dimanche 22 septembre 2013

Work in progress...

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Dessin d'Aurel tiré du site du Strips Journal

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vendredi 20 septembre 2013

"La Conjuration primitive" de Maxime Chattam

LA_CONJURATION_PRIMITIVEL'histoire: Une véritable épidémie de meurtres ravage la France.
D'un endroit à l'autre, les scènes de crime semblent se répondre. Comme un langage ou un jeu. Plusieurs tueurs sont-ils à l'oeuvre? Se connaissent-ils?
Très vite, l'hexagone ne leur suffit plus: l'Europe entière devient l'enjeu de leur monstrueuse compétition.
Pour mettre fin à cette escalade de l'horreur, pour tenter de comprendre: une brigade pas tout à fait comme les autres épaulée par un célèbre profiler.

La critique Nelfesque: De Maxime Chattam, je n'avais lu que "La Trilogie du mal" il y a moins de 2 ans. Autant dire que j'ai commencé ma découverte de l'auteur un peu tard et que bien qu'ayant aimé cette trilogie (surtout le tome 2, "In tenebris", pour dire vrai), je n'ai pas poursuivi dans ma découverte de cet auteur. Mr K de son côté a lu d'autres romans qu'il n'a pas trouvé plus prenants que cela (je mets les liens en bas de billet), du coup je n'ai pas emboité ses pas dans ces lectures.

"La Conjuration primitive" a toutefois éveillé ma curiosité et j'ai retenté l'expérience Chattam. Quelle riche idée j'ai eu là! On retrouve ici l'écriture halentante et le suspens insoutenable d'"In tenebris". De plus, avouez que la quatrième de couverture laisse présager une trame qui a tout ce qu'il faut pour me plaire.

Tout le long du roman, le lecteur est tenu en haleine par une plume concise, simple mais allant droit au but, sans fioritures et un rythme endiablé donné au roman. En lisant la première page, il ne s'imagine pas qu'il ne fera qu'une bouchée de cet ouvrage, que le temps filera à une allure folle et qu'il ira de surprise en surprise.

L'histoire est sordide, les meurtres sont glauques, les tueurs sont vraiment tordus et les gendarmes qui suivent l'enquête ont ce qu'il faut d'humain et d'attachant pour nous paraître familier. Tout est là pour faire passer aux lecteurs adeptes du genre d'excellentes heures de lecture. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé pour moi! J'ai frémi, j'ai été gentiment dégoutée par certaines scènes (oui, oui, on peut être "gentiment" dégouté, c'est possible), j'ai été en colère, surprise, hallucinée... J'ai vraiment vécu ce roman jusqu'à la dernière page.

Dans "La Conjuration primitive", autant être prévenu dès le départ, rien ne vous sera épargné. Votre personnage préféré se prend une méchante claque à un moment de l'histoire? Attendez-vous à ce qu'il s'en prenne une autre quelques pages plus loin et pourquoi pas un gros coup de poing dans la face encore plus loin! A l'image de ce que se prend le lecteur notamment à mi roman (ceux qui ont lu ce livre verront sans doute à quoi je fais allusion). "La Conjuration primitive" est une expérience physique et quand on est fan de thrillers c'est un plaisir total! L'excitation grandit, les évènements s'accélèrent, le huit clos oppressant fait son apparition et c'est dans une apothéose de stress que le roman prend fin.

Le lecteur referme le livre avec l'impression d'avoir pris une méchante raclée, un double combo Yama Zuki en pleine poire! Quel bonheur! Le Chattam de "La Conjuration primitive" ne prend pas ses lecteurs pour des noobs et leur assène scène choc sur scène choc sans temps mort. Mention spéciale également pour le clin d'oeil à "La Trilogie du mal" à la fin du roman qui m'a vraiment ravie et mis le sourire jusqu'aux oreilles à l'instant T.

Bon alors, qu'est ce que vous attendez? Vous n'êtes pas déjà chez votre libraire pour vous procurer cette bombe!?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
- "L'Ame du mal"
- "In tenebris"
- "Maléfices" (ah mais mince, je ne l'ai jamais chroniqué celui là...)
- "Les Arcanes du chaos"

Posté par Nelfe à 19:35 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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mardi 17 septembre 2013

"La bête et la belle" de Thierry Jonquet

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L'histoire : Léon est vieux. Très vieux. Léon est moche. Très moche. Léon est sale. Vraiment très sale ! Léon se tient très mal à table. C'est dans sa nature... C'est triste ? Non : Léon a enfin trouvé un ami, un vrai de vrai ! Seulement voilà, le copain en question est un peu dérangé. Parfois dangereusement. Mais Léon est indulgent envers ses amis. Pas vous ?

