lundi 11 août 2014

Kubrick et la perspective

Kubrick est un réalisateur que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé. Nous avions d'ailleurs été voir l'exposition qui lui était consacrée à la Cinémathèque Française en 2011 et "Shining" restera à jamais (à jamais, à jamais...) pour moi un véritable bijou de réalisation.

Quoi de plus normal donc que de partager avec vous cette petite vidéo qui en moins de 2 minutes donne à voir l'obsession du Maître pour la perspective (obsession que je partage d'ailleurs en photographie) ?

Bon visionnage !

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dimanche 10 août 2014

La C.L.A.C. à Port-Louis (56)

Ce week-end, c'était la fin du Festival Interceltique de Lorient mais aussi la première édition de la C.L.A.C. à Port-Louis, ville de la région lorientaise connue pour sa Citadelle qui ferme la rade. Nous avions à la maison des amis dijonnais (jonnais) et nous en avons profité pour leur faire découvrir le coin.

La C.L.A.C (Criée Locale d'Art Contemporain) est donc une nouvelle manifestation culturelle implantée au Bois d'Amour (ça donne envie non?). Des amis à nous faisant partie de l'asso organisatrice, nous sommes allés y jeter un oeil. La météo n'était pas vraiment avec nous ce week-end (pluie, vent...), ils n'ont pas été très chanceux cette année mais aujourd'hui le temps était plutôt agréable.

C'est parti pour un petit tour de Port-Louis côté Citadelle !

Port Louis 8

Pendant 3 jours, galeries et artistes sélectionnés, reflets du dynamisme et du renouveau de la création contemporaine, d’ici et d’ailleurs, se sont installés aux portes de la Citadelle, pour une rencontre authentique avec un public de connaisseurs ou de néophytes. Une criée a eu lieu au profit de l'association "Rêves de clowns", des animations étaient proposées aux visiteurs dans un esprit didactique et ludique... Un chouette projet que nous aurons je l'espère l'occasion de vivre plus longuement dans les prochaines années. Pour cette première édition, nous nous sommes contentés de déambuler dans les stands.

• Parmi les installations qui m'ont interpellé, voici celle du "Speed meeting" où chaque chaussette recherche chaussure à son pied :

Port Louis 6

Port Louis 9

Port Louis 5

• De même, un arbre à contes très mignon et invitant petits et grands à la lecture a été mis en place au centre de l'emplacement du festival :

Port Louis 7

• Nous en avons profité pour faire découvrir à nos amis le superbe panorama que nous offrent les fortifications. Petit tour sur la plage de Port-Louis :

Port Louis 3

Port Louis 2

Port Louis 4

Port Louis 1

• L'heure tourne et il est bientôt temps de nous diriger vers la gare de Lorient. Avant le départ, un arrêt à "La Dame Blanche" s'impose. Il s'agit d'un café littéraire très agréable que l'on aime beaucoup au Capharnaüm éclairé et dont j'aurai l'occasion de vous parler plus longuement un jour prochain dans un billet dédié. Petites douceurs avant les au-revoir :

Port Louis 10

 

samedi 9 août 2014

"L'attrape-coeurs" de J.D. Salinger

Salinger

L'histoire: C'est l'histoire d'un garçon perdu et à la dérive, qui cherche des raisons pour continuer à vivre dans un monde devenu hostile et corrompu.

La critique de Mr K: Il s'agit d'un compte rendu de relecture aujourd'hui avec ce classique de Salinger, "L'Attrape-coeurs", que j'avais lu lors de mon adolescence et que j'avais beaucoup aimé. Une fois de plus, c'est le hasard du chinage qui mettait ce volume sur mon chemin, n'ayant pas ce titre dans notre bibliothèque, il me semblait criminel de ne pas l'acquérir...

Holden Caulfield est un adolescent américain de 16 ans issu d'un milieu favorisé. Il vient de se faire renvoyer de son collège et hésite à rentrer directement chez lui. Il prend le train pour New York. Ces trois jours de fugue sont l'occasion de petites aventures, de rencontres, et finalement révèlent un profond désarroi.

Ce livre n'a pas pris une ride depuis son écriture en 1945. Il faut dire que sa thématique est intemporelle, il est question ici du passage à l'âge adulte ou du moins de sa prise de conscience par un jeune en pleine rupture avec le monde qui l'entoure. Il déteste l'école, Holden a du mal à se situer et il a déjà connu des drames dont la perte de son jeune frère qu'il aimait plus que tout. Le lecteur est partagé entre sa rébellion légitime et son immaturité latente.

