mardi 18 février 2014

La Révélation!

ecole

Dessin de Catherine tiré du site du Strips Journal

Posté par Mr K à 19:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 17 février 2014

Aldebert aux Arcs, Quéven (56), 15-02-14

Samedi soir, nous étions aux Arcs à Quéven, salle proche de Lorient, pour retrouver Aldebert et ses Enfantillages! Ravis, le sourire déjà jusqu'aux oreilles à l'idée de découvrir sur scène le second volet de ses chansons pour enfants (mais pas que!), c'est cette fois ci sans avoir entendu les nouvelles chansons que nous nous sommes rendus sur le lieu du concert.

Je garde du premier, en janvier 2010 (et oui ça remonte!), un souvenir ému. Une soirée vraiment très chouette pleine de sourires, de rires et d'émotions et une sortie sous la neige à faire des batailles de boules de neige avec les enfants. Pour cette nouvelle tournée, on prend les mêmes ingrédients et on recommence. Sans la neige cette fois ci mais avec toujours autant d'énergie et de surprises au rendez-vous.

Aldebert

Pendant presque 2 heures, petits et grands ont vibré aux doux mots d'Aldebert, ont ri aux facéties de l'artiste, ont été montés sur piles électriques lors des chansons endiablées, ont été émerveillés tout simplement par le spectacle.

Aldebert fait son entrée sur scène avec son batteur pour le premier titre, "Mon petit doigt m'a dit", puis nous laisse découvrir ses autres musiciens et sa soucoupe volante E2 récemment posée sur Quéven pour faire la connaissance des enfants de la région. Cette soucoupe, fil conducteur de tout le spectacle, va interagir avec le public, poser des questions à Aldebert, nous tester et nous présenter tour à tour les 4 musiciens autour de Guillaume: Christophe Darlot aux claviers / accordéon / choeurs, Cédric Desmazière aux batterie / percussions / chœurs, Hubert Harel multi-instrumentiste / chœurs et Jean-Cyril Masson aux basse / chœurs.

collage aldebert

Petit, l'un voulait être explorateur, l'autre musicien de métal ou encore danseur étoile. Nous allons en découvrir beaucoup sur ces joyeux lurons. Jusqu'à leurs plus belles grimaces pour le plus grand plaisir des enfants présents ce soir.

Dans les chansons d'Aldebert, il est question de l'école, de l'amour, de la nostalgie, des rêves d'enfants. Un univers fait de tendresse et de poésie qu'il est bon de découvrir sur scène tant l'interaction avec les tout petits est spontanée et craquante. Aldebert est un vrai gentil qui aime les enfants! Comment ne pas voir son coeur se transformer en tagada rose bonbon à l'écoute d'une salle pleine d'enfants reprenant en choeur les refrains de leurs chansons préférées.

IMG_0540

C'est intentionnellement que je me suis rendue au concert sans connaître le dernier album. Je voulais découvrir tout cela en live, être surprise et émerveillée comme une gamine de 4 ans et c'est ce qu'il s'est passé. J'ai régressé sans pour autant devenir débile (parce qu'avec Aldebert, vous avez la garantie de garder des enfants avec un vrai cerveau): j'ai fait "wahou" en découvrant qu'il était capable de glisser sur la scène comme un super héros, été émerveillée devant les ombres chinoises sur "Le dragon", essuyé une larme sur "Dans la maison de mon arrière-grand-père"... Avec Aldebert, on peut passer facilement du rire aux larmes, du grand délire aux chansons calmes.

IMG_0559

"La vie d'écolier", "Mon père il est tellement fort", "Qu'est-ce qu'on va faire de moi?", "Range ta piaule", "Y'a rien qui va", "Les amoureux", "Samir le fakir", "Le p'tit veut faire de la trompette", "La soucoupe volante", "Du gros son"... La quasi totalité de l'album est interprétée sur scène mais aussi pour notre plus grand plaisir Aldebert et son band nous gratifie de quelques uns des titres d'Enfantillages 1. "On ne peut rien faire quand on est petit", "Super Mamie", le superbe "Plus tard quand je serai grand", "Pour louper l'école" avec une choré qui fait lever petits et grands, "On m'a volé mon nin-nin!" et le bonheur de retrouver Aldebert version métal. Car ce gars là a plusieurs cordes à son arc. Métal, ska, hip-hop, slam, tout y passe et avec talent! De quoi faire découvrir plusieurs styles à nos chères petites têtes blondes.