La critique de Mr K : C'est avec un plaisir sans borne que j'ai dégoté cet ouvrage une fois de plus chez l'abbé. J'avais adoré mes deux premières incursions chez cet auteur et ce livre n'a duré longtemps non plus, deux sessions de lecture fiévreuses m'ont suffi pour en venir à bout. Le constat est sans appel, Jonquet était sans doute un des plus grand auteur du genre de part son écriture et sa maîtrise de ses récits notamment à cause de chutes à la fois imprévisibles et bouleversantes.

Au premier abord, cette histoire est très étrange. Les personnages principaux sont pour la plupart flous, réduits à leur titre ou leur métier (le garçon boucher, le coupable, le commissaire Gabelou...). On sent bien que dès le début Jonquet cherche à embrouiller le lecteur. Un commissaire recueille un vieil homme (le fameux Léon de quatrième de couverture) qui semble lié à un criminel ayant commis des meurtres particulièrement violents. Même si nous n'avons pas le détail complet de l'affaire au début de l'histoire, on se doute qu'il y a quelque chose qui cloche, un mystère plane autour de Léon et de ses relations précises avec le coupable qui au détour de confessions audios commence à lever le voile sur les événements passés. La piste est mince, les propos délibérément abscons et ce n'est qu'à la toute fin que le lecteur est littéralement cueilli par une vérité à la fois implacable et logique expliquant toutes les ellipses délicieusement semées tout le long du texte par un auteur décidément diabolique dans son genre.

On retrouve dans ce roman tout le talent de Jonquet pour tenir en haleine ses lecteurs. On retrouve notamment un sens du suspens hors du commun, on assiste à l'élaboration d'un puzzle complexe et méthodique où aucun personnage n'est épargné et où le lecteur manipulé ne peut que se laisser aller au gré des fausses pistes imaginées par l'auteur. On suppute beaucoup et on se trompe souvent. Personnellement, j'adore cela ! Les personnages sont ciselés à merveille et c'est peu à peu que Jonquet éclaire leur zone d'ombre, mention spéciale à Léon, vieillard rejeté de tous dont la vraie nature est révélée dans les ultimes pages flamboyantes de ce roman vraiment pas comme les autres.

Vous l'avez compris, Jonquet récidive ici dans le genre polar court et efficace. Impossible de relâcher le livre avant d'en avoir parcouru la dernière page, une fois de plus l'addiction est au rendez-vous et le bonheur de lecture est total. Ce serait bien dommage de ne pas se laisser tenter !

Lus, appréciés et chroniqués du même auteur :
- Mygale
- La vie de ma mère!

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lundi 16 septembre 2013

Le tourbillon d'un vent de foliiiiie / 광 기의 바람의 소용돌이

Ca se passerait presque de mots! Vous remarquerez l'intensité de l'interprétation qui frise par moment la démence, la chorégraphie sacadée mais on ne peut plus en rythme et les regards caméra de chanteuses qui semblent vouloir nager la brasse dans les plantes vertes... Mr K m'a même confié qu'elles lui faisaient peur...

Du grand art tout droit venu de Corée. Du grand n'importe quoi et avec l'accent s'il vous plait!

Posté par Nelfe à 21:56 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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dimanche 15 septembre 2013

"Le trône de fer: Une danse avec les dragons" (vol. 15) de George R. R. Martin

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ATTENTION CRITIQUE À HAUTE CONTENANCE DE SPOILERS!!!

L'histoire: Daenerys a eu beau se plier à toutes les exigences du peuple de Meereen – épouser Hizdahr zo Loraq, rouvrir les arènes de combat, pactiser avec des mercenaires qui l'ont déjà trahie-, rien n'y fait: la paix précaire risque à tout moment de dégénérer en un siège sanglant.

D'autant plus que la jument pâle, cette peste incurable, continue de faire des ravages aux portes de la ville. Yezzan zo Qaggaz, le maître de Tyrion, figure parmi les dernières victimes en date. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le nain y voit une occasion unique de prendre la poudre d'escampette.

Pendant ce temps, au Nord, les portes de Winterfell demeurent obstinément closes, tandis que la forteresse disparaît peu à peu sous un épais manteau de neige. Ses remparts servent-ils à protéger ses occupants de l'assaut de moins en moins probable des troupes de Stannis Barathéon ou à sceller leur tombeau?

