vendredi 8 août 2014

69 ans déjà!

69 ans

"Souvenez-vous." C'est le mot d'ordre choisi par l'éditorial de l'Asahi Shimbun ce 6 août 2014, 69 ans après le largage de plusieurs bombes atomiques sur Hiroshima. "Le Japon, seule victime au monde d'attaques nucléaires, ne doit jamais cesser de répéter le mot 'souvenir' au reste de la planète", demande le quotidien japonais. Et de lancer un appel : "Nous devons bannir les armes nucléaires pour des raisons humanitaires. Nous pouvons commencer par interdire l'utilisation préventive de l'arme nucléaire, puis nous pourrons empêcher son utilisation en toutes circonstances, jusqu'à ce qu'elle soit totalement éradiquée."

Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies mercredi matin à Hiroshima pour commémorer le lâchage de la première bombe atomique de l'Histoire par le bombardier américain Enola Gay, le 6 août 1945. Dans cette ville de l'ouest du Japon, l'attaque a causé la mort de 140 000 personnes, soit en raison de l'explosion, soit par la suite, du fait des radiations. Le bombardement de Nagasaki, le 9 août, avait fait plus de 70 000 morts. Le Japon avait signé sa capitulation le 15 août, mettant un terme à la Seconde guerre mondiale.

Dessin de Stephff et texte tirés du site du Courrier International


mercredi 6 août 2014

Eerie & Creepy présentent "Richard Corben Vol.1"

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Présentation: Richard Corben est un maître incontesté du neuvième art et de l'illustration fantastique, reconnu aux quatre coins de la planète BD. Dès ses débuts pour Warren Publishing, son style unique le distinguait radicalement de ses pairs. Entre 1970 et 1978, il a illustré plus de quarante histoires, en grande majorité publiées dans les magazines Eerie et Creepy, les titres phares de l'éditeur.

Le présent ouvrage est le premier des deux volumes d'une édition intégrale consacrée à cette période fondatrice de son œuvre.

La critique de Mr K: Mille mercis au Label Delirium pour ce premier volume de rééditions consacrées à Richard Corben dans sa première période. Ils avaient déjà fait du très bon boulot de dépoussiérage avec les deux volumes de Creepy que j'avais acquis et chroniqués ici même. Avec "Richard Corben", on touche au sublime avec un artiste hors norme que j'admire entre tous. Pour moi c'est le best du best dans le genre horreur et SF depuis mes lectures passionnées de Nuits blèmes, Fils du monde ou encore Rolf (ouvrages lus il y a longtemps donc non chroniqués et vu leur prix sur les sites, je crois que je vais passer mon tour...).

Ici il s'agissait donc pour les éditeurs de présenter l'œuvre de Corben lorsqu'il collaborait aux magazines Eerie et Creepy. On a donc affaire à des récits courts du type nouvelles à chute dans les domaines de l'horreur, du fantastique, du polar ou encore de la SF. Dans ce volume 1, vous retrouverez 32 historiettes toutes plus étranges les unes que les autres et d'une beauté mortifère dans leur exécution. Tour à tour, vous suivrez notamment une reine froide et avide dans sa quête de la jeunesse éternelle, un apprenti bibliothécaire confronté à des créatures voraces en terme de lecture, un grand patron dont l'avarice sera puni au centuple, un mort-vivant SDF qui se nourrit de la haine des gens, un amateur de magie vaudou, un loup garou un peu trop aventureux, un père-noël serial killer, un jeune garçon qui fuit la réalité en explorant ses rêves, une momie malicieuse... Vous l'avez compris, il y a de quoi faire! Pour éviter d'avaler le présent volume en une nuit, je me suis imposé une règle drastique: pas plus de trois histoires par soir pour prolonger le plaisir! Je m'y suis tenu bon gré mal gré et au final, ce ne fut que du bonheur!

