samedi 23 novembre 2013

Qui se soucie encore du climat?

 

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En signe de protestation contre “la lenteur et le manque d'ambition des négociations”, les ONG ont claqué jeudi 21 novembre la porte du 19e sommet des Nations-unies sur le climat qui se tient à Varsovie, rapporte The Guardian. Une action sans précédent.

“Portant des t-shirts barrés de la mention 'Volveremos' (nous reviendrons), près de 800 membres d'organisations - parmi lesquelles Greenpeace, WWF, Oxfam, 350.org, Les Amis de la Terre [...] - ont rendu leurs badges à l'ONU et ont quitté le Stade national polonais, où ont lieu les négociations”, écrit The Guardian. Dans un communiqué commun, ces ONG ont regretté de n'avoir vu “aucune avancée sur les réductions d'émissions ni aucun appui pour l'adaptation d'ici 2020 - en fait, on observe des reculs”.

Cette conférence, qui se clôture ce 22 novembre, “restera dans les annales comme celle de l'immobilisme et de l'antagonisme”, souligne le quotidien canadien La Presse.

Dessin de Falco dégoté sur le site du Courrier international

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vendredi 22 novembre 2013

"Mémoires d'outre-espace: histoires courtes 1974-1977" d'Enki Bilal

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L'histoire: Recueil de quelques histoires courtes de SF des années 70 d'Enki Bilal éditée dans cette version par le quotidien Libération.

La critique de Mr K: Voici un bel ouvrage dégoté chez l'abbé à un prix modique et qui est régulièrement rangé au titre de classique par les amateurs de SF en bande-dessinée. Je dois avouer que pour ma part je préfère largement le Bilal de cette époque que celui qu'il est devenu. Je fais un blocage avec ses derniers ouvrages qui virent au monochrome bleu et qui me lasse profondément, même si je reconnais les indéniables qualités du bonhomme. Heureusement, il me reste des volumes de ses débuts à me procurer et justement, Mémoires d'outre-space en fait partie. Cette édition est loin d'être prestigieuse, il s'agit d'un volume édité par Libération quand en 2006, ils décidèrent d'accompagner le quotidien tous les samedis d'une BD titrée à Angoulême. Personnellement, ça ne me dérange pas tant qu'on ne touche pas au contenu.

À travers huit récits plus ou moins courts (on oscille ici entre quatre et dix pages par historiette) aux chutes bien senties et à l'humour noir dévastateur, Bilal nous offre des histoires basiques à la SF: colonisation de nouveaux mondes par l'espèce humaine, première rencontre avec une civilisation extra-terrestre, la montée des totalitarisme dans un monde futuriste inquiétant... Autant de micro-récits qui traitent avant tout de la nature humaine, sujet inépuisable qui intéresse beaucoup l'auteur. Comme dans l'essentiel L'homme est-il bon? de Moëbius, le constat est ici implacable, la nature profonde de l'humain est mauvaise quand il s'agit de rencontre avec d'autres mondes et espèces. Violence et cruauté, abrutissement, corruption, envie et orgueil, tout le catalogue des défauts et pêchés propres à notre espèce y passe et finalement, les figures portant le mieux l'humanisme sont des organismes extra-terrestres. Un comble! Au final, à la fin de chaque récit un humain ou plusieurs (voir même l'espèce dans son entier) meurent ou finissent en piteux état!

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Cette BD est une vraie réussite aussi dans sa forme. Bilal en début de carrière avait déjà ce coup de crayon unique et une imagination fertile. Par contre, il utilisait encore toute la gamme des couleurs qui ici font écho au dessin et à la trame. Cela donne des planches absolument somptueuses auxquelles résonnent des textes percutants et simples. Cette accessibilité est vraiment délectable et l'on voit que le Bilal de l'époque s'adressait déjà à un vaste public, une époque (fin des seventies) où le militantisme était beaucoup plus prégnant qu'aujourd'hui et où l'industrie n'avait pas mis à mal la créativité (voir la maison d'édition Soleil qui bien trop souvent se contente de reproduire des recettes qui marchent). La SF est donc ici une arme pour aborder des thèmes bien plus sérieux et bien plus graves qu’il n’y paraît... et comme dans ses autres albums, les préoccupations politiques et sociales chères à Bilal ne sont jamais très loin.