La critique de Mr K: Ils sont marrants chez Pygmalion... pour ne pas dire cynique! En quatrième de couverture, sous le résumé, ils osent écrire que ce volume 15 clôt un chapitre important du Trône de fer! Qu'est-ce qu'on ne raconterait pas comme mensonges pour vendre! Autant vous le dire de suite, comme depuis quelques volumes (le 13 et le 14 notamment), il ne se passe pas grand chose, l'auteur se complaisant dans la description du devenir de chaque personnage sans réellement avancer ses pions sur l'échiquier.

Ne vous méprenez pas, la série littéraire est toujours aussi prenante mais je dois avouer que je suis quelques peu gagné par la frustration! J'ai comme l'impression que cela pourrait durer éternellement, heureusement j'ai lu une interview de Martin où il disait qu'il avait déjà la fin en tête et qu'elle devrait survenir dans environ 6 à 8 volumes!

Bon, j'ai un peu exagéré, il se passe tout de même certaines choses mais rien de vraiment bluffant comme dans les deux premières intégrales, qui à mes yeux sont toujours inégalables. J'ai retrouvé avec plaisir Tyrion qui réussit à s'affranchir de son maître pour mieux tomber dans d'autres soucis. Daenyris reste toujours aussi juvénilement insignifiante mais par contre... enfin, les dragons prennent de la place dans le récit. Il était temps! Cela donne lieu à de magnifiques descriptions et une mort bien fumeuse pour un prince de sang! Délectable à souhait pour un dragonophile tel que moi! Les quelques chapitres se concentrant sur le Nord et Winterfell m'ont parus plutôt anecdotiques et il me tarde vraiment que l'hiver vienne parce que là... il se fait attendre nom de Dieu! Deux chapitres sur Cerseï m'ont aussi particulièrement plus, il faut dire qu'elle est en fâcheuse position ma garce préférée, on la plaindrait presque... Par contre quid de Bran? Plus de nouvelle depuis longtemps, il me tarde de revoir l'héritier Stark!

Reste un talent intact de conteur et de beaux morceaux de bravoure au détour de certaines pages. J'espère tout simplement que le sieur Martin va enfin enclencher la marche rapide pour que l'on revienne au bon temps des trahisons de palais à Westeros. Des chevauchées fantastiques près de Hautjardin et autres Eyrié. Non vraiment, revenons au jeu des trônes à proprement parlé, il est grand temps! Ce serait dommage de tomber dans l'alimentaire quand on tient une trame aussi riche et puissante que ses luttes inter-familles. A trop vouloir soigner le background, j'ai l'impression parfois que Martin s'éloigne de l'essentiel: le trône de fer en lui même!

Je râle mais je l'ai quand même lu en un temps record alors que je l'avais acheté en début d'année. L'univers est intact, toujours aussi prenant et évocateur. Le style est toujours aussi alerte et exigeant ce qui permet d'excuser beaucoup de choses. Le plaisir de la lecture est bel et bien là, et comme je ne suis pas rancunier, j'attends tout de même le suivant avec impatience. J'espère que je ne serai pas déçu...

Lu, chroniqués et appréciés du même auteur:
- Le trône de fer, intégrale 1
- Le trône de fer, intégrale 2
- Le trône de fer, intégrale 3
- Le trône de fer, intégrale 4
- Le trône de fer, Le bûcher d'un roi, volume 13
- Le trône de fer, Les dragons de Meereen, volume 14

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vendredi 13 septembre 2013

"Science fiction, weird fantasy 1952-1953" de Wood, Kamen, Williamson, Orlando et Frazetta

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L'histoire: Dans cet album, les auteurs nous emmènent au coeur des étoiles pour une série de périples drolatiques ou effroyables!

Vous découvrirez entre autre pourquoi il ne faut pas tomber amoureux d'une femme de vingt centimètres, pourquoi la Terre peut paraître inhospitalière aux gentils extra-terrestres, une machine à l'intelligence artificielle bien particulière...

La critique de Mr K: Je suis un grand amateurs des Tales from the crypt et de toutes les productions du même genre. Les récits courts avec une fin improbable qui chavirent le lecteur me ravissent et c'est donc avec grand plaisir que je vous chronique aujourd'hui cette anthologie de récits SF de l'aube des années 50' qu'un copain m'a prêté. Composé de six récits d'égale qualité, il ne m'a pas fallu longtemps pour dévorer cet ouvrage qui cumule plaisir esthétique et narratif, et réflexion plus générale sur le genre humain et la quête du progrès.

