jeudi 8 novembre 2018

"Mississipi" de Hillary Jordan

mississippiL'histoire : Un amour interdit, une terrible trahison, une agression d'une sauvagerie inouïe ans le Mississippi des années 1940. Dans la lignée d'un Faulkner, un roman d'une puissance étonnante qui nous plonge dans la brutalité et les contradictions du Vieux Sud.

Lorsqu'elle découvre la ferme que son mari, Henry, vient d'acquérir, Laura McAllan comprend qu'elle n'y sera jamais heureuse. Pourtant, en épouse et mère dévouée, elle s'efforce d'élever leurs deux fillettes, sous l'oeil haineux de son beau-père, membre du Ku Klux Klan.

Alors que les McAllan luttent pour tirer profit d'une terre peu fertile, deux soldats rentrent du front :
Jamie, le jeune frère d'Henry, aussi séduisant et sensible que son aîné est taciturne et renfermé. Et soudain, Laura se sent renaître...
Ronsel Jackson, le fils des métayers, un descendant d'esclaves qui, pendant quatre ans, s'est permis de croire qu'il était un homme. Mais le Sud va se charger de lui rappeler qu'il n'est qu'un nègre...

La critique Nelfesque : Moi qui aime les sagas familiales, avec "Mississippi", j'ai été servi ! Hillary Jordan réussit en 360 pages ce que certains, dans ce genre de littérature, mettent 800 pages à faire : planter un décor, caractériser ses personnages et apporter un vrai plaisir de lecture.

Tout est ici réuni pour faire passer le lecteur par tous les états. L'histoire est campée en plein Sud de l'Amérique, à une époque où les tensions raciales et les mentalités sont exacerbées. Le racisme hante les maisons, parcourt les rues, le Ku Klux Klan exerce son funeste pouvoir pour encore quelques années de façon officielle. L'Etat du Mississippi n'est pas le plus raciste à l'époque et déjà les tensions font froid dans le dos. Laura, jeune mariée et maman va devoir composer avec ce nouvel environnement, elle qui a épousé sans le savoir un homme qui rêvait d'avoir sa propre ferme de coton et va, en bon époux qui contrôle tout, y compris la vie de sa femme, acquérir un domaine isolé et en ruines. Avouez que ça fait rêver...

La nature est omniprésente dans ce roman. Le travail aux champs est rude, on ne ménage pas sa peine. Laura est dévastée mais son mari donne tout, aveuglé par ses objectifs, pour qu'elle soit heureuse. Même si cette vie n'est pas celle qu'elle avait imaginé pour elle et sa famille, elle doit se montrer épanouie face à l'implication de son mari. C'est son devoir d'épouse. Son devoir d'épouse est aussi de composer avec un beau-père membre actif du Ku Klux Klan, aux paroles et aux actes donnant envie de vomir et vivant sous son toit. "Mississippi" commence avec l'enterrement de ce dernier. Que s'est-il passé pour que deux frères mettent en terre leur père une nuit d'orage sous une pluie battante ? Nous aurons tout le roman pour l'apprendre.

Les thèmes abordés dans cet ouvrage ne sont pas des plus originaux. Hillary Jordan nous parle de passion, de vie familiale, de ségrégation, de violence, d'alcoolisme... Et pourtant tout cela est tellement bien maîtrisé et dosé que dès les premières pages le lecteur est prisonnier de cette histoire qu'il sait d'avance dramatique et qui tient en haleine jusqu'au bout. Cet emballement, nous le devons aux personnages, aux liens qu'ils entretiennent les uns avec les autres, à leurs psychologies. On en aime certains, on en déteste d'autres et surtout on aime les détester. Terriblement bien caractérisés, ils sont chacun une composante majeure du tableau final. Chaque teinte, chaque coup de pinceau, doit être appliqué de cette façon précise pour que l'oeuvre dans sa globalité nous saute à la gorge. On rit avec eux, on pleure avec eux, on vit.

La force et le courage sont au coeur de "Mississippi", autant pour Laura que pour les soldats de retour du combat sévissant en France et qui s'apprêtent à en découvrir un autre, moins frontal, plus sournois mais tout aussi dangereux. Jamie, hanté par le conflit et ses images cauchemardesques, et Ronsel qui va retrouver le racisme en rentrant chez lui, traité pire qu'un chien bien qu'étant héros de guerre. Tour à tour le lecteur suit l'ensemble des personnages en changeant de point de vue à chaque chapitre, permettant ainsi d'être au plus près de leurs ressentis et de leur histoire personnelle.

Cette auteure est à suivre tant elle nous donne ici à voir un récit poignant, tendu et envoûtant. Avec des personnages attachants, une histoire prenante, des événements terribles et des thèmes forts, elle nous offre un moment de lecture intense et enthousiasmant malgré sa noirceur. Racisme, alcoolisme, guerre sont les ingrédients principaux mélangés dans une marmite en forme de ferme du Mississippi. Presque un huis clos dans ces grands espaces. Un premier roman saisissant.

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lundi 15 octobre 2018

"Le Tombeau d'Apollinaire" de Xavier-Marie Bonnot

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L'histoire : Que la guerre est belle ! Mensonges, tout ça. Dans les tranchées de la Grande Guerre, le sergent Philippe Moreau dessine les horreurs qu'il ne peut dire. Son chef, le sous-lieutenant Guillaume de Kostrowitzky, écrit des articles, des lettres et des poèmes qu'il signe du nom de Guillaume Apollinaire. La guerre, comme une muse tragique, fascine l'auteur d'Alcools.

Pour Philippe Moreau, jeune paysan de Champagne, elle est une abomination qui a détruit à jamais son village. Blessés le même jour de mars 1916, les deux soldats sont évacués à l'arrière et se perdent de vue. Philippe Moreau va tout faire pour retrouver son lieutenant. Une quête qui l'entraîne jusqu'à Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, où il croise Cendrars, Picasso, Cocteau, Modigliani, Braque...

La critique de Mr K : Nouvelle belle claque de la rentrée littéraire 2018 avec Le Tombeau d'Apollinaire de Xavier-Marie Bonnot paru chez Belfond. Ceux qui nous suivent depuis longtemps connaissent mon attachement tout particulier pour les ouvrages traitant de la Première Guerre mondiale, un conflit aussi fascinant que monstrueux, une boucherie gigantesque mise en lumière ici par le destin croisé d'un anonyme avec un grand nom de la littérature française. Au programme, le récit âpre et sans concession de la guerre, les doutes et espoirs d'un homme perdu au cœur d'un conflit qui le dépasse, et la démobilisation et le milieu artistique en toute fin de la Grande Guerre.