Holden m'a tout de même profondément touché par le caractère d'urgence qui souffle sur le roman car il a fugué de son école et va devoir l'annoncer à ses géniteurs trois jours après. Il va se passer énormément de choses pendant cette parenthèse de liberté et l'on tend alors vers la parabole initiatique avec des passages tantôt drôles (les moments où Holden râle sur le cinéma, ses idées étranges, ses mensonges notamment), tantôt plus dramatiques. Avec l'âge, ce sont les chapitres consacrés à son rapport aux filles (le RDV avec Sally est assez croustillant dans son genre!) et aux femmes qui m'ont le plus marqué notamment celui avec la prostitué où il se rend compte qu'il lui reste bien du chemin à parcourir avant de s'accepter en tant qu'homme.

Vous me direz, rien de vraiment neuf dans l'histoire. Là où ce livre rentre dans le club très sélect des classiques, c'est dans son traitement. Il est écrit à la première personne du singulier et dans un style familier qui nous immerge immédiatement dans la psyché de Holden qui capte la vie avec la spontanéité propre à son âge. Il faut s'y faire au départ car c'est peu commun mais une fois emporté pas son flot de mots et d'expressions, il est difficile de relâcher cet ouvrage qui est une merveille de rythme, d'intelligence et de profondeur. Je suis passé comme dit précédemment par tous les états et c'est un peu sonné mais heureux de cette redécouverte que je suis ressorti de cette lecture.

L'Attrape-coeurs est un classique qu'il faut je pense absolument avoir lu tant il n'a rien perdu en vérité et fraîcheur. Un bijou entre les bijoux!

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vendredi 8 août 2014

69 ans déjà!

69 ans

"Souvenez-vous." C'est le mot d'ordre choisi par l'éditorial de l'Asahi Shimbun ce 6 août 2014, 69 ans après le largage de plusieurs bombes atomiques sur Hiroshima. "Le Japon, seule victime au monde d'attaques nucléaires, ne doit jamais cesser de répéter le mot 'souvenir' au reste de la planète", demande le quotidien japonais. Et de lancer un appel : "Nous devons bannir les armes nucléaires pour des raisons humanitaires. Nous pouvons commencer par interdire l'utilisation préventive de l'arme nucléaire, puis nous pourrons empêcher son utilisation en toutes circonstances, jusqu'à ce qu'elle soit totalement éradiquée."

Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies mercredi matin à Hiroshima pour commémorer le lâchage de la première bombe atomique de l'Histoire par le bombardier américain Enola Gay, le 6 août 1945. Dans cette ville de l'ouest du Japon, l'attaque a causé la mort de 140 000 personnes, soit en raison de l'explosion, soit par la suite, du fait des radiations. Le bombardement de Nagasaki, le 9 août, avait fait plus de 70 000 morts. Le Japon avait signé sa capitulation le 15 août, mettant un terme à la Seconde guerre mondiale.

Dessin de Stephff et texte tirés du site du Courrier International

mercredi 6 août 2014

Eerie & Creepy présentent "Richard Corben Vol.1"

corben couv

Présentation: Richard Corben est un maître incontesté du neuvième art et de l'illustration fantastique, reconnu aux quatre coins de la planète BD. Dès ses débuts pour Warren Publishing, son style unique le distinguait radicalement de ses pairs. Entre 1970 et 1978, il a illustré plus de quarante histoires, en grande majorité publiées dans les magazines Eerie et Creepy, les titres phares de l'éditeur.

Le présent ouvrage est le premier des deux volumes d'une édition intégrale consacrée à cette période fondatrice de son œuvre.

La critique de Mr K: Mille mercis au Label Delirium pour ce premier volume de rééditions consacrées à Richard Corben dans sa première période. Ils avaient déjà fait du très bon boulot de dépoussiérage avec les deux volumes de Creepy que j'avais acquis et chroniqués ici même. Avec "Richard Corben", on touche au sublime avec un artiste hors norme que j'admire entre tous. Pour moi c'est le best du best dans le genre horreur et SF depuis mes lectures passionnées de Nuits blèmes, Fils du monde ou encore Rolf (ouvrages lus il y a longtemps donc non chroniqués et vu leur prix sur les sites, je crois que je vais passer mon tour...).