Dans L'Exilé, un être humain est envoyé en exil sur une planète prison qui s'avère être la planète Terre durant la Première Guerre mondiale. Qui l'a condamné? À quel fin l'a-t-on envoyé à cette période précise de l'histoire? La fin m'a littéralement cueillie et m'a fait froid dans le dos. Ce récit propose une belle réflexion sur l'idée de processus de développement d'une civilisation, sur la notion de mal et de l'effet papillon. Une belle réussite!

By George enchaîne avec une histoire plutôt farfelue au premier abord. Deux archéologues trouvent un mystérieux objet contant une histoire prodigieuse. Un jeune extra-terrestre d'apparence monstrueuse a jadis volé le vaisseau particulier de ses parents. Inexpérimenté, il se retrouve naufragé involontaire sur la planète Terre. Le contact avec les êtres primitifs peuplant cette boule bleue perdue dans l'univers est des plus difficile et la chute n'en sera que plus rude et surprenante. Derrière cette histoire, les auteurs se sont amusés à revisiter un des mythes les plus connu dans le monde anglo-saxon. Une belle réussite qui aborde au passage le droit à la différence et le côté impulsif de l'esprit humain.

Ce qu'il vit est un huis clos planétaire des plus paranoïaque et réussit à mettre la chair de poule au pauvre lecteur! Un astronaute échoué sur une petite planète à priori déserte est en proie à des visions aussi charmantes que flippantes. D'adorables et sublimes jeunes filles lui apparaissent pour lui apporter de l'aide alors que c'est impossible de survivre sur ce caillou inhospitalier et que ces apparitions ont vite fait de disparaître avant le moindre contact. Qui se cache derrière tout cela? Le héros devient-il fou? Ce court récit est une merveille de concision et d'efficacité.

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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Révulsion est un récit d'exploration d'un nouveau monde par deux spationautes expérimentés. Au delà de découvrir de ce nouvel astre, on en apprend un peu plus sur leurs phobies intimes. Ils ne se doutent pas qu'elles vont prendre vie au delà de leur imagination. Ce récit est un petit bijou d'humour noir comme je les affectionne, la fin est implacable ce qui a ravi l'être sadique qui sommeille en moi (N'ayez pas peur, je ne mords pas!).

Celui qui attend présente une histoire d'amour peu commune entre un savant et une lilliputienne mesurant vingt centimètres de haut. Cette histoire sort du lot par son ton mélodramatique et son caractère très intimiste. Touchante à souhait, la fin est désespérante pour son héros et m'a attristée tant la charge émotionnelle était forte. Chose rare dans le style ici chroniqué.

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(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Enfin, La Tête de l'emploi clôture se recueil avec un récit oscillant clairement entre la SF et l'horreur avec un mystérieux serial killer coupeur de tête sévissant avec régularité dans une métropole américaine. Mais que peut-il bien faire des têtes de ses victimes? La fin apportera une réponse assez effarante et m'a laissé cloué dans mon lit. Un bon récit dans la pure veine de Jack Davis.

Au final, cette anthologie s'est révélée distrayante à souhait. Les histoires sont rondement menées et les dessins bien que classiques se révèlent efficaces et très agréables à parcourir. Cette Science-fiction là est certes un peu désuète en terme de forme mais reste immortelle par la portée de son message et le métier dont font preuve ses auteurs. Les fifties sont vraiment indémodables tant ce volume est un beau concentré d'une époque avec ses modes mais aussi ses interrogations quasi métaphysiques par moment. Une bien belle lecture que les amateurs du genre ne doivent pas ignorer!

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mercredi 11 septembre 2013

Triste anniversaire

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Il y a quarante ans jour pour jour, le président chilien élu Salvatore Allende se suicidait dans son palais présidentiel cerné par les hordes fascistes de Pinochet lors du coup d'état du 11 septembre 1973. La démocratie rendit l'âme et le Chili rentra dans une ère de ténèbres.

Le Capharnaüm éclairé voulait absolument rendre hommage à cet homme exceptionnel, qui a préféré la mort à la reddition et la trahison de ses idéaux démocratiques.

Et aujourd'hui comme hier, un seul mot d'ordre:

NO PASARAN!

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mardi 10 septembre 2013

"Avis de tempête" de Serge Brussolo

avisdetempeteL'histoire: Imaginez une épave flottante, un bateau abandonné par son équipage, il y a de cela des années, et qui continue malgré tout à dériver en haute mer, au hasard des courants. Ses cales sont remplies de lingots d’or, trésor de guerre offert au premier qui osera s’en emparer. Mais attention! Aborder ce vaisseau fantôme, c’est pénétrer dans une épave où rode l’ombre d’un criminel de guerre que la solitude a rendu fou. Méfiez-vous! Car la peur vous attend, tapie entre les flancs de ce bateau qui n’en finit plus de faire naufrage. La peur, mais aussi la folie et la mort, trois passagères clandestines qui vous feront payer cher l’audace d’être monté à bord...

