres sans pour autant rentrer dans une catégorie bien définie. Peut être que "conte fantastique pour adultes" serait le plus approprié. En tout cas, ce fut une belle surprise pour moi!

Sfar est décidément un artiste qui fait de tout ce qu'il touche une oeuvre de grand talent. Je vous le recommande donc chaudement (mais ça je crois que vous l'aviez déjà compris).

Ce livre a été lu dans le cadre de ma participation à la découverte d'ouvrages du printemps avec Entrée Livre. Les critiques de mes compagnons de Comité de Lecture ainsi que d'autres avis sont à retrouvés sur la fiche consacrée sur Entrée Livre.

lundi 13 mai 2013

"La Preuve du Paradis" d'Eben Alexander

preuveduparadisL'histoire: Le Dr Eben Alexander, comme la plupart des scientifiques, avait toujours nié la réalité des expériences de mort imminente (EMI).
Neurochirurgien formé dans les meilleures écoles américaines, il pensait que si les EMI semblent bien réelles, elles ne sont en fait que de simples fantasmes produits par un cerveau en situation de stress extrême.

Pourtant, à la suite d'une maladie rare, le Dr Alexander est plongé dans le coma, en état de mort cérébrale. Au bout de sept jours, alors que ses médecins envisageaient de le "débrancher", ses yeux se sont ouverts. Il était revenu à la vie.

La guérison du Dr Alexander est en soi un miracle médical. Mais le véritable miracle réside ailleurs. Alors que son corps était plongé dans un coma profond, Eben Alexander a voyagé au-delà de ce monde, au sein des niveaux les plus profonds de l'existence supra-physique, et ce qu'il en rapporte est tout simplement... inimaginable !

Pour autant, l'aventure du Dr Alexander n'est pas une fiction. Il démontre, par des faits précis, que la mort du corps et du cerveau n'entraîne pas la fin de la conscience, que l'expérience humaine continue au-delà. Vécue par n'importe qui d'autre, cette histoire serait déjà extraordinaire. Mais le fait quelle soit arrivée à un neurochirurgien la rend révolutionnaire. Aucun scientifique ni aucune personne de foi ne pourra l'ignorer.

La critique Nelfesque: Voici un témoignage que je n'aurai jamais lu sans Entrée Livre. Je vous ai récemment informé de ma participation à la découverte d'ouvrages du printemps 2013 en relation avec ce site communautaire. Ma premère lecture concernait "La première chose qu'on regarde" de Grégoire Delacourt, me voici maintenant plongé dans un témoignage pour le moins énigmatique...

Le docteur Eben Alexander nous entraine, avec "La Preuve du Paradis", dans sa propre expérience de mort imminente. Plus qu'un point de vue lambda, c'est ici l'expérience d'un neurochirurgien qui nous est relaté. Lui donne t'il plus de poids que l'expérience d'un monsieur tout le monde? Rien n'est moins sûr mais Alexander nous montre comment un sceptique pourtant confronté à l'expérience de ses patients va radicalement changer d'avis après son passage dans "l'au-delà".

Je vais essayer de mettre de côté mon propre avis sur la question et me concentrer sur l'ouvrage en lui-même. Cela va être difficile car j'ai été souvent heurtée par les visions de ce médecin et par les conclusions qu'il en tire. Etant moi-même croyante, j'ai tout de même du mal avec les ouvrages empreints de bondieuseries et fleurant bon l'endoctrinement. Ici, selon moi, nous sommes en plein dedans...

La première moitié de ce témoignage retrace d'un côté l'accident d'Alexander et son voyage mental et de l'autre la dure réalité de la vie de ses proches, unis face au malheur qui les frappe, entre espoir et résignation. Jusqu'ici ce témoignage peut se lire comme un roman et j'ai apprécié ce partage. L'identification à l'un des membres de la famille d'Alexander est aisé car nous avons tous vécu ce genre d'épreuves. Nous sommes ici dans un drame familial pur. Alexander quant à lui n'est plus connecté à cette réalité et parcourt des chemins éthérés que l'ont pourrait presque assimiler à de la science-fiction. Des chants oniriques, des visions nimbées de lumière, des conversations sensorielles, un puit de connaissances spirituelles...

La suite du témoignage relate l'après "réveil" d'Alexander. Peu à peu il va reprendre "vie", réapprendre les gestes du quotidien. Son cerveau en surchauffe va faire le tri dans la masse de données accumulées, analyser son expérience et l'auteur va faire part aux lecteurs de ses conclusions sur le sujet.

