samedi 28 juin 2014

"Insecte" de Claire Castillon

insecteL'histoire: Ma fille est ma meilleure amie;
mon père n'est pas méchant, maman;
arrange-toi, tu est déguisée;
ma mère est bête; ma fille est idiote;
j'aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille;
ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou;
ma mère a un cancer, elle m'énerve;
ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte.
Quand les tête-à-tête entre mères et filles deviennent autant de raisons de vivre ou de mourir.

La critique de Mr K: Lorsque j'ai trouvé "Insecte", l'étiquette accolée sur sa couverture notifiant le Prix des lecteurs du Livre de poche 2007 m'a intriguée et en jetant un œil sur le résumé au dos, une piqûre de curiosité extrême me poussa à l'adopter immédiatement. Riche en promesses d'historiettes emberlificoteuses, je commençai ma lecture.

Ce recueil de nouvelles compte 19 micro-récits qui ont comme point commun d'aborder les relations mère-fille. Attention aux âmes sensibles, Claire Castillon y va au chalumeau et même si certains récits sont plus légers, dans l'ensemble l'on ressort abasourdi de cette lecture. Les rapports ici décrits sont parfois extrêmes et l'on se dit qu'on a bien de la chance d'avoir une vie comme la notre même si ce n'est pas toujours parfait.

Tour à tour, une mère soupçonne une relation incestueuse entre son mari et sa fille et se demande si elle doit y mettre un terme et bousculer son quotidien rassurant, une jeune fille se pose des questions sur ses origines tant elle se sent différente de sa mère, une autre ne supporte plus sa génitrice grabataire atteinte d'un cancer, une femme voit son mari dans les bras de sa mère, une mère de famille se comporte avec sa fille comme une adolescente de son âge, une autre se fait harceler puis battre régulièrement par sa progéniture... autant de comportements et d'habitudes déviantes que nous livre une auteure vraiment à part.

Ce livre est très dérangeant et déstabilisant. À la fois froid et clinique, le ton des textes y est pour beaucoup. La plupart des personnages ne portent pas de nom ce qui renforce la catharsis et les possibles identifications qui en découlent. Certes nombres de récits sentent l'exagération mais les dysfonctionnements décrits sont tellement féroces que ça fonctionne et qu'on ne peut que tourner les pages malgré un malaise qui va grandissant et plombe quelque peu le moral du lecteur. Heureusement que je suis un homme, je pense que j'ai pu plus facilement me détacher des nouvelles même si le rôle qui nous y est réservé n'est pas des plus rassurant: le père incestueux, le père qui veut séparer la fille et la mère, le paternel faible qui laisse faire...

La lecture est cependant aisée, le style d'écriture de Claire Castillon est limpide et brut. Les phrases sont courtes et enlevées. Elle ne laisse que peu de place à la description et aux pauses, elle envoie du bois et cloue littéralement le lecteur à son siège. Je n'ai mis qu'à peine deux heures pour lire ce recueil et j'en suis ressorti à la fois content d'avoir vécu une expérience hors du commun mais aussi un peu cafardeux de part les thèmes abordés et l'amertume profonde qu'il laisse une fois lu.

Étrange sensation donc que cette lecture que vous pouvez tenter si vous avez le cœur et l'âme bien accrochés!

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jeudi 26 juin 2014

Décidément, la France va mal!

arthur

Dessin de Lasserpe tiré de son blog.

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mardi 24 juin 2014

"Pèlerins des ténèbres" de Serge Brussolo

pélerins des ténèbresL'histoire: Enfermé dans une cage en fer, dans les oubliettes d'une abbaye, un moine dément raconte que le pèlerinage dont il avait la charge s'est terminé en enfer. Le diable, affirme-t-il, a emporté tous ceux qui l'accompagnaient. Que se passe-t-il en réalité dans les montagnes où serpente l'interminable route menant aux reliques de saint Gaudémon, martyr jadis supplicié par Caligula, l'empereur fou? Une chose est sûre, beaucoup de gens disparaissent et les sommets semblent habités par des créatures de légende qui ont fait des pèlerins leur gibier quotidien.
Quel secret, quel complot hérétique tente-t-on de dissimuler sous le masque de la superstition? Marion, la jeune tailleuse d'ex-voto, sera-t-elle plus chanceuse que ceux qui l'ont précédée sur les chemins du mystère... ou succombera-t-elle, à son tour, aux sortilèges du pèlerinage maudit?

