dimanche 12 avril 2015

"BETA... Civilisations - Volume 1" de Jens Harder

beta couvL'histoire : Beta s’intéresse à l’évolution des hominidés sur quatre millions d’années et zoome sur 30 000 ans d’histoire des civilisations humaines, jusqu’au début de l’ère chrétienne.
Dans cette première partie, Jens Harder aborde des sujets tels que le développement des primates, l’invention du feu, l’apparition du langage, la sédentarisation, l’architecture, l’élevage, le développement des cités, l’émergence et le déploiement des différentes formes d’art.

La critique Nelfesque : "Beta" est le second volume d'une trilogie "Alpha Beta Gamma" dont nous avons déjà le premier volet dans notre bibliothèque. Pourquoi vous parler de "Beta" en premier alors que nous n'avons pas encore chroniqué "Alpha" ? Tout simplement parce que j'ai reçu cet ouvrage dans le cadre de "La BD fait son Festival sur Priceminister" et que je me dois d'en faire un billet dès à présent. Cependant, la chronique concernant "Alpha" ne tardera pas et les volumes peuvent se lire indépendemment les uns des autres si tant est que l'on connaisse un tant soit peu l'Histoire de l'évolution du monde depuis ses origines.

Nous sommes ici en présence d'un ouvrage à part, que l'on a du mal à qualifier de BD, même si sa matière première est le dessin. Ce n'est pas non plus un roman graphique. "Beta" est la compilation d'une somme de connaissances immense mises en images avec talent et de nombreuses références. En effet, Jens Harder, revient ici sur l'évolution de l'Homme et du monde du Tertiaire (60 millions d'années avant notre ère) à l'Antiquité classique (300 ans avant JC). Dans ce laps de temps, les époques phares sont mises en avant : la Protohistoire (avec le Paléolithique, le Mésolithique et le Néolithique) et l'Antiquité (Ere des cités-Etats, Haute Antiquité et Antiquité classique). Viendront dans un prochain tome l'Antiquité tardive, le Moyen Age, la Renaissance, le Siècle des lumières et l'Epoque moderne.

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"Rolala Nelfe mais qu'est ce que tu nous proposes là ? Ca a l'air hyper scolaire et barbant !" Et bien non, détrompez-vous ! Ce volume est, il est vrai, très dense et documenté et l'on apprend beaucoup de choses aux détours de chaque page. A mon âge, les leçons de SVT et d'Histoire sont loin derrière moi et j'ai oublié beaucoup de choses. "Beta" est un excellent moyen de se remettre en tête les dates et surtout les phases évolutives de notre Histoire. Mais là où Jens Harder est très fort et évite le côté ennuyeux de la chose, c'est qu'il profite de chaque étape pour mettre en lumière des actions ou évènements contemporains découlants de certaines découvertes de l'époque ou encore insère des références artistiques plus actuelles. Par exemple, lorsqu'il est question de la cohésion de la horde des australopithèques leur donnant la force et le courage les poussant à se dépasser, nous apercevons aux détours d'une case, une scène de "La Planète des singes" et un concert de Kiss. Lorsque l'homo erectus se met à construire des huttes, Jens Harder dessine au milieu d'autres constructions l'école du Bauhaus (référence en Architecture). La domestication du feu nous amène à la flamme des Jeux Olympiques, l'homo sapiens sapiens quittant son continent Africain est illustré par une partie de Colons de Catane... Ainsi le lecteur fait des bons dans le temps et assiste quasiment à un film en accéléré sur l'évolution. Il y a d'ailleurs un côté très hypnotique et psychédélique dans cette frénésie de mélanges d'époques et dans le trait du dessinateur.

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Justement, parlons du dessin et de la mise en page de "Beta" ! Cet ouvrage est un magnifique objet. 350 pages de connaissances mais aussi de créativité artistique indéniable. Afin de ne pas parasiter le lecteur avec un foisonnement de couleurs, le choix de la bichromie alternant le bronze, l'argenté et le doré confère à l'ensemble une finesse et un dépouillement indéniables. La brillance de l'impression donne également du relief à chaque case et sublime le trait. Une réussite esthétique autant que pédagogique.

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Bravo à Monsieur Harder pour "Beta" et sa démarche de trilogie qui intéresseront autant les jeunes que les moins jeunes et montrent, si preuve il faut, qu'un ouvrage au contenu exigeant peut être lu avec plaisir par tous. Une vulgarisation pointue qui parle autant aux scientifiques qu'aux néophytes, aux lecteurs de BD qu'à ceux d'essais, aux écoliers qu'aux retraités. Un ouvrage à découvrir d'urgence !

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samedi 11 avril 2015

"Train perdu wagon mort" de Jean-Bernard Pouy

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L'histoire: Au cœur de la nuit, un wagon se détache d'un train-couchettes et s'arrête soudain. D'abord persuadés qu'il s'agit d'une panne, les occupants découvrent qu'ils sont perdus au milieu de nulle part. Abandonnés, oubliés par les secours, certains partent en éclaireurs et disparaissent. Leurs cadavres sont retrouvés, dans une ville déserte et en ruine. La terreur s'empare alors des survivants...

La critique de Mr K: Retour vers un auteur que j'apprécie tout particulièrement avec cette étrange histoire qui m'a de suite séduite et intriguée lors d'un énième passage chez l'abbé. Jean-Bernard Pouy est surtout connu pour sa création du Poulpe, série de polars au héros libertaire vers laquelle je reviens régulièrement. Il se tourne à nouveau vers le roman noir avec ce Train perdu wagon mort au pitch assez incroyable et dont la lecture fut rapide et plaisante.

