jeudi 16 octobre 2014

Musicologie économique...

macron

Dessin de Lasserpe tiré de son blog.

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mercredi 15 octobre 2014

"L'Amour tarde à Dijon" - Série Le Poulpe- de Jacques Vallet

le poulpe L'histoire: Deux frères cultivateurs en Bourgogne sont retrouvés cuités à mort. Les gendarmes classent l'affaire. Pas le Poulpe qui doute de la réalité d'un suicide. Son arrivée à Dijon coïncide avec une mutinerie à la maison d'arrêt et un scandale à la cathédrale Saint-Bégnine; elle provoque même une brusque effervescence meurtrière. Qu'est-ce qui met ainsi la gendarmerie de Saint-Seine en folie? Quel rôle tient la belle ingénieur du service architecture de la ville? Quel est le lien entre la pompe d'un chanoine et la pompe à fric d'un yakusa? Suivez le Poulpe...

La critique de Mr K: Un été sans lecture d'un volume de la série du Poulpe, c'est un peu comme un repas sans fromage, ça manque de saveur! Hasard du calendrier, nous avons justement reçus des amis de Madame originaires de Dijon, l'occasion était trop belle d'aborder le présent volume, "L'Amour tarde à Dijon" qui se déroule justement dans la belle cité bourguignonne. Décollage immédiat pour une nouvelle aventure rocambolesque et haute en couleur!

Une fois de plus, c'est en feuilletant le journal dans son bistrot préféré que Gabriel Lecouvreur tombe sur un fait divers qui va retenir son attention et le lancer vers une nouvelle enquête. Deux agriculteurs sont retrouvés alcoolisés à mort et le verdict tombe: suicide collectif! Étrange étrange se dit Le Poulpe, il paraît impossible de pouvoir réussir une mort pareille sans aide extérieure! Il n'en faut pas moins pour que notre justicier libertaire se déplace en Bourgogne pour fouiner. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Il va de suite attirer la méfiance sur lui.Qui est ce parisien venu mettre son nez là où il ne faut pas? Cela donne lieu à des rencontres des plus tendues, farfelues et parfois ubuesques. Un souffle grolandais tourne les pages avec nous et c'est avec jubilation que le lecteur attend la prochaine péripétie. De troquets aux chambres d'hôtel, en passant par ses sempiternels coups de téléphone à son amoureuse de coiffeuse (Aaaah Chéryl!), bon gré mal gré, le Poulpe se rapproche de la vérité. Une révélation qui mettra une fois de plus à mal l'establishment et les apparences d'une ville bien sous tout rapport. Ça castagne aussi sec et les bons mots pleuvent pour le plus grand plaisir du lecteur embarqué comme toujours dans un rythme haletant ne laissant que peu de répit. Le final vient nous cueillir avec une ouverture bienvenue qui ravira les amateurs de réalisme (vous repasserez pour le happy end!).

Jacques Vallet fournit donc un très bon volume poulpesque, son écriture répond complètement au cahier des charges imposé par la maison d'édition. Gabriel est plus que jamais railleur et aventureux, les personnages secondaires sont de petites merveilles d'incongruité et le récit se tient de bout en bout. La lecture s'est révélée une fois de plus aisée, agréable et drolatique à souhait.

Un petit bonheur de Poulpe une fois de plus!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes
- La bête au bois dormant
- Arrêtez le carrelage
- Légitime défonce
- La Cerise sur le gâteux

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mardi 14 octobre 2014

Nelfe et Le Capharnaüm éclairé sur twitter

Nous avons ouvert notre page Facebook seulement l'année dernière. Et oui, les réseaux sociaux et nous à la base ça fait plutôt 36 ! J'étais pour ma part une fervente adepte des fora (un forum, des fora) et à l'arrivée du méchant Facebook, tout s'est déserté peu à peu. Les fora ont fermé les uns après les autres et dans mon coin je ruminais et regrettais déjà le temps béni du flood et des chouettes rencontres faites par ce biais. Ayant été modo sur de nombreuses plate-formes, je peux vous dire que j'étais à fond dans le phénomène et j'ai vu ce changement avec un oeil noir (même 2 !).

