mercredi 7 janvier 2015

La liberté assassinée...

charlie


mardi 6 janvier 2015

Premier craquage de 2015

Sous couvert d'accompagner Nelfe dans la découverte d'un magasin de tissu (le papa Noël lui a offert une machine à coudre dont elle vous parlera dans un futur post), j'avais en fait ourdi un plan lourd de conséquence pour ma PAL. Pourquoi ne pas profiter de la nouvelle année pour aller chiner quelque peu dans des brocantes de la région? Ce qui devait arriver arriva! J'ai une fois de plus cédé à la tentation, Nelfe dans une bien moindre mesure...

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- Étoiles, Garde à vous de Robert A. Heinlein. J'ai adoré le film de Verhoeren Starship Trooper qui est tiré de ce roman, je m'attends à une belle dénonciation de l'autoritarisme militaire. Je suis en plein dedans et je ne suis pas du tout déçu. Chronique à suivre dans le mois (j'en ai dix autres déjà prêtes à poster!).

- Le Survivant de James Herbert. Le pitch est vraiment intrigant avec cet ultime rescapé d'un crash aérien cherchant à savoir pourquoi lui s'en est sorti et pas les autres... J'avais aimé La Trilogie des Rats du même auteur, gageons que celui-ci soit aussi réussi en terme de suspens.

- L'armure de vengeance de Serge Brussolo. Mon amour pour Brussolo n'est plus à prouver, il retourne ici au Moyen-âge avec une étrange armure mue par une volonté propre! Polar, fantastique, le tout mâtiné d'un background médiéval, la recette semble bonne!

- Cette nuit-là de Linwood Barclay. Recommandé par Michaël Connelly lui-même, à priori il s'agit d'un thriller page-turner efficace où il est question de la disparition de la famille d'une jeune fille partie fait le mur pour une soirée. À voir!

- Le Rocher de Tanios d'Amin Maalouf, prix Goncourt 1993 de mémoire. À priori un excellent livre entre aventure et intimisme. J'ai hâte de le lire!

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- La Pentalogie de la Belgariade de David Eddings. À 50 centimes la pièce, difficile de résister surtout qu'il est précédé d'éloges très flatteurs chez tous les amateurs du genre fantasy peu représenté dans ma PAL (bon, on cherche les excuses qu'on peut!). Je pense les amener tous les cinq en Asie du sud-est d'ici peu, on aura une longue escale de 14h à Abu Dhabi sur le retour et des moments de farniente en prévision. À raison de 1kg au total, ça ne pèse pas trop lourd dans les bagages!

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- La Pentalogie de la Mallorée de David Eddings. Vous l'avez compris, il y a un ou une grande fan d'Eddings qui a lâché son stock dans la région. Ce deuxième cycle fait suite à celui précédemment évoqué, vu le prix je décidai de doubler la mise. On est des oufs et on n'a peur de rien!

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- Le DVD de Enter the Voïd de Gaspard Noë. Mon grand regret de 2010 en matière de cinéma: ne pas avoir pu aller le voir! Il parait qu'il est cultissime, j'aime le bonhomme, sa filmographie, sa technique et son esprit frondeur. Visionnage prévu ce vendredi avec Nelfe et mon plus vieil ami. Ca va dépoter!

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- Mémé de Philippe Torreton. Vous vous rappelez? Nelfe m'accompagnait et elle aussi a craqué... Ce livre lui a fait de l'oeil dès sa sortie en librairie, le hasard lui a permis de l'acquérir à prix modique! Elle s'attend à beaucoup pleurer, rassurez-vous je serai là pour la consoler!

Bonne pioche donc que cette expédition de début d'année qui s'est avérée fructueuse en terme d'acquisitions et riche en promesses d'évasion. Y'a plus qu'à!

dimanche 4 janvier 2015

Thaïlande V2 : voyage de noces in progress !

Rappelez-vous, en 2010, nous partions en Thaïlande pour un trip de 4 semaines en vols secs et sacs à dos. L'Asie, le continent qui me fascine depuis toute petite, la Thaïlande, un pays dont nous sommes littéralement tombés amoureux Mr K et moi lors de notre précédent voyage.

Comme vous le savez, nous nous sommes mariés en septembre dernier et maintenant que tout est bouclé, nous pouvons vous le dire : presque 5 ans après notre découverte du Royaume de Siam, nous retournons dans ce pays cher à notre coeur ! C'est la destination que nous avons choisi pour notre voyage de noces !