IMG_0567

Le temps passe trop vite, la fin du concert s'annonce. Aldebert revient pour quelques titres en rappel juché sur des échasses. Il descend de scène et vient chanter une dernière chanson au milieu du public en toute intimité. Le pestacle touche à sa fin et nous quittons la salle des Arcs sur un titre d'AC/DC. Décidément, Guillaume est un homme de goût!

IMG_0585

♫ Papiao Papioa ♫

IMG_0579

Posté par Nelfe à 17:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,
samedi 15 février 2014

"La Petite pièce hexagonale" de Yoko Ogawa

lapetitepiecehexagonale

L'histoire: Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue pourtant banale, effacée et silencieuse. Quelques jours plus tard, elle croise à nouveau l'inconnue qui marche dans la rue accompagnée d'une vieille dame et, fascinée, elle les suit à travers la ville jusqu'à une loge de gardien au milieu d'un parc. À l'intérieur, les deux femmes sont assisses sur des chaises, elles semblent attendre leur tour. La plus âgée se lève, entre dans une haute armoire hexagonale: la petite pièce à raconter...

La critique de Mr K: Une belle découverte aujourd'hui que je dois une fois de plus à l'abbé de Rédéné! Aaah, lieu de perdition littéraire entre tous, il a bien développé ses rayonnages asiats et ce petit volume à la belle couverture me tendait ses petites pages d'un air suppliant. Rajoutez à cela une quatrième de couverture énigmatique et fascinante, je l'adoptai dans l'instant. Une fois de plus, je me laissai piéger par mon attrait pour la littérature japonaise qui se caractérise souvent par la concision de sa langue et l'universalisme des thèmes abordés. On plonge ici dans le domaine de l'introspection personnelle.

Tout commence dans une piscine publique où l'héroïne se rend pour soigner un mal de dos récurrent. On sait d'elle peu de choses si ce n'est qu'elle vient de mettre fin à une relation avec un homme, relation qui ne lui convenait plus de par sa routine et son aspect liberticide. Comme dit dans le résumé, elle va faire une rencontre à la fois banale et étrange. Elle se sent irrémédiablement attirée par cette jeune femme, une attirance inexplicable qui va la mener dans un endroit hors du commun où d'autres qu'elles se rendent pour pénétrer dans une mystérieuse "pièce à raconter". Elle va bien évidemment se laisser tenter et va à son tour se raconter à elle et au lecteur voyeur (dans le bon sens du terme) que l'on devient en poursuivant cette lecture.

D'un style très épuré, rien ne semble extraordinaire de prime abord avec ce récit. Les banalités s'accumulent et le rythme est lent. Peu à peu, les pièces du puzzle commencent à s'assembler pour amener le lecteur à s'interroger sur cette jeune femme au vide intérieur grossissant mais qui en fait n'est qu'un prétexte pour fournir des éléments de réflexion sur notre vie quotidienne. Quel sens doit-on donner à sa vie? La vie a-t-elle un sens en elle-même? Autant de questionnements philosophiques abordés ici avec douceur et accessibilité. Loin d'être un pensum ronflant et rébarbatif, un peu à la manière d'un Murakami (en moins poétique tout de même), Yoko Ogawa nous inspire une introspection à la manière de celle effectuée par l'héroïne dans la fameuse pièce hexagonale. Mi confession, mi psychanalyse, mi libération, l'expérience vécue par la jeune femme va la libérer des poids qui alourdissent son existence et va lui permettre de poursuivre sa route de manière plus sûre et plus légère.

