samedi 18 novembre 2017

"L'Appel du néant" de Maxime Chattam

chattam

L’histoire : Tueur en série...
Traque infernale.
Médecine légale.
Services secrets.
... Terrorisme.


La victoire du Mal est-elle inéluctable?

La critique de Mr K : Cela faisait un bon moment que je ne m'étais pas replongé dans un Maxime Chattam. Après la gigantesque claque que ma lecture de sa Trilogie du Mal, j'avais été quelque peu refroidi par ses écrits suivants que j'avais trouvé moins bien ficelés et quelques peu prévisibles. "L'Appel du Néant" est la troisième partie d'une trilogie dont Nelfe a chroniqué les deux premiers tomes sur notre blog : La Conjuration primitive et La Patience du Diable. Pour ma part, c'est donc neuf de tout à priori que j'entamai cette lecture qui peut s'entreprendre sans pour autant avoir lu les deux volumes précédents. L'expérience fut distrayante et sympathique à défaut d'être originale. Par contre, elle est clairement dans l'air du temps à travers sa thématique et les questions qu'elle pose.

Ludivine a survécu à deux enquêtes périlleuses et on la retrouve en fâcheuse position. Enfermée dans une fosse sans lumière, elle est captive d'un redoutable serial killer qui viole et tue sans vergogne. Pourquoi est-elle là ? Comment se fait-il que cette super gendarme se soit laissée prendre au piège ? Très vite, l'auteur remonte le temps et revient sur la nouvelle enquête qu'entreprennent Ludivine et son équipe. Une série de meurtres étranges ont lieu et sont à la confluence des actes d'un tueur en série et du terrorisme islamiste. Très vite, un agent de la DGSE se joint à l'équipe pour mener ces investigations qui mêlent secret d’État, sécurité intérieure, pulsion de mort, destruction du libre-arbitre et connaissance du bien et du mal et appel du néant qui donne son titre à l'ouvrage.

J'ai plutôt passé un bon moment en compagnie de Ludivine, Marc et les autres. Certes, les personnages sont assez caricaturaux dans leur genre (on en croise beaucoup dans ce type de lecture) mais on s’attache malgré tout à eux. Ludivine, suite aux expériences traumatisantes des deux volumes précédents, est cassée par la vie, au bord de la rupture et se jette à corps perdu dans le travail. Pas de place pour les loisirs, encore moins pour une relation intime. Vous imaginez bien que Chattam va lui mettre entre les pattes un homme parfait à sa manière si ce n’est qu’il appartient à la DGSE ! Belle fusion que ces deux âmes qui se rencontrent et les relations tissées au fil du temps par l’héroïne avec toute son équipe. On navigue en terrain connu mais la formule marche, donc pourquoi s’en priver.

On retrouve aussi tout le talent de Chattam pour décrire les errances de l’esprit humain avec ici un tueur en série redoutable (face à face d’anthologie avec l’héroïne) et surtout des jeunes gens radicalisés qui veulent passer à l’acte. On rentre pleinement dans le contemporain et l’actu de notre pays depuis Charlie et le Bataclan. Bien qu’on apprenne rien de neuf si on suit l’actualité, cette lecture est une belle piqûre de rappel sur la nature de ce mal insidieux : le processus d’embrigadement, l’organisation d’une cellule terroriste, les techniques d’investigations spécifiques utilisées pour la recherche de criminels de cet acabit. On a beau savoir pas mal de choses, ça fait froid dans le dos, difficile en effet de pouvoir poser un portrait type sur ces individus et de les placer dans une case. Plein de finesse et de profondeur, Chattam soigne ses "méchants" et pour une fois propose une fin plutôt heureuse même s’il faut relativiser car la lutte continue encore et encore.

Ouvrage page-turner par excellence, L'Appel du néant se lit rapidement et très facilement. Beaucoup de sigles une fois de plus mais les notes de bas de page sont là pour soutenir le lecteur, empêtré dans une toile narrative machiavélique et des rebondissements nombreux. On passe un bon moment malgré un sujet difficile et ce roman ravira les fans de l’auteur même si on n'atteint pas le niveau de la Trilogie du Mal qui reste indépassable à mes yeux.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
"L'Ame du mal"
"In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, Nelfe l'a jamais chroniqué celui là, rooooo pas bien !)
"Les Arcanes du chaos"
"La Conjuration primitive"
"La Patience du diable"
"Que ta volonté soit faite"
- "Le Coma des mortels"


dimanche 10 septembre 2017

Craquage littéraire estival

À l'occasion de la visite prolongée d'une amie de Nelfe à la maison courant août, nous lui avons fait visiter notre petit coin de Paradis entre plages, vieilles pierres, Festival Interceltique et gastronomie bretonne. Lectrice régulière de notre blog, elle a émis le souhait innocent (sic) d'aller faire un tour chez notre cher abbé... Vous connaissez ma faible capacité de résistance à l'idée d'aller visiter ce lieu de perdition très bien achalandé, Nelfe étant elle-aussi tentée... en deux temps trois mouvements ; nous voila partis ! Voici le résultat de cette visite imprévue mais une fois de plus fructueuse. Jugez plutôt !

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(Ne sont-ils pas beaux les p'tits nouveaux ?)