Ici il s'agissait donc pour les éditeurs de présenter l'œuvre de Corben lorsqu'il collaborait aux magazines Eerie et Creepy. On a donc affaire à des récits courts du type nouvelles à chute dans les domaines de l'horreur, du fantastique, du polar ou encore de la SF. Dans ce volume 1, vous retrouverez 32 historiettes toutes plus étranges les unes que les autres et d'une beauté mortifère dans leur exécution. Tour à tour, vous suivrez notamment une reine froide et avide dans sa quête de la jeunesse éternelle, un apprenti bibliothécaire confronté à des créatures voraces en terme de lecture, un grand patron dont l'avarice sera puni au centuple, un mort-vivant SDF qui se nourrit de la haine des gens, un amateur de magie vaudou, un loup garou un peu trop aventureux, un père-noël serial killer, un jeune garçon qui fuit la réalité en explorant ses rêves, une momie malicieuse... Vous l'avez compris, il y a de quoi faire! Pour éviter d'avaler le présent volume en une nuit, je me suis imposé une règle drastique: pas plus de trois histoires par soir pour prolonger le plaisir! Je m'y suis tenu bon gré mal gré et au final, ce ne fut que du bonheur!

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Tout d'abord, quelque soit le récit, on retrouve toujours une réflexion sur le genre humain tournant autour des notions de besoin et de désir avec évidemment à chaque fois un dérapage qui se termine mal! J'aime beaucoup ce mélange de psychologie humaine, de fatum inéluctable et de châtiment à la mesure du crime. On baigne constamment entre surprise, angoisse, horreur et on en redemande! N'y voyez pas un besoin sadique irrépressible mais plutôt un plaisir coupable et délectable à souhait. Le genre veut que les personnages soient plutôt caricaturaux, en exagérant le trait on peut marquer davantage l'aspect "moral" de certaines historiettes et c'est là que je trouve que Corben se détache du lot. Dans un nombre important des récits proposés dans ce volume, on navigue entre le bien et le mal sans réellement de repères auxquels se raccrocher, cela donne aux histoires une densité nettement supérieure à la moyenne et une force émotionnelle vraiment troublante, la trilogie Enfant présentée en toute fin de volume est un modèle du genre dans une variation autour du mythe de Frankenstein et de sa créature.

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Visuellement, cet ouvrage est une gigantesque claque esthétique. On retrouve le génie du dessin entre récits noir et blanc et des plus récents en couleur. Artiste polyvalent (il lui arrive d'écrire les scénarios) venu de l'animation, il n'a pas son pareil pour représenter des personnages tortueux et des univers à la Lovecraft ou à la Poe. Unique dans son coup de crayon, inventif dans la représentation de l'action, des personnages au style singulier que l'on reconnaît de suite, autant d'ingrédients qui font rentrer ce volume dans mon panthéon personnel de la BD. J'ai bien fait de me réguler avant d'entamer ma lecture, m'est avis qu'il n'aurait pas tenu longtemps malgré ses 175 pages!

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Au final, ce fut une lecture remarquable entre BD, roman graphique (trois histoires sont liées) et adaptation de classiques de la littérature fantastique. Agréable, soignée et fidèle aux œuvres originale, cette réédition est vraiment de grande qualité et conviendra à tous les amateurs du genre!

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mardi 5 août 2014

"L'Assassinat d'Hicabi Bey" de Alper Canigüz

l'assassinat d'Hicabi BeyL'histoire: Alper Kamu est un curieux petit garçon qui s’est promis de résoudre un meurtre commis dans son quartier à Istanbul. Il a trouvé Ertan le Timbré à côté du cadavre encore chaud d’Hicabi Bey, policier à la retraite, la télévision allumée à plein volume, mais le cinglé du voisinage était plutôt là pour regarder l’équipe du Besiktas perdre en Ligue des champions. Déjà tête à claques d’existentialiste, Alper le désormais détective va sécher la maternelle et balader son revolver en plastique Dallas Gold dans une mégapole bigarrée, pleine d’amantes fatales, d’épiciers lyriques et de directeurs sournois...

La critique Nelfesque: Après "Des 1001 façons de quitter la Moldavie" de Vladimir Lortchenkov aux Editions Mirobole, j'avais fortement envie de me replonger dans un roman drôle et caustique qui m'emmène au delà des frontières françaises. Avec "L'Assassinat d'Hicabi Bey", j'ai été servie et je ne peux en préambule que souligner la cohérence du catalogue Mirobole qui sait décidément bien choisir ses publications.