La critique de Mr K: Je savais Serge Brussolo prolifique et touche à tout. Jusqu'à maintenant, je ne l'avais pratiqué que dans le genre policier et polar. L'occasion s'est présentée (une fois de plus chez l'abbé) de le découvrir mais cette fois-ci dans un univers médiéval, dans "Pélerins des ténèbres", et même si on change d'époque, on retrouve tout même le genre policier mâtiné ici de fantastique. Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour en venir à bout, voici mon compte rendu de lecture du jour.

Qu'a pu bien voir frère Guillaume pour revenir dans un tel état dans la vallée? Ce jeune moine parti en pèlerinage redescend de la montagne totalement déphasé quasiment possédé. Sa congrégation est effrayée et ne sait que faire face à une telle attitude. Il faut envoyer quelqu'un enquêter pour savoir ce qui s'est réellement passé là haut, il leur faut quelqu'un de confiance et qu'on ne soupçonnerait pas. Leur choix se porte sur Marion, une jeune ymagiaire douée mais frustrée car il n'est pas de bon ton à cette époque d'être une artiste douée et femme. Profitant de cette occasion inespérée d'échapper à un sort peu enviable (elle est promise à un homme des plus repoussant et veule), elle saute sur l'occasion et débute pour elle un pèlerinage qui la mettra aux prises avec d'étranges événements et plus encore avec elle-même. Au fil de son ascension, les questions se pressent de plus en plus autour d'elle et les tensions naissent, on sent bien que tout va basculer.

Comme à son habitude, Brussolo ne se perd pas en détails et peaufine ses personnages au fil des événements. L'action se déroule sans temps morts, sans pour autant sacrifier le fond. On s'attache très vite à l'héroïne même si je dois avouer que l'on y croit peu, surtout quand on connait les us et coutumes en vigueur au Moyen-Age (une femme du peuple rebelle que l'on laisse s'exprimer me paraît peu vraisemblable). Par contre, j'ai apprécié la manière d'aborder le rapport au sacré du simple peuple. La différence entre religion et superstition est bien mince, et au détour de menus détours de la trame principale, on peut se faire une idée bien précise des réactions de l'époque. Ainsi certains passages sont assez éprouvants entre fausses accusations de sorcellerie, références au pêché originel et soumission de la femme à l'homme, et l'action menée par l'inquisition. Et oui, on aborde pas mal de thèmes plutôt sérieux et réflectifs dans ce polar médiéval. J'ai aussi particulièrement apprécié les passages sur le martyr de saint Gaudémon (une mort bien atroce) et sur le culte des saints qui est ici très bien cerné et utilisé pour nous décrire les pèlerinage nombreux qui ponctuaient la vie des hommes et femmes de l'époque.

L'ambiance est très bien menée avec une montée en pression constante même si le dernier acte m'a paru quelques peu convenu et finalement plat. Ce n'est pas pour autant un ratage total car tout se tient et quand on se remémore l'intégralité des aventures de Marion, le dénouement est logique au détriment de la flamboyance que l'on pouvait espérer. L'héroïne n'est cependant pas au bout de ses surprises et changera irrémédiablement, mettant en balance sa vie, sa raison et même sa foi.

L'écriture de Brussolo est toujours aussi agréable, le style est léger mais non dénué de nuance et d'apports théoriques sur le lexique moyen-âgeux. Bien que peu développées, les descriptions sont évocatrices à souhait et les passages plus tendus sont remarquablement narrés mêlant naturalisme et impressionnisme latent lors de certaines apparitions des plus étranges.