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Tout d'abord, quelque soit le récit, on retrouve toujours une réflexion sur le genre humain tournant autour des notions de besoin et de désir avec évidemment à chaque fois un dérapage qui se termine mal! J'aime beaucoup ce mélange de psychologie humaine, de fatum inéluctable et de châtiment à la mesure du crime. On baigne constamment entre surprise, angoisse, horreur et on en redemande! N'y voyez pas un besoin sadique irrépressible mais plutôt un plaisir coupable et délectable à souhait. Le genre veut que les personnages soient plutôt caricaturaux, en exagérant le trait on peut marquer davantage l'aspect "moral" de certaines historiettes et c'est là que je trouve que Corben se détache du lot. Dans un nombre important des récits proposés dans ce volume, on navigue entre le bien et le mal sans réellement de repères auxquels se raccrocher, cela donne aux histoires une densité nettement supérieure à la moyenne et une force émotionnelle vraiment troublante, la trilogie Enfant présentée en toute fin de volume est un modèle du genre dans une variation autour du mythe de Frankenstein et de sa créature.

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Visuellement, cet ouvrage est une gigantesque claque esthétique. On retrouve le génie du dessin entre récits noir et blanc et des plus récents en couleur. Artiste polyvalent (il lui arrive d'écrire les scénarios) venu de l'animation, il n'a pas son pareil pour représenter des personnages tortueux et des univers à la Lovecraft ou à la Poe. Unique dans son coup de crayon, inventif dans la représentation de l'action, des personnages au style singulier que l'on reconnaît de suite, autant d'ingrédients qui font rentrer ce volume dans mon panthéon personnel de la BD. J'ai bien fait de me réguler avant d'entamer ma lecture, m'est avis qu'il n'aurait pas tenu longtemps malgré ses 175 pages!

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Au final, ce fut une lecture remarquable entre BD, roman graphique (trois histoires sont liées) et adaptation de classiques de la littérature fantastique. Agréable, soignée et fidèle aux œuvres originale, cette réédition est vraiment de grande qualité et conviendra à tous les amateurs du genre!

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mardi 5 août 2014

"L'Assassinat d'Hicabi Bey" de Alper Canigüz

l'assassinat d'Hicabi BeyL'histoire: Alper Kamu est un curieux petit garçon qui s’est promis de résoudre un meurtre commis dans son quartier à Istanbul. Il a trouvé Ertan le Timbré à côté du cadavre encore chaud d’Hicabi Bey, policier à la retraite, la télévision allumée à plein volume, mais le cinglé du voisinage était plutôt là pour regarder l’équipe du Besiktas perdre en Ligue des champions. Déjà tête à claques d’existentialiste, Alper le désormais détective va sécher la maternelle et balader son revolver en plastique Dallas Gold dans une mégapole bigarrée, pleine d’amantes fatales, d’épiciers lyriques et de directeurs sournois...

La critique Nelfesque: Après "Des 1001 façons de quitter la Moldavie" de Vladimir Lortchenkov aux Editions Mirobole, j'avais fortement envie de me replonger dans un roman drôle et caustique qui m'emmène au delà des frontières françaises. Avec "L'Assassinat d'Hicabi Bey", j'ai été servie et je ne peux en préambule que souligner la cohérence du catalogue Mirobole qui sait décidément bien choisir ses publications.

Alper Canigüz est un auteur turque dont "L'assassinat d'Hicabi Bey" est le second roman. Côté littérature turque, je dois admettre que je ne suis pas une spécialiste. En revanche, côté thriller et roman à l'humour décalé, en tout modestie, je commence à toucher ma bille... Néanmoins, cet auteur a su me cueillir par son originalité, son écriture singulière et surtout son petit héros Alper. Je vais suivre dorénavant son actualité avec beaucoup d'intérêt !

