mardi 24 février 2015

"La Fille de la nuit" de Serge Brussolo

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L'histoire: Elle a survécu par miracle à une balle dans la tête. Dans l'hôpital de Los Angeles où elle se rétablit, on l'appelle désormais Jane Doe. Mais plus personne ne pourra dire qui elle était avant... Peut-être une tueuse, une créature de l'ombre, froidement programmée pour le crime. C'est ce que lui font penser d'étranges réflexes d'auto-défense, des rêves nocturnes où se déroulent d'implacables scénarios de meurtres. À moins que ce ne soit sa blessure qui ait libéré en elle cette nouvelle personnalité? Une seule certitude: on veut toujours sa mort.

La critique de Mr K: Nouvelle incursion chez Brussolo aujourd'hui avec cette histoire plutôt classique dans son postulat de base: une jeune femme se réveille totalement amnésique à l'hôpital suite à un traumatisme violent (on l'appelle alors Jane Doe). Elle se rappelle donc de strictement rien et ne ressent que de vagues impressions. C'est du moins le point de départ car peu à peu ses nuits se peuplent de cauchemars sanglants et de rêves étranges où semble se dessiner une personnalité des plus vindicatives et déviantes. Elle hésite alors entre la recherche d'un passé perdu et la possibilité d'entamer une nouvelle vie vierge de tout souvenir, une incroyable possibilité de tout recommencer à zéro. On navigue constamment entre réalité étrangère et fantasmes ultra-réalistes, l'auteur se plaisant (comme à son habitude) à brouiller les pistes, on ne peut pas vraiment se raccrocher à des éléments précis et on avance très lentement, ce qui peut d'ailleurs agacer...

Vers le premier tiers s'opère alors un glissement narratif heureux, Brussolo mettant l'héroïne au prise avec Sarah, une ancienne militaire devenue experte en protection rapprochée. On se rend compte très vite qu'elle devient le personnage principal de part son omniprésence et le regard aiguisé qu'elle porte sur Jane. S'interrogeant de plus en plus sur cette cliente qui la touche au plus profond d'elle même, elle va mener l'enquête et lever le voile sur une existence effacée. J'ai été douché car je ne m'attendais pas à la révélation finale qui est bien moins flamboyante que prévue mais qui finalement se révèle bien crédible et originale. Bravo Brussolo!

Thriller réussi par son histoire mais aussi grâce à des personnages poussés, oscillant bien souvent entre les frontières du bien et du mal, La Fille de la nuit est une plongée passionnante dans les arcanes de l'esprit humain sur ses capacités de refoulement et d'explosivité parfois. Au détour de certains paragraphes, c'est aussi une certaine vision de la société américaine qui nous est livrée à réflexion avec notamment la ségrégation sociale et raciale toujours d'actualité et une tendance à l'ultra-surveillance au nom de la sacro-sainte sécurité (ici des plus riches des WASP). De l'action, du suspens et de la réflexion, voici un triptyque qui me plaît bien!

Rajoutez là-dessus une langue toujours aussi directe et agréable à lire, malgré une petite lassitude lors des cinquante premières pages, le récit tardant à démarrer au détriment de l'exploration des angoisses intimes de l'héroïne (j'ai trouvé que l'auteur se répétait mais rien d'irrémédiable), vous obtenez tout même ici un bon roman à la fois haletant et surprenant malgré une thématique déjà explorée. Une belle et bonne lecture que je vous conseille fortement si le genre vous plaît.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

- "Avis de tempête"
- "La Main froide"
- "Pélerin des ténèbres"

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lundi 23 février 2015

Back from Thaïlande !

Au début du mois, nous vous annoncions notre départ et notre parcours thaïlandais pour les jours à venir. Après quelques billets programmés pendant notre absence, nous voici de retour, en chair, en os et en pixel au Capharnaüm éclairé. Derrière notre écran en direct live !

Nous vous avions laissé imaginer 2 semaines de vacances avec pour toile de fond des plages, Bouddha et des petits plats savoureux. Avant de nous atteler sérieusement aux photos et à la rédaction des posts dédiés à ces quelques jours hors du temps, je peux vous assurer que tout ce que je vous ai dit avant notre départ est 100% vrai. En voici la preuve !

Nous nous sommes bien baignés dans des endroits magnifiques :

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Bouddha a veillé sur nous dès notre réveil :

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Et quand nous n'étions pas dans l'eau, nous étions à table !

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Petit avant goût de nos vacances donc, en complément des photos postées sur Instagram durant notre séjour, pour vous faire patienter (et un peu baver !) avant de vous raconter en détail toutes les belles choses que l'on a vu très prochainement !

To be continued...