Au final, on obtient ici un roman bien sympathique mais pour autant pas inoubliable, la faute sans doute à une trame sans réelle surprise mais cependant très bien maîtrisée, ne laissant aucune place à l'incohérence et l'anachronisme. Un petit plaisir vite lu, vite oublié que l'on peut tenter si l'on veut passer un agréable moment.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur:
- "Le Syndrome du scaphandrier"
- "Bunker"
- "Les Emmurés"

- "Avis de tempête"
- "La Main froide"

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lundi 23 juin 2014

C'est une alarme, c'est un signal… Je verse des larmes de métal!

Depuis l'enthousiasme que j'ai pu susciter chez Nelfe la semaine dernière avec mon Lundi au soleil québecois, je retente le coup cette fois-ci avec une fois de plus un ovni musical des plus délirant. Attention mesdames et messieurs, préparez-vous à du lourd avec "Métal" de Norman Brathwaite.

Vous verrez (et entendrez !) comment il chante l'amour et la désillusion comme personne sur un rythme hypnotique et entraînant. Vous admirerez la direction artistique du clip avec notamment une chorégraphie bien classe qui permet aux danseuses (?!) de se muscler les bras sans trop d'efforts, des tenues ringardes à souhait qui décidément ne nous font pas regretter les années 80', les couleurs polarisées à donf et un chanteur au top de sa forme.

Bref, tous les ingrédients sont réunis pour bien démarrer la semaine. Enjoy !

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dimanche 22 juin 2014

"Maléfique" de Robert Stromberg

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L'histoire: Maléfique est une belle jeune femme au coeur pur qui mène une  vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son coeur pur en un coeur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore. Mais lorsque l’enfant grandit, Maléfique se rend compte que la petite princesse détient la clé de la paix du royaume, et peut-être aussi celle de sa propre rédemption…

La critique Nelfesque: Ah ! ENFIN ! "Maléfique" est en salle ! Bon ben on hésite pas une seconde, on prend nos places et on y va. J'étais littéralement tombée amoureuse de la bande annonce de ce film. L'ambiance, le visuel... tout semblait être fait pour me plaire. J'ai lu quelques ITW d'Angelina Jolie (notamment dans le Studio Ciné Live spécial Cannes) et j'avais fortement envie de voir ce film au cinéma.

Je ne vous apprendrai sans doute rien si je vous disais que "Maléfique" est une relecture du conte de "La Belle au bois dormant". Disons plutôt que c'est la même histoire mais vu du côté de "la méchante sorcière", alias Maléfique. Tout ce que l'on croyait connaître jusqu'alors sur ce conte va prendre une dimension différente.

Mieux vaut connaître le dessin animé originel pour apprécier à sa juste valeur "Maléfique". Si ce n'est pas le cas, il n'y a pas mort d'homme mais vous risquez de passer à côté de pas mal de clins d'oeil bien sympathiques. Pensez donc à mettre en place une petite séance DVD de rattrapage pour vos enfants avant de les emmener voir ce présent opus. D'ailleurs si vous êtes adultes, ne snobez pas ce bijou pour autant, vous le regretteriez !

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Ca y est, j'ai lâché le mot : "Maléfique" est un bijou ! J'ai adoré ! Visuellement il est superbe. Nous l'avons vu en 3D (on n'a pas spécialement choisi, perso la 3D, je m'en fiche un peu) et pour une fois ce n'est pas du gadget. C'est sans doute bien plus beau en 3D (même si maintenant j'ai envie de le voir en version "classique" pour comparer...). Le monde féérique qui nous est proposé est foisonnant de créatures toutes plus belles et mignonnes les unes que les autres : papillons luminescents, fée minuscules et colorés, gnomes hérissons... Les paysages sont à couper le souffle et vraiment on en prend plein les yeux.

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Côté "fond", "Maléfique" n'a pas à rougir et ne fait pas de faux pas. Fidèle au conte originel, il ne le trahit jamais tout en apportant des détails supplémentaires et surtout la vision de Maléfique qui vient apporter une lecture différente à l'histoire. Celle que l'on prenait jusqu'ici pour la méchante sorcière cruelle et sans cœur s'avère être une fée déçue et blessée par la race humaine. Le spectateur comprend alors beaucoup mieux ses agissements et découvre par là même son côté tendre.

