jeudi 22 mai 2014

Mieux vaut en rire...

rions jaune

Dessin de Bar tiré de son blog

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mercredi 21 mai 2014

Déstockage de Serpent à Plumes

C'est LE bon plan littéraire du moment! Si vous avez un magasin Noz près de chez vous, courrez-y! En ce moment, de très nombreux titres du catalogue du Serpent à plumes, filiale des Editions du Rocher, sont à des prix très attractifs. De 2.50€ à 2.90€ le roman neuf, initialement à 20€ en moyenne. A ce prix là, on se fait plaisir!

Arriva ce qui devait arriver, on a fait une razzia qui fait pleurer nos PAL mais danser la gigue à nos portes monnaies.

Voici le tableau de chasse:

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- Au bord du gouffre de David Wojnarowicz
- Sirtaño ou la légende du serpent-roi de Renaud Joubert
- Les Couloirs du temps de Iouri Mamleïev

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- La Plage de Marie Hermanson
- Axolotl Roadkill d'Hélène Hegemann
- La Sarabande des soupirs de Gianni Celati

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- Animals tristos de Jordi Punti
- Cinéma mental de Gianni Celati
- La Madone au manteau de fourrure de Sabahattin Ali

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- Finnigan et moi de Sonya Hartnett
- Une Fille de pasteur de George Orwell
- Le Tumulte des roses de Manuel Peyrou

12 romans neufs pour le prix d'1. C'est pas trop beau ça!? Franchement, pourquoi se priver? De quoi faire des découvertes, tenter des auteurs jusqu'alors méconnus et surtout se faire du bien au moral en pensant aux longues heures de lecture au soleil qui nous attendent (quand le soleil reviendra...).

Vous avez un Noz dans les alentours? Qu'est ce que vous faites encore devant l'écran de votre ordinateur!? Go go goooo!

mardi 20 mai 2014

"Tu ne m'échapperas pas" de Lisa Gardner

lisagardnerL'histoire: "À toutes les unités, à toutes les unités... On nous signale une fusillade à la cité scolaire."
Baskerville, bourgade tranquille de l'Oregon. Il est 13 h 50 lorsque Rainie Conner reçoit l'appel : on a ouvert le feu sur des collégiens. Quand l'inspectrice arrive sur place, deux adolescentes et leur enseignante gisent à terre. Le meurtrier est là. Il n'a que treize ans. Pis, c'est le fils du shérif - le supérieur hiérarchique et l'ami de Rainie... Pour la jeune femme, qui s'est engagée dans la police afin d'oublier le drame qui l'a marquée, l'épreuve ne fait que commencer. Il lui faut mener l'enquête alors que la pression exercée par les parents, les médias et le FBI se fait chaque jour plus forte... Pourra-t-elle faire face, elle qui se sait si fragile psychologiquement et ne cesse d'être hantée par les ombres de son passé?

La critique de Mr K: Ah! Un Lisa Gardner! Voilà une écrivaine au talent machiavélique que j'aime pratiquer à l'occasion. Dans mes deux précédentes lectures, j'ai jubilé face à ses thrillers haletants et aux multiples rebondissements. Mais voilà, il y a une fin à tout et je dois bien avouer que je suis resté sur ma faim même si ce livre s'avère être un divertissement juste sympathique. Une icône tombe!

Dans Tu ne m'échapperas pas, tout commence par une fusillade en milieu scolaire comme cela arrive encore trop souvent aux États-Unis. Une professeur et deux petites filles ont été tuées et un jeune garçon du nom de Danny est arrêté les armes à la main, le regard hagard. Il avoue bien vite le triple meurtre et on se dit que l'affaire va être vite pliée. Mais voilà, quand on en arrive là, on n'est qu'à la page 100 et on se doute bien que derrière cet aspect simpliste se cache quelque chose de plus gros et de plus sombre. D'autant plus qu'à l'occasion de fins de chapitre, un mystérieux inconnu rode dans les parages s'intéressant de très près à notre héroïne d'inspectrice et aux conséquences de la tuerie. Bizarre, vous avez dit bizarre? Effectivement, le mystère s'épaissit et on ne peut que continuer en attendant que l'auteur nous livre toute la vérité.

