lundi 15 juillet 2013

"Joséphine" de Agnes Obadia

josephine afficheL'histoire: Joséphine, 29 ans trois-quart, obnubilée par la taille de ses fesses, source de tous ses problèmes, n’a toujours pas trouvé l’homme de ses rêves non-fumeur-bon-cuisinier-qui-aime-les-chats-et-qui-veut-plein-d’enfants. Sa seule consolation, c’est qu’elle vit avec Brad Pitt... consolation de courte durée puisque c’est son chat. Quand sa soeur lui annonce son mariage, c’est la goutte d’eau qui fait déborder la tasse à café. Elle s’invente alors une histoire d’amour avec un riche chirurgien brésilien qui lui a demandé sa main et l’emmène vivre au bout du monde. Facile à dire... Ce (petit) mensonge va l’entraîner dans un tourbillon d’aventures.

La critique Nelfesque: Après avoir adoré la BD "Joséphine" de Pénélope Bagieu dont est adapté ce film, avec une copine nous n'avons pu échapper aux sirènes de ce long métrage. Surtout pas après avoir vu le teaser avec Brad Pitt, le chat de Joséphine, en guest star (à noter que c'est un chat roux et que je ne sais pas leur résister (ce qui ne se voit pas dans cette BA (et j'arrête là les parenthèses)))!

"Joséphine" est un film d'été. Un film léger, sans prétention, une adaptation qui ne peut pas intégrer tous les gags de la BD mais qui est un bon résumé. C'est un film de filles mais pas que... Il est à l'image de "Bridget Jones" dont ce long métrage est aussi beaucoup inspiré. Trop même car ce dernier n'a pas quitté mon esprit de tout le visionnage. Comme dans Bridget, Joséphine nous fait part de ses pensées, nous prend à partie, a sa bande officielle de copines avec un gay (mais noir ici, c'est ptet la seule différence...) et se pose des questions de filles.

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Dans la droite lignée des comédies romantiques, Joséphine cherche l'amour et cette quête et loin d'être aisée. Reflet de son époque, à la trentaine, elle a une vie bien remplie, un boulot sympa, un appart' qui ferait rêver n'importe quelle parisienne (en tout cas, moi quand j'étais à Paris, j'aurais bien signé pour le sien!) mais elle n'est pas fixée, ne sait pas trop ce qu'elle veut et ne voit pas ce qui est comme le nez au milieu de la figure.

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Avec une vie sentimentale active mais vouée à l'échec, elle est en quête de l'homme idéal qui saurait se montrer doux et compréhensif et qui accessoirement lui préparerait de bons petits plats. En perpétuel conflit avec sa soeur, elle n'hésitera pas à gâcher l'annonce de ses fiancailles lors d'un repas de famille en inventant un énorme bobard. Sa soeur va se marier avec un jeune homme bien sous tout rapport (si tant est que l'on aime les hommes UMPistes...), qu'importe, elle elle vient de se fiancer avec un chirurgien brésilien qu'elle va rejoindre dans quelques jours de l'autre côté de l'atlantique! Comment faire alors pour s'en sortir quand le mensonge prend si bien auprès de sa famille et de ses amis? Aller au bout de son histoire? Elle n'aura pas vraiment le choix de revenir en arrière puisque tout va s'activer autour d'elle l'obligeant à gérer cette situation du mieux qu'elle pourra.

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"Le mieux qu'elle peut" est assez cocasse et donne lieu à des situations capillotractées et comiques. Marilou Berry endosse le rôle avec naturel et elle est y plutôt crédible. D'autres personnages sont à mes yeux trop caricaturaux et leurs prestations un peu trop jusqu'au boutistes. Qu'importe, comme je le disais en début de billet, "Joséphine" est un film léger et sans prétention.

Sympa sans être la comédie du siècle, ce film met les filles devant leurs contradictions et on s'amuse à se retrouver dans telle ou telle situation. Si vous avez trop chaud en ce mois de juillet enfin estival, vous pourrez vous enfermer dans une salle climatisée, une glace à la main, en appréciant un film de saison. C'est déjà pas mal non?


dimanche 14 juillet 2013

"Faërie" de Raymond E. Feist

faerie

L'histoire: La maison Kessler était perdue dans les bois... Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l'agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent: d'étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis...

