vendredi 17 juillet 2015

"Tu me plais" de Jacques Expert

expertL'histoire : Quand, par une succession de hasards, Vincent se retrouve assis face à Stéphanie sur la ligne 1 du métro parisien, la scène a tout d’une belle rencontre. La jeune femme tombe immédiatement sous son charme ; lui, semble fasciné par le galbe et la finesse de son cou. Mais ce coup de foudre pourrait bien se révéler fatal... Car, sous ses airs enjôleurs, Vincent dissimule de terrifiantes pulsions. Hasard de l’existence ou force du destin, comment sauver Stéphanie des griffes de ce funeste séducteur ?

La critique Nelfesque : "Tu me plais" est le dernier roman de Jacques Expert sorti directement en poche. Un petit plaisir d'été, inédit, court et à moindre coût. 

Ce roman est une course. Course contre la montre pour la police qui se lance à la poursuite d'un criminel semant la terreur dans les rues parisiennes en égorgeant ses victimes, de belles jeunes femmes dans la fleur de l'âge. Course également pour Vincent, beau gosse séducteur et enjôleur, qui vient de jeter son dévolu sur Stéphanie, assise juste en face de lui dans ce wagon de métro.

Ligne 1, Les Sablons - Saint-Mandé, 20 stations de métro, 35 minutes de trajet. Le lecteur est alors embarqué dans une histoire courte (185 pages) mais intense. Tour à tour, nous faisons la connaissance de Vincent, son passé et ses pensées et Stéphanie, étudiante ayant le malheur de se retrouver sur son chemin. 

Avec un style d'écriture efficace et allant droit au but, ce roman se lit d'une traite. Ayant été parisienne pendant plusieurs années, j'ai vécu littéralement ce parcours, voyant chaque station défilée, sachant exactement où on était et combien de temps nous séparait de l'ultime station. J'ai tremblé pour Stéphanie, pesté contre Vincent, croisé les doigts pour que tout s'arrange avant la fin tout en redoutant une happy end (oui, j'avoue, je suis un peu tordue et adore les thrillers qui vont au bout de leurs concepts). Je ne dévoilerai pas les dernières pages, les dernières lignes, mais sachez que je n'ai pas été déçue ! Ca défouraille sec chez Expert et le tiédasse n'est pas au menu de cet inédit. 

Pour autant, "Tu me plais" n'est pas exempt de défauts. Le principal qui m'a presque fait lâcher mon bouquin et qui m'a agacée au plus haut point, c'est ce cumul de previews comme des teasers en italique, que l'auteur nous inflige en fin de chapitre ou parfois en plein milieu. "Tout aurait pu se terminer ainsi, sur ce charmant et doux "merci". Non, deux stations plus tard, entre Champs-Elysées-Clemenceau et Concorde, ils échangeront leurs prénoms". Non sans blague !? Et on aurait pas pu l'apprendre par nous même le moment venu ? J'avoue ne pas avoir bien saisi l'utilité de ces incursions qui cassent plus le rythme qu'autre chose et agacent beaucoup. Une économie de plusieurs pages aurait ainsi pu être faite.

Au final, "Tu me plais" est un roman à lire pour passer par toutes les émotions en un temps record ! Parfait pour la plage ou un court voyage en train, il n'est cependant pas à commencer avant de dormir sous peine de voir son heure de sommeil fortement retardée. Efficace et plaisant pour qui aime les histoires sanguinolentes, il remplit son contrat, celui de nous effrayer.

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jeudi 16 juillet 2015

"American Gods" de Neil Gaiman

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L'histoire: Dans le vol qui l'emmène à l'enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur? Et en quoi consiste réellement le travail qu'il lui propose? En acceptant finalement d'entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d'un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l'ancien monde et nouvelles idoles profanes de l'Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l'aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde...

La critique de Mr K: Il s'agit de ma première lecture de Neil Gaiman plutôt reconnu dans la blogosphère et le reste du monde réel. Nelfe a déjà eu l'occasion de le pratiquer à deux reprises avec un Neverwhere qu'elle avait trouvé plutôt moyen et un Coraline qu'elle avait adoré (je me suis contenté du film au cinoche et je l'avais trouvé dément). American Gods est le fruit d'une rencontre impromptu chez Emmaüs (une fois de plus!) et il est auréolé de multiples récompenses comme les prix Hugo et Nebula en 2002. La quatrième de couverture ayant ouvert en moi des gouffres de perplexité, je sautai le pas et m'en portai acquéreur.