On retrouve ici les qualités des précédents opus que j'ai pu lire de Lisa Gardner. Un style direct et franc qui n'épargne personne et un don certain pour planter une situation dramatique. On touche en plus ici à un sujet brûlant et cet aspect est bien traité: l'horreur de l'assassinat de jeunes enfants, le traumatisme qui en découle pour la communauté et les dérives vengeresses d'une foule en colère. Nous suivons une fois de plus le point de vue de l'enquêtrice et le voile ne se lève que par toutes petites pièces, on enrage d'en savoir si peu et pourtant la lecture se poursuit plutôt agréablement. Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour en venir à bout, pour autant je ressors déçu de cette lecture.

J'ai tout d'abord trouvé les personnages principaux plutôt insipides. On lorgne bien souvent vers le soap à deux dollars notamment l'attirance mutuelle qui s'installe entre Rainie et Quincy le super flic du FBI. On flirte avec la collection Harlequin et cela discrédite ces deux personnages plutôt attachants de prime abord. De manière générale, j'ai trouvé les protagonistes plutôt plats et caricaturaux, l'empathie ne fonctionne pas et on en arrive presque à se désintéresser d'eux, ce qui est tout de même un comble pour ce genre de littérature. Je dois aussi vous dire que même si l'intrigue se tient et marque le lecteur dans sa chair, je l'ai trouvé plutôt convenu et sans surprise. Les rebondissements ne sont pas si nombreux et j'ai deviné à l'avance certains d'entre eux. Cela m'a quelques peu gâché le plaisir.

Au final, cette lecture m'a contrarié tant j'en attendais plus. On vire dans le thriller commun, chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout de la part de Lisa Gardner. Attention, on est loin de la purge littéraire mais Tu ne m'échapperas pas s'apparente davantage à un petit roman de plage qu'à un thriller percutant. Vous voilà prévenus!

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé:
- Disparue
- Sauver sa peau
- La maison d'à côté

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lundi 19 mai 2014

Ca faisait trop longtemps!

Rolala mais ça fait un sacré bail qu'on n'a pas posté un petit lundi au soleil! Avec le beau week-end qu'on a eu, ça a fait tilt dans nos têtes et on s'est dit qu'il fallait qu'on s'y remette parce que je sais pas vous mais nous on adore ça!

Alors ok, on vous propose des clips tout pourris, des chansons qui restent des heures dans la tête, des musiques à faire palir Maître Gims (qui aurait aussi sa place ici!) mais il ne faut pas nous en vouloir, on évacue notre pression quotidienne dans le visionnage de ce genre de vidéos qui lavent bien le cerveau.

D'autant plus en ce moment car nous sommes en plein préparatifs pour notre mariage et dans la constitution de notre playlist pour la fiesta du soir. On a délibérément fait le choix de ne pas prendre de DJ. On a les goûts qu'on a mais là c'est notre mariage et on fera l'impasse sur la chenille et sur le tournage de serviettes. Désolée pour ceux qui seront présents et voulaient absolument se serrer comme des sardines au fond de cette boîte (lalalala) mais non c'est pas possible.

Aujourd'hui, un bon Jean-Luc Lahaye des familles! Une chanson hyper mielleuse, un titre que Mr K aurait pu me chanter le jour J si il avait été romantique... En revêtant ce sublime blouson bleu trop grand et avec le même pas de danse artistique fluide, ce serait vraiment le rêve! Sans oublier le pincement de lèvres de la première phrase bien sûr.

Ca date de 1982 et je me dis qu'il n'y a pas eu que de mauvaises choses cette année là puisque c'est aussi celle de ma naissance!

Enjoy! Cadeau lecteur! Ce clip je te le donne... à toiiiii! Rien qu'à toiiiiii!

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dimanche 18 mai 2014

"Joyland" de Stephen King

joylandL'histoire: Les clowns vous ont toujours fait peur?
L'atmosphère des fêtes foraines vous angoisse?
Alors, un petit conseil: ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d'orage...

La critique Nelfesque: En premier lieu et avant de donner mon avis sur "Joyland", je tiens à dire que si vous avez toujours eu peur des clowns et si l'atmosphère des fêtes foraines vous angoisse, vous pouvez lire ce livre. Je ne sais pas ce qu'a fumé la personne qui a rédigé la 4ème de couverture ou si même, pire, elle a bien lu le roman, parce qu'il n'est pas du tout question de clown dans cet ouvrage! Quant à l'atmosphère de cette fête foraine, elle est tout sauf angoissante. Une vraie publicité mensongère que ces quelques lignes! Moi qui au contraire attendez des clowns pour renouer avec l'ambiance "Ca", j'ai bien été déçue sur ce point.

