dimanche 2 juillet 2017

Désherbage de folie à la médiathèque de Lorient !

Il y a une quinzaine de jours environ se tenait le traditionnel désherbage annuel de la Médiathèque de la ville de Lorient. C'est l'occasion pour les chasseurs de trésors littéraires de seconde main que nous sommes de partir en quête de quelques volumes intéressants à un prix défiant toute concurrence (50 centimes les poches et 1€ les brochés !) et faire grossir un peu nos PAL qui décidément prennent de sacrées claques ces derniers temps... Cette session lorientaise fut prodigue en achats coups de coeur et compulsifs, jugez plutôt...

Acquisitions mediatheque juin ensemble
(Ooooooh, les belles acquisitions !)

Une fois de plus, c'est votre serviteur qui l'emporte haut la main en terme de craquage mais Nelfe n'est pas en reste en terme de belles découvertes et de dénichages précieux. Une fois de plus, la pêche s'est révélée variée, je vous propose maintenant un petit tour d'horizon des nouveaux adoptés !

Acquisitions mediatheque juin
(Actes sud, Mon amour !)

- Rire le coeur de François Poirié. Histoire classique d'un triangle amoureux mettant en opposition deux hommes et une femme. On nous promet un carnage amoureux en bonne et due forme et la confrontation douloureuse entre les rêves et les réalités de la vie. Le genre d'histoire tortueuse qui n'est pas pour me déplaire et qui promet de bons moments d'exploration de l'esprit humain.

- Une Nuit de pleine lune de Caradog Prichard. Récit d'un retour au Pays de Galles, d'un fils du pays dont la conscience commence à lui jouer des tours. À priori, la folie et le crime le rattrapent en plein contexte de Première Guerre mondiale. Ça sent les personnages borderline à plein nez dans le seul roman écrit par son auteur, plus spécialisé dans la poésie. Wait and read !

- Les Lois de Connie Palmen. Ce récit néerlandais met en scène une femme attendant la révélation de la part de sept hommes successifs (dont un prêtre, un physicien, un philosophe, un psychiatre) mais malheureusement les réponses vont plus l'égarer qu'autre chose. Roman de formation et d'initiation, quelle en sera l'issue pour la jeune femme ? Typiquement le genre d'ouvrage qui remporte mes suffrages.

Acquisitions mediatheque juin 3
(Mix improbable mais diablement séduisant !)

Opium de Maxence Fermine. Quand j'ai vu cet ouvarge dans le rayonnage, je me suis littéralemnt jeté dessus ! Pas de quatrième de couverture digne de ce nom ? Pas grave, j'ai adoré mes précédentes lectures de cet auteur et il était hors de question que je passe à côté de celui-ci. Si vous ne me croyez pas, allez lire mes chroniques de Neige et du Violon noir. Je ne sais donc vraiment pas de quoi parle ce roman mais vous l'avez compris, ce n'est pas le principal !

- Une Saleté de Frédérique Clémençon. Coup de poker que ce livre qui met en scène une mère et une fille réglant leurs comptes dans la maison familiale et qui convoquent leurs fantômes. Leurs voix se croisent mais à priori elles ne se comprennent plus depuis longtemps. Le poids de la famille et du souvenir semble être au centre d'un roman qui m'a l'air bien barré. Made for Mr K !

- J'irai pas en enfer de Jean-Louis Fournier. Voici un auteur que j'affectionne tout particulièrement et dont j'avais dévoré à l'époque le très beau Il a jamais tué personne mon papa, récit autobiographique simple et touchant de son rapport avec son alcoolique de géniteur. Avec cet ouvrage, Fournier nous propose de suivre ses démêlés avec le Père éternel lors de sa scolarité en institution religieuse. Tout un programme quand on connaît sa propension à cette époque à regarder des dames toutes nues dans les livres et à remiser la sainte vierge dans les toilettes !

- Le Cap de Kenji Nakagami. Il m'est déjà difficile de résister à un titre des Editions Picquier en temps normal mais quand en plus il s'agit d'un ouvrage culte et reconnu dans le monde entier ça devient mission impossible ! L'histoire est bien glauque, se déroule dans une communauté d'exclus où la consanguinité et la violence sont de mise. Au milieu de tout cela, un jeune homme se débat avec son destin avec l'énergie du désespoir... Bizarre vous avez dit bizarre ?

Acquisitions mediatheque juin 2
(Take a walk on the dark side...)