Alors j'en entends certains dire : "Oh mais non ! Encore !?" A ceux là je voudrais dire que ce n'est pas parce qu'on a été une fois dans un pays qu'on le connaît de long en large. Qui peut se targuer de connaître la France dans ses moindres recoins par exemple ?
D'autant plus que contrairement à notre premier voyage, où nous avions mis les voiles vers le nord et l'ouest du pays, cette fois ci, après quelques jours sur Bangkok, nous mettrons le cap sur les îles du sud-est du pays, les îles aux larges du Cambodge, les plages, le soleil et le farniente.

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(clic pour voir en plus grand)

Nous n'avons jamais fait les îles thaïlandaises et cette fois encore nous n'en verrons qu'une infime partie, préférant celles du Golfe du Siam à celles de la Mer d'Andanam pour cette fois. "Quoi !? Vous comptez y retourner une 3ème fois un jour !?". Il ne faut jamais dire jamais...

Ce voyage nous mènera sur les terres thaïlandaises pendant 2 semaines (vols compris) courant février. Quelle joie de nous imaginer le cul dans l'eau, au soleil, pendant qu'en France les manteaux seront de mise ! Oui, je sais c'est sadique et cruel pour vous mais qu'est ce que c'est bon ! Héhé !

Contrairement à notre précédent voyage et comme il s'agit ici de notre voyage de noces, nous nous la jouons moins roots cette fois ci. A savoir que nos vols et billets de trains français sont déjà réservés ainsi que nos hébergements sur place. Grosse nouveauté ici car d'ordinaire nous partons sans attaches à l'arrivée si ce n'est un point de chute pour la première nuit. Oui mais voilà, février est la haute saison touristique dans les îles et nous ne voulons pas galérer sur place alors que nous avons si peu de jours pour en profiter.

En détail cela donnera donc :

Jour 1 : Arrivée à BKK et logement à proximité du quartier Thewet pour lequel nous avions eu un vrai coup de coeur. Un petit village en plein coeur de la capitale, en bord de fleuve.

Jours 2 et 3 : BKK pour découvrir d'autres endroits autres que les incontournables que nous avons déjà fait.

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Jour 4 : Départ pour les îles avec un avion direction Trat (un peu plus d'1h) le matin puis un bateau pour Ko Kut (aussi appelé Ko Kood) (1h30).

Jours 4, 5, 6 et 7 : Ko Kut, la quiétude des lieux, les plages... Exploration des environs terrestres et maritimes.

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Jour 7 : Bateau pour Ko Chang (aussi orthographié Koh Chang) (1h30).

Jours 7, 8, 9, 10 et 11 : Ko Chang, même programme que Ko Kut avec plus d'activités, l'exploration de la jungle au centre de l'île, sorties en soirée, snorkeling... Ko Chang étant plus animée.

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Jour 11 : Départ de Ko Chang en bateau pour Trat avant un vol pour BKK dans la foulée.

Jours 11 et 12 : BKK pour un dernier coucou et quelques emplettes.

Jour 13 : Retour en France et fin du voyage.

Voilà, vous savez tout ou presque... Il ne nous reste plus qu'à compter les jours qui nous séparent de notre départ, nous faire vacciner (parce que comme des nouilles, on a oublié de faire faire notre rappel donc on recommence depuis le début...), acheter les billets bateaux que l'on prendra directement sur place (parce que les frais bancaires, ça commence à suffire !).

Nous vous raconterons nos aventures une fois de retour et mettrons sans doute quelques photos sur notre page facebook ou mon compte Instagram histoire de se la péter un peu une fois sur place.

Avant de partir et comme je me rends compte que nous n'avons jamais fini de vous raconter notre voyage de 2010, si ça vous intéresse, je peux reprendre le fil de l'histoire et mettre quelques photos de la fin de notre précédent périple. Sur le tag Thaïlande, il manque nos quelques jours à Kanchanaburi et les derniers jours à Bangkok. Une sorte d'avant goût...

Allez, roulez jeunesse !

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samedi 3 janvier 2015

"Pas nette la planète" de Plantu

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L'histoire: Nous vivons, sans trop vouloir le savoir, dans un univers inquiétant. À l'est comme à l'Ouest, les arsenaux des grands croissent en qualité et en efficacité. Et nous vivrons sans doute bientôt, si ce n'est déjà fait, sous la menace de missiles placés en orbite autour de la planète. Plantu, caricaturiste politique au Monde, ne s'y résigne pas. Le recours aux armes est pour lui le mal suprême et il le dénonce sans relâche. Son fusil à lui, c'est le stylo, ses munitions, la dérision.