Cela faisait de nombreuses années que je n'avais pas lu d'ouvrage de Stephen King. J'en ai été très fan à mon adolescence puis peu à peu j'ai commencé à me lasser, voyant de grosses ficelles reprises maintes et maintes fois, étant déçue par les fins de roman bâclées... Le cycle "Désolation" / "Les régulateurs" en 96 a signé ma rupture avec l'auteur.

Et aujourd'hui, arrive en librairie un nouveau roman qui attise ma curiosité, me donne envie de renouer avec l'univers de SK. Une fête foraine, des clowns (je croyais en trouver...), une ambiance malsaine... Je me lance avec l'espoir de retrouver l'engouement de mes jeunes années. Bien que n'ayant pas trouvé dans "Joyland" les ingrédients promis dans le résumé, j'ai retrouvé, contre toute attente, l'envie de poursuivre ma lecture au fil des pages, une véritable empathie pour les personnages et la joie d'une sensation depuis longtemps perdue.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé "Joyland"! J'ai aimé me perdre dans ses pages, suivre Devin dans son quotidien d'étudiant et sa découverte de Joyland, un parc d'attraction dans lequel il va travailler pendant l'été 1973. Jeune homme attachant et respectueux, presque trop gentil, il va durant cet été vivre en accéléré une expérience enrichissante et grandir en quelques mois comme jamais il ne l'avait fait jusqu'alors. Autour de lui gravite toute une clique de saltimbanques originaux, gais et sympathiques qui vont le prendre sous leurs ailes et lui raconter les secrets du parc d'attraction, et plus particulièrement ceux de la Maison de l'Horreur.

Il fera aussi la connaissance d'Erin et Tom, ses colloc' et collègues le temps d'un été et amis pour la vie, Mike et sa maman, petit garçon handicapé aux pouvoirs surprenants... Les personnages gravitant autour de Dev sont des plus attachants. On ressent une vrai sympathie pour eux tout le long de la lecture, ce qui facilite l'identification aux personnages et l'appât du lecteur pour ce roman qu'il ne peut plus lâcher.

Habituée aux romans d'horreur avec Stephen King, ici on en est bien loin. Ce sont les rapports humains qui sont le point central de "Joyland" et la découverte d'un autre monde, celui des forains. Il y a bien une petite dimension fantastique mais pour moi on est ici dans de la littérature contemporaine.

C'est un Stephen King apaisé et recentré que j'ai retrouvé dans "Joyland" avec beaucoup de plaisir et de tendresse. Il nous prouve ici qu'il n'y a pas besoin d'en faire des tonnes dans le gore et l'épouvante pour faire vibrer les lecteurs et qu'un peu de finesse est la bienvenue dans ce monde de surenchère. Un roman que je vous conseille, même si d'ordinaire vous détestez Stephen King. Je prends les paris qu'il saura ici vous charmer!

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samedi 17 mai 2014

"Combat de fauves au crépuscule" d'Henri-Frédéric Blanc

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L'histoire: "Comment lui, si prudent, si futé, si prompt à déjouer les manœuvres sournoises des autres, lui dont l'intelligence et l'imagination créatrice étaient réputées dans tout le milieu publicitaire parisien, lui qui possédait le don de flairer les bons coups avant ses concurrents et d'agir plus vite qu'eux, comment avait-il pu se faire piéger aussi bêtement?"
En cherchant un appartement, Charles Cuvelier, jeune loup de la pub, se retrouve bloqué dans un ascenseur, à la merci des occupants de l'immeuble. Cette fois le stratège surdoué va devoir lutter pour sa vie.

La critique de Mr K: Voilà une très belle surprise que m'a réservé un séjour de plus chez l'abbé. J'aime beaucoup la collection Acte Sud (elle édite notamment Laurent Gaudé), la couverture m'a attiré l'œil de suite avec ce chat malicieux et la quatrième de couverture n'a fait qu'attiser ma curiosité. Vu le prix modique, il me semblait dommage de ne pas tenter l'aventure... Bien m'en a pris!

