mardi 6 janvier 2015

Premier craquage de 2015

Sous couvert d'accompagner Nelfe dans la découverte d'un magasin de tissu (le papa Noël lui a offert une machine à coudre dont elle vous parlera dans un futur post), j'avais en fait ourdi un plan lourd de conséquence pour ma PAL. Pourquoi ne pas profiter de la nouvelle année pour aller chiner quelque peu dans des brocantes de la région? Ce qui devait arriver arriva! J'ai une fois de plus cédé à la tentation, Nelfe dans une bien moindre mesure...

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- Étoiles, Garde à vous de Robert A. Heinlein. J'ai adoré le film de Verhoeren Starship Trooper qui est tiré de ce roman, je m'attends à une belle dénonciation de l'autoritarisme militaire. Je suis en plein dedans et je ne suis pas du tout déçu. Chronique à suivre dans le mois (j'en ai dix autres déjà prêtes à poster!).

- Le Survivant de James Herbert. Le pitch est vraiment intrigant avec cet ultime rescapé d'un crash aérien cherchant à savoir pourquoi lui s'en est sorti et pas les autres... J'avais aimé La Trilogie des Rats du même auteur, gageons que celui-ci soit aussi réussi en terme de suspens.

- L'armure de vengeance de Serge Brussolo. Mon amour pour Brussolo n'est plus à prouver, il retourne ici au Moyen-âge avec une étrange armure mue par une volonté propre! Polar, fantastique, le tout mâtiné d'un background médiéval, la recette semble bonne!

- Cette nuit-là de Linwood Barclay. Recommandé par Michaël Connelly lui-même, à priori il s'agit d'un thriller page-turner efficace où il est question de la disparition de la famille d'une jeune fille partie fait le mur pour une soirée. À voir!

- Le Rocher de Tanios d'Amin Maalouf, prix Goncourt 1993 de mémoire. À priori un excellent livre entre aventure et intimisme. J'ai hâte de le lire!

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- La Pentalogie de la Belgariade de David Eddings. À 50 centimes la pièce, difficile de résister surtout qu'il est précédé d'éloges très flatteurs chez tous les amateurs du genre fantasy peu représenté dans ma PAL (bon, on cherche les excuses qu'on peut!). Je pense les amener tous les cinq en Asie du sud-est d'ici peu, on aura une longue escale de 14h à Abu Dhabi sur le retour et des moments de farniente en prévision. À raison de 1kg au total, ça ne pèse pas trop lourd dans les bagages!

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- La Pentalogie de la Mallorée de David Eddings. Vous l'avez compris, il y a un ou une grande fan d'Eddings qui a lâché son stock dans la région. Ce deuxième cycle fait suite à celui précédemment évoqué, vu le prix je décidai de doubler la mise. On est des oufs et on n'a peur de rien!

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- Le DVD de Enter the Voïd de Gaspard Noë. Mon grand regret de 2010 en matière de cinéma: ne pas avoir pu aller le voir! Il parait qu'il est cultissime, j'aime le bonhomme, sa filmographie, sa technique et son esprit frondeur. Visionnage prévu ce vendredi avec Nelfe et mon plus vieil ami. Ca va dépoter!

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- Mémé de Philippe Torreton. Vous vous rappelez? Nelfe m'accompagnait et elle aussi a craqué... Ce livre lui a fait de l'oeil dès sa sortie en librairie, le hasard lui a permis de l'acquérir à prix modique! Elle s'attend à beaucoup pleurer, rassurez-vous je serai là pour la consoler!

Bonne pioche donc que cette expédition de début d'année qui s'est avérée fructueuse en terme d'acquisitions et riche en promesses d'évasion. Y'a plus qu'à!


dimanche 16 novembre 2014

Cadeaux d'anniversaire !

Il y a quelques jours, je vous présentais sur notre page facebook et sur notre compte twitter, l'étendue des dégâts côté PAL, rebaptisée pour l'occasion PALM (Pile A Lire Monstrueuse) :

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Oui, je sais, ça fait peur... Et il va nous falloir plusieurs mois pour éliminer cette réserve de bouquins et les envoyer du côté obscur de la force !

Seulement voilà... Mercredi dernier, nous avons fêté les 7 ans du Capharnaüm et le mercredi... c'est le jour d'ouverture d'Emmaüs !!! Il fallait bien qu'on fasse un petit cadeau à notre blogounet pour son anniversaire ! Nous ne sommes pas des parents indignes !

Et ce qui devait arriver, arriva :

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De mon côté, j'ai été plutôt sage, avec seulement 2 romans de plus à ajouter à ma PAL :
- "Le Secret de L'Epouvanteur" de Joseph Delaney parce que pour l'instant j'aime bien la saga de l'Epouvanteur (chroniques des tomes 1 et 2 à retrouver ici et ).
- "Spellman et associés" de Lisa Lutz parce que j'en ai entendu beaucoup de bien donc c'est l'occasion de tenter.