Tout un monde secret, enchanté par l'ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S'agit-il des fées et du vieux peuples des légendes? Ou d'êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants?...

Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore: leurs âmes.

La critique de Mr K: Une lecture bien agaçante aujourd'hui avec Faërie de Feist. Pour ceux qui nous lisent régulièrement, il n'a pas dû vous échapper que cet auteur nous avait bien charmé avec son premier cycle de Krondor. Nelfe me l'avait fait découvrir et j'avais apprécié la plume et la maîtrise scénaristique dont faisait montre sieur Feist. C'est donc plutôt optimiste et même disons-le avec impatience que je me plongeai dans la lecture du présent volume. Au final, une belle déception malgré de bons moments. Le pitch pourtant était accrocheur à souhait et dès que j'avais lu la quatrième de couverture, je pensais que ce livre était fait pour moi...

Une famille déménage dans une vieille maison cossue bordée par la forêt. Dès le début on le sait, il y a quelque chose de pas clair, quelque chose de malveillant qui rode. Mais voilà, Feist s'embourbe très vite dans la description des liens familiaux qui unissent les membres de cette famille recomposée. Sortez les violons et la guimauve, on se retrouve dans une ambiance mormone à souhait où les bons sentiments s'enfilent comme des perles entre niaiseries et fadeur. A part les deux jumeaux garnements, tous les autres personnages humains sont à vomir tant ils sont conventionnels et leurs réactions prévisibles. On s'ennuie, on rit involontairement puis franchement, en citant des passages bien ringards à ma blogueuse de coeur! Pffffou! Je vous assure que la finesse des personnages est digne d'un parpaing-plein de construction période seventies!

Heureusement, la menace se précise un peu plus tous les trois chapitres et insinue un peu de doute dans cette famille ricaine bien sous tout rapport. Mais les touches sont vraiment légères et peu développées dans les trois quart du roman. Il faut donc s'accrocher! Heureusement, la dernière partie est bien plus enlevée, bascule dans le fantastique et la fantasy avec une maestria d'écriture qui fait penser aux meilleurs passages de l'auteur de Krondor. Une instabilité émotionnelle s'installe enfin et le lecteur se sent impliqué. Le final n'est pas des plus original mais n'est pas décevant. Heureusement, vu le mal que je me suis donné pour survivre à la morale bien pensante qui pèse tellement sur ce livre.

Le style de l'auteur reste égal à lui de même entre accessibilité et exigence descriptive (ça se lit vite et bien) avec des passages tout bonnement stupéfiants comme le charme érotique dont est victime la fille ainée ou l'exploration finale que doivent entreprendre les deux jeunes fils de la famille. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser qu'on pouvait supprimer une bonne moitié du livre tant des passages entiers font remplissage et alourdissent inutilement l'ensemble. Au final mon admiration pour Feist en a pris un coup et je ne pense pas le relire de sitôt. Dommage...

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samedi 13 juillet 2013

Les cerises à l'eau de vie

Dans le jardin, en ce moment, c'est la fête du slip pour les oiseaux qui s'acharnent sur nos cerisiers! J'aime les oiseaux mais faut pas pousser, ce sont NOS cerises! Nous avons parmi eux un cerisier à fruits acides, immangeables sur l'arbre (sauf si on est un oiseau...) mais qui s'avèrent être idéal pour la préparation de cerises à l'eau de vie.

C'est donc sous l'oeil attentif de Tesfa que nous nous sommes lancés dans la préparation de cette potion. 2 mois de patience et la rentrée sera plus douce avec ces fruits alcoolisés! Hips! D'ici là, on compte bien profiter de l'été tout de même!

Recette en images:

Cerises arbre

Pour commencer, il vous faut un cerisier (c'est le minimum!). A défaut, les cerises d'amis sont aussi envisageables mais seulement les acides, c'est très important!

Cerises et Tesfa

Le chat "contrôleur de travaux finis" n'est pas obligatoire. Cependant, il peut s'avérer utile. Là par exemple, elle nous dit qu'il n'y a pas assez de fruits et qu'il ne fallait pas les mettre tout de suite dans le bocal...

Cerises mi parcours
Oui, c'est vrai, il n'y en a pas assez...

Ne pas hésiter donc à aller en rechercher! Pour faire bien, il faut garder les queues et les couper à 1cm mais dans notre cas ça se détachait tout seul.