Il y a des jours où il n'est pas bon sortir de chez soi, Charles Cuvelier va l'apprendre à ses dépens. Publiciste renommé et redoutable, il se rend dans un immeuble afin de visiter un appartement à louer. Erreur fatale, il prend l'ascenseur et le coup de la panne prend une autre dimension. Coincé dans cet espace clos, le jeune loup va devoir s'accrocher à la vie. Loin de lui venir en aide, la proprio du dernier étage et quelques autres hurluberlus vivant là semblent se complaire dans la situation inconfortable dans laquelle se retrouve Charles. Ce dernier essaie nombre d'approches différentes, diverses tentatives de séduction mais il rencontre un mur. Peu à peu, son mental se fissure et le huis-clos vire au cauchemar.

Très court (106 pages), "Combat de fauves au crépuscule" se dévore d'une traite. On est constamment balancé entre répugnance pour le personnage principal (pur produit de la société consumériste que nous subissons) et l'inhumanité du traitement qu'il subit. Plus les pages se tournent, plus nous le voyons plonger. Il passe du simple souci à l'inquiétude grandissante quand il se rend compte que ses tours ne fonctionnent pas sur ses "kidnappeurs". Mais rien n'y fait, son charme et son éloquence ne fonctionnent pas et le récit s'envenime très vite pour mener à des sommets insoupçonnés. La froideur des lieux et des gens qui y vivent l'atteignent le plein de fouet, on sent bien que Charles peu à peu se rapproche du gouffre, de la folie. Ses contradicteurs mettent en relief la chute du héros par leur froideur et leur normalité. On nage en pleine folie ambiante dans un quotidien implacable et désespérant. La révélation finale est de toute beauté et vient couronner d'une aura plus forte cette petite histoire à visée universelle.

Ce livre se lit avec une facilité déconcertante. La langue est accessible, sans chichi (sans grand relief diront les plus durs) et on est immergé complètement dans le récit. On accompagne avec douleur et un soupçon de perversité le puissant d'hier devenu simple mortel. C'est l'occasion en filigrane de se poser des questions sur la réussite mais surtout sur la solitude de nos civilisations modernes. L'esprit humain est ici mis à nu avec une simplicité déconcertante et rafraichissante. On n'en ressort pas forcément indemne tant l'auteur fait appel à notre ressenti et notre libre-arbitre. Les limites ne sont plus très claires et c'est ce qui rend cette histoire aussi haletante que novatrice.

Ce fut donc une très bonne lecture à la fois récréative et réflective. Un petit bonheur de littérature et de condensé de l'âme humaine, un petit bijou quoi!

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jeudi 15 mai 2014

"Tunnel" d'André Ruellan

tunnelL'histoire: En 2025, à Paris, rue de Rivoli... Une croix d'acier tous les cent mètres. Sur vingt kilomètres. Et sur chaque croix, un homme qui saigne et meurt. Un "Crâne".
Qui sont-ils, ces hommes à la tête rasée que traque la police? Des voyous venus des mpontagnes d'ordures de la banlieue et qui, de nuit, se glissent dans Paris pour tuer? Ou bien des révolutionnaires porteurs de l'espoir d'un avenir plus humain? Qu'importe ce soir à Manuel Dutôt qui ne songe qu'à sauver sa femme carole – plongée dans le coma et qui attend un enfant. À l'arracher à la mort que prescrit une loi impitoyable. Dans cette ville maudite, Manuel fuit, erre, croit enfin trouver refuge dans les ruines puantes de Clichy.
Il est sur le territoire des Crânes...

La critique de Mr K: Une nouvelle couverture de Caza, une quatrième de couverture flirtant bien avec la série B et l'annonce d'un brin de dénonciation de l'autoritarisme... Il n'en fallait pas moins pour que je me laisse tenter par le présent volume lors d'une énième visite chez notre abbé préféré. André Ruellan, ancien médecin reconverti nous invite à un voyage dans un futur des plus ténébreux et angoissant avec Tunnel, un ouvrage qui va vous plonger dans un Paris à nul autre pareil.