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Pour Mr K, BIM ! PAL + 12 ! Ce qui donne en vrac entre SF, humour, horreur et contemporain :

- "Le Livre du grand secret" de Serge Brussolo parce qu'il est incapable de résister à cet auteur et que cette histoire de livre secret l'a fortement intrigué.
- "Une Etoile m'a dit" de Fredric Brown parce que chacune de ses lectures précédentes l'avaient ravi notamment le cultissime "Martiens, go home". Ici, il s'agit d'un recueil de nouvelles SF à chute.
- "Le Temps des changements" de Robert Silverberg où il est question de négation de l'individu et de drogue permettant d'explorer son inconscient. Ca a l'air bien barré et dans la mouvance de K Dick.
- "Trois coeurs, trois lions" de Poul Anderson un ouvrage de fantasy pour un auteur connu surtout pour le genre SF. Le pitsch avait l'air sympathique, Mr K verra si la lecture le sera tout autant.
- "Créature" de John Saul un petit livre d'horreur-épouvante à la quatrième de couverture séduisante, histoire de passer un bon moment de lecture-détente.

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- "La Dimension fantastique 1, 2 et 3" compilation de récits fantastiques du XIXème et XXème siècle. C'est un des genres préférés de Mr K, il était temps pour lui d'acquérir ces trois volumes qui le tentaient déjà depuis de nombreuses années.
- "Humour noir" de Serre un dessinateur que Mr K apprécie énormément et qui ici se livre une fois de plus à l'humour noir le plus féroce.

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- "Comme un roman" de Daniel Pennac. Mr K a adoré "Chagrin d'école" (chronique à venir) et le hasard a fait qu'il tombe sur celui-ci juste après. Et hop! Dans son escarcelle pour une lecture prévue début 2015.
- "La Chambre des officiers" de Marc Dugain car le film est génial, l'occasion était trop belle de se replonger dans le conflit de 14-18 !
- "La Controverse de Valladolid" de Jean-Claude Carrière est riche de promesse : le film qui en a été tiré est plutôt réussi et Mr K a hâte d'en voir le matériau d'origine forcément plus poussé dans la réflexion.

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Cette fois ci c'est décidé, et vu que notre Emmaüs commence des travaux qui vont durer plus qu'un an dans la partie dédiée aux bouquins et a donc considérablement réduit ses stocks, on fait une grosse pause sur l'achat de romans en seconde main. Le temps de faire respirer un peu notre PAL et faire de la place pour de nouveaux arrivants !

vendredi 3 octobre 2014

Mr K craque... again!

Oui, je le confesse, je suis un multi-récidiviste! Impossible pour moi d'aller chez l'abbé sans craquer. Il va peut-être falloir que je pense bientôt à consulter... En attendant, voici un bref résumé de ma collecte de mercredi!

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- La château de Lord Valentin de Robert Silverberg. J'adore cet auteur et ce livre me faisait de l'oeil dans le Bac SF. L'histoire m'a interpellé avec un soupçon de l'univers du cirque qui m'a toujours plu en littérature... Wait and see!
- Le Jeu du jugement de Bernard Taylor. À priori, une histoire de sales mioches n'aimant pas leur belle-mère et qui lui réserve un sort peu enviable! Impossible de résister à un tel pitch. Ce sera une de mes prochaines lectures!
- Rendez-vous avec Rama de Arthur C. Clarke. Une histoire de vaisseau spatial fantôme écrite par l'auteur de 2001, L'Odyssée de l'espace... Ça ne se refuse pas!
- La Ligue des gentleman extraordinaires d'Alan Moore et Kevin O'Neill. Depuis ma lecture enfiévrée de V pour Vendetta, je considère Alan Moore comme un demi-dieu! Alors même si le film tiré de cette BD est vraiment un nanar, je me laisse tenter, en plus les dessins sont sympathiques!

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- La fille de la nuit de Serge Brussolo. Histoire classique d'une femme amnésique poursuivie par des tueurs... Oui mais voilà, c'est Brussolo qui est aux manettes et il ne m'a jamais vraiment déçu dans le polar!
- Chicagone, série Le Poulpe de François Joly. Bon ben... Je l'avais pas lu et le jeu de mot du titre est une fois de plus très bien trouvé. Et puis, un petit voyage à Lyon en compagnie de Gabriel Lecouvreur ça me tente bien!
- Moloch de Thierry Jonquet. Un auteur que je porte aux nues, un livre non lu de lui et pas cher... What else?
- Sept jours pour expier de Walter Jon Williams. Une histoire étrange entre chronique du sud à la Steinbeck et le technothriller. Il n'en fallait pas moins pour aiguiser ma curiosité!
- Stairways to hell de Thomas Day. Ce sera ma première incursion chez cet auteur dont j'ai entendu beaucoup parler. Il y a des chances pour que j'aille le voir en dédicace aux Utopiales à la fin du mois. Ce serait dommage de ne pas avoir de livres de lui! En plus, ca a l'air totalement déjanté, style Sin City!