Car oui, le gros potentiel de ce roman tient dans son personnage principal. Haut comme 3 pommes, âgé de 5 ans, Alper est un petit gars bien différent des autres enfants de son âge. Il a l'esprit d'un homme de 50 ans dans un petit corps d'un mètre dix et cela provoque de drôles de réactions chez ses interlocuteurs. "A cinq ans, on est au coeur de l'âge mûr. Ensuite commence la chute." sont les premières phrases de ce roman. Ca a le mérite d'annoncer la couleur ! D'ailleurs, connaissez-vous beaucoup de gamins de 5 ans passant leurs journées à lire du Dostoïevski et du Nietzsche "pour la rigolade (je plaisante, il sait de quoi il parle le moustachu - c'est fou ce que la poltronnerie peut rendre créatif !)" ? Les pensées d'Alper et sa répartie sont savoureux et j'ai passé 250 pages à rire !

Bien que cultivé et ayant un vocabulaire évolué (bien plus que certains adultes), Alper n'en reste pas moins un enfant et sa fraicheur et ses envolées grossières parfois redonnent un peu de réalisme à une oeuvre farfelue. Ne lisez pas "L'Assassinat d'Hicabi Bey" si vous souhaitez une histoire plausible, vous n'arrêterez pas de pester. Mais si vous êtes à la recherche d'une lecture peu commune mêlant humour, esprit critique et dépaysement, celui ci est fait pour vous.

Canigüs pousse ses lecteurs à la réflexion par le biais de la dérision. A la fois, l'histoire au premier degré est drôle et décalée mais c'est aussi une véritable critique de la Turquie d'aujourd'hui que nous propose l'auteur. Sans rentrer dans les détails, nous sommes ici dans un quartier d'Istanbul, loin des secteurs riches, où petites frappes, violence, drogue et chômage rodent. Sans parler de la critique des relations humaines et de ses limites : trahisons, mensonges, manigances, douleurs ...

Comme quoi ce n'est pas parce qu'un enfant a 5 ans qu'il n'a pas d'autres préoccupations que la composition de son quatre heures ou le dernier dessin animé à la TV. Un chemin que bon nombre d'adulte ferait bien de prendre ! "L'Assassinat d'Hicabi Bey" est à lire, assurément ! Original, drôle, caustique, décalé ! Vous faut-il d'autres arguments pour courir chez votre libraire !?

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dimanche 3 août 2014

"Le Syndrome Copernic" d'Henri Loevenbruck

«Le syndrome Copernic» d'Henri Loevenbruck

L'histoire: Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l'effondrement. Toutes, sauf une, Vigo Ravel, quelques minutes avant l'attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu.
Il comprend alors qu'il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l'origine. Qui sont ces hommes qui le traquent? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre?
Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l'âme.

La critique de Mr K: Loevenbruck le retour au Capharnaüm Éclairé! J'avais grandement apprécié L'Apothicaire et Le mystère Fulcanelli, l'occasion faisant le larron, je tombai sur Le Syndrôme Copernic au cours d'un énième chinage et je sautai sur l'occasion pour l'acquérir. Depuis avril, le pauvre m'attendait impatiemment dans ma PAL...

Vigo est le seul rescapé d'un attentat terroriste sans précédent sur le sol français. Des voix lui ont parlé dans sa tête et il a pu s'échapper de l'Enfer à la dernière minute. Oui! Vigo est dérangé, plus que cela il est schizophrène! C'est du moins le diagnostic du docteur Guillaume. Mais voilà, ce dernier est mort dans l'effondrement de la tour et quand Vigo se renseigne sur les victimes, il ne trouve nulle trace du fameux docteur ni même de l'existence du cabinet médical où il se rendait une fois par semaine pour son injection hebdomadaire. Livré à lui même, sans repères ni personne à qui se raccrocher, Vigo va tenter de découvrir la vérité sur son identité, sa maladie et sur le fameux Protocole 88.

