mardi 5 février 2013

"Nécrologie" de Paul Cleave

necrologieL'histoire: Christchurch, Nouvelle-Zélande: ses façades victorienne, ses squares bien tranquilles, ses séismes à répétition, ses tueurs en série.

A la suite d'un drame personnel, Théodore Tate, un ancien flic, s'est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le fameux Boucher de Christchurch, le serial killer qui terrorise la ville, c'est lui qu'on mandate pour s'occuper d'une banale exhumation, celle du corps d'un directeur de banque dont la veuve est suspectée d'homicide. Là, un glissement de terrain accidentel révèle la présence de trois cadavres immergés dans le lac qui borde le cimetière. S'agit-il de victimes du Boucher, ou bien un autre tueur en série est-il à l’oeuvre? Lorsqu'en plus on découvre dans le cercueil à la place du corps de l'honorable banquier, celui d'une jeune inconnue, c'est le début d'un engrenage infernal pour Théodore qui va devoir découvrir seul la vérité sur cette affaire. Avant que la police ne découvre la vérité sur lui... et sur ses terribles secrets.

La critique Nelfesque: "Nécrologie" est le troisième roman de Paul Cleave traduit en France. Et quelle roman!

J'ai lu et apprécié "Un Employé modèle" et "Un Père idéal". "Nécrologie" va au delà du simple fait d'apprécier un roman. J'ai aimé cet ouvrage, j'ai aimé Théodore Tate, j'ai souffert avec lui.

Dans "Nécrologie", on est plus près du roman noir que du thriller et l'auteur laisse de côté l'humour noir et le cynisme qui le caractérise dans ses précédents opus pour nous entrainer dans un monde de regrets, de chagrin et de sordide. Paul Cleave met l'accent sur le personnage principal, Théodore Tate, nous le montrant dès les premières pages comme un homme blessé. Théodore a perdu sa famille, fauchée par un chauffard en pleine rue. Sa fille demeure dorénavant 6 pieds sous terre et sa femme est murée dans le silence où l'hôpital psychiatrique est sa prison. Dès lors, brisé, il laisse de côté sa carrière de policier mais reste plus ou moins dans "la maison" en ouvrant un bureau de détective privé. Ici, sa dernière affaire va ressurgir du passé et le faire culpabiliser. Dès lors, trouver la clé de l'énigme devient vital pour lui et il va explorer au fil des mois tous les sentiments humains.

La psychologie des personnages est la grande force de ce roman. Plus que l'enquête à proprement parlé, qui est d'ailleurs très bien menée, c'est le devenir des hommes et des femmes peuplant "Nécrologie" qui tient le lecteur en haleine. Théodore Tate, c'est un peu de chacun d'entre nous. Que deviendrions-nous si notre vie se voyait basculer du jour au lendemain passant du bonheur d'une famille aimante à l'horreur du deuil? Tate chute, doute, croit détenir la vérité, se fait vengeur, se fourvoie, sombre dans l'alcoolisme... Va-t-il s'y perdre totalement ou se relever? Va-t-il démêler l'affaire et se montrer plus efficace que la police actuellement occupée par celle du Boucher de Christchurch (et hop, un clin d'oeil à l'un des précédents romans de Paul Cleave)? Le lecteur est tenu en haleine par l'histoire et la quête de la vérité mais aussi par l'affection qu'il a développé au fil des pages pour cet ancien flic.

On ne peut pas vraiment comparer "Nécrologie" aux romans de Paul Cleave déjà parus. Comme je l'ai déjà dit, l'humour n'a pas ici sa place et on se rapprocherait plus d'un traitement des personnages à la R.J. Ellory. N'est-ce pas un excellent argument pour vous faire découvrir ce roman d'urgence?

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- Un Employé modèle
- Un père idéal

Posté par Nelfe à 19:37 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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mercredi 5 octobre 2011

"Un employé modèle" de Paul Cleave

employeL'histoire: Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d'être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d'avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu'une de ces femmes n'a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu'il est le Boucher de Christchurch. Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire.
Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres… Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d'une originalité confondante, au-delà des clichés du genre, révèle un nouvel auteur, dont on n'a pas fini d'entendre parler.

La critique Nelfesque: J'étais en pleine lecture d'"Un Père idéal", quand l'occasion de lire "Un Employé modèle" du même auteur s'est présentée (merci à Livraddict et aux éditions de Livre de poche pour cela). Appréciant fortement ma lecture du moment, j'ai sauté sur l'occasion.

Me voici donc en pleine lecture d'un thriller qui a fait beaucoup parler de lui lors de sa sortie en grand format chez Sonatine. Le lecteur est tout de suite mis dans l'ambiance avec comme ouverture au roman une scène de meurtre à la première personne. Ah ça promet! Joe, le personnage principal, tient les rênes et nous fait part de ses pensées, de ses actes et de ses réflexions. Vous me direz que ce procédé n'est pas nouveau dans le thriller et que l'idée a déjà été exploitée par d'autres auteurs. Vous n'aurez pas tort! L'originalité vient ici de la personnalité de Joe.