Ce fut une lecture aussi aisée que plaisante, le lecteur est bercé par cette langue à la fois simple et évocatrice. Les personnages sont ciselés à merveille, nous n'ignorons rien des espoirs et aspirations de l'héroïne. Le lecteur partage ses peurs, ses doutes et ses renoncements tout en ayant un recul suffisant pour en tirer quelques enseignements pour sa propre existence. J'ai vraiment adoré cette expérience que je vous invite à tenter si l'univers et l'esprit japonais ne vous rebutent pas.

Posté par Mr K à 17:56 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 12 février 2014

"Inconnu à cette adresse" de Kressmann Taylor

inconnuàcetteadresseL'histoire: Ils sont tous deux allemands. L'un est juif, l'autre non, et leur amitié semble indéfectible. Ils s'expatrient pour fonder ensemble une galerie d'art en Californie mais, en 1932, Martin rentre en Allemagne.
Au fil de leurs échanges épistolaires, Max devient le témoin impuissant d'une contamination morale sournoise et terrifiante: Martin semble peu à peu gagné par l'idéologie du IIIème Reich.
Le sentiment de trahison est immense; la tragédie ne fait que commencer...

La critique de Mr K: Un adage dit que la qualité prime sur la quantité, je pense que cet ouvrage est ce qui se fait de mieux dans le genre, certaines personnes allant jusqu'à dire qu'il s'agit ici de la nouvelle "parfaite". J'avais lu Inconnu à cette adresse il y a déjà quelques temps en début de carrière grâce à un ancien collègue féru de la seconde guerre mondiale. 10 ans après, la claque est encore plus forte car elle fait écho à une actualité nationale nauséabonde avec le retour des ligues d'extrême droite et autres réactionnaires de tout genre. Plus que jamais ce livre s'avère essentiel, voici pourquoi...

Nouvelle épistolaire très courte (80 pages), nous suivons la correspondance croisée de deux amis (Max et Martin) d'origine allemande qui ont fondé ensemble à San Francisco une galerie d'art qui fonctionne plutôt bien. L'un d'entre eux, nostalgique de son pays d'origine rentre chez lui. Pour autant, ils décident de s'écrire tant ils sont proches et ont vécu nombre de choses ensemble. Max (de confession juive) est resté aux USA pour gérer les affaires et Martin se fait une place dans la nomenklatura allemande. Mais la peste brune à la faveur d'une crise économique sans précédent avance et gagne du terrain. Au fil des lettres, Martin semble fasciné, puis séduit par ce nouveau dirigeant allemand qui émerge de la colère du peuple. Le gouffre va grandissant entre les deux hommes pour atteindre un point de non retour des plus épouvantable.

Il se dégage de ce petit livre une tension et une force peu commune. D'une lecture rapide et aisée (pas plus d'une demi-heure), le lecteur assiste impuissant à la fin d'une amitié et à la destruction totale de liens forts. Le malaise qui s'installe entre Max et Martin prend à la gorge le pauvre lecteur qui ne peut que s'enfoncer dans les turpitudes de l'esprit humain. Martin est l'exemple typique des personnes à la base saine qui vont se laisser embrigader et manipuler par les propagandes xénophobes et démagogiques. On assiste alors à la négation totale et irrémédiable du passé qui a lié les deux protagonistes, l'amitié faisant place au monstre hideux du racisme avec un passage particulièrement éprouvant où Martin raconte sa dernière entrevue à Berlin avec la sœur de Max. Dur, les larmes montent aux yeux et la suite est déjà écrite d'avance. La vengeance de Max va s'abattre sur Martin, la guerre et le racisme corrompant tout ce qui a pu préexister.

Quand on sait que ce petit opus a été écrit en 1938, cela donne vraiment à réfléchir. Qui peut nier alors qu'on ne savait pas ce qui se passait en Allemagne même avant la guerre? Les hordes haineuses et autres démagos qui battent le pavé ces temps-ci feraient bien de lire (s'ils savent lire...) cette remarquable nouvelle qui parlera à tout le monde tant il se dégage une puissance dénonciatrice à la fois imparable et constructive. Un grand et émouvant moment de lecture.

mardi 11 février 2014

Chronique de la connerie ordinaire...