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jeudi 19 février 2015

"Séquestrée" de Chevy Stevens

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L'histoire: Annie a été séquestrée.
Elle a passé douze mois en enfer dans une cabane perdue au fond de la forêt.
Annie est libre, enfin, mais les séances chez le psychologue lui font revivre chaque minute. Annie est sauve, le plus dur est derrière elle.
Du moins le croit-elle...

La critique de Mr K: Annie est une jeune agent immobilier à qui la vie semble sourire. Sa carrière professionnelle est lancée, elle s'est achetée la maison de ses rêves et elle file le parfait amour avec Luc. Tout bascule quand elle se fait enlever par un pseudo client venu visiter une maison. C'est le début d'un long calvaire pour la jeune femme qui ne réussira à s'échapper qu'un an plus tard. Le livre est divisé en chapitres correspondant chacun à une consultation chez le psy. Annie y revient sur le déroulé de sa séquestration mais aussi ce qu'elle ressent et vit depuis son retour à la liberté.

On se prend très vite d'affection pour cette jeune femme volontaire qui est loin d'avoir les deux pieds dans le même sabot et semble habitée d'une envie de résister hors du commun. Malheureusement pour elle, elle se retrouve confrontée à un psychopathe d'une rare perversité et obnubilé par sa volonté de créer une famille idéale. La séquestration est ici d'une rare intensité dans la violence (physique mais aussi moralement destructrice au plus haut point): négation de l'individu et son libre arbitre, violence et tension physique sous-jacentes, viol répété, inhumanité latente et effrayante. L'horreur ici ne se jette pas à la gueule du spectateur, elle est larvée et pénétrante au possible. Plus on avance dans le récit plus on assiste à la lente et méthodique descente aux enfers de l'héroïne qui dans un sursaut va réussir l'impossible. Cependant, le retour à la réalité n'est pas facile surtout qu'un secret effroyable lui sera révélé.

Ce livre est un excellent thriller. Je suis resté scotché du début à la fin à ce page-turner d'une redoutable efficacité. Le procédé des consultations est bien trouvé et permet de maintenir les attentes du lecteur entre curiosité et frustration. On alterne régulièrement entre les souvenirs de la détention forcée d'Annie et son ressenti actuel et ses expériences du présent. La révélation m'a cueilli je l'avoue et m'a fait froid dans le dos. Par contre, c'est vrai que l'on reste sur du classique sur le reste avec la relation spéciale qu'Annie entretient avec sa meilleure amie et Luc. Certains développement ne surprendront personne et rentre dans un moule déjà lu ou vu. Pour autant, il se dégage de ce livre une énergie folle et une profondeur psychologique de bon aloi. Les personnages vivent littéralement sous nos yeux et nous n'avons pas affaire à un énième avatar ou caricature de personnage que l'on peut parfois trouver dans ce type de production. La finesse est de mise pour le plus grand plaisir du lecteur happé par ce destin fauché qui tente de reprendre le contrôle de sa vie.

La lecture s'est donc révélée plaisante à souhait. L'écriture ne révolutionne pas le genre mais suffit à appuyer une histoire forte et prenante. On ressort ainsi assez éberlué de cette lecture à la conclusion terrible qui ne vous redonnera pas vraiment l'envie de croire au genre humain! Un petit bijou dans le genre que je vous conseille fortement.

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lundi 16 février 2015

"La Chambre des officiers" de Marc Dugain

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L'histoire: En 1914, tout sourit à Adrien, ingénieur officier. Mais, au début de la guerre, lors d'une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d'obus le défigure. En un instant, il est devenu un monstre, une "gueule cassée".
Adrien ne connaîtra ni l'horreur des tranchées ni la boue, le froid, la peur ou les rats. Transféré au Val-de-Grâce, il rejoint une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir où l'on ne se voit que dans le regard des autres. Il y restera cinq ans. Cinq ans entre parenthèses. Cinq ans pour penser à l'avenir, à l'après-guerre, à Clémence qui l'a connu avec son visage d'ange. Cinq ans à nouer des amitiés déterminantes pour le reste de son existence...

La critique de Mr K: Retour au temps de la Grande Guerre avec La chambre des officiers de Marc Dugain trouvé par hasard dans une brocante. Il s'agit d'un premier roman qui a tout de même reçu le Prix des Libraires lors de sa sortie. De très bonne augure, avec en prime un sujet qui me passionne. À noter que je n'ai pas vu l'adaptation faite au cinéma et qui paraît-il est excellente. Si l'occasion se présente, j'y jetterai un œil même si je dois avouer qu'après ma lecture enthousiaste j'ai peur d'être déçu.