Clairement ce livre est loin d 'être le meilleur de l'auteur et même si je l'ai lu assez rapidement, l'ennui a pointé régulièrement le bout de son nez: 508 pages qui auraient pu être condensées en 300 facilement car Loevenbruck en voulant nous plonger dans l'esprit d'un pseudo schizophrène se répète beaucoup (préférez Les Racines du mal de Dantec, un bouquin culte et inégalé!), alourdit le récit à un tel point qu'on finit même par moment par se demander s'il ne faudrait pas achever le héros! J'exagère quelque peu mais les atermoiements de ce dernier deviennent vite saoulants au bout de 200 pages et il faut tout de même attendre la 300ème pour avoir un début de révélation. Ce premier indice m'a personnellement mis sur la voie de la vérité cachée et révélée dans les toutes dernières pages, peu ou pas de surprises de mon côté donc. La fin m'a aussi paru bâclée et envoyée en 20 pages comme si l'auteur en avait ras le bol et souhaitait en finir au plus vite. Dommage car le background était intéressant.

Pour autant, Le Syndrome Copernic n'est pas une bouse intersidérale. L'écriture de Loevenbruck reste toujours aussi accessible et je pense que des néo-lecteurs se laisseront entraînés sans peine dans cette aventure baignant dans une paranoïa bien de notre temps. Même si l'auteur en rajoute un maximum, les personnages sont plutôt bien caractérisés et évoluent bien, voir radicalement pour certains d'entre eux: je garderais en souvenir le personnage de la policière venant en aide à Hugo en début de roman et les membres de l'organisation Sphinx. Autre réussite de ce roman, le rendu très réaliste d'une capitale française subissant une menace terroriste et l'ambiance qui peut en résulter. Cela traduit une fois de plus tout le talent de l'auteur pour rendre compte d'une époque et d'un climax, il l'avait déjà bien montré dans mes deux précédentes lectures.

Cette lecture fut donc une semi déception pour ma part, l'auteur m'ayant habitué à bien mieux. Dispensable mais pour autant tout à fait fréquentable, cet ouvrage a le mérite de se lire facilement. À chacun de se décider s'il veut tenter l'aventure ou non.

Egalement lus et chroniqué au Capharnaüm éclairé:
- "Sérum - Saison 1, Episode 1"
- "Sérum - Saison 1, Episode 2"
- "Le Mystère Fulcanelli"
- "L'Apothicaire"

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samedi 2 août 2014

"Coldwater" de Vincent Grashaw

cold water afficheL'histoire: Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

La critique Nelfesque: Charmée par la bande annonce de ce long métrage, j'avais très envie de voir "Coldwater" au cinéma. C'est maintenant chose faite. Une ambiance et un thème que j'affectionne, il ne m'en fallait pas plus pour me déplacer et je ne regrette pas du tout.

L'histoire est dure. Nous nous retrouvons avec les jeunes incarcérés dans un camp de redressement américain et nous attachons plus particulièrement à la vie de Brad, petite frappe qui mène sa barque avec un certain code de l'honneur mais qui se retrouve dépassé par les évènements lors d'une soirée étudiante où un drame va avoir lieu. Ses parents, ne sachant plus quoi faire, se tourne vers Coldwater, un centre paramilitaire, pour le remettre dans le droit chemin. Ce qui l'attend ici va le marquer autant dans sa chair que psychologiquement.

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Magistralement mené par Vincent Grashaw, réalisateur que je ne connaissais pas jusqu'ici mais que je vais dorénavant suivre avec beaucoup d'intérêt, ce film est quelque peu classique dans son traitement. Il y a du "Mystic River" ou encore "Sleepers" dans ce film de part la jeunesse désoeuvrée qu'il présente mais aussi son côté "bande de copains" unis dans la douleur. Très vite, le spectateur s'attache à ces jeunes, toute considération de leurs culpabilités mise à part, devant l'horreur que leur réserve ce camp de redressement.

Interdit au moins ne 12 ans, il n'est au départ pas spécialement violent dans les images mais dans les idées qu'il véhicule. Pendant les 3/4 du film, je me disais que certes l'histoire est éprouvante mais tout restait tout de même convenu, jusqu'à une scène marquante qui frappe le spectateur de plein fouet. On ne peut alors nier que "Coldwater" est un film remarquable qui fonctionne comme une cocotte minute !