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Au final, j'ai dévoré ce volume avec un plaisir renouvelé à chaque histoire. Les propos sont porteurs d'une manière de voir et de penser qui me correspondent tout à fait, le tout illustré impeccablement par la maestria d'un Bilal au sommet de sa forme. Un petit bijou de BD que tous les amateurs de SF se doivent d'avoir compulsé.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- "La Trilogie Nikopol"
- "La Croisière des oubliés"
- "Partie de chasse"

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jeudi 21 novembre 2013

"Pionniers des ténèbres" de Hugh Walters

pionniersL'histoire: Ils sont quatre astronautes chargés d'une mission délicate et inhabituelle: descendre dans le Mohole, puits gigantesque qui s'enfonce dans les profondeurs terrestres.

Cette équipe, déjà vainqueur de l'Espace, va-t-elle pourvoir percer l'envoûtant mystère du centre de la Terre malgré le catastrophique accident qui les arrête dans leur première tentative?

La critique de Mr K: Ce livre ne m'aura pas coûté un sou et ce n'est pas plus mal! Il faisait partie d'un lot qu'un collègue de boulot avait laissé au CDI du LP pour les donner à qui voulait bien... Je l'adoptai en même temps que deux excellents Pierre Pelot parus dans la même collection (voir critiques ici et ). Des mois après les avoir acquis, je décidai de me lancer dans ce qui s'apparentait à un chouette petit roman SF pour jeunesse. Je rentrai en fait dans un piège littéraire d'une platitude sans borne...

Un trou gigantesque doit être exploré par une équipe de spationautes chevronnés qui pour la première fois vont explorer les profondeurs de la Terre. Ça sent le Jules Vernes me direz-vous mais ça n'en a que l'odeur! La moitié du roman se concentre sur les préparatifs de l'expédition. Si encore cela avait été bien réalisé et haletant... mais l'auteur se contente d'enfiler des perles et des perles de clichés tous plus rébarbatifs les uns que les autres. On baigne dans le tiède, la bonne humeur et la perfection à la mode américaine. En fait, on a vraiment l'impression que les quatre principaux protagonistes sont de jeunes enfants guidés par mère vertu. Ça devient très vite risible et totalement délirant. Je ne vous raconte pas les rapports qu'ils ont avec les commanditaires de la mission et leurs différents supérieurs, la NASA s'apparente ici à une belle famille tout ce qu'il y a de plus équilibrée! Il ne manque plus que le révérend Camden de la série 7 à la maison (série culte réactionnaire US) et on se croirait dans un soap à deux dollars!

Cependant les pages se tournent, on se dit que lors de l'exploration ça va s'améliorer, que l'inconnu va livrer un secret extraordinaire histoire d'émerveiller le jeune enfant qui sommeille en moi... Bien mal m'en a pris, un des héros se retrouve coincé sous terre (c'est cela la grosse catastrophe évoquée en quatrième de couverture!) et se retrouve poursuivi par des œufs sur pattes (véridique!). Le ridicule atteint alors son apogée mais heureusement il ne reste plus qu'une quarantaine de pages et ce mini-calvaire se termine dans un gigantesque happy end des plus niais. Ouaaais...

Ma sentence est irrévocable et ce sera mon dernier mot, ce livre est une bouse. Écriture et style insipides, moralisateur et sans aspérité, aucune empathie pour les personnages et une intrigue bâclée... Vous trouverez donc dix fois mieux pour faire découvrir la SF à vos chers marmots. À bon entendeur!

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mercredi 20 novembre 2013

"9 mois ferme" d'Albert Dupontel

Affiche_9moisL'histoire: Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux moeurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend...

La critique Nelfesque: Dupontel... Tout un programme! Dès qu'un film de ce réalisateur sort en salle, je ne peux pas m'empêcher de m'y rendre. Et je fais bien! Ici encore, avec son "9 mois ferme", il n'a pas déçu la grande fan que je suis.

Dupontel c'est la folie, le jusqu'au-boutisme de l'humour noir. On aime ou on n'aime pas, il y a rarement de juste milieu. J'ai choisi mon camps depuis de nombreuses années et ici encore, c'est du grand Dupontel qui nous est offert sur un plateau.

Moments gores drôles, moments touchants, pétages de plombs, délire total: tout est là. En vrac, on retiendra les différents scénarios de Bob expliquant comment un homme qu'il a cambriolé a pu être retrouvé sans bras, sans jambes et sans yeux, la scène où Ariane découvre qu'elle est enceinte, les différentes interventions de son collègue amoureux transi à la fois pitoyable et si sûr de lui... Autant de moments de cinéma où la folie rencontre la finesse, où la vision du réalisateur est tour à tour incisive et pleine de tendresse.

