jeudi 14 novembre 2013

6 ans! L'année du CP!

6 ans

C'est un peu une habitude chez nous de laisser passer l'anniversaire de notre blog. Cette année encore, nous ne dérogeons pas à la règle puisque c'est le 12 novembre que Le Capharnaüm éclairé a soufflé sa 6ème bougie.

Et oui, 6 ans, c'est pas rien! Nous sommes quelques uns à être des vieux de la vieille de la blogosphère "culturelle" à tenir bon! "On en a vu arriver des jeunots, hein Marcel!?" et surtout on prend toujours autant de plaisir, Mr K et moi même, à tenir notre petit espace à nous et à partager nos coups de coeur, nos coups de gueule, nos lectures, nos passions avec vous...

Pas de concours pour l'évènement, pas de grandes effusions de sentiments ni de stats bilan, juste un grand MERCI pour ces années partagées, ces échanges passionnants et ce plaisir sans cesse renouvelé de vous retrouver un peu dans nos vies tous les jours.

Merci donc de nous suivre toujours plus nombreux ici et sur notre page facebook depuis quelques mois. On vous aime, vous êtes les meilleurs lecteurs de la galaxie!

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mercredi 13 novembre 2013

"L'Exécution" de Robert Badinter

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L'histoire: "Un grand roman classique, une histoire de haine, de sang, de mort et d’amour. Oui, d’amour. Unité de temps, de lieu, trois personnages : l’auteur, son vieux maître, la victime – oui, la victime – et puis la foule, avec quelques silhouettes bien plantées au premier rang. Un récit qui va droit son chemin vers la réponse à l’unique question : mourra-t-il?
Ce qui importe, c’est de savoir ce qu’est la justice, comment elle fonctionne, à quoi sert un avocat, pourquoi la peine de mort. C’est tout cela qui nous bouleverse dans ce beau livre, dur et sensible à la fois. Ne laissez plus passer, en tout cas pas ainsi, ce qu’on nomme par dérision peut-être la Justice des hommes."
Pierre Viansson-Ponté, Le Monde, 3 octobre 1973.

La critique de Mr K: Une très belle lecture aujourd'hui avec cet ouvrage de Robert Badinter, un des hommes politiques que je respecte le plus de part ses actes, son charisme et désormais ses mots. Avocat de formation, il restera dans la mémoire collective comme l'artisan de l'abolition de la peine de mort en France qui était très en retard dans le domaine à l'époque. Envers et contre tous, l'opinion publique était clairement pour garder le châtiment suprême, avec l'appui de Mitterrand, il mènera à bien cette réforme emblématique de la Justice française. Ce livre est une plongée dans le passé de ce ministre hors norme, le récit d'une affaire à laquelle il a participé et qui l'a marqué à jamais et le poussera à rentrer en politique.

Dans L'Exécution, nous suivons Robert Badinter tout au long d'un procès qui fit grand bruit: une évasion qui a mal tournée, prise d'otage et notamment, une infirmière de l'administration pénitentiaire égorgée. Ce crime immonde passionne les foules et la tension est grande autour des deux accusés. Robert Badinter défend le coaccusé que l'on accuse de meurtre et qui pourtant prétend n'avoir jamais tué. Au fil du développement de la préparation du procès, l'avocat se rend compte qu'un premier rapport d'expert discrédite la thèse que son client ait porté le coup fatal. Malheureusement, ce rapport a été réfuté pour vice de forme. Persuadé de l'innocence de son client, commence un compte à rebours éprouvant durant tout le roman pour essayer de sauver cet homme qui n'a pas tué. Pour Badinter, il est clair qu'on ne tue pas un homme qui n'a pas tué. Ce leitmotiv est ce qui le guide durant tout cet écrit.

J'ai peu lu de roman où l'on suit le regard et le point de vue d'un avocat. Ce point vue différencié permet une autre lecture sur le drame qui se joue et l'on se rend compte que derrière les procédures judiciaires, les plaidoiries et les grandes phases judiciaires, se cache un travail de fourmi, ultra-complexe et précis qui est mené par des hommes comme vous et moi. Ce livre est rempli à ras bord d'humanisme. C'est sa première vertu, l'émotion ici n'est pas feinte, le réel vous prend en entier sans espoir de retour en arrière. Au fil des pages, la tension monte, peu à peu, insidieuse et implacable. Difficile de relâcher ce volume dans ses conditions tant on se sent concerné par ce combat et par les changements d'états d'esprit de l'avocat qui passe par tous les stades avant l'inévitable mot fin qui ici raisonne au son de la guillotine. Ne vous inquiétez pas de ce spoiler, l'intérêt du livre réside dans son développement, le cheminement du héros-narrateur et les principes évoqués.

