mercredi 9 septembre 2015

"AAAAAAAAH Ma copine est une extra-terrestre!!!" Ouvrage collectif

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Le contenu: Un garçon qui rattrape une fille qui tombe. Un petit Woody Allen trop amoureux. Un dragueur suivant une femme tentaculaire. Un homme des bois qui attend qu’une femme lui tombe du ciel. Une mante religieuse pleurant son ami astronaute. Des mâles, des femelles, humains ou extraterrestres, se retrouvent croqués par la jeune scène d'auteurs alternatifs dans un délire trash, passionnel, fleur bleue pour nous confronter aux sensuels complications de nos relations...

La critique de Mr K: C'est au cours de mon passage en compagnie de Nelfe au Festival Interceltique de Lorient que j'ai jeté mon dévolu sur le présent volume paru chez une jeune maison d'édition pleine d'avenir: Le Moule-à-Gaufres (charmant nom n'est-il pas?!). Basée en Lorraine, elle édite essentiellement de jeunes auteurs en devenir. Cet ouvrage rassemble plusieurs d'entre eux autour d'une thématique vieille comme le monde: l'Amour! Mais ici point de niaiserie ou de clichés car il s'agit d'explorer ce noble sentiment quand il est partagé entre mondes et espèces différentes! Accrochez-vous, ça secoue et ça trashe dur!

Composé de 150 pages, AAAAAAAAH Ma copine est une extra-terrestre!!! se veut avant tout être un recueil bien délirant qui commence par une édito bien senti. Ben c'est vrai les filles, vous êtes quand même bien étranges et combien de fois, nous autres pauvres mâles ne vous comprenons pas et demeurons interdits devant certaines de vos attitudes ou comportements! Je sais, vous en avez autant pour nous mais ici, point d'image métaphorique, les extra-terrestre nous désirent, nous aiment, nous engueulent et parfois même… nous éliminent!

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Tour à tour, le lecteur pourra compulser des fiches type Meetic sur des extra-terrestres femelles en mal d'amour, voir Cary Grant passer l'aspirateur, vivre l'amour passion d'un homme pour une femme à l'équilibre instable, suivre le quotidien d'un couple amoureux aux aventures courtes et divertissantes, passer un moment avec Woody Allen et son étrange compagne, s'émouvoir face au destin d'une femme extra-terrestre fondant une famille sur Terre (franchement, j'en ai eu la larme à l’œil pour celle-là), apprendre quelques rudiment d'auto-reproduction (si si c'est possible chez certains vertébrés chevelus!), philosopher sur Mozart avec des martiens en goguette, attendre la femme de ses rêves avec un trappeur du grand nord et bien d'autres récits décalés entre lesquelles viennent s'intercaler des illustrations et folios magnifiques sur le thème traité.

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Comme tout ouvrage collectif, il y a forcément du bon et du moins bon. Je n'ai été que rarement déçu, trouvant l'ensemble novateur et frais. Certains traits et univers m'ont rappelé des dessinateurs œuvrant dans l'excellent magazine Psychopat et même chez Charlie. Très souvent thrash et bien branché cul (évitez de montrer la BD aux plus jeunes), on se marre beaucoup, on s'émeut parfois mais jamais l'ennui ne s'invite sauf sur une BD trop étirée en longueur que j'ai trouvé plutôt plate et mal dessinée (cela reste un avis personnel bien évidemment). On retrouve des thématiques secondaires propres à la SF: l'invasion extra-terrestre, l'extermination massive, l'exploration et la rencontre de l'autre, la technologie de pointe… mais aussi des thèmes universels comme l'attachement parfois outrancier des pères envers leur fille (le final de l'histoire concernée est hilarant, attention les mecs on est mal!), l'amour qui rend aveugle (Woody change tes lunettes!) et parfois très très con!

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On passe donc un très bon moment en compagnie de ces jeunes pousses de la production française et on se prend à regarder sa femme d'un œil différent. Car oui, moi aussi, j'ai épousé une extra-terrestre!


mardi 8 septembre 2015

"L'Autre ville" de Michal Ajvaz

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L'histoire : Dans une librairie de Prague, un homme trouve un livre écrit dans un alphabet inconnu et l’emporte chez lui ; bientôt l’ouvrage lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux. À mesure qu’il s’enfonce dans les méandres de cette autre ville, il découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes; derrière la paisible Prague des touristes, des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous les pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps…

La critique de Mr K : Voilà un livre qui restera dans les annales pour moi… Définitivement inclassable. Si vous êtes amateur de clarté et de chemins tout tracés passez votre chemin! Michal Advaz est un auteur reconnu dans sa Tchéquie natale, grand poète, essayiste à ses heures, il propose dans L'Autre ville un voyage totalement surréaliste qui ne laissera personne indifférent. Pour ma part, cette lecture m'a paru être avant tout une expérience différente, une autre approche de la lecture en elle-même, un contenu plus proche parfois de l'écriture automatique ou du trip sous influence que d'une histoire construite à vocation narrative. Difficile dans ces conditions d'en faire une critique classique… je m'en excuse d'avance !

