samedi 3 janvier 2015

"Pas nette la planète" de Plantu

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L'histoire: Nous vivons, sans trop vouloir le savoir, dans un univers inquiétant. À l'est comme à l'Ouest, les arsenaux des grands croissent en qualité et en efficacité. Et nous vivrons sans doute bientôt, si ce n'est déjà fait, sous la menace de missiles placés en orbite autour de la planète. Plantu, caricaturiste politique au Monde, ne s'y résigne pas. Le recours aux armes est pour lui le mal suprême et il le dénonce sans relâche. Son fusil à lui, c'est le stylo, ses munitions, la dérision.

La critique de Mr K: C'est à un voyage dans le passé que je vous convie aujourd'hui avec ce recueil de dessins satyriques de Plantu paru en 1984. Le monde était en marche vers ce qu'il est devenu avec tout de même une différence énorme, encore divisé en deux entre les deux blocs qui se font face depuis les débuts de la Guerre Froide. Tout cela paraît si lointain alors qu'en fait quand on y réfléchit bien, cela ne fait que 30 ans et qu'est-ce que trente ans à l'échelle de l'Histoire? Rien! L'ouvrage se divise en six grandes parties et se concentre sur la situation internationale de l'époque. Pas de revue de presse donc sur les affaires internes à la France mais plutôt un bilan la santé du monde qui est déjà sous haute tension à l'époque.

Le premier chapitre s'intitule Est-Ouest rien de nouveau. La guerre nucléaire possible entre les deux grands est dans tous les esprits et cette menace hante la quasi totalité des dessins de Plantu. Le cow-boy Reagan est aux manettes des USA et conduit une ligne dure face à l'adversaire soviétique. Il est notamment question d'installer des missiles dans plusieurs pays de l'OTAN pour réagir au déploiement en Europe de missiles russes, quelques lueurs de rapprochements entre les deux Allemagne se font voir au grand dam de l'URSS, un Boeing de la Korean Airlines qui s'était écarté de sa route est abattu par un avion de chasse soviétique provoquant la mort de 269 personnes, le commerce militaire de la France est fleurissant (notamment vers le Mahgreb et le Proche Orient)... Face à cette prolifération des armements qui semble sans limite quelques voix pacifistes se font très modestement entendre mais rien qui ne puisse enrayer cette logique de tension et de destruction.

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La deuxième partie L'Empire soviétique s'attarde lui sur la politique interne au bloc Est avec notamment un curieux jeu des chaises musicales au plus haut sommet de l'État où le Secrétaire National du Parti semble ne pas avoir une très longue espérance de vie... Le pouvoir use prématurément dit-on! Brejnev finit par mourir, puis Andropov et Tchernenko. Plantu s'attarde aussi sur le conflit afghan, éclairage fort intéressant quand on sait qu'il a servi de racine à la création de groupuscules terroristes toujours en activité aujourd'hui. C'est aussi la répression en Pologne contre le mouvement Solidarnosc qui n'aspire qu'à davantage de liberté avec la naissance d'une icône nationale Lech Walesa. Au détour d'un dessin ou deux, le dessinateur ne se gène pas pour dénoncer l'aveuglement du parti communiste français quant à la réalité du terrain, soutenant aveuglement l'action du grand frère communiste.

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On passe ensuite dans la troisième partie à L'Empire américain. On commence par toute une série de dessins concernant les opérations plus ou moins officielles de la CIA au Nicaragua, Salvador et la Grenade, les années 80 étant une époque où les États-Unis se croient en croisade au nom de Dieu pour purifier l'Amérique centrale des forces gauchistes et autres éléments déstabilisants à leurs yeux. La guerre d'influence est à son paroxysme et assassinats / pressions diverses sont légions. Le Chili vit toujours sous l'ère Pinochet mais en Argentine et au Brésil des percées démocratiques se font jour. Le Pape en voyage en Amérique du sud (Jean Paul II à l'époque) déclare que l'Église rejette le matérialisme et le collectivisme, son discours trouvera un écho fort dans les pays non alignés.