Philippe Moreau, fils de paysan du Nord âgé d'à peine 20 ans est appelé sous les drapeaux dans le 96ème régiment d'infanterie. Séparé de sa famille par la force des choses, un peu gauche et timide, il est envoyé en première ligne où il est plongé dans la fureur des combats. Côtoyant quotidiennement la mort, le doute s'installe très vite en lui face à ce massacre organisé qu'il trouve de plus en plus vain. Il trouve un peu de réconfort dans la camaraderie qui s'instaure instantanément entre les poilus, l'alcool que l'on partage réchauffant l'âme et le cœur mais aussi le dessin qu'il pratique depuis tout gamin et par lequel il retranscrit les scènes de vie et de guerre auxquelles il assiste.

En novembre 1915, son existence va basculer lorsqu'un nouveau gradé prend en main son escouade. Il s'agit de Guillaume Kostrowitzky (aka Apollinaire) qui s'est engagé dans le conflit pour servir la France, devenir français et aussi voir de plus près la guerre, événement qui le fascine et flatte son esprit patriotique. Se noue alors entre les deux hommes une relation étrange et complexe, solidarité entre les combattants, admiration du provincial pour l'artiste à la grande renommée, le partage de visions artistiques qui se croisent sans jamais vraiment se rapprocher (l'un écrit, l'autre dessine), les coups de gueule et les coups de blues. Puis vient le jour, où ils tombent tous les deux au champ d'honneur et sont séparés lors de leur convalescence. Après s'être remis, le jeune homme part sur Paris à la recherche de son lieutenant, il découvrira la ville lumière et sa situation critique pendant la deuxième partie de la guerre, il croisera des grands noms de l'époque, commencera à révéler son talent artistique, apprendra beaucoup sur lui-même.

La première partie du roman est une très belle évocation de la guerre des tranchées. Crue, violente et pathétique, on est pris à la gorge par le récit qui fait la part belle aux descriptions des assauts, aux longues périodes d'attentes, aux atermoiements de l'Etat-major et le quotidien désespérant d'hommes du commun envoyé au massacre sans vergogne. D'une rigueur historique de tous les instants, on retrouve ici toutes les qualités de grands classiques du genre avec un souci du détail impressionnant et de très beaux tableaux psychologiques qui donnent une âme aux personnages traversant ses pages comme des esprits errants tant la peur, la souffrance et la folie les guettent ou les a déjà pris. Pas de manichéisme, pas de voyeurisme non plus, le simple récit d'existences broyées par la soif d'honneur et de pouvoir. Quand le personnage sera blessé et envoyé à l'arrière, il ne sera définitivement plus le même, habité par un dégoût et un écœurement qui le marquera à vie.

Au milieu de ce déchaînement de fureur, le lecteur apprécie les échanges pleins d'humanité entre le sergent Moreau et le lieutenant Apollinaire. Même si ces deux là ne se comprennent pas toujours, un respect et une écoute s'installent entre eux. Le grade ne change rien, ils vivent une expérience traumatisante qu'ils se doivent de partager pour tenir le coup et rester humain au milieu de la folie environnante. Amour de la patrie et exacerbation du courage humain d'un côté se confrontent avec la désolation, la peine de voir tant de jeunes âmes fauchées ou mutilées avant l'heure dite de l'autre. L'art, l'expression des sentiments relient ces deux êtres qui vont se croiser et se recroiser tout au long du récit.

La deuxième partie du roman traite du séjour à Paris de Philippe Moreau suite à sa démobilisation. Blessé à la tête, il ne recombattra pas, il en éprouve un soulagement sans borne teinté de honte face à tous les autres compagnons restés au front. Errant dans Paris, il explore les arcanes des milieux artistiques de l'époque, ses dessins avaient frappés Apollinaire qui l'avait enjoint à se faire connaître auprès de ses amis dès son retour à la vie civile. Il traînera avec Apollinaire entouré de sa cours (le bonhomme est un peu fat sur les bords), deviendra copain avec Blaise Cendrars (un de mes auteurs préférés), rencontrera l'amour. C'est l'occasion pour l'auteur de nous fournir un portrait saisissant du Paris de l'époque, entre insouciance bohème et la menace insidieuse des bombardements qui perdurent. La guerre est à la fois proche (explosions, rationnements, veuves en noir et mutilés de guerre) et lointaine (la vie semble suivre son cours quasiment normalement dans les milieux aisés), j'ai adoré cette partie qui comme un bilan vient clôturer de fort belle manière cet épisode de vie haut en couleur, touchant et éclairant sur les traumatismes liés à la guerre.

Vous l'avez compris Le Tombeau d'Apollinaire est essentiel dans son genre surtout qu'il est servi par une science de la narration d'une fluidité incroyable qui provoque une empathie totale. On vit littéralement l'histoire, on est touché en plein cœur par ses personnages heurtés, bousculés par l'Histoire. L'écriture limpide, accessible, qui alterne fiction et petits extraits des vers d'Apollinaire (et d'autres artistes d'ailleurs) donne une profondeur, une sensibilité hors norme à un roman qui fera date j'en suis sûr dans l'évocation d'un conflit dont on fête cette année les 100 ans. Un petit bijou d'humanité et d'inhumanité à lire absolument.

jeudi 26 juillet 2018

"Réveille-toi !" de François-Xavier Dillard

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L'histoire : C'est lorsque vous vous réveillerez que le cauchemar va vraiment commencer...

Basile Caplain est un greffé du cœur qui vit reclus, sans travail ni perspective. Sa seule obsession : dormir le moins possible, car ses nuits sont peuplées de cauchemars. Son unique ami, Ali, le gérant d'une station-service, est passionné par les faits divers. Un soir, ce dernier lui parle du meurtre barbare d'une jeune femme. Or, ce crime atroce, c'est exactement le rêve que Basile a fait deux jours plus tôt...

Paul est un paraplégique de dix-huit ans, génie de l'informatique, qui développe pour la police scientifique un programme baptisé Nostradamus – un algorithme révolutionnaire devant permettre de réaliser des portraits-robots hyperréalistes des criminels présumés.

Alors que des meurtres sauvages sont perpétrés à Paris, la police judiciaire met sur le coup son meilleur atout : le Dr Nicolas Flair, psychiatre mentaliste, qui a déjà résolu de nombreuses affaires.

Lorsque les chemins de ces trois protagonistes se croiseront, l'Inconscient, la Science et la Psychiatrie vont devoir collaborer pour essayer d'arrêter le pire des monstres...

La critique de Mr K : Critique d’un petit thriller bien sympathique aujourd’hui, le genre de lecture idéale lors des grandes vacances quand on cuit sous le soleil face à la grande bleue. Et pourtant, on ne peut faire plus éloigné comme univers avec dans Réveille-toi ! des meurtres épouvantables, des forces de l’ordre sur les dents et des révélations qui au fil de leurs apparitions mettent à mal nombre de certitudes et d’hypothèses de lecture. Plutôt classique dans ces artifices, ses situations et personnage, ce roman tire son épingle du jeu grâce à son rythme haletant, sa langue impeccable et un ensemble cohérent et bien mené.