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Film féministe (et oui !), il véhicule des notions de respect, de tolérance et d'amour. D'une façon dark certes mais tellement mieux que certaines soupes mielleuses peuvent prétendre le faire... Angelina Jolie est bluffante en Maléfique et la réalisation de Stromberg la sublime. Que dire sur le passage où Maléfique passe d'une fée gaie et ouverte à une créature noire et vengeresse ? Un superbe moment de cinéma. On est dans une production Disney et on l'occulte totalement. Preuve que si ils le veulent ces studios peuvent faire des films de qualité sans racolage intempestif et loin du manichéisme. Sur ce dernier point, j'ai été surprise. Un bon point de plus !

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Les personnages sont touchants. Maléfique en tête bien sûr, sublime dans son rôle, à laquelle on s'attache et pour laquelle on souhaite une fin heureuse mais aussi Diaval, serviteur polymorphe de Maléfique, avec qui il forme un duo diabolique (mais pas que). Les marraines d'Aurore, les 3 bonnes fées, sont de vraies têtes à claque et amènent une dose d'humour salvatrice sans laquelle le spectateur serait sous pression constante du début à la fin du long métrage.

Vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de découvrir ce film sans plus tarder. Que vous ayez 9 ou 90 ans, vous ne pourrez contester la beauté de cette production et au delà de cela vous vous laisserez entraîner dans un monde fascinant où il fait bon retrouver son âme d'enfant dans ce qu'elle a aussi de plus sombre parfois. Une vraie réussite !

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La critique de Mr K: 4,5/6. Voilà un film que nous attendions depuis que Nelfe et moi avions vu la bande-annonce il y a quelques mois de cela. Je ne suis pas franchement Disney (du moins depuis les 90') mais j'avais été plutôt agréablement surpris par leur précédente relecture d'un classique avec Blanche Neige et le chasseur. Bien m'en a pris de ne pas céder à mes pulsions premières et de tenter l'aventure car Maléfique est une belle réussite.

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Il est préférable d'avoir déjà vu La Belle au bois dormant (je pense aux plus jeunes surtout) pour goûter au maximum aux divergences scénaristiques de Maléfique. Le début du métrage s'attarde sur l'enfance et la jeunesse de la pseudo méchante sorcière qui s'avère être une fée plutôt sympathique (niaiseuse diront les esprits chagrins !) vivant en harmonie dans les Landes, territoire des fées et autres lutins. Elle va faire la rencontre d'un jeune garçon (le dénommé Stéphane) dont elle va s'éprendre. Les hommes étant tous des porcs (sic), ce dernier va la trahir des années plus tard en lui coupant les ailes, trahissant par la même occasion sa dulcinée. Maléfique s'enfonce dans son chagrin, se laisse gagner par la colère, isole la Lande du monde des humains et lance une malédiction sur la première née de Stéphane, devenu entre temps roi. La gamine est élevée par trois petites fées bien crétines mais Maléfique veille et pas forcément de la manière dont on croit !

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Ce film est tout d'abord d'une grande beauté. Les 20 premières minutes nous laissent découvrir un royaume des fées enchanteur et divin. Peuplé de créatures plus grotesques et rigolotes les unes que les autres, on se plaît à rêver d'y aller pour s'éloigner du monde des hommes. Mais très vite, on sombre en même temps que l'héroïne dans de superbes tableaux de dark fantasy pure, un univers que j'apprécie tout particulièrement. Des murailles de ronces plus vraies que natures séparent désormais les hommes et le petit peuple. Paysages et personnages sont traités avec finesse et esthétiquement ce film est une grande réussite. Les passages plus branchés action sont aussi de beaux morceaux de bravoures notamment l'affrontement premier entre les hommes et les créatures sylvestres (il y a un côté Ent qui n'est pas pour me déplaire) mais aussi la bataille finale avec un dragon des plus réussi.