Mais c'est le jeu ma pauvre Lucette et bien qu'arrivant avec 15 trains de retard, j'ai bien envie de vivre l'expérience Twitter de l'intérieur. C'est pourquoi j'ai ouvert un compte hier soir associé au blog. A comprendre par là que j'y mettrai les actualités de notre Capharnaüm mais aussi j'y partagerai avec vous des choses plus personnelles. Je vous arrête tout de suite, non je ne compte pas mettre mon menu du soir ou mes derniers achats fringues (pour l'instant) parce que je n'en ai pas envie (pour l'instant) et je ne vois pas vraiment l'intérêt (pour l'instant) mais je retweeterai des articles en rapport avec la littérature mais aussi mes autres passions comme la photo, le ciné, la vie made in BZH...

Parait il que twitter c'est le mal et qu'une fois dedans, c'est foutu ! On verra bien ! Pour l'instant j'essaye de comprendre les #FF, RT et autre LT... #Gné ? Oui, à tes souhaits !

Si vous souhaitez nous suivre (ou plutôt me suivre puisque Mr K me laisse les clés de ce nouvel espace (il est en ce moment même en train de semer de l'ail partout dans la maison)), j'ai mis en place un petit oiseau bleu dans la colonne de droite qui vous redirigera directement dans l'antre de l'enfer.

Vous avez un twitter ? Laissez moi vos pseudos dans les commentaires !

A tout de suite ;)

follow-me-twitter
Sois fou, clique sur le piou piou

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lundi 13 octobre 2014

Russie bionique !

Quoi de meilleur qu'une bonne vidéo bien ringarde pour commencer la semaine? Abolument rien, je vous l'accorde!

Revenons ce lundi à quelque chose de bien gras, de bien ringue avec ce "Moscau" du groupe russe Dschinghis Khan. Vous y retrouverez quelques accents de Boney M rythmés par la plus pure des musiques slaves. La choré est sympa même si on reste dans du classique, ce qui a retenu mon attention, c'est surtout l'ambiance type Flash Gordon avec des costumes hauts en couleur! Deux femmes dans la pure tradition Abba et quatre hommes peu fréquentables vestimentairement parlant! J'ai une petite faiblesse pour force bleue qui ressemble à l'empereur Ming s'il avait été joué par Yul Brynner et surtout force verte au look rétro et inquiétant! La moustache est de toute beauté et le regard ténébreux à souhait! Vous voila prévenus!

Bonne semaine!

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dimanche 12 octobre 2014

Retour sur l'Art dans les Chapelles 2013 / 2014

L'Art dans les Chapelles est un évènement d'Art Contemporain qui a lieu tous les ans en Centre-Bretagne. Nous vous avions d'ailleurs déjà fait parcourir la 20ème édition en 2011. Cette année, comme l'an passé, nous n'avons arpenté que 2 parcours sur les 4 proposés. Trop peu de matière prise séparément pour en faire un article au Capharnaüm éclairé, j'ai donc décidé de regrouper ces 2 années afin de vous montrer plus en détails ce que ces expositions nous donnent à voir.

L'Art dans les Chapelles a fêté cette année ses 22 ans et invite chaque année des artistes contemporains à dialoguer avec le patrimoine religieux de la vallée du Blavet et du Pays de Pontivy. Quatre circuits balisés sont proposés aux visiteurs, reliant le paysage à la chapelle, la peinture contemporaine à la sculpture polychrome, l'architecture religieuse à l'art d'aujourd'hui.

Prêts pour la visite ? C'est parti !

♠ En 2013, Laurette Atrux-Tallau a investi la Chapelle Saint-Nicolas à Saint-Nicolas-des-Eaux. Son truc à elle c'est d'orchestrer la multitude, faire proliférer des entités jusqu'à l'obtention d'une forme globale. J'avais particulièrement aimé son oeuvre et étais restée longuement devant son installation, comme hypnotisée :

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♠ Faire les parcours de l'Art dans les Chapelles, c'est l'occasion de sillonner les routes de campagne et se perdre dans les paysages :

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Edouard Sautai investissait quant à lui la Chapelle Notre-Dame des Fleurs à Moustoir-Remungol avec son installation "Miroir". Là encore, gros coup de coeur. Avec celle ci, il modifie notre perception de l'espace, nous perturbe, nous questionne. Qui est réellement le reflet de qui ? :