Une série de meurtres particulièrement sauvages ont lieu à Paris depuis maintenant quelques semaines. Les victimes sont toutes des jeunes femmes plutôt jolies que l’on retrouve quasiment en pièces détachées sur les lieux du crime. L’aspect barbare, sans limite entre Bien et Mal interpelle les enquêteurs qui ont du mal dans un premier temps à trouver le dénominateur commun entre ces actes atroces. On retrouve plusieurs personnages qui de près ou de loin vont tenter d’arrêter la folie meurtrière d’un être qui a basculé définitivement dans la monstruosité. On retrouve ici le vieux de la vieille à qui on ne la fait pas (du moins, il le croit), de jeunes pousses en devenir dans la police qui cachent bien des secrets, des relents nauséabonds de corruption dans le monde politique (c’est de saison !), les liens familiaux qui font et défont les individus et la science la plus pointue qui lorgne dangereusement vers un futur à la Minority Report...

La première force de cet ouvrage réside dans son rythme qui se révèle très vite trépidant. À raison de six / sept pages maximum par chapitre, on les enchaîne sans s’en rendre compte, l’auteur usant d’astuces certes déjà lues et relues mais ici maîtrisées et réservant un suspens très vite envahissant ! C’est bien simple, une fois entamé, il est très difficile (voir impossible) de relâcher ce livre ! Alternant entre ses trois / quatre personnages principaux, François-Xavier Dillard aime laisser les situations en berne, nourrissant par la même frustration et désir chez son lectorat. C’est pas neuf mais c’est efficace et la tournure des événements ne va que faire augmenter angoisses et surprises qui sont nombreuses lors de cette lecture enthousiasmante.

Car au départ, on se dit que ça ne décole pas vraiment, que les personnages ne s’apparentent qu’à des ombres voir des caricatures. C’est sans compter l’imagination fertile et l’esprit retors de l’auteur qui aime aussi prendre à rebours ses lecteurs. Ainsi, derrière le flic en fin de carrière, le jeune-homme en fauteuil roulant génie de l’informatique, le transplanté cardiaque livré à de sombres et violents cauchemars se cachent des vies bien plus complexes qu’elles n’apparaissent au départ. Fêlures familiales, manque affectif, petits arrangements malsains, chantages dissimulés sont légion et les personnages pour beaucoup sont des abîmés de la vie qu’ils en soient conscients ou non. Ce côté borderline explose en bouche au bout d’une cinquantaine de pages, une fois la machine lancée plus rien ne peut l’arrêter. On rentre alors dans une autre dimension : l’étau se resserre entre tous, des points communs apparaissent et la résolution de l’affaire donnera lieu à une réaction en chaîne qu’on ne voit pas forcément venir, l’auteur s’étant amusé à distiller indices, repères en cours de lecture sans pour autant que cela soit flagrant. L’ensemble est assez bluffant de cohérence et donne vie à une trame vraiment dense et sans fioriture qui m’a rendu accro très vite.

Quand on referme l’ouvrage, on ressort avec un profond sentiment de satisfaction. La lecture s’est révélée très plaisante de bout en bout, l’histoire est suffisamment complexe pour que je reste accroché jusqu’au bout et au passage, on égratigne pas mal la famille, le monde politique et certains dysfonctionnements de la société. Réveille-toi ! est le deuxième titre que je lis de François-Xavier Dillard, l’écrivain talentueux mais légèrement prévisible de Ne dis rien à papa cède la place ici à un auteur à suivre pour tous les amateurs de thriller, vous vous régalerez !

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samedi 10 février 2018

"Les Indifférents" de Julien Dufresne Lamy

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L’histoire : Ils sont les enfants bénis. Les élus. Ils se surnomment les Indifférents.

Une bande d'adolescents bourgeois mène une existence paisible sur le bassin d'Arcachon. Justine arrive d'Alsace avec sa mère, recrutée par un notable du coin. Elle rencontre Théo, le plus jeune fils de la famille, et, très vite, intègre son clan.

De ces belles années, Justine raconte tout. Les rituels, le gang, l'océan. Cette vie d'insouciance parmi les aulnes et les fêtes clandestines, sous le regard des parents mondains.

Mais un matin sur la plage, un drame survient. Les Indifférents sont certainement coupables. La bande est devenue bestiale.

La critique de Mr K : Voilà un roman qui m’a fait son petit effet ! Premier livre que je lis de ce jeune auteur, cette chronique adolescente est dosée comme il faut, ménage ses effets et réserve un dénouement glaçant qui marque les esprits. Suivez-moi dans les méandres de l’adolescence avec son lot d’espoirs, de communion mais aussi de cruauté et d’indifférence.

Justine déménage avec sa mère. Cette dernière ne supporte plus les tromperies de son mari et décide de quitter l’Alsace pour le Cap Ferret où elle a décroché une place chez une vieille connaissance de sa prime jeunesse. Devenue donc expert-comptable chez un notable du coin, elle essaie de redémarrer sa vie. Justine doit s’adapter à ce changement de vie sans précédent. Très vite, elle va se rapprocher de Théo le fils de la maison qui va l’introniser (suite à un rite de passage particulier) dans sa bande dont les membres se nomment eux-mêmes : Les indifférents. La vie est douce pour la jeune fille : une bande soudée, des amitiés solides et des activités de bord de mer qui la comblent. Mais derrière le vernis des apparences, les choses ne sont pas forcément ce qu’elles semblent être et un drame se prépare en catimini.

En fait, dès le départ, on sait que l’histoire va mal se terminer. L’auteur a choisi une construction bien particulière pour son roman afin de maintenir le suspens et le lecteur en haleine. Intercalés entre l’histoire générale narrant l’arrivée de Justine au Cap Ferret et le déroulement de ce qui s’ensuit, quelques courts chapitres nous expliquent qu’un événement épouvantable est intervenu sans révéler les identités de chacun et surtout de la victime. Cela crée un suspens quasi intenable car l’auteur ménage ses effets, prend un malin plaisir à livrer les indices au compte-gouttes pendant que le récit se déroule d’une manière faussement classique. Peu à peu les pièces s’emboîtent et livrent le vrai visage de chacun. On se transforme finalement presque en enquêteur car derrière cette chronique de vie et cette exploration sociétale (le milieu bourgeois du sud-ouest, les mœurs de chacun) se cache une espèce de polar bien addictif qui ébranle profondément le lecteur captif des lignes qui défilent devant ses yeux sans qu’il s’en rende compte.