La critique de Mr K: C'est à un voyage dans le passé que je vous convie aujourd'hui avec ce recueil de dessins satyriques de Plantu paru en 1984. Le monde était en marche vers ce qu'il est devenu avec tout de même une différence énorme, encore divisé en deux entre les deux blocs qui se font face depuis les débuts de la Guerre Froide. Tout cela paraît si lointain alors qu'en fait quand on y réfléchit bien, cela ne fait que 30 ans et qu'est-ce que trente ans à l'échelle de l'Histoire? Rien! L'ouvrage se divise en six grandes parties et se concentre sur la situation internationale de l'époque. Pas de revue de presse donc sur les affaires internes à la France mais plutôt un bilan la santé du monde qui est déjà sous haute tension à l'époque.

Le premier chapitre s'intitule Est-Ouest rien de nouveau. La guerre nucléaire possible entre les deux grands est dans tous les esprits et cette menace hante la quasi totalité des dessins de Plantu. Le cow-boy Reagan est aux manettes des USA et conduit une ligne dure face à l'adversaire soviétique. Il est notamment question d'installer des missiles dans plusieurs pays de l'OTAN pour réagir au déploiement en Europe de missiles russes, quelques lueurs de rapprochements entre les deux Allemagne se font voir au grand dam de l'URSS, un Boeing de la Korean Airlines qui s'était écarté de sa route est abattu par un avion de chasse soviétique provoquant la mort de 269 personnes, le commerce militaire de la France est fleurissant (notamment vers le Mahgreb et le Proche Orient)... Face à cette prolifération des armements qui semble sans limite quelques voix pacifistes se font très modestement entendre mais rien qui ne puisse enrayer cette logique de tension et de destruction.

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La deuxième partie L'Empire soviétique s'attarde lui sur la politique interne au bloc Est avec notamment un curieux jeu des chaises musicales au plus haut sommet de l'État où le Secrétaire National du Parti semble ne pas avoir une très longue espérance de vie... Le pouvoir use prématurément dit-on! Brejnev finit par mourir, puis Andropov et Tchernenko. Plantu s'attarde aussi sur le conflit afghan, éclairage fort intéressant quand on sait qu'il a servi de racine à la création de groupuscules terroristes toujours en activité aujourd'hui. C'est aussi la répression en Pologne contre le mouvement Solidarnosc qui n'aspire qu'à davantage de liberté avec la naissance d'une icône nationale Lech Walesa. Au détour d'un dessin ou deux, le dessinateur ne se gène pas pour dénoncer l'aveuglement du parti communiste français quant à la réalité du terrain, soutenant aveuglement l'action du grand frère communiste.

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On passe ensuite dans la troisième partie à L'Empire américain. On commence par toute une série de dessins concernant les opérations plus ou moins officielles de la CIA au Nicaragua, Salvador et la Grenade, les années 80 étant une époque où les États-Unis se croient en croisade au nom de Dieu pour purifier l'Amérique centrale des forces gauchistes et autres éléments déstabilisants à leurs yeux. La guerre d'influence est à son paroxysme et assassinats / pressions diverses sont légions. Le Chili vit toujours sous l'ère Pinochet mais en Argentine et au Brésil des percées démocratiques se font jour. Le Pape en voyage en Amérique du sud (Jean Paul II à l'époque) déclare que l'Église rejette le matérialisme et le collectivisme, son discours trouvera un écho fort dans les pays non alignés.

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La quatrième partie est titrée Le Liban déchiré. En 1982, le conflit israélo-palestinien se déplace au Liban où se sont réfugiés les troupes de l'OLP d'Arafat. Bombardement intensifs, massacres nombreux, c'est un bain de sang. Malgré les injonctions de la communauté internationale, Israël poursuit son offensive. En 1983, l'État hébreu retire ses forces mais les forces palestiniennes se font expulser tour à tour de Libye et de Syrie. La partie est loin d'être terminée.

La cinquième partie aborde elle La révolution des mollahs en Iran. Depuis 1979, Khomeniny est au pouvoir et a imposé la révolution islamique à l'un des plus vieux pays du monde. 5000 exécutions officielles ont eu lieu entre 1979 et 1985, la liberté d'expression est réduite à peau de chagrin. C'est aussi le temps des tensions avec le voisin irakien avec plus de 400 000 morts en 3 ans et des bombardements sur les pétroliers naviguant dans le golfe Persique.

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L'ultime chapitre s'intitule La planète oubliée. C'est un des sujets les plus chers de Plantu qui revient ici : le développement et l'écologie. Toute une série de dessins revient sur l'indifférence des pays du Nord par rapport à la situation catastrophique des pays du Sud. Le manque d'eau, la famine, la pollution et l'exploitation des zones vierges, autant de problèmes abordés frontalement par l'auteur. Pour autant, jamais de vraie méchanceté ici mais plutôt le sentiment que l'absurdité la plus totale qui règne sur le monde, ainsi les représentants du tiers monde, sont plus attristés que révoltés comme s'ils nous plaignaient de ne pas nous intéresser à eux. Triste monde tragique.

