mardi 27 août 2013

"Block 109" de Brugeas et Toulhoat

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L'histoire: 1953...

Après avoir détruit l'Occident, le IIIème Reich agonise à son tour sous les coups de l'Armée Rouge. Pour Zytek, le maître de l'Allemagne, il ne reste qu'une seule solution: une attaque virale majeure.

Malgré le refus du Haut conseil, le virus provoque déjà des ravages dans les ruines de Marienburg. Les contaminés, transformés en monstres sanguinaires, s'attaquent aux soldats isolés des deux camps. Seule l'escouade du sergent Steiner parvient à s'échapper d'une funeste rencontre.

Ce dernier et ses camarades sont-ils la dernière chance de l'humanité? Et quel est véritablement l'objectif de Zytek, l'omnipotent seigneur du Reich?

La critique de Mr K: Voici une BD dont j'avais entendu le plus grand bien il y a déjà quelques temps et que j'ai offert à un bon pote pour son anniversaire en début d'année. Il l'a appréciée et me l'a prêtée pour que je puisse me faire mon propre avis sur cette uchronie qui m'a irrémédiablement fait penser à K Dick et sa fameuse nouvelle "Le maître du haut chateau" ou encore"Fatherland" de Harris.

Les six planches de départ re-contextualisent le récit en nous décrivant les événements s'étant déroulés de mars 1941 (assassinat par un sniper d'Adolf Hitler) jusqu'à 1953, année qui marque le début du récit proprement dit. Vous l'avez compris, le IIIème reich a survécu à la Seconde Guerre mondiale contrairement à son führer. C'est Heydrich qui est aux commandes et un énigmatique personnage dénommé Zytek a crée un mystérieux ordre teutonique en référence aux chevaliers du même nom. Son pouvoir ne fait que croître et ses intentions au premier abord extrémistes pourraient bien se révéler plus nuancées. Il faudra bien 200 planches pour que les auteurs mènent leur intrigue jusqu'au bout et nous assènent une fin sans faux-fuyant ni équivoque.

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(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L'atmosphère de fin de règne est ici remarquablement rendue. Les soviétiques avancent malgré la défense acharnée des allemands et le conflit semble être à un tournant de son déroulement. D'étranges et sanguinaires créatures issues d'expériences contre-nature sont en liberté et dévorent tout ce qui passe à leur portée notamment dans l'ancien métro désaffecté qu'elles ont investi. On suit le point de vue d'une escouade quasiment livrée à elle-même depuis le renoncement de certains officiers. On alterne avec le ressenti des autorités et notamment de Zytek qui s'apparente beaucoup à un personnage principal tant il est omniprésent. Peu à peu, on se rend compte qu'il y a une lutte interne dans le régime: d'un côté les SS qui suivent les pas d'Hitler à travers son successeur Heydrich et de l'autre, un opportuniste à priori sans scrupule en la personne de Zytek qui veut déclencher une apocalypse bactériologique. Au milieu de ce grand jeu géostratégique, on suit le parcours de simples soldats auxquels les tenants et aboutissants échappent totalement et qui par leurs actes vont modifier les plans prévus.

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(Cliquez pour agrandir l'image)

Cette BD est vraiment brute de décoffrage. L'action est remarquablement bien décrite même si les dessins m'ont parfois paru inachevés. Il m'a donc fallu un petit temps d'adaptation pour me mettre au diapason. Malgré ce léger défaut, le scénario est vraiment très bien pensé et m'a accroché du début à la fin. Les méandres narratifs sont nombreux et la fin m'a littéralement cueillie. En plus, c'est un récit unique (ce qui se fait de plus en plus rare en BD aujourd'hui) et même si depuis des cross-over ont été réalisé sur cet univers singulier, ce volume se suffit à lui-même.

Une belle découverte que je vous conseille très fortement notamment à tous les amateurs et amatrices d'uchronies.


lundi 26 août 2013

A l'aventure compagnons!

En attendant un futur report du Motocultor 2013 et pour faire revivre notre rubrique des Lundis au soleil que nous avons malheureusement délaissé depuis bien trop de temps, je vous propose aujourd'hui de découvrir un groupe anglais qui a créé un sous-genre musical à lui tout seul: Jaldaboath et son héraldic métal!