N'est-ce pas un beau craquage des familles ? Je vous l'accorde, on a fait pire (surtout moi) mais franchement, il était impossible de résister. Au final, voici une sélection une fois de plus variée et riche en promesses de plaisirs littéraires. Voici un petit tour d'horizon des nouvelles acquisitions du Capharnaüm Éclairé qui vont rejoindre leurs aînés sur les rayons de nos PAL respectives. Suivez le guide !

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(C'est toujours un bonheur certain de dégoter des ouvrages publiés chez Actes Sud)

- Monde clos de Christos Chryssopoulos. Une bien curieuse trouvaille que ce roman polyphonique nous parlant d'une cité périphérique à travers les destins et vies des habitants des lieux entre rêve, tragédie et sublime au détour de leur quotidien. La couverture et le résumé m'ont séduit de suite et en allant zieuter sur le net, les avis parfois très positifs m'ont conforté dans mon choix. Je suis bien curieux de voir ce que cela va donner.

- Les Arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann. Ce roman d'un jeune auteur allemand narre la rencontre entre le grand explorateur Von Humboldt (croisé pour ma part lors de mes études d'Histoire) et le prince des mathématiques Gauss. À priori, les échanges entre les deux génies de leur temps font des étincelles et couvrent les réussites et échecs d'une vie humaine. Véritable phénomène littéraire dans son pays d'origine, j'ai hâte de me faire ma propre opinion sur cet ouvrage.

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(La meute des ouvrages publiés chez Le Livre de poche)

- Les Ritals et Bête et méchant de Cavanna. Le hasard fait que j'ai pu me procurer deux des trois volumes constituants l'autobiographie de Cavanna. C'est un personnage qui m'a toujours fasciné et qui à priori à eu une vie passionnante en dehors de la sphère publique. Il ne me reste plus qu'à trouver Les Russkoffs et je pense m'atteler à la lecture de la trilogie d'une traite. Sinon j'aurais peur d'être frustré.

- L'Apiculteur de Maxence Fermine. Décidément mes pas croisent beaucoup Fermine cette année et quel ravissement de tomber sur le présent ouvrage. Un extrait était au coeur de l'épreuve de français du DNB l'année dernière et j'adore cet écrivain qui est capable de nous transporter très loin avec une économie de mot incroyable. Je me le réserve pour le début d'année prochaine pour me le garder au chaud, ayant lu Opium cet été (la chronique est prête et sera postée dans le mois après les sorties de la Rentrée littéraire).

- Mémoires de mes putains tristes de Gabriel Garcia Marquez. Un ouvrage dont je ne connaissais même pas l'existence avant de tomber inopinément dessus : il y est question d'amour charnel, de tendresse, le tout enrobé d'humour selon les avis que j'ai pu consulter depuis. Le genre de recettes qui me plaît et qui conforte cet achat compulsif s'apparentant au départ à un coup de poker. Quoiqu'avec cet auteur, je ne prenais pas un grand risque...

- Une Maison de poupée d'Henrik Ibsen. J'ai eu l'occasion de parcourir quelques extraits de la présente pièce féministe lors de lectures de manuels de BAC pro. J'avais été saisi par la modernité du verbe et la profondeur des propos, c'était l'occasion rêvée d'approfondir cette première approche en lisant l'oeuvre intégrale. Qui lira verra, mais je n'ai aucun doute sur la qualité de l'oeuvre et de sa portée.

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(Mégamix foireux de titres inclassables)

- Souvenirs de la troisième guerre mondiale de Michaël Moorcock. Tout petit recueil de nouvelles dont deux inédites en France, je n'ai strictement aucune idée du contenu de cet ouvrage que j'ai adopté de manière purement instinctive. Mon choix a été seulement guidé par mon amour profond pour mes lectures précédentes de l'auteur et un titre accrocheur en diable. Wait and read !

- La Danse du bouc de Douglas Clegg. Petit craquage purement sadique avec un ouvrage mettant en scène un professeur complètement branque qui rêve de dégommer les élèves indélicats qui auraient la mauvaise idée de mal se comporter durant ses cours. Du fantasme à la réalité, il n'y a qu'un pas qu'à priori le personnage principal franchit allègrement. Ça a l'air furieusement gore cette affaire, m'est avis que ça devrait me plaire ! 

- Johnny chien méchant d'Emmanuel Dongala. J'ai entendu beaucoup de bien de ce roman se déroulant au Congo et mettant en scène des adolescents plongés trop tôt dans l'âge adulte à cause de guerres absurdes récurrentes dans cette région du monde. Le livre a l'air assez furieux dans son genre, sans doute thrash mais aussi porteur de sens et d'humanité. 

- L'Ile de Robert Merle. Enfin, dernier ouvrage pour moi avec ce roman d'aventure maritime écrit par un auteur talentueux que j'admire énormément. C'est typiquement le genre de lectures qui m'ont fait aimer les livres et m'ont fait voyager dans l'imaginaire très facilement étant plus jeune. On n'est pas loin de la Madeleine de Proust là...

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(Vous avez vu ? Nelfe n'a jamais autant trouvé d'ouvrages à son goût !)

- La Promesse des ténèbres de Maxime Chattam. Malgré ses déconvenues avec les derniers titres parus de l'auteur, Nelfe a décidé de retenter sa chance avec un ouvrage plus ancien de Chattam en espérant retrouver les très belles sensations de lecture qu'elle avait éprouvées lors de sa lecture enthousiaste de la Trilogie du mal.