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Ce voyage dans le passé s'est révélé éprouvant tant on a l'impression que la répétition semble être une loi de l'Histoire. Les conflits passent puis sont remplacés par d'autres et la situation globale reste inchangée pour la grande majorité des pays pauvres. Les gros continuent de s'enrichir éhontement pendant que les autres crèvent de faim ou sous les coups du nouvel ordre économique. Pour autant, à travers ses personnages et quelques scènes, Plantu distille de l'espoir, il est maigre mais il existe. En premier lieu chez les hommes de bonne volonté qui certes ne pèsent pas lourd face aux grands et puissants mais qui ont le mérite d'exister.

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Ce dessinateur a du cœur, il aime profondément l'humanité, quelle meilleure preuve que ce recueil à la fois ludique et intelligent!

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capaharnaüm Éclairé:
- Bas les masques
- Cassettes, mensonges et vidéo
- Les Conseils de tonton DSK

vendredi 2 janvier 2015

"Sirtaño ou la légende du serpent-roi" de Renaud Joubert

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L'histoire: Dans le village de Mandigua, seuls les chasseurs de serpents, ignorant la peur de la mort, osent s'aventurer dans la forêt vierge où, perpétuant la dévotion au Mythe originel, ils honorent le Sirtaño, ce serpent noir qui donna naissance à l'humanité, en affrontant les serpents. Le don de la chasse leur vaut d'être vénérés par les paysans, mais, tel un sacerdoce, il implique un sacrifice de soi : il est interdit aux chasseurs de connaître l'amour. Or Julian Salamavera, le meilleur chasseur de Mandigua, semblant possédé par le Sirtaño lui-même, tombe sous le charme d'Estrella Dalamaro. La vengeance du Sirtaño peut dès lors frapper au hasard les habitants du village.

La critique de Mr K: Suite de l'exploration de ma PAL avec un ouvrage de l'excellente maison d'édition du Serpent à Plumes. Renaud Joubert est un jeune auteur, amateur de voyage, remarqué pour son premier roman Les esprits du désert (que je n'ai pas lu pour le moment). La quatrième de couverture de Sirtaño ou la légende du serpent-roi m'avait attiré comme un aimant lors d'un destockage massif. On flirtait avec Garcia Marquez (période Chronique d'une mort annoncée, un joyau dans son domaine!) et le pitch me rappelait vaguement un classique de la littérature contemporaine: Le Vieux qui lisait des romans d'amour. Je ne m'étais pas trompé en jetant mon dévolu sur ce livre qui s'apparente à une œuvre incontournable et durablement marquante.

L'histoire se déroule dans un pays dont on ne connaîtra jamais le nom, seuls indices pour nous aiguiller: la toponymie des lieux et les prénoms, les travaux des champs et les liens sociaux qui font penser à l'Amérique du sud. À Mandigua, petit village perché dans les montagnes, on vit essentiellement des subsides de l'agriculture de subsistance et malgré une percée de la foi catholique, la superstition est au centre de tout avec notamment le mythe du Sirtaño, grand serpent noir à l'origine du monde. L'équilibre est précaire mais il existe, la tradition étant portée par la caste des chasseurs chargée de purifier la forêt et de rendre ainsi hommage au Sirtaño... Tout bascule à cause d'un élan du cœur, un sentiment bien humain qui va tout bouleverser et mener au drame.

Ce livre est une petit merveille de finesse et d'intensité. Renaud Joubert a un talent incroyable pour planter un décor de manière attrayante et passionnante. En une dizaine de pages, on se fait une idée très précise des rapports humains et du fonctionnement de ce petit village isolé de tout et de tous. Ce microcosme et son organisation n'ont plus de secret pour nous, l'intrigue peut commencer. Cette histoire est peuplée de personnages forts, tiraillés entre leurs obligations liées aux coutumes et leurs aspirations intérieures. Ainsi Julian, meilleur représentant des chasseurs ne peut résister à l'attirance de plus en plus forte qu'il éprouve pour la jeune et jolie Estrella, une fascination qu'il ne s'explique pas et qui le taraude. C'est pour le lecteur l'occasion de redécouvrir les impressions si désarmantes que l'on peut éprouver lors de la naissance du premier amour et la découverte des sentiments et impressions qui l'accompagne. Tout bonnement magnifique! Il y a aussi de belles pages sur l'amitié et la fraternité, je pense notamment aux relations que Julian entretient avec un frère de caste qui le soutiendra à demi mot malgré leurs différences d'opinion.