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♠ Les forêts de Centre-Bretagne sont fantasmagoriques ... :

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♠ Place ensuite à Virginie Barré à la Chapelle de la Trinité à Bieuzy où "Le dragon rencontre les nuages" amuse le spectateur. Cette artiste aime jouer d'un monde cinématographique entre fiction et réalité. Elle élabore une zone intermédiaire en prélevant ses sujets et s'en sert pour recomposer un échantillon du monde. Elle leur redonne un nouveau souffle, ici sculptural :

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♠ Place maintenant à l'année 2014 avec pour commencer Matthieu Husser à la Chapelle Saint-Nicolas à Saint-Nicolas-des-Eaux. Son truc à lui c'est de reproduire ou réhabiliter certains vestiges urbains, qu'ils passent inaperçus, soient disparus ou en mutation. Par un changement d'échelle, il redonne du sens à certains éléments urbains. Ici, on peut se poser la question de la place de Facebook dans notre quotidien. Une nouvelle religion ? 

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♠ On en profite pour flâner dans des villages bretons où il fait bon se poser quelques minutes avant de reprendre la route :

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♠ Place à Emmanuelle Villard à la Chapelle Saint-Gildas de Bieuzy. "Ritournelles" est une installation de rideaux de perles et moteurs de boules à facettes. Cette chapelle a cette particularité d'être complètement dans l'obscurité et chaque année les installations proposées en ces lieux sont étonnantes. Ici, on joue avec les couleurs, les ombres et les sons. Tout est mis en place pour capter le regard. Nous y avons passé un très agréablement moment entre rêverie et fascination :

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♠ Et hop un petit coucou de nous dans le reflet de l'oeuvre de Aurélien Maillard, Broken Blackboard, à la Chapelle Locmaria de Séglien (et oui, la classe !) :

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♠ A la Chapelle Saint-Laurent de Silfiac, "Ici et ailleurs" de Pierre Petit nous a laissé plus dubitatifs. Armatures en métal, aquaplane et craie grasse bleue et rouge sont installés dans la nef de la chapelle. Jeu d'association d'images, téléscopage d'idées où les souvenirs les plus divers se mêlent ... Un mélange d'objets du quotidien griffonnés sur des toiles qui n'a pas fonctionné sur nous :

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♠ Pour terminer cette édition et en attendant 2015, nous retrouvons, au même emplacement que l'an dernier, "La part des anges" de Sylvie Ruaulx à la Chapelle Notre-Dame du Moustoir à Malguénac. La commune est d'ailleurs en pleine négociation pour conserver l'installation qui orne les deux bras du transept. Cette artiste n'invente rien, elle ramasse et assemble les choses entre elles, montre le travail des autres, s'émerveille de ce qui existe déjà ... Ici, elle récupère des chutes et des déchêts d'usine, conséquence du travail de l'homme et en fait des oeuvres d'art. Concept très intéressant et graphiquement très réussi :

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Une fois de plus, l'Art dans les Chapelles a su nous charmer. Même si avec le temps, nous connaissons maintenant toutes les chapelles présentes le long de ces parcours, c'est à chaque fois une joie de découvrir les installations en leur sein. Nous avons été interpellés par certaines de ces oeuvres, parfois complètement médusés aussi il faut bien l'avouer mais l'Art a cette faculté de nous laisser face à nos propres ressentis et l'Art Contemporain en particulier à de multiples interprétations. Vivement l'an prochain !

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samedi 11 octobre 2014

On a du poids ou on n'en a pas...

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Dessin de Bar tiré de son blog

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vendredi 10 octobre 2014

"L'Empire de la Négation" - Chroniques de la Lune Noire de Froideval

L'Empire de la NégationLe contenu: L'empire d'Haghendorf n'est plus. De ses cendres s'élève une nouvelle puissance sous le règne de Wismerhill Ier.
Les royaumes frontaliers, inquiets, s'interrogent sur ses buts et ses desseins. Ainsi Hishtarland décide-t-elle d'envoyer la sublime Houri Netsharine, pour mettre au jour les rouages du nouveau pouvoir. Elle va, au péril de sa vie et de son âme, découvrir tous les mystères d'un territoire immense où sévit le terrible culte de la Lune Noire: armées légendaires et religion, races et créatures étranges.
La belle espionne nous livre un extraordinaire témoignage sur les arcanes de l'Empire de la Négation.