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Eprouvant, froid et implacable, "Coldwater" met le spectateur sous pression pendant presque 2 heures. Comment peut-on en arriver à de tels extrêmes? Que justifie la violence? L'homme malgré tous ses défauts et ses erreurs de parcours reste tout de même un homme. Rien ne légitime de pareils traitements. Un film qui fait froid sans le dos et que je vous conseille vivement de voir. 

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La critique de Mr K: 5/6. Un très bon métrage que Coldwater. On démarre au quart de tour avec "l'enlèvement" du jeune héros par des inconnus dans sa propre chambre. En fait, il s'agit d'employés de Coldwater, un centre de redressement pour délinquant tenu par un ancien militaire auquel ses parents ont fait appel suite aux démêles de leur fils avec la justice (il trafique quelques peu le jeunot et un drame a eu lieu). Commence alors une véritable descente en enfer pour Brad avec en toile de fond une Amérique repliée sur ses peurs et prônant des solutions radicales mais pas forcément efficaces. D'ailleurs la fin de ce film est tout bonnement scotchante voir traumatisante ce qui le fait passer du bon au très bon film!

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La grande force du film tient à son acteur principal P. J. Boudousqué. Beaucoup le compare à Ryan Gosling (Drive for ever!) et c'est loin d'être faux. Même visage, un jeu tout en intériorisation avec un regard qui perce le spectateur et au final, une empathie qui fonctionne à plein durant tout le film. Impressionnant de justesse et de présence, il illumine cette histoire plutôt classique dans sa structure. Face à lui, James C. Burns campe le directeur du centre. Impitoyable, chauffant le chaud et le froid, il incarne à la fois la figure paternelle et le cerbère des Enfers. Lui aussi est bluffant et leurs face à face sont lourds de tensions. De manière générale, tous les protagonistes jouent très bien et contribuent à la distillation de la tension et d'un malaise grandissant. Le dernier tiers du métrage est un modèle de pétage de plomb avec une cocotte minute qui ne peut qu'exploser suite à l'accumulation des brimades et autres sévices.

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Vincent Grashaw est pour moi un réalisateur à suivre. C'est un technicien hors pair et ce film est de toute beauté. Il y a de l'inventivité dans les cadrages et les travellings malgré quelques passages obligés dûs au genre du film. Tout contribue à créer une ambiance dérangeante (musique, bruitages, lumière, plans) et le scénario bien que plutôt prévisible de prime abord prend une tournure plus extrême qu'à l'habitude dans une production américaine moyenne. Mélange de récit classique et de flashback disséminés deci delà, on ressort quelques peu groggy de cette séance pas comme les autres entre chronique adolescente et dénonciation d'une Amérique à la dérive. Une belle séance de cinéma un peu rude que je vous invite à découvrir au plus vite.

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jeudi 31 juillet 2014

100 ans déjà...

Jean_Jaurès

Il y a déjà 100 ans que Jean Jaurès est mort assassiné par un étudiant nationaliste forcené. Le Capharnaüm Éclairé veut rendre hommage à ce grand homme, ce républicain d'exception, défenseur de nobles causes et vrai socialiste. Honte au F-haine, Sarkozy et autres Hollande qui se réclament de lui et par leurs actes et prises de position trahissent et souillent sa mémoire. Modèle indépassable, à la probité et l'honneteté sans faille, c'est une certaine idée de l'engagement dans la République et dans la défense du bien commun qui est morte avec lui ce jour là au Café du Croissant. Marianne le pleure encore beaucoup aujourd'hui, où l'époque est au repli sur soi et à la méfiance.

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mercredi 30 juillet 2014

Garou-garou passe...

En ces temps d'actualité sombre et dépressive (on vit vraiment une époque formidable!), je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous ce court article édifiant sur le plus vieux jeu du monde, à savoir Le gendarme et le voleur. J'adorais ce jeu étant jeune mais franchement, je ne pourrais pas aller jusqu'à de telles extrémités pour gagner! Surtout que là, le larron il perd!