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Les acteurs sont au diapason au premier rang desquels Angélina Jolie rayonne de mille feux. D'une beauté froide et touchante, elle donne une grâce, un charme et une mélancolie incroyable à son personnage pour lequel on ne peut qu'avoir sympathie et admiration. Derrière ce cœur de glace se cache un être profondément blessé par le désir et l'ambition d'un homme vide de sentiments et que l'on adore détester, le roi Stéphane est assez pitoyable dans son genre et irritant au possible. La jeune actrice jouant Aurore est aussi très convaincante même si le personnage n'est pas mon préféré tant elle déploie candeur et mièvrerie (en même temps, il s'agit de la Belle au bois dormant tout de même!). Mention spéciale au serviteur métamorphe de Maléfique que j'ai trouvé à la fois touchant et intéressant dans ses rapports ambigus avec sa maîtresse. A bien des égards ce film s'adresse aussi aux adultes par les sens cachés qui ont pu être glissés ici ou là notamment une dimension féministe indéniable et rafraîchissante pour un genre aussi codifié que le conte.

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Au final, on passe une heure et demi de pur divertissement et d'émerveillement. Nous l'avons vu en 3D (pas le choix) mais pour une fois le procédé était bien utilisé et donnait une envergure épique à ce spectacle total. À voir pour tous les amateurs de contes de fée et autres rêveurs en tout genre.

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samedi 21 juin 2014

Queen Tesfa

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Et oui! Déjà 10 ans de glande, de bisous, de calinous, de frôlements affectueux, de croquettes, de thon aux olives, de râleries diverses, de moments de folie à 22h, de squattages éhontés de plumard, de planques dans les cartons, de séances de planton au milieu du passage, de griffage de mur, de papouilles griffues de couverture, de largages de poils tout azimut, d'observations de la nature, de chasses plus ou moins fructueuses (non, non, je balance pas Mademoiselle!), de séances de bronzage sur la terrasse, de parties de cache-cache, de surfing sur tapis... Bref une vie de chat bien remplie!

Bon anniversaire Tesfa!

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vendredi 20 juin 2014

"La Madone au manteau de fourrure" de Sabahattin Ali

couv madonne

L'histoire: À la fin de la Première Guerre mondiale, le père de Raif Efendi, producteur de savon, l'envoie à Berlin pour y apprendre le métier.
Le jeune Turc s'éprend de l'image d'une femme, celle d'une certaine Maria Puder dont il admire l'autoportrait au cours d'une exposition, un tableau intitulé La Madone au manteau de fourrure en raison de la ressemblance avec la Madonna d'Andreas del Sarto.
Fasciné par sa beauté et son port de reine, il tombe fou amoureux de Maria sans jamais l'avoir vue.
Quelques jours avant sa mort, il apprend la vérité sur le sort de sa "madone"...

La critique de Mr K: Voici le compte-rendu de ma première lecture tirée du superbe lot de livres déniché à prix plus que modique lors d'une razzia récente (du moins au moment où j'écris cette chronique). C'est la quatrième de couverture de "La Madone au manteau de fourrure" qui m'a attiré l'œil présentant une histoire d'amour qui paraissait fortement teintée de romantisme. Je ne connaissais pas du tout l'auteur avant de lire cet ouvrage, ce fut une très belle découverte comme vous allez pouvoir le lire.

Le narrateur après une expérience malheureuse dans un poste de banquier trouve un nouveau travail grâce à une ancienne relation. Il va se retrouver dans une autre entreprise commerciale où il va partager son bureau avec un certain Raif Efendi. Mais peu à peu, ce dernier ne vient plus au bureau de façon régulière, bientôt il se fait même rare. Un lien d'amitié ténu s'est tissé entre eux et le narrateur va souvent au chevet de son ami qui semble souffrir d'une étrange maladie et ceci dans l'indifférence totale de sa famille. Un jour, il met la main sur un carnet intime relatant la jeunesse de Raif Efendi, ce dernier lui permet de le lire à la condition de le brûler immédiatement le lendemain.