En 2025, le monde a bien changé et notamment dans l'ancienne capitale parisienne. Dirigée par un conglomérat autoritaire, les libertés individuelles n'existent quasiment plus, laissant place à un modèle global et consumériste. La répression est terrible pour les opposants, en témoignent les routes parsemées de croix où se meurent lentement de mystérieux prisonniers au crâne rasé. Manuel et Carole font partie de ce nouveau monde mais très vite leur vie bascule quand Carole est victime d'un accident et se retrouve plongée dans un profond coma. Selon la loi en vigueur, elle doit être euthanasiée. Fou de douleur, son mari se refuse à accepter cette fatalité, enlève le corps de sa femme et s'exile dans la banlieue extérieure, territoire échappant au contrôle de Paris, zone de non-droit réputée extrêmement dangereuse. Il va y faire la rencontre des Crânes...

De manière générale, cet auteur ne perd pas son temps en fioritures et se concentre sur l'essentiel: l'immersion et l'action. On rentre dans le vif du sujet dès le premier chapitre avec une première scène marquante se déroulant rue de Rivoli. L'immersion est fulgurante dans ce futur où la technologie la plus poussée n'arrive pas à masquer les cris des mourants sur leur croix. Véritable référence à l'histoire de Spartacus, le lecteur sent poindre un malaise qui ne va aller que grandissant au fil de sa lecture. Bien que relativement courtes, les descriptions de ce futur sont efficaces et très vite, je me suis fait une idée précise de cet univers déviant et terrifiant. Tout à tour, vous côtoierez le luxe et l'uniformisation de néo-Paris, puis vous irez dans la ceinture parisienne qui s'est transformée en véritable décharge publique, où seule semble régner la loi du plus fort et du Talion. Belle réussite sur ce plan pour ce roman qui parvient vraiment à nous transporter dans un ailleurs bien dépaysant quoique loin d'être joyeux.

Là où le bas aurait tendance à blesser, ce serait en terme de personnages et d'histoire. Je les ai plutôt trouvés creux et stéréotypés dans l'ensemble malgré quelques nuances des plus agréables par moment. On ne verse pas vraiment dans le manichéisme à tout crin mais on s'en rapproche dangereusement ce qui peut laisser une impression de platitude à l'ensemble. Dommage quand on voit les possibilités qui s'offraient avec un background tel que l'a imaginé André Ruellan. J'ai été aussi rarement surpris par les démêlés du scénario qui ne surprennent jamais vraiment avec une trame qui ressemble beaucoup à de nombreuses autres histoires que j'ai pu lire en SF ou autres transfictions. Comme les personnages sont monolithiques, on finit par s'attendre à leurs réactions et on peut même parfois deviner ce qui va arriver.

Pourtant ce livre se lit bien, la langue n'est pas forcément exceptionnelle avec parfois des lourdeurs de style, notamment les descriptions de blessures et autres maux. On sent bien alors que l'auteur a été médecin dans une autre vie. Ces scories sont compensées par un récit sans temps morts et un rythme assez enlevé malgré parfois des ellipses qui m'ont semblé hasardeuses.

Au final, la lecture de ce livre m'est apparue plaisante mais pas sensationnelle. Une sorte de petit plaisir coupable que tous les amateurs de série B SF peuvent tenter si l'histoire les inspire.

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mercredi 14 mai 2014

Tag de Cannes!

Festival de Cannes oblige, je ne pouvais pas ne pas parler cinéma aujourd'hui. Je suis tombé par hasard sur un tag bien sympathique sur un blog de passage. Je me décidai donc d'y répondre sans y avoir été invité!

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1. Un film que vous regardiez jeune et qui vous emplit de souvenirs :

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Il y en a eu plusieurs mais si je devais n'en retenir qu'un seul... ce serait sans hésiter les Goonies de Richard Donner (talonné de près par les Gremlins tout de même!). J'avais adoré cette histoire de course au trésor improbable avec cette bande de gamins délurés au prise avec une famille de truands plus stupides les uns que les autres (les Fratelli). C'est aussi ma première petite frousse avec les squelettes des pirates, à 8 ans j'étais bien peureux... ça a changé depuis!

2. Un film que vous connaissez absolument par coeur :

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Mon film culte, celui que je regarde minimum une fois par an et avant c'était bien plus... The Big Lebowski des frères Coen. Un monument d'anti-héros à la philosophie de flemmard et aux aventures rocambolesques. Jeff Bridge est impérial, les seconds rôles savoureux et la technique parfaite. Honte à tout ceux qui ne l'ont pas vu ou encore pire... qui ne l'apprécieraient pas! ;)

3. Un film qui a bouleversé votre jeunesse :

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Voila un film qui je pense m'a fait grandir d'un coup et d'une manière un peu brutale: Les griffes de la nuit de Wes Craven. J'avais 12 ans, il passait aux Jeudis de l'angoisse sur M6 et j'ai adoré avoir peur! Depuis mon intérêt pour les films de genre ne s'est jamais démenti. Entre humour et angoisse, le cocktail est détonnant et même s'il a depuis un peu vieilli, il reste une valeur sûre. Mention spécial à Johnny Depp qui y trouve la mort d'une manière assez effroyable!