Vous prenez des chevaliers, des barbus chevelus, des extraits de vieux classiques et des guitares saturées à la Motorhead et ça vous donne un excellent album, un clip complètement déjanté et une musique entrainante et gouleyante à souhait, idéale pour animer vos soirées régressives. Si après ça, vous n'avez pas le sourire vissé au visage, on ne peut plus rien pour vous! Enjoy!

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dimanche 25 août 2013

Priziac, ça claque!

La semaine dernière, Nelfe et moi nous sommes rendus au Parc Aquanature du Domaine du Sterou près de Priziac dans notre cher Morbihan. C'était l'occasion de passer quelques heures dans un parc de 80 hectares où règnent en maîtres plus de 140 cervidés en liberté!

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Dès notre entrée, nous pouvons apercevoir un troupeau de daims tranquillement avachis en plein soleil sur une grande prairie naturelle longeant le parking du parc. Il nous tarde de commencer notre exploration! Une fois la carte récupérée auprès du chalet d'accueil, nous voila partis sur les sentes verdoyantes couvrant près de 15 kilomètres!

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Plusieurs parcours s'offrent à nous et nous nous rendons vite compte que même si nous ne sommes pas des randonneurs de l'extrême, tous les chemins sont d'accès aisé et aucune boucle proposée ne dépasse les 30 minutes de marche. Le cadre nous fait tout de suite grande impression, les paysages sont vallonés, de petits ruisseaux et des étangs se rajoutent aux arbres pour confirmer l'impression de petit paradis terrestre qui se dégage de ce lieu unique en Bretagne.

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Faisant preuve d'un courage inoui pour des vacanciers en goguette, nous commençons par la partie appelée "Forêt des cerfs" qui sur la carte fournie parait être le parcours présentant le plus de dénivelé. Il s'avère que le trajet se fait tranquillement même si nous avons trouvé les indications sur le terrain pas très claires!

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Il ne nous faudra pas très longtemps pour faire nos premières rencontres, même si les cervidés étant méfiants de nature ont tendance à s'enfuir dans les fourrés. Il faut donc les approcher doucement sous peine de n'apercevoir que leurs arrières-train! En voici deux que nous avons dérangé en pleine promenade! Vous remarquerez l'air détaché et légèrement agacé de l'un d'entre eux!

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C'est aussi l'occasion de voir de très beaux spécimens de plus près même s'il faut rester à une distance respectable pour éviter la fuite de l'animal. Celle-ci semble se préparer pour aller danser.

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A l'occasion nous tombons nez à nez avec un troupeau vacant à ses occupations. Celui-ci ne sera dérangé que par une voiturette de golf que les visiteurs peuvent louer pour parcourir les lieux. Personnellement, on trouve que ça nuit à la découverte et le bruit a tendance à effrayer les bêtes sauvages. Dommage...

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Reste cependant une expérience inoubliable, loin du zoo traditionnel où les animaux sont parqués bien trop souvent dans des espaces réduits. Ici un vent de liberté souffle et c'est bien aux humains de s'adapter aux lieux pour pouvoir profiter au maximum de la nature et de ses bienfaits. C'est ainsi que nous pique-niquerons dans le plus grand calme à proximité d'un petit groupe de cervidés se reposant au bord d'un étang baigné de soleil. Un pur moment de sérénité.

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Nous ne pouvons que vous conseiller de vous y rendre si l'occasion le permet. C'est rare de pouvoir cotoyer ces espèces d'aussi près et le cadre est vraiment féérique par beau temps. N'y allez pas cependant pour les aquariums qui sont vantés sur le site, les infrastructures sont vieillissantes, les vitres sales et vous n'avez guère de chance de distinguer le moindre poisson. Ce fut la seule déception de cette journée par ailleurs enchanteresse.

samedi 24 août 2013

"A suspicious river" de Laura Kasischke

LK

L'histoire: Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Et pour quelques dollars de plus, elle peut être comprise dans le prix de la chambre. Elle vend son corps sans passion, sans tristesse, sans avidité de l'argent non plus. Sainte martyre, Leila est au delà de son propre corps, plus sensible à la matière du monde qu'aux hommes. La clé de sa descente aux enfers gît dans l'enfance, et Leila sait, sans doute, qu'elle rejoue le destin tragique de sa mère, la parabole d'Eros et Thanatos au terme de laquelle, peut-être, elle découvrira qui elle est...