- Le Charme discret de l'intestin de Giula Enders. Voila un ouvrage qui a fait grand bruit lors de sa sortie et dont Nelfe a entendu le plus grand bien. Comme à la maison nos entrailles ne nous laissent pas forcément toujours en paix (sans mauvais jeu de mot), il était temps de prendre le taureau par les cornes ! 

- Pas de pitié pour Martin de Karin Slaughter. Un ouvrage qui a fait de l'oeil à ma douce lors de sa sortie, elle s'était dit alors qu'à l'occasion d'un chinage, elle pourrait l'acquérir. Le hasard faisant bien les choses, c'est désormais chose faite ! Ne reste plus qu'à attendre sa chronique.

- Scintillation de John Burnside. À priori, un ouvrage bien noir, sur l'amitié entre adolescents. Il n'en fallait pas plus à Nelfe pour se laisser tenter car c'est son triptyque magique en terme de thématique de lecture. Gageons qu'elle ne soit pas déçue !

- En attendant Babylon d'Amanda Boyden. Enfin, un coup de poker provoqué par une couverture attirante, une histoire intrigante se déroulant à la Nouvelle-Orléans avant l'ouragan Katrina et une maison d'édition que Nelfe affectionne énormément. M'est avis que celui-ci va lui plaire aussi.

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Voili voilou, on est très mal ! Tout ça à cause de l'indélicatesse de la copine de Nelfe qui a donc participé passivement (mais a participé tout de même !) à l'effrondement total de tout espoir de rédemption pour nous et notre PAL qui atteint désormais une taille gigantesque et se mute de plus en plus en une deuxième bibliothèque. C'est grave docteur ?

mercredi 25 janvier 2017

"Autre Monde T1 : L'Alliance des Trois" de Maxime Chattam

Autre-Monde T1

L'histoire : Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi. D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre... à cet Autre-Monde.

La critique Nelfesque : Lors de mes dernières lectures de romans de Chattam, à savoir respectivement "Que ta volonté soit faite" et "Le Coma des mortels", j'avais crié haut et fort que l'on ne m'y reprendrait plus jamais avec cet auteur tant ses deux dernières parutions m'ont déplu, agacée et mise en colère (oui rien que ça, je vous invite à lire les chroniques dédiées pour voir le détail). C'était sans compter sur le Book Club de ce mois ci et l'avis de nombreux lecteurs m'affirmant que cette saga "Autre-Monde" n'avait absolument rien à voir avec les autres thrillers de Chattam et que c'était vraiment très chouette. J'ai hésité (pas trop longtemps), ladite saga fait tout de même 7 tomes (!) puis je me suis laissée tenter. Une lecture jeunesse dans un monde fantastique pour la période des fêtes de Noël, ça ne se refuse pas !

Me voici donc plongée dans cet "Autre-Monde" qui a fait tant d'adeptes. Effectivement ici point de meurtres sanglants, point de propos moralisateurs ou d'égo démesuré de la part de l'auteur (je vous ai dit que j'étais en colère) mais un monde intrigant où roman jeunesse et monde fantastique se côtoient. J'ai fait fi de mon a priori négatif et me suis plongée dans cette aventure, comme j'aurais pu le faire à 14 ans et j'ai dévoré ce premier tome assez rapidement.

Matt et Tobias sont deux adolescents. Amis depuis qu'ils sont tout petits, ils vont devoir faire face ensemble à un événement sans précédent et lutter pour leur survie. Cet événement est des plus surprenants et incompréhensibles. Lors d'une tempête de neige, d'étranges éclairs bleus vont zébrer le ciel de New-York et faire disparaître les adultes de la surface de la Terre. Les enfants sont alors livrés à eux-même, dans l'incompréhension la plus totale. Nous suivons donc un groupe de pré-ados et d'ados dans une nouvelle communauté où tous les repères ont changé.

L'histoire est intrigante, l'auteur maîtrise le suspens et les retournements de situations et globalement cette "Alliance des Trois" se lit très bien. L'ouvrage compte presque 500 pages mais on ne voit pas le temps passer. Très efficace donc dans son déroulé et avec des personnages attachants, l'ensemble n'en est pas moins perfectible. Les sagas jeunesse pullulent ces derniers temps, les auteurs et les maisons d'édition ayant bien compris que les plus jeunes avaient de plus en plus d'appétence pour les sagas fantastiques. Cela est heureux mais il est aussi de plus en plus difficile de faire dans l'originalité... Lorgnant clairement du côté de Stephen King dès les premières pages, l'ouvrage s'en éloigne ensuite (et encore pas totalement, si on se réfère à des oeuvres telles que "Ça" où les enfants se liguent contre une entité maléfique) pour donner au lecteur un goût d'Harry Potter dans l'apprentissage de pouvoirs qu'il va falloir dompter. Voilà voilà...

logo-epubRien de nouveau sous le soleil donc mais un premier tome qui donne envie d'en voir davantage et de laisser sa chance à la saga qui peut-être par la suite s'éloignera des ouvrages et auteurs cultes pour tracer son propre chemin. "L'Alliance des Trois" est un tome que j'aurais préféré lire plus jeune, vierge de références incontournables dans le domaine du fantastique, et ainsi me laisser plus surprendre par cet "Autre-Monde" qui de par ses personnages est tout à fait intrigant. A suivre !

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jeudi 23 juin 2016

"Le Coma des mortels" de Maxime Chattam

le-coma-des-mortelsL'histoire : Qui est Pierre ?
Et d'ailleurs se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ?
Un affabulateur ?
Un assassin ?
Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui.
Et rarement de mort naturelle.

