samedi 15 avril 2017

"Le Jour du chien" de Patrick Bauwen

patrickbauwen

L’histoire : Les ténèbres sont mon domaine. Le métro, ma cité des morts. La souffrance de mes victimes, mon plaisir.
Je suis le Chien. Inquisiteur ou Guerrier saint, comme vous voudrez. Dieu est avec moi.
Djeen, je croyais l'avoir tuée. C'était il y a trois ans. Déchiquetée par les roues du métro. Et voilà qu'elle me menace... Je dois la retrouver avant que Kovak ne le fasse. Et ce jour-là signera l'apogée du Mal.

La critique de Mr K : Cette lecture est ma deuxième incursion chez Patrick Bauwen après son excellent roman L’oeil de Caine. Un ouvrage qui m’avait littéralement embarqué, sans efforts, totalement prenant et virevoltant en terme de rebondissements et au suspens intenable. C’est dire que j’attendais beaucoup de son nouveau thriller tout juste débarqué en librairie. Le moins que l'on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu !

Dès le début, en une cinquantaine de pages, l’emprise du livre est immédiate. Un veuf éploré qui n’arrive pas à faire son deuil, victime d’une agression dans le métro en compagnie d’une juge d’application des peines (JAP) esseulée, un tueur psychopathe totalement borderline qui erre et tue, des fantômes du passé qui torturent la psyché du héros, des victimes qui s'amoncellent, des nantis qui observent le cirque des communs mortels avec attention et prudence... Ce ne sont ici que quelques pièces du puzzle infernal que nous livre un Bauwen tisseur de toile d’araignée, un auteur orfèvre en la matière.

Puis très vite, le déroulé perturbe l’équilibre précaire du départ. Certaines certitudes tombent à l’eau, d’autres pistes se font sentir. Étalé sur dix jours, la narration est rapide, concise et efficace. Pas de temps morts, de rares éclaircies et des vérités qui commencent à émerger provoquant de multiples chamboulements sur les personnages et l’intrigue elle-même. L’ambiance est bien souvent glaçante, désespérée et les corps et esprits sont mis à rude épreuve. À qui peut-on se fier réellement ? Comment réagir face à l’impossible ? Peut-on vivre sans passé ? Autant de questionnements qui s’entremêlent et livrent des personnages en roue libre, victimes d’un fatum qui semble implacable.

L’action se déroule sur Paris et au détour des coups du sort qui s’acharnent sur les protagoniste, on en apprend beaucoup sur la Capitale et l’envers du décor. Rave party dantesques où l’hybris des puissants peut s’exprimer librement et sans contraintes, le monde parallèle des sans-abris et des milieux souterrains parisiens avec son économie souterraine, ses clans et ses rapports de force, l’histoire des catacombes, du métro et de l’exploitation des sous-sols avec leur lot d’anecdotes stupéfiantes ici remarquablement bien insérés dans le récit au contraire d’un Dan Brown très peu inspiré comme dans son opus Inferno. C’est érudit mais sans effet de manche ou de volonté d’épater la galerie, les infos et points de connaissances nourrissent le roman, l’enrichissent d’une dimension réaliste qui se confronte à la folie des hommes.

Le confort de lecture est donc maximal, l’immersion totale. Difficile de relâcher l’ouvrage dans ces conditions. J’ai juste arrêté le temps de dormir un peu et hop, j'étais de retour dans les souterrains de Paris à courser le serial-killer. L’addiction est vraiment puissante, rare sont les auteurs qui y parviennent avec moi. Page turner efficace et nuancé, cet ouvrage vaut le détour. Très classique dans les armes littéraires qu’il emploie, les faux-semblants, les effets déclenchés et les révélations successives. Le Jour du chien est le thriller dans sa forme la plus pure, la plus viscérale, celle qui réussit à séduire et horrifier à la fois. Franchement, on en a pour son argent et question suspens, on atteint des sommets.

Difficile d’en dire plus sans livrer des clefs et spoiler un roman monolithique, à la tension incroyable et au renversement final bien vu et assez tétanisant dans son genre. Un livre à découvrir, dévorer, digérer et à partager !