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Car c'est cela le cinéma de Dupontel, une tendresse particulière, bien à lui, difficile à définir mais tellement palpable à la vision de ses films. Comme Mr K le détaillera plus bas, les personnages sont finement ciselés, du principal au secondaire, jusqu'au figurant. L'amour qu'il porte au cinéma et aux acteurs n'est plus à prouver.

Un concentré de bonne humeur déjà palpable dans la bande annonce qui est tout à fait fidèle au film. Pas de publicité mensongère, 1h20 d'un film que je vous recommande.

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La critique de Mr K: 5/6. Je suis un inconditionnel du bonhomme depuis Bernie et ce film ne fait que conforter le fait qu'il est le seul à vraiment oser le thrash dans le milieu sclérosé de la comédie made in France. Mais résumer Dupontel à ce seul aspect serait se méprendre profondément.

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Durant 1h30 de métrage, on ne s'ennuie pas une seconde. C'est vrai que le début commence doucement mais c'est pour mieux cerner les personnages. Dupontel s'attarde donc sur la vie morne et réglée à la seconde près de la juge Sandrine Kimberlain, juge psycho-rigide pathologique. Cela donne lieu à de bons moments qui mélangent habilement humour et mélancolie. Sa vie va radicalement changer quand elle va se rendre compte qu'elle se retrouve enceinte suite à un égarement plutôt rock and roll avec le sieur Dupontel, braqueur multirécidiviste amateur selon la presse de globe oculaires en salade! La rencontre, vous l'imaginez va être explosive!

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Le grand talent de Dupontel est l'amour qu'il porte à ses personnages. Des passages sont vraiment hilarants (Kimberlain déambulant saoule dans la rue, moment unique), d'autres beaucoup plus tendres mais sans mièvrerie mal venue (le personnage du braqueur qui va se rendre compte qu'il va devenir papa). Il y a évidemment les deux personnages principaux qui sont très réussis mais comme à son habitude, Dupontel se fait un point d'honneur à ciseler ses personnages secondaires qui resteront pour certains longtemps dans la mémoire des spectateurs. Mention spéciale pour moi à l'avocat bègue campé avec panache par un Nicolas Marié encore plus décalé que d'habitude (il était déjà remarquable dans le rôle du médecin de famille azimuté du aussi très réussi Le Vilain). Kimberlain rayonne de tout son talent dans ce film où elle est entourée de grands malades: Dupontel égal à lui même, un collègue transi d'amour pour elle insupportable à souhait que l'on adore détester...

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Ce décalage des personnages est servi à merveille par la réalisation. En plus d'être un auteur exigeant et novateur, Dupontel se révèle inventif et esthète la caméra au poing. Cela se traduit par un film baignant dans une atmosphère étrange où les couleurs et les cadrages renvoient à la folie qui se dégage des personnages. Il y a du Caro et Jeunet dans l'air (période Delicatessen, La cité des enfants perdus), cela rend ce film très particulier et assez bluffant dans son genre. Je ne lui mets pas pour autant un 6/6 car je regrette un peu le caractère convenu de l'histoire qui ne réserve pas vraiment de surprises. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce Dupontel-ci est un grand crû qui réchauffe le cœur et l'esprit!

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lundi 18 novembre 2013

"Un froid d'enfer" de Joe R. Lansdale

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L'histoire: Las de supporter la puanteur du cadavre de sa mère qu'il a conservé pour toucher les allocations, le jeune Bill Roberts braque en face de chez lui la cabane d'un marchand de pétards. La cavale qui s'ensuit est une succession d'imprévus mortels où Bill s'adapte dans un environnement radicalement transformé par la fuite. Le pote sympa se transforme en allumé dangereux. Une mare tranquille devient, la nuit, le plus effroyable des marais et le plus simple des flics se découvre des instincts de prédateur... Tout plutôt que de se laisser prendre! Le visage totalement déformé par des morsures de serpents, Bill croise la route d'un cirque itinérant spécialisé dans les monstres...

La critique de Mr K: C'est une fois de plus lors d'une escapade chez l'abbé que je tombai sur ce livre. La couverture et le titre m'ont de suite attirés, la quatrième de couverture a fini de me convaincre. Les attentes étaient donc grandes vu le climax bien glauque et barré qui se dégage du résumé. La lecture fut rapide, mon avis sera contrasté.