Commence alors pour le narrateur et le lecteur une plongée immersive à souhait dans le Berlin des années 30. Peu ou pas de références directes au régime hitlérien, on suit simplement la vie au quotidien d'un jeune déraciné turc qui est sensé se former au métier de savonnier. En fait, le jeune homme a soif d'expériences nouvelles et s'émerveille devant cette Europe à la fois proche géographiquement de son pays d'origine et lointaine de part ses mœurs. Le grand choc de sa vie va intervenir un matin par hasard quand il se promène dans une exposition picturale sur les nouveaux maîtres de la peinture. Il tombe nez à nez avec un autoportrait saisissant qui provoque chez lui un choc émotionnel à nul autre pareil: il tombe raide dingue amoureux de cette Maria Punder. Il va finir par la rencontrer et ils vont entamer une relation particulière entre compromis, amitié, amour platonique et élans amoureux irrépressibles. Il plane au dessus d'eux une sorte de fatum insidieux qui va finir par frapper dans les ultimes pages du roman.

Ce roman de 200 pages est une petite merveille de concision et de justesse. Sa grande force réside dans le caractère et l'interaction qu'il existe entre les deux personnages principaux. Ciselés à souhait, on s'attache à eux presque immédiatement et même si parfois, certaines de leurs réactions peuvent agacer ou surprendre, c'est toutes les nuances des relations amoureuses qui sont abordées ici. D'un côté, vous avez un jeune turc un peu déphasé par rapport au lieu où il se trouve, timide et d'une grande sensibilité qui est profondément épris d'une femme qui le fascine et qu'il désire ardemment. De l'autre, vous avez Maria, une femme artiste qui ne fait plus confiance aux hommes et semble apprécier pour la première fois la compagnie d'un des leurs, le trouvant non intéressé et compréhensif comme aucun autre, cependant elle semble elle aussi taraudée par le désir ou du moins à quelque chose qui lui ressemble fortement. Entre ces deux là, un lien incroyable semble prêt à éclore au fil de leurs rendez-vous, repas au restaurants et autres promenades. La valse des sentiments s'engage très vite mais nul ne peut deviner à l'avance où elle va les conduire. Le lecteur ressent ce trouble, les doutes qui l'accompagnent et l'indécision qui règne en maître entre ces deux êtres esseulés. La catharsis fonctionne à plein régime et on est ballotté à merveille par un auteur diablement efficace.

En effet, ce roman est d'une rare beauté littéraire. L'écriture de Sabahattin Ali est d'un raffinement et d'une élégance rare, cela se ressent dans sa syntaxe et dans le vocabulaire employé. Le dépaysement est total dans la forme et renforce le caractère unique de cet ouvrage. N'allez pas croire que le lecture est exigeante et difficile. Bien au contraire, tout semble naturel et aller de soi, l'écriture sert à merveille le souffle romantique de cette histoire et l'on ne peut que se laisser porter par les vents de l'espoir qui soufflent dans ces pages. On en vient donc bien à bout et lorsque l'on referme cet ouvrage, on prend conscience d'avoir lu un petit bijou oriental.

Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas!

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mercredi 18 juin 2014

Festival Photo La Gacilly édition 2014

C'est maintenant un rituel depuis quelques années, tous les ans nous nous dirigeons vers La Gacilly (56) pour découvrir son Festival Photo annuel et en prendre plein les yeux.

Comme vous le savez, je fais partie d'un club photo dans la région et ce festival est pour nous notre sortie de fin d'année que nous partageons avec nos proches dans la joie et la bonne humeur. RDV à 9h et covoiturage jusqu'à La Gacilly, en route pour la 11ème édition !

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Pour cette onzième année, le festival invite les Etats-Unis (et oui, rien que ça!) et se tient jusqu'au 30 septembre. Vous avez donc largement le temps de vous y rendre après avoir lu ce billet qui vous donnera forcément envie d'y aller ("le choc des photos", tout ça...).