La critique de Mr K: Attention livre rude à ne pas mettre entre toutes les mains! Pur hasard du calendrier, en ce moment, je suis abonné au thème de la prostitution car avec Nelfe nous sommes allés voir Jeune et Jolie d'Ozon cette semaine (chronique à venir) et ma lecture du moment traitait justement du même thème. C'est mon premier contact avec cette auteur américaine et même si ce livre est bien particulier dans son genre, je pense que je retournerai vers elle tant son écriture s'est révélée immersive et poétique à la fois.

Ce livre tourne autour du personnage de Leïla, une jeune femme de 24 ans qui s'ennuie dans sa vie de couple (si on peut appeler son union avec Rick un mariage tant il a été contracté dans des circonstances particulières). Elle est réceptionniste au Swan Motel, établissement miteux comme l'Amérique en compte des milliers. Elle tapine régulièrement pour tromper la routine, changer son quotidien aliénant, elle se cherche au gré de ces passes improvisées. Pourtant, elle n'a pas vraiment besoin d'argent, elle n'est pas nymphomane et ne souffre d'aucun trouble psychique particulier. Complètement perdue, sans réel but dans la vie, elle survit et tente de découvrir sa vraie personnalité par le biais d'aventures sexuelles tarifées sans lendemain. Au gré de flashbacks aussi nombreux que révélateurs, nous allons découvrir en même temps qu'elle qui elle est vraiment, ce qu'elle a vécu. Ses activités extra-conjugales vont bien évidemment l'entraîner dans des relations malsaines pour arriver jusqu'à un point de non retour. La fin se révèle ouverte même si le doute est léger quant au devenir de Leïla.

Je vous le dis tout de go, le plus désarçonnant dans ce livre est le personnage de Leïla. Pendant les trois quart du livre, elle semble totalement absente de sa vie, elle vit les événements avec un détachement confondant, sans envie et sans dégoût. Cela donne une impression de malaise qui va grandissant et qui m'a déstabilisé au plus profond de moi. Comment peut-on subir autant d'atrocités et d'actes abjects sans réagir, sans envie de changer de vie, de progresser et d'essayer de s'en sortir. Il ne se passe pas grand chose dans ce roman mais l'héroïne s'enfonce de plus en plus. Comme si Leïla n'était mue que par la négation de soi, une forme de nihilisme total sans espoir de rédemption ou de bouleversement. Je dois avouer que je suis passé par tous les états avec elle et puis... peu à peu, la lumière se fait par petites touches sur son passé et l'on comprend son attitude et son détachement. On peut dire qu'elle a accumulé les expériences traumatisantes depuis l'enfance et en ressort une jeune adulte totalement déséquilibrée et parfois amorphe face à l'existence. Ce portrait de femme fragile est par moment irritant, dérangeant mais au final bouleversant de réalisme et de crudité.

L'écriture est vraiment particulière, très belle et aérienne, facile d'accès, la poésie ici se fait sombre et malsaine. On explore les tréfonds de l'âme humaine et la place est mince pour l'espoir et les plaisirs de la vie. Régulièrement, l'auteur fait référence à la fameuse rivière du titre qui coule tout près du motel. Elle file ainsi une métaphore sur l'existence, l'empirisme et les choix (ou non-choix) que l'on peut faire dans une vie humaine. La tonalité générale est inquiétante, angoissante parfois, on nage en eau trouble et l'on croise des personnages peu recommandables notamment des clients pervers du motel traités avec finesse par la plume de Laura Kasischke. Jamais vulgaire, ce livre propose des passages bien crûs que les âmes les plus sensibles risquent d'avoir du mal à digérer. Cependant rien n'est gratuit et les scènes érotiques et / ou violente servent le récit et le portrait.

Au final, malgré une ambiance délétère et une héroïne parfois agaçante, j'ai adoré ce livre que j'ai trouvé sans concession et d'une beauté mortifère. Quand c'est fait avec talent, les histoires déviantes ont un charme que les bluettes n'atteindront jamais. Un livre que je conseille très fortement au plus courageux(ses) d'entre vous tout en sachant qu'on ne ressort pas indemne de cette expérience!

mercredi 21 août 2013

"American nightmare / The Purge" de James De Monaco

American-Nightmare-Affiche-FranceL'histoire: Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

La critique Nelfesque: A l'idée d'aller voir "American nightmare", j'étais bien enthousiaste! Les vacances scolaires estivales touchant bientôt à leur fin, on va pouvoir retourner au cinéma pour voir autre chose que des blockbusters, des super-héros ou des dessins animés. J'aime la rentrée pour ça! Ici, à la vue de la bande annonce et du synopsis, je m'attendais à un bon film de genre, avec en fond une dénonciation de la violence et de l'american way of life. Un film jusqu'au-boutiste qui ne ménage pas le spectateur et fiche les foies! Ouais, ben... On peut repasser...

