dimanche 22 décembre 2013

Oh... mais... mais... c'est aujourd'hui!

Et oui, Noël c'est dans 2 jours mais chaque année, l'événement du mois de décembre, c'est l'anniversaire de Mr K!!!

So, pour rester dans le thème 666 et tout ça: Enjoy your fucking birthday darling!!! On a commencé fort dès hier soir. On continue sur la même lancée! Never give up!

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vendredi 20 décembre 2013

"Un Homme" de Philip Roth

un hommeL'histoire: Un homme. Un homme parmi d'autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première confrontation avec la mort sur les plages de son enfance jusque dans son vieil âge, quand les maux physiques l'accablent. Entre-temps, publicitaire à succès, il aura connu épreuves familiales et satisfactions professionnelles.
D'un premier mariage, il a eu deux fils qui le méprisent et, d'un second, une fille qui l'adore. Il est le frère d'un homme sympathique dont la santé lui inspire de l'amertume et l'ex-mari de trois femmes qu'il a entraînées dans des mariages chaotiques. En fin de compte, c'est un homme qui est devenu ce qu'il ne voulait pas être.

La critique de Mr K: Encore une fois, c'est par une intuition de l'instant que je me portai acquéreur de ce livre, à moins que ce soit lui qui m'ait choisi... J'avais entendu parlé de Philip Roth, la plupart du temps en bien, mais je n'avais jamais pratiqué cet auteur jusqu'à ce que mes yeux parcourent cette quatrième de couverture aussi banale qu'énigmatique... C'est du moins ce que j'en ai pensé en la lisant. Je me lançai donc à la découverte d'Un homme.

Cet homme justement, ce pourrait être finalement n'importe qui. Jamais nous ne saurons son nom de tout l'ouvrage, le narrateur omniscient le prénommant "il". Bien qu'impersonnel, ce personnage réussi à intéresser le lecteur car tout autour de lui, gravite toute une série de personnes plus ou moins liées avec son existence. Comme cette dernière est passée en revue depuis son enfance à sa mort, on en rencontre beaucoup: ses parents immigrés juifs tenant une modeste boutique de joaillerie à New York, son frère véritable astre solaire en terme de caractère et de santé, ses différentes femmes, ses enfants, ses collègues de travail mais aussi des inconnus qui ont marqué son existence comme une météorite laisse une trainée lumineuse dans le ciel après son passage. Finalement, ce livre n'est pas autre chose qu'une étincelle de vie parmi des milliards d'autres existences.

Philip Roth commence fort en relatant dès le premier chapitre l'enterrement de cet homme ordinaire. Défile sur sa tombe tout un tas de personnes que nous apprendrons à connaître au fil des pages. L'occasion est trop belle pour marquer le lecteur dès le départ avec des tensions bien présentes et des discours funéraires éclairant quelque peu le parcours du héros anonyme. Puis très vite, on remonte le temps pour revenir à son enfance et suivre sa vie à travers les différents pépins de santé qu'il va rencontrer: un kyste très mal placé (comprendre près de la bistouquette!), l'effroi qui l'accompagne (il est très jeune) et le soutien de sa mère qui restera à jamais la femme de sa vie (Œdipe quand tu nous tiens!), une appendicite foudroyante et presque fatale, puis ses différentes opérations du cœur. A chaque fois, loin de se contenter d'un constat médical froid, Roth fait intervenir des flashbacks pour expliquer les réactions et omissions de son héros; cela donne des pages douces-amères où la lucidité reprend le dessus sur le mal. L'anonyme ne s'épargne pas, analyse ses agissements et finalement, regrette quelque peu la vie qu'il a pu mener.

La lecture de ce roman fut un plaisir de chaque instant. La langue est limpide, directe et empathique à souhait. Peu à peu, on ressent une certaine affection envers cet homme certes imparfait mais tellement humain. Surtout vers la fin de sa vie quand il se repasse en mémoire toutes les erreurs qu'il a pu commettre notamment en matière amoureuse. Le galopeur s'est assagi avec l'âge et ses errements le suivent à jamais par des fils qui le méprisent et des ex-femmes qui ne lui parlent plus ou très peu. Triste bilan d'une vie qui s'avère décevante malgré de belles réussites comme sa fille ou sa carrière. Le ton mélancolique se développe de plus en plus au fur et à mesure que les pages se tournent et c'est la larme à l'œil que l'on repose ce livre satisfait mais légèrement sonné.

