lundi 15 décembre 2014

"Fils de l'Enfer" de Catacchio et Accardi

couv enfer L'histoire: Prague, 1609.
Un terrible assassin rôde dans la ville, écorchant vives ses victimes.
Est-ce de la sorcellerie?
C'est à Scota l'alchimiste que l'on confie, au péril de sa vie, le soin de résoudre l'énigme...

La critique de Mr K: Voici aujourd'hui une bande dessinée une fois de plus dégotée par hasard dans une brocante de la région. Les dessins ne m'ont pas tenté plus que ça de prime aborSansd par contre le background (l'époque, l'alchimie, Prague...) m'ont attiré de suite. Je m'attendais à une œuvre policière, historique versant dans le fantastique. Contrat rempli même si cette œuvre ne brille pas par son originalité dans son déroulé.

Plusieurs jeunes femmes juives sont découvertes horriblement assassinées dans le ghetto juif de Prague au XVIIème siècle naissant. Malgré l'exécution de deux jeunes malandrins pour détourner la hargne de la foule, les crimes continuent, le souverain de la ville doit alors faire appel à un alchimiste qu'il a écarté de sa cours quelques années auparavant. Esprit moderne donc inspirant la méfiance, Scota n'a pas d'autre choix que d'enquêter tout en surveillant ses arrières car le moindre faux pas pourrait bien lui être fatal.

image 1 enfer

Les auteurs se sont très bien documentés sur l'époque et les mœurs. Très belle reconstitution historique que cette BD qui restitue à merveille l'époque: les bâtiments, les tenues, les mœurs des différentes catégories sociales... tout est fidèle à la réalité historique. Ainsi les juifs sont parqués dans un quartier à part pour qu'ils ne se mélangent pas aux bons chrétiens pour autant le roi ne peut se passer d'eux pour financer son goût immodéré pour l'art et les dépenses somptueuses qui en découlent. Il en va de même pour tous les soit-disant mécréants qui peuvent tomber sous le coup d'un tribunal de l'inquisition sous le moindre prétexte fallacieux. La superstition règne en maître et en ces temps où la science ne fait qu'émerger, il n'est pas rare qu'un bruit, une rumeur provoque émeute et justice du talion aveugle et injuste. En cela, pour l'ambiance et le climat délétère qui baigne cette BD, Fils de l'enfer est une réussite.

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Pour autant, ce n'est pas une grande réussite de part d'abord une histoire convenue qui même si elle est bien traitée ne réserve aucune surprise. On se surprend à deviner les circonvolutions de l'intrigue à l'avance et la fin est cousue de fil blanc. Le dénouement est abrupt et attendu, on ressort quelques peu déçus de cette lecture pourtant menée à 100 à l'heure. Là-dessus, rajoutez des dessins plutôt décevants, quasiment bâclés sur certaines pages (comprendre que c'est un style qui plaira ou non selon les goûts de chacun) et on ne garde pas un souvenir inoubliable de cette histoire intrigante mais finalement sans réel relief.

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On passe un moment certes agréable mais pas mémorable, encore heureux que j'ai acquis le présent volume pour une somme modeste. À vous de tenter ou non l'expérience...

Posté par Mr K à 21:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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