Les Indifférents est un gigantesque trompe l’œil littéraire car derrière les façades affichées se cachent des vérités qui ne sont pas bonnes à dire, des événements passés que l’on cache et des omissions loin d’être innocentes. Critique à peine voilée de la bourgeoisie provinciale qui règne sur ses terres et ses intérêts comme les seigneurs d’autrefois, on rentre au fil des pages dans un univers select où les petits arrangements sont légion et où les sourires masquent des ambitions parfois peu enviables. Là où la lecture devient éprouvante, c’est qu’il s’agit avant tout d’une fenêtre ouverte sur l’adolescence. Et dans ce milieu là, les soucis liés à cet âge clef sont les mêmes que pour les classes plus populaires, même si ici les choses prennent des proportions autres (voir les passages sur les fêtes organisées sur la plage, le harcèlement social au lycée sur le personnage touchant de Milo et surtout la terrible révélation finale et sa résolution). On a beau se douter que l’on cohabite dans la même société, on ressort rincé et profondément écœuré de cette fable à la fois sombre et éclairante sur la nature humaine, le lien passé / présent, l’hérédité et la médiocrité de certains parents face aux déviances de leurs enfants.

On accroche immédiatement au roman, les personnages sont croqués avec justesse et sans exagération. Très réalistes, vivants, que l’on aime ou non les personnages, on a envie d’en savoir plus, de suivre leurs pas et de découvrir ce qui a pu bien se passer pour que tout dérape. L’écriture aide beaucoup, incisive et plus complexe qu’elle n’y paraît au départ, elle accompagne merveilleusement bien cette chronique adolescente aussi bouleversante qu’addictive. C’est bien simple, il m’a été impossible de relâcher ce volume avant la fin tant j’ai été happé par l’ambiance si particulière qui s’en dégage. Un livre à lire absolument si l’adolescence est un thème qui vous parle et si vous aimez les œuvres jusqu’au-boutistes avec un regard acéré et nécessaire sur les maux de notre société.

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samedi 4 novembre 2017

"Le Dernier Hyver" de Fabrice Papillon

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L’histoire : Août 415 après J-C. : La ville d'Alexandrie s'assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypatie, philosophe et mathématicienne d'exception, vient d'être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l'ensemble de ses écrits.

Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et les époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d'Hypatie, poursuivent son grand œuvre et visent à accomplir son dessein.

Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, homme étrange et commandant de police de la "crim" du Quai des Orfèvres. Peu à peu, l'étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres.

Est-elle, malgré elle, un maillon de l'histoire amorcée à Alexandrie seize siècles auparavant ? Quel est ce secret transmis par Hypatie et au cœur duquel se retrouve Marie ? L'implacable destin peut-il être contrecarré ou "le dernier Hyver" mènera-t-il inéluctablement l'humanité à sa perte ?

La critique de Mr K : Un vrai et bon page turner aujourd’hui avec Le Dernier Hyver de Fabrice Papillon, premier roman d’un auteur spécialisé à la base dans la vulgarisation scientifique (une vingtaine d’ouvrages à son actif dans ce domaine). Il marche ici dans les pas d’un Dan Brown en proposant une enquête haletante aux confins de l’histoire, de l’ésotérisme et de la hard science. Une belle lecture qui malgré quelques scories a le mérite d’être efficace et furieusement addictive.

Les ingrédients de base n’ont rien d’original sur le papier : des meurtres épouvantables sont commis dans la capitale selon un rituel étrange semblant venu du fond des âges, la collaboration entre une jeune étudiante à priori naïve avec un flic usé par l’existence, une confrérie antédiluvienne et une conspiration à l’échelle mondiale, des flashback réguliers à différentes époques du passé pour expliquer le présent. L’intrigue tenant sur tout de même 613 pages, les indices nous sont révélés au compte-goutte avec un savoir faire sadique certain, maintenant un suspens parfois intolérable et obligeant le lecteur à se coucher tard. C’est bien simple, j’ai lu ce livre en deux jours en mode no-life tant j’ai été happé par l’histoire.

Et oui, malgré un manque de surprise dans les thématiques, l’ensemble est rudement bien ficelé. Ainsi, même si les personnages ont un goût de déjà lu, ils restent profondément charismatiques et les liens qui les unissent créent une unité profonde et réservant quelques surprises malgré tout. Le flic est taciturne à souhait, vraiment au bord de la rupture, on s’attache à lui très vite, l’aspect ours-grognon fonctionnant à plein. Marie, l’étudiante hyper douée n’est pas en reste avec un déboussolement qui ne va pas aller en s’arrangeant jusqu’à la révélation finale. On a beau se douter que ça va faire mal, je dois avouer que la fin m’a diablement séduit car sachez-le, le happy-end n’est pas de mise. Clairement, le dénouement à lui seul vaut le détour, ça fait du bien de sortir un peu des sentiers battus et même si pour cela il faut attendre les 50 dernières pages, quel pied !

L’enquête en elle-même est menée avec brio et beaucoup de technique, les apports sont nombreux en terme de connaissances pures et l’on en apprend beaucoup sur les forces de l’ordre et leurs récentes réorganisations. L’ombre du 13 novembre 2015 plane d’ailleurs sur ces pages, l’auteur y faisant souvent référence comme dans la littérature américaine après les attentats du World Trade Center, il y a un avant et un après Bataclan en France. Une certaine tension en émane, un climat différent et clairement une certaine paranoïa que l’auteur distille avec finesse tout au long des phases d’enquêtes. Réaliste et sans pathos, la partie enquête de l’ouvrage se lit avec un plaisir certain.

La partie dite historique et scientifique est assez passionnante aussi malgré des entorses à la réalité. On retrouve ainsi des personnages célèbres qu’il est bien pratique d’user et de réutiliser à l’envie dans ce genre de thriller ésotérique (pêle-mêle ici Curie, Elisabeth I, Newton, Vinci, Voltaire...). C’est sympa d’essayer de tirer le vrai du faux surtout si comme moi vous avez étudiez l’Histoire dans votre jeunesse. Les autres se laisseront embarquer dans un rêve funeste et terrifiant. Perso, je n’y ai pas cru un moment même si ça ne me déplaît pas de m’évader dans un trip de conspiration pluri-millénaire à la Da Vinci Code. À ce propos, j’ai trouvé peu élégant de la part de l’auteur de se gausser à l’occasion de deux passages de Dan Brown (un dialogue entre flics, le touriste US dans une église anglaise) qui même s’il n’est pas toujours un auteur de haut calibre (voir ma critique d’Inferno) a eu le mérite de séduire des millions de lecteurs. Peut-être étaient-ce des clins d’œil, je les ai trouvés lourd-dingues et malvenus. La partie scientifique pure quant à elle est bluffante, pour le coup je n’y connaissais pas grand chose (je ne vous parlerai pas des domaines vus car cela donnerait des indices sur la teneur de la trame principale), j’en suis ressorti plus riche et éclairé. L’auteur n’a pas son pareil en tout cas pour expliquer avec des mots simples des concepts compliqués à priori hors de porté pour le béotien en la matière que j’étais.