Le personnage principal, un professeur de fac spécialisé dans les relations internationales, se rend à un colloque dans un pays imaginaire du centre de l'Europe. Le voyage est long, l'action débute en pleine nuit dans un wagon-lit plongé dans le noir et les bruits de respiration. D'un coup, un freinage intense se fait sentir puis plus rien! Le train s'est arrêté au milieu de nulle part, sans prévention ni alarme. En fait, ils sont seuls, leur wagon est isolé au milieu de la campagne sans aucune trace d'occupation humaine, le reste du train semble avoir continué sa route sans se préoccuper de ces dix-neuf naufragés du rail. Passé quelques heures, le jour se lève et toujours pas de secours! La tension va commencer à monter peu à peu chez ses passagers lambda livrés à eux mêmes. Surtout qu'une menace sourde et invisible pèse sur eux.

Ce qu'il y a de plus effrayant dans ce court roman, c'est son extrême banalité dans le traitement. Ces personnes perdues pourraient être vous ou moi. Des êtres humains livrés à eux mêmes face à l'inexplicable, face à un événement à priori anodin qui va se transformer en une situation surréaliste très éloignée de ce que l'on peut vivre dans notre Europe pacifiée. En effet, quels sont ces mystérieux avions de chasse qui survolent en rase motte le wagon? Où ont disparu les éclaireurs partis chercher des secours? Et d'ailleurs pourquoi ces derniers ne sont-ils pas déjà là? On s'interroge tout autant qu'eux et Pouy se garde bien de nous livrer les clefs avant l'ultime chapitre. Le petit groupe s'organise, des leaders sortent du bois, certains perdent leur calme, d'autres s'enfoncent dans le mutisme... Autant d'attitudes et de comportements différents qui représentent bien la diversité des réactions humaines face à l'adversité.

Le rythme est lent, il épouse à merveille l'impression de langueur et de temps ralenti qui habite le récit. L'espérance de secours à venir perd de plus en plus d'épaisseur pour laisser la place au doute qui ronge les âmes puis les corps (les ressources en eau et en nourriture s'amenuisent). C'est aussi l'occasion pour les personnages de se remettre en question que ce soit au niveau d'eux mêmes que de leurs vies respectives. Des affinités se créent, peu ou pas d'inimitié car l'action se déroule sur quelques jours. En approchant de la vérité, le lecteur se dit qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce monde en vase clos, uniforme et morne dans lequel semblent patauger des personnes complètement larguées dans tous les sens du terme. La fin est une vraie belle réussite qui en surprendra plus d'un même si personnellement je l'ai pressenti aux deux-tiers du livre pour cause de déjà-lu. Reste un final éblouissant qui explique tout de manière assez maline.

Ce fut donc une lecture à la fois étrange et agréable, peu commune en tout cas et assez marquante par moment pour le côté paranoïaque et réflectif. À lire pour tous les amateurs de romans noirs "à la française".

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jeudi 9 avril 2015

Thaïlande 2015 - Koh Kood

Avec le magnifique temps que nous avons en France cette semaine, je me remémore nos vacances de février à l'autre bout du monde et je me rends compte que j'ai pris du retard dans mon compte-rendu de voyage en Thaïlande que je vous avais promis ! Honte à moi ! Hop, je m'y colle !

Dans mon précédent billet, je vous parlais de Trat et de notre nuit passée sur la continent suite à notre vol raté. Vu l'heure d'arrivée, nous n'avions pas pu prendre le bateau pour nous rendre directement sur Koh Kood comme c'était prévu au départ. Et oui, la marée, tout ça... Ce n'est pas grave, avec une journée de retard sur le programme, nous prenons la route vers l'embarcadaire pour rejoindre notre bateau qui nous mènera enfin à Koh Kood, île au large du Cambodge, que nous rêvons de découvrir depuis plusieurs mois.

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(en 1h environ , nous sommes sur l'île)

Sur le bateau, nous faisons la connaissance de français qui viennent sur Koh Kood depuis 10 ans chaque année. Ils sont tombés amoureux de cette île et ne peuvent s'imaginer passer une année sans y aller quelques jours. Comme on les comprend ! On se prend déjà à rêver, 2 mois seulement après notre retour, de retourner en vacances là bas.

Voyez plutôt ! Juste à côté de l'ambarcadaire principal de Koh Kood, c'est cette petite plage qui nous accueille. Ca donne le ton !

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(il n'y a pas de doute, on est au paradis !)

Lorsque nous avons décidé de passer notre voyage de noces en Thaïlande et plus précisément dans les îles, la question s'est très vite posée de savoir où nous poserions nos bagages. Il y a beaucoup d'îles en Thaïlande, les plus connues et les plus prisées étant au sud du pays. Avec seulement 2 semaines devant nous, nous voulions une destination relativement facile d'accès (à comprendre une île que l'on n'atteint pas en 3 jours), calme et loin des hordes de touristes et de jeunes amateurs de full moon party. Il a fallu chercher, ce ne fut pas une mince affaire mais finalement une fois découverte, nous sommes assez vite tombés d'accord sur Koh Kood.

Koh Kood est une île très calme. Occupation principale : la baignade et tout ce qui va avec. Lecture sur la plage, farniente sur les pontons, snorkeling le long des côtes... Lorsqu'on se rend sur cette île, il faut prévoir son coup et penser à retirer tout l'argent nécessaire pour ses vacances avant l'arrivée. Et oui, sur Koh Kood, pas de banques et pas de distributeurs de billets non plus. Ca vous donne un peu l'idée de l'ambiance ? 