Adrien est un jeune de son temps à qui tout réussit. Il est beau, a bon caractère et a reçu une excellente éducation dans son Périgord natal. Il y a d'ailleurs de très belles pages sur ses souvenirs de cueillettes de champignons qui m'ont fait penser aux propres souvenirs de Nelfe qui comme chacun sait est pétrocorienne. Jeune officier, Adrien a terminé ses études d'ingénieur et a trouvé un travail où il exerce ses talents depuis deux mois. Mais le destin cruel va le détourner de cette réussite toute tracée. La guerre éclate et il tombe sous un éclat d'obus sans même avoir vu le moindre soldat allemand. Il est défiguré et va passer cinq années dans un hôpital, opération après opération les médecins vont essayer de lui redonner visage humain. Ce traumatisme va le changer à jamais.

Ce livre est d'une grande sensibilité et d'une grande beauté, c'est encore plus impressionnant quand on sait que c'est le tout premier de son auteur. Cette histoire lui a été inspiré par son grand-père qu'il accompagnait au château des "Gueules cassées", le domaine de Moussy-le-vieux situé à 35km au nord de Paris où les grands mutilés de la face de 14-18 venaient en convalescence entre chacune des multiples interventions chirurgicales qu'ils avaient à subir pour retrouver un semblant de visage. Adrien et l'histoire qu'il a vécu résume à lui seul le cas de ces milliers soldats mutilés qui projetaient à la face du monde l'horreur de la grande boucherie que fut la Première Guerre mondiale.

Ce livre est écrit à la première personne pendant la majeure partie du récit. Seule la dernière partie, plutôt dispensable d'ailleurs car elle raconte ce que sont advenus les différents protagonistes, est écrite à la troisième personne du singulier. Après l'accident, on émerge du noir avec Adrien et on suit ses premières sensations et sa redécouverte de son corps. Au soulagement de vérifier le bon fonctionnement de son corps, suit l'horreur et la nécessaire acceptation de son nouvel état. Il passe par une phase de dépression mais grâce à la chaleur de l'amitié naissante avec Weil, Penanster et Marguerite, il va dépasser cet état et essayer de réapprendre à vivre.

On alterne alors petites joies du quotidien, soutien mutuel, une première sortie ratée, des opérations douloureuses et pas forcément concluantes, la redécouverte de l'amour charnel, les petits plaisirs de la vie comme boire ou fumer... autant de petites étapes dans la reconstruction de l'individu. Car ces quatre là refusent de se laisser mourir et de céder au désarroi, ils veulent vivre et continuer d'exister. Et pourtant, ils auraient dix fois plus de raisons que n'importe qui de s'arrêter, de mettre fin à leur jour (on assiste à quelques suicides dans le livre)... Le ton est à la fois pesant mais optimiste. Le mélange est détonnant et rafraîchissant.

Très bien écrit, le style est simple et accessible. Il est à la portée de tous et porte un message universel, profondément humaniste qui contraste avec la douleur et l'atrocité du background. Très beau roman donc à mettre aux côtés des excellents Au revoir là-haut et Les Croix de bois. Allez-y, vous ne le regretterez pas!

mercredi 11 février 2015

"La Dimension fantastique" volume 2, Anthologie présentée par Barbara Sadoul

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L'histoire: Vieillards ressuscités, esprits malfaisants, hallucinations macabres, monstres invisibles doués d'une puissance démoniaque, cannibales, vampires, créatures d'ombre et de mort...
Un monde étrange côtoie le nôtre. Un monde hideux où le soleil accable, où les rires glacent le sang, un monde où les plus affreux cauchemars, les terreurs les plus folles, nés de nos cerveaux surchauffés, terrassent la réalité.

La critique de Mr K: Retour dans le fantastique avec le volume 2 de l'anthologie parue chez Librio sous la houlette de Barbara Sadoul. Moitié moins de nouvelles ici avec seulement six textes mais quels textes! Là-encore, on voyage dans le temps et l'espace avec des auteurs français, anglais et américains s'étalonnant sur deux siècles-clef, le XIXème et le XXème.

La première nouvelle est d'Honoré de Balzac qu'on ne présente plus et qui livre à travers L'Élixir de longue vie une histoire de vieillard qui ne veut pas mourir et qui pense avoir trouvé grâce à une mystérieuse fiole le pouvoir de se jouer de la mort et d'accéder à l'immortalité. Pour autant, rien ne va se passer comme il l'avait prévu. On commence fort avec cette courte histoire qui traite d'une des plus grandes peurs de l'être humain: la Mort. Il y est aussi question d'avidité avec un fils qui a hâte d'enterrer le vieux père qui s'éternise sur cette bonne vieille Terre et qui va transgresser nombre d'interdits par des actes peu recommandables. J'ai trouvé le style de Balzac plutôt léger voir alerte à certains moments. Une belle surprise!