- Rempart des naufrageurs, La petite fille et le dobermann et Naufrage sur une chaise électrique de Serge Brussolo. Ces trois ouvrages constituent la Trilogie des Ouragans et c'est un sacré coup de pot que d'être tombé dessus. Serge Brussolo est un de mes auteurs préférés et ici il donne dans la SF sombre, le roman-univers se déroulant sur une planète fort fort lointaine où règne le chaos. On peut compter sur l'auteur pour dépoussiérer le genre et propose une lecture différente. J'ai bien hâte d'y être, je me l'emmène pour mes vacances en Dordogne chez ma belle-famille dans l'été. 

- Crains le pire de Linwood Barclay. Du même auteur, j'avais lu et apprécié Cette nuit-là qui ne révolutionnait pas le genre mais permettait de passer un bon moment. Ce roman met au prise un père avec la disparition subite et inexpliquée de sa fille. Mais la connaissait-il si bien que cela ? Une histoire classique mais qui peut se révéler efficace si elle est bien menée. Je pars confiant !

- La Secte sans nom de Ramsey Campbell. Mon plaisir coupable assumé de ce craquage avec une sombre histoire de secte satanique aimant sacrifier de jeunes âmes innocentes. Une mère de famille va tout tenter pour essayer de retrouver sa progéniture. Maître de la terreur outre-atlantique avec Straub et King, l'auteur nous promet moult rebondissement et des passages bien rudes. Je prends !

Acquisitions mediatheque juin 1
(Ben non, ce n'est pas que pour les enfants...)

- Le Passager de la maison du temps de Jean-Pierre Andrevon. Encore un auteur que j'aime. Dans cet ouvrage Andrevon se mute en auteur jeunesse et propose une histoire pas piquée des vers ! Un homme se retrouve dans une maison aux propriétés étranges dont celle de voyager dans le futur. Prisonnier et à la fois maître de la maison, le jeune homme devra découvrir son rôle et la raison d'être de cette bâtisse extraordinaire. Miam miam !

- Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi. Roman futuriste se déroulant à la fin de notre siècle, les USA se sont transformés en pays du tiers-monde et des enfants fouillent des épaves en quête de fortune. Un jour, l'un d'entre eux va faire une découverte qui risque de changer à jamais son existence. Placé sous le sigle de la piraterie et de l'aventure, ce roman a été finaliste aux USA d'un concours littérature jeunesse. Bien hâte de voir ce que cela donne !

Acquisitions mediatheque juin 4
(Faut toujours se méfier des lapins...)

- Un Nouveau monde ? , ouvrage collectif. Ceux qui nous suivent depuis un certain temps connaissent mon goût pour le dessin de presse. Cet ouvrage compile des dessins publiés dans le Courrier International entre 1999 et 2002, lors du passage d'un siècle à un autre. Portant sur tous les sujets, il sera je suis sûr très éclairant et permettra au passage de réviser ces quelques années charnières sur l'évolution du monde. 

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Acquisitions mediatheque juin 5
(Le butin de Nelfe ! Je la laisse poursuivre...)

- À tout de suite les enfants de Martin Doerry. Voici un titre bien tirage de balles... Et pour cause, il s'agit d'un ouvrage traitant de la seconde guerre mondiale, période que j'affectionne tout particulièrement. Je n'ai jamais assez de documents de ce genre dans ma PAL...

- Orages ordinaires de William Boyd. Je n'ai jamais lu de romans de cet auteur mais là, la 4ème de couv' m'a harponnée. Un homme poignardé dans une chambre d'hôtel, un autre à priori innocent prenant peur et s'enfuyant laissant ses empreintes partout sur la scène du crime. Une immersion dans le monde des sans abris et un sombre complot... Ça promet !

- Indian Creek de Pete Fromm. Alors là, coup de chance ! Réédité il y a peu chez Gallmeister, cet ouvrage était mis en avant dans le magazine Lire du mois dernier. Je venais donc tout juste de le rajouter à ma wish-list et je tombe dessus dans la foulée. C'est un signe !

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Acquisitions mediatheque juin 6
(Tiens des CD !!! Je reprends la main...)

- Protection de Massive Attack. Un des rares CD du groupe qu'il manquait dans ma collection. Écouter ce groupe, c'est retourner dans mes années d'étude, plonger en plein trip et s'apaiser l'esprit. Franchement une belle trouvaille !

- Peu importe et Allers retours de Prohom. Nelfe était toute folle et s'est mise à sauter partout à travers la Médiathèque (j'exagère à peine) quand elle est tombée sur ces deux albums d'un artiste qu'elle apprécie entre tous depuis plus de 15 ans. Fini l'écoute forcée sur le net, elle peut maintenant amener son Philippe préféré partout avec elle et l'écouter à loisir dans sa voiture. Ça faisait plaisir à voir en tout cas !