Un petit bijou de réalisme, un concentré d'humanité dans ce qu'elle a de plus beau et d'incomplet, une lecture rare et véridique... un livre à découvrir!

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mercredi 18 décembre 2013

Concours 666

Il y a quelques semaines, nous avons fêté les 6 ans de notre Capharnaüm éclairé. 6 ans d'échange, de partage, de lecture et de bonne humeur! Les éditions J'ai Lu s'associent à cet évènement interplanétaire et nous permet de lancer notre concours 666! Tremblez mortels!

concours

Nous ne vous proposons pas 1, ni 2, ni 3 gains mais bien 6! A l'occasion de la sortie en librairie de la dernière parution du cycle "La Tour sombre" de Stephen King, nous vous offrons la possibilité de remporter 3 exemplaires du premier tome, "Le Pistolero" et 3 du dernier, "La Clé des vents", qui peut se lire indépendamment des autres tomes de la saga.

Stephen King, c'est toute notre adolescence et nous sommes heureux de mettre en place ce concours au doux nom diabolique de 666: 6 ans de blogging, 6 romans, 6 gagnants!

Pour participer, rien de plus simple. Comme nous souhaitons avant tout remercier nos lecteurs fidèles, les conditions de participation sont les suivantes:

- liker notre page Facebook,
- répondre à la question suivante via formulaire de contact en nous laissant vos coordonnées postales (ça se passe en haut de la colonne de droite du blog):
Quel est le nom de l'animal domestique maléfique qui règne en maître dans notre antre?
- valider votre participation en nous déclamant votre amour dans les commentaires et en précisant quel roman vous désirez gagner.

Ce concours prendra fin le 26/12/13. Ne tardez pas! Les gagnants seront annoncés le 27 pour un départ des plis début janvier.

+1 chance si vous partagez ce concours sur votre page Facebook (dans ce cas, merci de l'indiquer dans votre message).
Le concours 666 est ouvert à la France uniquement.

A vous de jouer!

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mardi 17 décembre 2013

"Mauvaise étoile" de R.J. Ellory

Mauvaise étoileL'histoire: Texas, 1964. Après l'assassinat de leur mère, Elliott et Clarence ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maison de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otage pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, les deux adolescents se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, les policiers, lancés à leurs trousses, et en particulier l'inspecteur Cassidy, ne sont pas au bout de leurs surprises.

La critique Nelfesque: J'ai lu cet Ellory à sa sortie en librairie. Et oui, je crois que je ne peux plus vous le cacher, je suis une fan absolue de cet auteur qui touche pour moi au sublime dans un style très populaire qu'est le thriller. Qui a dit que ce genre littéraire était fait de facilités? Lisez un Ellory et on en reparle!

"Mauvaise étoile" est la dernière traduction française de R.J. Ellory disponible en librairie depuis début octobre. Encore une fois classé en thriller, il relève plus pour moi du roman noir avec ses personnages complexes et à la psychologie fouillée et son road movie, digne des plus grandes traversées d'Amérique, angoissant et saisissant.

Ce n'est donc plus un secret pour personne, Ellory et moi c'est une grande histoire d'amour. Une histoire d'amour qui a commencé avec la découverte de "Seul le silence" et qui n'est pas prête de s'arrêter. On retrouve dans "Mauvaise étoile" tout ce qui fait la force de cet auteur: une plume qui lui est propre, de toute beauté, et cette faculté qu'il a d'emmener ses lecteurs dans une ambiance à part. Plus que lire "Mauvaise étoile", on le vit. Vraiment...

De roman en roman, j'ai l'impression d'avancer toujours les mêmes arguments mais ce n'est pas ma faute après tout si ce grand monsieur est aussi doué dans son Art! Ce serait sans doute plus facile de parler d'une déception et de trouver des défauts à une oeuvre, mais je n'y peux rien, Ellory a su encore me toucher avec ce magnifique roman. Plus encore qu'avec ses précédents qui déjà atteignaient des sommets. C'est dire!