C’est donc un ouvrage qui m’a énormément plu et qui a réussi à m’embarquer littéralement, le genre de livre auquel on pense et repense durant sa lecture ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Bien écrit, érudit mais sans exagération, structuré et maîtrisé de bout en bout, sans longueurs inutiles, on passe un excellent moment et la fin est géniale. Idéal pour se détendre durant une période de vacances, c’est le genre de bouquin qu’on ne peut relâcher une fois débuté si on est amateur du genre. Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous faites partie du lot.

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vendredi 18 août 2017

"Une Ombre chacun" de Carole Llewellyn

Une Ombre chacunL'histoire : Rescapée d'un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles. Pourtant, lorsqu'il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.
Homme d'affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un ancien Marine, afin de retrouver son épouse. Pour le soldat américain, que la fin de la guerre a laissé sans but, la quête de cette femme disparue est une occasion inespérée d'exister à nouveau.
À travers l'Europe, Clara et Seven vont partir à la recherche de vérités sur eux-mêmes qui altéreront pour toujours le sens de leurs vies.

La critique Nelfesque : "Une Ombre chacun" est le premier roman de Carole Llewellyn et pour le moins que l'on puisse dire, il ne m'a pas passionné... Le postulat de départ est intéressant, mais l'histoire traîne en longueur et l'intérêt s'émiette petit à petit.

Cette déception vient en premier lieu de la 4ème de couverture et de ce qu'elle laisse entrevoir. Clara, nous dit-t'on, décide de partir sans laisser de traces et son mari engage un ancien Marine pour la retrouver. Problème : ce départ n'intervient qu'à la moitié du roman et là où le lecteur s'attend à un ouvrage complet sur l'enquête et la recherche de soi des personnages principaux, il se demande au fil des pages quand cela va-t'il enfin commencer...

Pour autant, la préparation du départ de Clara est l'occasion pour l'auteure de dépeindre son personnage. Et accessoirement de nous la rendre insupportable ! On ne peut pas dire que ce roman n'est pas actuel car il l'est pleinement (trop même). Les problématiques ici soulevées sont dans l'air du temps et les technologies de notre époque. Pour ma part, j'ai du mal avec les ouvrages trop ancrés dans l'actualité du moment et laissant peu de place à l'imagination du lecteur. Ce qui ne devrait être qu'un support est ici un pivot bien trop frêle à mon goût. L'héroïne ici est obsédée par Instagram. Mais littéralement obsédée ! Elle ne pense qu'à cela. Comment photographier ceci, gommer cela pour que ses followers envient son quotidien. Lorsqu'elle vit quelque chose, elle n'en profite pas et l'événement est passé au crible de son écran de téléphone. La moindre image est capturée, même la plus anodine. Elle y rajoute ensuite des filtres, des hashtags, des légendes loin d'être spontanées. C'est peut-être parce que je déteste ce genre de procédés que j'ai eu du mal à m'attacher à Clara. Est-elle comme la majorité des personnes sur IG, superficielles, ou cela dénote-t'il d'un mal-être personnel, d'un sentiment d'infériorité qu'elle comble avec son application favorite mais qui finit par lui rendre la vie fade et morne ? J'ai ma petite idée sur la question (d'autant plus que je ne considère pas que la majorité des gens soient superficiels sur IG, il suffit de bien choisir qui l'on suit) mais mettre ainsi en avant un réseau social pour justifier le malaise de Clara me semble un peu trop facile pour être vraiment apprécié à sa juste valeur.

Vous l'aurez compris, j'ai eu du mal à rentrer dans ce roman, attendant un événement qui n'arrivait pas, étant complètement détachée de la superficialité des problèmes existentiels du personnage principal. Cette dernière est mariée à Charles, un homme d'affaire lui aussi très axé sur l'apparence et l'image qu'il renvoie. Sa vie est comme dans un magazine de mode. Il est beau, sa femme est belle, leur appart' est splendide et sa route semble toute tracée autant professionnellement que sentimentalement. Très centré sur lui-même et ce que peuvent penser les autres de lui, Charles est un con fini (oui, par moment, il faut appeler un chat "un chat" et ne pas tortiller 3 heures). Même lorsque sa femme disparaît, il ne montre pas une once de peine et gère son départ comme un dossier lambda. Pauvre petite fille riche qui ne supporte plus sa condition de jolie plante verte et qui, dans sa fuite, va laisser l'intégralité de ses cartes de crédit (pardon, des cartes de crédit de son mari) sur la table. Comment va-t-elle faire pour s'en sortir ainsi !? Désolée, mais personnellement, cela me laisse de marbre. Il y a des problèmes hautement plus graves dans la vie de certains et je manque cruellement d'empathie dans ce genre de situations (mea culpa). Peut-être suis-je trop âgée pour lire ce type de roman ? Peut-être ne suis-je pas assez fleur bleue pour prendre au sérieux sa souffrance ? Ou peut-être que tout simplement tout cela est bien trop superficiel et que ce monde m'ennuie, et m'exaspère même, à se regarder sans cesse le nombril !?

Les chapitres alternent entre Clara et Steven, l'ancien Marine recruté par Charles. C'est bien, ça permet de souffler. Steven est loin des canons de beauté et de perfection gravitant dans le cercle du couple. Un peu too much parfois, il n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat et peut paraître à certains moments absolument détestable. De par son ancien métier, une partie de lui est restée à la guerre et l'Afghanistan le ronge. Il est aussi macho (vous savez, l'armée, tout ça...) et raciste sur les bords (vous savez, l'armée, tout ça...). Ah du coup, c'est sûr que ça dénote avec mademoiselle vie bien rangée qui n'existe que par le regard des autres ! D'ailleurs dans l'ensemble, on ne s'éloigne que trop peu à mon goût du manichéisme. Les filles sont des jolies poupées attachées à leur apparence et aux porte-feuilles de leur mari et les hommes, des êtres détestables menés par leur queue. Je cherche encore les nuances...

Tout cela était bien trop creux et vain pour me plaire et c'est avec plaisir que j'ai tourné la dernière page d'"Une Ombre chacun". Non pas pour le dénouement mais pour pouvoir passer à autre chose ! Je ne doute pas que cet ouvrage plaira à d'autres lecteurs, il n'est pas mauvais en soi. C'est un premier roman et l'auteure va au bout de son idée. Malheureusement, cela reste beaucoup trop en surface pour moi et pour que je vous conseille cet ouvrage qui restera dans mon esprit comme une lecture plus que moyenne...

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mercredi 9 août 2017

Petit tour à la ressourcerie...

Avant notre départ en Périgord, Nelfe et moi sommes allés innocemment à la ressourcerie de Lorient pour voir un peu ce qu'ils proposaient. Plus précisément, nous recherchions quelques verres à vin, vu ma mauvaise habitude de les casser en faisant la vaisselle. Aucun verre nous ne trouvâmes mais par contre, le rayon livre était bien achalandé... Jugez plutôt des nouvelles acquisitions que nous avons ramené à la maison !