93660053_o

Dessin de Pancho tiré du site du Strips Journal

Posté par Mr K à 21:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 9 février 2014

"Mysterium" de Robert Charles Wilson

mysterium-folio-sfL'histoire: À Two Rivers, rien ne vient jamais troubler la petite vie paisible des habitants, jusqu'à ce qu'un laboratoire de recherches militaires s'installe sur les rives du lac Merced. Les spéculations les plus folles naissent alors, et la crainte d'un accident nucléaire hante tous les esprits.
Aussi, lorsqu'un incendie se déclare sur le site, Dexter Graham envisage déjà le pire. Pourtant, son destin, ainsi que celui de Two Rivers dans sa totalité, vient de basculer d'une manière qui dépasse de très loin son imagination.
En effet, la petite ville semble avoir été transportée... ailleurs.

La critique de Mr K: Le hasard fait vraiment bien les choses en matière de trouvailles littéraires. Au fil des ans et des posts, vous avez souvent entendu ce refrain. Cette fois ci, cette découverte impromptue est intervenue lors de notre séjour parisien de fin d'année dernière dans une grande enseigne du quartier Saint Michel. Perdu dans le bac SF au milieu d'une série de vieux récits des années 60, un ouvrage de Robert Charles Wilson, auteur remarquable et remarqué dont j'ai adoré Darwinia (lu avant la création du blog et donc non chroniqué) et plus récemment, le fabuleux Les chronolithes. Autant vous dire que j'ai sauté sur l'occasion et sur cet exemplaire pour m'en porter acquéreur à un prix plus que modique!

Il s'agit d'une œuvre de jeunesse car ce roman est celui qui lui a permis de percer dans le milieu. Dès que j'ai lu le pitch en quatrième de couverture, j'ai été emballé: une petite ville tranquille, un centre de recherche militaire ultra-secret (ça c'est pour le côté X-files! Mulder au secours!) et forcément, l'accident qui va tout chambouler. Classique, classique me direz-vous... mais voilà! Tout cela n'occupe même pas un dixième du roman! Vous avez bien lu! L'auteur ne perd pas son temps à tout nous décrire, à tout nous raconter, le récit est mené à cent à l'heure pour nous mener dans un monde parallèle étrange et proche à la fois. Inutile d'en dire plus si ce n'est que l'évolution de la terre a sensiblement divergé à partir d'un point x de l'Histoire et que la confrontation va être rude. En effet, plus qu'un simple livre d'aventure et de divertissement, on sent la volonté forte de l'auteur de nous faire réfléchir sur les arcanes du pouvoir et des moyens mis en œuvre pour gouverner une population.

Ce nouveau monde se révèle très vite effrayant avec une organisation pyramidale des plus autoritaire voir totalitaire sur certains aspects. Remarquable uchronie à certains égards, Mystérium fait aussi la part belle aux morceaux de bravoure notamment dans sa deuxième partie. Les points de vue multiples permettent à chaque chapitre de découvrir un peu plus des rouages d'un scénario certes prévisible par moment (petit défaut vite gommé par les qualités littéraires du bonhomme) mais dont on suit les circonvolutions avec un plaisir renouvelé à chaque page. Respirant l'intelligence et d'une accessibilité irréprochable, ce roman est un beau mix entre réflexion sur la nature humaine et le roman de résistance. L'addiction est aussi rapide que durable ce qui devient vraiment une habitude quand on pratique Wilson. Ultime qualité et non des moindres, des personnages qui restent longtemps en mémoire dont un héros très attachant, professeur d'histoire (sic!) au tempérament et à la sensibilité marquants qui le rendent unique.

Une belle et grande réussite SF une fois de plus que ce livre de Robert Charles Wilson qui pour moi se révèle définitivement comme un auteur incontournable du genre, qui manie la langue à merveille et réussit à nous passionner du début à la fin. Laissez vous tenter, vous ne le regretterez pas!

Posté par Mr K à 19:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 6 février 2014

"Cassettes, mensonges et vidéo" de Plantu

Plantu couvL'histoire: Le célèbre dessinateur du Monde et de l'Express déroule pour nous l'année 2000.