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- Tendre jeudi de John Steinbeck. Un grand saut dans l'inconnu que ce titre mais comme je redécouvre avec un plaisir certain cet auteur depuis quelques mois, je n'allais pas laisser passer l'occasion!
- Le Cheminot de Asada Jirô. Un recueil de nouvelles qui parle du temps qui passe et de la jeunesse perdue... Une ambiance bien japonaise comme je les aime. À voir!
- Du moment que ce n'est pas sexuel de Gudule. J'ai dévoré en son temps Le club des petites filles mortes du même auteur depuis je n'avais jamais recroisé la route de cette dame hors norme. L'occasion fait le larron et cette histoire d'amour bien thrash me semble idéale pour des retrouvailles!
- Caïn de José Saramago. Une histoire bien étrange qui commence lors du premier crime et parcourt ensuite les temps bibliques. Bien barré et donc pour moi! Conseillé et repéré par ma douce!

Bon, ma PAL se remplit encore... mais il est tellement difficile de résister face à des titres évocateurs ou des auteurs que l'on pratique et apprécie. Pas de quoi s'ennuyer en tout cas! Ils vont rejoindre leurs petits frères et sœurs en attendant ma voracité de lecture!

mardi 24 juin 2014

"Pèlerins des ténèbres" de Serge Brussolo

pélerins des ténèbresL'histoire: Enfermé dans une cage en fer, dans les oubliettes d'une abbaye, un moine dément raconte que le pèlerinage dont il avait la charge s'est terminé en enfer. Le diable, affirme-t-il, a emporté tous ceux qui l'accompagnaient. Que se passe-t-il en réalité dans les montagnes où serpente l'interminable route menant aux reliques de saint Gaudémon, martyr jadis supplicié par Caligula, l'empereur fou? Une chose est sûre, beaucoup de gens disparaissent et les sommets semblent habités par des créatures de légende qui ont fait des pèlerins leur gibier quotidien.
Quel secret, quel complot hérétique tente-t-on de dissimuler sous le masque de la superstition? Marion, la jeune tailleuse d'ex-voto, sera-t-elle plus chanceuse que ceux qui l'ont précédée sur les chemins du mystère... ou succombera-t-elle, à son tour, aux sortilèges du pèlerinage maudit?

La critique de Mr K: Je savais Serge Brussolo prolifique et touche à tout. Jusqu'à maintenant, je ne l'avais pratiqué que dans le genre policier et polar. L'occasion s'est présentée (une fois de plus chez l'abbé) de le découvrir mais cette fois-ci dans un univers médiéval, dans "Pélerins des ténèbres", et même si on change d'époque, on retrouve tout même le genre policier mâtiné ici de fantastique. Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour en venir à bout, voici mon compte rendu de lecture du jour.

Qu'a pu bien voir frère Guillaume pour revenir dans un tel état dans la vallée? Ce jeune moine parti en pèlerinage redescend de la montagne totalement déphasé quasiment possédé. Sa congrégation est effrayée et ne sait que faire face à une telle attitude. Il faut envoyer quelqu'un enquêter pour savoir ce qui s'est réellement passé là haut, il leur faut quelqu'un de confiance et qu'on ne soupçonnerait pas. Leur choix se porte sur Marion, une jeune ymagiaire douée mais frustrée car il n'est pas de bon ton à cette époque d'être une artiste douée et femme. Profitant de cette occasion inespérée d'échapper à un sort peu enviable (elle est promise à un homme des plus repoussant et veule), elle saute sur l'occasion et débute pour elle un pèlerinage qui la mettra aux prises avec d'étranges événements et plus encore avec elle-même. Au fil de son ascension, les questions se pressent de plus en plus autour d'elle et les tensions naissent, on sent bien que tout va basculer.

Comme à son habitude, Brussolo ne se perd pas en détails et peaufine ses personnages au fil des événements. L'action se déroule sans temps morts, sans pour autant sacrifier le fond. On s'attache très vite à l'héroïne même si je dois avouer que l'on y croit peu, surtout quand on connait les us et coutumes en vigueur au Moyen-Age (une femme du peuple rebelle que l'on laisse s'exprimer me paraît peu vraisemblable). Par contre, j'ai apprécié la manière d'aborder le rapport au sacré du simple peuple. La différence entre religion et superstition est bien mince, et au détour de menus détours de la trame principale, on peut se faire une idée bien précise des réactions de l'époque. Ainsi certains passages sont assez éprouvants entre fausses accusations de sorcellerie, références au pêché originel et soumission de la femme à l'homme, et l'action menée par l'inquisition. Et oui, on aborde pas mal de thèmes plutôt sérieux et réflectifs dans ce polar médiéval. J'ai aussi particulièrement apprécié les passages sur le martyr de saint Gaudémon (une mort bien atroce) et sur le culte des saints qui est ici très bien cerné et utilisé pour nous décrire les pèlerinage nombreux qui ponctuaient la vie des hommes et femmes de l'époque.

L'ambiance est très bien menée avec une montée en pression constante même si le dernier acte m'a paru quelques peu convenu et finalement plat. Ce n'est pas pour autant un ratage total car tout se tient et quand on se remémore l'intégralité des aventures de Marion, le dénouement est logique au détriment de la flamboyance que l'on pouvait espérer. L'héroïne n'est cependant pas au bout de ses surprises et changera irrémédiablement, mettant en balance sa vie, sa raison et même sa foi.

L'écriture de Brussolo est toujours aussi agréable, le style est léger mais non dénué de nuance et d'apports théoriques sur le lexique moyen-âgeux. Bien que peu développées, les descriptions sont évocatrices à souhait et les passages plus tendus sont remarquablement narrés mêlant naturalisme et impressionnisme latent lors de certaines apparitions des plus étranges.