Cerises half half

Une fois la bonne quantité récoltée, triez les cerises afin de garder les plus belles, lavez les et essorez les. Dans un récipient, alternez une couche de cerises et une couche de sucre. Mettre aussi une gousse de vanille coupée en morceau dans la préparation.

Cerises sucre

Le meilleur arrive (héhé!). Remplissez votre récipient d'alcool pour fruits. J'ai pu ici confier cette tâche à Mr K, toujours prêt à rendre service, une bouteille à la main!

Cerises alcool

Recouvrez complètement les cerises avec l'alcool. N'en faites pas tomber, ne vous en servez pas un verre non plus, c'est inutile et puis ça sera bien meilleur après.

Cerises alcool final

Et voilà, il ne reste plus qu'à patienter au moins 2 mois avant de pouvoir goûter ces cerises à l'eau de vie. En décors dans des cocktails, en fin de repas ou pour accompagner un café dans un verre à liqueur, on leur trouvera bien une utilité!

Cerises finies

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vendredi 12 juillet 2013

"L'Armoire des robes oubliées" de Riikka Pulkkinen

armoireL'histoire: Elsa, la grand-mère d'Anna, est atteinte d'un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu'au bout: les rayons du soleil, les bains de mer, ou le corps de Martti, son mari depuis plus de cinquante ans, contre le sien. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C'est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé...

La critique Nelfesque: A la lecture de la quatrième de couverture et au titre de ce roman, "L'Armoire des robes oubliées", je n'étais que moyennement enthousiaste à l'idée de commencer cette lecture. "Qu'importe c'est l'été, me dis-je, et une petite histoire à l'eau de rose c'est de saison!". J'ai donc commencé ma lecture avec pour idée de lire un roman léger sans vraiment accrocher. Je connais mes goûts en matière de littérature... J'étais pleine de préjugés et mal m'en a pris. "L'Armoire des robes oubliées" malgré son titre Arlequinesque et son résumé accrocheur de midinettes n'est pas à ranger dans la catégorie des romans faciles, légers et creux. 

C'est un très beau roman que voici. Un roman qui m'a tiré quelques larmes en fin de lecture et qui m'a fait passée par une multitude de sentiments. Les personnages sont dépeints à la perfection dans toute leur complexité, leur joie, leur peine, leur doute, leur colère, leurs questionnements. Ce premier roman de Riikka Pulkkinen est un bijou (allez, je lâche le mot)! Il est profond, juste et laisse le lecteur dans un état émotif rare.

Anna est le faire valoir de l'histoire et la robe dont il est question dans le titre n'est qu'un prétexte à lancer l'histoire. J'ai été peu touchée par le vécu d'Anna mais celui de ses grands-parents et de la nounou de sa mère (complexe et tellement vrai) m'a passionnée. C'est un roman qui se déguste et qui nous montre que les histoires d'amour sont loin d'être simples, méritent toutes d'être vécues et que le jugement n'y a pas sa place. Comment nait une histoire d'amour? Que change-t'elle dans la vie des principaux intéressés mais aussi dans celle de leurs proches et de leurs descendants? Peut-on changer par amour et jusqu'où ce dernier peut-il nous mener?

Je ne rentrerai pas volontairement dans les détails de l'histoire afin de vous laisser découvrir cette oeuvre pleinement, comme ce fut le cas pour moi. Je n'avais lu aucune critique et la magie de ces pages ne m'en a touché que davantage. Le lecteur s'identifie aux personnages, leurs vécus faisant écho au sien. L'amour naissant, l'incompréhension face à certaines situations, le deuil... Vous y retrouverez obligatoirement une part de vous-même.

L'écriture de Pulkkinen est belle. De celle qui vous transporte, pleine de poésie. La lecture de ce roman se mérite, elle n'est pas toujours facile (comme quoi, je m'étais complètement plantée au départ) mais certains passages sont d'une rare beauté. Le lecteur se retrouve dans la tête des personnages comme une petite souris et est parfois géné par la puissance des sentiments qu'éprouvent tour à tour Elsa, Eleonoora, Eeva et Martti.