La critique Nelfesque : Des romans de Chattam, j'en ai lu quelques uns. J'en ai aimé certains, d'autres beaucoup moins. Avec "Le Coma des mortels", on touche le fond. Attention chronique 100% subjective et viscérale. Ce roman étant très "moi, je", je m'adapte !

En librairie depuis le 2 juin, j'ai lu ce roman avant sa sortie et depuis je ronge mon frein. Vendu comme un thriller (l'auteur a beau s'en défendre en promo, la maison d'édition l'annonce bien en thriller dans son argumentaire presse), cet ouvrage est une pure blague. Du thriller, il n'en a ni l'odeur, ni le goût. Aucun suspense, aucune tension. Un roman noir peut-être ? Non plus. Ou alors un très mauvais tant les personnages sont insipides et l'écriture médiocre. Chattam a énormément de fans et je ne doute pas que son dernier roman se vendra très bien grâce à son nom mais personnellement ça me met en colère de voir des premiers romans d'auteurs inconnus passer quasi inaperçus alors que ce sont de pures pépites et constater que "Le Coma des mortels", aussi mauvais soit-il, restera au box office des ventes pendant des semaines. Comment un auteur peut-il décemment sortir un roman pareil et enfler ses lecteurs ainsi ?

Je suis en colère car Chattam est à la base quelqu'un que j'aime bien mais plus on avance dans le temps, moins je le reconnais. Où est l'auteur de thriller talentueux de la Trilogie du Mal ? Où est passée sa noirceur ? L'auteur a voulu faire dans la nouveauté (chose qu'il avait déjà amorcé dans son précédant ouvrage) et il l'a clairement énoncé : "Le Coma des mortels" s'annonce comme un renouveau. Dorénavant il continuera sa route sans moi (ça ne lui changera pas sa vie mais ça me dégagera du temps pour lire d'autres romans).

Avec "Le Coma des mortels", Chattam apporte certes un vent de nouveauté dans son écriture mais certainement pas dans le genre ou la littérature en général. Ici, on surfe allègrement sur des vagues à succès : érotisme et religion. Ça parle cul, c'est cru, ça baise à tous les étages, ça émoustille peut-être certains lecteurs mais ça ne me fait pas plus d'effet qu'un roman-photo paru dans "Nous deux". Ah pardon, ici ça baise dans un cimetière comme ça c'est plus gothique et malsain. Vous les voyez les gros sabots ?

Parlons de l'histoire ? Elle tourne autour du narrateur qui se regarde le nombril sur presque 400 pages. A coup de leçons sur la vie et sur la religion, l'auteur nous assène des vérités comme on enfonce des portes ouvertes. Au forceps et sans aucune finesse, en invectivant le lecteur, en le repoussant dans ses retranchements (c'est l'intention de l'auteur même si ça fait flop). Exactement le même procédé qui m'avait ulcéré dans le final de "Que ta volonté soit faite"... Même cause, même conséquence, une envie folle de prendre le narrateur, Pierre, entre 4 yeux et lui dire qu'il n'a rien compris à la vie et que le monde ne tourne pas autour de sa petite personne. Merci pour la leçon mais tu pourras repasser !

"Mais sinon, y a des meurtres ou bien ?" Même si la 4ème de couv' annonce qu'on meurt beaucoup autour de lui et rarement de mort naturelle, les morts sont tellement noyées au milieu d'un trip narcissique et un style lénifiant que le lecteur passe complètement à côté. Sans vraiment être intéressée par le pourquoi du comment, assistant avec douleur au crash d'un auteur de renom, la lectrice consciencieuse que je suis (je crois que maintenant je vais m'autoriser à abandonner des lectures en cours parce que là c'est plus possible) compte les pages et veut en finir (pas avec la vie, je vous rassure). Oui Chattam m'a eue... A l'usure !

Avec l'arrivée du personnage d'Antoine, être bienfaiteur et petite bouffée d'oxygène dans cet ouvrage, j'ai cru que le vent pouvait tourner, que la magie allait opérer. Malheureusement, Antoine n'est que de passage et emporte avec lui mes espoirs...

Allez, on finira sur cette magnifique accroche de la maison d'édition à l'arrière du roman qui prouve une fois encore que le mieux est l'ennemi du bien :

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant... Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d'une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse. Un roman noir virtuose dont l'univers singulier n'est pas sans évoquer celui d'un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

...

On n'a visiblement pas lu le même bouquin.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"
- "La Conjuration primitive"
- "La Patience du diable"
- "Que ta volonté soit faite"

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vendredi 27 février 2015

"Que ta volonté soit faite" de Maxime Chattam

que ta volonté soit faiteL'histoire : Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S'il n'y avait Jon Petersen.
Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin.
Et là... Sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.

La critique Nelfesque : En bonne amatrice de thrillers, je surveille de près les sorties des romans de Maxime Chattam en librairie. Son dernier, "Que ta volonté soit faite", est disponible depuis début janvier.

Jon Petersen est un gars du coin. Un habitant de Carson Mills pur jus. Un 100% Midwest version populaire et une case en moins. Dans les premières pages du roman le lecteur fait sa connaissance dans un moment clé de sa vie. Dès les premières minutes de lecture, on comprend que ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux conditionnera toute sa vie. Ce petit gars là n'a pas de chance. Il n'est pas né dans la bonne famille et va grandir comme une mauvaise herbe, sans attention et dans l'indifférence totale. Pire même puisqu'il subira les violences physiques et morales de son père qui lui feront perdre tout repères et l'amèneront à des actes abjectes.