On enchaîne avec Gottfried Wolfgang de Pétrus Borel qui nous conte la mésaventure d'un jeune étudiant allemand à Paris au temps de la Révolution française, douce époque entre toutes où les têtes tombaient au rythme de la lame de la guillotine. En rentrant chez lui un soir et en passant place de Grève, il va venir en aide à une jeune femme désemparée qui va se révéler ne pas être l'innocence incarnée. Ce texte très court est ultra-efficace et la chute vient cueillir un lecteur hypnotisé par le style impeccable de cet auteur que je ne connaissais pas. Deuxième effet Kisscool!

Sredni Vashtar de Saki est elle aussi une très courte nouvelle marquée du sceau de l'humour dévastateur d'un auteur injustement méconnu. Sredni Vashtar est le nom qu'a donné un jeune orphelin à un furet qu'il a capturé et qu'il cache à l'abri du regard inquisiteur de sa tante adoptive acariâtre. Un jour, cette dernière va finir par le découvrir... Tout en tension allant crescendo, l'auteur n'a pas son pareil pour planter une situation et dérouler une intrigue à suspens avec une économie de mots incroyable. Une vraie réussite et encore une fois, une belle découverte!

S'ensuit La chambre perdue de Fitz James O'Brien qui fait la part belle à la paranoïa et à l'étrangeté. Un homme vit dans une maison cossue où il loue une chambre. Tout se passe pour le mieux jusqu'au jour où il entend des bruits étranges et qu'il découvre la vraie nature des colocataires des lieux qui sont tout sauf humains! Très grande claque avec cette nouvelle aux accents lovecraftiens dans la construction du récit et le style d'écriture. On erre de Charybde en Sylla avec le narrateur qui sombre peu à peu dans l'incompréhension puis la folie. Sans aucun doute, le texte le plus puissant de ce volume. À ne surtout pas rater!

On retombe dans du plus classique avec Les filles de la nuit de Jean-Louis Bouquet qui nous raconte une histoire de marionnettes aux pouvoirs ésotériques qui fascinent le narrateur et vont le mener à sa perte. Je n'ai pas été convaincu par ce récit que j'ai trouvé plutôt convenu, sans relief et au style peu accrocheur. Une petite déception en somme.

L'ouvrage se termine par une nouvelle de Théodore Sturgeon, auteur immortel que j'aime tant depuis ma lecture du cultissime Cristal qui songe! Hier, c'était lundi nous prouve une fois de plus que Sturgeon est un écrivain d'exception. Harry Wright se réveille entre deux jours. Hier, c'était lundi... mais aujourd'hui? Harry découvre l'envers du décor de notre monde où des petits hommes jouent les ingénieurs et préparent chaque jour pour le lendemain! Cette nouvelle est totalement délirante et s'inscrit complètement dans le fantastique quotidien propre aux novélistes américains tels que Matheson par exemple. On est complètement baladé durant tout le récit et la fin est tout bonnement géniale! Ouah!

Au final, encore une lecture plaisir avec un recueil équilibré avec en bonus en fin d'ouvrage de micro-biographies des auteurs (ce n'était pas le cas dans le volume 1). La parfum inégalable du fantastique est très bien restitué et reste longtemps en tête après cette lecture. Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

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samedi 7 février 2015

Go go gooooo !

Et voilà, on y est ! Dans quelques heures, on vous abandonne lâchement pour 15 jours au Royaume de Siam. Enfin "lâchement" tout est relatif puisqu'on vous a quand même programmé quelques billets durant notre absence histoire que vous ne vous ennuyez pas trop de nous. On est sympa hein ? Pensez donc à passer dans le coin de temps en temps.

De notre côté, visites, plages, massages, petits gueuletons sur la plage... sont au programme. Oui je sais, c'est rude !

Un voyage qui arrive à point nommé pour se ressourcer, se régaler de bons petits plats épicés (j'insiste parce que c'est vraiment une tuerie la bouffe là bas !) et prendre un bain de soleil dans ce mois de février bien glagla sous nos latitudes.

Petite récap' de notre trip :

carte_thailande parcours5

Et grosso modo, notre quotidien pour les 2 semaines à venir, c'est ça :

plage koh chang

Ca :

bouddha

Et ça !

pad thai

Si vous voulez nous suivre, surveillez notre page Facebook et mon Instagram. J'y posterai quelques petites choses quand le wifi me le permettra !