En effet, on ne peut pas se raccrocher à grand-chose de tangible et d'intelligible pendant les 210 pages que compte ce livre. Peut-être aux deux premières pages en fait quand le narrateur rentre dans une vieille librairie de Prague et qu'il met la main sur un étrange volume composé dans un alphabet inconnu. L'ouvrage se révèle être une espèce de porte vers l'Autre ville, un univers déviant que l'on pourrait comparer ou presque au pays des merveilles de Lewis Caroll. Et encore, on en est loin tant les explorations successives nous mettent aux prises avec d'étranges faits et personnages. Ainsi on explore une jungle bibliothèque, un étrange tramway vert rode et emporte avec lui des personnes que l'on ne revoit jamais, on peut visiter une partie de Prague en tire-fesse, des statues-aquariums parsèment les rues, des personnages ont le don d'ubiquité et changent de métier et de caractère, on peut combattre des requins sacrés au sommet de clochers enneigés, des naufrages ont lieu au cœur de draps s'étendant sur des kilomètres, d'obscures cérémonies se tiennent dans les églises… Je vous en passe des vertes et des pas mûres !

Les frontières de la réalité sont franchies sans ambages et l'imagination débridée de l'auteur fait merveille. Il faut en fait accepter de se laisser emporter par le flot des mots et des idées, accepter aussi de ne pas tout comprendre, de ne pas avoir toutes les clefs et de se laisser perdre par un auteur à l'écriture immersive et délirante. Accumulation d'images visionnaires et alambiquées, on nage dans le non sens et l'absurde. Le voyage est donc déboussolant mais jamais décevant au final tant on est face à une œuvre unique et vraiment marquante. Je vous avouerais aussi que c'est éprouvant et que je ne lirai pas de tels volumes tous les jours, mais il est bon parfois de se faire bousculer, de dépasser ses certitudes et de se faire embarquer vers des ailleurs complètement hors norme. A ce propos, il y a d'ailleurs un très beau passage dans ce livre concernant notre appétence pour le commun et l'habituel.

"Est-il possible qu'il existe, tout près de nous, un monde qui déborde d'une vie étrange, un monde qui était là avant notre ville et dont nous ignorons tout ? Plus j'y réfléchissais, plus je devais admettre que c'était tout à fait possible, et que l'hypothèse était même renforcée par notre style de vie, par cette manière que nous avons d'évoluer à l'intérieur de cercles clairement définis que nous avons peur de quitter. La musique ténébreuse qui nous parvient de l'autre bord et qui ronge notre ordre nous inquiète, nous sommes effrayés par ce qui émerge de la pénombre des recoins; nous ne savons pas si nous avons affaire à des formes issues de notre monde, mais brisées, en décomposition, ou bien des embryons d'une faune nouvelle et destinée à faire un jour de notre ville son terrain de chasse, à l'avant-garde d'une armée de monstres qui envahit progressivement nos appartements, l'oeil aux aguets. C'est pourquoi nous préférons ne pas voir les formes nées de l'autre côté de la frontière, ne pas entendre les sons qui résonnent la nuit derrière les murs; seul existe pour nous ce qui s'enracine dans notre monde..." Pages 76-77.

Ce livre au-delà de fournir des images novatrices est source de réflexion sur l'humain et ses croyances, sur le réel, le ressenti et le surréel. Bien que n'ayant pas tout compris (il faudrait pour cela deux ou trois lectures minimum, un bon entretien avec l'auteur sur ses intentions et peut être un autre cerveau aussi !), je suis ressorti béat de cette lecture qui procure aussi de belles sensations au contact d'une langue poétique et imagée enchaînant les histoires à tiroir, sans queue ni tête de prime abord mais qui en fait se répondent les unes les autres pour construire une autre ville baroque et désarmante. Difficile dans ces conditions d'en donner un avis ferme et définitif.

Expérience unique, plaisir de lecture certain mais quête de sens difficile rendent cet ouvrage hermétique et fascinant à la fois. À chacun d'y aller ou non, et d'y trouver ce qu'il recherche… ou non! Vous voila prévenus !

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samedi 5 septembre 2015

"La Guerre des Mūs : Hopper contre-attaque" de Lisa Fiedler

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L'histoire: On peut être petit et avoir le cœur grand.
Avec ses amis, Hopper tente de reconstruire Atlantia. Mais la reine Felina rassemble à nouveau une armée de chats errants, dans le but de réduire à néant la civilisation des rats. Un jour, Hopper se perd et se retrouve dans les rues de New York. Il est recueilli par une bande d'animaux qui deviennent des alliés inattendus. Parviendra-t-il à sauver la cité de la destruction et à rétablir la paix?