Ce livre m'a surtout marqué par son caractère dramatique car on sent bien dès le début qu'un espèce de fatum plane au dessus des protagonistes. La transgression amène la punition selon les croyances de cette micro-société et elle prend ici un caractère inique et anxiogène. L'effet de masse est puissant et inquiétant, à partir du moment où Julian a passé le rubicond et que cela est révélé aux yeux de tous, les choses s'emballent. Les jalousies se réveillent, les mauvais esprits travaillent et l'injustice se fait jour. On ne peut qu'être heurté par les réactions mises en scène ici au premier lieu d'entre elle, la manière dont les femmes sont traitées voir marchandées par les hommes seuls détenteurs du pouvoir. Les pères et les frères ont ici un rôle de dominant et de décideurs qui fait froid dans le dos. Et pourtant, il y a de la pureté et de l'éclat chez Estrella, ainsi que chez sa cousine amoureuse transie d'un salopard. Mais cette beauté est à jamais fanée (profanée?) par les actes cruels et intéressés des hommes: le paysan arriviste et calculateur, le contre-maître maquereaux libidineux, le tanneur sans scrupule et exploiteur... On éprouve avec cette lecture une foule de sentiments contradictoires, un peu à la manière de La Perle de Steinbeck relu l'année dernière et adoré.

Renaud Joubert est vraiment une très belle découverte littéraire. Je suis resté soufflé devant son style à la fois poétique et précis, sa capacité à mettre en branle un univers entier et vivant, la beauté de son écriture est un écrin somptueux pour une histoire à la fois universelle et intimiste. L'amour est ici d'une pureté de cristal et vous touche en plein cœur. L'adversité est ici cruelle et désespérante mais d'une humanité profonde car vraisemblable et malheureusement encore d'actualité.

Un beau voyage pour un récit touchant au plus au point et qui vous marque profondément d'une émotion durable. Un grand plaisir de lecture, unique et à expérimenter au plus vite!

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mercredi 31 décembre 2014

Le début de la fin...

Plus que quelques heures pour profiter de 2014... Je ne sais pas pour vous mais pour nous, cette année fut riche en événements divers et en lectures, cela se fête dignement !

2014 a débuté avec nos amis avec un séjour parisien, puis ce fut un retour en Périgord hors saison, divers craquages littéraires, une opération bookcrossing en mai, les 10 ans de Tesfa, le Festival Photo La Gacilly en juin, le Motocultor en août, le séjour londonien de Nelfe avec son meilleur ami et témoin en juillet, notre mariage !!! en septembre et notre lune de miel à Saint-Malo, l'arrivée de Nelfe sur twitter, sans oublier le changement de look du Capharnaüm éclairé pour ses 7 ans, le concert de Sébastien Tellier en novembre ou encore les Utopiales à Nantes !

Et encore, on ne vous a pas tout raconté !

Sans compter les centaines de bouquins et films chroniqués sur nos pages ... Une bonne année bien remplie, on vous l'avait dit !

Avant de nous retrouver en 2015 pour de nouvelles aventures, une année qui s'annonce d'ores et déjà pleine de projets, on vous laisse avec Philippe Katerine qui a un don inné pour faire la fête et qui a signé le très bel album disco-décadent Magnum cette année. En voici un petit extrait avec un clip bien barré dont le Monsieur a le secret ! Enjoy your party !

Nelfe et Mr K

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mardi 30 décembre 2014

"Interstellar" de Christopher Nolan

affiche filmL'histoire: Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

La critique de Mr K: 5/6. C'est seul ce lundi que j'allai au cinéma pour aller voir Interstellar, le dernier métrage de Christopher Nolan. Il faut dire que les films qui se passent dans l'espace ne sont pas trop du goût de Nelfe qui avait du déjà se faire violence l'année dernière pour aller voir Gravity. Vu le retour ultra-positif des critiques, je ne pouvais décemment pas passer à côté au risque de regretter de ne pas l'avoir vu sur grand écran. Bien m'en a pas pris car j'en ai pris plein les mirettes même si vous verrez que je reste plus circonspect sur l'aspect pseudo visionnaire de Nolan que je trouve pour ma part surestimé en tant que réalisateur.

La Terre décline lentement et les populations humaines meurent de faim. Les activités sont concentrées autour de l'agriculture mais peu à peu les plantes s'éteignent les unes après les autres, la survie de l'espèce humaine est remise en question. La NASA travaille en secret à la découverte d'un nouveau monde dans une autre galaxie pour recommencer ailleurs. Un ingénieur de génie redevenu simple cultivateur va partir au delà des étoiles pour mener à bien cette mission cruciale. Mais rien ne va se passer comme prévu!

