jeudi 27 septembre 2012

"Les chemins de Katmandou" de Barjavel

les-chemins-de-KatmandouL'histoire: C'est l'histoire de quelques garçons et quelques filles, et parmi eux, d'un couple, Olivier et Jane, en marche vers l'impossible.

De tous les coins de la terre, garçons et filles, déjà plus ou moins drogués, se mettent en marche vers Katmandou, la ville qui dresse ses deux mille temples au pied de l'Himalaya, à la frontière du Tibet. Que vont-ils y chercher? L'illusion d'un Dieu plus proche? Ou la liberté de vivre comme ils veulent, et de fumer "l'herbe" sans crainte de la police? Pour la plupart d'entre eux c'est un voyage vers leur propre destruction...

Jane et Olivier, les héros de cette histoire, ont pris chacun un des "chemins" de Katmandou, peut-être parce qu'ils avaient été profondément blessés dans leurs rapports avec leurs parents. Mais ceux-ci n'étaient-ils pas aussi des victimes? Les chemins de Katmandou commencent parmi nous. Prêtez-y attention: sans que vous vous en doutiez, l'un d'eux peut commencer chez vous...

La critique de Mr K: Suite de mon opération "vidage de PAL" avec un livre que nombre de nos lecteurs m'avait conseillé lors de ma chronique de l'inénarrable et indépassable Flash de Michel Duchaussois. Je ne suis pas adepte de Barjavel mais le sujet m'intéresse au plus au point et beaucoup de personnes m'ont dit que cet ouvrage détonnait par rapport au reste de la bibliographie de l'auteur. Je me suis donc lancé et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu du voyage...

Par le biais de chapitre très courts (j'adore!), on passe d'un destin à un autre. Des jeunes gens essentiellement qui, pour diverses raisons, dirigent leurs pas vers la mythique Katmandou, synonyme d'ivresse, de découverte de soi et de renouveau spirituel. Pour d'autres comme pour Olivier, c'est la promesse de retrouver un père absent et lui faire cracher la monnaie! Ce personnage de jeune rebelle ayant participé activement aux événements de mai 1968 et en ressortant déçu m'a beaucoup plu. Véritable boule de colère, sur la route il va rencontrer Jane et en tomber amoureux, chose nouvelle pour lui. Le hasard va les séparer puis les remettre en contact mais la drogue et la déchéance qui l'accompagne va bousculer leurs vies respectives jusqu'au point de non retour.

Ce livre est un remarquable témoignage de l'ambiance qui pouvait régner en France et en extrême orient à la fin des années 1960. Paris bloquée et révoltée est plus vraie que nature et l'on cerne un peu mieux cet instant de protestation à nul autre pareil depuis. C'est aussi l'occasion à travers les personnages de toucher du doigt les rêves déchus et le désespoir de toute une génération. Car finalement, ces voyageurs sont avant tout des fugueurs qui détournent les yeux de la réalité occidentale et se nourrissent de rêves artificiels et de chansons. Le tableau que nous en brosse Barjavel est sévère et dur... Peut-être trop je pense. En ce sens, j'ai vraiment préféré en la matière Flash qui certes ne masquait pas la réalité mais parlait aussi des "bons moments", des trips et des découvertes de soi en profondeur.

Reste que l'ouvrage de Barjavel est aussi une superbe fenêtre ouverte sur l'Inde, Katmandou et le monde des routards de l'époque avec des descriptions ahurissantes, grisantes et parfois à la limite du soutenable. On y croise pèle-mêle les temples et les vaches sacrées, des paysages à couper le souffle, des femmes belles comme des déesses et des demi-dieux barbus adeptes de l'amour libre et universel, les palais privés, les hotels bondés de hippies-clochards, la pauvreté la plus extrême, des routiers violeurs et tueurs et tout un tas d'autres hurluberlus et concepts qui nous sont étrangers. Impossible dans ces conditions de redescendre sur terre et j'ai lu ce livre très rapidement, totalement "happé" par l'histoire. Un beau mais rude voyage en quelque sorte, que je vous encourage à entreprendre si ce n'est déjà fait.

Posté par Mr K à 21:13 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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dimanche 10 avril 2011

"Le diable l'emporte" de Barjavel

BarjavelL'histoire: Ceci est la très vraisemblable, la très féroce et humoristique histoire des 3e et 4e guerres mondiales.
C'est pour la Lune qu'on se bat.
Mais à 1500 mètres au-dessous du Sacré-Coeur, un homme mystérieux a construit l'Arche enterrée...