Badinter alterne entre ses passages relatant l'affaire des passages plus intimistes mettant principalement en scène son regretté maître qui lui a tout appris du métier d'avocat. Cela donne lieu a des anecdotes parfois truculentes (il faut voir les relations que le vieux de la vieille entretient avec le Milieu!) et de grandes leçons de sagesse pour son jeune disciple. Cela transpire la filiation et la pédagogie, un bonheur de lecture pour le novice que je suis dans le domaine judiciaire. À travers ses flashback, Badinter nous apprend donc comment il a été formé, pétri par son maître et l'on comprend mieux l'homme qui est devenu par la suite.

Au final, j'ai dévoré ce livre en deux jours! Une merveille de concision, d'écriture limpide et exigeante et un contenu humaniste au possible (ça fait du bien par les temps qui courent!). On ne peux que penser au Journal d'un condamné à mort de Victor Hugo, écrit plus de 150 ans auparavant et auquel ce livre fait irrémédiablement écho. Badinter mènera son combat à son terme quelques années après avoir écrit ce livre. Un petit bijou qui je vous invite à découvrir au plus vite!

samedi 9 novembre 2013

"Train d'enfer pour Ange rouge" de Franck Thilliez

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L'histoire: Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination.

Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin...

La critique Nelfesque: Ce faisait un bon moment que "Train d'enfer pour Ange rouge" trainait dans ma PAL. Quoi de mieux qu'un challenge pour l'en sortir? 2 challenges!? Qu'à cela ne tienne!

Vous connaissez mon amour pour les thrillers. J'avais déjà lu par le passé, deux romans de cet auteur, "La Chambre des morts" et "La Forêt des ombres", que j'avais trouvé assez efficaces. Ici, je ne sais pas si ce n'était pas le bon moment pour le lire ou si avec le temps je m'habitue au genre et deviens de plus en plus exigeante, mais je ressors de cette lecture avec une drôle d'impression...

Le premier mot qui me vient à l'esprit est: "too much" (oui ça en fait deux... sauf si on traduit en français par "trop"!). Trop de gore en premier lieu alors que je suis la première à en être friande, trop d'invraisemblances dans la psychologie des personnages à laquelle je suis très attachée dans ce genre de roman, trop de tentatives de suspens qui ont fait flop chez moi, trop de trop! Trop! TROP!

Le roman date de 2002, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis 10 ans, beaucoup de très bons thrillers ont été écrits... Quoi que, là, je suis en train de chercher des excuses à mon manque d'enthousiasme pour ce roman ci puisque fort est de constater que, contre exemple, j'ai adoré "Les Racines du mal" de Dantec paru en 1995. On ne joue pas dans la même cour!

Non, je crois tout simplement que je n'aime pas vraiment cet auteur qui, plus que de la qualité, propose à ces lecteurs du sensasionnel pour vendre. J'ai conscience qu'en disant cela je peux m'attirer les foudres des fans de Thilliez mais que voulez-vous, j'ai une vocation de martyr!

Pourquoi donc en suis-je arrivée à cette conclusion et particulièrement avec "Train d'enfer pour Ange rouge"? L'histoire ici est sordide, glauque à souhait, dans le milieu du sado-masochisme et de l'industrie du sexe où une bande de détraqués de la b*** ne trouve rien de mieux que d'astiquer Popole devant des vidéos semblant être le reflet d'activités non consenties et parfois même devant des snuff movies. Thilliez nous amène donc dans un monde très noir fait de perversité poussée à l'extrême. Dès les premières lignes du roman, le ton est donné avec la découverte d'un premier corps mutilé à un point que je ne crois pas avoir lu de descriptions plus insoutenables jusqu'alors. Les morts se succèdent, l'enquête piétine. Sharko, le commissaire et protagoniste principal du roman, est tiraillé entre la disparition de sa femme et son enquête... Comme je le disais précédemment beaucoup de descriptions sordides qui à mon sens ne font pas avancer l'histoire mais donne à montrer aux lecteurs. Une sorte de voyeurisme gratuit auquel je n'ai pas adhéré.

