mardi 14 juillet 2015

"Humour noir" de Serre

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Contenu : Petit recueil de dessins d'humour noir par le très talentueux Serre.

La critique de Mr K : Après son recueil consacré au bricolage dont je vous avais présenté quelques dessins, voici un petit aperçu de son ouvrage Humour noir qui dépote furieusement et que j'ai dévoré en à peine une demi-heure. C'est le seul défaut de l'ouvrage, il se lit bien trop vite! On retrouve la signature de Serre en terme de trait et d'humour décalé. En voici quelques extraits.

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Un recueil qui a du mordant!

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L'important, c'est la santé!

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Tempus fugit!

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Silence, on se repose!

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Olé!

Un petit ouvrage à découvrir, à lire, à relire et parfois à méditer. Alors ça ne vous donne pas envie?

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lundi 13 juillet 2015

"Papillon de nuit" de R. J. Ellory

papillon-de-nuit-elloryL'histoire : Après l’assassinat de John Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes que jamais. L’Amérique a compris qu’il n’y avait plus un chef, un leader du pouvoir exécutif, mais une puissance invisible. Et si celle-ci pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs. C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Et que la politique et l’histoire des sixties ne sont pas qu’une simple toile de fond dans la vie de Daniel, peut-être lui aussi victime de la folie de son temps.

La critique Nelfesque : Pour ceux qui nous suivent depuis un moment, inutile de dire une fois de plus que je suis une fan inconditionnelle d'Ellory et que dès qu'un nouveau roman sort en librairie, je me jette dessus. "Papillon de nuit" a une saveur particulière puisque, bien que tout récemment sorti en librairie en France, il ne s'agit pas d'un nouveau roman. Bien au contraire...

Les éditions Sonatine viennent de lancer leur nouvelle collection, Sonatine +, qui fait la part belle aux romans oubliés. Premiers écrits ou romans passés injustement inaperçus en France sont mis en lumière dans un format semi poche et un prix bien moindre qu'un broché classique. Une belle occasion de se faire plaisir à moindre frais ! "Papillon de nuit" rentre complètement dans la ligne éditoriale de cette nouvelle collection puisqu'il s'agit ici du premier roman de R. J. Ellory, sorti en 2003 en Angleterre mais jusqu'ici inédit en France. On ne peut que remercier Sonatine de nous permettre de découvrir le premier écrit de ce grand écrivain contemporain !

J'ai coutume de dire que cet auteur est bluffant, qu'il arrive à plonger ses lecteurs dans une ambiance bien particulière où l'intrigue passe au second plan, avec des personnages à la psychologie fouillée et avec une plume unique. Et bien, je peux maintenant dire que cette finesse d'écriture, ce don qu'il a pour hypnotiser son lectorat, R. J. Ellory l'a depuis son tout premier roman.

Avec "Papillon de nuit", Ellory nous transporte au plus proche de l'âme humaine, dans un roman fort et émouvant. Nous suivons Daniel, pendant plus de 500 pages, dans ses dernières semaines à vivre, ses derniers jours, ses dernières heures, son dernier souffle. Jugé et emprisonné dans le couloir de la mort pour le meurtre de son ami d'enfance, son frère noir, dans une Amérique en plein bouleversement de la guerre du Vietnam et du ségrégationnisme. Longtemps silencieux, il va se confier au père John et lui raconter l'histoire de sa vie, celle de sa rencontre avec Nathan, celle de leur amitié indéfectible et ses fantômes du passé.

Ainsi, le lecteur navigue tour à tour entre le temps présent (1982) et le passé de Daniel. Son histoire est prétexte à nous raconter celle de l'Amérique, son évolution, sa population, ses peurs et ses espérances. Nous suivons Daniel depuis tout petit et, au fil des pages, nous développons une grande affection pour ce personnage. Comment un individu peut-il être conditionné par le pays dans lequel il vit ? Comment peut-il s'en délivrer et aller contre les décisions nationales ? Comment un homme peut-il construire sa vie face à l'innommable ?

Ellory ayant lui même fait de la prison pour vol dans ses jeunes années, ses descriptions du milieu carcéral sont justes et sans détours. Loin de la caricature du taulard tatoué, gros bras et peu finaud, Daniel est un homme comme un autre avec une histoire lourde à porter et une grande solitude qu'il va nous raconter ici. Avec un sentiment d'urgence palpable face à l'issue fatale qui attend Daniel et, encore une fois (et ici pour la première fois), une force indéniable dans l'écriture de son auteur, ce roman se place dès les premières pages dans les meilleurs romans de Ellory. On retrouve tout ce qui fait la patte de l'auteur : une histoire forte, un background fouillé, des psychologies complexes et des personnages emblématiques et pourtant si ordinaires. Les ingrédients d'un grand roman sont tous ici réunis et le cuisinier Ellory les accommode avec brio.