"Mais alors ? Vous ne vous êtes pas ennuyés quand même sur cette île loin de tout ?" Oula non ! Comment se lasser de ces si beaux paysages et être blasés de pouvoir regonfler ses batteries dans un cadre pareil ! J'arrête de blablater et je vous montre. Vous allez comprendre.

Commençons par notre hôtel : L'Horizon Resort :

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Stéphane a acheté l'hôtel il y a quelques années et l'améliore progressivement. Pour nous qui étions à la recherche d'un endroit simple mais qui a de la gueule nous avons été ravis. Nous avons dormi dans un bungalow en bois, face à la mer.

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Tout les matins, nous avions dès notre réveil, une superbe vue sur la mer. Une invitation à la baignade ! L'eau était à 28° et sitôt le petit déjeuner englouti, aller nous baigner était la première chose qui nous venait en tête. Etrange non !?

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(certains matins, nous avions la surprise de découvrir des bateaux de pêcheurs amarrés juste sous nos fenêtres)

Et côté plage, nous étions servi puisque l'Horizon Resort est situé entre deux superbes plages. Plutôt grande plage bordée de cocotiers à 1 minute à pied par le sentier côtier ? Ou plutôt celle avec plus de fond, de l'autre côté, à 5 minutes ? Dilemme n'est ce pas... Allez, pas de jalouse, on va alterner. Oui, la vie est dure...

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(Vous voyez la petite cahute en premier plan ? C'est un salon de massage avec vue sur mer ! Bien sûr, nous l'avons testé ! Et le jour de la St Valentin qui plus est ! C'est cliché ? Oui mais honnêtement, on s'en fiche ! ^^)

Ao Ngam Kho est magnifique avec ses cocotiers plongeants dans la mer à marée haute et dévoilant une belle longueur de plage à marée basse. Seul inconvénient, il n'y pas beaucoup de fond et il faut marcher longtemps dans l'eau pour perdre pied... Du coup nous préférions la plage à 5 minutes de l'autre côté avec plus de profondeur et de beaux fonds à voir avec le masque. Oursins géants, bénitiers multicolores, coraux (!!!), anémones et une multitude de poissons tous plus beaux les uns que les autres. Nous n'avons pas de photos des fonds, n'ayant pas d'appareil adéquat mais nous avons encore des souvenirs plein la tête. Suivez-moi, je vous emmène sur la plage en question, A-Na-Lay, à laquelle on accède par de charmants pontons de bois :

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Le soir, nous nous détendions au bar lounge que Stéphane a fait construire il y a peu. L'endroit idéal pour boire un verre et admirer le coucher de soleil.

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Et une fois la nuit tombée, un drôle de ballet avait lieu sous nos yeux ! Celui des bateaux de pêcheurs à l'affut des calamars attirés dans leurs filets par leurs lumières vertes. X-Files, I want to believe...

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Alors ? Pensez-vous vraiment qu'on puisse s'ennuyer ? Si l'envie s'en fait sentir, on loue un scooter et on part à la découverte de l'île ! A nous les petites routes montagnes russes de Koh Kood ! Mr K à l'arrière n'en menait pas large dans les grandes descentes. Le Train de la mine de Disneyland version thaïlandaise. L'avantage est qu'il n'y pas beaucoup de circulation et c'est vraiment pépère pour se balader en 2 roues. Avec notre fidèle destrier nous avons sillonné l'île du nord au sud.

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A l'extrême sud de l'île, se trouve Ao Yai, un village de pêcheurs typique qui n'a rien à voir avec les attrapes touristes que l'on peut trouver ça et là. Ici, c'est un vrai village et non pas une vitrine / zoo humain. Ca se sent à l'ambiance qui y règne et à l'absence d'occidentaux qui ne savent pas ce qu'ils râtent...

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Un autre exemple de belle plage où nous nous sommes rendus en scooter : Ao Prao et son sable blanc et ultra fin.

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Nous avons des centaines de photos de Koh Kood et nous ne pouvons malheureusement pas toutes vous les montrer. Vous comprenez maintenant pourquoi on a envie d'y retourner ? Outre la gentillesse de Stéphane, notre hôte toujours à l'écoute et prêt à nous aider (il a été mon héros quand il fallu téléphoner à Koh Chang pour prévenir de notre arrivée tardive. Stéphane est français et parle couramment thaïlandais, ce qui n'est pas le cas de tout le monde et ça aide bien !), nous avons adoré le cadre idyllique, la température de l'eau, la beauté des fonds marins, le calme des lieux, les petits plats dans les petits restaurants de bords de route à 3 fois rien et tellement "délicieusement délicieux"... On reviendra à Koh Kood, c'est une certitude !

Après quelques jours de rêve, notre meilleur souvenir de notre voyage de noces, il faut voguer vers d'autres aventures. Le speed boat vient nous chercher au bout du ponton privé de l'hôtel (c'est pas la classe ça !?)

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On fait un dernier petit tour le long de la côte afin de prendre en charge d'autres vacanciers qui comme nous partent sur Koh Chang. C'est l'occasion de voir l'île sous un autre angle et d'en prendre une dernière fois plein les yeux !

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Cap maintenant sur Koh Chang, atteinte en 2 heures puisque nous changions de bateau à Koh Mak. En chemin, nous avons le loisir d'admirer de plus près les bateaux de pêche et leur système d'éclairage pour la nuit.