La critique Nelfesque: Ca fait du bien de retrouver Barjavel! Voilà des années que je ne m'étais pas replongée dans un roman de cet auteur. "Ravage" est pour moi un incontournable et sa bibliographie est truffée de très bons ouvrages. Ayant acquis "Le diable l'emporte" dans un vide grenier, je me suis lancée dans cette lecture, tête baissée.

Cette fois ci, nous suivons une famille, les Collignot, et un groupe de scientifiques dans ce qui est la 3ème et la 4ème guerre mondiale. La technologie nucléaire a atteint son apogée et une catastrophe s'annonce. Vraiment étrange de lire ce roman au moment où le Japon vit justement une catastrophe nucléaire. Cet évènement actuel donne au roman une autre dimension.

Un riche scientifique, Mr Gé, décide alors de constituer une arche, à l'image de celle de Noé, et d'envoyer son bestiaire sur la Lune. Le roman ayant été écrit en 1948, l'homme n'avait pas encore marché sur le satellite de la Terre. Ce roman compile tous les fantasmes concernant cet astre. Qu'il y a-t-il là haut? A quoi ressemble la surface lunaire? Pourrait-on s'y retrancher en cas de catastrophe ou d'attaque?... Autant de questions et de spéculations qui montrent bien les interrogations de l'époque. Les Etats-Unis, la Russie et la France se disputent la propriété de la Lune et les tensions apparaissent. Les Anglais construisent une nouvelle ville, Moontown, utopique et exemplaire, plaçant à son sommet le "civilisé inconnu", sorte d'homme modèle, à la constitution biologique modifiée à grand coup de robotique pour atteindre la perfection. Le monde devient fou...

Les catastrophes se succèdent, des pays sont innondés suite à une attaque aux missiles du Pôle Nord. La météo se trouve chamboulée et l'Arche est constituée à plusieurs centaines de mètres sous Paris. Là, Mr Gé regroupe 12 femmes et 12 hommes, séparés par quartier et ayant pour mission de peupler la Lune lors de leur arrivée. Sous certains aspect, "Le diable l'emporte" m'a fait beaucoup penser à "Abzalon" de Pierre Bordage. Il regroupe également deux familles et compte recréer les nouveaux Adam et Eve.

L'amour sera-t-il plus fort que la folie humaine? Ce roman est riche de rebondissements et de destructions massives. Guerre nucléaire, missiles lancés sur le Pôle Nord, guerre bactériologique et modifications chimiques. L'Homme pourra-t-il survivre? Rien n'est moins sûr mais l'histoire est fascinante.

challenge_fin_du_monde_apocalypse_post_apo_7Ce roman d'anticipation entre dans le Challenge [Fins du Monde] de Tigger Lilly.

Posté par Nelfe à 15:22 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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samedi 5 juin 2010

Vide grenier mon ami

Aujourd'hui grand vide grenier annuel de notre village. Autant on vit à la campagne, avec une petit village à proximité, autant son vide grenier est monstrueusement ENORME! A croire que les habitants accumulent un max de choses toute l'année pour pavaner début juin... ou alors, à l'instar des villes du littoral, tout le monde afflue ce jour là... car ce vide grenier est l'un des plus grands de la région. Les stands investissent toutes les rues, le moindre recoin.

En bon chineurs que nous sommes, nous ne pouvions, cette année encore, râter cet "évènement"!

De retour à la maison, nous avons étalé nos trésors de guerre sur la pelouse:

vide_grenier

Côté bouquins:
- "Mastodonia" de Clifford D. Simak
- "Echo park" de Michael Connelly
- "Le diable l'emporte" de Barjavel
- "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
- "Le livre d'or de la science fiction", des nouvelles de J. G. Ballard
- "Le livre d'or de la science fiction",  des nouvelles de Jack Vance
- "99 francs" de Frédéric Beigbeder

Côté BD:
- "La légende de Robin des Bois" de Manu Larcenet

Côté jeu:
- "Steambot Chronicles" pour PS2

Côté musique:
- "Wave Digger" d'High Tone
- "Cube" du Peuple de l'Herbe

Côté film:
- "Blueberry" de Jan Kounen

Je crois qu'on peut dire que cette année, le vide grenier de notre village est vraiment un bon cru!