L'histoire dans l'Histoire, le destin d'un homme meurtri, un questionnement profond sur les notions de liberté, d'intégrité et de dignité, c'est tout cela "Papillon de nuit". Et puis, il y a la plume magnifique d'Ellory qui fait de ce roman une oeuvre unique... Un vrai moment d'émotion et un roman précieux.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"
- "Mauvaise étoile"
- "Les Neuf cercles"

Posté par Nelfe à 17:09 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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vendredi 10 juillet 2015

"Les Tendres plaintes" de Yoko Ogawa

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L'histoire: Blessée par l’infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s’est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu’il fabrique. Bien qu’assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s’interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d’autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant “Les Tendres Plaintes” pour Kaoru.

La critique de Mr K: Il y a un peu plus d'un an, je vous faisais part de mon enthousiasme après la découverte d'une auteure japonaise qui m'avait subjugué avec son très beau roman: La Pièce hexagonale. Une blogueuse-amie m'avait encouragé à poursuivre ma découverte de Yoko Ogawa mais aucune occasion ne s'était présentée à moi lors de nos chinages compulsifs à Nelfe et à moi. C'est une fois de plus par l'intercession de notre cher abbé que j'ai pu dégoter le présent ouvrage dont la quatrième de couverture promettait isolement, introspection et amour à la japonaise… Pas déçu pour un yen, le Mr K! J'ai lu ce roman en un temps record et j'ai apprécié au plus haut point cette nouvelle incursion dans le pays du soleil levant.

L'action débute dans la nuit, en pleine montagne. Ruriko est une femme bafouée. Elle subit depuis trop longtemps le libertinage de son mari qui ne cache même plus sa relation adultère et lui manque régulièrement de respect. La jeune femme a donc décidé de tout quitter précipitamment et de rester un temps indéterminé dans le vieux chalet familial perdu dans les hauteurs. Adieu Tokyo, son stress et ses souvenirs! Le temps est à la reconquête de l'estime de soi, la réorientation de sa vie et les nouvelles rencontres. Elle va nouer des rapports avec ses voisins immédiats, un étrange duo qui fabrique des clavecins et partage une passion dévorante pour la musique. Découverte de l'autre, levée de secrets inavoués, révélations intérieures… voila ce qui attend le lecteur tout au long de sa lecture.

Ce livre ne fait pas exception à la règle qui veut que de nombreux auteurs japonais aiment installer très progressivement leur intrigue, conjuguant lenteur et subtilité avec un talent sensuel et d'une finesse remarquable. Yoko Ogawa prend donc le temps pour poser les valises de son héroïne, petit bout de femme qui pour la première fois de sa vie prend son destin en main et essaie de se révolter contre un mari qui ne l'aime clairement plus. Mélancolique, elle fait écho au paysage qui l'entoure, le moindre arbre, le moindre ruisseaux lui renvoyant ses chagrins intimes, ses fêlures à vifs. L'auteure mêle balades, visites chez les voisins et souvenirs d'enfance avec un étrange rythme hypnotique qui fonctionne à plein sur le lecteur dérouté et fasciné. Rien d'extraordinaire de prime abord: un sentiment exprimé, un dialogue impromptu, une situation, un vieux chien en fin de vie (sic)… autant de détails insignifiants qui font un tout d'une beauté brute et immaculée. Oui, on est bien en pleine littérature japonaise. Le temps a suspendu son vol, en témoignent les deux nuits où mon réveil a du me rappeler à l'ordre!

À la fantasmagorie des lieux, des rêves et des souvenirs s'ajoutent des rapports humains très terre à terre: la relation quasi maternelle de la tenancière de l'auberge avec Ruriko qu'elle ravitaille régulièrement, le lien tissé entre la jeune calligraphe et sa professeur d'université, l'aigreur qui a remplacé l'amour dans les rapports entre Ruriko et son mari et surtout le triangle relationnel établi entre Nitta, Kaoru et Ruriko. Mélange délicat d'amitié, d'amour, d'attirance, de répulsion, les lignes bougent beaucoup durant le roman. Les situations se lient et se délient entre les protagonistes alternant espoir, quasi rédemption et déception amère au croisement de la musique, du rapport homme/femme et de la nature sauvage. C'est prenant et très poétique, un climax unique et très japonais. J'adore.

L'écriture est un ravissement de chaque instant: petit roman, économie des mots, la pureté de la formulation densifie et magnifie une histoire universelle en fin de compte. Ce parcours de femme m'a ému comme rarement et ne fait que renforcer mon attachement à ce type de littérature et à cette auteure tout particulièrement. Un petit bonheur que je vous recommande chaudement!