"L'Armoire des robes oubliées" est puissant, profond et plein d'humanité. Je ne suis pas ressortie indemne de ma lecture et il m'a fallu un petit moment pour redescendre sur terre et revenir à mon quotidien... Il m'est d'ailleurs difficile d'écrire ce billet tant je sais que je ne pourrai pas retranscrire avec justesse l'émotion qui fut la mienne en le lisant. Si les prochaines publications de Pulkkinen se révèlent aussi puissantes, elles devront passer entre mes mains! Comme vous l'aurez compris, je vous conseille vivement cette lecture. Vous passerez alors un moment hors de temps qui vous marquera longtemps.

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jeudi 11 juillet 2013

Dispute linguistique autour du patin

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Entre patins, palots et sabots, la presse s’emmêle les pinceaux. L’entrée dans le Petit Robert 2014 du verbe galocher – FAM. Embrasser avec la langue – met en émoi les médias d’outre-Manche. Enfin, s'enflamme le Daily Mail, la France a un mot officiel pour le French kiss ! “La galoche est une chaussure de patinage, d’où le terme galocher, qui évoque l’idée de tourner sur la glace”, explique le tabloïd, reprenant une dép^che de l'Associated Press. Un patin, la galoche à semelle de bois? Première nouvelle! L’agence américaine a manifestement dérapé sur les infos linguales – pardon… linguistiques – données au téléphone par Laurence Laporte, la directrice éditoriale du Petit Robert.

L’expression French kiss est attribuée à des soldats américains de retour de la Première Guerre mondiale, notent les médias anglophones. Depuis que les troufions ont goûté aux mœurs délurées des petites Françaises, on French kiss. Car le baiser à la française est aussi un verbe : I French kiss, you French kiss, we French kiss (ou pas)… Les Québécois, eux, font plus court : au pays du patin à glace, on se “frenche” (ou pas). Ce baiser with tongues laisse des traces : lorsque vous embrassez passionnément votre partenaire, outre des bactéries et du mucus, “vous lui transmettez une partie de votre patrimoine génétique”, écrit le New scientist. Votre ADN reste dans sa bouche pendant au moins une heure.

Notons que, s’il est malvenu de filer à l’anglaise – take a French leave – après un fougueux French kiss, il est recommandé d’utiliser une French letter (capote anglaise) quand le baiser français incite à de plus amples rapprochements. Mais je m’égare…

Article bien distrayant et de saison tiré du site du Courrier International

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mercredi 10 juillet 2013

"Astéroïde Hurlant" d'Alexandro Jodorowsky

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L'histoire: Un astéroïde né de la destruction d'une planète file dans le vide intersidéral. Dans sa course pour l'éternité, il frôle des mondes habités et émet des ondes qui engendrent une transformation ou une crise. De cette rencontre déchirante, comme un papillon éjecté de sa chrysalide, naît alors une histoire... dure et acérée comme un minéral et brillante comme une comète.

Ou plutôt onze histoires d'Alexandro Jodorowsky, dessinées par d'imparables étoiles filantes: Pascal Alixe, Igor Baranko, Ciruelo, Adi Granov, Christian, Højgaard, José Ladronn, Axel Medellin, Carlos Meglia, Jérôme Opena, Marc Riou, Mark Vigouroux et J. H. Williams III.

Chaque histoire est reliée par la trajectoire de l'astéroïde hurlant, et dans un feu d'artifice de science-fiction, d'humour et de fantastique, illustre la philosophie cruelle et lucide d'Alexandro Jodorowski.

La critique de Mr K: Lors de notre passage aux Utopiales 2011, Nelfe et moi avions terminé en apothéose avec une conférence de sieur Jodorowski. Grand moment de réflexion et d'humour, cette rencontre mémorable n'avait que raffermi ma haute opinion de cet auteur illuminé et profondément mystique. Ce recueil est particulier. Lorsque Fabrice Giger en 2002 décide de ressusciter la défunte revue "Métal Hurlant", il s'adresse à Jodorowski pour créer un personnage qui incarnerait le mensuel: ce sera un astéroïde hurlant. Ce dernier est le point commun des onze récits compilés dans le présent volume, ouvrage de commande auprès de dessinateurs qu'il connaît plus ou moins bien. Jodorowki les guide en fonctions de leurs forces et faiblesses pour les faire accoucher de onze récits aujourd'hui réunis.