Sur le papier, "American nightmare" aurait pu être sympa pour les raisons évoquées plus haut et pour le huit clos qui, bien exploité, peut vraiment créer un climat d'angoisse. Au final, qu'est-ce qu'on a ici? Une famille enfermée dans une maison avec un énoooorme dilemne (oulala qu'il est gros) à résoudre dans les prochaines heures. Faute de quoi, des grands méchants, jeunes adultes sarkozystes (oui oui le big méchant est un sosie du fils de... (ce n'est pas une insulte, c'est vraiment son fils)), vont avec leurs masques de sadiques et leur allure de bourges défoncés au crack forcer les protections de la maison et tuer tout le monde. On s'en fout, ils ont le droit d'abord!

En moins de 2 je sauve la famille et donne un conseil au père: quand on veut vraiment être protégés contre une nation de fous dangereux pendant 12 heures d'affilé, on ne met pas des volets roulants blindés accrochés avec des punaises hein, on se fait une "panic room" qui va bien ou un abris anti atomique au fond du jardin... Au minimum! M'enfin, avec mes idées il n'y aurait pas eu de film...

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Prenons le donc comme il est et constatons que c'est un film assez creux, qui ne fait même pas peur. Un film "de couloir". Oula attention il y a la caméra qui avance dans le couloir obscur et sombre (comme Isabelle qui a les yeux bleus!), quelque chose va se passer. Oh mais oui ça se passe là! Bon ben ça fait pas peur... C'est aussi un film de "Aaaah le méchant va tuer le gentil là!!!! Aaaaah il va vraiment le tuer là!!! Ouf sauvé, quelqu'un va venir finalement tuer le méchant au dernier moment! On a eu chaud!". Ca va une fois... mais 3...

A la toute fin j'ai eu un léger espoir, je voyais poindre un truc bien tordu (je ne dis rien, je ne veux pas vous gâcher la fin du film proposée par le réal), une vengeance avec un grand V! Et puis non... plof... Idem pour le personnage qui ne fait pas partie de la famille. "Toi Quasimodo, retourne dans ton clocher manger tes crottes de pigeons". Next!

Ben ouais, un peu comme le film: next!

J'ai conscience que mon avis n'est pas des plus étayé mais j'ai déjà perdu 1h30 de ma vie et 5.50€. Je m'en vais me flageller avec des clous!

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La critique de Mr K: 3/6. Très très moyen cette affaire! Pourtant le pitch de départ était attrayant et prometteur. Pensez donc! Une journée défouloir où une société soit disante épurée se livre à tous les vices sans punition aucune. Il y avait moyen de montrer l'anarchie et de démonter en même temps cette idée complètement dingue de purger une société par la libération des instincts les plus bestiaux. Mais là où Battle Royal réussissait haut la main, ici nous avons affaire à une petite série B sans envergure et sans humour. Bon, il y a tout de même des points positifs avec notamment Ethan Hawke toujours aussi impeccable et qui se révèle très crédible en père de famille paniqué et lâche (du moins dans la première partie du métrage). Le personnage du jeune fils est lui aussi assez réussi et les liens familiaux sont plutôt bien retranscris notamment en ce qui concerne leur rejet de la violence. La réalisation est plutôt efficace et je n'ai pas vu le temps passer. Pendant toute la première partie du film, on se dit que ça va nous péter au visage...

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Et bien justement... Non! Tout cela est bien mou du genou et le film se résume plus à un film de couloir qu'autre chose. Ca marche peut-être avec les moins de quatorze ans mais ça ne fonctionne plus avec moi depuis un certain temps (à de rares exceptions près comme Insidious par exemple). La dimension réflective est très mince et on se retrouve avec un home invasion lambda à la fin attendue et finalement soft alors qu'on pouvait faire dix fois plus déviant et dérangeant. En même temps, on ne me demande jamais mon avis, je ne comprends pas! Les personnages secondaires sont caricaturaux à souhait avec une mention spéciale pour le sosie du fils Sarkozy dont on attend qu'une chose: le dézingage! L'actrice jouant Cersei Lannister est présente dans le casting d'American Nightmare dans le rôle de la femme d'Ethan Hawke mais se révèle bien fade... Dommage car elle assurait dans la série Game of throne...