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La quatrième partie est titrée Le Liban déchiré. En 1982, le conflit israélo-palestinien se déplace au Liban où se sont réfugiés les troupes de l'OLP d'Arafat. Bombardement intensifs, massacres nombreux, c'est un bain de sang. Malgré les injonctions de la communauté internationale, Israël poursuit son offensive. En 1983, l'État hébreu retire ses forces mais les forces palestiniennes se font expulser tour à tour de Libye et de Syrie. La partie est loin d'être terminée.

La cinquième partie aborde elle La révolution des mollahs en Iran. Depuis 1979, Khomeniny est au pouvoir et a imposé la révolution islamique à l'un des plus vieux pays du monde. 5000 exécutions officielles ont eu lieu entre 1979 et 1985, la liberté d'expression est réduite à peau de chagrin. C'est aussi le temps des tensions avec le voisin irakien avec plus de 400 000 morts en 3 ans et des bombardements sur les pétroliers naviguant dans le golfe Persique.

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L'ultime chapitre s'intitule La planète oubliée. C'est un des sujets les plus chers de Plantu qui revient ici : le développement et l'écologie. Toute une série de dessins revient sur l'indifférence des pays du Nord par rapport à la situation catastrophique des pays du Sud. Le manque d'eau, la famine, la pollution et l'exploitation des zones vierges, autant de problèmes abordés frontalement par l'auteur. Pour autant, jamais de vraie méchanceté ici mais plutôt le sentiment que l'absurdité la plus totale qui règne sur le monde, ainsi les représentants du tiers monde, sont plus attristés que révoltés comme s'ils nous plaignaient de ne pas nous intéresser à eux. Triste monde tragique.

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Ce voyage dans le passé s'est révélé éprouvant tant on a l'impression que la répétition semble être une loi de l'Histoire. Les conflits passent puis sont remplacés par d'autres et la situation globale reste inchangée pour la grande majorité des pays pauvres. Les gros continuent de s'enrichir éhontement pendant que les autres crèvent de faim ou sous les coups du nouvel ordre économique. Pour autant, à travers ses personnages et quelques scènes, Plantu distille de l'espoir, il est maigre mais il existe. En premier lieu chez les hommes de bonne volonté qui certes ne pèsent pas lourd face aux grands et puissants mais qui ont le mérite d'exister.

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Ce dessinateur a du cœur, il aime profondément l'humanité, quelle meilleure preuve que ce recueil à la fois ludique et intelligent!

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur au Capaharnaüm Éclairé:
- Bas les masques
- Cassettes, mensonges et vidéo
- Les Conseils de tonton DSK


vendredi 2 janvier 2015

"Sirtaño ou la légende du serpent-roi" de Renaud Joubert

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L'histoire: Dans le village de Mandigua, seuls les chasseurs de serpents, ignorant la peur de la mort, osent s'aventurer dans la forêt vierge où, perpétuant la dévotion au Mythe originel, ils honorent le Sirtaño, ce serpent noir qui donna naissance à l'humanité, en affrontant les serpents. Le don de la chasse leur vaut d'être vénérés par les paysans, mais, tel un sacerdoce, il implique un sacrifice de soi : il est interdit aux chasseurs de connaître l'amour. Or Julian Salamavera, le meilleur chasseur de Mandigua, semblant possédé par le Sirtaño lui-même, tombe sous le charme d'Estrella Dalamaro. La vengeance du Sirtaño peut dès lors frapper au hasard les habitants du village.

La critique de Mr K: Suite de l'exploration de ma PAL avec un ouvrage de l'excellente maison d'édition du Serpent à Plumes. Renaud Joubert est un jeune auteur, amateur de voyage, remarqué pour son premier roman Les esprits du désert (que je n'ai pas lu pour le moment). La quatrième de couverture de Sirtaño ou la légende du serpent-roi m'avait attiré comme un aimant lors d'un destockage massif. On flirtait avec Garcia Marquez (période Chronique d'une mort annoncée, un joyau dans son domaine!) et le pitch me rappelait vaguement un classique de la littérature contemporaine: Le Vieux qui lisait des romans d'amour. Je ne m'étais pas trompé en jetant mon dévolu sur ce livre qui s'apparente à une œuvre incontournable et durablement marquante.