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En espérant que cette escale à Koh Kood vous ait plu, dans le prochain article dédié au voyage, nous nous arrêterons à Koh Chang et Ko Wai. Vous restez avec nous ? J'ai encore plein de chose à vous montrer !

mercredi 8 avril 2015

"La Perfection du tir" de Mathias Énard

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L'histoire: Tout est dans la concentration. Tout est dans la patience, le calme, la maîtrise du souffle. Les bons jours, un seul tir parfaitement réussi suffit à lui donner la joie du travail accompli. Alors, le narrateur redescend de ce toit d'immeuble où il s'était embusqué pour tuer – dans cette ville livrée à la guerre civile -, et il rentre chez lui, retrouver sa mère à demi folle. Puis survient Myrna, une jeune fille de quinze ans embauchée pour prendre soin de la mère malade. Myrna dont la naissante féminité devient pour lui un objet de fascination, un rêve d'amour – l'autre chemin vers la perfection?

La critique de Mr K: À la base, la lecture de La Perfection du tir est un petit coup de poker. La couverture et la quatrième de couverture m'avait attirées l'œil lors d'une énième errance chez l'Abbé. Comme en plus, j'ai eu d'excellentes expériences de lecture dans la collection de poche Babel, je n'hésitai pas plus d'une seconde pour acquérir le présent ouvrage. J'ai vraiment bien fait tant cette lecture fut plaisante malgré un propos dur et impitoyable, une immersion réaliste et sans chichi dans un monde en guerre.

Le personnage principal est un sniper. Nous ne connaîtrons jamais son nom ni celui de son pays mais peu importe, l'intérêt est autre. Il tire sur ses ennemis sans faire de distinction entre combattants et civils. Cela l'apaise, le construit même. Effrayant évidemment pour tout être civilisé, surtout que peu à peu, suite aux révélations qu'il va nous faire sur sa mère devenue folle et ses rapports avec elle, on se rend compte que ce jeune homme d'à peine 20 ans est dérangé, frustré et au bord de l'implosion. Il va devoir faire appel à quelqu'un pour pouvoir s'occuper de sa génitrice lors de ces longues absences au front, c'est là qu'il va faire la rencontre de Myrna, jeune adolescente au charme trouble qui va bousculer ses certitudes... mais peut-on vraiment changer dans un monde abandonné au mal, livré à la loi du plus fort?

Terrible descente en enfer que ce roman. Nous rentrons de plein pied dans un monde en guerre. Chacun se méfie de tout le monde et l'univers décrit se divise en deux entre ennemis / amis. Pas de place à la nuance, la barbarie et la mort règnent en maîtres. Au delà de la loterie funeste des tirs du héros qui dégomme tout ce qui se présente à lui dans la zone ennemie qu'il doit surveiller, c'est le cortège des vexations et des exactions qui se succèdent, longue litanie d'actes inhumains propres aux zones de conflit. C'est rude dans sa banalité et son automatisme. Le héros y participe pleinement, justifie ses actes dans sa pensée à sens unique sans aucun recul ni remord. Une partie du roman sort un peu du cadre de la ville pour nous montrer une opération de normalisation dans la montagne, loin d 'être hors-sujet, elle permet d'éclairer un peu la mentalité de ses hommes conditionnés mentalement pour haïr et détruire son prochain. Vraiment impressionnant et efficace!

Pour autant, notre héros ne se contente pas d'être décrit comme une machine à tuer. On sent les carences qu'il a pu accumuler en termes affectif et éducatif. Ses rapports à sa mère sont biaisés par la maladie mentale qui s'est emparée d'elle, il doit désormais s'en occuper et il en est incapable. Cela donne des scènes de cruauté et d'incompréhension fortes, très dures à lire, vraiment éprouvantes. Le fils doit se contenir pour ne pas faire exploser la violence qui l'habite et c'est Myrna qui va servir de soupape de sécurité pour éviter le drame familial. Cette jeune fille l'apaise, le séduit et le soulage, un peu de tout cela en même temps en fait. Il ne comprend pas ce qui lui arrive d'ailleurs, le lecteur le sait bien mieux que le personnage lui même. S'ensuit un ballet trouble avec des rapports complexes entre employeur/employé, combattant/civil, séduction/répulsion. D'une grande richesse cette relation tisse une toile émotionnelle étendue qui m'a profondément désarmé et surpris. C'est suffisamment rare pour le noter!

Pour accentuer tous ces effets contradictoires, l'auteur se repose sur un style simple, épuré mais d'une précision de métronome. Jamais vraiment de phrases chocs inutiles mais des évocations parfois floues, en arrière plan ou tout en ellipse pour raconter l'horreur, la méfiance et le doute. Malgré un propos difficile, déviant par moment, il se dégage une impression de pure humanité (pas le meilleur côté je vous l'accorde) et d'une grande élégance dans le traitement littéraire. C'est sans doute un des meilleurs livres qui m'ait été donné de lire pour parler de guerre et de comportements humains en période de crise profonde. Un petit chef-d'œuvre à côté duquel il ne faut pas passer!

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mardi 7 avril 2015

Footballistiquement correct...

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Dessin de Riss tiré du site Strips Journal

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lundi 6 avril 2015

"Le Survivant" de James Herbert

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L'histoire: Un boeing 747 qui s'écrase près d'Eton: l'une des plus effroyables catastrophes de l'histoire de l'aviation. 332 morts et un seul survivant. On avait enterré les morts, et les vivants essayaient d'oublier. Seul un homme s'obstinait : Keller, jailli des flammes de l'avion, poussé par des forces invisibles, cherchant à comprendre pourquoi, lui, avait échappé à l'accident. Le jour de vérité approchait, une vérité insupportable pour les innocents habitants d'Eton. Une vérité à laquelle Keller se refusait à croire…

La critique de Mr K: James Herbert est pour moi le genre d'auteur qui nous procure de petits plaisirs coupables efficaces, un écrivain vers lequel on revient régulièrement pour retrouver quelques sensations fortes et des intrigues à la fois classiques et glaçantes dans leur déroulement. Ce volume n'a pas dérogé à la règle et m'a tenu en haleine de bout en bout.