C'est autant d'histoires marquées du sceau Jodorowski. On y retrouve ses obsessions et préoccupations, force la réflexion de l'auteur. Disons-le tout-de-go, l'ambiance n'est pas à l'optimisme mais on baigne dans la métaphysique de l'être humain, le rapport à la croyance, la foi dans la science et l'idée de changement. Dans ce volume, il est notamment question des habitants d'un monde menacé se tournant vers de vieilles croyances multi-millénaires, de l'éternel combat entre le bien et le mal qui finalement se mêlent, de la recherche d'un coupable expiatoire aux pêchés d'un peuple, de vampirisme inversé, de la quête de l'Amour et de sentiments humains par une nation robotique, de l'avidité humaine source de conflit et de vice, de la notion romantique du sacrifice ultime... Autant de récits qui parlent de nous mais transposés dans des univers fantasmagoriques définitivement seventies, âge d'or du genre.

Asteroide_Masters_05(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

J'ai littéralement dévoré ce recueil tant il se révèle être une compilation sans défaut de la bande dessinée SF des années 70. Le style de dessin est très différent d'une histoire à une autre. On passe de dessins tirant vers le minimalisme à des planches ultra-réalistes ou au psychédélisme léché à la Druillet. C'est là qu'on ne peut que constater la puissance scénaristique qui permet à chacun des dessinateurs invités de se transcender et de proposer des micro-récits accrocheurs à souhait. Au début de chaque histoire, Jodorowski se fend d'une petite introduction explicativo-philosophique élevant l'esprit du lecteur avant sa plongée dans la matière. Ca fonctionne à merveille, il m'a été quasiment impossible de poser cet ouvrage avant de l'avoir terminé.

Asteroide_TOG_03(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Belle expérience entre plaisir esthétique et réflexion intense, cet bande dessinée sort du lot et s'impose à mes yeux comme une des meilleures de son auteur à placer juste à côté de "L'homme est-il bon?" de Moébius. Un incontournable à découvrir au plus vite!

lundi 8 juillet 2013

"Métropolice" de Didier Daeninckx

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L'histoire: L'homme à la valise se tenait immobile au bord de la fosse. Le bout de ses chaussures noires entamait la ligne blanche tracée tout le long du quai. Il haussa les épaules quand le grondement se fit plus précis. Jacques se releva et vint se placer juste derrière l'homme. Il frissonna de froid. La sueur mouillait son dos. Ses mains jaillirent de ses poches et se collèrent sur les omoplates de l'homme.

Qui bascula dans un cri terrible.

Il n'avait jamais rien vu de plus gros qu'une motrice de métro.

La critique de Mr K: Retour à Daeninckx aujourd'hui avec un ouvrage tout droit sorti de chez l'abbé. Métropolice le bien nommé nous plonge dans l'univers parallèle du métro parisien nous invitant à côtoyer une faune bigarrée et un univers quotidien suffocant. Roman noir et policier se mêlent pour nous offrir une œuvre brève et immersive au possible.

Tout commence par un événement aussi rare qu'effroyable: un homme transportant une bombe est précipité sous les roues d'une motrice de la RATP. On suit alors deux parcours: celui de la police tout d'abord désarmée face à cet acte fou qui peu à peu va suivre la piste de ce "sérial-pousseur" et remonter sa trace. Le portrait des forces de l'ordre est sans concession notamment par le portrait qui est ici brossé de deux policiers réactionnaires ordinaires et une hiérarchie léthargique qui n'a pas le sens des priorités. Un chapitre sur trois, nous nous retrouvons dans la peau de Jacques, le "pousseur" et suivons ses états d'âme et sa quête effrénée. Le malaise est là, cet homme est plus que perturbé et peu à peu le voile se lève sur ses motivations. La conclusion est sans appel et non dénuée de nuance.

L'univers du métro est ici extrêmement bien rendu. Le décor est banal, chacun vaque à sa petite existence sans soupçonner les déviances et les intrigues qui peuvent se dérouler à moins d'un mètre de soi. L'ambiance est donc étouffante, noire. L'individualisme transpire des pages descriptives mettant en scène le métropolitain et rend plus catharsique le rapport aux personnages qui gagnent du coup en relief. Cet univers sombre et cet absence de réel espoir m'ont plu et embarqué. L'intrigue gagnant en profondeur, de nouveaux questionnements d'ordre plus général apparaissent notamment concernant la montée de l'extrême droite en temps de crise comme nous pouvons le connaître en ce moment en France. A ce niveau, l'ultime page du recueil est à la fois effrayante et réaliste.