La critique de Mr K: Nouvelle incursion dans la littérature jeunesse avec ce deuxième tome de La Guerre des Mūs, série de Lisa Fiedler que j'avais bien apprécié lors de ma lecture à la sortie du volume 1 en mars dernier. Grande aventure et émotions palpables avaient été au RDV dans un livre accessible et plus malin qu'il n'y paraissait de prime abord. L'essai est-il transformé avec Hopper contre-attaque? Suivez le guide!

Suite à une bataille éprouvante, Hopper et ses compagnons se retrouvent face à de grands défis notamment celui de reconstruire la ville d'Atlantia, ravagée par les combats d'hier. Dur dur quand on est une petite souris de connaître les ordres de priorité et de faire face au ressentiment de certains habitants. De plus, les menaces sont lourdes: les humains et les chats rodent, la sœur d'Hopper a gardé son caractère de cochon (un comble pour une souris me direz-vous!) et notre héros a encore bien du mal à croire qu'il est bel et bien l'Élu. Ce volume le verra faire des rencontres surprenantes, combattre ses démons intérieurs face à l'adversité et mener une fois de plus ses amis au combat. Pas le temps de s'ennuyer, les 380 pages de ce livre ne doivent pas rebuter vos têtes blondes qui peuvent je vous le rappelle entreprendre cette lecture dès leurs 11 ans.

On retrouve dans ce deuxième volume toutes les qualités du premier. Le style reste très accessible sans être simpliste. On poursuit l'exploration des sous-sols de Brooklyn avec une certaine curiosité et un étonnement renouvelé. C'est le gros point fort de cette saga qui se plaît à nous partager le point de vue de rongeurs et autres habitants de ces lieux ténébreux emplis de secrets. On oscille constamment entre émerveillement, rencontres impromptues et menace latente avec des passages plus sombres. Hopper fera même un séjour à la surface où il rencontrera Ace (un allié félin précieux pour la suite de ses aventures) et Capone (plus anecdotique dans son temps de présence mais assez fun dans son genre! Un indice: c'est un canidé d'une espèce bien particulière!). C'est le temps de voir évoluer notre souriceau courageux dans des lieux nouveaux comme un parc, un restaurant italien (mama mia!) et même un retour à la case départ avec un petit passage dans son animalerie entrevue au début du roman précédent).

L'action ne ralentit jamais vraiment avec tout de même quelques passages introspectifs et des révélations sur Hopper, Firen et Zucker. Les personnages ont donc été poussés un peu plus et même si pour un lecteur averti âgé aucune réelle surprise n'est au RDV (on rentre dans des schémas vus et revus), les plus jeunes apprécieront ses portes entrouvertes qui livrent des secrets importants et en introduisent d'autres pour les deux volumes à venir (il s'agit d'une tétralogie, rappelons-le). On s'attache encore plus au personnage: le jeune héros en quête de lui-même, la machiavélique Felina, le mystérieux La Rocha et ses prophéties nébuleuses, le facétieux Ace (très bon nouveau personnage) et bien d'autres que je vous laisse découvrir par vous-même!

Au final, cette lecture fut récréative à souhait. Les plus jeunes passeront par tous les états et seront accrochés par ce rythme trépidant entrecoupé de réflexions plus personnelles qui feront sans nul doute écho à leurs propres interrogations. Vivement la suite!

vendredi 4 septembre 2015

"La Gifle" de Christos Tsiolkas

la gifleL'histoire : Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Cet incident déclenche une réaction en chaîne, explosive, qui fait voler en éclats les faux-semblants et révèle avec la violence d'un boomerang le tableau implacable d'une société en pleine confusion.

La critique Nelfesque : "La Gifle" est un roman qui ne laisse pas indifférent. Dire que j'ai pris une claque en le lisant serait un jeu de mot facile et je n'irai pas jusque là, pour autant, j'ai pris un vrai plaisir à parcourir ses presque 600 pages que l'on ne sent pas passer tant l'histoire se révèle passionnante et pleine de rebondissements.

J'ai découvert "La Gifle" par la série TV australienne, mini-série de 8 épisodes diffusée sur Arte il y a 2 ans et qui a été récompensée dans son pays d'origine. Chaque épisode était concentré sur un personnage de l'histoire et ce schéma narratif qui m'avait tant plu a été repris sur celui du roman de Christos Tsiolkas où chaque chapitre est consacré à un personnage important de l'oeuvre. On passe ainsi de la vision d'Hector, chez qui a lieu le barbecue qui déchaînera les passions, à Richie, un jeune ado baby-sitter à ses heures perdues, en passant par Harry, le lanceur de gifle, ou encore Rosie, la maman du petit Hugo giflé.