Au final, on obtient ici un roman bien sympathique mais pour autant pas inoubliable, la faute sans doute à une trame sans réelle surprise mais cependant très bien maîtrisée, ne laissant aucune place à l'incohérence et l'anachronisme. Un petit plaisir vite lu, vite oublié que l'on peut tenter si l'on veut passer un agréable moment.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

- "Avis de tempête"
- "La Main froide"

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lundi 28 avril 2014

Vacances d'avril = nouveaux livres!

C'est désormais un rituel, à chaque début de vacances scolaires, nous nous rendons chez notre dealer de bouquins préféré (à savoir Emmaüs) pour faire le plein de lecture. Ce n'est pas qu'on en est véritablement besoin (au sens où on en aurait pas assez), on a tous les 2 une PAL à faire peur, mais c'est un petit rituel auquel on tient. Et en toute franchise, on n'arrive pas à faire autrement!

La pêche du jour fut bonne. Voyez plutôt:

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C'est ce qu'on appelle un nouveau craquage. Oui je sais... Même pas honte d'abord!

Et en détail voilà ce que ça donne pour moi:

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- "Nu dans le jardin d'Eden" d'Harry Crews parce que c'est un Sonatine que je n'ai pas, que j'adore cette maison d'édition et qu'avec eux je ne prends pas beaucoup de risque quant à la qualité de leurs publications.
- "L'égoïste romantique" de Frédéric Beigbeder parce que j'adore cet auteur et que je n'ai pas lu celui ci.
- "Retour à Rédemption" de Patrick Graham parce que j'en ai lu beaucoup de bien et que c'est le genre de romans qui a tout pour me plaire.
- "Les grand-mères" de Doris Lessing. Alors là pur hasard, j'ai aimé la couv' et la 4ème de couv', je le tente!

Et pour Mr K:

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Du contemporain avec:
- "Le Bar sous la mer" de Stefano Benni pour son pitch bien délirant d'un mystérieux bar au fond de la mer. Comme en plus, c'est chez Babel...
- "Mémoires d'un Yakuza" de Junichi Saga parce que ce livre a une excellente réputation et plonge son lecteur dans la vie d'un gangster japonais (tiré d'une histoire vraie). Belle immersion en perspective dans le milieu des Triades japonaises.
- "Combat de fauves au crépuscule" de Henry-Frédéric Blanc parce que c'est une maison d'édition que j'affectionne tout particulièrement, la couverture est imparable (ben ouais, y a un chat qui se la raconte!) et cette histoire de jeune arriviste livré en pâture au commun des mortels n'est pas pour me déplaire.
- "Kennedy et moi" de Jean-Paul Dubois parce qu'il est difficile de résister à un Jean-Paul Dubois, moi je n'hésite même plus! En plus, celui-ci a particulièrement plû à mes parents...
- "Sur la falaise" de Gregor Von Rezzori parce que cet ouvrage m'intrigue tout particulièrement, le court résumé laisse entrevoir un délire littéraire à nul autre pareil. Work in progress...
- "Love & Pop" de Ryû Murakami car on m'en a aussi dit le plus grand bien et que l'auteur est l'homonyme d'un de mes écrivains préféré. Ici, l'univers a l'air plus sombre et la plongée profonde dans une part de la société japonaise.
- "Insecte" de Claire Castillon parce que la quatrième de couverture est complètement barrée. Ca sent la lecture-chalumeau!

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Du policier / thriller avec:
- "Last call" d'Alex Barclay parce que j'ai adoré son premier roman et que dans celui-ci on retrouve un inspecteur qui m'avait ému, rajoutez à cela une écriture maline et machiavélique. Il ne m'en fallait pas plus pour me laisser tenter!
- "Pélerins des ténèbres" de Serge Brussolo pour explorer une autre part de l'oeuvre d'un auteur que j'affectionne. Ici il est question de pélérinage maudit en plein Moyen-Age! Tout un programme!
- "Le syndrome Copernic" d'Henry Loevenbruck parce que j'aime beaucoup cet auteur et que l'occasion fait le larron!
- "Bloody birthday" collectif de recueils de nouvelles parce qu'on y trouve nombre de signatures d'auteurs prestigieux du polar français et que le genre de la nouvelle policière est une invitation à la fulgurance et à la surprise.
- "Mémoire en cage" de Thierry Jonquet parce que je n'ai pas encore lu ce roman d'un des maîtres du genre. J'adore Jonquet, so no comment!
- "Fondu au noir" de Jean-Jacques Reboux parce que je voulais découvrir la plume de cet auteur ailleurs que dans la série du Poulpe. Ici c'est noir et tortueux à priori...