Comme une longue pente que l'on dévale lentement, nous suivons Jon dans sa jeunesse et son adolescence. Notre instinct de lecteur nous souffle très tôt que l'issue sera dramatique. Son père l'humilie quotidiennement, son entourage est glacial, ses camarades de classe sont cruels comme peuvent l'être les enfants face à ce qui ne leur ressemble pas... Toujours seul, à l'écart, Jon va commencer à avoir des comportements étranges et à l'adolescence ses agissements vont basculer dans l'horreur.

Avec "Que ta volonté soit faite", Maxime Chattam n'est pas dans son registre habituel. Nous sommes plus ici dans un roman noir que dans du thriller pur. J'ai été particulièrement surprise par ce changement de style, agréablement même car l'histoire dépeinte ici est de qualité et que la vie de Jon tient vraiment le lecteur en haleine. Avec des scènes chocs, comme Chattam sait si bien les écrire, le lecteur n'est pas ménagé. Tout commence par le viol de sa tante un soir d'été et c'est une descente aux enfers qui débute.

Efficace et sans concession, ce roman laisse le lecteur pantois entre dégoût de ce qu'il peut lire par moment et curiosité de découvrir la suite. Et sur ce point Chattam sait exactement où il veut nous mener. J'ai été prise dans l'histoire, j'ai voulu savoir quel sort serait réservé à Jon et découvrir qui était véritablement ce narrateur mystérieux extérieur à la scène (sur ce point, je n'ai pas été surprise, mais ce n'est pas bien grave). Si je notais mes lectures, j'aurais mis une très bonne note à ce roman. Si je notais mes lectures... Et si ce roman n'avait pas eu une fin qui a mon sens est complètement bâclée !

Car oui il y a un "mais" au milieu de toutes ces éloges : une justification à l'histoire qui pour moi ne vaut pas deux cacahuètes. Le soufflé retombe complètement avec le dernier chapitre du roman où le narrateur, et par là même l'auteur, nous fait une belle leçon de morale à deux balles et lance clairement à la tête du lecteur : "démerde toi avec ça!". Concrêtement, j'ai refermé mon bouquin avec un terrible sentiment de What The Fuck !? Non mais sans blague !? C'est CA la fin de ce roman !?

Déçue et avec l'impression d'avoir été bernée, je me suis demandée si l'auteur ne s'était pas foutu un peu de notre pomme ou si son éditeur ne lui avait pas suggéré de changer sa fin (forcément démentielle) pour une autre plus novatrice, carrément délirante et choc. Et puis dans ce moment de flottement, j'ai regardé, l'air hagard, la couverture de ce roman fraîchement refermé et en lisant son titre j'ai compris que non, Chattam a bien voulu nous amener là où il a clôt son roman. Depuis le début, il avait cette idée en tête et effectivement tout est logique. Je n'adhère pas à la fin, ses justifications sont fumeuses mais soit, l'idée est là. C'est un parti-pris. C'est couillu. Ca ne plaira pas à tout le monde (la preuve) mais pourquoi pas...

"Que ta volonté soit faite" m'a donc laissée mi-figue mi-raisin. Totalement emballée par ce roman durant toute ma lecture, les dernières pages m'ont fait l'effet d'une douche froide. Dommage... Ca aurait pu être un de mes romans de l'année...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"
- "La Conjuration primitive"
- "La Patience du diable"

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vendredi 22 août 2014

"La Patience du diable" de Maxime Chattam

la patience du diableL'histoire: Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue... Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse... Des gens ordinaires découverts morts... de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.

La critique Nelfesque: "La Patience du diable" est la suite de "La Conjuration primitive" sortie l'an dernier. Une suite sans en être vraiment une puisque ce sont bien 2 romans différents qui peuvent être lus indépendamment l'un de l'autre mais où l'on retrouve certains personnages dont Ludivine et Segnon que nous avions quitté au terme d'une enquête haletante dans un final éprouvant.

L'histoire commence avec une tuerie dans un train. Aux bouts des armes, 2 adolescents. Une scène d'une violence pure où les principaux acteurs sont des gamins que rien ne disposait à commettre de telles actes. Peu à peu la violence se propage comme une épidémie et des actes similaires, des actes de folie, des pétages de plombs, sont perpétrés aux 4 coins de la France.

Qu'est ce qui pousse des personnes lambda, des hommes et des femmes que l'on croise dans la vie de tous les jours, à de tels agissements? La violence engendre-t-elle la violence? Une même personne serait-elle à l'oeuvre pour tirer les fils de cette gigantesque machination? Le diable en personne? Ludivine, Seignon et la cellule de gendarmerie mise en place sur la première enquête va essayer de faire le lien, comprendre ce qui se passe et enrayer cette machine lancée à vive allure.

Ce nouveau Chattam est encore une fois très efficace. "La Patience du diable" est un bon page turner, Chattam a une écriture simple et efficace qui tient en haleine et les amateurs de thriller trouvent en lui une valeur sûre pour passer un bon moment d'horreur. Il faut aimer le sang, les tripes, les situations gores pour se lancer dans cette lecture. Si vous êtes sensibles, mieux vaut vous abstenir sous peine de faire quelques cauchemars.