C'est lors d'un barbecue réunissant famille et amis chez Hector et Aïsha qu'un des invités, Harry, également cousin d'Hector, va mettre une gifle à Hugo, fils de Rosie et Garry. Ces derniers, permissifs et très proches de leurs fils, vont tout de suite appeler la police et porter plainte contre ce "violent personnage". Sans entrer dans le débat du "faut-il ou non corriger physiquement ses enfants ?" et encore moins "comment gérer les enfants des autres et jusqu'où peut-on les laisser faire sans agir ?", l'auteur donne des pistes de réflexion sans jamais juger qui que ce soit et surtout utilise ce prétexte pour dépeindre une société australienne et décortiquer la vie et les habitudes de ces personnages.

Le roman se concentre sur 8 personnes présentes au barbecue et témoin de la scène : Hector l'hôte de la garden party, Anouk la meilleure amie d'Aïsha et Rosie, Harry le "gifleur", Connie la jeune employée d'Aïsha, Rosie la maman d'Hugo, Manolis le père d'Harry, Aïsha la femme d'Harry et Richie le baby-sitter d'Hugo. Autour d'eux, d'autres personnages gravitent donnant au début de l'histoire un sentiment de tourbillon au lecteur qui doit s'imprégner de chaque personnage et retenir leurs liens de parenté. Ce choix dans la décomposition du roman est judicieux et très intéressant. Ainsi tour à tour, le lecteur se met à la place des uns et des autres, adopte leurs points de vue, comprend leur histoire et leur ressenti. Aussi, il est bien difficile de se ranger d'un côté ou de l'autre des 2 clans qui semblent s'être formés après l'épisode malheureux. Victime ou coupable, Hugo est au centre de toutes les attentions. Victime d'une gifle donné par un étranger ou coupable d'être un tyran à qui on ne dit jamais non ?

C'est dans une Australie actuelle et pleine de contrastes que Tsiolkas plonge son lecteur. A travers différentes générations, du jeune adolescent de 17 ans au grand-père de 80 ans, et différentes cultures et communautés (australiennes, indiennes, grecques, homosexuelles, orthodoxes, musulmanes...), c'est l'Australie dans toute sa pluralité qui nous est dépeinte ici. Du milieu du show-biz aux classes les moins aisées, de l'alcoolique notoire au militant du no alcohol, du baiseur fou au jeune puceau... Tsiolkas utilise la gifle pour aborder divers sujets d'actualité et les dissèque à l'extrême et sans manichéisme (si ce n'est dans les positionnements des uns et des autres sur cette fameuse gifle) en proposant pour chaque personnage une place importante dans son roman. Les chapitres sont longs et les personnages fouillés. Chacun à sa propre personnalité, classique ou trash, attaché aux traditions ou ouvert à tout... Le style de l'auteur est excellent et adapté à chaque personnage. Parfois vulgaire mais jamais gratuitement, parfois très prude et respectueuse de valeurs aujourd'hui un peu désuètes, la plume de l'auteur navigue avec aisance dans tous les milieux sociaux et toutes les familles représentées ici. Au plus proche de la scène initiale ou en s'en éloignant, comme lors du voyage d'affaires d'Aïsha à Bangkok, cette gifle est au coeur de tous les esprits et sacralise bon nombre de ressentiments, de non-dits et de tensions. Le malaise est palpable et le lecteur, bien qu'ayant un avis sur la question de la fameuse gifle et qui des uns ou des autres ont raison ou tort, se retrouve enrichi du vécu de chacun des protagonistes et de leurs façons d'appréhender les choses.

"La Gifle" est une belle immersion dans la vie d'un microcosme australien. Sa lecture est très prenante, l'écriture de l'auteur est fluide et l'ensemble très intéressant d'un point de vue sociologique. Ne soyez pas rebuté par son épaisseur, ses 600 pages se lisent toutes seules ! Je vous conseille vivement cette lecture ainsi que la série adaptée de cette oeuvre. Nous avons là deux supports différents qui se complètent parfaitement.

J'ai lu ce roman dans le cadre d'une LC avec une de nos fidèles lectrices non blogueuses. Nathalie, si tu souhaites laisser quelques mots en commentaire pour nous faire part de ton avis, tu es la bienvenue !

En bonus, la bande annonce de la série TV qu'il ne faut pas râter. Décidément Arte diffuse d'excellentes séries...

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jeudi 3 septembre 2015

Eveil à la lucidité...

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Dessin de Bar tiré de son blog

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mercredi 2 septembre 2015

Le Festival Interceltique de Lorient

Comme vous le savez, nous sommes de la région lorientaise et tous les ans au mois d'Août, a lieu la grande messe des amateurs de binious, cornemuses, bombardes et autres flûtes (liste non exhaustive) : le Festival Interceltique de Lorient !