L'auteur rend directement dans le sujet et nous livre un personnage principal des plus ragoutants. Morbac et profiteur invétéré, il vit donc avec le cadavre de sa génitrice! Dès les premières pages, le malaise s'installe et l'on peut presque ressentir l'odeur et la poisse nous coller à la peau. Le type est dérangé c'est sûr mais plus on tourne les pages et plus il semble frappé d'un fatum qui l'oblige à aggraver son cas! Complètement perdu et en vase clos dans la demeure de sa mère, face à l'échéance des factures, il décide de braquer une boutique éphémère parmi tant d'autres. En effet le 4 juillet en Amérique est une fête-clef et les gens célèbrent la fête nationale en achetant des pétards. Le braquage tourne mal et Bill est obligé de s'enfuir. Après une course poursuite éprouvante dans les marais, il finira par se retrouver accueilli dans une espèce de fête foraine itinérante. Ce début de roman est un modèle de rythme et de réussite. L'action est trépidante, les personnages sont croqués de fort belle manière et l'ambiance noire et oppressante est remarquablement bien rendue.

Ca se gâte donc dans la deuxième partie du volume qui voit Bill s'intégrer dans une étrange micro-société constituée essentiellement de freaks à la manière du cultissime film de Tod Browning. Cela donne lieu à toute une série de portraits aussi crûs que réalistes. Mention spéciale à l'homme chien qui va devenir le meilleur ami de Bill et qui est un modèle d'humanité sous ses airs de monstres. Il ressort de ce personnage une profonde mélancolie qui m'a frappé en plein coeur. Pour le reste l'histoire poursuit son cours de façon plutôt mollassonne et l'intrigue devient plus classique et surtout moins déviante. Une pin-up de rêve qui est en ménage avec le directeur de la troupe (un monstre plutôt repoussant) commence à entamer une danse des sept voiles avec Bill qui devra choisir entre ses nouveaux amis et les appétits féroces de la belle entre sexe et argent facile. Du classique donc qui se termine ici dans un noir intense et un sentiment de dégoût absolu chez le lecteur tant l'espoir semble avoir disparu des pages qu'il vient de lire.

Au final, je dirai que cet auteur est vraiment à découvrir tant son écriture brute de décoffrage frappe en plein coeur et souvent, en pleines tripes. Attention, vous aimerez ou non, je pense que les avis seront très partagés. Il y a un côté redneck dans cette littérature qui tend dans l'absolu dans la première partie de l'ouvrage avec une description sans concession du personnage principal et de ses pulsions et aspirations. Malheureusement comme dit précédemment, le soufflé retombe avec une deuxième partie plus attendue et qui fait irrémédiablement penser à un classique des classiques qu'est Cristal qui songe de Théodore Sturgeon dont la trame principale est très proche par moment de ce roman. Une lecture donc sympathique mais pas essentielle, qui fera le bonheur des amateurs de romans noirs et de voyages au fin fond de l'Amérique profonde.

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dimanche 17 novembre 2013

Challenge "Livra'deux pour pal'Addict" avec faurelix

Quel plaisir de repartir sur le désormais habituel challenge "Livra'deux pour pal'Addict"! Plaisir d'autant plus grand que c'est avec faurelix, ma copinaute quasi jumelle astrale de lecture (je vous assure, c'est limite flippant!), que je me lance cette fois ci. Ca promet!

Livra'deux pour pal'Addict

Le principe du challenge est toujours le même: en binôme, chacun choisi dans la PAL de l'autre, trois livres :
- qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire
- dont il aimerait avoir l'avis d'un ami
- dont les titres l'interpellent pour leur résumé...

Les 3 livres choisis par faurelix:
"Zulu" de Caryl Ferey - un livre qu'elle aimerait lire car elle a eu une sacrée claque avec "Haka" du même auteur. 
- "Terreur" de Dan Simmons - un livre qui est chez elle, que son homme a adoré (comme le mien ^^) mais dont le nombre de pages lui fait peur...
- "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer - pour changer de style, parce qu'elle l'a aimé et qu'il dort dans ma PAL depuis un long moment (elle a l'oeil!)
- En bonus (ben ouais, elle est comme ça faurelix!), "Trois ombres" de Cyril Pedrosa - la couverture l'attire et c'est bien pratique d'avoir une BD à lire quand on n'arrive pas à honorer ses challenges (bien vu!!!!)

