jeudi 28 mai 2015

"Je suis un Lebowski, tu es un Lebowski" de Bill Green, Ben Peskoe, Will Russell et Scott Shuffitt

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Le contenu: Que peut-il bien y avoir dans The Big Lebowski qui suscite autant d’intérêt et d’affection ? Eh bien, Dude, on n’en sait strictement rien. Pour quelques uns, The Big Lebowski est juste un divertissant pastiche du film noir des années 50. Pour la plupart, il est LE FILM culte des années 90. Un phénomène quasi-religieux qui élève l’art de ne rien faire au rang de dogme fondamental, et dont les répliques loufoques servent aujourd’hui de nourriture spirituelle à des milliers de fans (Achievers).

La critique de Mr K: Chronique d'un beau cadeau d'anniversaire aujourd'hui avec ce mook (contraction de magazine et de livre) consacré à mon film culte, celui que j'ai déjà vu un nombre incalculable de fois, celui dont le héros est à mes yeux l'incarnation de l'attitude à conserver dans ce monde de cris et de larmes: The Big Lebowski des frères Coen. Écrit par des fans fous-furieux, cet ouvrage fait la part belle aux révélations, anecdotes et interviews sans parler des activités et événements que les auteurs ont crée autour de leur film fétiche.

Dès le départ, le fan que je suis est gâté avec une préface du Dude lui-même alias Jeff Bridges qui s'étonne encore que le film n'ait pas eu plus de succès lors de sa sortie. Il est vrai que la reconnaissance viendra surtout avec la vente en DVD qui explosera tous les scores. Il reste fier de son personnage et n'hésite pas à affirmer qu'il est l'un de ses rôles préférés (pour info, je le trouve aussi excellent dans Fisher King de Gilliam, film méconnu et pourtant éblouissant). Les auteurs prennent ensuite la parole pour confier au lecteur leurs objectifs et leur amour immodéré de Achievers (nom officiel des fans du film) envers le film.

Commence alors un premier chapitre consacré à l'interview de nombreux acteurs du film qui ont bien voulu répondre aux questions des auteurs. On retrouve à chaque fois les mêmes questions autour du succès du film, du véritable culte qu'il peut inspirer et au détour des réponses, les acteurs expriment leur joie d'avoir participé à cette aventure et nous livrent parfois des anecdotes de tournage (mention spécial à John Goodman démolissant une voiture de luxe en pleine nuit sans savoir que tout le quartier est au courant et qui flippe à l'idée de tourner la fameuse scène). Ils parlent aussi bowling, tapis, russe blanc et tous les éléments marquants du film comme le leurre de linge sale, de la copie du p'tit Larry (tiré d'une histoire vraie!), du furet dans la baignoire et tout un tas d'autres aspects. Quoi??? Vous ne comprenez rien, vous n'avez jamais vu ce film… Honte à vous!

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Le chapitre 2 fait alors très fort avec les sources d’inspiration du film. Là où on prend ce métrage comme un amoncellement de délires plus stranges les uns que les autres, on se trompe! Beaucoup de faits ont inspiré le film des frères Coen! Le Dude existe vraiment et est une connaissance des réalisateurs, idem pour Walter le meilleur ami monomaniaque du Vietnam, le petit Larry a vraiment égaré sa copie dans une voiture volée, le tapis de Peter Exline harmonisait vraiment bien sa pièce et j'en passe des vertes et des pas mûres. Le grand talent des deux frères est d'avoir réussi à constituer à partir d'un fatras d'idées un scénario original, bien conçu et dans lequel on découvre de nouveaux aspects à chaque visionnage. C'est un régal de voir comment le film a été écrit / pensé et ceci à travers les yeux non pas d'un attaché de presse ou un critique de cinéma classique mais par ceux de fans inconditionnels. Le ton est beaucoup plus léger mais non dénué de finesse et d'analyse.

Dans les troisième et quatrième partie, les auteurs nous livrent une réflexion sur le film, ses tenants et ses aboutissants. Il y a des choses plutôt convenues et d'autres plus farfelues et intéressantes. On rencontre ensuite à travers des portraits croisés sept achievers répartis dans le monde entier. C'est l'occasion de vérifier l'engouement suscité par le film et de constater qu'on a beau être d'origines différentes, on peut ressentir les mêmes émotions, aimer les mêmes situations et personnages. Ce qui cloue le bec aux sempiternels clichés des différences irréconciliables entre cultures et origines. C'est l'effet Dude! On enchaîne ensuite sur un chapitre consacré au Lebowski Fest (JE VEUX Y ALLER!) qui se tient chaque année aux states et où les achievers se retrouvent pour regarder le film sur écran géant, jouer au bowling, discuter, concourir avec des déguisements… L'ambiance a l'air vraiment sympa, un peu comme quand on va voir The Rocky Horror Picture Show au Studio Galande à Paris le premier samedi du mois. Un authentique plaisir intellectuel et récréatif à souhait. L'ouvrage se termine par un ensemble de quizz et autres jeux autour du Dude et de son entourage. C'est fun, bien réalisé et bien divertissant.