Alper Canigüz est un auteur turque dont "L'assassinat d'Hicabi Bey" est le second roman. Côté littérature turque, je dois admettre que je ne suis pas une spécialiste. En revanche, côté thriller et roman à l'humour décalé, en tout modestie, je commence à toucher ma bille... Néanmoins, cet auteur a su me cueillir par son originalité, son écriture singulière et surtout son petit héros Alper. Je vais suivre dorénavant son actualité avec beaucoup d'intérêt !

Car oui, le gros potentiel de ce roman tient dans son personnage principal. Haut comme 3 pommes, âgé de 5 ans, Alper est un petit gars bien différent des autres enfants de son âge. Il a l'esprit d'un homme de 50 ans dans un petit corps d'un mètre dix et cela provoque de drôles de réactions chez ses interlocuteurs. "A cinq ans, on est au coeur de l'âge mûr. Ensuite commence la chute." sont les premières phrases de ce roman. Ca a le mérite d'annoncer la couleur ! D'ailleurs, connaissez-vous beaucoup de gamins de 5 ans passant leurs journées à lire du Dostoïevski et du Nietzsche "pour la rigolade (je plaisante, il sait de quoi il parle le moustachu - c'est fou ce que la poltronnerie peut rendre créatif !)" ? Les pensées d'Alper et sa répartie sont savoureux et j'ai passé 250 pages à rire !

Bien que cultivé et ayant un vocabulaire évolué (bien plus que certains adultes), Alper n'en reste pas moins un enfant et sa fraicheur et ses envolées grossières parfois redonnent un peu de réalisme à une oeuvre farfelue. Ne lisez pas "L'Assassinat d'Hicabi Bey" si vous souhaitez une histoire plausible, vous n'arrêterez pas de pester. Mais si vous êtes à la recherche d'une lecture peu commune mêlant humour, esprit critique et dépaysement, celui ci est fait pour vous.

Canigüs pousse ses lecteurs à la réflexion par le biais de la dérision. A la fois, l'histoire au premier degré est drôle et décalée mais c'est aussi une véritable critique de la Turquie d'aujourd'hui que nous propose l'auteur. Sans rentrer dans les détails, nous sommes ici dans un quartier d'Istanbul, loin des secteurs riches, où petites frappes, violence, drogue et chômage rodent. Sans parler de la critique des relations humaines et de ses limites : trahisons, mensonges, manigances, douleurs ...

Comme quoi ce n'est pas parce qu'un enfant a 5 ans qu'il n'a pas d'autres préoccupations que la composition de son quatre heures ou le dernier dessin animé à la TV. Un chemin que bon nombre d'adulte ferait bien de prendre ! "L'Assassinat d'Hicabi Bey" est à lire, assurément ! Original, drôle, caustique, décalé ! Vous faut-il d'autres arguments pour courir chez votre libraire !?

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dimanche 3 août 2014

"Le Syndrome Copernic" d'Henri Loevenbruck

«Le syndrome Copernic» d'Henri Loevenbruck

L'histoire: Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l'effondrement. Toutes, sauf une, Vigo Ravel, quelques minutes avant l'attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu.
Il comprend alors qu'il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l'origine. Qui sont ces hommes qui le traquent? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre?
Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l'âme.

La critique de Mr K: Loevenbruck le retour au Capharnaüm Éclairé! J'avais grandement apprécié L'Apothicaire et Le mystère Fulcanelli, l'occasion faisant le larron, je tombai sur Le Syndrôme Copernic au cours d'un énième chinage et je sautai sur l'occasion pour l'acquérir. Depuis avril, le pauvre m'attendait impatiemment dans ma PAL...

Vigo est le seul rescapé d'un attentat terroriste sans précédent sur le sol français. Des voix lui ont parlé dans sa tête et il a pu s'échapper de l'Enfer à la dernière minute. Oui! Vigo est dérangé, plus que cela il est schizophrène! C'est du moins le diagnostic du docteur Guillaume. Mais voilà, ce dernier est mort dans l'effondrement de la tour et quand Vigo se renseigne sur les victimes, il ne trouve nulle trace du fameux docteur ni même de l'existence du cabinet médical où il se rendait une fois par semaine pour son injection hebdomadaire. Livré à lui même, sans repères ni personne à qui se raccrocher, Vigo va tenter de découvrir la vérité sur son identité, sa maladie et sur le fameux Protocole 88.