Au final, ce film est dispensable. Pas complètement pourri mais pas réussi non plus. Heureusement qu'on est allé au cinoche avec des places à prix réduit. Ca limite la déception!

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mardi 20 août 2013

"Oms en série" de Stefan Wul

SW-OES1-BL'histoire: Que sont devenus les hommes?

Les survivants du grand cataclysme ont été recueillis par les draags, géants bleus aux yeux rouges, qui les ont emmenés sur leur planète, où le temps s'écoule beaucoup plus lentement que sur la Terre.

Asservis, domestiqués, ils sont devenus des oms, des êtres dégénérés au service de leurs nouveaux maîtres.

Mais peu à peu, menés par le jeune Terr, petit om d'une intelligence supérieure, ils retrouveront le goût de la liberté et affirmeront leur humanité face aux draags.

La critique de Mr K: Voici un très joli petit bouquin que j'ai dévoré en quelques heures! Une fois de plus, je l'avais dégoté chez l'abbé et il trainait déjà depuis quelques mois dans ma PAL avant que je jette enfin mon dévolu dessus. Nous avons ici affaire à un récit de SF très classique dans son déroulé mais à la forme à la fois inventive et spontanée.

Suite à un grand cataclysme, l'espèce humaine a été emportée sur une autre planète par la race géante des draags qui les a domestiqués. L'humanité n'est plus l'espèce la plus évoluée et se retrouve cantonnée dans le rôle d'animal de compagnie ou d'esclave. Le savoir s'est perdu, peu savent lire et écrire et les draags les entretiennent dans l'ignorance afin que les êtres humains ne répètent pas les erreurs du passé et ne soient un danger pour leur nouvelle planète d'adoption. Devenus des oms, des êtres soumis et désorganisés, le salut va venir d'un messie incarné par un jeune homme curieux aux capacités intellectuelles plus élevées que la moyenne. Le temps de la rébellion est venu et longue sera la route pour l'organisation de la résistance et la libération des oms.

Au risque de rendre certains d'entre vous sceptique quant à l'utilité de cette lecture, il n'y a pas vraiment d 'originalité dans l'histoire qui nous est ici livrée. Peu ou pas de surprise, on suit la transformation du jeune Terr en chef rebelle avisé, les erreurs et progrès inhérents à toute sorte d'organisation de résistance face à un système oppresseur. À travers plusieurs personnages secondaires (draags et humains), on voit la situation évoluer vers un affrontement inéluctable qui ici prendra une forme quasi pacifique. On est loin ici de la SF typée action ou space-opéra. On est plus dans l'esprit d'ouverture qui soufflait sur les création du genre de la fin des seventies comme dans le mythique dessin animée Gandahar. D'ailleurs Oms en série a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1973 par René Laloux avec Roland Topor au dessin. Un classique aussi que je n'ai toujours pas vu!

Le style de Stefan Wul est un bonheur de tous les instants. Très accessible, il ajoute un relief conséquent à cette histoire, par petites touches successives qui peu à peu éclairent le lecteur sur les tenants et aboutissants. Les descriptions du monde imaginaire et de ses habitants étranges que sont les draags sont concises et à la fois très immersives. Très vite, le background est exposé et il est très difficile d'échapper aux pages de ce livre. L'addiction est rapide et sans douleur. On suit alors la trame narrative avec plaisir et les rebondissements sont nombreux quoique prévisibles comme dit précédemment. Pour autant, on continue sa lecture sans frustration ni ennui et au final, quand on a refermé l'ouvrage, on n'a pas perdu son temps. Il se dégage d'Oms en série une sensation de paix et d'entente universelle qui fait bon d'éprouver en ces temps de crise et de crispation généralisés.

Un bon bol d'évasion mâtiné d'humanisme tel est le choix que je vous propose aujourd'hui! En rajoût, vous trouverez ci-dessous la BA originale du film qu'en a tiré René Laloux.

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dimanche 18 août 2013

Let's get some metal!

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Le grand jour est arrivé, on part sur Saint-Nolff pour une journée de déluge sonique! Petite modif en terme de date à cause d'un running-order fluctuant mais tout est bien qui finit bien!