Pour entrer dans la prison de Ribeiro das Neves, André Silva de Jesus, 35 ans, a indiqué aux gardiens, certificat médical en mains, qu'il ne pouvait pas passer aux rayons X car il porte un pacemaker.
Méfiants, les surveillants ont alors fouillé le trentenaire et ont trouvé dans son anus une véritable boite à outils : deux téléphones portables, deux batteries, une pince, cinq clous, huit lames de scie, cinq clous et quelques autres babioles.
Les gardiens de la prison ont appelé leurs collègues de la police militaire pour immortaliser ce record.

cargaison bien cachée

Photo et petit texte tirés du site faitsdivers

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lundi 28 juillet 2014

"Le Bar sous la mer" de Stefano Benni

le bar sous la merL'histoire: Pour sauver un vieil homme qui s'est jeté à l'eau, un promeneur plonge et découvre que le vieillard nage tout simplement vers un bar au fond de la mer! Il l'accompagne et va vivre là une bien étrange nuit, car les clients de ce bar branché sur les hautes ondes de l'imaginaire se révèlent des conteurs comme on rêve d'en rencontrer. Qui parodie quoi (ou qui) ? Au lecteur de jouer le jeu et d'entrer dans ce labyrinthe de pastiches où se mêlent savoureusement humour et littérature.

La critique de Mr K: Encore une pierre à l'édifice du fameux adage: le hasard fait bien les choses. Ce livre m'avait séduit par sa quatrième de couverture intrigante et surtout par sa très belle couverture qui va s'avérer jouer un rôle très important pour la lecture à suivre. Attention Le Bar sous la mer est une petite bombe à la fois drôle, littéraire et marquante.

En deux pages, l'auteur nous emmène donc dans un étrange bar se situant au fond de l'eau, suivant le narrateur, nous nous installons dans la salle et chacun des personnages représentés sur la couverture va raconter une histoire, se révélant à chaque fois un conteur des plus savoureux et souvent surprenant. On se rend compte très vite que nous avons affaire ici à un recueil de nouvelles déguisé en roman, chaque historiette de 5 lignes à 40 pages maximum nous embarquent dans un univers et un genre différent ce qui donne à l'ensemble une allure générale farfelue qui ne doit en rien cacher l'aspect littéraire de cette entreprise où l'auteur clame son amour des livres par des pastiches plus réussis les uns que les autres. Contes, histoires d'épouvante, romantisme, roman épistolaire, rabelaiseries... tout y passe pour le bonheur du lecteur!

En vrac vous assisterez à un duel culinaire digne de L'Iliade d'Homère, à un dérèglement climatique sans précédent, à la découverte de la planète Terre par un extra-terrestre, à la traversée par deux petits vieux d'une rue bondée, à une enquête dans une école menée par une gamine émule de Miss Marple, à la lente destruction de la liberté de pensée dans un pays en crise, à la déclaration d'amour d'une baleine sacrée auprès d'un capitaine au long cours maniéré, à l'agonie de la morale autour d'une piscine de villa hollywoodienne et encore tout plein d'autres histoires plus abracadabrantesques les unes que les autres. Chacune vous l'avez compris correspond à un genre ou une œuvre particulière. Je n'ai pas réussi à identifier chacun des pastiches mais le plaisir de lire s'est renouvelé à chacune de ces nouvelles.

Il règne vraiment une ambiance étrange dans ce recueil. On passe par tout plein d'émotions différentes correspondant aux différents tons et genres abordés. L'auteur fait mouche à tous les coups et pour une fois je trouve qu'il y a un équilibre certain entre tous les récits qui nous sont proposés dans un recueil de nouvelles. On passe de la légèreté la plus aérienne aux tréfonds de l'âme humaine en quelques pages et toujours avec la même réussite. L'écriture est à l'image des nouvelles proposées, polymorphe et insaisissable. Stefano Benni semble prendre un malin plaisir à nous égarer en changeant de style comme on change de plume. Loin de se prendre trop au sérieux, l'auteur nous livre ici et là de purs moments bien délirants à l'humour lui aussi multiforme: de la causticité, une pointe d'humour noir, de l'ironie... toutes les armes littéraires sont ici présentes, maîtrisées et utilisées dans le simple but de provoquer le plaisir de lire. Rajoutez à cela l'astuce de faire parler tous les personnages de la couverture qui force le lecteur à se réinterroger sur des récits précédents et vous obtenez un petit chef d'œuvre d'inventivité.