L'histoire se déroule dans un pays dont on ne connaîtra jamais le nom, seuls indices pour nous aiguiller: la toponymie des lieux et les prénoms, les travaux des champs et les liens sociaux qui font penser à l'Amérique du sud. À Mandigua, petit village perché dans les montagnes, on vit essentiellement des subsides de l'agriculture de subsistance et malgré une percée de la foi catholique, la superstition est au centre de tout avec notamment le mythe du Sirtaño, grand serpent noir à l'origine du monde. L'équilibre est précaire mais il existe, la tradition étant portée par la caste des chasseurs chargée de purifier la forêt et de rendre ainsi hommage au Sirtaño... Tout bascule à cause d'un élan du cœur, un sentiment bien humain qui va tout bouleverser et mener au drame.

Ce livre est une petit merveille de finesse et d'intensité. Renaud Joubert a un talent incroyable pour planter un décor de manière attrayante et passionnante. En une dizaine de pages, on se fait une idée très précise des rapports humains et du fonctionnement de ce petit village isolé de tout et de tous. Ce microcosme et son organisation n'ont plus de secret pour nous, l'intrigue peut commencer. Cette histoire est peuplée de personnages forts, tiraillés entre leurs obligations liées aux coutumes et leurs aspirations intérieures. Ainsi Julian, meilleur représentant des chasseurs ne peut résister à l'attirance de plus en plus forte qu'il éprouve pour la jeune et jolie Estrella, une fascination qu'il ne s'explique pas et qui le taraude. C'est pour le lecteur l'occasion de redécouvrir les impressions si désarmantes que l'on peut éprouver lors de la naissance du premier amour et la découverte des sentiments et impressions qui l'accompagne. Tout bonnement magnifique! Il y a aussi de belles pages sur l'amitié et la fraternité, je pense notamment aux relations que Julian entretient avec un frère de caste qui le soutiendra à demi mot malgré leurs différences d'opinion.

Ce livre m'a surtout marqué par son caractère dramatique car on sent bien dès le début qu'un espèce de fatum plane au dessus des protagonistes. La transgression amène la punition selon les croyances de cette micro-société et elle prend ici un caractère inique et anxiogène. L'effet de masse est puissant et inquiétant, à partir du moment où Julian a passé le rubicond et que cela est révélé aux yeux de tous, les choses s'emballent. Les jalousies se réveillent, les mauvais esprits travaillent et l'injustice se fait jour. On ne peut qu'être heurté par les réactions mises en scène ici au premier lieu d'entre elle, la manière dont les femmes sont traitées voir marchandées par les hommes seuls détenteurs du pouvoir. Les pères et les frères ont ici un rôle de dominant et de décideurs qui fait froid dans le dos. Et pourtant, il y a de la pureté et de l'éclat chez Estrella, ainsi que chez sa cousine amoureuse transie d'un salopard. Mais cette beauté est à jamais fanée (profanée?) par les actes cruels et intéressés des hommes: le paysan arriviste et calculateur, le contre-maître maquereaux libidineux, le tanneur sans scrupule et exploiteur... On éprouve avec cette lecture une foule de sentiments contradictoires, un peu à la manière de La Perle de Steinbeck relu l'année dernière et adoré.

Renaud Joubert est vraiment une très belle découverte littéraire. Je suis resté soufflé devant son style à la fois poétique et précis, sa capacité à mettre en branle un univers entier et vivant, la beauté de son écriture est un écrin somptueux pour une histoire à la fois universelle et intimiste. L'amour est ici d'une pureté de cristal et vous touche en plein cœur. L'adversité est ici cruelle et désespérante mais d'une humanité profonde car vraisemblable et malheureusement encore d'actualité.

Un beau voyage pour un récit touchant au plus au point et qui vous marque profondément d'une émotion durable. Un grand plaisir de lecture, unique et à expérimenter au plus vite!

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mercredi 31 décembre 2014

Le début de la fin...

Plus que quelques heures pour profiter de 2014... Je ne sais pas pour vous mais pour nous, cette année fut riche en événements divers et en lectures, cela se fête dignement !