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Je vous en avais déjà parlé il y a 7 ans (et oui !) et à cette époque j'étais plus réactive dans la rédaction de mes billets puisque je l'avais publié la semaine du festival, alors que là... hum... cela fait presque un mois qu'il est terminé ! Oui, bon, c'est pas grave hein, je vous en parle quand même ? On va dire que oui !

Cette année, outre le fait que c'était la première fois que ma mère voyait la Grande Parade et déambulait dans les rues de Lorient à cette occasion, 2015 était l'année de la Cornouailles et de l'Ile de Man.

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Nous n'allons pas chaque année à la Grande Parade. C'est le moins que l'on puisse dire puisque la dernière fois, c'était lors de mon précédent post sur l'évènement. Mais là, difficile de passer à côté, ayant une néophyte très motivée à la maison ! Nous décollons donc de nos lits très tôt ce dimanche matin (c'est pas humain de me faire un truc pareil), prenons le bus pour nous rendre dans le centre de Lorient (le jour de la Grande Parade, ta voiture, tu l'oublies !) et nous nous dégotons une place sur le parcours plus d'1 heure avant le début du défilé. Notre place est correcte mais moins bonne que la dernière fois. Les photos en pâtissent mais ma mère est contente et c'est le principal !

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Pour 2015, le parcours a changé. Dorénavant, la Parade démarre au Port de Pêche et chemine vers le Stade du Moustoir en centre ville pour presque 3 kilomètres de musique et de danse. Entre bagads et cercles celtiques, ce n'est pas moins de 74 groupes qui défilent pour le plus grand bonheur des touristes et des spectateurs présents ce jour. Autant dire qu'il faut aimer le biniou ! Et je ne vous cacherai pas qu'à la moitié du spectacle, nous avons déserté les lieux pour aller déjeuner au Village Celtique avant le grand rush et avant de perdre nos oreilles... 

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"Ah oui mais non, nous on voit pas trop ce que ça donne... On n'a pas la TV et on a jamais regardé France 3 ce jour là !" Pas de problème, je suis sympa, je vous donne un aperçu avec le son ! (non ne me remerciez pas)

Et petit bonus, après un bagad juste au dessus, voici la seule formation fanfare du défilé ! Et là, moi je suis contente parce que j'adooooore les fanfares !

Cette année, je n'ai pas pris beaucoup de photo du Festival en lui-même, des stands, des scènes, des espaces restauration et des Fest-Deiz et Fest-Noz. Il faut dire qu'on joue à domicile et les années se ressemblent. Voici un petit aperçu tout de même...

\bullet Lorient pendant 9 jours, c'est comme ça : des tentes, des petites boutiques, des dégustations, des scènes de concert et beaucoup de monde !

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\bullet Le Village solidaire est un endroit que nous aimons beaucoup. Avec un espace conférence, des transats, des jeux en bois, des stands écoresponsables et solidaires et des crêpes bio. On passe beaucoup de temps ici.

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 \bullet Un autre endroit où nous usons beaucoup nos baskets : le Quai du Livre ! Oh ben tiens, pourquoi donc !? Cette année, nous avons fait la découverte d'une maison d'édition de BD qui existe depuis déjà quelques années et dont nous vous reparlerons très bientôt. Nous sommes repartis avec 2 ouvrages et j'en ai lu un ce week-end. Chronique à venir donc ! Installé le long du Port de Plaisance, c'est un endroit très agréable.

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\bullet Cette année, un phare a fait irruption dans la ville...

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\bullet Et pour finir, notre QG ! Si vous nous cherchez pendant le FIL, il y a de forte chance que vous nous trouviez à La Truie et sa portée ! Les Fest-Noz sont pour moi les meilleurs là-bas. Décontractés, une crêpe à la main et dans l'autre une bière de Lorient Porc (Foin-Foin, Groin-Groin, Blanche de Pig's, faites votre choix), ça danse sec et joyeux du petit doigt. C'est moi qui vous le dis !

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S'il vous venait à l'esprit de venir sur Lorient pour le FIL 2016 (déjà c'est une excellente idée), n'hésitez pas à nous le dire. On ira gavotter ensemble. En plus, Mr K danse super bien la Scottish (moins avec 4 grammes dans chaque bras mais ça c'est en toute fin de soirée). Alors... A bientôt en BZH !

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mardi 1 septembre 2015

"Le Club des Incorrigibles Optimistes" de Jean-Michel Guenassia

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L'histoire: Michel Marini avait douze ans en 1959. C'était l'époque du rock'n'roll et de la Guerre d'Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l'arrière-salle du bistrot, il a rencontré Tibor, Léonid, Sasha, Imré et les autres. Ces hommes avaient tous passé le Rideau de fer pour sauver leur vie. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, leurs idéaux et tout ce qu'ils étaient. Ils s'étaient tous retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie de Michel. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes.