4. Un film que vous auriez aimé écrire/produire :

Brazil

Brazil de Terry Gilliam qui est dans mon top 5 de cinéphile: visionnaire, terrifiant et indémodable. Je me rappelerai à jamais de De Niro en super plombier (et ce n'est pas un ersatz de Mario!), de la mère du héros tiré de toute part pendant sa séance de chirurgie esthétique, des fantasmagories du héros et surtout de l'image finale du film qui arrive comme le couperet de la guillotine sur la nuque du condamné. Un monument du cinéma tout simplement!

5. Un film que vous avez regardé plus d'une fois :

Il y en a trop pour se limiter à un seul... Je passe mon tour!

6. Le film que vous avez vu en dernier au cinéma :

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Noé de Darren Aronowski, un grand spectacle pas si con que ça qui a illuminé mes mirettes et m'a plongé avec justesse dans des temps immémoriaux. Un bon souvenir de cinéma là-encore même si ce même réalisateur m'a plus ébloui avec ses oeuvres plus anciennes et plus personnelles.

7. Un film dont vous avez regretté d'avoir payé la place :

Affiche-Kick-Ass-de-Matthew-Vaughn

Sans conteste Kick Ass de Matthew Vaughn que j'ai assimilé très vite à une mauvaise farce flirtant sur la mode des super-héros crétins, je me suis ennuyé comme jamais, j'ai failli partir de la salle en cours de projection. J'avais envie d'arracher mon siège en sortant et je suis rentré dans une colère noire... Rien que d'y penser me noue l'estomac.

8. Un film qui vous a fait réfléchir à la vie :

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Là encore le choix est difficile mais j'arrêterai mon choix sur ma dernière claque dans le domaine avec Cloud Atlas, une oeuvre collective qui ne ressemble à rien d'autre. Un film unique où l'intime cotoie le grandiose et dont le spectateur ne ressort pas indemne.

9. Un film qui vous a donné envie de tomber amoureux :

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Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell. Un super moment de cinéma où amour et humour se mêlent avec délicatesse et humilité comme savent si bien faire les anglais. On n'a pas fait mieux dans le genre pour moi depuis sa sortie.

10. Un film qui vous a fait tordre de rire :

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La Cité de la peur de Les Nuls. Cultissime, je le connais par coeur, je le regarde régulièrement avec les copains (big up Yannovitch!). Les répliques sont imparables et on les réutilise même à la maison avec Nelfe. Rien que d'en parler, ça me donnerait presque envie de le revoir! Ca tombe bien, ça se passe pendant le festival de Cannes!

11. Un film qui vous a fait pleurer comme une madeleine :

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Dancer in the dark de Von Trier est mon champion toute catégorie en la matière. L'histoire est poignante à souhait, Björk est phénoménale (en la matière je dois avouer que je perds tout sens commun) et la fin est abominable! Mais quel film! Quelle virtuosité! Je n'ai plus raté un seul film de ce réalisateur depuis.

12. Un film dont vous avez aimé un personnage en particulier :

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La trilogie originelle de Star Wars de George Lucas avec THE bad guy du cinéma: Anakin Skywalker aka Dark Vador. Énormissime de charisme et de présence, flippant à souhait, il a quelques peu hanté mes cauchemars pendant un petit moment. Jamais une respiration d'ashmatique aura été aussi marquante!

Voila pour ce petit voyage dans mon panthéon cinématographique. Forcément l'exercice est réducteur et j'aurai voulu vous parler de bien d'autres métrages marquants... mais qui sait, peut-être l'occasion se représentera-t-elle!