Posté par Mr K à 18:11 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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lundi 19 janvier 2015

"Les Fantômes d'Eden" de Patrick Bauwen

les fantômes d'edenL'histoire : Il était une fois, en Floride, cinq ados partis à l'aventure.
Ils vous feront rire. Pleurer. Frissonner.
Mais ce qu'ils affronteront les changera à jamais.
Et l'un d'eux sera assassiné.

C'est sur ce crime que j'enquête.
Parce que le mort, c'est moi.

La critique Nelfesque : Je n'avais jamais lu de roman de Patrick Bauwen jusqu'alors. Pourtant plébiscité par les critiques et les blogolecteurs notamment pour "L'Oeil de Caine" ou "Monster", bien m'en a pris de le découvrir avec ce présent ouvrage, "Les Fantômes d'Eden", pour lequel j'ai eu un véritable coup de coeur.

Celui ci reprend les personnages rencontrés dans "Monster", toutefois, il n'est pas utile d'avoir lu ce dernier car il s'agit d'une histoire complètement différente ou un focus est fait sur l'enfance des personnages.

Je suis friande de romans noirs ou thrillers ayant pour protagonistes des enfants. Entendons-nous bien, je ne parle pas des victimes (je ne suis pas une psychopathe, revenez !) mais de la genèse de folie meurtrière ou de justification de psychoses ayant pour source l'enfance. Avec "Les Fantômes d'Eden" j'ai été servi !

Nous suivons une bande de copains pré-ado dans une petite ville des Etats-Unis. Proche des Everglades, l'ambiance moite et mystérieuse est palpable au détour de chaque page. Cette petite bande vit des jours paisibles entre amourettes de mômes, aventures fantasmées, quiétude de l'enfance... jusqu'au jour où d'étranges rumeurs se répandent. Ils vont alors décidé de mener l'enquête et "Les Fantômes d'Eden" prend alors une délicieuse flagrance des "Goonies" ! Nous suivons ces 5 petits aventuriers en herbe avec beaucoup de plaisir et une certaine appréhension dans certaines situations. Retrouvant peu à peu nos propres souvenirs d'enfance, avancer avec ces nouveaux copains est un véritable plaisir de lecture.

Quelques dizaines d'année plus tard, l'un d'eux est retrouvé mort d'un infarctus au bord d'un lac. Commence un va et vient entre la période actuelle où tout ce petit monde est devenu adulte et les souvenirs d'enfance. Que sont-ils devenus ? Comment ont-ils évolué ? Qui est prêt à aider qui ? Et surtout peut-on réellement se fier à ses amis d'hier ?

C'est Paul Becker, rencontré dans "Monster" pour ceux qui l'ont lu, qui est le personnage principal de l'histoire. Médecin à Eden, divorcé, profondément marqué par les évènements survenus dans le précédent roman et obèse, il décide de tout plaquer et de quitter sa ville natale sans laisser d'adresse. Croulant sous les dettes, cette fuite est pour lui sa seule façon de survivre et de reprendre sa vie en main. Oui mais voilà tout ne se passe pas comme il l'aurait voulu puisqu'un jour un mystérieux tueur se rend dans son chalet au bord du lac pour le liquider. Il reviendra alors à Eden sous une autre identité et métamorphosé pour assister à son enterrement et mener sa propre enquête.

Patrick Bauwen nous plonge ici dans l'Amérique des 70's. Pas celle des hippies et de la Guerre du Vietnam mais celle d'une petite ville de province, dans le bayou et par le prisme de l'enfance. Une ville lambda où vivent des enfants lambda mais pour autant une ville où les secrets de famille gangrènent les habitants. Dès les premières pages, on se prend d'affection pour le personnage de Paul et tout ce qui touche à son enfance est lu avec beaucoup d'intérêt. D'autant plus que la plume de Patrick Bauwen nous promène dans tous les sens du terme. Au fil de la lecture, les rues d'Eden n'ont plus de secrets pour le lecteur qui prend un réel plaisir à découvrir cette bourgade et s'imprègne de son atmosphère. Ce roman de plus de 600 pages est alors un vrai plaisir de lecture qui se savoure plus qu'il ne se dévore. Totalement dépaysant !