Mes 3 propositions pour faurelix:
- "Le Serment des Limbes" de Grangé - parce que quand je vois un Grangé dans une PAL, je ne peux pas l'y laisser!
- "Le livre noir de l'agriculture" d'Isabelle Saporta - parce que c'est un essai qui m'a vraiment marquée et dont je conseille la lecture dès que je peux. Tu vas peut être vouloir arrêter de manger après cela et m'en vouloir à mort mais si tu en as encore sous le coude, tu pourras enchainer avec "Faut-il manger les animaux?" de Safran Foer. J'en ai déjà débattu longuement sur mon suivi et dans mes billets mais il faut vraiment que les gens arrêtent de manger n'importe quoi...
- "Les Débutantes" de Courtney Sullivan - pour qu'il y ait de la littérature contemporaine dans cette sélection et parce que c'est un vrai concentré de vie cet ouvrage.

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De mon côté, je choisi "Zulu" de Caryl Ferey! Pourquoi? Parce que c'est celui qui me fait le plus envie pardi!
Pour découvrir le choix de faurelix, c'est par ici. J'espère que le mien n'était pas trop prévisible (mais j'ai bien peur que si... ;) )

Et c'est parti pour ce challenge qui se terminera le 31 janvier 2014. Bonnes lectures!

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samedi 16 novembre 2013

Les Utopiales - Edition 2013

Les Utopiales, Festival International de Science-Fiction, ont eu lieu du 30 octobre au 4 novembre à Nantes. Rendez-vous incontournable pour les amateurs de SF, c'était aussi l'occasion pour nous de remettre le couvert après une édition 2011 forte appréciée. Nous nous sommes donc réservés le même hôtel que la première fois et nous sommes rendus sur place pour un petit week-end qui vous le verrez dans un prochain article n'a pas été placé que sous le signe de la SF.

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Le vendredi, c'est férié et la météo n'est pas au beau fixe. Qu'à cela ne tienne, après 2 heures de route, nous voici dans le saint des saints de la planète SF. Le thème de cette année est "Autre(s) Monde(s)". Tout un programme! 

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En parlant de programme, le notre n'est pas vraiment fixé. Nous avons quelques "impératifs" comme des horaires de dédicaces à respecter, la projection de "Imaginaerum" à aller voir au cinéma (et dont nous ferons la chronique prochainement), des tables-rondes qui nous intéressent mais nous nous sommes laissés le champs relativement libre.

On déambule dans l'enceinte du festival, à la découverte des expositions présentes cette année, et on commence dès l'entrée avec celle de Vincent Callebaut, architecte qui a aussi réalisé l'affiche du festival. L'ancienne étudiante en architecture que je suis ne peut qu'apprécier ces propositions d'habitats du futur sans pour autant être émerveillée comme n'importe quel autre visiteur néophyte. Force est tout de même de constater que "Les Cités fertiles" sont remarquables dans leurs propositions et que l'une d'elle est même en cours de réalisation à Dubaï. Habiter demain commence aujourd'hui!

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"Souvenirs de l'empire de l'atome" revisite sur différents supports l'histoire de Paul, écrivain de SF des années 50 qui communique par télépathie avec le héros d'une épopée galactique située dans le futur.

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Tout au fond du Centre des Congrès, on retrouve une exposition consacrée à Raymond Poïvet, pionnier de la BD SF. Il faut aimer le style daté de ces bandes dessinées mais la notion de travail prend tout son sens quand on voit les planches originales retouchées maintes fois à la main avant publication.

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"Futuro Technos" est l'occasion de voir de près et même de tester des programmes de recherches. Souvent cantonnés aux laboratoires, ils sont ici présentés au public et vulgarisés. Nous avons pu ainsi avoir le privilège de tester un bras exosquelette conçu pour repousser les frontières du possible, pour améliorer le quotidien de personnes handicapées retrouvant ainsi leur motricité, pour soigner et rééduquer dans des programmes de kinésithérapie, pour réparer dans l'espace mais aussi pour augmenter les capacités humaines. Bluffant!

Dans le cadre de cette exposition, Nao est de retour. Nous l'avions râté l'an dernier, il est revenu pour nous! Célèbre robot humanoïde autonome conçu et fabriqué en France, il est aujourd'hui principalement utilisé au sein de laboratoires de recherche et pour l'enseignement. Plus de 400 établissements l'utilise tant pour explorer ses capacités d'intéraction (comme avec des enfants autistes ou des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer...) que comme plateforme pédagogique. Encore sous forme de prototype, ce petit robot peut être programmé pour être un parfait robot de compagnie, partenaire de jeu, garde-malade, objet communicant... Petit clin d'oeil au passage pour l'excellente série "Real humans"!