Les personnages principaux sont frères. Des petits gosses qui n'ont pas eu beaucoup de chance dans la vie. Après l'assassinat de leur mère, et la scène poignante qui en découle, Elliott et Clarence vont vivre leur adolescence dans des maisons de correction et établissements pénitentiaires pour mineurs. Dès l'enfance, ils sont frappés du sceau de l'injustice et le jour où ils sortent enfin à l'air libre, ils se trouvent embrigader dans une histoire qui n'est pas la leur. Touchants et naïfs, ils vont alors suivre le chemin de Earl Sheridan, un psychopathe qui sème la terreur et le sang sur son passage.

Face à ces évènements, les deux frères vont vivre les choses complètement différemment. L'un va se méfier de Earl, l'autre va le prendre pour modèle. Ici se scellera la fin de ce qui les unissait jusqu'alors et commence pour le lecteur un tourbillon de sentiments à la lecture du roman. Le parti pris littéraire d'Ellory surprend alors ici avec une écriture skizophrénique qui nous fait parfois perdre le fil de l'histoire mais qui se révèle être d'une complexité et d'une maîtrise sans précédent. Si vous avez lu "Sorry" de Zoran Drvenkar, également édité chez Sonatine, vous avez déjà touché du doigt cette complexité. Ici on ne sait plus qui est qui, tant les personnages vont être mélangés, pris les uns pour les autres, perdus dans leurs têtes...

Je suis ressortie de "Mauvaise étoile" complètement sonnée! Une vraie claque! J'aime particulièrement les romans noirs où il est question de jeunes ado et de leurs difficultés de vivre. Dans ce roman ci, on va bien au delà de la souffrance et des questionnements propres à cet âge ingrat. On entre dans une histoire poignante, horriblement triste (j'ai quand même versé ma larme, ce qui arrive très rarement) et rudement bien mené.

Plus qu'un écrivain, Ellory est pour moi un génie dans son genre! Des romans à couper le souffle, la beauté et la rudesse à chaque coin de page, une expérience à vivre en tant que lecteur. "Mauvaise étoile" peut être encore plus que ses autres romans. Jetez-vous dessus! J'en ai encore des frissons...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"

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lundi 16 décembre 2013

"Ad Noctum : les chroniques de Genikor" de Ludovic Lamarque et Pierre Portrait

ad noctum chroniques genikor lamarque portrait

L'histoire: Grâce à sa large gamme de produits, summum de l'ingéniérie génétique – clones, androclones, prosticlones, hybrides, thérapies géniques -, Genikor répond à tous vos besoins, devance tous vos désirs.
Pour vivre le meilleur sans avoir à redouter le pire, laissez-vous tenter par nos clones de plaisir.
Pour l'ennui, osez une de nos chasses Zaroff, sur les traces d'une manticore ou d'un cro-mag.
Pour la guerre, envoyez nos satyres la gagner à votre place.
Même pour la mort et la pénurie d'eau potable, Genikor a une solution.
Chaque jour nous donnons la vie.

La critique de Mr K: Voilà encore une belle découverte faite durant notre séjour nantais aux Utopiales 2013. En errant comme une âme en peine dans les rayons de la librairie faramineuse du festival, je suis tombé sur le présent volume dont la couverture dessinée par Manchu m'a attiré l'œil et dont la quatrième de couverture a fini par me convaincre! Préparez-vous à une plongée infernale dans une uchronie très sombre et inquiétante à souhait!

En l'année XX62, le monde a bien changé. Une entreprise d'un genre nouveau, spécialisée dans les manipulations génétiques, semble influer sans partage sur la destinée de notre planète. Fournisseuse officielle en armes génétiquement modifiées (les terrifiants satyres et chimères), elle est aussi présente dans de nombreux compartiments de la vie humaine: soins génétiques qui tendent à faire progresser notre espèce vers l'éternité, organisation de chasses d'un nouveau genre (chasse à l'homme préhistorique, aux créatures sorties de l'imagination de chercheurs quelque peu borderlines...) ou encore création de cyborgs dédiés aux plaisirs les plus inavouables, Genikor est donc au centre de ce roman qui est divisé en quatre grands chapitres reprenant les différents aspects de l'entreprise à travers les destins croisés de personnages bien différents. Ainsi au cours de la lecture, on pénètre dans l'esprit d'un soldat génétiquement modifié, celui d'un malfrat des bas quartiers ou encore dans la tête d'une femme d'ingénieur de chez Genikor qui poursuit un rêve de maternité qui lui est interdit. Agrégat de nouvelles qui se relient entre elles, peu à peu, le lecteur peut se faire une idée plus précise des ramifications de Genikor et de son influence. On termine sur les rotules avec un tableau des plus angoissants qui s'inscrit complètement dans la logique des grands bouleversements actuels de nos sociétés, où apparence, superficialité et intérêts économiques priment de plus en plus sur l'humain.