La critique de Mr K: Voici un très beau volume entre BD et livre documentaire sur une série de BD que j'ai adoré: Les Chroniques de la Lune Noire. Mélange détonant de fantasy et d'humour, beaucoup plus adulte que la série des Lanfeust notamment, j'avais craqué pour ces BD à la fois denses en terme de scénario et assez épatantes dans le traitement visuel qui alliait virtuosité technique et détails nombreux. Le présent add-on est un cadeau d'anniversaire que j'ai bien trop tardé à lire tant il s'avère rempli de qualité. Pardon donc au copain Franck, le tort est aujourd'hui réparé!

C'est à travers les yeux d'une ravissante maîtresse-assassin que Froideval nous propose une balade dans le nouvel empire établi par Wismerhill, notre semi-elfe de héros dans les Chroniques de la Lune Noire. Mêlant textes et illustrations, L'Empire de la Négation nous est décrit à travers un carnet de voyage que la missionnée envoie à ses maîtres. Tout y passe! La géographie générale entre description paysagère et urbaine, les mystérieux portails de téléportation, les mœurs rugueuses des habitants. Elle fait aussi forcément un bon rapport sur les forces de l'Empire qu'elles soient internes ou alliées à lui (gardes de l'empereur, troupes d'élite, alliés orques et autres créatures magiques). Cela permet de replonger dans la flamboyance de l'œuvre originelle qui n'était pas du tout avare en terme de batailles gigantesques et autres affrontements dantesques. Aaaah, ces planches entières de bastons homériques!

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Houri Netsharine finit par arriver au terme de son voyage et met les pieds à la Capitale. S'ensuit une belle description du palais de l'empereur et de sa garde rapprochée. Comme tout espion digne de ce nom, elle observe finement son environnement et essaie de trouver d'éventuelles failles pour pouvoir frapper au moment opportun. Malheureusement pour elle, il s'avère très vite que sa mission risque d'être compliquée voir impossible! Le présent ouvrage se termine par un portrait de l'empereur lui-même et de sa mystérieuse concubine-succube. L'auteur nous réserve une surprise avec les quatre dernières pages nous narrant la fin de mission de l'assassine narratrice. Je vous laisse découvrir par vous-même la conclusion!

Empire 2

Cette lecture fut un grand plaisir. Bonheur tout d'abord de retrouver un univers qui m'avait séduit et conquis, c'est un peu l'envers du décor qui nous est proposé ici et c'est toujours agréable d'explorer les secrets que l'on ne fait qu'apercevoir dans une œuvre originale. L'ami Froideval est un malin et distille au compte goûte les informations avec son sens du détail et de la minutie qui le caractérise. La forme du récit est originale et permet de maintenir un certain suspens et l'on ne se retrouve pas devant un énième catalogue géographique d'héroïc-fantasy. La démarche est louable et je dois avouer que le pari est réussi!

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On ressort bien instruit du nouveau pouvoir en place et durant l'heure de lecture, on se prend à l'idée de relire la série d'origine. Je me laisserai sans doute tenter lors de prochaines vacances. En attendant, cet ouvrage loin d 'être un gadget commercial de plus et il saura trouver la grâce de tous les amateurs des Chroniques de la Lune Noire.

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A lire également:
Les chroniques, volumes 1, 2 et 3
Les chroniques, volumes 4, 5 et 6
Les chroniques, volumes 7, 8 et 9
Les chroniques, volumes 10, 11 et 12
Les chroniques, volumes 13 et 14
Les chroniques, volume 0

jeudi 9 octobre 2014

"L'oeil du prince" de Frédérique Deghelt

l'oeil du princeL'histoire: Années 1980: Mélodie, une jeune cannoise, commence son journal intime.
1964: Yann, un Français habitant New York, semble avoir laissé sa vie derrière lui. Vingt ans plus tard à San Francisco, Benoît voit son couple se déliter alors même que sa carrière de pianiste connaît une envolée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux résistants, Alceste et Agnès se découvrent amoureux grâce à leur correspondance. Celle-ci sera ouverte, un demi-siècle plus tard, par une vieille dame aux pensées habitées par les hommes qu'elle a aimés.