Keller a survécu à l'impensable! Pensez donc, un crash aérien juste après le décollage de son avion (il en était le copilote)! Tout le monde est mort sauf lui! Rajoutez là-dessus qu'il a perdu la mémoire et qu'il lui est impossible de savoir pourquoi il s'en est sorti, et vous obtenez un être humain complètement largué qui cherche à obtenir des réponses. Les semaines se passent et il commence à avoir des flashs, à entendre des murmures et, en ville, les morts violentes et inexplicables s'accumulent... Bizarre, vous avez dit bizarre? Vous êtes encore bien loin de la vérité.

Elle est bien longue à se dessiner d'ailleurs entre les chapitres mettant en scène le héros à la recherche d'éclaircissements sur les causes du drame et ceux suivant très ponctuellement le destin fatal de quelques habitants d'Eton, victimes d'une mystérieuse entité. En effet, très vite on se rend compte que derrière le thriller plutôt classique se cache une intervention surnaturelle même si cette fois ci elle est légèrement différente de ce que l'on lit / voit d'habitude. Un bon point pour Herbert qui sème les fausses pistes pour mieux nous égarer dans des supputations sans fin. Bien malin serait celui qui devine les tenants et les aboutissants avant les derniers chapitres de ce volume.

On retrouve la finesse de caractérisation des personnages propre à Herbert qui fait dans le court et le concis, tout en efficacité et en retrait des stéréotypes. Ces personnages sont emplis de fêlures et cachent des zones d'ombre parfois peu enviables, parfois plus surprenantes. Les effets de surprises sont donc assez nombreux tout au long du récit qui se révèle tortueux et parfois très cruel envers ses protagonistes. Keller est vraiment attachant par exemple, il passe par tous les états en l'espace de quelques jours (sauf le grand bonheur extatique bien évidemment) et rien ne semble lui être épargné. Surtout qu'il doit composer avec une ville aux abois, des médias intrusifs et de nébuleuses forces qui le dépassent. Étrange atmosphère aux senteurs de fin du monde où même les dépositaires des forces divines ne peuvent rien faire (terrifiante scène dans une Église).

Difficile donc de relâcher ce livre tant l'histoire est addictive et les pages se tournent toutes seules. Moins gore qu'à son habitude, Herbert fait plus dans la terreur psychologique et les effets d'épouvantes à l'ancienne ce qui n'est pas plus mal et crédibilise davantage une histoire qui devient de plus en plus tourmentée et effrayante. Une bien belle expérience délicieusement horrible que tout amateur du genre se doit de lire.

Oeuvres déjà chroniquées du même auteur:
-Le Sombre
-Pierre de Lune
-La Lance

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samedi 4 avril 2015

"La Longue Mars" de Terry Pratchett et Stephen Baxter

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L'histoire: La Primeterre est dévastée. L'éruption du Yellowstone a noyé les États-Unis sous la cendre et rendu inhabitable une grande partie de la planète. Des flots de réfugiés se massent dans les terres parallèles adjacentes, bientôt surpeuplées. Il faut s'adapter pour survivre. Dans ce contexte post-apocalyptique, l'énigmatique Lobsang décèle l'émergence dans l'humanité de jeunes surdoués à l'intelligence incomparable. Est-ce une chance ou une menace? Il invite Josué Valienté, lui-même marginal dans son enfance, à enquêter auprès de la jeunesse atypique de Belle-Escale. Une jeunesse à laquelle Maggie Kauffman, commandant du dirigeable Armstrong II, aura affaire dans les circonstances les plus calamiteuses… De son côté, Sally Linsay reçoit un message de son père, avec qui elle n'a plus de contact depuis le jour du Passage. Le génial inventeur nourrit le projet de se rendre sur Mars afin d'en explorer les profondeurs parallèles, convaincu d'y faire une fabuleuse découverte. Laquelle? Et surtout à quel prix?

La critique de Mr K: Cette lecture a un goût tout particulier. C'est le troisième volet d'une saga qui pour l'instant m'a charmé et envoûté comme rarement et on sait en commençant La Longue Mars qu'après il faudra attendre un certain temps pour lire le tome 4 seulement disponible en anglais pour l'instant. Et puis… il y a la disparition récente et encore douloureuse de Terry Pratchett parti trop tôt. Le tome 5 prévu sera-t-il finalement écrit par Baxter en solo ? Pour autant, je n'allais pas bouder mon plaisir à replonger dans cette histoire de mondes parallèles qui s'avère toujours aussi passionnante et bien écrite.

La Primeterre (notre planète) est en piteux état. Suite à une éruption volcanique géante, elle est devenue inhabitable. Commence alors la plus grande vague migratoire de l'Histoire de l'humanité. Cela ne va pas sans poser des soucis de place, de logistique mais aussi de géopolitique. La concurrence reste rude entre les puissances: les USA et la Russie sont à terre, les chinois veulent tirer leur épingle du jeu. L'exploration des mondes parallèles continue donc avec comme objectif pour Maggie Kauffman (commandant de vaisseau US) d'atteindre le 250 000 000 ème monde parallèle, limite jamais franchie et synonyme de gloire pour le pays qui l'atteindra en premier. L'expédition ne sera pas de tout repos avec passager clandestin, mondes hostiles et confrontation dramatique face à des mutinés d'un vaisseau considéré comme perdu depuis des années.