La critique de Mr K: C'est encore une fois le hasard d'un chinage qui me mit sur le chemin de ce Club des Incorrigibles Optimistes à la réputation plus que flatteuse sur le net. Nelfe en avait connaissance et me montrait le présent volume en me disant que ça pourrait m'intéresser: adolescence et Histoire ont la part belle dans un roman fleuve salué par les retours de lecture que j'ai pu lire ici ou là. Je n'hésitais pas une seconde en ce mois d'août où à cause d'une glissade malencontreuse, je me trouvais dans l'obligation de rester au calme. Ce fut une lecture enthousiasmante et prenante comme jamais.

1959, drôle d'époque. En pleine Trente glorieuses, on suit le parcours de Michel Marini, un pré-ado adepte de rock-and-roll et de photographie ainsi que sa famille. Lecteur compulsif qui lit tout ce qui se porte à sa main, il est aussi un champion reconnu de baby-foot dans le quartier. Justement au Balto (bar où il signe ses exploits), il va faire la connaissance de différentes personnes réfugiées en France pour des raisons diverses et qui sont passées à l'ouest. Sous couvert d'un club d'échec, ces naufragés de la vie tout en jouant se rencontrent et se racontent. On suit donc la chronique d'une famille française de l'époque mais aussi le destin contrarié d'Igor, Léonid et les autres.

La première facette du roman qui m'ait marqué est cette chronique d'une adolescence douce-amère. Le jeune Michel est aux portes de l'âge adulte, peut-être même un peu plus tôt que les autres enfants de son âge. Il traîne beaucoup avec ses aînés et discute énormément avec les adultes. L'auteur, Guenassia, nous convie à partager un nombre incroyable de rebondissements familiaux et personnels, tellement qu'à la fin, on peut même s'identifier à Michel. Pour ma part, je m'y suis retrouvé à travers son rapport à la lecture qui ressemble à s'y méprendre au mien. Il a aussi des traits de caractère qui m'ont fait penser à moi plus jeune, drôle d'effet et addiction quasi immédiate pour ce récit très dense. Ses rapports avec sa famille sont ciselés et d'une rare intensité: on partage de beaux moments mais aussi des drames marquants qui retournent l'estomac. Fourmillant de détails intergénérationnels, on prend plaisir à suivre les Marini dans un monde en pleine évolution. Sa découverte de l'amour, ses déceptions, ses aspirations, tout est passé au crible de la plume virevoltante et si chatoyante de cet auteur que je ne connaissais pas.

L'aspect reconstitution historique est lui aussi remarquable. Nous sommes en pleine Guerre Froide et à la lumière des témoignages et histoires des membres du club, c'est une page pas si lointaine de notre histoire commune qui nous est racontée de manière naturelle et respectueuse. Ces réfugiés par leurs cas particuliers permettent d'aborder des thèmes variés et des aspects différents de ce conflit hors-norme: la dictature impitoyable de Staline, la division du monde en deux, la menace nucléaire, la propagande… Pour autant, on retrouve aussi l'amour qui peut provoquer des actes désespérés et tellement fous (mention spéciale à Léonid), la résistance et la défense de la liberté avec des combats que l'on gagne ou que l'on perd. Ces réfugiés, sans manichéisme outrancier, sont le reflet de leur époque. N'oublions pas non plus que nous sommes en pleine guerre d'Algérie, que la société française est partagée y compris au niveau des familles (à la manière de l'affaire Dreyfus qui divisa beaucoup en son temps aussi). Là encore l'auteur fait preuve d'une grande finesse et nous livre clef en main un roman éclairant avec simplicité et brio une histoire tourmentée et difficile à appréhender pour nous autres nés après cette période. Traîtres, terroristes, Algérie Française, OAS vs Fellagas, émergence de De Gaulle… En background la grande Histoire se déroule et va influencer fortement la famille Marini. Un régal de lecture et d'érudition sans prétention que j'ai apprécié au plus haut point.

730 pages! Que ce chiffre ne vous fasse pas hérisser les poils du cou! On ne voit pas le temps passer et les pages se tournent toutes seules. On en redemanderait presque tant on est happé par le texte et l'histoire. L'écriture est très élégante entre délicatesse et exigence. D'un accès facile, elle rend à merveille la profondeur du projet et livre un texte inoubliable par moment, réjouissant tout le temps. Difficile de relâcher le livre et préparez vous à passer quelques nuits courtes. J'ai adoré ce livre qui se place dans mon panthéon des lectures de l'année, avant de futures autres découvertes? En attendant vous savez ce qu'il vous reste à faire, ce livre est un must dans le genre. À lire de toute urgence pour sa maestria stylistique et son humanisme latent.