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Et un joyeux mix avec:
- "La Fée et le géomètre" de Jean-Pierre Andrevon, illustré par Enki Bilal parce que cette histoire de royaume des fées envahi et dénaturé par l'homme fait écho à mes convictions profondes sur la nature humaine. La lecture s'annonce tendue, intense et sans doute mélancolique.
- "Ils partiront dans l'ivresse" de Lucie Aubrac car je n'ai jamais eu l'occasion de le trouver auparavant et qu'un témoignage de cette importance me rappellera mes années Fac et me replongera dans une période bien ténébreuse de notre Histoire commune.
- "Nos rêves sont plus grands que le ciel" de Jean Cavé parce que ce roman inspiré d'un personnage réel m'a fasciné en quatrième de couverture. Il est question ici d'idéalisme, de persévérance et de croyance en une vie extra-terrestre; tout ceci au XIXème siècle! Ca promet!
- "Des souris et des hommes" de John Steinbeck car avec Nelfe nous nous refaisons l'intégrale d'une série qui y a fait référence justement hier soir. L'occasion était trop belle de découvrir un roman considéré comme une oeuvre majeure de la littérature américaine.

Un bon aperçu de ce qui sera chroniqué bientôt sur le blog! Maintenant y'a plus qu'à! ;)


dimanche 2 mars 2014

"La Main froide" de Serge Brussolo

la-main-froideL'histoire: Pour pirater la surveillance électronique de la banque où travaille son mari Adam Smart, Dorana a besoin de deux choses: sa voix et sa main. Cela peut s'arranger, surtout lorsque, à la clef, il y a quelques millions de dollars... Mais elle doit, ainsi que ses complices, affronter le compagnon favori d'Adam Smart: Dust, le chien policier recueilli par le banquier. Une bête d'une intelligence redoutable, dressée à flairer et à tuer, réformée pour agressivité pathologique, "une saloperie vivante", avaient averti les flics.

La critique de Mr K: Un nouveau Brussolo à mon actif aujourd'hui avec cet ouvrage dégoté chez un brocanteur où nous avons nos habitudes avec Nelfe. C'est un auteur qui n'a certes pas réinventé le genre mais qui a le mérite de proposer des histoires haletantes, qui bien souvent réservent nombre de surprises et où l'auteur prend un malin plaisir à explorer les travers du genre humain. Avec ce titre, je n'ai pas été déçu!

La trame est classique. Une femme déconsidérée et maltraitée par son phallocrate de mari décide de faire main basse sur son argent et de repartir de zéro. Pour mettre en œuvre son plan, elle a besoin d'un imitateur et c'est là qu'intervient le héros Dan. Artiste raté suite à une indélicatesse envers un baron du crime de Las Vegas, il tente de survivre tant bien que mal poursuivi par les sbires du criminel outragé. La proposition de la jeune femme est très alléchante et à priori sans risques. Il est loin de se douter de ce qui est prévu. Il va vite faire la rencontre des autres hommes impliqués dans l'affaire et devoir se confronter à Adam Smart (le mari à léser) et de son fidèle compagnon à quatre patte, ersatz de Cujo la rage en moins, mais au caractère aussi agressif. Commence alors une lente plongée dans un cauchemar éveillé.

Le départ est je dois l'avouer un peu plan-plan. Brussolo insiste sur la mise en place de son intrigue et perd un peu son temps à nous décrire la situation de Dan dans la capitale du jeu, surtout que les éléments apportés n'ont pas de réel intérêt sur ce qui se passe ensuite. Une fois l'action transposée à Los Angeles, la pression monte d'un cran. La tension est palpable page après page montant crescendo jusqu'au dénouement final qui pour moi m'a surpris, ce qui est toujours agréable dans ce genre de littérature. Les personnages secondaires sont très bien amenés et rajoutent à l'ambiance délétère et glauque qui s'installe au fil du récit. On a vraiment l'impression d'être dans cette équipe de truands qui prépare le coup d'une vie. On partage leurs espoirs, leurs doutes et on s'imagine très bien à leur place.

Là où le bouquin frôle le génie, c'est dans la description de la relation particulière qui s'est nouée entre Adam et le chien qu'il a recueilli. Véritable épouvantail à criminel, son ombre rôde durant les 400 pages environ du livre, sa menace est pesante et angoissante à souhait. Pourtant, on aperçoit en filigrane la relation unique qui peut se nouer entre un chien et son maître notamment dans des situations extrêmes et dieu sait qu'il y en a un certain nombre dans ce roman. Très vite le lecteur se pose beaucoup de questions sur cet animal tout droit sorti des enfers. Il agit étrangement, possède une intelligence hors du commun et franchement fait flipper! Adam Smart n'est pas mieux tant il inspire méfiance et colère se révélant un mari tyrannique et froid. Bien évidemment, il ne faut pas se fier aux apparences et la fin balaie l'ensemble d'un revers de main franc et direct comme Serge Brussolo en a le secret.

Comme tout Brussolo qui se respecte, l'histoire est maîtrisée et implacable. L'écriture est accessible, souple et agréable malgré ici quelques longueurs inutiles qui alourdissent quelque peu l'ensemble sans pour autant provoquer l'ennui. Simplement, l'auteur aurait pu (dû?) aller plus à l'essentiel dans la première partie tant des éléments secondaires semblaient finalement inutiles comparés à la trame principale. Reste un très bon roman qui se dévore et qui m'a laissé pantois par sa conclusion venue de nulle part. Une belle expérience de plus avec cet auteur qui est décidément à suivre!