La critique de Mr K: Quoi de meilleur qu’un petit Brussolo pour passer un bon moment en cette fin de période estivale! En trois lectures dont deux polars bien ficelés, j’ai été conquis par le style de cet auteur hautement prolifique qui a un don certain pour pondre des histoires déroutantes et mener en bateau ses lecteurs. Dans ce volume, on retrouve le héros de "Bunker" dans une nouvelle aventure sud-américaine pas piquée des hannetons!

Ne vous laissez pas abuser par le résumé de quatrième de couverture, le passage dans le fameux bateau fantôme ne concerne que le dernier quart du roman. Tout commence par un premier chapitre haletant mettant en scène Arcaño, un apparatchik d’un régime totalitaire mourrant, fuyant la populace en colère, se réfugiant dans son yacht pour échapper à la révolution qui va renverser son dictateur de patron. Il a de l’or, beaucoup d’or qu’il a accumulé et entassé dans la soute de son bateau. Malheureusement pour lui, une terrible tempête va mettre fin à son rêve de retraite dorée... Le récit reprend trois ans plus tard et nous retrouvons Caine, écrivaillon de seconde zone, dans le pays imaginaire Terremoto portant toujours les stigmates de la révolution et vivant dans une autarcie tant politique que technologique. La chasse au trésor peut commencer et rien ne sera épargné au héros principal.

On retrouve dans cette aventure le personnage ambigu de Caine que j’avais bien apprécié dans Bunker. Baroudeur jusqu’au bout des ongles, on a parfois du mal à voir ses réelles motivations. Les frontières entre le bien et le mal sont parfois bien floues et ce périple va mettre à mal sa morale et ses désirs. Il croise sur son chemin des personnages complètement barrés qui vont tour à tour l’aider ou lui mettre des bâtons dans les roues. Il y a Kitty, ex-mannequin reconvertie dans l'activité de guide de plaisance qui va faire la totalité du chemin avec lui et se révéler bien surprenante au delà de son aspect de bimbo décérébrée. Il y a Sozo, un être difforme, vivant reclus dans la jungle, fuyant son passé et cachant un lourd secret. Puis il y a Carlita, égérie de l’ancien régime, cachée au fin fond d’un hôpital psychiatrique à moitié désaffecté bordé par une forêt menaçante. Au delà de ce triptyque de personnage singulier, le lecteur est plongé dans un univers violent et déviant. La population de Terremoto, endurcie et marquée par les épreuves, fait preuve d’une violence sans nom quand elle met la main sur d’anciens membres du régime dictatorial. Cela donne lieu à des descriptions parfois bien gores, limite farfelue tant Brussolo se complait dans le scabreux et dans le délirant. Ces passages ont le doux parfum d’une bonne série B.

On nage donc dans le glauque et plus on avance dans le récit plus on se rend compte que cette chasse au trésor s’apparente à un gigantesque test. Comment va en ressortir Caine? Va-t-il arriver au bout de sa quête? Sa soif d’or va-t-elle le perdre? Il va devoir tour à tour combattre des singes sauvages amateurs de chair humaine, des gardiens d’Hopital Psychique pervers, un ermite fou, les flots déchaînés des courants d’El Niño, des squales bien partant pour faire de lui leur déjeuner et enfin, une épave pleine de promesse. Le tout est concentré sur 250 pages ce qui donne un récit sans temps mort, à la langue simple et directe, efficace comme un uppercut dans le foie lorsque l’auteur se targue de descriptions borderlines sur l’état psychique du héros ou sur la nature sauvage (de très belles évocations de la forêt tropicale et de l’Océan Pacifique).

Au final, je n’ai pas vu le temps passer et il ne m’a fallu que deux sessions de lecture fiévreuses pour en venir à bout. Certes ce récit ne révolutionne pas le genre mais on y trouve ce supplément d’âme qui fait que ce roman se situe au dessus de la moyenne. Beau périple en tout cas, glauque à souhait et au suspens constant jusqu’à la toute fin. Ça ne se refuse pas, non?