Sharko ensuite, flic en souffrance suite à la disparition de sa femme survenue 6 mois plus tôt. Quand je dis "disparition", c'est d'une vraie disparition dont il s'agit et non une manière élégante de dire qu'il est veuf. De là à penser que celle ci a un lien avec l'histoire principale du roman, il n'y a qu'un pas que je vous laisse franchir si vous le souhaitez. Personnage capable du meilleur comme du pire sous la plume de Thilliez qui tour à tour en fait un homme posé et réfléchi puis le fait s'énerver et jouer les gros bras quelques pages plus loin. Très peu crédible... Autant j'aime bien le premier autant le suivant m'agace par ses interventions vues et revues. Rien d'original sous le soleil et une pointe de lassitude se fait sentir dans ma lecture.

Certains qualifieront "Train d'enfer pour Ange rouge" d'un bon page-turner. Oui, c'est possible... Je l'aurai lu il y a quelques années, je l'aurai peut être dévoré. Au lieu de ça, je l'ai clairement terminé pour honorer mes challenges (et encore, j'en rends un en retard) sans vraiment d'entrain. Sans doute aspiré-je (ceci n'est pas une faute) à plus que du "gore, du cul et du sang" maintenant en matière de thrillers. Tant pis pour cette fois!

challenge thriller
Livra'deux pour pal'Addict

J'ai lu ce roman dans le cadre du "Challenge Thrillers" et du challenge "Livra'deux pour pal'Addict".

mardi 5 novembre 2013

"Les Seigneurs de l'Instrumentalité, tome 1: Les Sondeurs vivent en vain" de Cordwainer Smith

lesseigneurs

L'histoire: "...Et quand les premiers hommes à aller dans le Grand extérieur arrivèrent sur la Lune, que trouvèrent-ils?
- Rien! Répondit le choeur silencieux des lèvres.
- Aussi allèrent-ils plus loin, jusqu'à Mars et Vénus. Si les vaisseaux partaient tous les ans, jamais, jusqu'à l'An Premier de l'Espace, ils ne revinrent. Alors, un vaisseau revint avec le Premier Effet. Sondeurs, je vous le demande, qu'est-ce que le Premier Effet?
- Personne ne le sait. Personne ne le sait.
- Personne ne le saura jamais. Trop nombreuses sont les variables. Comment connaissons-nous le Premier Effet?
- Par la Grande Douleur de l'Espace, dit le choeur.
- Et par quel autre signe?
- Par la nostalgie, ô la nostalgie de la mort!"

La critique de Mr K: Il m'en aura fallu du temps pour me lancer dans cette lecture. C'est à l'occasion de notre passage aux Utopiales 2011 à Nantes que lors d'une conférence sur l'histoire du futur, un de mes regrettés auteurs, Roland C. Wagner, avait cité cet ouvrage en le comparant aux mythique Fondation d'Asimov et L'histoire du futur d'Henlein. Injustement méconnu selon lui, cette tétralogie de Cordwainer Smith, "Les Seigneurs de l'Instrumentalité", méritait d'être découverte. J'achetais le pack à la librairie du festival et rentrait à la maison, la rangeant par la même occasion dans ma PAL. Le temps a passé et seules restent les pensées comme le disait un Michel célèbre et inspiré, je retombai dessus il y a quelques semaines et les remords m'ont harcelés jusqu'à la prise de décision: il fallait que je m'y mette! Je décidai donc de passer à l'acte en intercalant d'autres lectures entre chaque tome. Cette critique est donc la première d'une série de quatre.