Bonnes vacances lecteurs chéris ! Laew phob kan maï ! Go go gooooo !

vendredi 6 février 2015

"Fondu au noir" de Jean-Jacques Reboux

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L'histoire: Dix mille dollars pour recueillir les souvenirs d'un cinéphile alcoolique, quand vous êtes un chômeur mordu de cinéma et que votre femme vous réclame la pension des gosses, c'est le paradis. Et quand on vous offre en prime une balade romantique avec la créature la plus vénéneuse de la terre, vous vous voyez déjà au ciel. Molly ondulait des hanches à m'en donner le tournis. Je l'aurais suivi en enfer. Et c'est justement là qu'elle m'emmenait...

La critique de Mr K: Cet ouvrage est mon deuxième de Jean-Jacques Reboux après son excellent opus du Poulpe La Cerise sur le gâteux. Bien connu des amateurs de roman noir et de polar, Reboux m'avait jusque là évité dans les rayonnages discount et autres contrées riches en occasions livresques. C'est chose réglée aujourd'hui avec cette très bonne acquisition qui même si elle tarde à démarrer, se révèle angoissante à souhait quand la mécanique infernale qui attend le héros se met en place.

Samuel Flicker est un ancien journaliste désormais sans emploi, qui a du mal à joindre les deux bouts. Son ex-patron lui propose alors une offre très intéressante: l'interview d'un certain Drexter, un vieil employé de cinéma qui en sait beaucoup sur le milieu et connaît beaucoup d'anecdotes croustillantes. Samuel fonce sur l'occasion, lui le gros mordu de cinéma qui a tant besoin d'argent pour se renflouer et envoyer une pension alimentaire à sa femme et ses enfants. Tout se passe pour le mieux jusqu'à sa rencontre avec Molly, créature fatale qui l'entraîne dans une folle équipée sauvage ponctuée d'une nuit des plus ardentes! Au réveil, elle a disparu et les flics du comté l'arrêtent. Commence alors sa lente descente aux enfers...

L'auteur lui-même l'avoue, il a écrit ce roman en hommage aux classiques du roman noir américain. Du coup, ce livre pourrait paraître impersonnel et je pense que je devrais me pencher à nouveau sur le cas Reboux pour juger plus amplement et exhaustivement de son style. Ici, on est plongé dans une ambiance délétère et glauque quasiment dès le départ. Ce dernier (comme dit précédemment) est un peu longuet, l'auteur s'attardant sur le fameux interview. Quand on voit ce qui se passe ensuite, je ne peux m'empêcher de penser qui aurait dû abréger... Pour autant, l'ennui ne gagne pas le lecteur et on cerne très vite la personnalité de Samuel qui finalement n'est qu'un pauvre type sans envergure qui ne ferait pas de mal à une mouche. Le parfait pigeon en quelque sorte...

À partir de la page 96, tout bascule! L'histoire prend vraiment un tour étonnant et l'on sait alors que tout va aller de mal en pis. Un meurtre a été commis et Samuel se retrouve dans la peau du principal suspect. Des preuves l'accablent, des personnes le coulent ou nient l'avoir rencontré, le sort s'acharne et le poids d'une affreuse machination l'écrase de plus en plus. Peu à peu, le héros sombre psychologiquement et c'est là une des grosses qualités du roman. En effet, Reboux décrit à merveille la déchéance et l'incompréhension d'un quidam lambda dépassé par les événements et les ramifications secrètes d'une machination sacrément bien ourdie! Inutile de vous dire que l'oppression est forte, que le lecteur est pris au piège et qu'il veut absolument connaître les ficelles cachées qui ne seront révélées que dans de simples articles de journaux fictifs reproduits en toute fin de roman. Entre temps, on aura connu avec Samuel les affres des interrogatoires, de la prison, d'un procès, d'un asile psychiatrique pour aboutir à un final sombre entre tous ou nul espoir n'est permis. Noir c'est noir...

Une fois rentré dans cet écrit, impossible de le relâcher. Le style bien que manquant d'originalité est efficace et on est immergé à merveille dans une ambiance très américaine à la mode classique. Très peu de descriptions mais beaucoup de réflexions internes du héros, peu à peu nous accompagnons la chute de Samuel. On en prend donc plein le cœur et l'âme, c'est pantelant que je suis ressorti de cette lecture. Un bon roman que je vous invite à découvrir au plus vite.

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jeudi 5 février 2015

"Robe de marié" de Pierre Lemaitre

robe de mariéL'histoire : Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape... Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

La critique Nelfesque : J'avais cette "Robe de marié" de Pierre Lemaitre dans ma PAL depuis quelques temps et j'en avais entendu beaucoup de bien. Le voici sorti de ma pile à lire sous l'impulsion d'un challenge que je compte bien reconduire dans les prochains mois.

Les critiques positives sur ce roman sont tout à fait fondées. Point de marketing viral injustifié pour ce thriller psychologique qui sort complètement des sentiers battus. Et ça fait du bien !