Et ce soir Therion!!! (vidéo souvenir du Hellfest 2011):

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samedi 17 août 2013

Bien le bonjour de Fukushima!

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Vous voulez aller passer vos vacances au Japon ? Bonne idée, mais, de préférence, évitez les plages autour de Fukushima. Mardi 6 août, l'autorité de sûreté nucléaire a déclaré l'état d'urgence après que Tepco (Tokyo Electric Power Co.), l'opérateur en charge de la centrale, ait admis qu'il y avait bien des fuites d'eau contaminée dans la mer.

Ainsi, ce sont pas moins de 300 tonnes d'eaux souterraines qui s'écoulent chaque jour dans l'océan Pacifique, depuis maintenant deux ans et demi. L'eau s'est accumulée en grande quantité sous la centrale, et commence à déborder les murs de barrage construits pour la contenir. Les fuites d'eau radioactive devraient donc augmenter, et polluer encore davantage le milieu marin. Déjà, des poissons très radioactifs ont été pêchés dans les environs de la centrale, avec des taux de radioactivité 10 000 fois supérieurs à ceux autorisés.

Les éléments radioactifs peuvent se disperser dans l'océan, au gré des courants, même si d'après Simon Boxall, expert du centre océanographique de Southampton interrogé par le site britannique New Scientist, il n'y a pas de menace pour l'océan Pacifique au-delà des côtes japonaises. "Mais cela va causer un problème dans le voisinage immédiat de Fukushima", explique-t-il.

Toutefois, les éléments radioactifs rejetés dans la mer contaminent le poisson, et les autorités ont interdit la pêche au niveau local. "Etant donné que Tepco n'est pas prêt d'arrêter les fuites en provenance de Fukushima, l'interdiction de pêcher pourrait durer longtemps", explique le site scientifique.

Dessin de Tjeerd et article tirés du site du Courrier International

 

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vendredi 16 août 2013

"Anges" de Julie Grelley

angesL'histoire: "Pour être sûr qu’un amour est véritable, il faut que le désir ait disparu. Et pour que le désir ait disparu, il faut que la beauté ait disparu…"

Colline, trente-trois ans, cent dix kilos, employée modèle d’un magasin de bricolage, est en liberté conditionnelle. Il fut un temps où elle s’appelait Lynn, et défilait sur tous les podiums de haute couture. Avant qu’elle ne se décide à s’auto-détruire et à enlever de jeunes garçons, pour mieux les sacrifier à sa mission christique…

La critique Nelfesque: Oh my god! Amis lecteurs je vous présente ici un roman puissant, un roman qui m'a bluffée et qui me fera surveiller de près les prochaines publications de Julie Grelley.

"Anges" est son premier roman qui date maintenant de quelques années et quelle maîtrise pour une première oeuvre! L'histoire est dure et je le dis tout de suite: âmes sensibles s'abstenir, ici peut être même plus qu'ailleurs. Colline, narratrice et personnage principal du roman, est une femme de 33 ans "pas très bien dans sa tête". C'est le moins que l'on puisse dire... Depuis gamine elle a une idée en tête: fabriquer son propre ange, pour elle, rien qu'elle. Et comment fabrique-t'on un ange? En kidnappant un jeune enfant de sexe masculin et en faire un être divin assexué. Oui, oui vous avez bien lu, il s'agit bien d'émasculer un pauvre gamin...

Dans la tête de Colline, là où le lecteur est au première loge, cette démarche n'est pas folle. Il ne s'agit pas ici de faire du mal mais de libérer un petit être. C'est une mission divine qu'a Colline et pour la mener à bien elle déploie toute son énergie.

Lors de sa première tentative, lorsqu'elle était encore adolescente, elle n'a pas pu aller au bout de son processus, prise sur le fait par sa soeur et ses parents alors qu'elle n'en était encore qu'à préparer sa victime, attaché nu dans la grange familiale. Le petit Jérémie a eu "la chance" d'être sauvé et Colline est depuis surveillée par les autorités et incomprise de sa famille. Depuis cette période, elle, jadis mini-miss et mannequin sublime promise à un grand avenir dans la profession, fait tout pour casser son image, s'enlaidir à l'extrême. Mutilations, boulimie, elle pèse aujourd'hui plus de cent kilos, a les dents jaunes, porte des cicatrices et ne ressemble plus du tout à la jeune fille d'antan.