On retrouve aussi Lobsang et Josué aux prises avec nos successeurs, de jeunes gens aux capacités cérébrales étendues (des protohumains diront les spécialistes) arrogants et menacés par la realpolitik en œuvre autour de leurs personnes. Faut-il les étudier? Les supprimer? Les laisser vivre à leur guise? Autant de questionnement autour de l'évolution de notre espèce tant au niveau de ses capacités que de ses dérives. La thématique est passionnante et remarquablement servie par les vulgarisations scientifiques d'un Baxter toujours aussi talentueux dans le domaine. On frôle entre deux rencontres et péripéties, le récit philosophique voir métaphysique, on réfléchit beaucoup entre prospective et vision éclairée du présent. C'est assez bluffant et addictif à souhait.

Sally quant à elle accompagne son père avec qui les rapports sont tendus. Plutôt mauvais dans son rôle de géniteur (le grand absent), c'est lui qui avait livré gratuitement à l'humanité les plans des passeurs, machines permettant à tout à chacun de traverser les multivers en toute liberté. Le voila lancé maintenant sur la piste d'un mystérieux artefact qui serait présent sur l'une des nombreuses Mars. On alterne ici récit intimiste (parfois très touchant) d'une relation père/fille complexe et la course vers les étoiles et un secret bien caché. Là encore, le lecteur se verra guidé par des explications précises et assez jubilatoires sur le fonctionnement de l'univers et des astres qui le compose.

Toutes ces intrigues se croisent, se rejoignent et se séparent pour un ensemble finalement très homogène et d'une rare richesse. On retrouve le souffle de l'aventure avec un grand A, des personnages très attachants (j'adore Sally et Josué notamment), l'humour distillé par petites touches marqué du sceau de Pratchett, l'immersion dans un multivers foisonnant, un humanisme mesuré ne tombant jamais dans la facilité et des enjeux passionnants. On termine sur les genoux, heureux et pantelants d'avoir entrepris un voyage à nul autre pareil. À ne pas louper pour tous les adeptes de SF!

Chroniques des deux premiers tomes de la trilogie:
-La Longue Terre
-La Longue Guerre

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vendredi 3 avril 2015

"Lazarus Effect" de David Gelb

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L'histoire : Une équipe de chercheurs universitaires découvre comment ramener les morts à la vie. Ils n'imaginent pas ce que leurs expériences vont déclencher.

La critique Nelfesque : "Qu'est ce qu'on va bien pouvoir aller voir cette semaine au cinoche... Oooh ! Un petit film d'horreur ! Ca fait longtemps..." Après visionnage de la bande annonce, il se trouve que ce "Lazarus Effect" a l'air pas trop mal. Ca se tente !

Comme vous le savez maintenant si vous nous suivez depuis un certain temps, au Capharnaüm éclairé, nous sommes assez friands de films de genre. Nous n'allons pas tous les voir au cinéma, tout d'abord parce que nous les sélectionnons mais aussi parce que chaque semaine nous pestons devant le peu de copies distribuées et donc visibles dans notre BZH si reculée de la grande capitale (amen).

"Lazarus Effect" est un mélange de film d'expérience scientifique qui finit mal et de film de couloir dans un second temps. "L'Expérience interdite" version 2015 et sans Julien Jambon...

Nous suivons une bande de quatre chercheurs dans leur découverte d'une nouvelle molécule capable de faire revenir les morts à la vie. Pas d'envie de toute puissance ici ni de rires sardoniques mais une possibilité pour le corps médical de prolonger les chances de leurs patients lors d'interventions chirurgicales qui tournent mal. Projet louable et surtout maîtrisé par la fine équipe qui mènent ses recherches tranquillement dans son labo ultra design (et meublé années 60/70) au sous-sol d'une université américaine. Pour laisser une trace de leur découverte, une jeune femme les accompagne et filme leurs avancées. Le jour où elle a accepté ce projet, elle aurait mieux fait de se casser une jambe...

lazarus

Le début est assez classique, voir quelque peu caricatural notamment dans le traitement des personnages. Les chiens choisis pour tester le produit sont judicieusement sélectionnés. Quoi de mieux qu'un pitbull ou un chien de combat de 60 kg pour voir si Pupuce supporte les effets et ne devient pas complètement schizo et agressif ? Choisir un caniche ou un york ? Non mais ça va pas non !?

Bon, disons le tout net, jusque là "Lazarus Effect" a des défauts mais ça se regarde. Et puis vient une discussion sur la mort et les croyances concernant "l'après" entre deux chercheurs qui tranche avec le reste. Une vision pas bête et pas non plus vu 100 fois dans les films de ce genre. Bref, un truc qui se démarque et qui te fait te dire, à toi petit spectateur amateur de frisson, que ce long métrage est plus intelligent qu'il n'y parait. Et nous voici emportés dans l'histoire lorsque l'une des chercheuses se prend un méchant court-jus lors d'une expérience et finit raide morte sur le carrelage. Son mari, également chercheur, ne peut pas se résoudre à laisser partir sa femme et tente l'expérience sur elle.

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La suite, vous l'imaginez. Ca va partir complètement en cacahuète. Zoé va revenir d'entre les morts avec son lot de névroses et de pouvoirs surnaturels. She's back and she's not happy !