Comme vous avez pu le deviner en lisant l'extrait qui sert de résumé, cet ouvrage a l'air très spécial... Vous avez bien raison car ici on se trouve face à un livre que je trouve pour ma part unique en SF, du moins par rapport à mes lectures précédentes dans le genre. Autant les thématiques abordées et les récits proposés sont classiques, autant le traitement et la forme sont déroutants pour un genre aussi codifié que la SF. À travers de nombreux micro-récits (17 ici), l'auteur nous raconte l'avenir de l'espèce humaine. Rappelons qu'à l'époque de la rédaction de ces textes (les fifties), la SF s'écrivait essentiellement sous formes de nouvelles ou de feuilletons. Ici au fil des lectures successives, un ensemble cohérent se dégage. Avant de s'éparpiller à travers l'univers, l'humanité a connu bien des espoirs et des déceptions.

Tour à tour, nous accompagnons des scientifiques russes de la période de la Guerre Froide dans des tests de laboratoire aux conséquences imprévues, l'organisation d'une guerre virtuelle pour calmer les foules, des Sondeurs de l'espace envoyés explorer le grand vide intersidéral, l'émergence d'une petite fille de sa capsule de sommeil longue durée après plusieurs millénaires écoulés, le retour à l'état primitif de notre bonne vieille planète Terre, l'exploration de mondes nouveaux et notamment du Grand Néant... Autant de petites nouvelles qui mises bout à bout forment une somme historique conséquente et divertissante. Les destins qui nous sont ici livrés nous éclairent sur la nature humaine profonde, la notion de progrès et la réédition des erreurs du passé.

C'est par sa langue que ce livre se détache et montre sa singularité. On frôle régulièrement la poésie et loin d'être un space-opéra, derrière les grandes tractations et événements décrits se cachent un amour de l'humain et des sentiments qui l'animent. Profondément humaniste quoique pessimiste dans le fond, cette oeuvre est à la fois très belle et très dense ce qui rend parfois la lecture difficile en fin de soirée. Heureusement, j'ai eu la bonne idée de répartir la lecture des quatre tomes en plusieurs temps pour ne pas me laisser gagner par la lassitude. Je lirai avec plaisir le deuxième tome dans les semaines à venir. Une belle lecture que ce tome 1, "Les Sondeurs vivent en vain", en tout cas, qui ravira les amateurs de SF à la fois intelligente, exigeante et tripante dans le sens noble du terme.

dimanche 3 novembre 2013

"La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2" d'Abdellatif Kechiche

affiche adèle

L'histoire: À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...

La critique Nelfesque: Comme vous le savez peut être, tous les ans, je suis Cannes assidûment et suite aux louanges sur le Festival et sa Palme d'Or, j'attendais la sortie de "La Vie d'Adèle" au cinéma avec impatience. J'aime chaque année aller voir les films qui m'ont fait envie durant le Festival et découvrir les Palmes d'Or en salle. Mr K n'étant pas tenté par ce film, j'y suis allée avec une amie. Il n'y aura donc que mon avis ici aujourd'hui.

Comme tout le monde, j'ai entendu et lu les polémiques entourant ce film depuis plusieurs semaines. Polémiques lancées par Léa Seydoux sur lesquelles je ne reviendrai pas ici. Tout ça aura au moins eu le mérite de faire encore plus de pub pour "La Vie d'Adèle". A la vue du film, j'ai effectivement pu comprendre la difficulté des actrices à jouer plusieurs dizaines de fois certaines scènes. En tant que spectatrices, je n'ai pas été gênée par les scènes de sexe (de vraies scènes de sexe, pas des petits bisous sans la langue) par contre j'ai trouvé assez déplorable que deux gamins aient pu rentrer dans la salle (film interdit au moins de 12 ans avec avertissement théoriquement) avec leurs grands-parents. Ayant été moi-même assez marquée par "L'Amant" quand j'étais gamine, j'ai eu mal pour eux qui se dodelinaient sur leurs sièges à chaque scène de cul...

la vie d'adele 2

Mais "La Vie d'Adèle" n'est pas qu'un film où on voit deux filles coucher ensemble, cela serait beaucoup trop réducteur et enleverait toute sa beauté au film. D'ailleurs pour moi, le fait que ce soit un couple homosexuel dont il est question n'est qu'anecdotique. "La Vie d'Adèle" est avant tout un film sur l'amour, un film sur la construction sexuelle et affective d'Adèle, pleine de doutes et de questionnements.