La critique de Mr K: C'est toujours un plaisir renouvelé que de parcourir un ouvrage de Plantu. Référence française incontournable du dessin de presse, genre que j'apprécie au plus haut point, sa vision acerbe, intelligente et constructive me ravit à chaque replongée. Accompagné de sa fidèle petite souris, ce recueil se propose de nous plonger dans l'année 2000, dernière année du vingtième siècle. De la politique en passant par certains bouleversements sociaux, rien n'est oublié dans le style toujours impeccable de l'auteur.

2000 en France, c'est tout d'abord la cohabitation entre Chirac président de droite et Jospin premier ministre de gauche suite au désastre de la dissolution de 1997. C'est l'année du PACS (fin 1999 en fait), la deuxième loi sur les 35h avec Martine Aubry au ministère du travail, le chômage atteint un record de baisse et la croissance est de 3%. La gauche s'apprête à baisser les impôts (Fabius est alors aux commandes de Bercy), rate sa réforme des retraites qui met des milliers de personnes dans la rue et Jospin se déclare clairement social-démocrate au grand dam de nombre de ses soutiens de gauche (Mélenchon se tait lui!). Des terroristes bretons font une victime dans un McMerde dynamité, on compte les dégâts de la tempête de fin 1999, un médecin chef fait un état des lieux effroyable des prisons françaises et l'État français reconnaît la dette qu'il a envers les juifs déportés sous le régime de Vichy. La mystérieuse cassette Méry fait trembler le microcosme politique français...

Plantu4

Dans le monde c'est l'émergence massive d'internet qui n'en finit pas de progresser en terme de connexions et d'extension en témoigne la poussée du fameux virus I Love You, par contre pas de bug au 1er janvier! 2000, c'est l'arrivée au pouvoir d'un parti d'extrême droite en Autriche avec le grand copain des Le Pen Jorg Haïder, les massacres par l'armée russe qui continuent en Tchétchénie avec l'instauration de camps de concentration d'où proviennent des témoignages épouvantables. Les réformateurs prennent le pouvoir en Iran ce qui insuffle un vent d'espoir dans un Moyen Orient toujours aussi déchiré par le conflit israelo-palestinien et ses ramifications. Bachar El Assad prend la succession de son père... Plus léger, les JO ont lieu à Sydney et Barbara Carltland s'envole pour le paradis des amoureux transis. La population mondiale dépasse les 6 milliards de personnes.

Plantu1

 

Autant de sujets (et beaucoup d'autres non évoqués ci-dessus) qui reprennent vie dans notre mémoire grâce au trait inimitable de Plantu dans un savant mélange d'humour, de dénonciation et de dérision. Cet homme là et son œuvre dresse un très bon portrait d'une époque certes révolue mais qui portait en germe les événements du présent. On passe de planche en planche dans des états variables entre consternation et sourire, tout ce qui fait la richesse et la décadence de notre chère planète bleue. En bonus, en fin de volume, Plantu nous livre quelques "impubliables" qui poursuivent la réflexion dans un style volontiers plus thrash, haut combien salutaire mais difficilement exposables au grand public ou sur la une d'un grand quotidien. C'est une facette de son talent que je ne connaissais pas encore!

 

Plantu2

Beau voyage dans le temps en tout cas, entre réflexion, constat et détente que je ne peux que vous recommander! N'oublions jamais que la mémoire moyenne d'un électeur est de huit mois et que ce genre d'ouvrage permet de relativiser et de se remémorer le passé pour mieux appréhender le futur. À bon entendeur!

Posté par Mr K à 20:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 5 février 2014

Fumer des hortensias tue!?

Je ne résiste pas à l'envie de partager ma trouvaille du jour on ze oueb. On n'est pas lundi mais c'est un beau "lundi au soleil" tout de même.