L'ambiance est bien là, les effets sont judicieusement maîtrisés et l'ensemble est crédible. Certains passages sont un peu too much, comme celui où Zoé s'injecte elle-même une dose supplémentaire de produit (elle a peur de rien cette Zoé), les yeux injectés de sang (ah ben c'est ça aussi, on revient à la vie mais pas forcément au top de sa beauté). Malgré quelques petits défauts, de bonnes idées sont présentes et les amateurs du genre y verront un bon petit film popcorn qui ne restera pas dans les annales mais qui fait bien son office. A voir si vous avez une carte abonné dans votre ciné et que vous aimez bien ce type de film. 

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La critique de Mr K : 4/6. Bon petit divertissement horrifique que ce métrage qui s'apparente à une bonne série B des familles, réalisée avec un budget plutôt limité et à l'efficacité certaine. Attention cependant en regardant la bande annonce qui ne résume que la seconde moitié du film et ne rend pas compte de la nature profonde du film: un thriller médical mâtiné de fantastique et de références religieuses.

Et oui! Avant la déferlante de la seconde partie, après un superbe générique à la limite du psychédélisme en plus sombre, on suit avant tout un groupe de chercheurs travaillant sur un sérum permettant de prolonger l'activité cérébrale afin de donner davantage de temps aux patients et aux praticiens lors d'opérations chirurgicales délicates. Présentation des personnages, discussions eschatologiques (l'héroïne est croyante, son compagnon non, deux conceptions de la science s'opposent) et éthiques (jusqu'où peut-on aller pour le progrès?) plantent le décor et les rapports entre ces apprentis sorciers jouant à Dieu. L'expérience a l'air de fonctionner sur un chien, ils s'apprêtent à la renouveler pour corroborer la première et là… patatra! Électrocution de l'héroïne, son compagnon fou de douleur commet l'irréparable! Non, il ne va pas s'acheter un sandwich poulet pour fêter son nouveau célibat, il réanime sa dulcinée grâce au dit sérum!!!! C'est le début des ennuis...

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Ben oui, on ne peut tromper la mort impunément et notre doctoresse de charme (je suis amoureux là!) n'est pas revenue toute seule. Ça commence par des douleurs, des petits flash et ça finit par des yeux démoniaques, des pouvoirs télékinésiques et pas mal de sang versé. Gros changement de rythme donc avec une deuxième partie survoltée, type film de couloir (mais réussi) et un plaisir sadique qui s'insinue dans la tête du spectateur: Qui est cette entité? Que veut-elle? Va-t-elle trouver la sortie de ce satané laboratoire dont on fait le tour au moins trois fois pendant le métrage? Le réalisateur va-t-il aller au bout du concept? La réponse est un grand oui avec un dénouement plutôt surprenant et bien mad. Plaisir coupable? Yes, yes, trois fois yes!

Certes, la techniques est plutôt commune, les surprises plutôt rares mais les acteurs ont l'air d'y croire et la mayonnaise prend bien. Peu ou pas de stress ou de peur pour le spectateur habitué que je suis mais de bons moments comme la discussion entre chercheurs concernant leurs limites et morales respectives, une héroïne vraiment déchaînée dans la deuxième partie, des chiens-chiens à sa mémère bien flippants et un huis-clos bien claustro comme on les aime. Cela valait le coup en tout cas de le voir au cinéma (à un prix modique cause Printemps du cinéma), je pense qu'il perdra de sa superbe sur petit écran. Avis aux amateurs!


LAZARUS EFFECT : Bande annonce VOST [Olivia... par Filmsactu

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jeudi 2 avril 2015

"Eragon" de Christopher Paolini

eragonL'histoire : Un garçon...
Un dragon...
Une épopée...

Voilà bien longtemps que le mal règne dans l'Empire de l'Alagaësia... Et puis, un jour, le jeune Eragon découvre au cœur de la forêt une magnifique pierre bleue, étrangement lisse. Fasciné et effrayé, il l'emporte à Carvahall, le village où il vit très simplement avec son oncle et son cousin. Il n'imagine pas alors qu'il s'agit d'une œuf, et qu'un dragon, porteur d'un héritage ancestral, aussi vieux que l'Empire lui-même, va en éclore... Très vite, la vie d'Eragon est bouleversée. Contraint de quitter les siens, il s'engage dans une quête qui le mènera aux confins de l'Alagaësia. Armé de son épée et guidé par les conseils de Brom, le vieux conteur, Eragon va devoir affronter, avec son jeune dragon, les terribles ennemis envoyés par le roi dont la malveillance démoniaque ne connaît aucune limite.
Eragon n'a que quinze ans, mais le destin de l'Empire est désormais entre ses mains !

La critique Nelfesque : La SF, la fantasy, le fantastique, c'est plus le domaine de Mr K. De mon côté, je suis plus terre à terre mais ne boude pas mon plaisir à l'occasion lorsqu'une envie de merveilleux pointe le bout de son nez. C'est ce qui s'est passé ici avec le début de la saga Eragon et son premier tome "Eragon" que j'ai dans ma PAL depuis quelques mois. Une envie de retomber en enfance, une envie de dragons ! Et hop, c'est parti !

Beaucoup m'ont dit "si ce premier tome te plaît, la suite n'en sera que mieux". En effet le présent tome est considéré comme le plus faiblard de la série. J'ai donc de bonnes heures d'évasion et d'aventures devant moi car ce tome ci a déjà su me convaincre.

Un univers fantastique qui se tient, une kyrielle de personnages et de peuples tous plus intéressants les uns que les autres, un Eragon, jeune dragonnier apprenti, et une dragonne, Saphira, à la fois sage et impétueuse. Il n'en faut guère plus à la novice en fantasy que je suis. Peut être serait-il judicieux de mettre ce roman dans les pattes de Mr K pour avoir l'avis d'un expert mais à mon sens cette saga commence bien et n'a pas à rougir.