Chapitres courts, mise en perspective de la vie de Paul enfant et adulte, rythme indéniable, les pages défilent sans que l'on s'en rende compte. "Les Fantômes d'Eden" est un page-turner certes mais bien différent de ce que l'on peut lire habituellement. Ici, l'enquête est haletante mais elle n'est pas seulement le but du roman (la fin est d'ailleurs un peu... trop !). Les pauses dans le récit pour retourner dans les années 70 sont autant attendues et il y a presque deux romans en un. A lire absolument ! Foi de dévoreuse de thrillers !

Egalement lu et chroniqué du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- L'Oeil de Caine

Posté par Nelfe à 18:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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mardi 15 janvier 2013

"L'oeil de Caine" de Patrick Bauwen

9782253123118_1_75L'histoire: Tout le monde cache quelque chose. Votre voisin, votre femme, votre ami... Et si vous pouviez tout savoir? Connaître leurs peurs, leurs secrets intimes? Comme dans "L'oeil de Caine", un reality show qui fascine l'Amérique. Dix candidats, dix secrets. Des gens comme vous et moi. Enfin comme vous surtout. Parce que moi, je ne suis pas au programme: je suis l'invité surprise. Celui qui rôde en attendant son heure. Celui qui va les embarquer là où rien n'est prévu. Dans mon jeu sanglant. Mon propre mystère.

La critique de Mr K: Encore une lecture express et appréciée aujourd'hui avec ce thriller de Patrick Bauwen qe j'ai dévoré en une journée et demi lors de notre séjour périgourdin à Noël. Le temps était bien moche et comme notre hôtesse est fortement adepte de TV et que j'y suis allergique, les raisons étaient réunies pour me plonger dans cette histoire bien alambiquée! Ceux qui nous suivent régulièrement savent qu'au Capharnaüm Éclairé c'est Nelfe la spécialiste en terme de lectures de ce genre. C'est donc un avis de novice en la matière que je vais vous livrer.

On rentre directement dans le sujet avec la réunion des futurs candidats de L'oeil de Caine. Le temps de faire brièvement connaissance avec eux et les voilà partis à bord d'un étrange bus loin des cadillacs prévues... Rien ne va se passer comme prévu bien évidemment et très vite les dix quidams se retrouvent prisonniers d'une ancienne bourgade minière située en plein désert, surveillés et traqués par un mystérieux déséquilibré dont on suit les pensées et les actes un chapitre sur trois. Ce n'est qu'à la toute fin du livre qu'un twist final révélera l'entière vérité... que j'avoue avoir plus ou moins deviné à la moitié de l'ouvrage sans que cela ne me gâche le plaisir de la lecture.

La grande force de ce roman est sa concision dans les descriptions de ses personnages et leur développement qui suit. Ils sont tous plus ou moins des stéréotypes attendus que l'on retrouvent dans la thrash TV d'aujourd'hui: la jeune écervelée érotomane, le manuel au grand cœur, la fausse fragile, l'intelligent repoussant... Derrière le règne des apparences, l'auteur commence très vite à insinuer un sentiment de doute dans la tête de ses lecteurs. Peu à peu des ponts apparaissent entre les différents personnages, des relations anciennes ressurgissent, d'autres se tissent et l'on se retrouve aux deux tiers du roman face à une gigantesque toile d'araignée remarquablement conçue. Rajoutez là-dessus un maniaque particulièrement retors et sanguinaire, vous obtenez un cocktail explosif dont il est difficile de se détourner tant l'addiction est rapide.

Le livre se lit très vite et bien. Les chapitres courts s'enchaînent les uns les autres à toute vitesse laissant à chaque fois le lecteur dans l'expectative, attendant avec impatience la suite des développements! Tous les stratagèmes mis en œuvre dans le domaine par Patrick Bauwen ont fonctionné avec moi. Seul bémol, la fin que j'avais entraperçu à mi parcours mais rien de bien décevant vu la qualité de l'ensemble. Un excellent divertissement pour tous les amateurs du genre.

Posté par Mr K à 15:47 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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