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

- "Avis de tempête"

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mardi 10 septembre 2013

"Avis de tempête" de Serge Brussolo

avisdetempeteL'histoire: Imaginez une épave flottante, un bateau abandonné par son équipage, il y a de cela des années, et qui continue malgré tout à dériver en haute mer, au hasard des courants. Ses cales sont remplies de lingots d’or, trésor de guerre offert au premier qui osera s’en emparer. Mais attention! Aborder ce vaisseau fantôme, c’est pénétrer dans une épave où rode l’ombre d’un criminel de guerre que la solitude a rendu fou. Méfiez-vous! Car la peur vous attend, tapie entre les flancs de ce bateau qui n’en finit plus de faire naufrage. La peur, mais aussi la folie et la mort, trois passagères clandestines qui vous feront payer cher l’audace d’être monté à bord...

La critique de Mr K: Quoi de meilleur qu’un petit Brussolo pour passer un bon moment en cette fin de période estivale! En trois lectures dont deux polars bien ficelés, j’ai été conquis par le style de cet auteur hautement prolifique qui a un don certain pour pondre des histoires déroutantes et mener en bateau ses lecteurs. Dans ce volume, on retrouve le héros de "Bunker" dans une nouvelle aventure sud-américaine pas piquée des hannetons!

Ne vous laissez pas abuser par le résumé de quatrième de couverture, le passage dans le fameux bateau fantôme ne concerne que le dernier quart du roman. Tout commence par un premier chapitre haletant mettant en scène Arcaño, un apparatchik d’un régime totalitaire mourrant, fuyant la populace en colère, se réfugiant dans son yacht pour échapper à la révolution qui va renverser son dictateur de patron. Il a de l’or, beaucoup d’or qu’il a accumulé et entassé dans la soute de son bateau. Malheureusement pour lui, une terrible tempête va mettre fin à son rêve de retraite dorée... Le récit reprend trois ans plus tard et nous retrouvons Caine, écrivaillon de seconde zone, dans le pays imaginaire Terremoto portant toujours les stigmates de la révolution et vivant dans une autarcie tant politique que technologique. La chasse au trésor peut commencer et rien ne sera épargné au héros principal.

On retrouve dans cette aventure le personnage ambigu de Caine que j’avais bien apprécié dans Bunker. Baroudeur jusqu’au bout des ongles, on a parfois du mal à voir ses réelles motivations. Les frontières entre le bien et le mal sont parfois bien floues et ce périple va mettre à mal sa morale et ses désirs. Il croise sur son chemin des personnages complètement barrés qui vont tour à tour l’aider ou lui mettre des bâtons dans les roues. Il y a Kitty, ex-mannequin reconvertie dans l'activité de guide de plaisance qui va faire la totalité du chemin avec lui et se révéler bien surprenante au delà de son aspect de bimbo décérébrée. Il y a Sozo, un être difforme, vivant reclus dans la jungle, fuyant son passé et cachant un lourd secret. Puis il y a Carlita, égérie de l’ancien régime, cachée au fin fond d’un hôpital psychiatrique à moitié désaffecté bordé par une forêt menaçante. Au delà de ce triptyque de personnage singulier, le lecteur est plongé dans un univers violent et déviant. La population de Terremoto, endurcie et marquée par les épreuves, fait preuve d’une violence sans nom quand elle met la main sur d’anciens membres du régime dictatorial. Cela donne lieu à des descriptions parfois bien gores, limite farfelue tant Brussolo se complait dans le scabreux et dans le délirant. Ces passages ont le doux parfum d’une bonne série B.

On nage donc dans le glauque et plus on avance dans le récit plus on se rend compte que cette chasse au trésor s’apparente à un gigantesque test. Comment va en ressortir Caine? Va-t-il arriver au bout de sa quête? Sa soif d’or va-t-elle le perdre? Il va devoir tour à tour combattre des singes sauvages amateurs de chair humaine, des gardiens d’Hopital Psychique pervers, un ermite fou, les flots déchaînés des courants d’El Niño, des squales bien partant pour faire de lui leur déjeuner et enfin, une épave pleine de promesse. Le tout est concentré sur 250 pages ce qui donne un récit sans temps mort, à la langue simple et directe, efficace comme un uppercut dans le foie lorsque l’auteur se targue de descriptions borderlines sur l’état psychique du héros ou sur la nature sauvage (de très belles évocations de la forêt tropicale et de l’Océan Pacifique).

Au final, je n’ai pas vu le temps passer et il ne m’a fallu que deux sessions de lecture fiévreuses pour en venir à bout. Certes ce récit ne révolutionne pas le genre mais on y trouve ce supplément d’âme qui fait que ce roman se situe au dessus de la moyenne. Beau périple en tout cas, glauque à souhait et au suspens constant jusqu’à la toute fin. Ça ne se refuse pas, non?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

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mercredi 22 mai 2013

"Les Emmurés" de Serge Brussolo

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L'histoire: À l'origine, la mission de Jeanne était simple: s'installer quelque temps dans un immeuble où furent commis, des années plus tôt, plusieurs crimes inexpliqués, afin d'y écrire un reportage, si possible sensationnel...