Réunissant chaque année plus de 300.000 visiteurs, il n'y a pas moins de 13 zones / lieux de visite dans le village où admirer 20 expositions. Une journée n'est donc pas de trop pour apprécier au mieux les clichés exposés. Cette édition est moins impressionnante que celle de la décennie du festival l'an dernier mais il n'y a pas de quoi bouder son plaisir.

Cette fois encore, c'est la Galerie du Garage qui a ma préférence. Avec ses murs de texture brute tout de blanc repeints et son ambiance minimaliste, je pourrais y passer des heures...

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- Patrick Tourneboeuf et sa série "Monolith" montre les traces laissées par les stigmates de l'Histoire. Vestiges d'un temps douloureux et éphémère, ils s'effacent lentement et doucement en s'enfonçant vers les abîmes, pour disparaître à jamais de nos horizons. La nature reprend donc son pouvoir sur l'Homme et ses ambitions comme pour marquer la fin d'un monde.

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- Mathieu Pernot avec "Ligne de Mire" s'attache aux blockhaus du Mur de l'Atlantique. Il transforme ces lieux d'Histoire en chambre noire projetant sur les murs de l'édifice l'image de la nature environnante perçue à travers les fenêtres de tir.

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Un autre lieu très agréable pour sa fraicheur quand les journées sont chaudes et pour la qualité de ses expositions : la Galerie du Labyrinthe Végétal.

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- C'est là que Nick Brandt expose cette année "Le crépuscule du monde sauvage", une série sur la disparition des animaux sauvages et des espaces naturels en Afrique de l'Est. Il voit son travail comme un testament, celui d'un monde animal qui s'éteint, et tire alors le portrait de divers animaux avec un oeil artistique stupéfiant.

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A la Gacilly tout ne se passe pas en extérieur. La Maison de la Photographie (avec "Le roi du Serengeti" de Michael Nichols) et l'étage de la Galerie de la Passerelle (avec "La nature en équilibre" d'Ansel Adams) sont des lieux d'exposition en intérieur, plus classique dans leur mise en scène. L'un, ancien membre de l'agence Magnum Photos, s'attache à suivre l'existence précaire des lions dans un reportage publié au National Geographic Magazine. L'autre, fut une personnalité visionnaire de la photographie de nature et de la protection des espaces sauvages dont une partie de ces clichés est donnée à notre vue ici.

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Les Jardins de la Passerelle et la Galerie du Grand Chêne sont autant d'endroits où il fait bon flâner et admirer les paysages qui nous entourent et ceux photographiques présentés le long des chemins.

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Un dernier passage par la Galerie du Bout du Pont et ses lieux les plus photographiés chaque année. "Nasa, ils ont marché sur la lune" et "Colors" de Steve McCurry nous laisse à voir les plus grands tirages photo du festival. Impressionnants encore une fois...

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Il est maintenant temps de reprendre la voiture et de rentrer. Comme vous pouvez le voir cette édition 2014 dans son ensemble n'est pas des plus gaies et nous étions quelque peu déprimés à la vue de certains clichés à la fois esthétiquement beaux et désarmant car mettant bien souvent en lumière notre impuissance face à l'évolution du monde. Des questionnements intérieurs salvateurs et la démonstration, si il en faut encore une, de la puissance de la photo. Un très beau moment!

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mardi 17 juin 2014

"La Lance" de James Herbert

James-Herbert-La-lanceL'histoire: Pour venger son associée sauvagement assassinée, le détective privé Harry Steadman se fait passer pour un acheteur potentiel auprès d'Edward Gant, un marchand d'armes qui semble impliqué dans une organisation terroriste internationale.
Mais Gant ne se contente apparemment pas d'encourager de sanglants attentats ou de favoriser l'éclosion de conflits localisés, il se considère investi d'une mission sacrée: assurer le triomphe des puissances des ténèbres.
Et, de toutes les armes qu'il a à sa disposition, la plus redoutable reste la nécromancie...

La critique de Mr K: Ne vous laissez pas abuser par l'hideuse couverture du présent ouvrage, James Herbert vaut bien mieux que cela! Auteur ultra-connu pour sa trilogie des Rats, il n'a peu d'équivalents pour fournir du suspens et des passages bien gratinés en terme de gore. Le quatrième de couverture de La lance m'intriguait car la dimension ésotérique semblait importante dans une histoire qui semblait tendre au prime abord vers le roman policier-espionnage. Je n'ai pas été déçu!