Je ne doute pas qu'une telle expérience puisse être déstabilisante, donner lieu à une nouvelle vision de la vie mais fait-elle pour autant d'un athée un apôtre? Alexander évangélise les foules, part dans des considérations religieuses des plus soporifiques et loin de me convaincre m'a fait passer de l'état de curiosité à celui de méfiance. Son dernier chapitre est ni plus ni moins que de la propagande à mes yeux où l'on apprend qu'Eben Alexander a créé une fondation "pour servir le bien supérieur en aidant à créer le meilleur avenir possible pour la terre et ses habitants"... Avec le lien qui va bien vers son site internet qu'il est beau, Alexander m'a fait dresser les cheveux sur la tête et cruellement pensé à un gourou de secte. Peut-être suis-je trop terre à terre pour ce genre de lecture...

Les critiques de mes compagnons de Comité de Lecture ainsi que d'autres avis sur la fiche consacrée sur Entrée Livre.

lundi 29 avril 2013

"La première chose qu'on regarde" de Grégoire Delacourt

lapremierechoseL'histoire: Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

La critique Nelfesque: Après la très chouette expérience du Comité de lecture pour l'élection des Coups de coeur des Lecteurs d'Entrée Livre pour laquel j'ai lu quelques romans de la dernière Rentrée Littéraire, Entrée Livre, site de communauté de lecteurs que j'affectionne tout particulièrement, m'a de nouveau contactée pour donner mon avis sur des romans du printemps 2013. Vous connaissez mon amour pour la littérature. Je ne pouvais pas refuser!

Ma première lecture concerne donc "La première chose qu'on regarde" de Grégoire Delacourt. LE Grégoire Delacourt qui a fait beaucoup parlé de lui avec son précédent roman "La liste de mes envies" qui a eu de nombreuses critiques positives. Je n'ai pas lu ce précédent ouvrage mais c'est enthousiaste que j'ai commencé celui ci.

La quatrième de couverture est alléchante et laisse entrevoir une histoire cocasse et émouvante. Autant vous le dire tout de suite, j'ai un avis assez mitigé sur ce roman quelque peu déroutant. On retrouve bien le côté cocasse en première partie de lecture puis les émotions prennent le pas dans les 100 dernières pages. Ce sont celles ci que j'ai préféré et qui font que mon avis n'est pas complètement négatif.

Scarlett Johansson frappe à la porte d'Arthur Dreyfuss un soir d'automne ordinaire. Pour lui c'est le choc (et on le comprend!). Pour le lecteur également puisque Grégoire Delacourt retranscrit très bien l'effet de surprise et nous entraîne avec Arthur dans une sorte de monde parallèle (une bonne grosse hallu en somme). Autant j'ai aimé cet effet de surprise et les situations qui en découlent, autant après quelques dizaines de pages j'ai commencé à me lasser du procédé d'écriture choisi par l'auteur. Nous avons ici droit à la bio complète de Scarlett Johansson (moui bon... soit...) mais aussi à bons nombres d'anecdotes sans grand intérêt pour l'histoire concernant l'actrice et ses collègues acteurs. Il faudrait demander aux vrais fans de Scarlett Johansson si cela leur sied mais en tant que simple amatrice j'ai trouvé cela très rébarbatif.

J'ai poursuivi ma lecture et j'ai bien fait car comme je l'ai dit précédemment, à la moitié du roman, l'histoire prend une autre tournure (et heureusement!). Si Grégoire Delacourt avait continué dans cette voie, j'aurai pensé que "La première chose qu'on regarde" était un "sous Beigbeder". L'accumulation sans la folie qui le caractérise. Un amas de détails sans intérêt et sans saveur. Peu à peu, l'auteur laisse de côté ces détails superficiels pour faire place à quelque chose de plus profond, plus centré sur le ressenti et les sentiments de "Scarlett" et Arthur.

A partir de là, le lecteur est emporté dans l'histoire d'amour pure et simple des deux personnages principaux jusqu'ici en souffrance. Ils se découvrent, se dévoilent et commencent à s'aimer. Pas besoin d'en faire des tonnes, des petits détails du quotidien scellent leur lien. Quelle est finalement la première chose qu'on regarde? La regarde-t-on avec les yeux ou avec le coeur? Une bien jolie histoire qui laisse un pincement au coeur une fois le roman terminé.

Les critiques de mes compagnons de Comité de Lecture ainsi que d'autres avis sur la fiche consacrée sur Entrée Livre.

Posté par Nelfe à 11:56 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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