2014 a débuté avec nos amis avec un séjour parisien, puis ce fut un retour en Périgord hors saison, divers craquages littéraires, une opération bookcrossing en mai, les 10 ans de Tesfa, le Festival Photo La Gacilly en juin, le Motocultor en août, le séjour londonien de Nelfe avec son meilleur ami et témoin en juillet, notre mariage !!! en septembre et notre lune de miel à Saint-Malo, l'arrivée de Nelfe sur twitter, sans oublier le changement de look du Capharnaüm éclairé pour ses 7 ans, le concert de Sébastien Tellier en novembre ou encore les Utopiales à Nantes !

Et encore, on ne vous a pas tout raconté !

Sans compter les centaines de bouquins et films chroniqués sur nos pages ... Une bonne année bien remplie, on vous l'avait dit !

Avant de nous retrouver en 2015 pour de nouvelles aventures, une année qui s'annonce d'ores et déjà pleine de projets, on vous laisse avec Philippe Katerine qui a un don inné pour faire la fête et qui a signé le très bel album disco-décadent Magnum cette année. En voici un petit extrait avec un clip bien barré dont le Monsieur a le secret ! Enjoy your party !

Nelfe et Mr K

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mardi 30 décembre 2014

"Interstellar" de Christopher Nolan

affiche filmL'histoire: Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

La critique de Mr K: 5/6. C'est seul ce lundi que j'allai au cinéma pour aller voir Interstellar, le dernier métrage de Christopher Nolan. Il faut dire que les films qui se passent dans l'espace ne sont pas trop du goût de Nelfe qui avait du déjà se faire violence l'année dernière pour aller voir Gravity. Vu le retour ultra-positif des critiques, je ne pouvais décemment pas passer à côté au risque de regretter de ne pas l'avoir vu sur grand écran. Bien m'en a pas pris car j'en ai pris plein les mirettes même si vous verrez que je reste plus circonspect sur l'aspect pseudo visionnaire de Nolan que je trouve pour ma part surestimé en tant que réalisateur.

La Terre décline lentement et les populations humaines meurent de faim. Les activités sont concentrées autour de l'agriculture mais peu à peu les plantes s'éteignent les unes après les autres, la survie de l'espèce humaine est remise en question. La NASA travaille en secret à la découverte d'un nouveau monde dans une autre galaxie pour recommencer ailleurs. Un ingénieur de génie redevenu simple cultivateur va partir au delà des étoiles pour mener à bien cette mission cruciale. Mais rien ne va se passer comme prévu!

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Difficile de faire un résumé exhaustif de ce film car il s'y passe beaucoup de chose. Rien de vraiment original en ce qui concerne le background, le sujet a déjà été traité mille et une fois et de fort belle manière par de nombreux auteurs de SF et n'en déplaisent à certains Christopher Nolan n'est que réalisateur et scénariste. De ce fait, il ne peut pas vraiment rivaliser avec des classiques de la littérature. C'est le principal point noir de cette superproduction certes intelligente et bien menée mais qui frôle la paraphrase par moment avec des films cultes tels que 2001, l'Odyssée de l'espace ou encore Solaris (l'original bien sûr!). D'où ma légère crispation durant le dernier acte qui fait irrémédiablement penser à la fin du film de Kubrick. Passé ce sentiment de déjà vu (d'où seulement 5/6), le reste est une très belle réussite.

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J'ai adoré le personnage de Cooper avec un Matthew McConaughey impeccable et touchant au possible. Les rapports avec sa fille sont très bien rendus et d'une sensibilité à fleur de peau qui m'a personnellement touché. Par contre, je reste allergique à Anne Hathaway que je trouve chialeuse et irritante au possible, je lui aurait collé des baffes durant tout le film. Le reste du casting est à la hauteur du métrage, tout en puissance mais en nuance malgré parfois des situations caricaturales. Le scénario fait d'ailleurs la part belle aux retournements de situation, aux faux semblants et le cœur est mis à rude épreuve avec en bonus quelques petites leçon d'astronomie et de physique quantique intéressantes et bien amenées qui se mêlent à merveille au récit sans l'alourdir de trop.