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

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lundi 9 septembre 2013

"Room 237" de Rodney Ascher

room237-afficheL'histoire: En 1980, Stanley Kubrick signe Shining, qui deviendra un classique du cinéma d'horreur. A la fois admiré et vilipendé, le film est considéré comme une oeuvre marquante du genre par de nombreux experts, tandis que d'autres estiment qu'il est le résultat du travail bâclé d'un cinéaste de légende se fourvoyant totalement. Entre ces deux extrêmes, on trouve cependant les théories du complot de fans acharnés du film, convaincus d'avoir décrypté les messages secrets de Shining.
ROOM 237 mêle les faits et la fiction à travers les interviews des fans et des experts qui adhèrent à ce type de théories, et propose sa relecture du film grâce à un montage très personnel. ROOM 237 ne parle pas seulement de fans d'un film mythique – il évoque les intentions de départ du réalisateur, l'analyse et la critique du film.

La critique Nelfesque: Sorti en juin dernier, j'ai pesté de ne pas le retrouver à l'affiche dans les cinémas de notre région tant je voulais voir ce documentaire! Miracle, fin août, il a fait son apparition dans notre ciné préféré. On ne réfléchit pas... On y va!

Et bien, on aurait dû réfléchir...
Ou plutôt, J'aurais dû réfléchir...

Dès les premières minutes du documentaire, le ton est donné. Les différents protagonistes, fana de la première heure du célèbre "Shining" de Kubrick, vont disséquer ce film et nous donner les clés pour voir "de l'autre côté du miroir", la face cachée de ce long métrage. Sur le papier, ce documentaire a tout pour me plaire. Oui, sur le papier seulement... Les 15 premières minutes passées, je me demandais clairement ce que je faisais là, dans cette salle de cinéma, à écouter des inepties et voir un doc qui semble sortir tout droit des années 80! Tour à tour, on enfonce des portes ouvertes ou on hallucine sans avoir pris la moindre drogue (enfin, vous me direz, ça coûte moins cher comme ça!).

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Kubrick dans "Shining" met tout en place pour créer un sentiment de malaise et faire perdre ses repères aux spectateurs. Si vous ne l'aviez pas remarqué par vous-même, il y a de nombreuses incohérences dans les plans de l'hôtel Overlook. On ne peut clairement pas se retrouver dans telle pièce en sortant de tel couloir, le rez-de-chaussée et le premier étage se confondent lors de la balade en tricycle de Danny... Dans "Room 237" tout est expliqué en long et en large... oui mais à base de plans immondes. N'espérez donc pas vous y retrouver! Moi qui suis une habituée des plans, j'ai fait des bonds dans mon siège. On est quand même à une époque où on peut faire nettement mieux et plus compréhensif que ça non!?:

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Certains voient en "Shining" une dénonciation du massacre des indiens d'Amérique et effectivement de nombreux clins d'oeil sont semés tout le long du film, autant dans les dialogues que dans les détails de décors. D'autres font un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale et voient en "Shining" une représentation de la Shoah. Si cet évènement historique ne me touchait pas autant, je crois que je me serai étouffée avec mon pop-corn (alors que je ne mange même pas de pop-corn (c'est dire!)). Vraiment à partir de ce moment là, j'ai pris en grippe ce documentaire et j'ai bien eu envie de quitter la salle. Tout à fait sérieusement, on nous démontre par a+b que oui Kubrick a voulu ici parler de l'extermination des juifs. D'ailleurs, ayez cela en tête la prochaine fois que vous verrez le film, il parait que c'est une évidence! Mais oui bien sûr, pourquoi n'ai-je jamais eu l'idée de débattre de cela avec ma grand-mère en lui faisant visionner "Shining"!? Peut être aurait-elle revécu des évènements passés!? A mon sens, ici, on est en plein délire et surtout dans un manque de respect total. Gerbant...

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J'ai commencé à donner mon avis sur "Room 237" avec ces deux points qui m'ont fait hérisser le poil mais d'autres détails m'ont amusée, plus qu'énervée. C'est le cas du fan ultime qui a visionné le film en superposant le visionnage classique à celui inversé. Cela donne des scènes troublantes mais de là à y voir une volonté quelconque... Idem pour celui qui nous décortique une scène image par image, nous laissant présager une révélation de ouf-malade-guedin et qui au final nous offre un pétard mouillé, une hallu que lui seul peut comprendre... Mention spéciale pour le visage de Kubrick dans les nuages... Bon après, je ne critique pas, chacun ses hobbies hein mais là on nage en plein délire.

superposition

Enfin, tout n'est pas à jeter dans "Room 237". Non, non, il y a tout de même quelques infos intéressantes, surtout sur la perception. J'ai commencé par parler de cela dans ma critique, évoquant les plans dégueux, mais il y a des points de détails comme Danny jouant sur la célèbre moquette du couloir à la géométrie changeante qui m'ont fait ouvrir de grands yeux comme une gamine. Idem lors de l'explication de la cassure entre le Shining du King et le Shining de Kubrick. Je pensais naïvement qu'il en serait ainsi tout le long de ce docu et ce ne fut vraiment pas le cas. D'où ma déception...