Bien que d'un style exigeant et dense, ce livre est une mine d'intelligence et de maîtrise. Très souvent, on peut faire le parallèle avec deux classiques du cinéma de science-fiction: Blade runner et Bienvenue à Gattaca. On retrouve dans Ad noctum les mêmes préoccupations philosophiques et éthiques: l'humain face au progrès, la domination d'une caste économique sur l'ensemble des sociétés humaines, l'exclusion de tous les éléments dits anormaux ou non-intégrés dans les normes imposées, le rêve de l'éternelle jeunesse et ses chimères, la cupidité et les sacrifices moraux qu'elle impose et tant d'autres questionnements qu'il serait impossible de tous les lister ici même. Loin d'apporter des réponses (ce n'est pas le but de Lamarque et Portrait), des portes sont ouvertes dans l'esprit du lecteur pris en otage par la maestria déployée en terme d'écriture et d'idées. Impossible donc de relâcher le volume où l'on a constamment l'impression de tomber de Charybde en Sylla sans réelle ouverture vers un espoir quelconque. Une impression d'étouffement s'insinue peu à peu et la clôture du roman est assez implacable.

Ce fut une expérience à la fois inoubliable et profondément marquante que cette lecture, du genre de celles qu'on n'oublie pas et qui reste en mémoire durant longtemps. L'agencement des histoires, les préoccupations évoquées et leurs mises en relation étroite avec ce que l'on peut vivre dans le monde réel sont assez bluffantes. Difficile dans ces conditions de rester optimiste. Un excellent roman d'anticipation que tout amateur du genre se doit d'avoir parcouru et digéré!

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dimanche 15 décembre 2013

"Gravity" d'Alfonso Cuarón

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L'histoire: Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.

Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...

La critique Nelfesque: Nous sommes allés voir "Gravity" à sa sortie en salle. Et oui, ça fait maintenant plus d'un mois et j'avoue que j'ai trainé à écrire cette critique... Mea culpa maxima. J'ai attendu ce film pendant longtemps, j'étais ravie d'aller le voir et il faut bien avouer qu'au final bien que le trouvant superbe visuellement, je suis un peu déçue. Explications!

L'expérience 3D prend vraiment tout son sens avec "Gravity". Pour ceux qui ont toujours rêvé d'aller dans l'espace, c'est vraiment bluffant. Le paysage est superbe, on s'y croirait. Et quand le personnage joué par Sandra Bullock est en perdition façon "tonneaux", on chercherait presque la bassine à porter de main (peu glamour je sais, mais franchement ça serre le bide).

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Pour le scénario, tout tient en une ligne. C'est maigre... Vous verrez plus loin que Mr K a un avis totalement différent du mien mais personnellement je me suis dit, tout le long du film, que cette pauvre Ryan n'avait vraiment pas de bol! Après s'être mangée des débris en pleine navette, elle va se perdre dans l'espace (sans Matt LeBlanc, au moins elle a cette chance!) puis finalement réussir à rejoindre une station... en feu!... Sans vous dérouler le film et vous spoiler d'avantage, sachez qu'elle n'est pas au bout de ses peines. A la toute fin, j'en ai même ri (non franchement, elle a pas de bol!). Du coup j'ai eu beaucoup de mal à rentrer véritablement dans le film et le côté bien pensant et gnangnan de la psychologie des personnages ne m'a pas aidée.