Ce fut donc une excellente lecture aussi rapide que plaisante. Il faut dire que l'auteur n'a pas son pareil pour tenir son intrigue et l'élargir à des questions de l'actualité contemporaine. L'écriture est fluide et va à l'essentiel, tous les bons éléments étaient donc réunis pour une réussite pleine et entière.

Déjà chroniqués de Daeninckx:
- Lumière noire
- Nazis dans le métro

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mercredi 3 juillet 2013

De l'Art d'être dans l'opposition...

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Dessin de Bar tiré de son blog

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mardi 2 juillet 2013

"Pour seul cortège" de Laurent Gaudé

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L'histoire: En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s'écroule, terrassé par la fièvre.

Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l'héritage et le privilège d'emporter sa dépouille.

Des confins de l'Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d'un temple éloigné où elle s'est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal: le destin l'appelle à nouveau auprès de l'homme qui a vaincu son père...

le devoir et l'ambition, l'amour et la fidélité, le deuil et l'errance mènent les personnages vers l'ivresse d'une dernière chevauchée.

La critique de Mr K: Cet ouvrage est le deuxième que je lis de Laurent Gaudé après l'excellent "Le Soleil des Scorta" que l'on m'avait offert et que j'avais adoré. Avec cet ouvrage, l'auteur nous immerge dans une ambiance de fin de règne comme jamais vous ne la vivrez ailleurs. Alexandre va mourir et son empire est au bord de l'implosion. À travers le regard de trois personnages gravitant ou ayant gravité autour de lui, nous allons suivre l'agonie du chef et sa succession.

Autant vous le dire tout de suite, il m'a tout de même fallu une bonne quarantaine de pages pour réussir à m'immerger dans le roman. Je trouvais le rythme plus que lent et même si la langue est belle, il ne se passe pas grand chose et j'avoue que j'ai été au bord de le lâcher pour le reprendre plus tard. Faisant par là preuve d'une force morale qui m'étonne encore, je rentrai alors complètement dans cette histoire hors du commun au souffle épique certain.

Tour à tour, nous sommes dans la tête d'Alexandre qui ne comprend pas bien ce qui se passe. Puis, nous suivons un de ses meilleurs amis envoyé comme messager loin de son empereur alors que ce dernier est au plus mal. Et puis surtout, nous suivons le parcours de la fille de Darius et à elle seule, elle mériterait un livre tant ce personnage est à la fois attachant et puissant. Elle est sans conteste mon personnage favori de cette épopée, loin des clichés et des portes ouvertes, elle symbolise la droiture et la responsabilité malgré sa fragilité. Elle est une bouleversante figure dramatique.

Difficile de parler de ce livre tant une fois conquis, nous sommes plongés dans une histoire à la fois simple et épique. La langue de Gaudé fait ici aussi merveille et les derniers chapitres sont parmi les plus impressionnants que j'ai pu lire. Si si, on n'est pas loin de "La Légende des siècles" de Hugo en terme de ton épique. La dernière chevauchée des compagnons d'Alexandre n'a pas à rougir de la légende de Roland et de son épée Durandal et franchement, j'ai refermé le livre chargé d'émotion et l'esprit excité comme rarement.

Une très belle lecture bien que difficile au départ. Lancez-vous et préparez-vous à un voyage hors du commun.

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lundi 1 juillet 2013

Motocultor 2013, on y sera!

C'est avec une frustation extrême que cette année j'ai laissé passé le Hellfest! Bon... les têtes d'affiche n'étaient pas top mais l'esprit métal me manque (surtout en fin d'année scolaire) et on y fait beaucoup de découvertes! Du coup, pour rattraper cet écart de conduite inqualifiable, samedi, Nelfe et moi nous sommes offerts des places pour le Motocultor à Saint Nolff le vendredi 16 août!

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Le programme du 16 août est fort alléchant avec Therion notre groupe fétiche de métal symphonique, Enslaved du black metal bien rude et Devildriver un groupe de métal bien roots, plus quelques autres groupes à découvrir! Ca promet, même si ce rassemblement est plus petit, déluge sonique et ambiance seront au RDV!

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Le compte à rebours a commencé!

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