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(aie aie aie...)

Vous voyez où on en est arrivé ??? I.R.R.E.CU.P.E.R.A.B.L.E.S ! Enfin surtout moi comme vous allez pouvoir le constater, Nelfe s'étant une fois de plus illustrée par sa capacité de résistance à la tentation. Voici un traditionnel post de craquage comme nous en avons le secret, suivez le guide pour la présentation des petits nouveaux qui viennent rejoindre leurs congénères dans nos PAL respectives. 

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(THE trouvaille !)

- La Ligne verte de Stephen King. Un des derniers "vieux" titres de Stephen King qui m'avait échappé jusqu'ici. Comme beaucoup, j'ai adoré le film mais je souffrais de ne pas avoir lu ce titre paru sous forme de feuilletons et réputé comme très réussi dans l'oeuvre de cet ogre littéraire. Gros coup de chance donc de tomber sur les six volumes réunis au même endroit et dans la toute première édition. Sans doute, une de mes prochaines lectures tant l'attente fut longue !

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(Librio en force, again !)

- La Morte amoureuse de Théophile Gautier. Sans doute, le premier roman mettant en scène un mort-vivant, et féminin de plus ! Rajoutez là-dessus un auteur que j'adore, une bonne pincée de XIXème siècle, un prêtre amoureux, des esprits qui se déchaînent et vous obtenez un court récit que j'ai hâte de parcourir. Là encore, il ne devrait pas trop traîner dans ma PAL !

- Aurélia de Gérard de Nerval. Entre hallucinations et mystères, De Nerval propose ici un voyage subliminal dans son imagination au coeur de son romantisme à fleur de peau et de ses rêves éveillés mêlant femmes disparues, ancêtres regrettés et paysages merveilleux. Je ne sais pas pour vous mais personnellement, je suis plus que tenté !

- Le Prince de Machiavel. Un classique hors norme que je vais relire avec grand plaisir (emprunt au CDI dans mon année de terminale). Précurseur dans la pensée politique, cet ouvrage explique clairement et nettement le principe de realpolitik et le contrôle des masses. Rajoutez un bon ouvrage de Debord (La société du spectacle au hasard...) et vous obtenez la société actuelle. Pas le genre de lecture rassurante en soi mais comme on dit knowledge is power !

- Le Grand dieu Pan de Arthur Machen. Première incursion dans l'univers d'un auteur présenté comme un maître de la terreur et des mondes inconnus. L'action se déroule à Londres où une femme fatale sème la folie et l'effroi sur son sillage. Qui est-elle vraiment ? Que recherche-t-elle ? Navigant constamment entre réalité et déviances diaboliques, on promet au lecteur une lecture tumultueuse. Ça promet !

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(Un pot-pourri, bien sympathique !)

- L'Attente de l'aube de William Boyd. Un acteur se voit proposer de devenir agent secret par une commanditaire dont il tombe amoureux... J'aime beaucoup cet auteur qui à priori multiplie les surprises et les rebondissements dans un roman salué par la critique. Wait and read.

- Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland. Un récit dynamitant le roman familial traditionnel et qui met à mal l'American way of life. Connu pour sa subvertion, l'auteur s'amuse à envoyer une tribu de sympathiques cinglés dans une Floride de carte postale. Gare à la casse !

- Les Sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra. Un Khadra, ça ne se refuse jamais, j'ai donc adopté celui-ci sans même regarder le résumé en dos d'ouvrage. On retrouve ici les thématiques chéries par cet auteur : le fanatisme, la violence et la confrontation entre tradition et modernité. M'est avis qu'une fois de plus, je ne sortirai pas indemne de cette lecture !

- Balade pour un père oublié de Jean Teulé. Road movie insolite qui voit un jeune père kidnappé son nourrisson à la naissance et partir revoir les différentes femmes qui ont jalonné sa vie ; je m'attends au meilleur d'un auteur que j'affectionne tout particulièrement. Vous lirez un peu plus bas que j'ai doublé la mise à son sujet !

- Les Carnassières de Catherine Fradier. Une ex flic virée pour bavure se retrouve projetée dans une enquête à haut risque dans le milieu russe des Baléares. Au programme : mafia sibérienne, ex du KGB et meurtres en série. C'est très engageant et le style incisif semble se rapprocher d'un Despentes. Tout pour me plaire donc !

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(Pot pourri de brochés pour changer !)

- Retour en absurdie de Stephane de Groodt. Là encore, un pot monstrueux que de tomber sur ce titre. Nelfe m'avait offert le premier tome il y a quelques années et j'avais adoré cette expérience bien branque et délectable à souhait. Je vais pouvoir rééditer cette lecture hautement plaisante avec ce volume deux des chroniques télévisuelles d'un as du calembourg et du jeu de mot.

- Héloïse, ouille ! de Jean Teulé. Teulé deuxième acte avec un volume consacré à Abelard et Héloïse, couple mythique que l'auteur va s'employer à démystifier dans le style si vert qu'on lui connait. Hâte de lire celui-ci aussi !

- La Tâche de Philip Roth. Troisième volume d'une trilogie thématique sur l'identité et l'histoire de l'Amérique d'après guerre (j'ai les deux autres volumes dans ma PAL), il est ici question de mensonge, d'honneur et d'amour. Le genre d'ingrédients qui bien mixés donnent souvent de grandes oeuvres et quand on connait les talents de Roth en matière de narration et de style, ça risque d'être très bon !

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(La sélection de Nelfe... Oui, elle est 10 000 fois plus raisonnable que moi!)

- Ni vu ni connu d'Olivier Adam. J'aime beaucoup Olivier Adam (là, c'est Nelfe qui parle) et je suis curieuse de découvrir celui-ci paru dans une édition jeunesse. Ça va se lire très vite mais je ne doute pas que ça soit encore une fois intense !

- Mississippi de Hillary Jordan. Un Belfond ! Une maison d'édition de qualité ! Limite je peux y aller les yeux fermés. Mississippi des années 40, "dans la lignée d'un Faulkner", nous dit la quatrième de couverture : ça donne envie !

- L.A. Requiem de Robert Crais. Encore un Belfond ! Une enquête, un flic en pleine rédemption mais au passé trouble. Miam miam !

Belle moisson d'ensemble, non ? Certes les livres sont encore plus serrés qu'avant dans nos PAL mais les promesses de lecture sont riches et nos chroniques prochaines et à venir en témoigneront certainement. Qu'il est bon d'être book addict, une passion dévorante mais pas vraiment ruineuse quand comme nous, on aime les livres de seconde main... À quand le prochain craquage ?

vendredi 23 juin 2017

"Ne dis rien à papa" de François-Xavier Dillard

9782714476234

L’histoire : Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre, un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier... À n’importe quel prix...