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mercredi 8 juillet 2015

La vallée engloutie de Guerlédan (56)

En ce moment, en Bretagne, a lieu un évènement rare qu'il faut absolument aller voir si vous êtes dans le coin. Un paysage lunaire inédit depuis 30 ans et vraiment très impressionnant émerge des eaux.

Le barrage hydroélectrique de Guerlédan, dans le nord du Morbihan, fut construit dans les années 30. De 45m de haut et sur une longueur de 206m, il a permis de constituer un lac de 12km de long. De mars à octobre, afin de procéder à des travaux de maintenance sur le barrage, le lac artificiel est asséché. Depuis quelques semaines, c'est un paysage figé fascinant qui s'offre aux yeux des visiteurs durant tout l'été avant la remise en eau en fin d'année.

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La vallée de Guerlédan retrouve l'air libre et ses 17 écluses noyées, les maisons éclusières, ses carrières d'ardoise et sa végétation ancienne refont surface. La dernière vidange eu lieu en 1985, à l'époque j'avais 3 ans et je n'habitais pas en Bretagne. La prochaine se fera dans 30 ans... Quand je vous disais qu'il ne faut pas rater l'occasion cette année !

Pain béni pour les amateurs de photo, je me suis fait plaisir en shootant la vallée sous toutes ses coutures. Je vous laisse découvrir tout cela en espérant que vous ayez la possibilité de la voir aussi en vrai :

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Des règles de sécurité et de préservation du site sont bien sûr à respecter. On ne peut pas, en théorie, se balader n'importe où dans la vallée et des visites groupées accompagnées de guides sont possibles pour qui veut descendre au plus près du lit du Blavet.

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Si vous préférez marcher solo, le tour du lac est possible en toute autonomie et de nombreux parkings sont mis à disposition en retrait pour pouvoir arpenter les plus de 40km de chemins qui le bordent.

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Les couleurs sont saisissantes et les textures graphiques. Entre aridité soudaine des fonds qui craquelle la terre et objets et/ou constructions piégés dans les profondeurs et émergeant tels des fantômes, le visiteur en prend plein les yeux.

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On se sent vraiment tout petit en ces lieux...

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Impressionnant n'est ce pas ? De mon côté, je ne connaissais pas ce lac et je compte bien y retourner lorsque l'eau sera de nouveau là. Je vous conseille vivement cette visite !

Et tant que vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à vous arrêter à l'Abbaye de Bon Repos. Au bord du canal de Nantes à Brest, cette abbaye cistercienne du XIIème siècle est aujourd'hui en ruine. La Révolution marqua un point final à sa prospérité et elle devint une carrière de pierre. En 1986, une association fut créée et l'Abbaye fut sauver du démembrement total.

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Une halte pique nique pour nous, dans la nature avec nos copains ânes et poneys ! Des expositions et spectacles sons et lumières sont également proposés.

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On part souvent au bout du monde pour voir des endroits dépaysants mais parfois, à quelques kilomètres de chez soi, des paysages spectaculaires nous attendent ! La preuve : on peut marcher sur la lune en Bretagne !

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mardi 7 juillet 2015

"Corpus Christine" de Max Monnehay

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L'histoire: Collez-moi le canon d'un magnum sur la tempe je tremblerai moins.

Enfermez-moi dans la chambre froide d'une morgue et laissez-moi vous dire que c'est du gâteau.

Ce que je vis devait peser dans les cent vingt kilos et transpirait à grosses gouttes une eau malodorante.

Ce que je vis était énorme.

C'était ma femme.

La critique de Mr K: Vous venez de lire cette quatrième de couverture. Étrange et intrigante, non? Perso, je n'ai pas pu résister et sans connaître l'auteur ni le contenu réel de Corpus Christine, je l'ai embarqué lors de notre dernière visite chez l'abbé. Bien m'en a pris tant ce premier roman de l'auteur est aussi réussi que surprenant. Pas de spoiler durant la chronique mais certainement plus de renseignements que pour moi lors de ma première vision de l'ouvrage. Bande de chanceux!

Le narrateur (dont on ne saura jamais le nom) ne peut plus se tenir debout suite à une chute et doit rester constamment en position horizontale. Il est séquestré dans son propre appartement par son épouse qui se plaît à lui infliger humiliations et privations. Seuls repères, les sonneries de l'école voisine et un voisin qui engueule à intervalle régulier on ne sait qui… C'est bien mince et la perte de repères s'accompagne souvent de la perte de la raison. Peu à peu, il s'enfonce dans un rapport étrange avec son bourreau familier entre répulsion et attirance, et l'on assiste impuissant à la déchéance d'un homme capable de tout pour pouvoir manger un morceau de poulet ou quelques chips… Pourquoi est-il immobilisé? Pourquoi sa femme se conduit-elle ainsi? Ce n'est qu'une partie du drame qui se joue et qui va vous mener en bateau sur les 227 pages de l'ouvrage.