Abdellatif Kechiche nous montre là la vie d'Adèle dans tout ce qu'elle a de plus normale. Loin de vouloir chercher la beauté des choses, il nous montre la réalité des faits sans recherche de sublime, de rêverie, de poésie. Cela donne des scènes brutes tels que des gros plans sur les bouches dégoulinantes de nourriture quand les acteurs mangent avec appétit, des actes sexuelles crûs avec moults détails qui homosexuels ou non sont courants dans la vie de tout à chacun, des nez qui coulent quand les actrices pleurent à chaudes larmes. Les mêmes bouches, les mêmes actes, les mêmes nez que ceux de n'importe qui mais que d'ordinaire au cinéma on enjolive, on maquille, sur lesquels on fait l'impasse. La vie, la vraie, sans fioritures. J'ai aimé ce parti-pris par le réalisateur qui consiste à être au plus près de ses acteurs.

la vie d'adele 1

Cette proximité, on la ressent dans chaque plan, resserré sur les visages et qui ne laisse pas d'échappatoire aux spectateurs. Au plus près de l'histoire, rien ne nous est épargné. Cela ne plait pas à tout le monde mais personnellement je ne me suis pas sentie oppressée par ce procédé, bien au contraire, il m'a permis de me sentir plus impliquée dans l'histoire.

La culture est très présente dans "La Vie d'Adèle". Au travers de scènes, ce sont les oeuvres littéraires de Marivaux ou de "La Princesse de Clèves" qui sont mises en avant. Vient ensuite l'Art et notamment la peinture avec les études et la vie professionnelle d'Emma où se côtoient critiques d'Art, galieristes, artistes et même acteurs. Tout le film est baigné dans une ambiance que certains qualifieront d'élitiste. Ici encore, étant plutôt une intello amatrice d'Art et de littérature, je me suis sentie bien dans le milieu proposé qui pour certains peut paraître "trop". Il donne une dimension intellectuelle supplémentaire au film où le vécu d'Adèle entre en résonnance avec la Beauté (attention philo!).

Les actrices jouent chacune leurs rôles avec beaucoup de justesse. Léa Seydoux, que l'on voit au final beaucoup moins à l'écran qu'Adèle Exarchopoulos, douce, sensible et déterminée, tient sans doute là le rôle de sa carrière, et Adèle est l'exact reflet d'une jeune femme lambda se laissant porter par la vie. Elle couche pour la première fois avec un garçon, n'en éprouve pas le bonheur escompté, se laisse séduire par une fille et va vivre là l'apprentissage de l'amour, de la passion, de la vie de couple puis la descente de la rupture, du désespoir et de la trahison. Hétérosexuelle? Homosexuelle? Bisexuelle? Peu importe la sexualité choisie, seul compte l'amour éprouvé. Et n'est-ce pas là la seule chose importante?

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Vous l'aurez compris, j'ai apprécié "La Vie d'Adèle" et je suis contente d'avoir été le voir au cinéma. Je n'ai presque pas vu passer les 3 heures du film (mon amie enceinte jusqu'au cou m'a fait remarquée à 2h30 du film que finalement non il n'y aurait pas d'entracte et c'est à ce moment là que je me suis rendue compte du temps passé). 3 heures au plus près des actrices, 3 heures au plus près de la vie, 3 heures qui je l'espère permettront aux "anti-homo" de s'apercevoir que l'amour est partout et que le jugement n'a sa place nul part... A voir, assurément!

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jeudi 31 octobre 2013

Parce que c'est d'actualité!

Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas mis de Very Bad Blagues sur le blog. Et pourtant, dieu sait que ce duo colle à l'actualité et à notre quotidien. Pour preuve, "Quand on fête Halloween", reflet de ce qui devrait nous arriver ce soir... Même pas peur! On est paré, on a nos munitions sucrées!

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mardi 29 octobre 2013

Du boulangisme médiatique et de ses conséquences...

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Dessin de Babouse tiré du site du Stripsjournal

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lundi 28 octobre 2013

Lou Reed is gone...

REED

C'est avec stupéfaction et une grande tristesse que nous avons appris le décès de cet artiste incontournable de la scène rock. La musique est en deuil et nous n'oublierons jamais l'immortel Velvet Underground qui encore aujourd'hui, ravi un public large et fervent! Une dernière mélopée mélancolique pour accompagner Lou au panthéon des rockeurs où il trouvera, n'en doutons pas, une compagnie enjouée et festive. Chapeau bas!