C'est avec cet article d'un blog du Monde.fr que je viens de découvrir que les fleurs qui ornent nos jardins bretons et que je déteste au plus haut point, les hortensias, pouvaient se fumer! Oui je déteste ça, ne me demandez pas pourquoi, j'ai peut être été traumatisée dans mon enfance, j'en sais rien, toujours est-il que ces "fleurs bouquets" couleur rose pisse ou bleu passé qui prennent toute la place dans un jardin, je ne peux pas les voir en peinture. Quand on a cherché une maison, ça a été assez compliqué d'en trouver une sans parce que c'est bien simple, ici, en Bretagne, l'hortensia, c'est une religion! D'ailleurs il a bien fallu faire un compromis car Mr K les aime (horreur!) et j'en ai 3 pieds dans le jardin... Oui mais à un endroit où on ne les voit pas trop donc comme ça tout le monde est content. Non mais dec, c'est beau ça!?

hortensia
(comment tu rentres chez toi ?...)

Bref, si toi aussi tu n'aimes pas visuellement les hortensias, tu vas en apprendre une bien belle sur elles! L'histoire se passe dans le Nord-Pas-de-Calais où des dizaines d'habitants de la région déplorent au petit matin le scalp de leurs hortensias. Ils appellent la gendarmerie. Oui parce que quand on coupe des fleurs dans ton jardin, tu appelles la gendarmerie! Si! Et de fil en aiguille, les messieurs au képi découvrent stupéfaits qu'ils ont ici affaire à un serial killer d'hortensias.

Le serial killer est en fait un serial smoker puisqu'après investigations auprès de pharmaciens, il se trouve que l'hortensia à des vertus hallucinogènes et euphorisantes! Dingue! Des pétards à foison dans mon jardin!

Avant de danser "l'hortensia style" et de partir saccager le jardin de ta mémée (oui parce que généralement c'est chez les anciens que l'on trouve ces fleurs), sache jeune lecteur que tu risques des troubles gastro-intestinaux, des problèmes respiratoires, des palpitations, des étourdissements et qu'à forte dose tu peux te retrouver avec du Zyklon B dans le corps. Mais si, tu sais, l'acide utilisé dans les chambre à gaz! Ca fait rêver! C'est ballot hein à quelques détails près...

Et l'article du Monde.fr de conclure avec ce magnifique clip que je ne peux garder pour moi. Une ode à la gentiane chantée par Heino. Ca fleure bon les sommets comme chez Heidi, les chants tyroliens, les années 70 et le look des Bronzés font du ski. Sans parler du physique du chanteur. Tout un poème... J'avoue j'ai pas tenu jusqu'au bout mais ça vaut le détour!

♪ Rrrrrrro, Rrrrrrro, Rrrrrrrrro, Rrrrrrrrrro ♪

Posté par Nelfe à 19:33 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mardi 4 février 2014

"Contes de la Mort et de l'Au-Delà" de Dominique Camus

contes-mort-lau-dela-dominique-camus-editions-L-aGHpFPL'histoire: Comment savoir que notre dernière heure est venue?
Que se passe-t-il lorsque paraît la silhouette de l'Ankou?
Qu'advient-il de nous dans ces lieux de séjour éternel que sont l'Enfer et le Paradis? Pouvons-nous choisir entre l'un et l'autre?

La critique de Mr K: Un bon retour aux sources de mon goût immodéré pour les légendes anciennes avec ce très bel ouvrage qui m'a été offert à mon anniversaire par une amie. Ouais je sais, j'ai de la chance d'avoir des amies pareilles! Merci Miss C! Au collège, j'avais découvert l'univers unique et macabre d'Anatole Le Braz, auteur phare en matière de légendes bretonnes à travers son ouvrage de référence La Légende de la Mort. Les légendes bretonnes ne sont pas réputées pour être des plus gaies mais c'est pour mieux accompagner les veillées d'hiver au coin du feu! Accrochez-vous à vos chausses, préparez-vous à un voyage au pays de l'Ankou!