J'ai trouvé ce roman très novateur de par son déroulé et sa fraîcheur. Pas de chichi ici mais une vision brute du calvaire que cet homme vit. On est placé dans l'esprit du héros qui mêle habilement désespérance, humour sur soi et actes de bravoure. J'ai adoré ses expéditions nocturnes dans la cuisine pour essayer de récupérer quelques victuailles pour éviter de mourir de faim. Il a ainsi développer des dons d'ingéniosité et accentué ses différents sens pour contourner les obstacles et sa chère femme. C'est dans l'adversité que l'on se révèle à soi et c'est exactement ce qui se passe ici. À part sa technique de rampe et quelques souvenirs habilement distillés par l'auteur, une grande place est donnée à l'introspection du héros malheureux dans ce livre. On revient sur son travail et la façon dont il a rencontré sa femme, leur union et le développement de leur vie commune. Tout est embrouillé au départ, les indices sont minces, l'auteur se concentrant sur le quotidien rébarbatif d'un héros impuissant face à la diminution de son état physique. Et puis, les zones d'ombre s'éclairent sans trop en dire pour autant. Le suspens est ménagé comme jamais et bien malin celui qui trouvera la clef avant qu'elle nous soit livrée.

Le process d'introspection du héros est ultra-réaliste et très bien menée. Il est clairement à la merci de sa femme et il se perd dans le temps qui passe. Il essaie de se souvenir, de revenir sur le passé mais s'embrouille souvent. Il interpelle d'ailleurs souvent directement le lecteur pour le prendre à témoin, lui demander conseil, lui faire constater des choses qui lui paraissent évidentes. C'est déstabilisant et très excitant en même temps. On pénètre dans la chambre avec lui, on guette l'ouverture de la porte par sa femme avec lui, on sombre dans ses drôles de rêves et nous en discutons même du contenu avec lui! C'est diablement malin et efficace, brise les repères et a le mérite de faire basculer le simple fait divers sordide dans la littérature avec un grand L. Pas mal du tout pour un premier livre!

L'écriture comme dit plus tôt est vraiment novatrice: assez nerveuse, agressive voir parfois violente tant elle confronte le lecteur à la dure réalité vécue par cet homme diminué (violence physique mais surtout morale qui résulte de ce duel pervers entre lui et sa femme). J'ai retrouvé d'ailleurs un peu de l'ambiance que j'avais apprécié dans le superbe livre Misery de Stephen King. On étouffe face à cette situation refermée sur elle-même dont on ne voit pas l'issue, on est même au bord de l’écœurement mais on continue quand même, fasciné par la monstruosité des rapports décrits. La fin vient cueillir un lecteur hagard et bien content de s'être laissé pris au piège de cette histoire dérangeante au possible.

Un petit bijou d'humour noir et de délire psychotique que tous les amateurs ne doivent pas laisser passer!

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lundi 6 juillet 2015

Eerie & Creepy présentent "Richard Corben vol.2"

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Présentation: Le présent ouvrage est le deuxième et dernier volume consacré à cette période fondatrice de l'œuvre de Corben au sein des éditions Warren. Il regroupe les dernières histoires qu’il a publiées pour les magazines Creepy et Eerie, ainsi qu’un cahier comprenant les superbes couvertures qu’il a pu réaliser pour ces magazines.

La critique de Mr K: Nouvelle critique d'un ouvrage édité par les éditions Delirium que j'ai déjà fréquenté à plusieurs occasions et qui m'ont à chaque fois ravi par la qualité de leurs rééditions. Retour à Richard Corben, un de mes dessinateurs préférés avec ce deuxième volume d'histoires courtes tirées des magazines Eerie et Creepy aujourd'hui disparus. Il s'agit ici de récits plus tardifs mais toujours aussi incisifs et jouissifs! Vous retrouverez une fois de plus des adaptations de récits dits classiques tirés des œuvres de maîtres tels que Edgar Allan Poe ou encore HP Lovecraft mais aussi des trames originales.

On navigue une fois de plus à la confluence de plusieurs genres entre récits policiers mâtinés de thriller, SF ou encore fantastique/horreur. Tour à tour vous serez confrontés à un flipper hanté par une créature antédiluvienne, à un corbeau plutôt insistant, à l'antéchrist de Noël, à un portrait ovale diablement fascinant, à un meurtrier redresseur de torts d'une nature étonnante (récit en deux parties), à une épidémie de peste en Grèce antique, à un nouveau conte de Noël macabre à souhait, à la course aux armements version ubuesque avec un Einstein complètement déjanté, à des amoureux naufragés en pleine mer, à la résurrection d'une momie amatrice de football américain, à une variation autour de la thématique de la femme géante, à une histoire médiévale mêlant avarice et fantastique, à un triptyque fort réussi autour de l'effet papillon et enfin à une histoire d'animal domestique d'un genre très particulier.