Le Bar sous la mer est à lire tout simplement parce qu'il ne se ressemble à rien d'autre de ce que j'ai pu lire auparavant et qu'il dégage une fraîcheur, un amour de la littérature et de l'humanité rare. Un must!

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dimanche 27 juillet 2014

"Coraline" de Neil Gaiman

coralineL'histoire: Coraline vient de déménager dans une étrange maison et, comme ses parents n'ont pas le temps de s'occuper d'elle, elle décide de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien. Identique, et pourtant...

La critique Nelfesque: J'ai découvert "Coraline" il y a 5 ans au cinéma et j'avais adoré ce film d'animation plein de mystère et superbement réalisé. L'occasion s'est présentée de lire le roman de Neil Gaiman dont a été tiré celui ci et j'ai sauté dessus.

J'avais déjà lu du Gaiman par le passé et je n'avais pas vraiment été convaincu. Peut être le mauvais roman, peut être le mauvais moment pour découvrir cet auteur que beaucoup encensent. Avec "Coraline", j'ai aimé Gaiman sans pouvoir m'enlever de la tête les images du film de Henry Selick (qui a également à son actif "L'Etrange Noël de M. Jack" (rien que ça!)). Une adaptation très fidèle à ce roman qui a su mettre les bonnes illustrations sur les mots de son auteur.

Coraline est une petite fille curieuse de tout. Avec son âme d'aventurière, elle ne tient pas en place et lors de son emménagement dans une nouvelle maison, la tentation est trop grande d'en explorer le moindre recoin. Elle va alors découvrir un monde fantastique où tous ses désirs sont exhaussés, où ses parents ont du temps pour elle, où les chats parlent et les souris montent des spectacles de cirque. Mais les apparences sont trompeuses et Coraline va vite découvrir les limites du paraître.

"Coraline" se dévore. Relativement court (153 pages), le lecteur adulte enchaine les pages et les enfants seront, je n'en doute pas passionnés par les découvertes de son héroïne. Du haut de mes 32 ans, je ne saurai jamais les sensations de lecture que procurent ce roman sur les jeunes enfants mais m'est avis qu'il laisse des traces dans leurs jeunes vies de lecteurs.

Merveilleux, addictif mais aussi angoissant et effrayant, de nombreux qualificatifs seraient justes pour parler de "Coraline". On s'attache très rapidement à cette jeune fille, on souffre comme elle de l'indifférence de ses parents tout en l'expliquant avec nos yeux d'adultes. Qui n'a jamais ressenti ce sentiment de délaissement quand les parents ont trop de travail ou des préoccupations qui nous dépassent quand, du haut de nos 10 ans, on a envie de passer nos journées à jouer et où être fille unique n'est pas toujours évident? Avec une imagination débordante, Coraline parcourt les pièces de son nouvel appartement, explore le jardin en s'inventant des histoires. Mais un jour la réalité dépasse la fiction et une porte mystérieuse s'ouvre dans son salon. Commence alors une épopée à la hauteur de ses attentes d'où il sera difficile de revenir à la réalité.

La plume de Gaiman est simple et efficace. L'auteur sait toucher là où ça fait mal en enveloppant le tout d'un voile merveilleux et fait passer son lecteur par tous les états. Cela reste un roman jeunesse et on s'imagine bien que tout sera bien qui finira bien mais l'angoisse pointe très souvent le bout de son nez au fil des pages et la morale de l'histoire est intéressante dans un monde actuel où les paillettes et la facilité intéressent plus nos jeunes que le quotidien et les distractions durement gagnées. Je conserverai précieusement cet ouvrage pour un futur bambin en âge de le lire, pour qu'il découvre avec ses mots à lui et une histoire passionnante que tout ce qui brille n'est pas d'or et qu'il faut se méfier des apparences. Même en tant qu'adulte, il est bon de se voir rappeler parfois que l'amour de ses proches est un bien précieux.