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lundi 31 août 2015

Freddy orphelin...

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Quel choc ce matin en apprenant la nouvelle! Wes Craven is dead! Franchement, je vais avoir du mal à m'en remettre...

C'est le premier réalisateur à m'avoir fait flipper avec un de ses films. Non, il ne s'agit pas de Scream mais bel et bien des Griffes de la nuit que j'ai vu (et vécu intensément) à mes 12 / 13 ans lors des fameuses séances des "Jeudis de l'angoisse" sur M6. Un film viscéral où le mot "peur" prend tout son sens et qui m'a littéralement terrorifié comme disent si bien mes élèves! 

De lui, je retiendrai donc surtout sa filmographie d'avant la saga Scream, cette époque bénie où les studios donnaient encore un peu de mou aux réalisateurs talentueux voir iconoclastes, avec notamment de belles pépites du maître comme Le sous-sol de la peur et Shocker. C'était un bel artisan du genre, décrié à l'époque et admiré aujourd'hui (un comble!), d'une gentillesse légendaire et très lucide sur son oeuvre et sa portée.

Adieu maestro, tu nous manques déjà! Heureusement, il nous reste Freddy et cette petite comptine qui a longtemps trotté dans ma tête lors de ma première vision de l'oeuvre.

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samedi 29 août 2015

"Simulacres" de Philip K. Dick

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L'histoire: 2040. La Troisième Guerre mondiale a ravagé des zones entières de la planète et en a modifié le climat, les spots publicitaires sont vivants et sèment la zizanie, le Président est un robot, et sa femme ne vieillit pas d'un pouce depuis un siècle... Avec la cohérence implacable de la logique paranoïaque qui le rendit célèbre, Philip K. Dick, maître incontesté de la science-fiction, dépeint un monde où rien ne garantit plus la stabilité de la frontière entre la réalité et l'illusion.

La critique de Mr K: Un petit plaisir estival aujourd'hui avec un ouvrage d'un de mes auteurs préféré de SF, Philip K. Dick. J'ai eu une période monomaniaque (à la fin de mes études) où je ne lisais que lui et j'avais acheté une belle anthologie du maître parue chez Omnibus. Il s'agit ici d'une relecture car Simulacres faisait partie justement des quatre recueils pré-cités. Il ne m'a fallu que quelques pages pour me retrouver en territoire connu et me faire littéralement happé par l'univers créatif si propre à cet auteur hors-norme.

On suit dans ce roman les destins croisés de cinq personnages principaux autour desquels gravitent un certain nombre de personnages secondaires qui vont se révéler tout aussi importants ce qui a tendance à brouiller les pistes. Comme à chaque fois avec K. Dick, il faut s'accrocher au départ pour pouvoir bien apprécier la suite. En 2040, la Terre a subi un conflit qui a détruit des zones entières de la biosphère, la Guerre Froide est toujours d'actualité et met en opposition les Etats-Unis d'Europe et d'Amérique avec un bloc Est fantasmé par des occidentaux repliés autour d'un libéralisme débridé et aliénant.

Le futur comme souvent avec cet auteur est inquiétant voir angoissant. On retrouve les thématiques chères à l'auteur comme un pouvoir politique fort et liberticide qui n'hésite pas à manipuler les masses pour les amener à voter dans son sens, la démocratie n'étant qu'une arme de plus à leur disposition pour parvenir à leurs fins. Les multinationales règnent en maître et l'individu lambda se débat dans un monde où réalité et fiction se confondent, brouillant par la même les frontières du réel et des perceptions de tout à chacun. Les Simulacres sont partout même au plus haut sommet de l'État! La recherche de la vérité est rude, dangereuse, la logique paranoïaque de K. Dick implacable. Vous l'avez compris, ici on lorgne dans la SF pessimiste, flirtant volontiers par moment avec La Société du spectacle de Debors, livre visionnaire lors de sa sortie.

Bien que bien menés et caractérisés, ce n'est pas les destins individuels que je retiendrai de cette lecture qui s'élève au dessus des productions du genre par un côté prophétique, spéculatif par moment. On ne peut s'empêcher de penser à notre propre époque et au côté quelque peu fascisant de certains aspects de notre société avec des règles et des normes qui nous dominent, un discours de plus en plus manichéen, l'élévation vers l'individualisme prôné comme idéal du bonheur… Dans Simulacres, K. Dick nous propose une vision sans concession de ce vers quoi on tend et je peux vous dire que ce n'est pas rassurant. Bien sûr certaines analyses sont erronées (la bipolarisation du monde, la place des Allemands dans tout cela…) mais certaines images et idées sont d'une grande pertinence et font écho à certaines de nos réalités géopolitiques et économiques actuelles.