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On alterne une fois sur deux la couleur et le noir et blanc, passant d'un genre à un autre sans transition. Comme lors de ma lecture du volume 1, je me suis restreint à ne lire qu'un ou deux récits par soir pour éviter de le lire trop rapidement. Difficile de s'y résoudre tant l'addiction est immédiate entre curiosité et admiration devant les histoires racontées et la mise en forme de toute beauté. Une fois de plus les éditions Delirium ont réalisé un travail remarquable avec cette réédition qui en bonus a rajouté quelques couvertures originales et quelques variations dessinées en toute fin d'ouvrage. Les dessins et planches sont superbes et les pages se tournent toutes seules.

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On retrouve des thématiques courantes dans les genres abordées: les failles de la nature humaine et leur conséquences parfois dramatiques. Seule l'innocence de jeunes enfants sort du lot, les adultes étant souvent trompés par leurs instincts, leurs désirs et leur avarice. Le syndrome de l'arroseur arrosé est donc très souvent présent mêlant des sentiments variés comme la peur et l'angoisse, l’espérance et la chute, l'amour et la détestation (de belles séances de vengeance bien hard boiled par moment) et une certaine mélancolie liée d'existentialisme qui transparaît de ci de là et permet de réfléchir à l'occasion sur nous et notre nature profonde.

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On passe aussi un bon moment quand on est amateur de créatures diverses et variées y compris de belles nanas bien poumonées sans pour autant tomber dans le voyeurisme ou le misogyne. Tout le monde en prend pour son grade dans ce volume: femmes / hommes, riches / pauvres, jeunes / vieux… n'importe qui peut se révéler faux et/ou fourbe face à des situations sortant de l’ordinaire. J'ai trouvé aussi qu'il y avait un bon équilibre entre les récits originaux qui sont suffisamment travaillés pour ne pas souffrir de la comparaison avec les adaptations effectuées à partir de matériaux prestigieux situés plus haut.

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On passe donc un excellent moment en compagnie de Corben et tout amateur se doit d'avoir parcouru cet ouvrage à la fois dense et d'une grande beauté. Un must dans le genre!

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dimanche 5 juillet 2015

Satané vide-grenier !

Le week-end dernier, Nelfe et moi nous sommes rendus au vide-grenier de notre quartier comme chaque année. Galettes-saucisses (miam miam!) et grillades côtoient des personnes venues céder à des prix imbattables tout ce qu'ils ne veulent plus chez eux. C'est l'occasion d'observer la grande capacité des êtres humains à conserver un nombre incroyable de bibelots ringards et autres objets farfelus! On est tous pareils et ça m'a rassuré quand je pense aux caisses qui encombrent encore le grenier depuis notre aménagement, il y a plus de deux ans!

Là où la problématique se corse c'est que ses personnes vendent aussi des livres... Vous connaissez ma faible propension à résister à la tentation en matière d'occaz livresque! En plus, cette année une dame vendait un grand nombre des livres de SF de son fils parti habiter en Amérique. Gasp! C'était un combat perdu d'avance... Jugez-plutôt!

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- Le Cycle d'Elric de Michael Moorcock. J'avais adoré l'intégrale Hawkmoon et je recherchais depuis un certain temps cette intégrale qui m'a tendu ses petits bras et surtout ses sept volumes impeccablement conservés. Wahou! Ca c'est de l'occaz! Je prends et je pense lire le tout pendant notre séjour à la montagne cet été.

- Les Solariens de Norman Spinrad. Un des papes de la SF avec en plus ce roman qui s'avère être son tout premier, le récit d'une guerre future de l'humanité disséminée dans l'espace devant faire face à une menace terrifiante venue d'ailleurs. Je suis bien curieux de lire cela! Là encore, un livre qui ne traînera pas dans ma PAL.

- Intrusion de Richard Matheson. Il s'agit du volume 2 de l'intégrale de ses nouvelles rééditées chez Flammarion en 1999. On ne peut pas dire non à cet auteur surtout en matière de nouvelles de SF. J'en connais déjà certaines mais d'autres vont me permettre de poursuivre mon exploration de l'univers de ce grand auteur, classique des classiques en matière d'anticipation.

- Le Chat passe-muraille de Robert A. Heinlein. Rencontre improbable entre la SF et un multivers farfelu constellé de personnages délirants, j'attends beaucoup de ce livre qui semble sortir des sentiers balisés de ce grand nom de la SF. Wait and see!

- L'Âge des étoiles de Robert A. Heinlein. Livre cadeau de la vendeuse (ben oui, on inspire la gentillesse, nous!), il est question de voyage interstellaire et d'une drôle de créature tour à tour séduisante et inquiétante. Une drôle d'histoire que j'attends de découvrir avec impatience.