Sophie est atteinte d'un trouble bien étrange. Peu à peu, elle voit sa vie de jeune fille banale mariée à un homme ordinaire et menant une existence des plus conventionnelles sombrer dans la folie pure. Tout commence par des détails, des troubles de la mémoire, des oublis à droite à gauche, des "où ai-je mis ce papier, j'étais sûre qu'il était là!?". Ce qui peut nous arriver à tous lorsqu'on a eu une dure journée ou lorsqu'on est fatigué. Sauf que Sophie est de plus en plus encline à ses troubles de la mémoire, si bien que sa vie professionnelle et personnelle s'en retrouve gravement affectée.

Par certains aspects, "Robe de marié" m'a fait penser à "Avant d'aller dormir" de Steve Watson. La même urgence de percer sa mémoire, le même besoin de retrouver une identité, à défaut de la sienne, le même désir vital de comprendre ce qui se passe. La différence est qu'ici c'est efficace ! Je vous laisse découvrir ma chronique concernant le précédent ouvrage que j'avais lu à sa sortie et auquel je n'avais pas du tout accroché.

Pierre Lemaitre insuffle dans ses pages un rythme indéniable. Les évènements se succèdent, les actions de Sophie sont de plus en plus folles et ses absences de plus en plus dangereuses. Le lecteur se demande jusqu'où l'auteur va pousser la folie de son héroïne. Puis à mi roman, on bascule totalement dans un autre type d'ouvrage en faisant la connaissance d'un second personnage important dans le déroulement de l'histoire : Frantz. Les lumières s'allument dans nos cerveaux, tout devient limpide au fil de pages. Sophie quant à elle est toujours aussi perturbée jusqu'à un final où tout ce beau monde, les personnages principaux, l'auteur et le lecteur, vont se retrouver pour un feu d'artifice.

Excellent roman sur la folie, la survie et la vengeance, "Robe de marié" (sans e, n'est-ce pas troublant ?) tient le lecteur en haleine du début à la fin. Page turner efficace, il ne vous lâchera plus jusqu'à la révélation finale. Malin ce Pierre Lemaitre ! Avec une plume simple et juste, il va fouiller dans chacun de nous, dégoter nos peurs primales et les faire subir à sa pauvre héroïne Sophie, un personnage féminin fort bien dépeint, ni niaise ni hystéro, à laquelle on s'attache dès les premières pages. Quand la folie dépasse la fiction, jusqu'où peuvent aller les êtres humains pour survivre ? Lisez le et vous comprendrez...

destock

Livre lu dans le cadre du challenge "Destockage de PAL en duo" avec ma copinaute faurelix que je remercie grandement pour ce choix. Tu me connais bien, tu ne t'es pas trompée en me conseillant ce roman ci !

mercredi 4 février 2015

"La Dame en Noir 2 : L’Ange de la Mort" de Tom Harper

la dame en noir 2 affiche

L'histoire : Pendant la Seconde Guerre mondiale, huit écoliers accompagnés par la directrice de l’école et une jeune enseignante, quittent Londres pour se mettre à l’abri dans le petit village de Crythin Gifford. Ils s’installent dans une vieille demeure sur une petite île au large de la côte. Leur présence va bientôt réveiller une épouvantable force maléfique...

La critique Nelfesque : Voilà presque 3 ans que nous avions vu le précédent opus de "La Dame en noir" au cinéma. Un long métrage classique dans son traitement et un hommage à la Hammer. Pour le second volet, le réalisateur a changé, passant de James Watkins à Tom Harper. Pour autant la franchise n'a rien perdu au change et "La Dame en noir 2 : L'Ange de la Mort" est toujours aussi sympathique.

Mettons de côté les incohérences scénaristiques et plus particulièrement la principale qui consiste à emmener un bus de gamins dans une bâtisse délabrée pleine de poussière, moisissure et gelée jusqu'aux fondations (mais que fait la commission de sécurité!?) pour ne garder en tête que l'aspect général du film. Non parce que sinon, je vais rester bloquer sur des détails qui finalement sont rapidement gommés par le déroulement du scénario.

Visuellement, "La Dame en noir 2" est dans la ligne droite du précédent. Le spectateur est plongé dans un climax oppressant et un environnement sombre. Quelque chose de pas très net se trame entre ces murs. On a beau le savoir, on s'y attend, et quand ça nous saute à la tronche, on ne peut pas s'empêcher de sursauter. Un film de couloir en somme mais un beau film de couloir. Un film à l'ancienne qui ne fait pas dans l'étalage d'effets spéciaux pour être efficace. Perso, j'aime ça !