La critique de Mr K: Ce livre est ma première lecture de cette auteure connue notamment pour La grand mère de Jade, roman qui a fait sensation et qui pour le moment est coincé dans la PAL de Nelfe. L'occasion m'a été donnée de lire celui-ci et m'est avis que ce ne sera pas le dernier vu le grand plaisir qu'il m'a procuré entre trame complexe, émotions à fleur de mots et une écriture d'une beauté marquante.

L'œil du prince est un terme technique venu tout droit de l'univers théâtral qui désigne un angle de vue permettant de visualiser la perspective du décor sans déformation. C'est aussi la place d'où l'on voit le mieux le spectacle, autrefois réservée au souverain. C'est justement ce qui a poussé l'auteur à diviser son livre en cinq parties égales présentant cinq trames différentes mais qui, vous l'avez compris, vont se rejoindre et interagir entre elles. Il y est essentiellement question d'amour (ceci sous toutes ses formes) à travers de multiples époques et espaces. En fait, c'est l'humanité dans ses relations à l'autre notamment dans le cadre de la famille qui est ici décortiquée et livrée sans complaisance ni fard au lecteur.

Dans sa construction tout d'abord, ce livre est remarquable. Je n'en dirai pas beaucoup plus pour éviter les spoilers mais sachez qu'il y a un petit organigramme en début d'ouvrage qui met très vite le lecteur sur la voie sans pour autant livrer toutes les clefs de lecture et il y en a! Les interactions sont nombreuses (un peu à la manière d'un Cloud Atlas en simplifié) et les retours en arrière s'avèrent parfois essentiels pour bien capter l'ensemble de l'œuvre. On nage constamment entre histoire plutôt banale en apparence et relations complexes traversant les générations. Des bonds et rebonds ont lieu dans toutes les vies ici exposées dans leur pureté et nudité, la comédie humaine fait le reste. Jeune fille fragile à la découverte d'elle-même, mari narcissique et possessif, retrouvailles entre vieux amis, correspondance de guerre amoureuse et fatale, souvenirs d'une vieille dame, autant d'âmes torturées mais tellement humaines qui plongent avec délice le lecteur captivé dans un récit profond.

Quelle maestria en effet dans la description des sentiments humains! On ne tombe jamais dans le pathos ou l'exagération, la justesse est de mise de la première à la dernière page. Je vous préviens, on ne baigne pas dans le bonheur et c'est une certaine mélancolie qui règne sur ces quelques 380 pages. Pour autant, ce spleen ambiant n'est pas désespérant, ces hommes et ces femmes qui se débattent avec la vie nous touchent, nous émeuvent profondément jusqu'au plus profond de nos entrailles. Il y a un peu de chacun de nous chez eux, des joies, des peines, des processus mentaux, des actes manqués, des comportements induits par un passé parfois trouble. On se reconnaît complètement là dedans et c'est la grande force de ce livre à la puissance évocatrice vraiment hors du commun. On en jubilerait presque si ce n'était pas aussi triste par moment!

L'écriture est de toute beauté. Légère et accrocheuse, on baigne dans des phrasés ouatés et les pages se tournent toutes seules. Les personnages sont ciselés de main de maître, la trame est d 'une redoutable efficacité ménageant un suspens terrible entre trahisons, frustrations et révélations chocs. L'auteur ne lésine pas et fait montre d'un talent certain pour proposer du neuf dans un genre plutôt codifié ne réservant que rarement des surprises. Ici, on est surpris et émerveillé par la même occasion à chaque chapitre sans tomber dans la surenchère et l'artificiel. Je n'irai pas par quatre chemin, ce fut une merveilleuse lecture et une belle découverte d'auteur pour moi. Tentez l'aventure, vous ne le regretterez pas!

mercredi 8 octobre 2014

"Sin city, j'ai tué pour elle" de Robert Rodriguez

sin city afficheL'histoire: Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.
Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv...
Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City...