- Contes de la rose pourpre de Michel Faber. Il s'agit de l'auteur de Under the skin, livre que je n'ai toujours pas lu et qui est dans ma PAL depuis trop longtemps. J'avais adoré le film qui en avait été tiré, un de mes gros coups de coeur cinéma de 2014. La réputation de cet auteur est flatteuse et ce portrait de l'Angleterre victorienne a tout pour me séduire vu les avis lus sur la blogosphère. Je le lirai après le sus-cité que je pratiquerai durant l'été.

- Chiens sales de François Barcelo. Coup de poker que cette acquisition où il est question de ripoux et de bavures au Québec. J'aime beaucoup la collection Série Noire de Gallimard. Nous verrons ce que cela donne.

- 35 kg d'espoir d'Anna Gavalda. Il s'agit de la seule acquisition de Nelfe cette fois ci et encore c'est parce qu'elle l'a vu avant moi! Je le lirai aussi, un extrait de ce roman parlant du passage à l'adolescence a été utilisé il y a quelques années pour l'épreuve de français du DNB professionnel et ce sujet m'avait beaucoup plu. Ce sera sans doute une lecture plaisante et rapide.

Le craquage fut tout de même limité comme vous pouvez le constater. Ma PAL a pris un petit coup cette fois ci, heureusement que mon rythme de lecture est assez soutenu.

Il ne reste plus qu'à lire tout cela, chroniques à suivre dans les mois à venir.

samedi 4 juillet 2015

"Le Travail du Furet" de Jean-Pierre Andrevon

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L'histoire: Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes du XXIe siècle. La santé de la population ne cesse de s'améliorer ; toutes les statistiques le prouvent. Le problème, c'est de maintenir les grands équilibres. Pour y parvenir, il faut supprimer 400 000 citoyens par an dans l'Hexagone. Choisis avec art et méthode par le Grand Ordi, qui chaque matin procède à un tirage au sort morbide. Le travail des Furets consiste à liquider, pas forcément en douceur, tous ceux dont la vie doit prendre fin au bénéfice de la communauté. Un boulot comme un autre, en somme. Avec des avantages. Jusqu'au jour où un certain Furet, grand amateur de films noirs du XXe siècle, découvre sur sa liste le nom de Jos. L'amour de sa vie.

La critique de Mr K: Retour vers de la SF française avec ce volume faisant la part belle au roman noir transposé dans un futur pas des plus rassurants. Vous prenez des codes bien établis que vous accompagnez à la sauce futuriste et vous obtenez un ouvrage assez étonnant qui se démarque nettement des productions lambda.

Le héros est un furet, comprendre un tueur à la solde de l'État chargé d'éliminer des personnes tirées au sort par un gigantesque ordinateur. L'objectif? Garantir la survie de l'espèce humaine, équilibrer la balance dans un monde où la maladie et la mort reculent inexorablement grâce à une technologie médicale à la pointe du progrès. Froid et distant, l'anti-héros est tourner sur lui-même et fait son travail sans se poser de questions sur les tenants et les aboutissants de ses missions. Il n'a pour seul compagnon que son poisson rouge (Moby Dick sic!) et accumule les exécutions sans état d'âme. Seule faille dans son personnage de dur à cuire, la mystérieuse Jos, belle comme le jour et belle de nuit de profession qui illumine sa vie dès qu'il passe des moments avec elle. Un jour, la menace pèse sur elle et cela va tout changer. Un grain de sable dans une machinerie complexe peut mettre à mal tout le système, l'équilibre n'existe plus et c'est la fuite en avant…

Dès les premières pages, l'ambiance est plantée. Pas beaucoup d'espoir dans cette ville futuriste où le tueur erre de quartier en quartier pour sa besogne. C'est l'occasion pour l'auteur de nous décrire un monde bien segmenté entre pauvres, riches, intellectuels et société du spectacle. On passe donc de ruelles insalubres et empuanties à de grandes zones de loisir où l'insouciance est de mise entre frivolité et appât du gain. Les classes sociales s'ignorent royalement, cohabitent dans une même cité sans jamais se rencontrer, un grand classique dans la SF prospective. Seule gageure d'égalité, l'ange de la mort incarné par le héros qui ne fait pas dans le détail et la ségrégation sociale. Il reçoit sa liste (entre 5 et 10 noms) et il a la journée pour les exécuter.