Je crois que vous avez compris que l'on ne puisse pas dire que j'ai aimé ce documentaire. Je préfère rester sur ma propre vision du chef d'oeuvre de Kubrick. Je ne vais donc pas en rajouter et laisser la place à Mr K qui, lui, à un autre avis sur cette "épreuve" que fut "Room 237"

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La critique de Mr K: 4/6. Belle expérience pour ma part même si ce métrage s'est plutôt révélé être une épreuve pour ma douce et calme compagne... Disons-le tout de go, ici on a affaire à des acharnés, des furieux de Shining à qui l'on donne la parole durant deux heures. Ayant revu ce film mythique récemment deux fois au cinéma pour une action culturelle avec mes CAP menuisiers, je peux me targuer de bien le connaître et voir l'avis exposé dans une salle obscure par de gros geeks, fans du film m'enthousiasmait au plus haut point. Dans l'ensemble ce fut une bon moment de délire et de réflexion sur l'image et le sens que l'on donne à une oeuvre d'art de façon générale.

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Clairement, on est face à une oeuvre totalement subjective. Tout n'est pas à prendre au sens propre et comme une vérité absolue. Certes il y a des révélations sympathiques que l'on connaissait déjà si l'on s'est un peu documenté (les changements et détails irréels de l'hôtel, notamment la fenêtre du bureau du directeur qui ne peut physiquement exister), le changement de machine à écrire, une chaise qui disparaît, un tricycle qui change d'étage sans prendre l'ascenseur ou l'escalier... Mais on a aussi des théories beaucoup plus fumeuses ayant trait à l'histoire des Etats Unis et du monde (génocide des amérindiens -théorie plutôt crédible pour moi- et génocide juif -là je trouve qu'on frise la démence-). La mythologie avec une affiche de skieur censé représenter le minotaure du labyrinthe de Knossos! On a même une résurgence de théorie du complot avec les liens obscures que Kubrick auraient avec la Nasa et les fameuses images faussées des premiers pas sur la Lune... On nage dans des délires parfois presque paranoiäques mais comme Kubrick l'était légèrement sur les bords... Je n'ai pas été choqué mais plutôt amusé.

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Ce que j'ai préféré, c'est le règlement de compte entre Kubrick et Stephen King avec l'épisode sur la voiture des héros. Cela donne lieu à un jeu sur la couleur et un pseudo accident qui en dit long sur les rapports tendus entre l'écrivain et son réalisateur-traitre. Assez jouissif, c'est beau de voir des égos surdimentionnés se rentrer dedans avec une telle force. J'ai aussi aimé l'approche freudienne avancée par une fan et qui fait le rapprochement entre les différents membres de la famille et les apparitions. On savait Kubrick amateur de psychanalyse (Eyes Wide Shut est aussi énorme sur cet aspect des choses) mais là, le film prend tout un autre éclairage que j'ai trouvé enrichissant et intéressant. L'expérience sur le passage du film dans les deux sens de visionnage en même temps bien que ne prouvant strictement rien est assez bluffante quant on voit le résultat. Mention spéciale pour la musique qui est vraiment hypnotisante et angoissante à souhait, on y retrouve des sonorités du type de celles du mythique groupe Goblin qui avait notamment signé les magistrales BO de Suspiria de Dario Argento et de Zombie de Romero. Génial!

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Au final, je dirai que ce film est vraiment à conseiller aux gros fans du métrage originel et qu'il faut vraiment l'avoir bien en tête pour en dégager la substantifique moëlle. Ma note n'est pas optimale car toute une partie du documentaire ressemble à de la simple masturbation intellectuelle sous acide (images subliminales notamment) et je trouve qu'on n'insiste pas assez sur l'étude des personnages et la destruction de la cellule familiale et des apparences par un réalisateur complètement borderline. Car ce film avant tout parle de la destruction de l'esprit humain, de pulsions incontrôlables et de la fin de toute chose (ici l'amour marital et l'enfance de Danny).

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Un bon trip en quelque sorte qui a le mérite aussi de nous faire réfléchir sur l'art de la critique et de la vision dans l'art. Quel dommage que Kubrick ait été si discret sur ses intentions de son vivant, je pense qu'il y aurait eu matière à faire un "making of" et un essai psychanalytique et philosophique sur ce film intemporel et indépassable que s'est révélé être Shining.