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Economie de mots, huit clos efficace, des personnages attachants (surtout le petit gosse de l'affiche qui à la suite de la mort de ses parents a perdu l'usage de la parole (vous vous imaginez bien que c'est sur lui que ça va tomber ! (trop tentant (j'arrête les parenthèses!)))), une belle photographie et un moment de cinéma sympa. Le traitement de la lumière, les costumes, l'immersion dans l'époque (bien que seulement esquissée ici au début du film), les décors contribuent à envelopper peu à peu le spectateur dans une brume ouatée et à l'immerger totalement dans le long métrage.

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Nous avons hésité à aller le voir au cinéma, ce film ne passant que dans le multiplexe voisin et n'étant pas friands (et c'est peu de le dire!) de l'ambiance présente dans ces salles pour ce type de films (à comprendre l'invasion des bouffeurs de popcorn, les bandes de potes critiques ciné qui commentent la moindre scènes et autres nanas hystéro qui ont trop peur mais veulent quand même voir un film d'horreur au cinéma assez malignes pour se rendre compte que c'est un excellent moyen de draguer le mâle qui les a accompagnées et accessoirement de faire chier la salle entière). Nous avons donc soigneusement choisi le jour et l'heure de la projection et nous avons dégoté la séance idéale. Nous étions 4 dans la salle dont un autre couple qui avait dû poser les mêmes formules mathématiques sur le papier pour se retrouver ici au même moment. Autant dire, les conditions idéales ! Mais là je divague...

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Vous l'aurez compris, "La Dame en noir 2 : L'Ange de la Mort" est un film à voir si vous aimez les films d'épouvante à l'ancienne, si vous ne courrez pas après les superproductions creuses qui en mettent plein la vue et si vous avez la possibilité de le voir dans une salle calme pour profiter au mieux de l'ambiance du film. Vous vous reconnaissez dans cette description ? Banco ! On en reparle quand vous l'aurez vu !

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La critique de Mr K: 4/6. Un petit plaisir coupable bien sympathique que ce film qui à défaut d'être original est plutôt efficace et très beau au niveau de la forme. L'action se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, époque où la capitale anglaise est bombardée par les troupes d'Hitler. L'héroïne est chargée d'accompagner des enfants dans la campagne anglaise pour les mettre en sécurité. Quoi de mieux qu'une vieille bâtisse paumée au milieu des marais pour cacher les jeunes pousses en attendant que la guerre passe? Manque de pot pour eux, ils ne sont pas seuls, une entité malfaisante hante les lieux... C'est ballot!

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On est dans la droite lignée du premier film, Harry Potter en moins. L'ensemble est très beau, la maison reste toujours aussi flippante avec ce fameux couloir du premier étage qui donne envie de vivre uniquement au rez-de-chaussée. Les jouets anciens bien stressants sont toujours là, la chaise à bascule aussi et l'esprit de la dame en noir reste toujours aussi virulent. Je me demande encore comment les autorités ont pu envoyer de pauvres enfants dans une maison aussi délabrée... mais sans cela, il n'y aurait pas de film! Surtout que dans cette suite, on explore davantage la bâtisse avec notamment une cave très inquiétante, les phobiques de ce genre de pièces ne doivent absolument pas regarder ce film! Les alentours restent toujours aussi mystérieux avec ce cimetière abandonné et une côte sauvage inquiétante. L'ambiance nébuleuse, les couleurs, les cadrages, les jeux de lumières fonctionnent à plein régime pour procurer un maximum de sensations fortes au spectateur.

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Et oui! J'ai eu peur plus d'une fois. Pour des bêtises certes, mais de beaux sursauts avec l'envolée d'un corbeau, une ombres passant en arrière plan, un personnage surgissant du hors champ. Du classique, rien du classique mais efficace! L'intrigue en elle même est sans surprise et on devine les circonvolutions du scénario au fil de son déroulé, d'où ma bonne note pas exceptionnelle. On reste cependant dans une production anglaise et cela se ressent fortement, notamment dans le traitement des personnages plutôt finauds et bien joués par un collège d'acteurs au diapason avec un réalisateur soucieux de fournir une suite honnête et distrayante. Mention spéciale au petit garçon qui s'est révélé touchant et juste dans son interprétation, dieu sait que ce n'est pas évident de faire jouer d'aussi jeunes acteurs.

Au final, c'est un film que je conseille à tous les amateurs de films d'épouvante à l'ancienne où le sentier est balisé mais le cœur à l'ouvrage authentique et le résultat réussi. Une bonne séance comme je les aime!