Nous faisons ici la connaissance d'Eragon. Pré-ado de milieu rural, il est orphelin et élevé par son oncle et rien ne le prédisposait à vivre de grandes aventures. Mais c'était sans compter sur la plume de Christopher Paolini... Alors qu'il part chasser, comme à son habitude, sur la Crête, il tombe sur une pierre étrange. Intrigué, il la ramène chez lui et celle ci va très vite attirer son attention. En plus d'être inhabituelle et extrêmement belle, elle émet de drôles de sons. Ce n'est pas une pierre, c'est un oeuf ! Le jour de son éclosion, tout va s'accélérer. A la fois fasciné et apeuré, Eragon va décider de cacher ce bébé dragon qui deviendra grand... Très grand...

Avec eux, le lecteur parcourt des kilomètres dans les airs et sur terre. Les paysages défilent, le danger rode. Eragon fait la connaissance de Brom qui va devenir son maître et mentor et va apprendre les rudiments du dragonnier.

Bien que l'histoire soit complètement différente, la construction m'a quelque peu fait penser à "L'Apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney. Un jeune garçon se retrouve investi d'une mission et se révèle être bien plus fort qu'il ne le pensait. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. C'est vrai que ce schéma est assez classique dans le genre mais n'est ce pas comme cela que l'on fait des héros ?

Une lecture fort plaisante pour des lecteurs peu habitués au genre, elle saura charmer également les enfants du même âge qu'Eragon qui s'identifieront sans mal à ce petit gamin qui s'apprête à vivre de grandes émotions. De mon côté, j'ai rajeuni de 20 ans en le lisant et je compte bien faire perdurer cette sensation avec les tomes suivants !

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mardi 31 mars 2015

"Ganesha" de Xavier Mauméjean

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L'histoire: Londres, fin du XIXème siècle. Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu'on surnomme "l'Homme-Éléphant"? Homme ou bête? Monstre de foire ou curiosité scientifique? Une simple anomalie de la nature ou... un dieu? Lorsqu'il rédige ses Mémoires, il n'a pas trente ans et réside depuis peu à l'hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Fréderick Treves. Un refuge qui lui permet d'observer splendeurs et misères de la capitale, et d'enquêter: quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car "le monde s'efface dans les rêves de l'éléphant..."

La critique de Mr K: Bien étrange expérience que cette nouvelle lecture de Xavier Mauméjean, un auteur qui m'avait bien transporté dans mes lectures précédentes que furent Lilliputia et American Gothic. Dédicacé par l'auteur lors de nos dernières Utopiales, je n'ai pu retarder plus avant la lecture de Ganesha, une de ses premières œuvres, récompensée en 2000 par le prix du roman fantastique à Gerardmer. Bien que plus ésotérique et exigeante envers le lecteur, cet ouvrage est une fois de plus une belle réussite entre plaisir de l'évasion et érudition perlée à chaque page.

Joseph Merrick réside désormais à l’hôpital au bon soin du docteur Crook qui lui voue une certaine curiosité. Son physique disgracieux ne l'empêche pas d'avoir un esprit vif et plein de répartie, il est très cultivé et est doté d'un esprit de déduction très fin faisant irrémédiablement penser à un certain détective anglais très connu de l'époque. À l'aide de ses amis (un jeune garçon travaillant à l'hôpital et un mystérieux aventurier) et de ses relations (du beau linge vient le voir à son chevet tout de même!), il va enquêter sur des affaires tantôt étranges, tantôt effroyables: meurtres, disparition, dédoublement de personnalité... Car Joseph Merrick n'est pas seulement ce qu'il paraît être au premier regard, n'est-il pas Ganesh le Dieu à tête d'éléphant?

Très énigmatique que cette lecture comme je le disais en début de chronique. On oscille entre plusieurs genres: des descriptions cliniques sur le héros, des digressions sur le panthéon hindouiste, des passages sur l'époque victorienne, l'organisation de l'hôpital, une plongée dans les quartiers populaires, dans les mondes interlopes, sur le monde des foires (thème récurrent de l'œuvre de Mauméjean)... le tout sous la forme de petits paragraphes resserrés à l'écriture souple mais gorgée de références. Plus d'une fois d'ailleurs, je me suis surpris à faire quelques recherches parallèles sur le net pour ne pas passer à côté de certains détails. Peu à peu, l'ensemble prend corps et l'on se concentre sur les fameuses enquêtes qui loin de nous épargner, nous plongent dans des abîmes bien sombres avec notamment un tueur d'enfants plutôt retors!

Au prime abord, il faut bien l'avouer, il faut s'accrocher. L'auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes, à multiplier les références, il perdra d'ailleurs sans doute quelques lecteurs au passage. Mais si l'on persévère et qu'on prend le temps parfois de relire certains passages, on découvre une mine d'informations, de détails et une finesse d'esprit assez extraordinaire. À travers le regard de Joseph Merrick, Xavier Mauméjean nous donne à voir une société anglaise décortiquée au scalpel à la fois attirante et repoussoir, entre modernité en marche et vieilles superstitions. Elephant man est beaucoup moins pathétique que dans le film éponyme de David Lynch, il a son destin en main et même si son quotidien est difficile (son infirmité est vraiment handicapante), il ne cède pas au désespoir et répond aux quolibets grâce à son sens de l'à propos très vif.

Une fois plongé dans la première affaire, difficile de relâcher ce volume qui s'apparente à une belle fantasy autour d'un personnage culte et d'une époque attirante. Une belle lecture pour un livre vraiment réussi si on se donne la peine de se laisser convaincre.

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