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Difficile de faire un résumé exhaustif de ce film car il s'y passe beaucoup de chose. Rien de vraiment original en ce qui concerne le background, le sujet a déjà été traité mille et une fois et de fort belle manière par de nombreux auteurs de SF et n'en déplaisent à certains Christopher Nolan n'est que réalisateur et scénariste. De ce fait, il ne peut pas vraiment rivaliser avec des classiques de la littérature. C'est le principal point noir de cette superproduction certes intelligente et bien menée mais qui frôle la paraphrase par moment avec des films cultes tels que 2001, l'Odyssée de l'espace ou encore Solaris (l'original bien sûr!). D'où ma légère crispation durant le dernier acte qui fait irrémédiablement penser à la fin du film de Kubrick. Passé ce sentiment de déjà vu (d'où seulement 5/6), le reste est une très belle réussite.

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J'ai adoré le personnage de Cooper avec un Matthew McConaughey impeccable et touchant au possible. Les rapports avec sa fille sont très bien rendus et d'une sensibilité à fleur de peau qui m'a personnellement touché. Par contre, je reste allergique à Anne Hathaway que je trouve chialeuse et irritante au possible, je lui aurait collé des baffes durant tout le film. Le reste du casting est à la hauteur du métrage, tout en puissance mais en nuance malgré parfois des situations caricaturales. Le scénario fait d'ailleurs la part belle aux retournements de situation, aux faux semblants et le cœur est mis à rude épreuve avec en bonus quelques petites leçon d'astronomie et de physique quantique intéressantes et bien amenées qui se mêlent à merveille au récit sans l'alourdir de trop.

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La claque se situe en fait surtout au niveau de la technique. On savait Nolan perfectionniste (pas au point de Kubrick, faut pas pousser mémé tout de même!) mais ici on frôle la perfection avec des passages tout bonnement extraordinaires dont le passage dans un trou de ver, la découverte des mondes nouveaux (aaaah, les vagues géantes pas crédibles mais épatantes dans le concept!) ou tout bonnement les scènes dans le vaisseau durant le voyage. La musique porte l'ensemble avec brio et je pense que je vais essayer de l'acquérir au plus vite tant elle m'a soulevé l'esprit durant toute la séance.

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Au final, ce fut un très beau moment de cinéma entre évasion totale et réflexion. Je reste quand même déçu par le côté relecture simpliste de grands classiques de SF et je persiste et je signe en disant que Christopher Nolan est un beau faiseur mais pas un créateur hors norme. Peut-être finira-t-il par me faire changer d'avis?

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lundi 29 décembre 2014

Home invasion!

Tout avait pourtant bien débuté ce dimanche où j'étais chez mes parents pour fêter Noël et mon anniversaire... Quand arrive le moment tant attendu de la remise des cadeaux, quelle n'est pas ma surprise de découvrir que mon beau-frère et ma soeur m'offrent une paire de nains-zombie de jardin!

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Charmantes créatures, n'est-ce pas? Je décide de les lâcher dans la nature dès ce matin pour organiser un quadrillage défensif des lieux. Une série de cambriolages a eu lieu dans le quartier il y a peu et mes deux morts-vivants de petite taille tombent à point nommé pour restaurer le calme et la sérénité!

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En plus aucun souci pour nous vu que selon la notice, ils s'attachent imédiatement à leurs propriétaires et ne risquent aucunement de venir nous ronger les os durant notre sommeil. Zombies certes! Mais des zombies bien élevés pour notre maisonnée! Après moultes réflexions, je leur désigne un coin tranquille en bas de la terrasse pour qu'ils puissent surveiller d'éventuelles allers-venus suspectes...

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L'après-midi passe et Nelfe et moi vaquons à nos occupations. Je termine un Murakami et Madame fait nos réservations définitives pour notre futur voyage de noce. L'heure du thé retentit et je repense à mes petits protégés, je décide d'aller leur dire coucou et là... Horreur!

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Ils ont désobéi! Ils ne tiennent pas leur poste et sont montés sur la terrasse! Ils produisent des petits bruits de mastication hypnotiques et jettent des regards vides à l'intérieur du salon, attirés par je ne sais quoi ou je ne sais qui... Leurs râles finissent de me terrifier, je cours me réfugier dans la maison et tente de joindre le service après-vente, un dresseur de nains-zombie... Quand j'entends un bruit de fenêtre qui s'ouvre provenant du salon!