Ce n'est pas le premier roman de cet auteur que je lis et dès les premières pages, il n'y a pas de doute, c'est bien du Chattam. La scène du TGV est une tuerie dans tous les sens du terme et "La Patience du diable" commence sur les chapeaux de roue. Je constate avec le temps que Chattam a tendance à répéter sa recette qui fonctionne bien mais qui peut aussi lasser. Les mêmes ficelles sont utilisées, l'horreur prend de l'ampleur plus on avance dans l'ouvrage et certaines scènes peuvent paraître "too much". Rien de nouveau sous le soleil dans le processus d'écriture mais après tout quand ça fonctionne on ne peut pas vraiment se plaindre. Chattam a suivi des études en criminologie et ça se sent. Il détaille beaucoup, utilise la psychologie des personnages pour construire ses récits et appuie sur des détails bien précis. Lors de ma première lecture, "L'Ame du mal", j'ai été conquise par cette construction de roman. Je dois avouer qu'au bout de 6 ouvrages, ça ne fonctionne plus autant qu'avant sur moi. Je savais où l'auteur voulait me mener, j'ai trouvé qu'il enfilait les clichés comme des perles et j'ai deviné l'identité du grand méchant très vite dans ma lecture. Dommage...

Vous l'aurez compris, je n'ai pas vraiment accroché à ce présent roman. Sans pour autant dire que c'est un mauvais roman, car ce n'est aucunement le cas, les assoiffés de thrillers dont je fais partie le trouveront "tout juste bon". L'histoire est bien trouvée, les scènes clés sont efficaces mais il manque le petit supplément d'âme, le détail d'écriture ou de construction du récit qui fait basculer le roman sympa en p***** de roman qui déchire. Si vous n'avez jamais lu de Chattam, si le thriller n'est pas l'un de vos genres préférés et donc que vous n'en avez pas lu des centaines comme moi, ça pourrait fonctionner. En ce qui me concerne, j'attends maintenant plus qu'un page turner sanglant pour être bluffée.

Un bon rythme, des scènes chocs et un fond intéressant qui consiste à dire que l'horreur est partout, en chacun de nous, et que le monde et nos rapports aux autres évoluent dans un terrain violent où sont mises en avant des situations affreuses et inimaginables. Les guerres, la crise, les agressions, les violences quotidiennes, les meurtres, les malversations ... sont autant de causes qui font monter la pression et élèvent notre seuil de tolérance à l'horreur. Chattam a su mélanger tout cela pour donner à penser que l'issue qu'il développe dans son roman est tout à fait envisageable dans le monde d'aujourd'hui. Malgré cela, c'est avec un sentiment mitigé que j'ai fermé ce livre et je crois que mon avis ici exprimé va dans ce sens. Un roman sympa... sans plus.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"
- "La Conjuration primitive"

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vendredi 20 septembre 2013

"La Conjuration primitive" de Maxime Chattam

LA_CONJURATION_PRIMITIVEL'histoire: Une véritable épidémie de meurtres ravage la France.
D'un endroit à l'autre, les scènes de crime semblent se répondre. Comme un langage ou un jeu. Plusieurs tueurs sont-ils à l'oeuvre? Se connaissent-ils?
Très vite, l'hexagone ne leur suffit plus: l'Europe entière devient l'enjeu de leur monstrueuse compétition.
Pour mettre fin à cette escalade de l'horreur, pour tenter de comprendre: une brigade pas tout à fait comme les autres épaulée par un célèbre profiler.

La critique Nelfesque: De Maxime Chattam, je n'avais lu que "La Trilogie du mal" il y a moins de 2 ans. Autant dire que j'ai commencé ma découverte de l'auteur un peu tard et que bien qu'ayant aimé cette trilogie (surtout le tome 2, "In tenebris", pour dire vrai), je n'ai pas poursuivi dans ma découverte de cet auteur. Mr K de son côté a lu d'autres romans qu'il n'a pas trouvé plus prenants que cela (je mets les liens en bas de billet), du coup je n'ai pas emboité ses pas dans ces lectures.

"La Conjuration primitive" a toutefois éveillé ma curiosité et j'ai retenté l'expérience Chattam. Quelle riche idée j'ai eu là! On retrouve ici l'écriture halentante et le suspens insoutenable d'"In tenebris". De plus, avouez que la quatrième de couverture laisse présager une trame qui a tout ce qu'il faut pour me plaire.

Tout le long du roman, le lecteur est tenu en haleine par une plume concise, simple mais allant droit au but, sans fioritures et un rythme endiablé donné au roman. En lisant la première page, il ne s'imagine pas qu'il ne fera qu'une bouchée de cet ouvrage, que le temps filera à une allure folle et qu'il ira de surprise en surprise.

L'histoire est sordide, les meurtres sont glauques, les tueurs sont vraiment tordus et les gendarmes qui suivent l'enquête ont ce qu'il faut d'humain et d'attachant pour nous paraître familier. Tout est là pour faire passer aux lecteurs adeptes du genre d'excellentes heures de lecture. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé pour moi! J'ai frémi, j'ai été gentiment dégoutée par certaines scènes (oui, oui, on peut être "gentiment" dégouté, c'est possible), j'ai été en colère, surprise, hallucinée... J'ai vraiment vécu ce roman jusqu'à la dernière page.