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De manière général, ce livre est une belle pièce mélangeant photos, citations décalées et textes rédigés avec amour et humour. Pour le fan que je suis, ce livre m'a comblé. On est loin de l'auto-promotion, les Coen sont d'ailleurs les grands absents de l'ouvrage, ils refusent catégoriquement de parler de leurs films après leur sortie au cinéma. Mais leur esprit est parmi les pages de ce livre décidément attachant, drôle et très pointu. Tout amateur du Dude se doit de l'avoir lu!

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jeudi 3 mars 2011

"True grit" des frères Coën

True_Grit_film_affiche_Poster_Jeff_BridgesL'histoire: La jeune Mattie Ross, 14 ans, veut venger son père ; assassiné par son contremaître pour quelques pièces d'or. Pour l'aider, elle engage Rooster Cogburn, un shérif borgne aux manières désinvoltes et expéditives. Un fringant Texas ranger appelé " LaBaeuf " est aussi intéressé par sa capture et tente de rallier Cogburn à sa cause. La candide Mattie arrivera-t-elle à ses fins?

La critique de Mr K: 4/6, un bon moment de cinéma. Je suis allé sans ma moitié, Nelfe étant allergique au genre western. Personnellement, je n'en suis pas un grand fan non plus mais un élément a fait pencher la balance: la présence de Jeff Bridge à qui je voue une admiration sans borne depuis le premier visionnage de mon film culte The Big Lebowski des mêmes frères Coën. Ces derniers ne m'attirent plus forcément au cinéma après des déceptions telles que Ladykillers et Burn after reading.

J'y suis donc allé le coeur léger, en compagnie d'un copain amateur de garçons vachers et de duels. Je n'ai pas vu passer les 1h50 qu'ont duré ce film, c'est bon signe! L'histoire coule naturellement et l'empathie marche à fond. Les personnages sont attachants, notamment les personnages de la gamine et du mercenaire borgne interprété par Bridges. La jeune actrice est très talentueuse et possède une gamme d'expressions assez imposant, m'est avis qu'on reparlera d'elle très vite. Jeff Bridges est impec dans le rôle du vieux briscard qui se donne des apparences "d'impitoyabilité". Par contre, j'aurais bien fait disparaître le rôle de Matt Damon qui m'a paru superflu par rapport à l'histoire principale. Le personnage du texas rangers m'a irrité au possible (Qui a dit "syndrôme Chuck Norris"?) et malheureusement, on le voit pas mal.

truegritComme toujours chez les Coën, la technique est époustouflante: les images sont magnifiques (les paysages sont majestueux à la manière de certaines images de Into the wild ), la musique omniprésente mais pas saoûlante (je hais la country!) et la direction d'acteur est parfaite. Mais ce n'est pas un film irréprochable pour autant.

Je m'attendais à quelque chose de plus ambitieux au niveau du message sous-jacent, une sorte d'Impitoyable de 2011. Certes, il y a une réflexion autour du thème de la vengeance et des conséquences irrémédiables de certains de nos actes mais finalement cela s'avère du saupoudrage commercial. Le scénario est faiblard, il tient sur une feuille de cigarette mais c'est souvent le cas dans le genre western. Enfin, l'ensemble manquait parfois de crédibilité notamment les scènes où Mattie s'adresse aux hommes et les force à conclure un marché avec elle. Monde de brutalité et de vulgarité par excellence, j'ai du mal à croire qu'une petite loupiotte aussi maline soit-elle ait pu faire ne serait-ce qu'un quart de ce que l'on voit dans le métrage.

truegrit2Mais que ces dernières remarques ne refroidissent pas vos ardeurs, c'est un bon film: plaisant, esthétiquement parfait avec des passages marquants (drôles mais aussi parfois dramatiques).

C'est un film en tout cas qui gagne à être vu au cinéma tant le spectacle est au rendez-vous. Sur un poste de télévision, il risque de perdre de son impact. À bon entendeur...

Posté par Mr K à 15:05 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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