Encore une fois, vous verrez que sur ce long métrage, autant on est souvent d'accord avec Mr K, autant là, on est presque aux antipodes. Matt Kowalsky m'a bien plu avec son petit côté désinvolte et blagueur tout en étant très pro (George en même temps... What else!?) mais alors Ryan Stone... C'est moi ou elle est bétasse!? Tout le côté introspectif et certaines de ses réactions de découragement m'ont saoulée. J'ai en tête plusieurs scènes que je ne vais pas vous dévoiler mais pour ceux qui l'ont vu, la scène avec l'asiatique... Au secours!

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Enfin, contrairement à ce que la bande annonce laisse penser, le film n'est pas totalement "silencieux". La BO du film dans les bacs aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Je ne dis pas qu'elle est mauvaise mais pour l'expérience du silence spaciale, je repasserai...

Voilà pour moi. Je retiendrai de "Gravity" seulement un excellent visuel. Le reste ne m'a pas vraiment charmée. Je ne regrette cependant pas de l'avoir vu sur grand écran et en 3D car cette dimension là sera amoindrie sur une TV. Un divertissement mais pas le film du siècle.

La critique de Mr K: 5/6. J'ai passé une fois de plus un excellent moment de cinéma avec cette fois-ci le dernier film d'Alfonso Cuaron. Survival spatial encensé par la critique, nous ne pouvions décemment pas passer à côté surtout qu'il y avait notre copain George. J'étais plus inquiet de la présence de Sandra Bullock et l'obligation d'aller voir le film en 3D (gadget à la mode bien souvent inutile).

Tout cela a été balayé après le visionnage d'un film qui à coup sûr marquera le genre SF au cinéma. On savait que Poutine est un personnage peu recommandable mais les russes sont en plus de sérieux imbéciles dans le film! Ils décident de détruire un de leurs satellites avec un bon missile des familles et patatra! Les débris vont percuter le lieux où se trouvent les héros du film. À partir de là, tout part en cacahuète et Sandra Bullock va affronter moultes dangers avant de pouvoir souffler. S'enchainent alors toute une série de morceaux de bravoure et de pannes diverses et variées qui vont mettre le cœur du pauvre spectateur en miette. Pour ma part, j'ai été tendu pendant 90% du temps de projection et je n'étais pas forcément beau à voir en sortant (bon j'exagère à peine...).

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Le scénario est certes convenu mais le traitement est remarquable notamment en matière de psychologie des personnages. Cuaron est un esthète et un cinéaste de grand talent. Il avait réussi à faire du troisième volume des aventures d'Harry Potter au cinéma une œuvre personnelle et enchanteresse malgré le cahier des charges des producteurs. On retrouve ici sa patte talentueuse avec une Sandra Bullock que j'ai trouvé transfigurée et tout bonnement incroyable. Il faut dire que je ne porte pas vraiment cette actrice dans mon cœur et qu'elle a tout de même joué dans pas mal de navets.

Elle tient son rôle à merveille, sa plastique séduisante au possible n'est pas ce qui m'aura le plus marqué mais plutôt la fêlure qui semble l'habiter les ¾ du film. On la sent attiré par le vide et on se demande si elle ne va pas lâcher tout pour sombrer dans l'espace. Heureusement, George est là. Derrière le personnage du spationaute expérimenté se cache un homme d'un profond humanisme, pris d'affection pour cette jeune novice (c'est une spécialiste informatique et non une spationaute de métier). Le vieux briscard est drôle et rassurant mais sa figure est elle aussi tragique à sa manière. Derrière les actes et les questionnements, on voit la portée philosophique qu'a voulu imprimer Cuaron, un peu à la manière de Walter Bishop (mon chouchou de la série Fringe), la vie est la somme de tous les choix que l'on fait. Ici sans ostentation et lourdeur, le spectateur va vivre une aventure extraordinaire aussi spectaculaire qu'intime.