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dimanche 27 octobre 2013

"Les petits pains de la pleine lune" de Gu Byeong-mo

lespetitspainsdelapleinelune

L'histoire: Comme dans toute bonne boulangerie-pâtisserie, il y en a pour tous les goûts dans ce petit livre : du mystère, des choses graves, de l'humour (noir), de la tendresse (cachée).
Le héros est un jeune garçon coréen, sa mère s'est suicidée quand il était enfant et sa belle-mère le harcèle moralement. Un jour, il s'enfuit de chez lui et trouve refuge dans une pâtisserie, lui qui n'était pourtant pas fan de gâteaux !
Là il fera la connaissance d'une fille pas comme les autres, Oiseau-Bleu, et d'un pâtissier un peu sorcier.
Car dans cette boutique vraiment banale en apparence, on confectionne des gâteaux aux pouvoirs étonnants, qui sont vendus sur Internet. Mais attention ! N'oubliez pas que la magie peut toujours se retourner contre vous.

La critique de Mr K: La lecture de ce livre est un pur hasard. Nous déambulions Nelfe et moi dans un magasin discount quand je tombai sur un bac remplis de livres brochés de chez Picquier qui est réputé pour la traduction et l'édition de livres asiatiques (Corée, Japon, Inde, Pakistan essentiellement). J'ai bien accroché à la quatrième de couverture et ne lisant pas beaucoup de littérature jeunesse (tant de livres à lire et si peu de temps!), j'y vis un signe et me portai acquéreur du présent titre pour un prix modique.

Un jeune coréen marqué durement par l'existence va trouver refuge dans un magasin pas comme les autres. Tout est résumé en ces quelques mots mais n'allez pas croire que vous vous trouvez devant un conte pour enfants classique. D'ailleurs, je m'étonne encore d'avoir lu au dos de l'ouvrage, "niveau de lecture collège" tant certains passages sont d'une dureté et crudité estomaquantes pour un adulte. Certainement, les différences culturelles y sont pour quelque chose, peut-être parle-t-on plus librement de certaines choses aux enfants par là-bas... Ainsi, lors des flashback qui parsèment les 200 pages de ce livre, des sujets très graves sont abordés comme le suicide, la pédophilie et la violence domestique. Loin d'être seulement évoqués, l'auteure a décidé de les traiter frontalement. Le choix est osé, le résultat est formidable d'intelligence et d'ingéniosité malgré des propos rudes et des passages éprouvants. J'ai adoré détester la belle-mère qui s'apparente aux marâtres classiques de Cendrillon ou Blanche Neige, j'ai vomi l'attitude détestable du père à la fois absent et responsable du mal être de son fils. D'une manière générale, les adultes qui entourent le héros sont soit lâches, soit cyniques, soit profondément mauvais (mention spéciale aux professeurs du collège).

Tout est contrebalancé par l'irruption du merveilleux qui prend ici la forme d'un pâtissier et de son employée. Que se cache-t-il derrière ces étranges produits vendus sur internet? Hébergé pendant un temps dans la boutique, il va pouvoir se reconstruire intérieurement et grâce à la gestion du site web de la pâtisserie, il va comprendre un peu mieux la nature humaine. En effet, quoi de mieux pour connaître nos penchants secrets que la vente de filtres d'amour, de poupées vaudous et autres sorts-pâtissiers. Cela donne lieu à de merveilleuses pages de littérature pour enfants qui m'ont irrémédiablement fait penser au Roal Dahn de Charlie et la chocolaterie. Le personnage de Oiseau-bleu est une merveille de tendresse et de douceur que vient contrebalancer le personnage de bourru au grand cœur du pâtissier. Bien évidemment, ces deux là savent ce qui arrive au héros et vont l'aider à affronter sa vie.

Très bien écrit, le langage est ici mis au service de deux causes pourtant radicalement opposées: le réalisme et le merveilleux. L'auteure réussit sur les deux tableaux et nous offre un portrait d'une beauté et d'une mélancolie rare avec ce jeune coréen bègue et esseulé. On est pas loin de verser sa larme par moment même si certains passages plus fantastiques nous arrachent par moment un sourire. Une lecture atypique que je vous conseille vivement malgré les passages parfois cruels qu'elle contient.