La critique de Mr K: 6/6. On peut dire que celui-ci je l'attendais! Je n'ai pas été déçu et même si je le trouve un ton en dessous du premier opus (sorti déjà depuis 10 ans!), c'est avec un grand plaisir et une grosse excitation que je retrouvais Marv' et consorts pour une pure séance hardboiled comme je les aime et si rares au cinéma! C'était un dimanche matin, accompagné de mon plus vieux copain que je suis allé en prendre plein les mirettes!

Autant vous le dire de suite, ce n'est pas un film qui conviendra à tous. Qui dit hardboiled dit violence, sexe et immoralité latente. Sin City porte très bien son nom, le vice est à chaque coin de rue et les quelques héros au centre des intrigues du film ne sont guère plus recommandables que les bad guys qu'ils combattent. Loi du talion (que j'abhorre dans la réalité!), bastons homériques, choc des formules verbales, tétons et détails gores, rien ne nous est épargné dans cet univers rétro en noir et blanc, teinté parfois de couleurs chaudes soulignant une explosion, des courbes avantageuses ou une scène d'action trépidante.

roark

Les différentes scénettes traitent essentiellement de la vengeance: un fils bâtard non reconnu par son sénateur pourri de père régnant sur la ville (le papa du pédophile givré du premier opus), la petite Nancy qui veut venger son sauveur Hartigan (Bruce Willis en fantôme torturé impeccable!), un privé manipulé par une femme fatale redoutable qui va s'adjoindre les services de Marv' pour régler ses comptes! Ça saigne, ça éparpille façon puzzle (il y a parfois du Audiard dans les dialogues), ça aime et hait passionnément... On nage en plein Pulp sous amphétamine! L'univers si décadent de Franck Miller est remarquablement rendu, en premier la ville elle-même qui garde ce côté sombre et attirant, au détour des ruelles desquelles tout destin peut basculer.

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Les personnages sont iconiques à mort et si on se laisse tenter par ce plaisir purement régressif, c'est un vrai bonheur! Au premier rang, c'est avec une certaine jubilation que l'on retrouve Marv', gladiateur des temps modernes, à la morale plus qu'étrange qui étripe à tout va pour ses amis. Mickey Rourke est une fois de plus impressionnant de présence et de charisme. J'aimerais pas le croiser dans la rue par temps de bruine mais qu'est-ce qu'il dépote dans ce film! Le sénateur Roark est un sommet de pure avidité et méchanceté, Powers Boothe (un acteur sous-employé à mes yeux) est terrible dans ce rôle de méchant ultime car oui, il est très très très très méchant! La palme revient tout de même à Eva Green qui campe LA femme fatale. On a guère fait mieux dans le genre à mes yeux et pourtant, je n'en attendais pas plus qu'une débauche de scènes torrides. Mais voilà, en plus de sa plastique avantageuse, elle tient son rôle magistralement et son jeu nuancé donne vraiment une épaisseur à son personnage que l'on devine avoir été humilié par les hommes dans le passé. De purs moments de séduction vraiment réussis et qui m'ont mis en émoi. Merci Eva! Il serait trop long de passer tous les acteurs en revue mais sachez que Josh Brolin est une fois de plus très bon ainsi que Joseph Gordon-Levitt, Rosario Dawson et Ray Liotta. Je reste par contre toujours imperméable au jeu et à la beauté de Jessica Alba que je trouve assez inexpressive. Il aurait pu la dégommer que ça ne m'aurait pas gêné!

eva green

Techniquement, on frise la perfection. Certes l'effet de surprise n'est plus au rendez-vous après la révélation que fut pour moi le premier film mais quelle maestria encore déballée ici! Plongé au centre de l'action, le spectateur en prend vraiment plein la tronche! Personnages, scènes d'action, musique, cadrages barrés... tout est là pour passer une excellente séance. Seul bémol, la 3D que j'ai trouvé inutile et qui m'a été imposée (plus de séance sans elle). J'ai même trouvé qu'elle dénaturait l'œuvre originelle de Miller. Pas trop grave tout de même, tant on est pris par la tempête audio-visuelle que Rodriguez semble avoir maîtrisé de bout en bout. Pour une fois que la censure bien pensante US n'a presque pas œuvré, il faut en profiter! Oui, ce film est violent, l'image de la femme n'est pas des plus reluisantes, pas de place pour la morale et les bons sentiments mais que diable, c'est un pur divertissement! Les ligues de vertu en tout genre devraient se concentrer sur les méfaits de la réalité plutôt que sur les œuvres d'art. Il me semble qu'une mini polémique est née aux USA...