Mais aussitôt franchi le seuil de l'étrange maison Malestrazza, la jeune femme va deviner que les maléfices ne sont pas uniquement dus aux fantasmes du voisinage. Est-il vrai que l'assassin habiterait toujours là, caché dans un appartement secret? Y-a-t-il, comme on le prétend, des cadavres emmurés aux différents étages? Et que lui veut au juste le fils de la concierge, ce gamin trop imaginatif, qui spontanément s'offre à lui faire découvrir les arcanes de la bâtisse?

La critique de Mr K: Trouvé une fois de plus chez l'abbé, ce livre est le troisième que je lis de cet auteur après Le Syndrome du scaphandrier et Bunker. Retour vers le roman noir avec celui-ci et le moins que l'on puisse dire... c'est que c'est réussi!

Pourtant ça partait mal avec une héroïne que je qualifiais directement de "moule" dès la dixième page tant je la trouvais agaçante. Pas très engageante la fifille, mi pleureuse mi victime, franchement j'avais envie qui lui arrive tout plein de choses bien désagréables afin qu'elle apprenne la vie... On peut dire que Brussolo a exaucé mon voeu à la puissance dix et je regrette un peu mon agressivité de départ. Dès que Jeanne pénètre dans l'étrange bâtisse, changement de ton, c'est le début de la descente aux Enfers. La quatrième de couverture m'avait fortement interpelé, je n'ai pas été déçu!

Sans trop révéler l'intrigue, sachez qu'elle va faire la connaissances de personnages bien branques avec en tête de liste la concierge (celle de Mr Jean me paraît bien sympathique d'un coup) et son fils. Ce dernier gagne en profondeur au fil du récit et il va falloir vous accrocher pour suivre l'auteur dans son délire bien glauque. Je m'imaginais comme Jeanne que la bâtisse serait vieille, sale, décrépite... que nenni! Mme Cliquet (la concierge) est une maniaque qui ferait passer ma belle-mère pour quelqu'un de non concerné par le ménage (c'est vous dire! Là vous êtes obligé de me croire...). Le milieu est aseptisé et les habitants qui persistent à y habiter (pas vraiment le choix financier de partir) ont des moeurs étranges et s'enferment chez eux à la nuit tombée. Pendant les 286 pages du recueil, nous allons explorer la maison de Malestrazza de fond en comble ainsi que les méandres de l'esprit humain. Rien de reluisant je vous assure!

On retrouve dans cet ouvrage tout le talent de Brussolo pour planter une situation, un décor et des personnages en quelques pages. À part les débuts pénibles de l'héroïne, tout s'emballe très vite et le mystère plane. Les éléments de réponse et les fautes pistes s'enchainent, le lecteur se perd à de nombreuses reprises, égaré volontairement par un auteur entier et sans concession. Certains passages sont d'une rare violence psychologique et Jeanne va passer par tous les états pour se transformer irrémédiablement en une autre elle-même. Le lecteur lui, est pantois devant tant de destruction intime et de révélations dantesques sur la réelle nature des événements qui se jouent dans cette maison. Attention, ayez l'esprit ouvert, la révélation est surprenante.

Une très bonne lecture, rapide (deux soirs), distrayante à souhait, parfois dérangeante. J'ai été abasourdi, ravi par la fin qui me convenait parfaitement. Troisième belle découverte donc avec cet auteur qui se révèle décidément efficace et abordable. Un petit bonheur bien déviant comme je les apprécie!

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mardi 18 décembre 2012

"Bunker" de Serge Brussolo

9782253113966

L'histoire: Une angoissante course au trésor dans une maison hantée par des fantômes à croix gammée. Une ancienne cité balnéaire où la jungle crève les trottoirs, où les singes envahissent les cabines téléphoniques. Un vieillard mythomane, concierge d'un bunker abandonné, sentinelle d'apocalypse veillant sur les ruines d'un laboratoire digne des "médecins" maudits du IIIème reich! Au bout du compte, un cocktail au goût de sang.
Quand la folie tire les ficelles du crime, tout est possible, même le pire... Surtout le pire!

La critique de Mr K: Cela faisait bien longtemps que Nelfe et moi n'étions pas retournés chez l'abbé. Devant l'arrivée des grands froids et le relatif calme en terme de travaux dans la maison, nous avons craqué! Au détour d'un bac consacré aux polars, je suis tombé sur ce volume dont la quatrième de couverture m'a tout de suite accroché: Amérique du Sud, jungle, nazisme et chasse au trésor... Tous les éléments d'un bon cocktail littéraire étaient réunis. Je ne me suis pas trompé!

La scène d'ouverture plante direct le décor, nous assistons à l'exécution de la maîtresse officielle d'un chef de guerre local à la cruauté redoutable. Ce premier chapitre est âpre, violent et nous présente Miss O, une passionaria révolutionnaire assoiffée de vengeance. Très vite, nous l'abandonnons au profit de Caine, le héros d'un récit qui va à cent à l'heure. Écrivain à la petite semaine, il est en Amérique du sud pour enterrer son mentor (ex prof de fac) et respecter ses dernières volontés. Ce dernier enquêtait sur Arturo Aguilados, un tyran local amateur des théories raciales d'Hitler et retranché dans un bunker (la fameuse casamuertas) qu'il s'est construit sur une petite île au large d'une cité balnéaire apparemment tranquille. Il y aurait commis des expériences innommables et surtout, il y aurait dissimulé un caché un trésor que beaucoup convoitent.