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Côté conférences et tables rondes, cette année, nous avons fait soft. Nous avons capté de loin certaines bribes de débats mais n'avons véritablement assisté qu'à l'une d'entre elles: "Parcs d'attractions, malls et mondes factices". Avec Xavier Mauméjean (auteur de "Lilliputia" que Mr K a adoré et qu'il faut absolument que je lise) et Marc Caro (réalisateur que l'on ne présente plus! "Delicatessen" et "La Cité des enfants perdus" quand même!) on pouvait s'attendre à un chouette moment. Et ce fut le cas! Débat autour des faux-semblants et des lieux factices qui nous entourent. Où est la réalité, où commence la fiction, sommes-nous de simples marionnettes au bout de fils?

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Enfin, côté dédicaces nous n'avons pas été déçus (ou presque). La plus grande librairie de SF d'Europe nous a tendu ses petits bras et nous n'avons pas pu résister à la tentation...

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Nous avons rencontré Pierre Bordage et Mr K a cette fois ci réussi à lui aligner plus de 3 mots! Miracle! La prochaine fois, on l'embarque manger un morceau! Toujours sympa et disponible, on a discuté un bon moment avec lui et Alain Grousset. Grand moment pour Mr K. Héhé!

Je voulais absolument revoir Vincent Gessler à qui j'avais fait dédicacer "Cygnis" en 2011 et qui m'avait laissé un excellent souvenir. Je suis repartie cette fois ci avec "Mimosa" et le sourire jusqu'aux oreilles tant cet homme là est la gentillesse incarnée!

Et en parlant de gentillesse, nous n'avons pas été en reste avec Xavier Mauméjean qui je crois restera LA belle rencontre de ce festival. Homme passionnant et passionné, très attentif et prévenant, il a conseillé et fait tout une liste d'oeuvres sur un thème bien précis à Mr K. Une vraie mine d'informations donnée sans prétention et un sourire sincère. Xavier t'es notre chouchou!

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Et on termine ce long billet par les traditionnelles photos de romans et la liste des acquisitions:

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Portrait de famille "les dédicacés":
- "Guide de survie en territoire zombie" de Max Brooks (je n'en ai pas parlé... C'est normal!)
- "Word War Z" de Max Brooks (où comment dédicacer un roman plus vite que l'éclair)
- "Les Fables de l'Humpur" de Pierre Bordage
- "Abzalon" de Pierre Bordage
- "Lilliputia" de Xavier Mauméjean
- "Mimosa" de Vincent Gessler

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Portrait de famille "les petits nouveaux de nos PAL":
- "Ad Noctum" de Ludovic Lamarque et Pierre Portrait
- "Mimosa" de Vincent Gessler
- "American Gothic" de Xavier Mauméjean
- "Moi, Lucifer" de Glen Duncan

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On remet ça l'an prochain avec peut être une meilleure organisation pour réussir à croiser les copains de la blogosphère ;)

jeudi 14 novembre 2013

6 ans! L'année du CP!

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C'est un peu une habitude chez nous de laisser passer l'anniversaire de notre blog. Cette année encore, nous ne dérogeons pas à la règle puisque c'est le 12 novembre que Le Capharnaüm éclairé a soufflé sa 6ème bougie.

Et oui, 6 ans, c'est pas rien! Nous sommes quelques uns à être des vieux de la vieille de la blogosphère "culturelle" à tenir bon! "On en a vu arriver des jeunots, hein Marcel!?" et surtout on prend toujours autant de plaisir, Mr K et moi même, à tenir notre petit espace à nous et à partager nos coups de coeur, nos coups de gueule, nos lectures, nos passions avec vous...

Pas de concours pour l'évènement, pas de grandes effusions de sentiments ni de stats bilan, juste un grand MERCI pour ces années partagées, ces échanges passionnants et ce plaisir sans cesse renouvelé de vous retrouver un peu dans nos vies tous les jours.

Merci donc de nous suivre toujours plus nombreux ici et sur notre page facebook depuis quelques mois. On vous aime, vous êtes les meilleurs lecteurs de la galaxie!