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La claque se situe en fait surtout au niveau de la technique. On savait Nolan perfectionniste (pas au point de Kubrick, faut pas pousser mémé tout de même!) mais ici on frôle la perfection avec des passages tout bonnement extraordinaires dont le passage dans un trou de ver, la découverte des mondes nouveaux (aaaah, les vagues géantes pas crédibles mais épatantes dans le concept!) ou tout bonnement les scènes dans le vaisseau durant le voyage. La musique porte l'ensemble avec brio et je pense que je vais essayer de l'acquérir au plus vite tant elle m'a soulevé l'esprit durant toute la séance.

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Au final, ce fut un très beau moment de cinéma entre évasion totale et réflexion. Je reste quand même déçu par le côté relecture simpliste de grands classiques de SF et je persiste et je signe en disant que Christopher Nolan est un beau faiseur mais pas un créateur hors norme. Peut-être finira-t-il par me faire changer d'avis?

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lundi 29 décembre 2014

Home invasion!

Tout avait pourtant bien débuté ce dimanche où j'étais chez mes parents pour fêter Noël et mon anniversaire... Quand arrive le moment tant attendu de la remise des cadeaux, quelle n'est pas ma surprise de découvrir que mon beau-frère et ma soeur m'offrent une paire de nains-zombie de jardin!

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Charmantes créatures, n'est-ce pas? Je décide de les lâcher dans la nature dès ce matin pour organiser un quadrillage défensif des lieux. Une série de cambriolages a eu lieu dans le quartier il y a peu et mes deux morts-vivants de petite taille tombent à point nommé pour restaurer le calme et la sérénité!

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En plus aucun souci pour nous vu que selon la notice, ils s'attachent imédiatement à leurs propriétaires et ne risquent aucunement de venir nous ronger les os durant notre sommeil. Zombies certes! Mais des zombies bien élevés pour notre maisonnée! Après moultes réflexions, je leur désigne un coin tranquille en bas de la terrasse pour qu'ils puissent surveiller d'éventuelles allers-venus suspectes...

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L'après-midi passe et Nelfe et moi vaquons à nos occupations. Je termine un Murakami et Madame fait nos réservations définitives pour notre futur voyage de noce. L'heure du thé retentit et je repense à mes petits protégés, je décide d'aller leur dire coucou et là... Horreur!

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Ils ont désobéi! Ils ne tiennent pas leur poste et sont montés sur la terrasse! Ils produisent des petits bruits de mastication hypnotiques et jettent des regards vides à l'intérieur du salon, attirés par je ne sais quoi ou je ne sais qui... Leurs râles finissent de me terrifier, je cours me réfugier dans la maison et tente de joindre le service après-vente, un dresseur de nains-zombie... Quand j'entends un bruit de fenêtre qui s'ouvre provenant du salon!

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Tesfa! Ils en ont après elle! Ni une ni deux, je me précipite et sauve notre princesse à poil d'une mort certaine et surtout... douloureuse!

On ne le dira jamais assez, c'est teigneux un nain, il faut s'en méfier! D'autant plus quand ils sont zombifiés! Pour plus de sureté, je pense que je vais les enchaîner...

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dimanche 28 décembre 2014

"Inferno" de Dan Brown

inferno L'histoire: Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit à l'hôpital. Désorienté, blessé à la tête, il n'a aucun souvenir des dernières trente-six heures. Pourquoi se retrouve-t-il à Florence ? D'où vient cet objet macabre que les médecins ont découvert dans ses affaires ? Quand son monde vire brutalement au cauchemar, Langdon décide de s'enfuir avec une jeune femme, Sienna Brooks. Rapidement, Langdon comprend qu'il est en possession d'un message codé, créé par un éminent scientifique qui a consacré sa vie à éviter la fin du monde, une obsession qui n'a d'égale que sa passion pour "Inferno", le grand poème épique de Dante. Pris dans une course contre la montre, Langdon et Sienna font tout pour retrouver l'ultime création du scientifique, véritable bombe à retardement, dont personne ne sait si elle va améliorer la vie sur terre ou la détruire…

La critique de Mr K: Ce roman sera le dernier que je lirai de Dan Brown. J'ai été très déçu voir complètement ulcéré en toute fin de lecture. Jusqu'alors, j'avais plutôt aimé ce easy-reading d'auteur avec notamment Anges et démons et Da Vinci Code. Mon enthousiasme a commencé à être douché avec Le Symbole perdu et Deception point. Cet Inferno enterre définitivement toute velléité personnelle de lire cet auteur que je trouve plus compilateur et bateau qu'autre chose. On atteint à mes yeux ici le néant de la littérature, un récit alimentaire et sans surprise, une belle et grosse bouse comme je déteste avoir lu. Tant pis pour moi, je n'avais qu'à réfléchir avant de tomber dans le panneau!