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Au final, on peut parler ici de spectacle total que tout amateur du genre doit d'avoir apprécié au cinéma tant sa vision sur un écran de télévision risque d'altérer son jusqu'au-boutisme et sa beauté mortifère. Un must!

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mardi 7 octobre 2014

"Cataract City" de Craig Davidson

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L'histoire: "Je connais deux garçons qui suivent un sentier secret pour aller pêcher des perches dans le bassin du Niagara, leurs cannes à l'épaule comme des carabines. Je connais le flot sans fin des chutes qui rugit dans mes veines. Je connais des forêts infestées la nuit de loups gris."

Duncan Diggs et Owen Stuckey ont grandi à Niagara Falls, surnommée par ses habitants Cataract City, petite ville ouvrière à la frontière du Canada et des Etats-Unis. Ils se sont promis de quitter ce lieu sans avenir où l'on n'a d'autres choix de travailler à l'usine ou vivoter de trafics et de paris.
Mais Owen et Duncan ne sont pas égaux devant le destin. Tandis que le premier, obligé de renoncer à une brillante carrière de basketteur, s'engage dans la police, le second collectionne les mauvaises fréquentations. Un temps inséparables, sont-ils prêts à sacrifier le lien qui les a unis ?

La critique Nelfesque: "Cataract City" de Craig Davidson est un roman de la Rentrée Littéraire 2014. Je n'avais jamais lu d'ouvrage de cet auteur, que vous connaissez peut-être pour avoir écrit "Un Goût de rouille et d'os", adapté au cinéma et ayant eu d'excellentes critiques, et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise.

En amatrice de romans noirs, j'ai aimé les destins tragiques des deux protagonistes de l'histoire, Duncan et Owen, mais aussi le fatum qui pèse sur la ville de Cataract City et ses habitants. Une chape de plomb, une ambiance oppressante, qui semble les clouer sur place, incapables d'entreprendre quoi que ce soit sinon dans le trafic et se levant chaque matin pour le train-train qu'offre la grosse usine de confection de pâtisseries du coin. Une ville ouvrière comme il en existe beaucoup où le chômage et les crises pèsent encore plus qu'ailleurs.

Duncan et Owen se connaissent depuis tout jeunes. Copains de cours de récré, ils ne se quittent jamais, comme deux âmes qui se soudent pour s'entraider et affronter l'avenir moins seules. Ensemble, ils appréhendent la vie, ses joies, ses peines, ses déceptions, sa roulette russe. Ce roman est très riche et offre plusieurs histoires dans une même oeuvre, comme une kyrielle de petits romans qui suivent le même point de mire en 480 pages. Tour à tour victimes d'un enlèvement, perdus dans la nature hostile de cette région, joueurs de basket, boxeurs, entraîneurs de lévriers, receleurs... le lecteur, par le biais de ces deux personnages principaux, passe d'un thriller à un roman de grands espaces puis à un contemporain... A titre personnel, je me suis perdue parfois dans ces pages, à l'image de ces deux garçons plusieurs jours dans la mangrove et n'ai commencé à vraiment apprécier ce roman et en découvrir toute sa portée à la moitié du livre. On classera toutefois celui ci dans les romans noirs tant d'un bout à l'autre de l'ouvrage la tension est palpable.

La vie réserve des surprises et les amis de toujours vont être séparés peu à peu. L'un devient flic, l'autre gangster. Classique... Mais diaboliquement efficace. 8 années de prison pour Duncan vont-elles tout détruire ou renforcer les liens qui les unissent ? A sa sortie, tout est possible, une nouvelle vie s'offre à lui mais peut-on vraiment remettre les compteurs à zéro à Cataract City ?

Je vous conseille vraiment ce roman. Ne vous laissez pas abattre par les descriptions parfois longues et redondantes, par les détails techniques de l'élevage des lévriers de course et autres secondes qui s'écoulent dans la neige. Vous verrez que le jeu en vaut la chandelle et que le dénouement est jubilatoire. Un roman à découvrir !