Clairement ce livre est loin d 'être le meilleur de l'auteur et même si je l'ai lu assez rapidement, l'ennui a pointé régulièrement le bout de son nez: 508 pages qui auraient pu être condensées en 300 facilement car Loevenbruck en voulant nous plonger dans l'esprit d'un pseudo schizophrène se répète beaucoup (préférez Les Racines du mal de Dantec, un bouquin culte et inégalé!), alourdit le récit à un tel point qu'on finit même par moment par se demander s'il ne faudrait pas achever le héros! J'exagère quelque peu mais les atermoiements de ce dernier deviennent vite saoulants au bout de 200 pages et il faut tout de même attendre la 300ème pour avoir un début de révélation. Ce premier indice m'a personnellement mis sur la voie de la vérité cachée et révélée dans les toutes dernières pages, peu ou pas de surprises de mon côté donc. La fin m'a aussi paru bâclée et envoyée en 20 pages comme si l'auteur en avait ras le bol et souhaitait en finir au plus vite. Dommage car le background était intéressant.

Pour autant, Le Syndrome Copernic n'est pas une bouse intersidérale. L'écriture de Loevenbruck reste toujours aussi accessible et je pense que des néo-lecteurs se laisseront entraînés sans peine dans cette aventure baignant dans une paranoïa bien de notre temps. Même si l'auteur en rajoute un maximum, les personnages sont plutôt bien caractérisés et évoluent bien, voir radicalement pour certains d'entre eux: je garderais en souvenir le personnage de la policière venant en aide à Hugo en début de roman et les membres de l'organisation Sphinx. Autre réussite de ce roman, le rendu très réaliste d'une capitale française subissant une menace terroriste et l'ambiance qui peut en résulter. Cela traduit une fois de plus tout le talent de l'auteur pour rendre compte d'une époque et d'un climax, il l'avait déjà bien montré dans mes deux précédentes lectures.

Cette lecture fut donc une semi déception pour ma part, l'auteur m'ayant habitué à bien mieux. Dispensable mais pour autant tout à fait fréquentable, cet ouvrage a le mérite de se lire facilement. À chacun de se décider s'il veut tenter l'aventure ou non.

Egalement lus et chroniqué au Capharnaüm éclairé:
- "Sérum - Saison 1, Episode 1"
- "Sérum - Saison 1, Episode 2"
- "Le Mystère Fulcanelli"
- "L'Apothicaire"

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samedi 2 août 2014

"Coldwater" de Vincent Grashaw

cold water afficheL'histoire: Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

La critique Nelfesque: Charmée par la bande annonce de ce long métrage, j'avais très envie de voir "Coldwater" au cinéma. C'est maintenant chose faite. Une ambiance et un thème que j'affectionne, il ne m'en fallait pas plus pour me déplacer et je ne regrette pas du tout.

L'histoire est dure. Nous nous retrouvons avec les jeunes incarcérés dans un camp de redressement américain et nous attachons plus particulièrement à la vie de Brad, petite frappe qui mène sa barque avec un certain code de l'honneur mais qui se retrouve dépassé par les évènements lors d'une soirée étudiante où un drame va avoir lieu. Ses parents, ne sachant plus quoi faire, se tourne vers Coldwater, un centre paramilitaire, pour le remettre dans le droit chemin. Ce qui l'attend ici va le marquer autant dans sa chair que psychologiquement.

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Magistralement mené par Vincent Grashaw, réalisateur que je ne connaissais pas jusqu'ici mais que je vais dorénavant suivre avec beaucoup d'intérêt, ce film est quelque peu classique dans son traitement. Il y a du "Mystic River" ou encore "Sleepers" dans ce film de part la jeunesse désoeuvrée qu'il présente mais aussi son côté "bande de copains" unis dans la douleur. Très vite, le spectateur s'attache à ces jeunes, toute considération de leurs culpabilités mise à part, devant l'horreur que leur réserve ce camp de redressement.

Interdit au moins ne 12 ans, il n'est au départ pas spécialement violent dans les images mais dans les idées qu'il véhicule. Pendant les 3/4 du film, je me disais que certes l'histoire est éprouvante mais tout restait tout de même convenu, jusqu'à une scène marquante qui frappe le spectateur de plein fouet. On ne peut alors nier que "Coldwater" est un film remarquable qui fonctionne comme une cocotte minute !

coldwater

Eprouvant, froid et implacable, "Coldwater" met le spectateur sous pression pendant presque 2 heures. Comment peut-on en arriver à de tels extrêmes? Que justifie la violence? L'homme malgré tous ses défauts et ses erreurs de parcours reste tout de même un homme. Rien ne légitime de pareils traitements. Un film qui fait froid sans le dos et que je vous conseille vivement de voir. 