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lundi 12 mai 2014

"L'Elixir d'amour" d'Éric-Emmanuel Schmitt

elixirL'histoire: "L'amour relève-t-il d'un processus chimique ou d'un miracle spirituel? Existe-t-il un moyen infaillible pour déclencher la passion, comme l'élixir qui jadis unit Tristan et Iseult? Est-on, au contraire, totalement libre d'aimer?".
Anciens amants, Adam et Louise vivent désormais à des milliers de kilomètres d'un de l'autre, lui à Paris, elle à Montréal. Par lettres, tout en évoquant les blessures du passé et en s'avouant leurs nouvelles aventures, ils se lancent un défi: provoquer l'amour. Mais ce jeu ne cache-t-il pas un piège?

La critique de Mr K: C'est toujours avec un petit sourire aux lèvres que je commence un Éric-Emmanuel Schmitt. Il touche à tous les genres littéraires (roman, nouvelle, théâtre) et je n'ai jamais été déçu. Ici, on a affaire au roman épistolaire, un style bien particulier et qui m'a ravi par le passé avec notamment Inconnu à cette adresse ou encore les classiques Les liaisons dangereuses et Dracula. Je me lançai donc plein d'optimisme dans cette lecture qui ne devait durer que deux heures! En effet, 160 pages composent l'ensemble mais les lettres que s'envoient les deux protagonistes sont assez courtes et je n'ai pu détacher mes yeux des pages tant j'ai été captivé par cet échange épistolaire.

Adam et Louise se sont aimés ardemment pendant cinq ans. Cette dernière décide de rompre et pour mieux rebondir de partir à Montréal pour refaire sa vie professionnelle. Adam souhaite entreprendre avec elle une nouvelle histoire placée cette fois-ci sous le signe de l'amitié. Le démarrage est timide, puis peu à peu, Louise accepte. Ils commencent alors à se livrer l'un à l'autre comme jamais auparavant et se questionnent mutuellement sur l'amour, sa nature et ses finalités. Peu à peu, leurs vies personnelles évoluent et les rapports de force semblent fragiles tant la correspondance qui nous est ici livrée met à nue les âmes et les actions des deux protagonistes. On se dirige tout droit vers une révélation finale qui remettra chacun à sa place et éclairera le lecteur sur l'amour et ses conséquences.

Ce petit livre s'apparente à un puzzle. Lettre après lettre, les scripteurs lèvent le voile sur leur caractère et leurs idées sur l'amour. Il est jouisseur et passionné, elle semble plus raisonnable et détachée. Étrange donc se dit-on que ces deux êtres essaient de nouer une amitié tant ils semblent éloignés spirituellement l'un de l'autre. Mais ils ont un commun une somme d'expérience qui semble pouvoir combler ce trou affectif pas si différent de l'amour sauf "par la peau" comme le dit Adam dès ces premières lettres. Peu à peu, les débats tournent autour de leurs nouvelles vies et de la notion d'amour. Peut-on le provoquer? Adam en est sûr et va s'employer à essayer de le prouver à Louise en expérimentant une technique sur Lily, une jeune femme qu'il va rencontrer par l'entremise de sa correspondante. Commence alors la lente déconstruction de tout ce qui a précédé pour mener tout droit à une fin qui vient cueillir le lecteur comme un néophyte.

Par son caractère court et épuré "L'élixir d'amour" fait merveille. Schmitt n'a pas besoin d'accumuler les lignes pour réussir à cerner ses personnages. En très peu de mots, on se fait très vite une idée assez précise de Louise et Adam. Le genre épistolaire aidant, se rajoute sur la trame une impression d'urgence et d'immédiateté qui prend au cœur le lecteur otage d'une mécanique implacable et très bien huilée. On navigue en eaux troubles, on se laisse prendre par les subtilités de cette joute réflective et parfois cynique, comme il peut s'établir entre deux anciens amants. On rit, on s'émeut, on se rembrunit à loisir au fil des lettres échangées. On fait corps avec ces deux inconnus qui nous touchent au plus profond de soi et on s'interroge sur sa propre situation. Je suis ressorti étrangement léger et heureux de cette lecture.

Livre profond, construit d'une manière astucieuse et d'une précision de métronome, la langue simple et délicate de l'auteur met en relief cette histoire sans âge et universelle d'une manière instantanée et à haute valeur émotionnelle. Ce plaisir insidieux et durable est à découvrir au plus vite!

Egalement lus et chroniqué du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- L'Evangile selon Pilate
- La Part de l'autre
- Oscar et la dame rose
- Crime parfait, Les Mauvaises Lectures : deux nouvelles à chute

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