J'ai passé un excellent moment dans ce que je pourrais appeler un "trip revival". Bien que dense, le livre se lit bien et vite malgré une exigence littéraire certaine. On retrouve le style impeccable de l'auteur entre délires prospectifs et passages plus intimistes avec un goût certain pour les paumés et les êtres à part. Malgré un certain cynisme par moment et des visions traumatisantes, il ressort une grande humanité et un goût pour la liberté sans égal. Un bon et beau roman de SF comme je les aime!

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vendredi 28 août 2015

"Vilebrequin" de Le Gouëfflec et Obion

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L'histoire: C'est un artiste vêtu de latex, un solitaire furtif qui ne sort que la nuit: virtuose de la cambriole, prince des monte-en-l'air, voilà son métier. Pour donner le change aux yeux du reste du monde, il se prétend trompettiste de jazz! Un jour pourtant, en fracturant un misérable petit coffre de troisième zone, il y découvre… un mystère troublant qui va hanter toutes ses pensées, comme une obsession lancinante…

La critique de Mr K: A l'occasion d'une soirée-restau entre vieux de la vieille (comprendre une réunion de grands amis historiens), l'ami V. m'a fait un bien joli cadeau avec Vilebrequin derrière lequel on retrouve un certain Obion. Détail amusant, il s'avère que ce dessinateur de renom a été au même lycée que nous dans les années 90 (big up le Porzou de Concarneau!), son talent explosait déjà dans les pages du fanzine du bahut dans lequel d'ailleurs j'officiais aussi… On ne peut pas dire que l'on s'appréciait mutuellement mais j'avoue que je portais en secret une grande admiration pour ce grand amateur de Maëster. C'est donc avec une certaine avidité que je me jetais sur Vilebrequin pour n'en faire qu'une bouchée!

Le premier tiers du volume nous présente Vilebrequin, vil gredin issu d'une bonne famille qui cache à son entourage ses activités nocturnes que la morale et la loi réprouvent. C'est un monte-en l'air de génie qui s'amuse à nous parler de ses expériences, de ses exploits et énumère nombre de règles régissant son activité. Cela donne lieu à un bon déballage où tour à tour, il abordera l'aspect physique et mental de son travail, les pièges les plus récurrents que l'on peut trouver chez les personnes que l'on "visite" (cela va du piège à souris à l'alligator domestique tout de même!). On apprend ainsi que percer un coffre n'est pas si difficile si l'on sait chercher au bon endroit et si l'on connaît sa victime. On explore aussi beaucoup de coffres avec des butins parfois classiques (billets, bons au porteur, monnaie) où parfois surprenants comme la statue péruvienne de Tintin (si si, on l'a retrouvée!). Beaucoup de clins d’œil sont ainsi présents dans les cases et c'est un petit plaisir renouvelé de guetter le petit gag ou la petite référence cachée.

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Après cet état des lieux entre guide pratique et levé de voile sur certains aspects de la personnalité de Vilebrequin, il nous explique comment il couvre ses arrières. On rencontre sa famille (bien barrée elle aussi) et on suit son ascension en tant que trompettiste de jazz. Décalage total en prévision, surtout qu'en parallèle, notre cambrioleur va faire une étrange découverte dans un coffre. Il y trouve un objet (non, non je ne spoilerai pas! N'insistez pas!) qui n'a vraiment rien à y faire et qui va provoquer sa curiosité. En filigrane se dégage une histoire de chasseur chassé et Vilebrequin aura fort à faire. L'ouvrage devient alors un peu plus sérieux même si on retrouve quelques fulgurances drolatiques de ci de là.

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Cette BD est très bien écrite. On pourrait presque parler de roman graphique tant les textes font plonger directement le lecteur dans une ambiance type polar, un côté littéraire que l'on retrouve dans des formulations parfois très imagées et engageantes à souhait. On retrouve des situations-type sans pour autant tomber dans l'accumulation de clichés, les auteurs ayant donné suffisamment de personnalité à leur héros pour qu'il sorte du lot et intrigue. Un bon point qui se cumule avec des dessins de toute beauté, éloignés de la production qu'Obion laissait à voir plus jeune. Plus sombre, très branché clair-obscur, zones d'ombre et lumières aveuglantes se compilent et plongent le lecteur dans une ambiance bien marquée. Étonnant parti-pris pour un savant mélange d'humour et de réflexion sur le genre humain car loin de se cantonner dans l'humour et l'aventure, certaines planches laissent libre court aux pensées les plus intimes de Vilebrequin qui s'interroge sur ses rêves, ses aspirations et même le sens de la vie en général.

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Vous l'avez compris, j'ai passé un excellent moment en compagnie de cet Arsène Lupin adepte de latex. Les pages se tournent toutes seules et comme à chaque fois que je lis une BD, je trouve que cela va trop vite. C'est son seul défaut! Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

Posté par Mr K à 18:25 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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