Vous l'aurez compris, je vous conseille ce roman. Que vous ayez 7 ou 77 ans, vous retrouverez dans "Coraline" des fondamentaux essentiels à la construction de tout être humain. La vie n'est pas faite que de bonheur et d'amusement et il faut parfois passer par des chemins tortueux pour en découvrir toute sa valeur.

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vendredi 25 juillet 2014

"Légende et réalité de Casque d'or" d'Annie Goetzinger

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L'histoire: Biopic littéraire et dessiné autour de la figure populaire d'Amélie Élie.

La critique de Mr K: Ceux qui suivent régulièrement notre blog savent que je voue une admiration sans borne à Annie Goetzinger qui aborde avec talent et finesse chaque sujet qu'elle touche. Elle n'a pas son pareil pour allier destin intimiste et évocation réaliste et rigoureuse d'une période historique, dans La Diva et le Kriegspiel il s'agissait de la seconde guerre mondiale et dans La Demoiselle de la Légion d'honneur l'auteur revenait sur la décolonisation. Ici, dans Légende et réalité de Casque d'Or, elle nous convie dans le Paris populaire de la Belle Époque du début du siècle dernier.

Il est ici question d'amour, de crime organisé et de luttes d'influence dans le milieu criminel de l'époque. Casque d'or est le surnom d'une jeune prostituée de l'époque, Amélie Élie, qui va quasiment provoquer une lutte entre deux bandes rivales dont les chefs respectifs sont fortement épris de la belle. Passion et déraison se conjuguent donc de manière fatale dans ce récit tiré de l'histoire vraie d'Amélie Élie avec quelques éléments romanesques rajoutés pour optimiser le rythme du récit.

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Cette BD est une vraie réussite. Tout d'abord, elle est d'un réalisme assez bluffant. Goetzinger retranscrit à merveille l'univers des malfrats de l'époque avec leurs tenues, leurs schémas de pensée (on est loin des gangs d'aujourd'hui), leur manière de parler est très bien retranscrite et l'on se retrouve plonger en apnée dans cette univers de misère et de violence. Des passages sont assez corsés, l'auteur ne nous épargnant pas, voulant par là même respecter le point de vue naturaliste qu'elle a voulu adopter. Au milieu de tous ces événements et influences malsaines, l'héroïne tente de surnager et de s'extraire de sa condition sans réelle réussite tant la société est sclérosée sur ses principes de l'époque et qu'il est difficile d'échapper à sa classe sociale (si sa vie vous intéresse de nombreux articles forts intéressants lui sont consacrés sur le net). À travers diverses péripéties, il nous est aussi permis d'appréhender le fonctionnement et le comportement de la police et de la justice de l'époque, des institutions religieuses et de manière générale la vie du petit peuple de Paris.

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Bon voyage que cette lecture même si le sujet n'est pas des plus gais. Les dessins et les planches se suivent avec bonheur entre réalisme et quelques passages plus poétiques. On retrouve les traits vifs et fins d'Annie Goetzinger qui en plus, signe les textes et le scénario. Rien à redire, bien au contraire, cette découverte fut intense et addictive à souhait, je l'ai parcouru d'une seule traite entre intérêt et surprises successives réservées par la trame. Le récit est puissant, évocateur et l'on comprend mieux pourquoi cette affaire Amélie Élie a marqué les consciences de l'époque et fait les choux gras de la presse de l'époque. La vie de certaines personnes s'apparentent vraiment parfois à un roman et Casque d'or en fait partie.

Je ne peux donc que vous recommander cette BD et de mon côté il ne me reste plus qu'à voir le film homonyme de Jacques Becker avec Simone Signoret, métrage qui paraît-il, est une œuvre maîtresse du cinéma français. Wait and see!

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Posté par Mr K à 21:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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