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

La critique de Mr K : François-Xavier Dillard avait fait assez grand bruit lors de la sortie de son premier roman intitulé Fais-le pour maman, titre que je n’ai d’ailleurs pas lu mais très apprécié sur la blogosphère. C’est donc avec sa dernière sortie littéraire, Ne dis rien à papa, que je découvre l’auteur et ce que je peux en dire en préambule c’est qu’il est efficace dans le genre, par contre pour l’originalité et la surprise, on repassera. Chronique d’une lecture agréable, rapide mais pas mémorable.

A travers des chapitres ultra-court (3 à 6 pages maximum), nous suivons à tour de rôle et de manière plus ou moins proportionnée différents personnages sans liens apparents entre eux : une mère de famille fleuriste à la vie réglée comme du papier à musique, un survivant d’un massacre ne comprenant pas où il en est, un policier menant l’enquête sur une série de meurtres particulièrement horribles de médecins. On nage en eaux troubles au départ car l’auteur se garde bien de livrer tous les éléments psychologiques et factuels liés à chacun d’entre eux. Vous vous doutez bien que tout va finir par s’imbriquer pour livrer une vérité bien dérangeante...

Autant le dire de suite, le principal défaut de cet ouvrage est qu’il respire le déjà-lu et pourtant par rapport à Nelfe, je lis beaucoup moins de polar/thriller page-turner. Très vite cependant, j’ai commencé à me douter de certains liens et de logiques de développement de personnages. Même si je n’ai pas découvert 100% des rouages de l’histoire, j’en ai capté une belle moitié dès les cent premières pages. Niveau suspens, l’effet est donc gâché et je suis arrivé à la fin de l’ouvrage un peu déçu de ne pas avoir été baladé davantage.

Dommage dommage... Car sur le reste, Ne dis rien à papa est de très belle facture. On accroche très vite aux personnages qui même s’ils ne sont pas très novateurs dans leur traitement proposent très vite une tension sous-jacente assez impressionnante. Le poids des secrets est de plus en plus lourd sur leurs épaules, le bateau des mensonges prend l’eau et à force d’écoper sans vraiment résoudre les soucis, l’équilibre est perdu et la vie de chacun ne sera plus jamais la même. Soupçon, paranoïa et meurtres sanglants se conjuguent allègrement dans une suite macabre et mortifère (les amateurs de passages bien thrash apprécieront les quelques fulgurances présentes dans le texte). Très vite tout espoir semble perdu et la dernière partie du roman livre des actes sans concession et une conclusion bien cruelle comme je les aime.

Le rythme rapide emballe de suite le lecteur et malgré la brièveté des tranches de vie ou de réflexion intimes qui nous sont données à lire, on plonge littéralement dans l’ambiance glauque et dérangeante du roman. L’écriture à défaut d’être exceptionnelle esthétiquement (on est loin d’un Dantec dans Les Racines du mal par exemple) est d’une remarquable efficacité, le mot page-turner est ici très adapté à cette lecture véloce et addictive. Reste qu’en refermant Ne dis rien à papa, même si sur le moment le plaisir est là, on ne retiendra pas grand chose de cette lecture si du moins on est un habitué du genre.

Étrange sensation donc, entre plaisir coupable et manque d’originalité frustrant. À chacun de se décider à tenter ou non l’aventure. Pour ma part, j’essaierai quand même de trouver le premier roman de l’auteur pour me faire une idée plus définitive sur lui.

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dimanche 4 juin 2017

Pour quelques livres de plus...

Voici pour aujourd'hui, une petite série d'acquisitions dégotées au hasard de balades innocentes... Les titres ont donc des origines très diverses depuis une boîte à livre en passant par un vide-grenier ou un magasin d'occasion. Des petites tentations auxquelles, je n'ai pu résister une fois encore. Jugez plutôt du butin !

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Une fois de plus, la variété est au rendez-vous entre classiques et contemporains, incontournables et certainement des plus dispensables. Chacun en tout cas m'a tapé dans l'oeil suffisamment pour que je l'adopte et qu'il aille rejoindre ses petits camarades dans ma PAL. Suivez le guide !

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- Mille soleils splendides de Khaled Hosseine. Tout d'abord, j'aime beaucoup cette maison d'édition notamment parce qu'elle publie les ouvrages de mon grand amour littéraire nippon Haruki Murakami. De suite, j'ai donc lu la quatrième de couverture qui m'a irrémédiablement fait penser à du Yasmina Khadra (un autre auteur que j'adore) par rapport aux termes abordés : la violence faite aux femmes en terres orientales (ici l'Afghanistan), l'emprisonnement mental et le totalitarisme religieux. Ça sent la lecture rude et pas facile, tout ce que j'aime en quelque sorte.

- L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Voici un ouvrage qui m'a toujours évité ou que j'ai évité inconsciemment car je ne l'ai jamais trouvé sur mon chemin de chineur. J'en attends beaucoup, surtout que chaque lecture de cet auteur m'a ravi par ses talents de conteur et les univers dépaysants qu'il nous amène à découvrir. Ici, direction les Caraïbes pour une histoire d'amour impossible teintée de poésie et de critique sociétale acerbe. Un bon futur moment de lecture à mon avis.

- En route d'Adam Rex. Un roman jeunesse dont a été tiré un métrage d'animation plutôt réussi que nous avons vu avec Nelfe. La terre a été envahie par de drôles d'extra-terrestres à huit pattes (les boovs) et ont enlevé la maman de l'héroïne. Ni une ni deux, elle part à sa recherche en compagnie de son chat lunatique et d'un alien déserteur. On nous promet un mix entre Pratchett et Adams, c'est tentant, non ?

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- Le Téléphone sibérien de Clive Egleton. Un petit série noir des familles avec une histoire étrange d'un militaire enfermé dans un lieu mystérieux et soumis à une batterie de tests inhumains entre interrogatoires et lavages de cerveaux. Mais où est-il ? Et que va-t-il faire quand il va s'échapper ? Le pitch est tellement énorme que j'ai décidé d'adopter ce titre, qui lira verra !

- Histoires de voyages dans le temps, ouvrage collectif. Coup de foudre pour un ouvrage d'une collection qui a marqué ma jeunesse et m'a permis à l'époque de rentrer plus aisément dans la science-fiction avec notamment une compilation de récits sur les robots et les autres mondes. Ici, il s'agit de voyages dans le temps, une thématique que j'apprécie beaucoup et qui a donné de nombreux récits réussis. Gageons qui en sera de même avec cet ouvrage où l'on trouve notamment Matheson, Ballard, Brown, Heinlein et bien d'autres. Miam miam !