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Tesfa! Ils en ont après elle! Ni une ni deux, je me précipite et sauve notre princesse à poil d'une mort certaine et surtout... douloureuse!

On ne le dira jamais assez, c'est teigneux un nain, il faut s'en méfier! D'autant plus quand ils sont zombifiés! Pour plus de sureté, je pense que je vais les enchaîner...

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dimanche 28 décembre 2014

"Inferno" de Dan Brown

inferno L'histoire: Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit à l'hôpital. Désorienté, blessé à la tête, il n'a aucun souvenir des dernières trente-six heures. Pourquoi se retrouve-t-il à Florence ? D'où vient cet objet macabre que les médecins ont découvert dans ses affaires ? Quand son monde vire brutalement au cauchemar, Langdon décide de s'enfuir avec une jeune femme, Sienna Brooks. Rapidement, Langdon comprend qu'il est en possession d'un message codé, créé par un éminent scientifique qui a consacré sa vie à éviter la fin du monde, une obsession qui n'a d'égale que sa passion pour "Inferno", le grand poème épique de Dante. Pris dans une course contre la montre, Langdon et Sienna font tout pour retrouver l'ultime création du scientifique, véritable bombe à retardement, dont personne ne sait si elle va améliorer la vie sur terre ou la détruire…

La critique de Mr K: Ce roman sera le dernier que je lirai de Dan Brown. J'ai été très déçu voir complètement ulcéré en toute fin de lecture. Jusqu'alors, j'avais plutôt aimé ce easy-reading d'auteur avec notamment Anges et démons et Da Vinci Code. Mon enthousiasme a commencé à être douché avec Le Symbole perdu et Deception point. Cet Inferno enterre définitivement toute velléité personnelle de lire cet auteur que je trouve plus compilateur et bateau qu'autre chose. On atteint à mes yeux ici le néant de la littérature, un récit alimentaire et sans surprise, une belle et grosse bouse comme je déteste avoir lu. Tant pis pour moi, je n'avais qu'à réfléchir avant de tomber dans le panneau!

Pourtant l'idée de départ était plutôt bonne, le héros amnésique ne se rappelle de rien et se réveille à l'hôpital. À défaut d'être original, ça a le mérite d'instaurer le suspens dès le départ. Le compte à rebours est désormais lancé avec une menace bio-terroriste à la clef, une mystérieuse organisation transnationale éprise du grand secret, l'OMS à l'affût, un grand méchant très très inquiétant et Dante en filigrane, grand auteur par excellence dont la Divine Comédie occupe une belle place dans mon panthéon personnel des lecture inoubliables. Bref, on mixe les genres, le road-movie peut commencer avec en prime du voyage, des énigmes et un page-turner à priori efficace.

Mais voilà, j'ai l'impression de relire sans cesse le même livre avec Brown. Langdon est plus agaçant qu'autre chose dans ce volume. On a le droit à un carnet de voyage tout droit tiré de Wikipedia qui concentre à lui seul la moitié des pages. Personnellement ça m'a lassé au bout de 100 pages surtout que je ne partage pas du tout cette vision du voyage qui consisterait à accumuler références historiques et artistiques les unes après les autres. C'est froid, impersonnel et on n'a aucune idée réelle des mœurs et de l'ambiance. Un tableau sans âme en quelques sorte. C'est quand même bien dommage quand on va à Florence, Venise et Istanbul!

Rajoutez là-dessus des personnages creux et sans saveur. Langdon est pénible, Sienna horripilante, le grand méchant parano à l'extrême et tutti quanti. C'est gros et caricatural à souhait, je suis plutôt bon public mais j'ai vraiment l'impression qu'on se fichait du lecteur ici. Ainsi, les personnages ne sont que des avatars d'autres personnes déjà lues dans d'autres volumes de Brown. Il change leur aspect et leur nom puis il déroule un destin déjà vécu, déjà lu auparavant. On s'ennuie ferme et on est rarement surpris. Bon, j'exagère un peu, il a réussi à me tromper sur deux / trois éléments mais honnêtement ça ne casse pas trois pattes à un canard. Le pire reste le médecin de l'OMS qui accepte l'inacceptable en toute fin d'ouvrage dans une fin flirtant avec des relents de fascisme larvé... Franchement, j'ai fini en colère. Dans le genre et dans les mêmes thématiques, vous feriez bien mieux de lire (si ce n'est déjà fait), Le Parfum d'Adam de Rufin qui est une merveille de construction et d'intelligence ce qu'Inferno n'est vraiment pas. Je ne parlerai même pas des allusions à Dante et la pseudo symbologie qui l'accompagne, on paraphrase beaucoup dans cet ouvrage et honnêtement il y a peu de rebondissements à ce niveau. Je vous jure, l'auteur ne fait qu'accumuler descriptions et courses poursuites... Vraiment rageant!