L'Ankou chez nous est l'ouvrier de la Mort ni plus ni moins. Un vieil homme (ou un squelette grimaçant selon....) au large chapeau, habillé comme les anciens, errant dans la lande sur sa vieille charrette rouillée que l'on entend à des lieux à la ronde. Bien évidemment, il est fortement déconseillé de le croiser en chemin car il se pourrait que ce soit votre dernier voyage. Nombre de récits de ce livre vous conteront les malheurs de personnes l'ayant rencontré à la mauvaise heure ou ayant même travaillé pour lui après les heures chrétiennes: à ce sujet, L'Histoire du forgeron est remarquable, quelle idée de réparer la faux inversée d'un étrange inconnu passé la messe de Minuit! Vous croiserez aussi quelques intersignes de la mort, ces signes qui s'ils sont bien lus vous annoncent votre mort ou du moins, le temps qu'il vous reste à vivre sur Terre! Au détour d'un récit vous croiserez même l'Anaon, le fleuve des âmes perdues. Autant d'histoires qui vous feront froid dans le dos et vous immergeront dans l'imaginaire si macabre des légendes bretonnes d'autrefois!

En plus du folklore bien breton, beaucoup de récits mettent en avant le clergé et la foi catholique qui avait (a encore?) comme vous le savez sûrement, une influence très forte dans notre belle région. Terre évangélisée très tôt, au détriment des vieilles croyances dites païennes (rites druidiques et animistes divers), les légendes bretonnes font souvent la part belle au Diable et au Bon Dieu. Très souvent les humains soumis à la tentation du Malin doivent faire des choix les menant soit au Paradis soit en Enfer. Quelques histoires présentes dans cet ouvrage vous raconteront ses dilemmes à la fois cruels et formateurs. Et oui! N'oublions jamais que les histoires et mythes sont avant tous des vecteurs pour inculquer des leçons de morales à nos chères têtes blondes! Si en plus, on pouvait évangéliser au passage les bougres païens, on faisait d'une pierre deux coups! Sic.

Au final, j'ai passé un très bon moment devant ces vieux récits emprunts de noirceur et de mélancolie. Sûr que ça ne respire pas la joie de vivre mais il se dégage un doux parfum de nostalgie d'une époque perdue où le quotidien, la crainte de la Mort et le merveilleux se côtoyaient. Une époque où le mot transmission, les valeurs de partage et de solidarité n'étaient pas vains ou vidés de toute leur substance. Bon, il n'y avait pas l'adsl ou face de bouc je vous l'accorde... mais cette tradition des veillées bretonnes à quelque chose d'intemporel et de fascinant. On lirait ces histoires aux jeunes gens d'aujourd'hui qu'on nous accuserait de vouloir les traumatiser alors qu'on est capable de leur acheter le dernier GTA... Triste monde tragique.

Cette lecture est un voyage à nul autre pareil au cœur des vieilles croyances d'une terre pluri-séculaire à la culture toujours aussi vivace mais aussi par moment un beau témoignage sur les us et coutumes des pays bretons, une plongée dans les classes populaires superstitieuses et gardiennes des traditions ancestrales. Laissez-vous bercer par votre attirance pour le côté obscur et laissez l'Ankou vous montrer le chemin... Vous n'en reviendrez pas! Héhé!

Posté par Mr K à 19:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
lundi 3 février 2014

"Le vent se lève" d'Hayao Miyazaki

Affiche-Le-vent-se-lèveL'histoire: Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

La critique Nelfesque: "Le Vent se lève" signe la prise de retraite de Miyazaki et, en bons adeptes de ses films d'animation, nous voulions absolument voir ce dernier au cinéma. Après avoir rêvé sur "Mon Voisin Totoro", "Le Château dans le ciel", "Nausicäa de la vallée du vent" et autres "Voyage de Chihiro", nous étions tristes à l'idée de ne plus voir de Miyazaki sur grand écran...

Vous verrez par la suite que Mr K et moi, comme ça arrive parfois, n'avons pas du tout le même ressenti sur ce film ci. Je vous laisserai découvrir le sien par la suite mais en ce qui me concerne, celui ci se résumerait aisément en une onomatopée: ZzzzzZZZZzzz!