Pourtant l'idée de départ était plutôt bonne, le héros amnésique ne se rappelle de rien et se réveille à l'hôpital. À défaut d'être original, ça a le mérite d'instaurer le suspens dès le départ. Le compte à rebours est désormais lancé avec une menace bio-terroriste à la clef, une mystérieuse organisation transnationale éprise du grand secret, l'OMS à l'affût, un grand méchant très très inquiétant et Dante en filigrane, grand auteur par excellence dont la Divine Comédie occupe une belle place dans mon panthéon personnel des lecture inoubliables. Bref, on mixe les genres, le road-movie peut commencer avec en prime du voyage, des énigmes et un page-turner à priori efficace.

Mais voilà, j'ai l'impression de relire sans cesse le même livre avec Brown. Langdon est plus agaçant qu'autre chose dans ce volume. On a le droit à un carnet de voyage tout droit tiré de Wikipedia qui concentre à lui seul la moitié des pages. Personnellement ça m'a lassé au bout de 100 pages surtout que je ne partage pas du tout cette vision du voyage qui consisterait à accumuler références historiques et artistiques les unes après les autres. C'est froid, impersonnel et on n'a aucune idée réelle des mœurs et de l'ambiance. Un tableau sans âme en quelques sorte. C'est quand même bien dommage quand on va à Florence, Venise et Istanbul!

Rajoutez là-dessus des personnages creux et sans saveur. Langdon est pénible, Sienna horripilante, le grand méchant parano à l'extrême et tutti quanti. C'est gros et caricatural à souhait, je suis plutôt bon public mais j'ai vraiment l'impression qu'on se fichait du lecteur ici. Ainsi, les personnages ne sont que des avatars d'autres personnes déjà lues dans d'autres volumes de Brown. Il change leur aspect et leur nom puis il déroule un destin déjà vécu, déjà lu auparavant. On s'ennuie ferme et on est rarement surpris. Bon, j'exagère un peu, il a réussi à me tromper sur deux / trois éléments mais honnêtement ça ne casse pas trois pattes à un canard. Le pire reste le médecin de l'OMS qui accepte l'inacceptable en toute fin d'ouvrage dans une fin flirtant avec des relents de fascisme larvé... Franchement, j'ai fini en colère. Dans le genre et dans les mêmes thématiques, vous feriez bien mieux de lire (si ce n'est déjà fait), Le Parfum d'Adam de Rufin qui est une merveille de construction et d'intelligence ce qu'Inferno n'est vraiment pas. Je ne parlerai même pas des allusions à Dante et la pseudo symbologie qui l'accompagne, on paraphrase beaucoup dans cet ouvrage et honnêtement il y a peu de rebondissements à ce niveau. Je vous jure, l'auteur ne fait qu'accumuler descriptions et courses poursuites... Vraiment rageant!

L'écriture reste plate peut-être même plus que d'habitude. Brown choisit la facilité, des rumeurs courent sur le fait qu'il n'écrive même pas ses livres. Je commence sérieusement à me poser des questions tant on frôle parfois l'indigence et le surfait. Beaucoup de répétitions pour allonger la sauce, des incohérences, des inexactitudes... Vous l'avez compris, j'ai détesté et je ne peux que vous conseiller de vous éloigner de ce livre vain et nauséabond dans sa conclusion.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Le Symbole perdu
- Deception point

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samedi 27 décembre 2014

"La Course au mouton sauvage" d'Haruki Murakami

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L'histoire: La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n'a rien d'exceptionnelle. Jusqu'au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d'une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d'extrême droite. Le voici contraint de retrouver l'animal – doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires.