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mercredi 23 octobre 2013

"Tous ne sont pas des monstres" de Maud Tabachnik

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L'histoire: Nathan se refuse à invoquer les terribles puissances qui couvent sous le cimetière juif de Prague. Nathan est un sage. Mais lorsque les émeutes éclatent dans les banlieues de la mégapole, que le gouvernement décrète l'état d'urgence et que son peuple risque une fois encore de payer le prix fort à l'Histoire, le jeune kabbaliste n'hésite plus. D'autant que les frères ennemis musulmans semblent avoir déchaîné une créature propre à semer le chaos jusque dans les rangs serrés des forces d'intervention. Glaise contre béton, fournaise sur la ville, monstre contre monstre, lorsque les légendes heurtent de plein fouet la modernité, c'est un cocktail Molotov qui embrase la vérité...

La critique de Mr K: Attention livre nauséabond que je qualifierai de bouse malsaine et vicieuse rien de moins! C'est mon premier contact littéraire avec cette auteure à la renommée conséquente, ce sera sans doute le dernier même si j'espère que cet ouvrage n'est pas le reflet de sa pensée tant ici on rentre en contact avec la fange extrémiste juive aussi barbare et stupide que nos extrémistes anti- mariage pour tous et autres barbus des cités. Mais comme je le dis souvent, la connerie est ce qu'il y a de mieux partagé au monde et cette histoire en est le triste reflet.

Les cités se sont révoltées, se sont embrasées et les salafistes ont pris le pouvoir pour renverser notre bonne vieille République laïque. Des groupes armés règnent en maître et ont sollicité l'aide divine qu'il leur a envoyé un de ses anges destructeurs (un djinn) pour détruire les chiens d'infidèles. Un chapitre sur trois est ainsi consacré à la description caricaturale de fous de Dieu avides d'humiliation et de sang: femmes voilées et recluses chez elles, appel au djihad dans des prières de rues, violence ordinaire, racisme anti-blanc, meurtre d'honneur... Bref c'est l'horreur et tout cela à cause d'une société laxiste, qui ose même au milieu du livre, autoriser la polygamie! Heureusement, un super-héros (kabbaliste de surcroît) veille et en convoquant le mythique Golem (superbe légende juive ici totalement dénaturée), il va réussir à faire reculer les hordes impies et rétablir l'ordre et la sécurité!

Non, il n'y a pas d'exagération de ma part, c'est vraiment le contenu de ce livre qui au départ m'a interloqué, puis dérangé et enfin dégouté! Écœuré d'abord de voir la religion musulmane réduite à une poignée de cinglés qui dans la réalité ne représente qu'une minorité négligeable (mais bon, vu la mode de l'outrance à la TV et autres médias, les simples d'esprits y croiront sans doute...). Ici le mal est clairement identifié et nulle nuance n'est admise, ceux qui ne participent pas sont des pleutres qui ne sortent pas de chez eux. Pour les sauver, un juif, lui aussi caricatural qui donnera bien du grain à moudre à Dieudonné et ses amis antisionistes... Car ici tout est question de race et de religion! Quid des laïcs, des athées et des forces vives démocratiques? Rien, nicht, nada! Ils n'existent tout simplement pas et la France sombre dans le chaos dans l'indifférence totale. Complètement ahurissant de connerie et d'irresponsabilité.

Franchement ce livre m'a mis en colère et je maudis clairement le jour où j'ai mis la main dessus chez l'abbé. On peut être déçu par un ouvrage, on peut ne pas être d'accord avec des propos mais ici on est face à autre chose. Derrière ses talents d'écrivaine qui sont indéniables, les propos sont outranciers, trompeurs et haineux. Et ce n'est pas la pseudo explication finale qui relèvera l'ensemble. C'est un parfait livre de chevet pour tous les fascistes de tout bord (F-Haine en tête, Coppéistes juste derrière). Par contre si comme moi vous êtes humaniste, laïc et républicain: passez votre chemin et combattez ce genre d'immondice qui ne font que ternir ce noble art qu'est la littérature! Et dire que les éditions la Baleine publie aussi la série du Poulpe... J'hallucine encore plus!