Très vite, la tension monte. Brussolo est un maître dans le genre et il le prouve ici de la plus belle des manières. L'ambiance est glauque à souhait avec cette cité reconquise peu à peu par la jungle, abandonnée par ses habitants fuyant la violence du gang tenant la mine d'or de la région, le terrorisme incarné par Miss O et la nature qui reprend ses droits. On suffoque avec le héros dans ce climat tropical impitoyable qui transpire des pages. Les personnages sont ambigus à souhait et on ne sait vraiment pas sur quel pied danser. Bien que court, ce récit n'est pas avare en rebondissements et bien malin serait celui qui devinera la fin avant la toute dernière page. Pour ma part, j'ai été littéralement cueilli et séduit par un parti pris pas si courant dans l'édition actuelle.

Le style est percutant et brut de décoffrage. C'est du polar pur et dur, la langue est abrupte, parfois crue. Les personnage sont ciselés en quelques formules bien senties et bien que caricaturaux parfois, ils sont attachants et bougrement vivants. L'addiction est venue très vite et je dois avouer que j'ai veillé bien tard deux nuits de suite pour savoir le fin mot de l'histoire. Une belle expérience entre dépaysement et roman noir que je ne saurais que trop vous conseiller!

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lundi 12 décembre 2011

"Le Syndrome du scaphandrier" de Serge Brussolo

Le-Syndrome-du-scaphandrierL'histoire: David est un chasseur de rêves.
Chaque nuit il s'enfonce au cœur du sommeil pour en ramener d'étranges objets que se disputent des collectionneurs avides.
Si, dans le monde réel, David est un modeste fonctionnaire au service d'une administration sans visage, en rêve il mène la vie exaltante et dangereuse d'un cambrioleur aux effractions chaque fois plus risquées.
Les psychologues lui affirment que cet univers parallèle n'existe pas, que ces complices, ces gangsters, ces femmes fatales des profondeurs sont un pur produit de son imagination.
Mais comment en être vraiment sûr?
Et si l'on pouvait émigrer, passer en fraude la frontière de la réalité pour se réfugier dans la zone libre des songes?

La critique de Mr K: Voilà un livre qui se cachait dans ma PAL depuis plus d'un an et qui aurait mérité un bien meilleur sort tant il s'apparente à une bonne claque littéraire des familles, une véritable révélation d'un talent d'écrivain hors norme et d'une histoire universelle. Je l'ai lu en non-stop quasiment, une journée pluvieuse du week-end dernier.

Avec ce roman, on nage constamment en eau trouble, entre rêve et réalité, un peu à la manière du premier et excellent film de la trilogie Matrix ou du surestimé Inception de Christopher Nolan. Le héros est un "artiste-rêveur" vivant dans un futur peu reluisant où l'existence de chacun est définie parce qu'il consomme notamment en terme d'œuvres d'art. Les scaphandriers de l'imaginaire sont des êtres qui plongent au plus profond de leur inconscient, y vivent des aventures hors normes et en ramènent des créations ectoplasmiques qui sont ensuite revendues en tant qu'œuvres. Derrière ce postulat étrange et déconcertant se cache une œuvre d'une intelligence et d'une accessibilité rare.

Dès le premier chapitre, le lecteur est immergé dans l'univers onirique du héros. Cela donne lieu à des scènes interlopes à la manière des rêves qui peuplent nos nuits: le temps s'étire ou s'écourte sans logique apparente, les objets changent de forme ou s'animent, des personnes apparaissent ou disparaissent sans raison... Et puis, c'est le réveil dans une réalité morne et désespérante. Peu à peu, par petites touches, l'auteur nous dépeint une terre ravagée par les méfaits de notre espèce et où les artistes se révèlent être des producteurs que l'on peut mettre au rebut quand ils commencent à montrer des signes de faiblesse, quand leur rentabilité chute.

Derrière tout cela, il y a une belle réflexion autour de l'art, de sa fonction et l'éternelle question du beau. On ne peut que flipper en lisant ce roman qui n'est que le prolongement des dérives actuelles notamment au niveau de l'art et des médias qui nous vantent que des produits prémachés et périmés à peine sortis. Certes nous sommes encore loin de l'univers présenté dans le livre de Brussolo mais les premiers jalons sont posés et la technologie se développant à vitesse grand V au bénéfice du "tout, tout de suite", la suite logique serait la mort de l'underground au profit de l'art officiel et soporifique. Dormez brave gens, on veille sur vous! Nombre d'idées et d'éléments du background de ce livre m'ont fait irrémédiablement penser à l'Angleterre fasciste dépeinte dans le "V pour Vendeta" de Moore et Lloyd que je chroniquerai prochainement.

Pas beaucoup d'espoir donc dans ce livre si ce n'est dans les rêves du héros et son échappée finale. Une belle oeuvre qui se dévore sans retenue, une histoire éternelle qui vous marquera pour longtemps.

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