L'écriture reste plate peut-être même plus que d'habitude. Brown choisit la facilité, des rumeurs courent sur le fait qu'il n'écrive même pas ses livres. Je commence sérieusement à me poser des questions tant on frôle parfois l'indigence et le surfait. Beaucoup de répétitions pour allonger la sauce, des incohérences, des inexactitudes... Vous l'avez compris, j'ai détesté et je ne peux que vous conseiller de vous éloigner de ce livre vain et nauséabond dans sa conclusion.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Le Symbole perdu
- Deception point

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samedi 27 décembre 2014

"La Course au mouton sauvage" d'Haruki Murakami

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L'histoire: La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n'a rien d'exceptionnelle. Jusqu'au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d'une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d'extrême droite. Le voici contraint de retrouver l'animal – doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires.

La critique de Mr K: La Course au mouton sauvage me faisait l'œil depuis un sacré bout de temps et je n'avais pas lu de Murakami depuis longtemps, l'occasion était donc trop belle de replonger dans l'univers si envoûtant de cet auteur vraiment à part que j'aime pratiquer régulièrement.

La lecture commence inhabituellement pour tout amateur du maître. Nous suivons la vie sans relief et monotone du narrateur. Sa femme le quitte car rien d'excitant ne se passe dans leur existence conjugale et il se retrouve seul sans que cela ne semble le faire réagir tant l'inertie la plus totale semble l'habiter. On ne saura jamais son nom ni d'ailleurs celui de quiconque dans ce livre. Un jour, il est contacté par un agent de la pègre pour partir à la recherche d'un mouton extrêmement rare au dos étoilé et qui a comme particularité de pouvoir prendre possession des gens pour mener à bien ses desseins. Oui, oui, vous avez bien lu! En même temps, c'est un livre de Murakami!

On retrouve toute sa poésie dans ce volume avec une galerie de personnages particulièrement décalés. Le narrateur en lui même semble d'une banalité affligeante de prime abord, en fait c'est un rêveur borderline qui se perd en réflexions et a sa propre conception de la réalité. Il est très amoureux de sa girl friend (comme il dit) dont il admire les oreilles d'une perfection hypnotisante (cela donne lieu à des pages de purs délice et délire). Il va rencontrer un chauffeur de limousine qui passe des coups de fil à Dieu (il a son numéro de téléphone), un secrétaire de la pègre altruiste qui voudra bien lui garder son chat vieillissant pendant sa quête (un pur moment délirant!), le Rat un de ses meilleurs amis parti se mettre au vert pour échapper au quotidien, un docteur ès mouton qui le guidera dans ses recherches, une âme égarée et bien évidemment, le fameux mouton assoiffé de pouvoir qui détient la clef du destin du héros.

L'action se déroule à Tokyo puis lors de la fameuse "course" le récit se transporte à Hokkaidō, l'île la plus septentrionale de l'archipel japonais. Le voyage est fascinant, oscillant comme toujours avec Murakami entre réalisme brut et touches fantastiques voir surréalistes. Le style reste simple, épuré à la japonaise mais cependant dense en terme de caractérisation des lieux et des personnages. L'immersion est totale surtout que cette enquête étonnante est racontée à la première personne. Par petites touches, l'histoire se dévoile mais gardez-vous d'attendre un explication rationnelle de l'ensemble, ce n'est pas le genre de la maison et chacun devra imaginer ce qui remplit les zones de brumes. Plus original par rapport à mes lectures précédentes de Murakami, ici l'auteur distille par ci par là quelques éléments explicatifs sur l'histoire des lieux et plus farfelu, sur les moutons!

Ce roman est une fois de plus une belle expérience de lecture navigant entre policier et onirisme avec un humour parfois mordant et de belles métaphores sur l'existence humaine. Conte déviant, cruel à l'occasion, La Course au mouton sauvage est encore une preuve du génie Murakami en action. Pour information, sachez que ce volume fait partie d'une trilogie dont les premiers tomes ne sont pas traduits car l'auteur se refuse à le faire. Rien de gênant à cela, ce livre se lit totalement indépendamment et vous procurera un plaisir extrême si vous être adepte des œuvres fascinantes qui déroutent et entraînent leur lecteur dans des contrées fort fort lointaines...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "1Q84 : Livre I, Avril-Juin"
- "1Q84 : Livre II, Juillet - Septembre"
- "1Q84 : Livre III, Octobre - Décembre"
- "Kafka sur le rivage"
- "La Ballade de l'impossible"
- "Sommeil"