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Le spectacle justement est total. Si on ne devait retenir qu'un seul film à voir en 3D, c'est bien celui-là! Même Avatar ne lui arrive pas à la cheville, ici le réel prend le dessus sur la surenchère. On y croit! Moi qui ait pour rêve depuis gamin d'aller un jour dans l'espace (j'ai choisi le mauvais métier même si mes loupiots planent la plupart du temps à 2000!), j'ai été dans l'espace durant plus d'une heure! La 3D est donc une pleine réussite, il ne manquait plus que l'apesanteur et c'était bon! Les images sont de toute beauté: à ce propos le long plan-séquence d'ouverture est une merveille d'esthétisme et de mise en place de l'intrigue. La musique se fait ici très légère (ben oui, dans l'espace le son ne se propage pas) et les effets spéciaux sont très réussis. Pour un survival c'est essentiel de partager les émotions du personnage principal et je peux vous dire qu'on passe par tous les états!

Au final, ce film gagne vraiment à être vu au cinéma et avec une bonne 3D qui ne réduit pas les couleurs et la luminosité, sur petit écran je pense qu'il perdra de sa superbe. L'histoire bien que classique se tient et est porteuse d'un message un peu moins mièvre qu'à l'habitude. Plus qu'un film, c'est vraiment une expérience à laquelle il manque juste un aspect mystico-empirique qui l'aurait placé au panthéon des films cultes de SF à mes yeux. Un excellent film cependant!

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mercredi 11 décembre 2013

"Simon et l'enfant" de Joseph Joffo

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L'histoire: Paris, 1942, Franck, dix ans, vit à Montmartre avec sa mère, qu'il adore, et Simon, qu'il déteste.

Simon qui n'est pas son père, Simon qui, croit-il, lui vole l'affection de sa mère, Simon qui se cache, parce qu'il est juif.

Mais le destin va les contraindre à faire alliance. Et des champs de courses de Paris aux maquis de Savoie, d'un orphelinat au camp de Drancy, ils devront affronter, ensemble, une série d'aventures toujours pittoresques, parfois tragiques.

Entre Simon et l'enfant, entre l'adulte un peu voyou et le gamin trop vite grandi va naître d'abord une estime réciproque, puis une amitié plus forte que la guerre...

La critique de Mr K: Une belle lecture aujourd'hui encore avec ce roman de Joseph Joffo. Vous qui nous suivez régulièrement, vous savez toute l'admiration que je porte pour cet écrivain non émoulu du cénacle littéraire, Joffo étant garçon-coiffeur de formation. Contrairement à Un sac de billes et Baby foot, ce roman n'est pas autobiographique, il s'agit d'une fiction qui prend une fois de plus comme cadre la France sous l'occupation allemande, période trouble entre toute, qui a marqué l'auteur à jamais.

On suit ici Franck, un enfant que la guerre va faire murir trop vite et Simon, un réfugié juif en ménage avec Mireille, la maman du jeune garçon. La tension entre les deux personnages est palpable dès le départ, une place se joue entre les deux auprès de la jeune femme. Son fils est jaloux de l'affection que Mireille porte à Simon mais il ne se rend pas des enjeux cachés derrière cette relation. Simon lui, fait ce qu'il peut et très vite le destin va les rattraper. Mireille va disparaître et les deux écorchés vifs vont devoir apprendre à s'apprivoiser, à vivre ensemble au mépris du danger. L'animosité va se transformer en amitié et ce lien unique qui se tisse va se révéler essentiel face à l'adversité.

On retrouve dans ce roman tout le talent de conteur de Joseph Joffo. L'écriture est simple et efficace, la reconstitution historique est fidèle et pas du tout assommante. Le background est donc très bien rendu et renforce l'évolution des personnages. Plus que l'image du juif traqué et révolté, je retiendrai particulièrement l'évolution de l'enfant qui d'innocent va devenir homme et résistant à sa manière. Sa psychologie est très bien décrite et s'ancre dans un réalisme imparable qui nous permet d'effleurer l'état d'esprit de certains de nos compatriotes de l'époque (rien ne vaut un bon vieux témoignage). L'injustice est ici criante, la révolte nécessaire. Cette lecture est particulièrement intéressante dans cette période où les prises de paroles extrémistes se banalisent et où les frontières entre le bien et le mal se font de plus en plus ténus dans une République Française que je trouve personnellement en danger.