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mercredi 13 novembre 2013

"L'Exécution" de Robert Badinter

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L'histoire: "Un grand roman classique, une histoire de haine, de sang, de mort et d’amour. Oui, d’amour. Unité de temps, de lieu, trois personnages : l’auteur, son vieux maître, la victime – oui, la victime – et puis la foule, avec quelques silhouettes bien plantées au premier rang. Un récit qui va droit son chemin vers la réponse à l’unique question : mourra-t-il?
Ce qui importe, c’est de savoir ce qu’est la justice, comment elle fonctionne, à quoi sert un avocat, pourquoi la peine de mort. C’est tout cela qui nous bouleverse dans ce beau livre, dur et sensible à la fois. Ne laissez plus passer, en tout cas pas ainsi, ce qu’on nomme par dérision peut-être la Justice des hommes."
Pierre Viansson-Ponté, Le Monde, 3 octobre 1973.

La critique de Mr K: Une très belle lecture aujourd'hui avec cet ouvrage de Robert Badinter, un des hommes politiques que je respecte le plus de part ses actes, son charisme et désormais ses mots. Avocat de formation, il restera dans la mémoire collective comme l'artisan de l'abolition de la peine de mort en France qui était très en retard dans le domaine à l'époque. Envers et contre tous, l'opinion publique était clairement pour garder le châtiment suprême, avec l'appui de Mitterrand, il mènera à bien cette réforme emblématique de la Justice française. Ce livre est une plongée dans le passé de ce ministre hors norme, le récit d'une affaire à laquelle il a participé et qui l'a marqué à jamais et le poussera à rentrer en politique.

Dans L'Exécution, nous suivons Robert Badinter tout au long d'un procès qui fit grand bruit: une évasion qui a mal tournée, prise d'otage et notamment, une infirmière de l'administration pénitentiaire égorgée. Ce crime immonde passionne les foules et la tension est grande autour des deux accusés. Robert Badinter défend le coaccusé que l'on accuse de meurtre et qui pourtant prétend n'avoir jamais tué. Au fil du développement de la préparation du procès, l'avocat se rend compte qu'un premier rapport d'expert discrédite la thèse que son client ait porté le coup fatal. Malheureusement, ce rapport a été réfuté pour vice de forme. Persuadé de l'innocence de son client, commence un compte à rebours éprouvant durant tout le roman pour essayer de sauver cet homme qui n'a pas tué. Pour Badinter, il est clair qu'on ne tue pas un homme qui n'a pas tué. Ce leitmotiv est ce qui le guide durant tout cet écrit.

J'ai peu lu de roman où l'on suit le regard et le point de vue d'un avocat. Ce point vue différencié permet une autre lecture sur le drame qui se joue et l'on se rend compte que derrière les procédures judiciaires, les plaidoiries et les grandes phases judiciaires, se cache un travail de fourmi, ultra-complexe et précis qui est mené par des hommes comme vous et moi. Ce livre est rempli à ras bord d'humanisme. C'est sa première vertu, l'émotion ici n'est pas feinte, le réel vous prend en entier sans espoir de retour en arrière. Au fil des pages, la tension monte, peu à peu, insidieuse et implacable. Difficile de relâcher ce volume dans ses conditions tant on se sent concerné par ce combat et par les changements d'états d'esprit de l'avocat qui passe par tous les stades avant l'inévitable mot fin qui ici raisonne au son de la guillotine. Ne vous inquiétez pas de ce spoiler, l'intérêt du livre réside dans son développement, le cheminement du héros-narrateur et les principes évoqués.

Badinter alterne entre ses passages relatant l'affaire des passages plus intimistes mettant principalement en scène son regretté maître qui lui a tout appris du métier d'avocat. Cela donne lieu a des anecdotes parfois truculentes (il faut voir les relations que le vieux de la vieille entretient avec le Milieu!) et de grandes leçons de sagesse pour son jeune disciple. Cela transpire la filiation et la pédagogie, un bonheur de lecture pour le novice que je suis dans le domaine judiciaire. À travers ses flashback, Badinter nous apprend donc comment il a été formé, pétri par son maître et l'on comprend mieux l'homme qui est devenu par la suite.

Au final, j'ai dévoré ce livre en deux jours! Une merveille de concision, d'écriture limpide et exigeante et un contenu humaniste au possible (ça fait du bien par les temps qui courent!). On ne peux que penser au Journal d'un condamné à mort de Victor Hugo, écrit plus de 150 ans auparavant et auquel ce livre fait irrémédiablement écho. Badinter mènera son combat à son terme quelques années après avoir écrit ce livre. Un petit bijou qui je vous invite à découvrir au plus vite!

samedi 9 novembre 2013

"Train d'enfer pour Ange rouge" de Franck Thilliez

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L'histoire: Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination.

Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin...

La critique Nelfesque: Ce faisait un bon moment que "Train d'enfer pour Ange rouge" trainait dans ma PAL. Quoi de mieux qu'un challenge pour l'en sortir? 2 challenges!? Qu'à cela ne tienne!

Vous connaissez mon amour pour les thrillers. J'avais déjà lu par le passé, deux romans de cet auteur, "La Chambre des morts" et "La Forêt des ombres", que j'avais trouvé assez efficaces. Ici, je ne sais pas si ce n'était pas le bon moment pour le lire ou si avec le temps je m'habitue au genre et deviens de plus en plus exigeante, mais je ressors de cette lecture avec une drôle d'impression...

Le premier mot qui me vient à l'esprit est: "too much" (oui ça en fait deux... sauf si on traduit en français par "trop"!). Trop de gore en premier lieu alors que je suis la première à en être friande, trop d'invraisemblances dans la psychologie des personnages à laquelle je suis très attachée dans ce genre de roman, trop de tentatives de suspens qui ont fait flop chez moi, trop de trop! Trop! TROP!

Le roman date de 2002, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis 10 ans, beaucoup de très bons thrillers ont été écrits... Quoi que, là, je suis en train de chercher des excuses à mon manque d'enthousiasme pour ce roman ci puisque fort est de constater que, contre exemple, j'ai adoré "Les Racines du mal" de Dantec paru en 1995. On ne joue pas dans la même cour!

Non, je crois tout simplement que je n'aime pas vraiment cet auteur qui, plus que de la qualité, propose à ces lecteurs du sensasionnel pour vendre. J'ai conscience qu'en disant cela je peux m'attirer les foudres des fans de Thilliez mais que voulez-vous, j'ai une vocation de martyr!

Pourquoi donc en suis-je arrivée à cette conclusion et particulièrement avec "Train d'enfer pour Ange rouge"? L'histoire ici est sordide, glauque à souhait, dans le milieu du sado-masochisme et de l'industrie du sexe où une bande de détraqués de la b*** ne trouve rien de mieux que d'astiquer Popole devant des vidéos semblant être le reflet d'activités non consenties et parfois même devant des snuff movies. Thilliez nous amène donc dans un monde très noir fait de perversité poussée à l'extrême. Dès les premières lignes du roman, le ton est donné avec la découverte d'un premier corps mutilé à un point que je ne crois pas avoir lu de descriptions plus insoutenables jusqu'alors. Les morts se succèdent, l'enquête piétine. Sharko, le commissaire et protagoniste principal du roman, est tiraillé entre la disparition de sa femme et son enquête... Comme je le disais précédemment beaucoup de descriptions sordides qui à mon sens ne font pas avancer l'histoire mais donne à montrer aux lecteurs. Une sorte de voyeurisme gratuit auquel je n'ai pas adhéré.

Sharko ensuite, flic en souffrance suite à la disparition de sa femme survenue 6 mois plus tôt. Quand je dis "disparition", c'est d'une vraie disparition dont il s'agit et non une manière élégante de dire qu'il est veuf. De là à penser que celle ci a un lien avec l'histoire principale du roman, il n'y a qu'un pas que je vous laisse franchir si vous le souhaitez. Personnage capable du meilleur comme du pire sous la plume de Thilliez qui tour à tour en fait un homme posé et réfléchi puis le fait s'énerver et jouer les gros bras quelques pages plus loin. Très peu crédible... Autant j'aime bien le premier autant le suivant m'agace par ses interventions vues et revues. Rien d'original sous le soleil et une pointe de lassitude se fait sentir dans ma lecture.

Certains qualifieront "Train d'enfer pour Ange rouge" d'un bon page-turner. Oui, c'est possible... Je l'aurai lu il y a quelques années, je l'aurai peut être dévoré. Au lieu de ça, je l'ai clairement terminé pour honorer mes challenges (et encore, j'en rends un en retard) sans vraiment d'entrain. Sans doute aspiré-je (ceci n'est pas une faute) à plus que du "gore, du cul et du sang" maintenant en matière de thrillers. Tant pis pour cette fois!

challenge thriller
Livra'deux pour pal'Addict

J'ai lu ce roman dans le cadre du "Challenge Thrillers" et du challenge "Livra'deux pour pal'Addict".