Dans "La Conjuration primitive", autant être prévenu dès le départ, rien ne vous sera épargné. Votre personnage préféré se prend une méchante claque à un moment de l'histoire? Attendez-vous à ce qu'il s'en prenne une autre quelques pages plus loin et pourquoi pas un gros coup de poing dans la face encore plus loin! A l'image de ce que se prend le lecteur notamment à mi roman (ceux qui ont lu ce livre verront sans doute à quoi je fais allusion). "La Conjuration primitive" est une expérience physique et quand on est fan de thrillers c'est un plaisir total! L'excitation grandit, les évènements s'accélèrent, le huit clos oppressant fait son apparition et c'est dans une apothéose de stress que le roman prend fin.

Le lecteur referme le livre avec l'impression d'avoir pris une méchante raclée, un double combo Yama Zuki en pleine poire! Quel bonheur! Le Chattam de "La Conjuration primitive" ne prend pas ses lecteurs pour des noobs et leur assène scène choc sur scène choc sans temps mort. Mention spéciale également pour le clin d'oeil à "La Trilogie du mal" à la fin du roman qui m'a vraiment ravie et mis le sourire jusqu'aux oreilles à l'instant T.

Bon alors, qu'est ce que vous attendez? Vous n'êtes pas déjà chez votre libraire pour vous procurer cette bombe!?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"

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jeudi 29 mars 2012

"In tenebris" de Maxime Chattam

in tenebrisL'histoire: Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, jeune spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.


La critique Nelfesque:
J'ai dans ma PAL la Trilogie du mal en version intégrale dans une très jolie édition de chez Michel Lafon. J'avance peu à peu dans cette trilogie, le premier tome, "L'Ame du mal", m'ayant moyennement embalée...

Retour donc dans l'univers de Maxime Chattam où l'on retrouve Joshua Brolin, personnage du précédent opus, reconverti en détective privé. On retrouve rapidement ses marques, l'histoire de "L'Ame du mal" nous revient à l'esprit et on découvre de nouveaux personnages tels que celui d'Annabel.

La trame de "In tenebris" est plus sombre. Le lecteur est tout de suite immergé dans l'enquête et Chattam ne se perd pas ici en définitions de sigles policiers et autres présentations détaillées, et inutiles pour tout adepte de thriller, de procédures d'enquête. Ouf! Ce "défaut" m'avait vraiment lassée dans le premier tome et la lecture de celui ci m'a paru plus aisée. Mieux que cela, j'ai été captivé de la première à la dernière page et je n'ai rien deviné avant la fin du roman (miracle!).

Malsain et glauque, le final de ce roman est atypique et le chemin nous y menant fait monter peu à peu la pression. La fin de la première partie (environ à la moitié du livre) est un excellent teaser. Annabel et Joshua, chacun de leur côté, font une découverte capitale et se retrouve seuls face à l'horreur. Comment résister et ne pas continuer tout de suite la lecture! Même si nous sommes déjà à une heure avancée de la nuit! Là dessus, l'auteur a été très fort.

On suit alors l'enquête avec engouement jusqu'au point final, passant des lieux les plus sordides à des évènements pouvant mettre en péril la carrière de nos deux héros. On tremble pour eux, on tremble devant l'horreur des faits et de ce qui peut exister dans le cerveau de certains détraqués... Ames sensibles s'abstenir! Les scènes décrivant les conditions de détention des victimes sont assez éprouvantes, le choix des victimes est aussi perturbant. Voilà, vous êtes prévenus!

Léger bémol au final, j'aurai aimé que la dernière phrase arrive moins vite. Une fois le coupable identifié, les derniers points d'ombre sont expédiés et la fin est brutale, presque bâclée. Dommage car l'issue de l'investigation est vraiment chouette... J'aurai aimé quelques pages de plus histoire de faire d'"In tenebris" un bouquin dont on se dit, en le refermant, que c'est un putain de thriller du début à la fin.

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mercredi 26 octobre 2011

"L'Ame du mal" de Maxime Chattam

chattamL'histoire: Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

La critique Nelfesque: J'ai une superbe édition de "La Trilogie du mal" dans ma PAL depuis plusieurs mois, Mr K me tanne avec cette dernière depuis des années et les amateurs de thrillers la vénèrent. Ne manquait plus que la présence du premier tome, "L'âme du mal", dans le baby-challenge thriller pour apporter la dernière pierre qui m'a fait entamer cette trilogie.

Ceux qui lisent régulièrement ce blog savent que j'affectionne tout particulièrement la lecture de thrillers. Loin d'être une novice en la matière, j'ai quelques heures de vol et j'adore être surprise dans un raisonnement machiavélique (c'est rare, j'arrive souvent à deviner la fin assez rapidement, mais ça arrive).

"La Trilogie du mal" a commencé par me décevoir. Je m'attendais vraiment à une bombe, j'en avais sans doute trop entendu parler, et le début de lecture n'a été qu'une redite de bon nombre d'autres histoires que j'ai pu lire avec une trame assez classique. J'ai fait la moue mais ai persévéré. De plus, l'écriture de Chattam est particulière. Alors oui, ok, elle est gore parfois et on rentre assez bien dans les atmosphères poisseuses de certaines scènes, mais elle est avant tout "documentaire". Cette manie de tout détailler comme un cours de procédure judiciaire m'a quelque peu gâché ma lecture. Tous les sigles rencontrés sont expliqués en long en large et en travers en bas de pages, tous les termes techniques propres aux enquêtes de police ainsi que les étapes d'investigation (recherche d'empreintes, de fluides, détermination d'heure du décès...) ou dans le labo du médecin légiste, sont machées au lecteur. L'auteur travaille beaucoup sur la documentation avant de se lancer dans un roman et ça se sent. Trop à mon goût. Franchement redondant et "déjà vu" pour les adeptes du genre. C'est bien gentil de nous expliquer les bases mais je les connais déjà... Je trouve du coup que l'ensemble devient presque mécanique et que le roman perd en sensibilité.