Avec lui, on suit ces différentes mises à mort où son sens moral est totalement effacé devant sa mission. Il ne fait que son métier finalement… Froid et clinique, ses descriptions et analyses cinglent le lecteur tel un bon coup de fouet au rythme des formules chocs, mélange savoureux de formules à la Audiard et de néo-argot (beaucoup de néologisme bien typés SF dans ce livre). C'est aussi des passages de repos forcé, d'auto-réflexion qui nous sont livrées. Le personnage principal est seul, il se vide l'esprit en assouvissant sa passion pour le vieux cinéma Hollywoodien (que de références égrenées tout au long des 253 pages de l'ouvrage!), il y dépense beaucoup d'argent et s'en inspire pour ses tenues de bourreau (un coup privé froid, un coup cowboy sur le retour). Il noue une relation spéciale avec la belle Jos qui vient le voir régulièrement pour discuter, boire un coup ou encore aller au zoo. Rien de vraiment sexuel à proprement parler (même si une certaine tension à ce niveau là est perceptible) mais plutôt une attraction réciproque et un sentiment de bien être lors de leurs rencontres. Cela permet à l'écrivain de nous offrir de très belles pages qui contrastent avec le quotidien plutôt rugueux du furet.

Au détour des pérégrination de celui-ci, par petites touches, Andrevon nous immerge dans un futur pas si éloigné où la technologie futuriste est totalement intégrée à la société (mention spéciale aux "pous" qui s'avèrent être des sortes de balises GPS que l'on implantent dans le cou de tous les nouveaux nés et qui permettent de repérer quiconque en moins de deux!), une société devenue liberticide à force de rechercher le bien commun. C'est d'ailleurs dans ces questions quasi métaphysiques que réside le cœur de l'intrigue qui tire son épingle du jeu par son caractère profondément noir. Ne vous attendez donc pas à une fin heureuse…

La lecture est aisée et rapide, Andrevon excelle dans sa description du quotidien du furet et par sa lente prise de conscience de la nature réelle de son travail. On devine quelques ficelles à l'avance (surtout si on est habitué au genre) mais c'est avec un plaisir sadique (qui convient bien au ton cynique du texte) que l'on continue sa lecture qui nous emmène loin dans les realpolitik du futur entre paranoïa et hybris sanitaire. "Le Travail du Furet" est un bon roman de SF comme je les aime que je ne peux que vous conseiller.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé:
Un horizon de cendres
Tout à la main
Le monde enfin
- La Fée et le géomètre

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vendredi 3 juillet 2015

"Poltergeist" de Gil Kenan

Poltergeist afficheL'histoire : Lorsque les Bowen emménagent dans leur nouvelle maison, ils sont rapidement confrontés à des phénomènes étranges. Une présence hante les lieux. Une nuit, leur plus jeune fille, Maddie, disparaît. Pour avoir une chance de la revoir, tous vont devoir mener un combat acharné contre un terrifiant poltergeist...

La critique Nelfesque : Si vous nous suivez depuis longtemps, vous savez que nous avons un petit faible (un gros !) pour les films de genre. "Poltergeist" est un film culte et je ne vous cache pas que nous avions très peur du résultat concernant ce remake. Comme vous le savez aussi, je n'aime pas les remakes et cette facilité de tout reprendre pour remettre au goût du jour, au lieu de s'arracher pour pondre des scénarios originaux de qualité, quitte à dénaturer complètement l'oeuvre originale pleine de charme, me fait hérisser le poil.

Pourquoi aller voir "Poltergeist" version 2015 dans ce cas là ? La Fête du Cinéma pardi ! Sans elle, nous ne nous serions pas déplacés en salle et nous serions peut être contentés d'un visionnage DVD. Et encore...

Bon et alors ? C'est pas tout ça mais le film, il vaut le coup d'oeil ou pas ? Oui et non... On passe un bon moment, il y a de chouettes trouvailles mais dans l'ensemble ce "Poltergeist" ne casse pas des briques (à défaut de détruire des murs (ahah très drôle (ok, j'arrête))).

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J'ai aimé la première partie du film, à l'ancienne, sans déballage d'effets spéciaux. Le spectateur fait connaissance avec la famille Bowen et je dois dire que personnellement elle m'a bien plu. Ici point de gros clichés, pas d'ado grosse rebelle, blonde décolorée et qui mâche des chewing-gums la bouche ouverte, point de papa trop fort qui roule des mécaniques, point de maman modèle hystéro... Non finalement cette famille Bowen est une famille normale à laquelle on s'attache et s'identifie très rapidement. Les acteurs y sont d'ailleurs pour beaucoup, tout est naturel et le jeu est juste. La gamine a une bonne bouille, le petit frère peureux est attachant, les parents sont cools juste ce qu'il faut et il règne dans cette tribu une bonne humeur communicative. On est bien loin des films américains très clichés, m'as-tu-vu et débilisant.

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Les premières manifestations paranormales se déclenchent par petites touches, faisant monter la pression. L'ambiance se fait plus lourde petit à petit. Perso, je n'ai pas eu peur mais cette façon d'amener les choses tout en douceur m'a séduite. Il n'y a pas d'idées novatrices ou de plans révolutionnaires, c'est assez classique mais ça fonctionne bien et c'est respectueux de l'oeuvre originelle.