Sérieusement, je me suis levée un dimanche matin pour aller voir "Le Vent se lève" et j'ai bien cru m'endormir dans mon siège. Surtout lors du dernier tiers. Il faut dire aussi qu'un film d'animation sur les avions qui durent plus de 2 heures, c'est dur!

Le-Vent-se-Lève-1

"Mais ça tu aurais pu le savoir en regardant la bande annonce!" me diriez-vous. Et bien oui et non. Bien sûr je savais qu'il était beaucoup question d'aéronautique mais j'attendais le côté féérique, la part de folie poétique, présente dans chaque film de Miyazaki. Et là... Ben je l'attends toujours...

Alors oui, c'est beau. Les dessins sont superbes, notamment ceux du tremblement de terre et dans la nature mais bon sorti de là je crois que je peux annoncer que je me suis bien fait suer. Et ça me fait mal de le dire. C'est mou, il ne se passe rien. Le fond historique est bien présent et en même temps pas assez développé. Les évènements sont tout juste effleurés et les néophytes en histoire contemporaine japonaise sont largués au bord du chemin.

L'histoire d'amour, quant à elle, est mignonette mais bon dieu, passez la seconde à un moment donné!!! J'ai commencé à regarder ma montre, j'ai baillé, j'ai les yeux qui ont tourné, j'ai lutté... et j'ai retrouvé un Mr K tout ému et charmé par la fin du film là où moi je n'avais qu'une hâte: aller déjeuner pour me réveiller! Pour le coup, on était pas sur la même longueur d'onde.

Le-Vent-se-Lève-2

La critique de Mr K: 4/6. Dernière sortie Miyazaki dans les salles obscures avec Le vent se lève, présenté comme l'ultime travail du maître de l'animation japonaise. Je suis un grand amateur malgré mon peu de goût pour le manga de manière générale. Miyazaki est pour moi avant tout un artiste au sens noble du terme, entre peintre et poète, qui m'a bouleversé à de nombreuses reprises comme avec Mon voisin Totoro, Nausicaa et la vallée du vent, Le château ambulant ou encore Princesse Mononoké. Jusque là, je n'ai jamais été déçu... il faut tout de même avouer que Le vent se lève malgré de belles fulgurances me semble être le plus faible de ses longs métrages.

Peu ou pas de fantaisie dans ce métrage qui s'attache à suivre la vie d'un concepteur d'avion japonais Jiro Horikoshi. Depuis ses rêves de gosse (de très beaux moments bien barrés dont seul Miyazaki a le secret) aux années de tourmentes, nous suivons un être uniquement guidé par son goût pour les belles machineries volantes de l'époque. En filigrane, nous suivons aussi l'idylle qui nait entre Jiro et une jeune fille rencontrée par hasard dans un train et qui deviendra par la suite son unique grand amour.

leventseleve

On assiste à de très beaux moments dans ce métrage. Le passage sur le tremblement de terre est très bien rendu et de manière générale, l'histoire du Japon est bien relatée mais jamais vraiment directement. C'est à la fois intéressant et frustrant. Pour quelqu'un qui découvre les événements cela peut suffire mais je dois avouer que Miyazaki nous promène dans le pays des bisounours et comment croire une seconde que tous ces admirables ingénieurs japonais aient pu ignorer le but de leurs recherches et développements. Pour moi ça coince et c'est ce qui fait baisser la note. Quid de l'alliance Japon-Allemagne nazie? Quid de l'utilisation par les kamikazes japonais des fameux Zéros conçus par le héros?

Le-Vent-se-Lève-3

Restent de beaux moment oniriques où Jiro rencontre son idole italien, de beaux moments de romance à l'eau de rose dont les japonais ont le secret (superbe passage avec les avions de papier), les dessins sont vraiment magnifiques et l'animation à la hauteur de l'histoire. Au final, ce Miyazaki peine à décoller (sic) de la réalité qu'il décrit mais ce qui nous est montré est tout de même bien au dessus des productions courantes. Dans la bouche, un sentiment d'inachevé et le regret de ne plus avoir l'occasion de découvrir de nouveaux films du maître. Salut l'artiste!