C'est ainsi que je suis arrivée au 100 dernières pages, pas vraiment surprise. Et là! La claque! Celle que je ne m'imaginais plus ressentir après tant de temps est enfin arrivée! La scène finale et le dénouement de l'histoire m'ont cueillie et m'ont fait réviser mon jugement. La fin est vraiment béton et on ne peut plus poser ce livre avant d'avoir le fin mot de l'histoire.

Pour conclure, je ne dirai pas que "L'Ame du mal" est une tuerie du début à la fin mais en refermant le roman, je comprends pourquoi celui ci fait parti des thrillers favoris de beaucoup. Malin et malsain, Maxime Chattam, nous amène là où il veut sans qu'on s'en rende compte et nous claque la tronche avec une fin géniale. Bravo gars!

thrillerCette lecture entre dans le cadre du baby-challenge thriller 2011.

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lundi 13 décembre 2010

"Les arcanes du chaos" de Maxime Chattam

Maxime_20Chattam_20__20Les_20arcanes_20du_20ChaosL'histoire: Quand les ombres envahissent ses miroirs, la vie de Yael bascule dans le cauchemar, la violence, la confusion. Pourquoi ces étranges messages l'invitant à regarder de l'autre côté du monde? Qui sont ces hommes qui tentent de la détruire, et pourquoi?

La critique de Mr K: Un vieil adage dit qu' "il faut toujours écouter sa mère"! Et bien j'aurais dû! Elle m'avait prévenu que celui-ci n'était pas réussi au contraire de la "Trilogie du Mal" du même auteur que j'avais en son temps dévoré et hautement apprécié. Nelfe à ce propos vous en fera la critique en 2011 quand elle se sera laissée tenter... Mais revenons au livre qui nous intéresse. Face à une telle lecture, on peut se poser une question: qu'est-ce qu'un bon livre?

Certains vous diront qu'un bon livre, c'est avant tout un livre qui se lit vite dont on veut savoir la fin. Pour ma part, je l'ai lu en deux jours surtout pour en être débarassé le plus vite possible vu la direction prise dès les 50 premières pages. Et comme, je n'aime pas ne pas finir un livre avant de pouvoir en donner un avis...

D'autres personnes disent qu'un bon livre c'est avant tout une bonne histoire avec des rebondissements et autres twists de folie. Là, c'est plutôt raté! On se retrouve dans une banale histoire mélant théorie de la conspiration et manipulation de masse. On nous cache tout, on ne nous dit rien (attention le chiffre de la Bête est caché dans tous nos codes barre!). Ne vous y trompez pas, j'aime ce genre d'histoire mais ici (malgré d'indéniables apports historiques), le scénario ressemble surtout à un amas d'éléments rafistolés et collés ensemble pour "faire genre". On y croit pas une seconde et ça devient même malsain (même si cela reste avant tout un roman). On a l'impression de se retrouver dans "L'effroyable imposture" de Thierry Meyssan. Personnellement, j'adhère pas. Dans le domaine de la théorie du complot, j'ai largement préféré "L'échiquier du mal" de Dan Simmons ou tout simplement, la série X-Files (saisons 1 à 7).

Un bon livre pour beaucoup, c'est une belle écriture. À ce niveau, les goûts et les couleurs ça ne se commande pas. J'adorais le Chattam du début: celui du "5ème règne" ou de la fameuse "Trilogie du Mal". Je m'étais déjà fait la remarque pour "Le Sang du temps" et je la referai avec celui-ci: on a pas l'impression de lire le même auteur! Le style n'existe plus, les phrases sont lapidaires et l'ensemble fait parfois penser à un gigantesque copié-collé... de là à dire qu'il y a un nègre derrière ce phénomène, il n'y a qu'un pas... En tous les cas, il y a des passages bien ringards notamment les pseudos scènes de séduction à la Harlequin et les coups de flippe qui tombent à l'eau tant on n'y croit pas une seconde. Non, franchement l'écriture est simpliste ce qui contribue à lire le volume plus vite mais en ternit l'aura et surtout, la crédibilité qui tend vers le zéro.

D'autres encore diront que ce sont les personnages qui font la force d'un bon roman, à fortiori un thriller. Ici l'héroïne s'apparente à un avatar sans vie réelle tant elle est caricaturale et indigeste. Franchement, il pouvait lui arriver n'importe quoi durant tout le livre, je m'en foutais, tant elle conjugue mièvrerie et fausse volonté d'en découdre. Fade au possible, elle cotoie nombre de personnages tous plus exagérés ou mal conçus comme elle: un blogueur paranoïaque, un conspirateur méchant (mais alors très méchant), un ami-séducteur qui est en fait une belle crapule, des hommes de main très très méchants (mais alors, très très très méchant!). Je vous fait l'économie de ceux que j'aurais pu oublier... Ca tombe bien, je vais vite oublier ce livre!

Vous l'avez compris, je n'ai pas du tout (mais alors pas du tout!) apprécié ce roman que j'ai trouvé vain et sans saveur. Je ne pense plus remettre les yeux dans un Chattam avant longtemps, niveau thriller c'est pas le choix qui manque!

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