Reste que ce roman n'est pas le plus réussi de cet auteur. Il y a tout d'abord une impression de redite qui s'installe chez le lecteur après avoir lu les deux précédents ouvrages de l'auteur. On retrouve les même thématiques et le style finalement ne se renouvelle pas beaucoup. Le fond reste cependant très prenant. Je trouve aussi que la puissance qui se dégageait de l'oeuvre de Joffo est ici un petit peu moindre, sans doute est-ce l'effet "fiction". Pas de vécu ici et un aspect moins viscéral des drames qui se jouent malgré des passages très difficiles.

Au final, ce Simon et l'enfant se révèle être une bonne lecture, d'une pratique aisée et plaisante malgré un sujet grave. À lire si la période et le thème vous intéresse. En cas de doute, préférez lui les deux autres titres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog.

lundi 9 décembre 2013

François ou le christianisme soluble dans le marxisme?

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Marx, Engels et le pape François

Le pape ressuscite la théologie de la libération

François n'en finit pas d'étonner ses ouailles et le monde. Ses déclarations récentes sur le fait que les hommes sont des esclaves devant "se libérer des structures économiques et sociales qui [les] réduisent à l'esclavage" le placent dans la ligne directe du marxisme. Pour mémoire, dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels appellent en ces termes à une révolution : "Les prolétaires n'y ont à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner."

Les signes, les propos, les prises de position du pape depuis son élection, en mars 2013, montrent un homme qui se situe résolument du côté des pauvres, des exclus, des "endommagés" de l'économie libérale. Dans son exhortation apostolique, rendue publique le 26 novembre, il stigmatise la "nouvelle tyrannie" du capitalisme sauvage. Le lendemain, dans une interview diffusée en exclusivité par la chaîne argentine TN TV [rappelons que le pape est argentin], il dénonce une société qui jette au chômage nombre de jeunes et néglige les personnes âgées. "Nous vivons dans un système international injuste, au centre duquel trône l'argent-roi." "C'est une culture du jetable, qui rejette les jeunes comme les vieux. Dans certains pays d'Europe, […] toute une génération de jeunes gens est privée de la dignité que procure le travail", déclare-t-il.

Texte tiré du site du Courrier international, Dessin de Hachfeld paru dans Neues Deutschland

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dimanche 8 décembre 2013

Election de Miss Cat 2014

Miss catJe m'appelle Tesfa, j'ai 9 ans et depuis hier soir, je suis Miss Cat 2014.

Je suis ravie de représenter la beauté féline pour cette nouvelle année qui je l'espère sera riche en croquettes, en farniente sur la terrasse ensoleillée et en épanouissement, à l'image de la captation du jour de mon sacre ci contre. Ne suis-je pas radieuse, fraiche et dispose ainsi couronnée?

Je suis pour la paix dans le monde et en particulier pour l'amitié interraciale. Chats et souris, tous amis! Je suis d'ailleurs une fervente opposante à la chasse et je refuse de lever la moindre griffe, ni même le moindre coussinet, sur mes amies mangeuses de gruyère!

Ma passion va pour la manucure. Cela est récent mais j'aime occuper mon temps à la mise en beauté de mes ongles en les limant sur le papier peint si délicatement moelleux de la cage d'escalier de mes maîtres. Par là même, je songe de plus en plus au métier de décoratrice d'intérieure et plus particulièrement à une spécialité ès "revisite des mobiliers de salon".

Merci encore de m'avoir élue Miss Cat 2014. Je suis honorée d'une telle distinction. Merci également à tous les sponsors de l'émission qui feront de 2014 une année riche en souvenirs et en expériences. Collier serti de diamants et couvert de feuilles d'or blanc, voyage au Japon à la découverte de mes proches parents, les Totoros, doubles rations de Krit et Krat à tous les repas... Me voici comblée.

Miaou et paix sur la Terre!

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samedi 7 décembre 2013

"Moi, Lucifer" de Glen Duncan

moi lucifer

L'histoire: Prisonnier (par la volonté de Dieu) du corps d'un écrivain fraîchement suicidé et chichement membré, Moi, Lucifer, Ange Déchu, Porteur de Lumière, Prince des Ténèbres, de l'Enfer et de ce Monde, Seigneur des Mouches, Père du Mensonge, Suprême Apostat, Tentateur, Antique Serpent, Séducteur, Accusateur, Tourmenteur, Blasphémateur et, sans contestation possible, Meilleur Coup de l'Univers Visible et Invisible (demandez donc à Ève, cette petite garce), j'ai décidé – ta-daaah! - de tout dire.