Le rapport au corps de Colline est particulier et la beauté pour elle se situe au delà de l'apparence physique. Dans son délire christique, elle n'hésite pas à souffrir physiquement et moralement et à faire souffrir également. Depuis sa tentative avortée, elle a retenté l'expérience sans succès et pense aujourd'hui avoir découvert en David son ange, pour lequel tous ses défunts anges n'auront pas soufferts pour rien. Sa technique est améliorée, son alibi est assuré...

Julie Grelley nous offre là un roman qui fait froid dans le dos. Tout d'abord parce qu'il présente une folie féminine, chose rare en littérature où l'on est plus habitué à voir des hommes déments et où les serial killers ne peuvent pas être des femmes (c'est bien connu, les femmes sont douces et bienveillantes... la preuve...). Ensuite parce que la folie nous est livrée de l'intérieur. Le lecteur côtoie cet état au plus près, connait les moindres recoins de la psyché de Colline et avance dans sa lecture au bord de la nausée.

"Anges" est cru, brutal, malsain. L'auteure ne ménage pas le lecteur et lui livre tel quel la folie à l'état pur. Sans fioritures, sans détours, avec des mots simples et des phrases courtes, Julie Grelley signe là un roman magistral dont on ne ressort pas indemne. Une putain de claque! C'est rare, ça surprend, ça retourne mais ça fait du bien!

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mercredi 14 août 2013

"Tout est fatal" de Stephen King

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L'histoire: Ça vous dirait de vivre votre propre autopsie?
De rencontrer le diable?
De vous tuer par désespoir dans les plaines enneigées du Minnesota?
De fuir la police en compagnie de Dillinger?
De devenir assassin via l'internet ou de trouver la petite pièce porte-bonheur qui vous fera décrocher le jackpot?
Alors, laissez-vous guider par Stephen King.

La critique de Mr K: J'avoue, j'ai beaucoup pratiqué Stephen King lors de mes débuts de lecteur au collège. J'ai dévoré ses premiers recueils de nouvelles, flippé en lisant Shining, Simetière, Ça et consorts... Et puis je me suis lassé, déçu par son écriture devenue trop prévisible et des histoires de plus en plus vaines. Ça faisait donc un sacré bout de temps que je n'avais pas remis le couvert avec le King et c'est une fois de plus lors d'une visite fructueuse chez l'abbé que je me laissai tenter. L'avantage d'un recueil de nouvelles c'est que si un récit est décevant, on peut toujours se rattraper avec le suivant. Cet ouvrage ne contredira pas cet adage, Tout est fatal étant constitué de bons ratages, de récits sympathiques et de nouvelles réellement très réussies. En tout, ce sont 14 textes qui sont ici compilés sur un total de 700 pages. Pour ne pas tomber dans la routine, j'ai intercalé d'autres lectures toutes les quatre nouvelles.

Dans la série des ratages, on trouve "L'homme au costume noir" où un jeune garçon rencontre le diable au détour d'une partie de pêche fructueuse. Remplie de clichés et con-con, rien de neuf à se mettre sous la dent et une morale bien mielleuse en toute fin qui gâche le plaisir. "Tout ce que vous aimez sera emportés" n'est pas beaucoup mieux, le lecteur est invité à suivre les derniers moments d'un désespéré... Honnêtement, j'avais hâte qu'il en finisse tant, une fois de plus, Stephen King empilait les poncifs empêchant par là-même toute forme d'empathie envers le héros... Un comble! "Quand l'auto-virus met cap au nord" quant à lui reprend le thème souvent traité du tableau hanté. J'ai trouvé cette nouvelle surfaite, légèrement pompeuse et au final ennuyeuse car on devine tout à l'avance, un comble dans le genre fantastique. Ces trois nouvelles sont donc à oublier.