Ex membre du Mossad qu'il a quitté écœuré par la violence et les vendettas, Harry Steadman s'est réfugié au royaume-Uni où il coulait une vie tranquille de détective privé entre histoires d'espionnages industriels et relations adultères à démasquer. Co-propriétaire de la société avec une amie, sa situation est confortable et sans accroc; mais voilà que ses anciennes relations de travail refont surface pour lui confier une affaire délicate, un agent du Mossad a disparu lors d'une infiltration qu'il effectuait au sein de l'entreprise d'un certain Edward Gant, richissime marchand d'arme connu pour ses accointances avec certains groupuscules extrémistes. Il refuse dans un premier temps mais son associée ne veut pas laisser passer une telle occasion pouvant apporter notoriété et fortune à leur agence. Quelques jours plus tard, elle est assassinée sauvagement devant le domicile de Harry. Le sang de ce dernier ne fait qu'un tour et le voilà parti pour une infiltration à haut risque qui va l'emmener sur des voies insoupçonnées et des plus ténébreuses.

Ce roman est de facture classique. On retrouve la figure centrale du héros torturé par un passé qu'il voulait oublier et qui refait surface. On est loin tout de même d'être face à un héros monolithique et sa psyché va bien évoluer au fil de l'intrigue. Très vite, on se rend compte que derrière cette histoire se cache quelque chose de plus gros et les théoriciens du complot seront ravis devant la tournure des événements. Tous les ingrédients sont là pour fournir une excellent page-turner: Mossad, CIA, MI6, Secte Néo-nazie et références multiples à Hitler et Himmler (toutes véridiques et mises en parallèle avec l'évolution de l'intrigue), spiritisme et ésotérisme diabolique, références bibliques, ambiance glauque à souhait, un début d'histoire d'amour... Bref, vous mixez l'ensemble et cela vous donne le présent ouvrage. L'intrigue est très bien menée, les surprises sont certes peu nombreuses mais le final est haletant à souhait. On pourrait même dire que le roman est trop court (280 pages) tant on aimerait en lire encore davantage.

Au niveau formel, on retrouve ici les qualités de Herbert: concision des descriptions, personnages plantés en quelques lignes et développés tout au long de l'ouvrage, un suspens et un caractère d'urgence présent du début à la fin de l'histoire, des passages bien gores mais jamais gratuits et une exploration en profondeur des abysses psychologiques humains. Et oui, il aime notre côté sombre et dans ce livre on peut dire qu'on est servi! L'écriture est égale à celle qu'on lui connaît: accessible mais ne cédant pas à la facilité, les pages se tournent toutes seules. Le plaisir de lecture est total et même si on ne peut pas dire que ce roman soit un classique (il lui manque ce petit supplément d'âme qui sépare l'excellence du très bon), on passe un très bon moment.

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lundi 16 juin 2014

Vinaigrette québecoise!

Nelfe étant partie pour la journée en mission shopping sur Nantes avec une amie, je me retrouve seul aux commandes pour vous proposer un Lundi au soleil pour bien commencer la semaine.

Aujourd'hui, revenons en 1984 avec Marc Drouin et son tube (sic!) "Vis ta vinaigrette"! J'ai cru halluciner quand j'ai aperçu ce titre sur le net! Canadien à la coupe improbable (pour ne pas dire datée), il nous parle de la vie qui n'est qu'une succession de haut et de bas. À partir de là, il enchaîne tout plein de jeux de mots à deux euros plus ridicules les uns que les autres. Sacré Marc! Il se révèle excellent nageur, chevalier des temps moderne combattant des antennes télés, joueur déchaîné de batterie dans l'eau. Le charme kitch opère instantanément et on ne peut que rester baba!

Justice est donc rendue car Marc Drouin a enfin sa place dans nos Lundis au soleil. Enjoy!

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