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La critique de Mr K: 5/6. Un très bon métrage que Coldwater. On démarre au quart de tour avec "l'enlèvement" du jeune héros par des inconnus dans sa propre chambre. En fait, il s'agit d'employés de Coldwater, un centre de redressement pour délinquant tenu par un ancien militaire auquel ses parents ont fait appel suite aux démêles de leur fils avec la justice (il trafique quelques peu le jeunot et un drame a eu lieu). Commence alors une véritable descente en enfer pour Brad avec en toile de fond une Amérique repliée sur ses peurs et prônant des solutions radicales mais pas forcément efficaces. D'ailleurs la fin de ce film est tout bonnement scotchante voir traumatisante ce qui le fait passer du bon au très bon film!

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La grande force du film tient à son acteur principal P. J. Boudousqué. Beaucoup le compare à Ryan Gosling (Drive for ever!) et c'est loin d'être faux. Même visage, un jeu tout en intériorisation avec un regard qui perce le spectateur et au final, une empathie qui fonctionne à plein durant tout le film. Impressionnant de justesse et de présence, il illumine cette histoire plutôt classique dans sa structure. Face à lui, James C. Burns campe le directeur du centre. Impitoyable, chauffant le chaud et le froid, il incarne à la fois la figure paternelle et le cerbère des Enfers. Lui aussi est bluffant et leurs face à face sont lourds de tensions. De manière générale, tous les protagonistes jouent très bien et contribuent à la distillation de la tension et d'un malaise grandissant. Le dernier tiers du métrage est un modèle de pétage de plomb avec une cocotte minute qui ne peut qu'exploser suite à l'accumulation des brimades et autres sévices.

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Vincent Grashaw est pour moi un réalisateur à suivre. C'est un technicien hors pair et ce film est de toute beauté. Il y a de l'inventivité dans les cadrages et les travellings malgré quelques passages obligés dûs au genre du film. Tout contribue à créer une ambiance dérangeante (musique, bruitages, lumière, plans) et le scénario bien que plutôt prévisible de prime abord prend une tournure plus extrême qu'à l'habitude dans une production américaine moyenne. Mélange de récit classique et de flashback disséminés deci delà, on ressort quelques peu groggy de cette séance pas comme les autres entre chronique adolescente et dénonciation d'une Amérique à la dérive. Une belle séance de cinéma un peu rude que je vous invite à découvrir au plus vite.

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jeudi 31 juillet 2014

100 ans déjà...

Jean_Jaurès

Il y a déjà 100 ans que Jean Jaurès est mort assassiné par un étudiant nationaliste forcené. Le Capharnaüm Éclairé veut rendre hommage à ce grand homme, ce républicain d'exception, défenseur de nobles causes et vrai socialiste. Honte au F-haine, Sarkozy et autres Hollande qui se réclament de lui et par leurs actes et prises de position trahissent et souillent sa mémoire. Modèle indépassable, à la probité et l'honneteté sans faille, c'est une certaine idée de l'engagement dans la République et dans la défense du bien commun qui est morte avec lui ce jour là au Café du Croissant. Marianne le pleure encore beaucoup aujourd'hui, où l'époque est au repli sur soi et à la méfiance.

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mercredi 30 juillet 2014

Garou-garou passe...

En ces temps d'actualité sombre et dépressive (on vit vraiment une époque formidable!), je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous ce court article édifiant sur le plus vieux jeu du monde, à savoir Le gendarme et le voleur. J'adorais ce jeu étant jeune mais franchement, je ne pourrais pas aller jusqu'à de telles extrémités pour gagner! Surtout que là, le larron il perd!

Pour entrer dans la prison de Ribeiro das Neves, André Silva de Jesus, 35 ans, a indiqué aux gardiens, certificat médical en mains, qu'il ne pouvait pas passer aux rayons X car il porte un pacemaker.
Méfiants, les surveillants ont alors fouillé le trentenaire et ont trouvé dans son anus une véritable boite à outils : deux téléphones portables, deux batteries, une pince, cinq clous, huit lames de scie, cinq clous et quelques autres babioles.
Les gardiens de la prison ont appelé leurs collègues de la police militaire pour immortaliser ce record.

cargaison bien cachée

Photo et petit texte tirés du site faitsdivers

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