Heureusement la majeure partie des récits sont plutôt sympathiques même si on est loin d'être face à des oeuvres de génie et que certaines pompent allègrement des thèmes déjà traités comme c'est le cas pour "Salle d'autopsie quatre" où un homme passé pour mort par les médecins va se faire autopsier de son vivant. Bien que maîtrisé et plutôt haletant, on ne peut s'empêcher de le comparer au récit d'Alan Poe ("L'enterré vivant"), dix fois plus puissant et évocateur. "La Mort de Jack Hamilton" est un récit du style road movie plutôt bien mené où nous suivons la fuite de Dillinger et sa bande suite à un casse qui a mal tourné, pas exceptionnel mais les pages se tournent vite et la fin est réussie (chose plutôt aléatoire dans l'oeuvre du King). "Salle d'exécution" met un journaliste d'investigation au prise avec un tribunal d'exception d'une dictature sud-américaine qui lui reproche ses révélations fracassantes. Le suspens est à son comble malgré des moments de grande propagande américaine digne de l'époque de la Guerre Froide. Reste un beau plaidoyer pour la liberté d'expression. "Tout est fatal", la nouvelle éponyme, voit un homme lambda se faire proposer un contrat pour devenir tueur à gage sur internet. Farfelue, déroutante, cette nouvelle est sympathique de part son côté paranoïaque, dommage que la fin soit si ouverte, on a l'impression que Stephen King en avait marre et qu'il a du coup bâclé la fin. "LT et sa théorie des AF" frôle la catastrophe tant le récit est minimaliste et finalement vain, par contre on rit beaucoup à l'écoute des anecdotes que le héros raconte à propos de sa vie de couple, c'est ce qui sauve cette nouvelle du naufrage! "1408" est la nouvelle à l'origine d'un film que Nelfe et moi avions vu au cinoche et que nous avions trouvé très moyen. Il en est de même avec la nouvelle qui se révèle convenue bien que remarquablement construite, la première partie étant un modèle de mise en haleine avant que le héros rentre dans la fameuse chambre hantée! Enfin, "Petite chansseuse", variation autour de la chance et de la cupidité bien que concise avec une héroïne bien caractérisée, s'embourbe une fois de plus dans les idées reçues.

Vous l'avez compris, rien d'exceptionnel à part les quatre nouvelles qui suivent! Tout d'abord le cross-over de la série littéraire de Stephen King La tour sombre avec "Les petites Soeurs d'Eluria" où on y retrouve Roland le Pistolero en prise dans une ville déserte à des mutants verts (cousins de Hulk) et des sorcières bien particulières! Un vrai ovni dans ce recueil que cette nouvelle typée Grind House, très bien écrite, délirante à souhait au héros attachant au possible. Peut-être un jour vais-je me décider à suivre plus attentivement les aventures du Pistolero. "Déjeuner au Gotham café" est une de mes préférée! Un homme a RDV au restaurant avec sa future-ex femme pour discuter du règlement de leur divorce mais arrivé sur place rien ne va se passer comme prévu. Le début commence tout doucement avec une belle description du couple et de son fonctionnement. L'intervention d'un troisième larron (ici un maître d'hôtel un peu spécial) va faire rentrer le récit dans la folie pure. Un petit bijou de montée en pression et un final quasi apocalyptique... Huge! "Cette impression qui n'a de nom qu'en français" tourne autour de la notion de déjà vu, récit à tiroir où on nage constamment entre réalité et rêve en suivant un couple allant fêter leurs 25 ans de mariage sur les lieux de leur lune de miel. Un événement fatal semble se profiler par petites touches, le final est terrible et surprenant, une très belle réussite! Enfin, "Un tour sur le bolid'", nous parle de la mort d'un proche et de la façon d'y faire face en suivant l'histoire d'Alan, un étudiant apprenant que sa mère est hospitalisée et qui va faire du stop pour la rejoindre. Il va être pris par deux conducteurs plus que décalés qui vont l'amener à réfléchir sur lui, ses rapports avec sa mère et sur ce qui est important dans l'existence. Un monument de finesse dont le King fait trop rarement preuve.

Au final, je ne pourrais pas vous dire que ce recueil de nouvelles soit indispensable. Il y a vraiment à boire et à manger et l'on passe du meilleur au pire. Du même auteur, préférez "Danse macabre" qui reste son meilleur dans le genre compilation de nouvelles ou sinon dirigez -vous vers Clive Barker qui me paraît plus mature et finaud. Reste que King est un raconteur d'histoires doué à l'écriture très accessible (idéal à lire en période estivale) même si au détour de certaines lignes je ne peux que penser que derrière l'écrivain se trouve un esprit quelque peu passéiste et un auteur en panne d'idée qui se répète d'une nouvelle à l'autre (au moins cinq de ces personnages arrêtent de fumer, schémas de pensée identiques...). À vous de voir si vous tentez ou non cette lecture, je sais je ne vous aide pas trop sur ce coup là!