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mardi 3 février 2015

"Les Cauchemars de Lovecraft : L'Appel de Cthulhu et autres récits de terreur" de Horacio Lalia

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L'histoire: Il n'existe aucun langage pour décrire d'aussi atroces contradictions des lois les plus élémentaires de la force et de l'ordre cosmique.
Ce ne fut, peut-être, qu'un effet de l'imagination ou un phénomène d'écho, mais un des hommes que j'ai pu interroger me confia qu'il avait entendu un faible battement de grandes ailes, entrevu des yeux luisants ainsi qu'une énorme forme blanche, derrière les arbres les plus lointains.

La critique de Mr K: Nouvelle chronique d'un cadeau d'anniversaire aujourd'hui avec le présent que m'a fait mon plus vieux pote. Il s'agit d'une adaptation BD d'une série de texte de Lovecraft, un de mes auteurs fétiches dans le domaine du fantastique. Les Cauchemars de Lovecraft présente ainsi 18 récits mis en image de fort belle manière par Horacio Lalia, dessinateur argentin que je ne connaissais pas auparavant et qui désormais aura une place à part dans mon panthéon personnel. Cet ouvrage révèle un talent assez exceptionnel au niveau du dessin pur et dur ainsi qu'un sens aigu, précis, efficace et respectueux de l'adaptation.

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(clic sur les planches pour voir en plus grand)

L'univers de Lovecraft est vraiment particulier. Il a crée de toute pièce une mythologie entière constituée de monstres antédiluvien (les grands anciens dont le plus connu est Cthulhu) qui ont régné sur notre monde et n'attendent que de revenir sur Terre. On retrouve toujours au centre de ses histoires un groupe de personnes ou un personnage retiré(s) du monde qui compulse(nt) fiévreusement un des livres interdits inventés eux aussi de toute pièce par Lovecraft (le plus connu est le Nécronomicon) et cherche à nouer le contact avec les entités des mondes inférieurs. On navigue constamment entre délire paranoïaque, folie, satanisme, rituels ésotériques et l'horreur la plus indicible qui soit.

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Le présent ouvrage m'a permis de redécouvrir certains classiques du maître comme L'Appel de Cthulhu (un de ses textes les plus célèbres), Je suis d'ailleurs (relu en fin d'année dernière dans un recueil de nouvelles fantastiques), La Couleur tombée du ciel (un des plus angoissants) ou encore L'Abomination de Dunwich (un de mes récits préférés avec Dagon). J'ai aussi découvert quelques textes plus méconnus comme Le Molosse, Le Trou des sorcières ou encore Le Festival. Le résultat est le même quoiqu'il en soit, on frémit beaucoup et on ne peut qu'admirer le talent déployé par Lalia qui retranscrit à merveille l'univers et les personnages torturés de Lovecraft.

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Tour à tour vous entendrez des bruits suspects et terrifiants dans les murs, vous assisterez au réveil de grands anciens, suivrez la folie communicative de chercheurs mis au ban de l'université, explorerez des mondes parallèles au notre, plongerez dans les abîmes de la terre et bien plus encore. Le quotidien devient inquiétant, les lieux encore plus avec des illustrations bien gothiques de forêts, cimetières et autres universités. Même la ville deviendrait inquiétante au détour de la nouvelle Air froid, la ville qui est rarement le décor premier auquel on pense dans le genre. Vous n'échapperez pas pour autant aux cabanes isolées au fond des bois ou l'inévitable grande maison bourgeoise hantée! Les ambiances sont remarquablement traduites par un auteur manifestement amoureux du matériau originel et très soucieux de coller au maximum au plaisir de lecteur qu'il a du ressentir.

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C'est d'ailleurs une BD qui se regarde et se lit beaucoup. Les textes de Lovecraft envahissent largement les planches et contribuent à distiller la peur et l'étrange au détour de toutes les cases. Ainsi le côté littéraire (voir pompeux pour ses détracteurs) de Lovecraft est respecté et l'immersion est totale. Les dessins sont ultra-réalistes et très fournis en détails, idéal pour l'entreprise menée. La lente déstructuration des personnages et leur chute dans la folie sont très bien rendues, les passages plus fantastiques sont traités pas forcément de manière frontale, laissant l'imagination du lecteur faire le reste. Je trouve ce parti pris particulièrement judicieux quand on se frotte au fantastique, il est bon de laisser son esprit vagabonder entre mots / images de l'auteur et vision personnelle fantasmée. Rajoutez à cela que cette œuvre est admirablement reliée et éditée, vous obtenez en plus un très bel objet qui ornera fièrement votre Bdthèque.

Que dire de plus, si ce n'est que cet ouvrage est à mes yeux à classer dans les indispensables, que tous les amateurs du genre se doivent d'avoir au moins parcouru une fois. Très très beau cadeau en tout cas vers lequel je reviendrai régulièrement pour me procurer quelques frissons et angoisses supplémentaires. Un must parmi les must!

Posté par Mr K à 19:36 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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