La deuxième partie, en revanche, celle où les poltergeists déchaînent leur fureur, est plus bancale. Les effets spéciaux m'ont complètement laissé de marbre ayant plus l'impression d'être devant une animation de jeu vidéo que devant un long métrage. Les scènes "de l'autre côté" ne valent vraiment pas celles faites en 1982. Oui il y a plus de moyens, oui on peut aujourd'hui en mettre plein la vue au spectateur mais la première version, même si elle a vieilli et même si elle a des imperfections qui font son charme, n'est ici pas égalée.

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"Poltergeist" est donc un film d'épouvante qui se regarde sans grand intérêt. Ni génial, ni nul, il laisse le spectateur avec un sentiment neutre. Perso, ce n'est pas ce que j'attends lorsque je vais au cinéma mais pour un dimanche soir calée dans mon canap' pourquoi pas. Et puis, le film des 80's m'a tellement fait flipper en son temps que c'est presque un crime d'avoir voulu le remplacer dans ma mémoire. SVP monsieurs les réalisateurs, ne touchez plus à mes films cultes !

Poltergeist

La critique de Mr K : 3,5/6. Petite séance de cinéma sympatoche et sans prétention que ce remake d'un film culte de Tobe Hooper. Une petite famille s'installe dans une nouvelle maison qui a été construite sur un ancien cimetière dont les corps n'ont pas été déplacés. Ça fait désordre surtout que les âmes n'ont pu trouver le chemin de la rédemption et commencent à s'amuser à communiquer avec la benjamine de la portée! Le pas définitif est franchi quand ils réussissent à l'entraîner dans le plan astral. Les parents font alors appel à une équipe de chercheurs spécialisés dans le paranormal. Clairement, on est largement en dessous de l’œuvre originel et je ne reverrai pas ce métrage qui perdra beaucoup lors de son passage sur petit écran.

Poltergeist1

Pourtant ça démarre plutôt bien. La caractérisation de la famille est sympa avec un père assez marrant car décalé et plus populo qu'à l'habitude (Sam Rockwell est impec!). La benjamine est craquante et je me suite attaché à son grand frère de 10 ans apeuré par tout et n'importe quoi et dont le physique m'a rappelé celui du jeune héros de Billy Elliot. On se plaît bien à suivre la découverte de la maison par des enfants déçus par les lieux et des parents qui ne peuvent faire autrement, la crise a frappé et le père au chômage refuse de laisser travailler sa femme écrivaine en devenir. Mais très vite, les enfants vont être confrontés à d'étranges phénomènes (lampes qui crépitent, déplacements d'objets, découverte d'une cachette secrète remplie de clowns-jouet). La tension monte peu à peu, dosée comme il faut par de petit effets classiques mais efficace (hors champ, vue subjective et objets détournés). J'ai bien dû tressauter deux / trois fois sans réellement avoir vraiment peur.

Poltergeist5

C'est le principal défaut de ce remake, il ne fait pas peur. On reste dans du classique pur jus et on vire même dans le n'importe quoi avec la deuxième partie du film qui fait intervenir une équipe spécialiste en repérage et combat contre le surnaturel. Là où dans le film originel, on proposait un bon moment de délire mais aussi quelques morceaux de bravoure, on tombe ici dans le cliché et le convenu. Dommage car la matière était propice à fournir de belles choses mais ça ne décolle jamais vraiment avec des passages WTF délirants (l’aînée en pleine crise d'ado qui s'excuse auprès de son père de ses exigences de midinette alors que le danger rode encore, on a le droit à un exorcisme new age assez consternant aussi). Mais le temps passe vite et on ne s'ennuie pas à défaut d'être surpris.

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La réalisation est bien loin d'égaler l'original, n'est pas Tobe Hooper qui veut! L'ambiance est moins poisseuse, moins malsaine et les plans plutôt convenus. Reste un sens du rythme assez efficace et deux trois séances marquantes comme l'attaque dans le garage, la nuit d'orage et les passages dans le monde astral qui rendent bien l'angoisse vécue par les personnages. Un bon film pour la fête du cinéma, sans ados crétins qui foutent leur zone dans la salle et une place à 4 euros… aucun regret pour un remake passable pour éviter la canicule!

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jeudi 2 juillet 2015

"Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson - ADD-ON de Mr K

le vieuxNelfe a déjà lu et chroniqué ce roman le 29/07/11. Je viens de le terminer et de le chroniquer à mon tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de mon avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez ma critique toute fraîche à la suite de celle de Nelfe.

Nous procédons ainsi pour les romans déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lu à nouveau par l'un de nous. Pour "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson, ça se passe par là.