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samedi 7 septembre 2013

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

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L'histoire: Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu'il a pas de crime, ni la famille parce qu'elle est déshonorée. Partir sans donner d'explication, c'est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là.

Comment peut-on s'évaporer si facilement? Et pour quelles raisons? C'est ce qu'aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu'il aime encore, il mènera l'enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San'ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai.

Mais, au fait: pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître?

La critique de Mr K: Une très belle lecture aujourd'hui avec ce premier contact avec l'auteur Thomas B. Reverdy qui nous convie ici à une promenade au sein d'un pays lointain et ésotérique : le Japon. Cette contrée lointaine a toujours provoqué chez moi une certaine fascination, depuis notamment un cours qu'un prof hors-norme nous avait fait en Terminale: la mentalité japonaise, les moeurs entre tradition et extravagance, le respect de la nature et le culte de l'énergie nucléaire, la culture religieuse très forte et la modernité au coin de la rue, sa littérature à la fois poétique et évocatrice (Murakami est un maître ), la nourriture, les films de genre ultra-gore (Tokyo gore police par exemple), Miyasaki... Autant d'éléments dissonants, contrastés qui m'attirent et qui ici se retrouvent concentrés dans un roman fort bien mené.

C'est par le prisme de plusieurs personnages, plusieurs visions que nous pénétrons dans le Japon d'aujourd'hui. Yukiko et son ex petit-ami détective viennent chercher des réponses quant à la disparition de Kaze que nous suivons aussi tous les quatre chapitres. Il y a aussi un jeune garçon des rues, orphelin réfugié climatique suite au tsunami qui provoqua Fukushima, qui intervient de temps en temps pour compléter un tableau qui se veut exhaustif sur ce pays pas tout à fait comme les autres. Les chapitres sont très courts, pas plus de six pages chacun, et s'apparentent à de petits bonds décrivant à chaque fois une réalité, un sentiment et des émotions. Par ce balaiement régulier, un rythme quasi hypnotique s'installe et le lecteur ne peut décrocher tant il est immergé dans un univers à la fois captivant, poétique mais aussi inquiétant.

On retrouve ainsi beaucoup d'aspects que l'on connait déjà du Japon et de ses habitants. La fierté intrinsèque des japonais et la volonté de ne j'avais perdre la face à travers cette étrange disparition qui porte préjudice à l'image de la famille de Yukiko, la gentillesse et le devoir de bien recevoir ses hôtes, la foule anonyme et impassible des grandes villes (des scènes entières sur ce thème sont d'admirables réussites), les paysages urbains mêlant grisaille et activité incessante, des restaurants et troquets survoltés, des villes hyperactives où l'activité est continue contrastant avec une campagne paisible baignant dans une culture plurimillénaire. C'est avec un plaisir sans borne que nous suivons Yukiko, jeune expatriée reprenant contact avec sa culture et son pays. Richard est son pendant occidental qui lui, va à la découverte de l'univers de sa bien-aimée alors qu'il n'aime pas voyager! Cela donne lieu à des scènes tendres, parfois drôles avec des incompréhensions dues à la rencontre de deux cultures bien différentes.

Ce livre nous décrit aussi un Japon inconnu que les autorités semblent essayer de cacher aux yeux des occidentaux. Un pays au main des mafias Yakuzas garantes de l'ordre et du bon fonctionnement de la société. Un pays où les réfugiés de Fukushima vivent dans la misère la plus totale dans une quasi indifférence générale. Le tableau est apocalyptique par moment et très dur à supporter tant on se rend compte que bien des choses nous sont cachées et que derrière l'image de ce pays riche et développé existe la pauvreté, le danger extrême des radiations et le destin fatal réservé à de nombreux japonais.

Ce livre est donc un parfait condensé de ce pays et invite à un voyage à nul autre pareil qui ne peut laisser indifférent. La langue est poétique à souhait et peu à peu je me suis laissé gagner par cette torpeur toute japonaise que je n'avais pas expérimenté depuis ma dernière excursion chez Murakami. Simple et pure en terme d'écriture (attention cependant, vous allez réviser par moment vos connaissances en japonais, pas de lexique en fin d'ouvrage), cette oeuvre se concentre sur l'essentiel. Ici l'histoire n'est qu'un prétexte à la découverte d'une culture et d'un peuple et même s'il ne se passe pas grand chose et que la fin est elliptique, on ressort heureux et un peu effrayé de ce roman à la fois atypique et passionnant.

Une très belle expérience littéraire que je ne peux que vous conseiller!

Posté par Mr K à 19:50 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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