Joe est, de l'opinion de tous, un "gentil garçon". Un peu demeuré sur les bords, il aime cultiver cette apparence et jouer aux fils à maman soumis face à une mère castratrice, parano et autoritaire. Pour lui, les gens ressentent une certaine pitié, de l'amusement parfois, au pire pensent-ils qu'"il ne ferait pas de mal à une mouche". Le gentil Joe! Oui mais voilà, ce Joe n'est pas si gentil que cela, il est même le tueur en série que la police recherche... Mais comment soupçonner l'homme de ménage du commissariat réformé P4 (l'homme hein, pas le commissariat)? Au plus près de la police et grâce à ses talents d'acteur, il va accéder aux informations concernant l'enquête et s'apercevoir que la police lui colle sur le dos un meurtre qu'il n'a pas commis. Qui est l'auteur de ce dernier? Pourquoi pas tout lui faire endosser!?

L'écriture est simple, naïve, à l'image de Joe. Dérouté, le lecteur peut tour à tour être attendri par la candeur du personnage et dégouté par ses actes et la façon, méthodique et froide, de les relater. Avec ses manières de vieux garçon et ses réflexions d'enfant (oui bon ok, psychopathe quand même le gosse!), l'humour fait partie intégrante de ce roman. Rire d'un meurtre ou de maltraitance sur animaux, on a du mal à y croire et pourtant c'est vrai, en lisant "Un employé modèle", à plusieurs reprises, on se surprend à apprécier l'humour (très) noir présent dans ces pages.

Le roman prend une toute autre tournure à la mi parcours avec l'arrivée d'un personnage secondaire cruel, à l'image de Joe. Il n'est alors plus question d'enquête mais d'un retournement de situation à laquelle le lecteur n'est pas préparé. Une bonne surprise qui donne un second élan à l'ensemble.

Au final, je déconseillerai aux âmes sensibles de lire ce roman, à ceux qui n'ont pas d'humour également mais pour tous les autres, c'est un grand "GO!" que je leur crie! "Un employé modèle" décoiffe et dépoussière le genre.

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vendredi 9 septembre 2011

"Un père idéal" de Paul Cleave

un_pere_idealL'histoire: Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

La critique Nelfesque: Après avoir lu beaucoup de bien sur "Un employé modèle" dont je parlerai d'ici peu, j'ai eu la chance de lire ce second roman de Paul Cleave traduit en français en avant première. Voyons voir un peu ce qui vous attend en librairie le 13 octobre...

Le roman commence comme un coup de poing. Alors qu'Edward coule des jours heureux avec sa femme et leur petite fille, un rendez-vous à la banque tourne au cauchemar. Des braqueurs pénètrent dans le hall, réclament l'argent et repartent avec un otage qu'ils abattent sur le trottoir. Cet otage, c'est Jodie, la femme d'Edward. Débute alors pour lui une descente aux enfers et une soif de vengeance. Passant de la culpabilité (que faisaient-ils dans cette banque à ce moment précis? Pourquoi est-il intervenu lors du hold-up?) à la folie, il va avec ce drame renouer avec son passé.

Cela fait plus de vingt ans qu'Edward n'a pas vu son père, depuis le jour où ce dernier a été emmené par la police et inculpé pour meurtres envers des prostituées. Toute sa vie, Edward a été "le fils du chasseur", le serial killer des prostituées de Christchurch, et toute sa vie une ombre a plané sur son avenir. Les chiens ne font pas des chats, il a peur d'être comme lui et doit affronter les regards suspicieux et effrayés. Le meurtre de Jodie est l'occasion pour Jack de recontacter son fils. Il veut l'aider, lui faire comprendre quelque chose. Mais cela sera-t-il vraiment bénéfique pour Edward a ce moment précis de sa vie?

L'histoire est somme toute assez banale. Une enfance marquée, un drame familiale, une vengeance. Un schéma classique pour un thriller. Pourtant "Un père idéal" est différent, plus tortueux, plus complexe, plus basé sur la psychologique des personnages et jouant avec les nerfs du lecteur. Entre amour filiale, dégoût, incompréhension et besoin de justice, Eddie va mettre de côté ce qu'il reste de sa vie familiale et mener, avec son paternel, l'enquête qui le conduira jusqu'aux assassins de sa femme et jusqu'aux frontières de la folie.

Ironie, sarcasme, parfois même humour, viennent un peu égayer cet ensemble oppressant et diaboliquement addictif. La tension est palpable et on ne peut lâcher ce roman de la première à la dernière page. Amateurs de thrillers de qualité, jetez-vous sur "Un père idéal"!

Posté par Nelfe à 17:19 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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