- Marcovaldo d'Italo Calvino. Une histoire bien barrée comme je les aime avec le héros éponyme, manoeuvre de chantier à qui il arrive toute une série d'expériences étranges qui finalement lui permettent d'échapper à la grisaille quotidienne. On est ici à la limite du conte et du surréalisme. Cet auteur a tellement de talent que je n'ai pas hésité une seconde !

- Vendredi de Robert A. Heinlein. Une agent très spécial rentre de mission auréolé une fois de plus de succès. Félicitations de rigueur et octroi d'un congé exceptionnel devrait la ravir mais Vendredi est tourmentée par des images de souvenirs atroces. Comment est-ce possible quand on sait que l'agent n'est qu'un robot très perfectionné ? Heinlein m'a tour à tour séduit et déçu, cet ouvrage m'attire tout de même de part le sujet qu'il traite et les bonnes critiques que j'ai pu en lire. Là encore, la lecture sera un test.

- Last exit to Brooklyn d'Hubert Selby Jr. Fin de la sélection avec un ouvrage bien thrash, critique délirante de la société américaine par l'équivalent US d'un Céline. Ce sera ma première incursion chez lui, ça faisait un bail que je souhaitais rencontrer cet auteur hors norme. Me voila au pied du mur !

De biens belles pioches que tous ces ouvrages qui vont contribuer à grosir ma PAL qui décidément a toujours autant de mal à baisser. Mais que voulez-vous, on est accro ou on ne l'est pas. Critiques à suivre dans les jours, semaines, mois et années à venir !

samedi 20 mai 2017

"Chambre 2" de Julie Bonnie

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L’histoire : Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes.

Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale.

Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital.

La critique de Mr K : Il y a un peu moins d’un an, je tombai sur cette ouvrage lors d’un chinage de plus. La quatrième de couverture m’avait fait forte impression, dégageant une ambiance particulière et un contenu hautement corrosif avec au centre des préoccupations, le corps des femmes, ce qu'il subit et ce qu’on lui fait subir. Je m’attendais à être désarçonné et interloqué, je n’ai pas été déçu retrouvant dans ce très bel ouvrage la fougue d’une Virginie Despentes au mieux de sa forme avec en plus un soupçon de tendresse qui rend l’ensemble inoubliable.

Dans Chambre 2 se croisent en fait deux existences bien distinctes pour la seule et même personne. Béatrice a quitté le foyer familial très jeune pour s’adonner à sa passion : la danse. Elle intègre une troupe itinérante et parcourt l’Europe. Elle découvre la solidarité, la vie de Bohème, l’amour, la maternité mais aussi les drames et la déchéance. En parallèle, on la suit des années plus tard comme assistante-puéricultrice au service maternité d’un l’hôpital où elle nous propose de partager son quotidien, ses doutes et angoisses. Peu à peu, au fil des courts chapitres qui s’égrainent, se dégage un sentiment de malaise et de mal-être percé de ci de là par quelques poches d’espoir et de bonheur. Sans en dire trop, sachez que le cœur et l’âme sont mis à mal par une réalité bien souvent brute et impitoyable.

J’ai aimé ces deux aspects du roman. De manière général, j’aime parfois lire pour me faire mal, me coltiner des réalités qui me sont inconnues et prendre conscience de certaines choses. L’homme que je suis ne connaîtra jamais la maternité (à priori la science ne va pas vite dans ce domaine LOL) mais cet ouvrage lève le voile sur ces moments de magie, de joie mais aussi malheureusement parfois de déséquilibre, de peine et de folie. Certains passages dans le domaine sont éprouvants avec dans chacune des chambres explorées par l’héroïne des femmes très différentes qui livrent une expérience particulière, un échange singulier parfois avec les personnels et à chaque fois un moment d’humanité dans sa richesse et sa diversité. C’est dur car, loin d’être glamour, le passage en maternité peut se révéler traumatisant pour un certain nombre de femmes : le deuil d’un enfant, la connerie de certains personnels (on a envie d’en buter certaines dans ce livre), le décrochage de la réalité parfois quand on touche du doigt un rêve qui s’échappe au final. C’est brut de décoffrage, ça détonne dans le milieu bien souvent gnangnan des maternités et des jeunes mamans et papas.

Béatrice, sous les mots de Julie Bonnie, apporte son regard mais aussi sa mélancolie à ce tableau complexe et touchant. Certes on souffre avec elle, mais on en apprend beaucoup sur ce moment clef de l'existence, lorsqu'on devient parent (ce qui n’est d’ailleurs pas encore le cas pour moi, d’où ma découverte de nombreux aspects dont on parle peu). C’est sûr que ce livre n’est pas des plus rassurants dans le domaine mais il a le mérite de briser les tabous et de parler vrai, à la manière justement d’une Virginie Despentes que je citais en préambule. Mesdames, chapeau en tout cas, ce livre ouvre les yeux au mâle que je suis sur les efforts physiques et mentaux que subit une femme enceinte et même si je me doutais d'un certain nombre de choses, ce rappel à l’ordre littéraire s’est avéré formateur et éprouvant. Voici un livre qu’il faudrait faire lire absolument aux machos de tout bord, saturés de testostérone et incapables de regarder plus loin que leur gland. Ce témoignage-fiction est une merveille d’émotion et de "viscéralité", j’adhère totalement au dispositif et les vierges effarouchées n’auront qu’à passer leur chemin. Nombre de lectrices semble-t-il ont été choquées par la crudité des propos tenus dans l’ouvrage de Julie Bonnie... Autant ne pas lire ce livre dans ce cas là...

Au delà des femmes, il y a un très beau focus sur l’existence de Julie. Très intéressant en effet de faire le parallèle entre sa vie d’avant et celle qu’elle mène aujourd’hui. Clairement, ça ne respire pas la joie de vivre (évitez cette lecture si vous êtes au bord de la rupture nerveuse) mais c’est beau, puissant et très bien construit. À la manière d’un puzzle, les éléments s’emboîtent pour former un parcours de vie cohérent malgré la marginalité qui se dégage du personnage principal. C’est un vrai plaisir de suivre le parcours atypique de Béatrice et on se plaît à assister à ses spectacles, à côtoyer ses amis voyageurs et vivre les expériences fortes qu’ils partagent. Cela renvoie inévitablement à la notion de passé merveilleux que l’on regrette et qui force beaucoup d’entre nous à faire le point sur le présent. C’est drôlement malin et bien ficelé dans ce roman.

Un souffle frais et novateur s’étend sur l’écriture qui se révèle moderne, hachée et très sensuelle. La vulgarité n’est pas de mise mais la crudité frappe fort et juste dans les descriptions et les dialogues. Bien que profondément mélancolique, Chambre 2 dégage une forte humanité et une énergie du désespoir hors du commun. Franchement, ce fut une réelle claque littéraire, une certaine révélation et un plaisir de lecture intense. À tenter absolument si vous avez le cœur bien accroché !

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