Au final, on est bien content de nos acquisitions qui viennent grossir les rangs de nos lectures à venir. Comme à chaque fois, la passion l'a emportée sur la raison mais que voulez-vous... on ne se refait pas et puis, il y a plus onéreux comme centre d'intérêt ! Affaire à suivre dans les chroniques à venir...


jeudi 7 mai 2015

"Otage de la nuit" de Richard Matheson

mathesonotagedelanuit

L'histoire: Un bord de mer désert, hors saison, sur la côte est des États-Unis. Un chalet de vacances isolé. Un couple en crise venu là dans l'espoir de retrouver une harmonie. Ellen est nouée par le ressentiment d'avoir été trahie, David est rongé par sa culpabilité: la comédie de la réconciliation est difficile à jouer. D'autant plus difficile qu'une mystérieuse beauté rôde dans les parages, sapant les bonnes intentions du mari repenti. Qui est cette Marianna dont chaque apparition fait flamber la sensualité de David? Une voisine en quête d'aventure? La projection des fantasmes érotiques d'un homme mal dans sa peau? Ou une créature surnaturelle qui hante les lieux comme une araignée dans sa toile, attirant tous les hommes de passage dans un piège fatal?

La critique de Mr K: On ne présente plus Richard Matheson, un auteur culte de SF à qui l'on doit notamment Je suis une légende et L'homme qui rétrécit. Le hasard a voulu que je mette la main sur Otage de la nuit qui est plus tardif dans sa production littéraire et qui lorgne vers le thriller intimiste et fantastique. Je ne savais pas encore que l'auteur avait touché à d'autres genres et j'étais bien curieux de voir ce que ça allait donner. La lecture fut rapide, mon jugement plutôt mitigé, je m'attendais à nettement mieux de sa part.

Un couple au bord de la rupture veut rallumer le feu de leur amour (sans faire appel à Johnny Hallyday je vous rassure!) en revenant dans le chalet de bord de mer où ils avaient séjourné lors de leur voyage de noces. Elle a la rancœur tenace, il s'en veut toujours de l'avoir trompé. La tension est palpable dès les premières pages avec des pics et des sous-entendus assénés dès qu'ils s'adressent la parole. Ça promet d'être rock and roll! Très vite, le mari fait la connaissance d'une mystérieuse jeune femme qui le charme au moment même où il la rencontre. Commence alors une lente descente aux enfers entre fantasmes inavoués, malheurs conjugaux et fantastique larvé. Qui est cette Marianna? Que veux-t-elle vraiment?

Le gros point fort de ce roman réside dans le traitement des personnages et des relations que l'auteur tisse entre eux. La chronique des problèmes conjugaux est d'une grande finesse et justesse. Chaque mot prononcé amène une réaction, un énervement, une répulsion identifiable instantanément par le lecteur. On croit peu à cette possibilité de rédemption que tente de se donner ces deux personnages tant leur couple paraît irrémédiablement abîmé. Ils tentent de se parler, de faire un pas vers l'autre mais finalement ils ne font que se croiser. Par moment une éclaircie semble être de mise cependant une péripétie, une apparition ou un doute détruit tous les efforts consentis. C'est un peu les montagnes russes émotionnelles durant tout l'ouvrage, en la matière le talent de Matheson n'est plus à prouver.

J'ai moins adhéré à l'aspect fantastique représenté par cette femme étrange venue de nulle part qui semble avoir ses entrées dans le chalet. Elle apparaît et disparaît à son bon plaisir. La tentation incarnée, elle est la source de tous les maux du héros perdu entre la réalité et ses fantasmes. Au départ, j'ai aimé tout l'aspect provocant et incendiaire de Marianna, belle métaphore à elle seule des désirs et aspirations d'un mâle en pleine perte de virilité avec sa femme. Malheureusement, au lieu de rester dans le crédo de la crudité simple et efficace, l'auteur se sent obligé d'en rajouter et l'on tombe alors dans le pathos et le délirant. On pourrait presque parler par moment de sexisme mal placé tant l'auteur veut décharger son héros de toute responsabilité. Le malaise du couple devient alors une gène pour le lecteur partagé entre un ennui qui s'installe (dans la deuxième partie du livre) et l'envie de savoir le fin mot de l'histoire.

Heureusement le style reste léger et abordable, on finit par connaître tous les tenants et aboutissants de l'histoire qui s'avère finalement très classique. Petite déception donc que cette lecture qui me fait dire que Matheson reste avant tout un bon auteur de SF. Dans le genre thriller-fantastique, Otage de la nuit reste un titre dispensable. À réserver aux fans ultimes de cet auteur.

Posté par Mr K à 18:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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