La critique de Mr K: La Course au mouton sauvage me faisait l'œil depuis un sacré bout de temps et je n'avais pas lu de Murakami depuis longtemps, l'occasion était donc trop belle de replonger dans l'univers si envoûtant de cet auteur vraiment à part que j'aime pratiquer régulièrement.

La lecture commence inhabituellement pour tout amateur du maître. Nous suivons la vie sans relief et monotone du narrateur. Sa femme le quitte car rien d'excitant ne se passe dans leur existence conjugale et il se retrouve seul sans que cela ne semble le faire réagir tant l'inertie la plus totale semble l'habiter. On ne saura jamais son nom ni d'ailleurs celui de quiconque dans ce livre. Un jour, il est contacté par un agent de la pègre pour partir à la recherche d'un mouton extrêmement rare au dos étoilé et qui a comme particularité de pouvoir prendre possession des gens pour mener à bien ses desseins. Oui, oui, vous avez bien lu! En même temps, c'est un livre de Murakami!

On retrouve toute sa poésie dans ce volume avec une galerie de personnages particulièrement décalés. Le narrateur en lui même semble d'une banalité affligeante de prime abord, en fait c'est un rêveur borderline qui se perd en réflexions et a sa propre conception de la réalité. Il est très amoureux de sa girl friend (comme il dit) dont il admire les oreilles d'une perfection hypnotisante (cela donne lieu à des pages de purs délice et délire). Il va rencontrer un chauffeur de limousine qui passe des coups de fil à Dieu (il a son numéro de téléphone), un secrétaire de la pègre altruiste qui voudra bien lui garder son chat vieillissant pendant sa quête (un pur moment délirant!), le Rat un de ses meilleurs amis parti se mettre au vert pour échapper au quotidien, un docteur ès mouton qui le guidera dans ses recherches, une âme égarée et bien évidemment, le fameux mouton assoiffé de pouvoir qui détient la clef du destin du héros.

L'action se déroule à Tokyo puis lors de la fameuse "course" le récit se transporte à Hokkaidō, l'île la plus septentrionale de l'archipel japonais. Le voyage est fascinant, oscillant comme toujours avec Murakami entre réalisme brut et touches fantastiques voir surréalistes. Le style reste simple, épuré à la japonaise mais cependant dense en terme de caractérisation des lieux et des personnages. L'immersion est totale surtout que cette enquête étonnante est racontée à la première personne. Par petites touches, l'histoire se dévoile mais gardez-vous d'attendre un explication rationnelle de l'ensemble, ce n'est pas le genre de la maison et chacun devra imaginer ce qui remplit les zones de brumes. Plus original par rapport à mes lectures précédentes de Murakami, ici l'auteur distille par ci par là quelques éléments explicatifs sur l'histoire des lieux et plus farfelu, sur les moutons!

Ce roman est une fois de plus une belle expérience de lecture navigant entre policier et onirisme avec un humour parfois mordant et de belles métaphores sur l'existence humaine. Conte déviant, cruel à l'occasion, La Course au mouton sauvage est encore une preuve du génie Murakami en action. Pour information, sachez que ce volume fait partie d'une trilogie dont les premiers tomes ne sont pas traduits car l'auteur se refuse à le faire. Rien de gênant à cela, ce livre se lit totalement indépendamment et vous procurera un plaisir extrême si vous être adepte des œuvres fascinantes qui déroutent et entraînent leur lecteur dans des contrées fort fort lointaines...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "1Q84 : Livre I, Avril-Juin"
- "1Q84 : Livre II, Juillet - Septembre"
- "1Q84 : Livre III, Octobre - Décembre"
- "Kafka sur le rivage"
- "La Ballade de l'impossible"
- "Sommeil"

lundi 22 décembre 2014

Today is THE day !

Il semblerait qu'aujourd'hui soit un jour particulier ... Un jour qui revient tous les ans et qui affiche un nombre différent au compteur. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Mr K !!!

Et oui, faut pas l'oublier sinon il va faire la tronche. En même temps il aurait raison, un anniversaire ça se fête ! Alors bonne journée Mr K !

Au programme cette année, une journée fort bien remplie par pas mal d'obligations vu notre départ imminent pour les fêtes de fin d'année et la mise en place de notre voyage de noce mais cela n'empêchera pas de fêter ça dignement ! Non mais !