Tout? Presque. Le funk. Le swing. Le boogie. Le rock.

C'est moi qui ai inventé le rock. Si vous saviez tout ce que j'ai inventé: la sodomie, bien sûr, la fumette, l'astrologie, l'argent... Bon, on va gagner du temps: tout, absolument tout ce qui vous empêche de penser à Dieu. C'est-à-dire à peu près tout ce qui existe.

La critique de Mr K: Voici un livre sur lequel je suis tombé complètement par hasard, sans même en connaître l'existence et qui m'a interpelé fortement quand je compulsai sa quatrième de couverture dans la grande librairie du festival des Utopiales de Nantes. Le Diable! Vaste sujet qui m'a toujours intéressé et charmé. L'attirance pour l'interdit, l'immoralité qu'il induit et son parcours mythologique des plus symbolique, l'Ange déchu porteur de Lumière (Lucifer en latin), préféré de Dieu qui par son orgueil a perdu sa place et s'est retrouvé exilé au royaume des Ténèbres dont il est devenu le régisseur, personnage emblématique de la culture judéo-chrétienne, inspirateur de la musique métal que j'apprécie au plus haut point... autant d'éléments qui nous sont ici présentés à travers sa vision, son esprit tentateur. Préparez-vous à un voyage hors du commun avec comme guide, le seigneur des mouches lui-même, un être torturé et rigolard à l'humour noir et dévastateur.

Dans "Moi, Lucifer", tout commence par une ultime chance donné par son père à Satan: prisonnier du corps d'un écrivain raté qui s'est suicidé, il va devoir pendant un mois tenir le coup, résister au pêché (un comble quand on y pense!) pour espérer regagner sa place initiale à côté du Créateur. Nous suivons donc cette épreuve qui, il faut bien l'avouer, se révèle difficile pour cet être sans scrupule et tourmenteur à souhait. Ce roman est surtout un portrait totalement déjanté, hilarant et remarquablement documenté sur le Diable qui prend un malin plaisir (sic!) à digresser sur lui même, la symbolique et ses rapports avec cette humanité qu'il adore. Et oui, nous sommes tellement perfectibles que notre espèce offre un terrain de choix à ses expériences et inventions de toutes sortes: sex, drugs and rock and roll! Ce qu'il en ressort finalement, c'est un profond amour du genre humain à travers ses défauts et ses aspirations. Papy (alias Dieu) s'est vite détourné de ses enfants, à lui Lucifer de lui faire profiter de ses créations et de ses velléités. Le libre arbitre étant ce qu'il est, je vous laisse imaginer le contenu des tentations!

Cela donne corps à un roman unique, extrêmement drôle. Le ton est proche de celui que l'on peut trouver dans les œuvres des Monty Python le tout mâtiné d'un humour noir des plus dense. Il faut avouer tout de même que ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Les références sont nombreuses et parfois très subtiles, un néophyte de la Bible et de la symbolique judéo-chrétienne ratera beaucoup de références et pourrait s'ennuyer durant les longs monologues que nous livre le prince des Ténèbres. Ton insolent, décalé, il faut donc s'accrocher pour le suivre mais cette confession (sic) vaut vraiment le détour pour tout lecteur courageux. Bien évidemment, il ne plaira pas à tout le monde notamment les personnes les plus pieuses et / ou dépourvues d'humour noir. Sachez enfin que malgré tout ce que le malin représente (souffrance, malheur, violence...), ce livre le rend très attachant, sans doute parce que le Diable derrière cet océan de débauche est avant tout un fils qui s'est fait viré du Paradis par son père. Étonnant sentiment donc qui personnellement m'a quelque peu ému malgré l'aspect drolatique de l'entreprise de Glen Duncan.

Au final, cette lecture s'est révélée être un plaisir de tous les instants que je ne peux que vous conseiller malgré les quelques mises en gardes évoquées plus haut. Pour le coup, le lecteur pourra chanter: "Please to meet you, hope you guess my name" (Sympathy for the devil, The Rolling Stones).

Posté par Mr K à 19:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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