BON ANNIVERSAIRE !!!

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dimanche 21 décembre 2014

Le quatrième pouvoir

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Dessin de Riss tiré du site du Strips journal

samedi 20 décembre 2014

"Le Prestige" de Christopher Priest

le prestige roman

L'histoire: Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, s'affrontent dans un duel sans merci.
Trois générations plus tard, au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu'il s'appelle en fait Andrew Borden, et qu'une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XIXème siècle. Quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais...

La critique de Mr K: C'est aux Utopiales que j'avais acquis Le prestige avec en prime la dédicace de l'auteur himself. Nous avions vu quelques heures auparavant l'adaptation cinématographique de Christopher Nolan qui nous avait bien plu. Dans la file d'attente, certains festivaliers nous avaient prévenu que la fin du livre était différente (pas seulement la fin en fait!) et même supérieure au métrage. Après une lecture rapide et passionnée, je ne peux qu'abonder dans leur sens, on tient avec ce livre un petit chef d'œuvre de construction et d 'intelligence.

On retrouve donc dans l'ouvrage cette compétition acharnée que se livre Borden et Angier à la différence qu'il n'ont pas été amis au départ. Très vite la pression monte et les coups bas pleuvent. Chacun essaie de voler le secret de l'autre notamment celui de l'illusion de l'homme transporté où le magicien disparaît pour apparaître à l'autre bout de la scène. En ce début de XXème siècle, la science se développe et fait son apparition dans le quotidien (notamment l'électricité), un lien ténu se crée entre la magie de l'illusion et les évolutions scientifiques. C'est au bout de plus de trente ans de démêlés, de spectacles, de jalousie, de malentendus, de maladresses, d'actes de réconciliation ratés et autres aventures que le voile sera levé sur la réelle nature des numéros présentés.

La grosse différence entre le livre et son adaptation réside d'abord dans sa forme. Tour à tour dans l'ouvrage de Priest, on lit le journal de Borden et celui d'Angier. Le lecteur fait donc peu à peu le recoupement des événements à travers le prisme de la pensée et du ressenti de chacun. Cela donne de purs moments de plaisir avec la redécouverte de moments clefs de cette histoire intrigante et complexe. Beaucoup moins manichéen et dirigiste, l'ouvrage fait la part belle à l'humanité profonde des deux protagonistes sans caricaturer, sans raccourci facile. Pourtant le film de Nolan est très bon mais on ne peut que s'incliner devant la profondeur du propos, la dimension fantastique et science fictionnelle de Priest. La fin en est une belle illustration, elle ne serait pas passée auprès des majors américaines car trop étrange, dérangeante pour le grand public que l'on doit gaver de produits prédigérés. Ici, on reste cloué par la révélation finale. Seul regret, ne l'avoir pas lu avant d'avoir vu le film de Nolan pour recevoir un plus gros choc encore!

On pénètre donc dans ce livre dans les arcanes de la magie avec ses secrets inavouables et sa logique. Il faut que le public y croit, que l'illusion soit parfaite. On suit les préparatifs des deux performers, leurs débuts balbutiants voir leurs échecs et leurs hontes. C'est aussi l'occasion de voir la vie familiale de chacun d'eux, la difficulté de conjuguer vie personnelle et professionnelle, ambition, désirs et besoins. L'écriture virtuose de Priest permet de fournir une œuvre à la fois dense et facile d'accès. L'envoutement est total et notre curiosité titillée à chaque page via une atmosphère étrange à l'image des tours de prestidigitation. Pour rajouter un échelon à cette lecture hors norme, trois chapitres mettent aux prises les descendants des deux antagonistes principaux mettant en perspective des aspects non évoqués dans le métrage. Intéressant et malin, surtout à l'image de l'ultime chapitre se passant à notre époque et qui ne manquera pas de vous glacer le sang.

Ne tournons pas en rond, ce livre est un must dans son genre et son traitement. Une très belle lecture à la fois divertissante et enrichissante que vous devez entreprendre au plus vite tant elle vous comblera de bienfaits. À bon entendeur!

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