Ombre sort de prison après un braquage qui a mal tourné. En trois ans, il a eu le temps de réfléchir, il veut se ranger et retrouver sa femme qu'il aime plus que tout. Tout s'écroule quand on lui annonce la mort de son aimée. Sur le vol qui le ramène chez lui, il croise la route du Voyageur, un être énigmatique qui se révèle être bien plus qu'une simple rencontre de passage. De fil en aiguille, Ombre va voir son destin attaché à ce personnage qui va l'emmener bien plus loin que n'importe quel mortel avant lui. Oui, le Voyageur est un Dieu pluri-millénaire mais que lui veut-il? Et qui sont ces mystérieuses personnes en costume et véhicules noirs qui les suivent?

C'est à un sacré voyage que l'auteur nous convie avec cet ouvrage. Il y a tout d'abord Ombre, un ex taulard en quête de rédemption qui enchaîne les déconvenues en début de roman et qui va devoir trouver un nouveau sens à son existence. Je me suis attaché quasi immédiatement à ce personnage plutôt classique mais qui permet de donner un repère solide au lecteur par rapport au background et à l'évolution du récit. Il est à mes yeux le personnage le plus réussi du roman, complexe et en perpétuelle remise en question, on le retrouve là où parfois on ne l'attend pas, sa traversée de l'Amérique apporte un regard intéressant car différent sur le monde qui l'entoure. Rien ne lui est épargné et pourtant il semble naviguer à vue, sans excès, de manière neutre comme s'il se fichait un peu de la tournure des événements. Ce côté stoïque et détaché m'a beaucoup plu.

Cela détonne par rapport à l'univers développé par Gaiman. On croise une multitude de divinités anciennes ramenées par les émigrés lors de leur traversée de l'Atlantique ou du Pacifique. Mais elles ont tendance à mourir (oui, les Dieux meurent aussi) à cause de l'oubli, ne devant leur existence qu'à la croyance que l'on porte en eux. Ce champs du crépuscule est joué par toute une nouvelle génération de dieux issus de l'évolution technologique du monde, de jeunes ambitieux qui ne rêvent que d'une chose: supplanter leurs glorieux aînés. La bataille approche et tout le monde se range en ordre de bataille. Manipulations, faux-semblants, retournements de situations mais aussi quelques moments de paix attendent notre héros brinquebalé entre volontés divines et son existence en miette. La trame est dense, très dense même, on peut juste reprocher une fin plutôt convenue alors que l'on attendait quelque chose de plus explosif, de plus inventif.

Pour autant, ne boudons pas notre plaisir, au-delà de l'histoire à proprement parler, ce livre est aussi l'occasion pour Gaiman de nous décrire les États-Unis, de parcourir ce grand pays et les différentes réalités qui l'ont construit et le constitue encore aujourd'hui. Les métropoles toutes puissantes, la toute puissance financière, la percée des nouvelles technologies et leur influence sur la conduite de nos vies et du monde, son passé douloureux (le génocide amérindien, le racisme envers les nouveaux arrivants, un magnifique passage sur l'esclavagisme à la fois dur et évocateur comme jamais), ses petites communautés repliées sur elles-même (le passage du héros à Lakeside est parmi mes préférés du roman)… Livre-somme, American Gods flatte l'intellect et l'imagination, présente un melting pot de références et connaissances assez hallucinant qui donne le vertige et impressionne par leur concomitance. C'est surtout à ce niveau là que l'on prend vraiment une claque avec ce roman, ce qui justifie pleinement la moisson de récompenses qu'il a pu recueillir.

Bien que foisonnant dans son contenu, ce livre se lit facilement en grande partie grâce à l'écriture de Gaiman qui est accessible et simple. C'est d'ailleurs ce dernier point qui m'empêche de le classer dans la catégorie des chefs d’œuvre absolus. On retrouve un sens du rythme certain mais la qualité littéraire n'est pas assez poussée. On passe cependant un moment étourdissant et bluffant qui me fait dire que je retournerai sans doute faire un tour dans la bibliographie de cet auteur.

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mercredi 15 juillet 2015

"Tale of tales" de Matteo Garrone

tale of tales afficheL'histoire : Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d'enfant... Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

La critique Nelfesque : Nous avions remarqué "Tale of tales" lors du dernier Festival de Cannes et attendions avec impatience sa sortie en salle (accessoirement nous priions très fort pour qu'il soit programmé chez nous). Nos voeux ont été exaucé puisque ce dernier est bien sorti chez nous et, cerise sur le gâteau, pendant la Fête du Cinéma !

"Tale of tales" est un film à part. Avec un rythme qui peut en perdre plus d'un, ce long métrage est d'une construction époustouflante. Chaque plan est léché, les couleurs sont omniprésentes, la bande son colle à la perfection à l'oeuvre, les acteurs sont bons, l'histoire est à tomber. Bref, "Tale of tales" est un petit bijou d'esthétisme et de poésie.

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Le spectateur navigue tour à tour dans trois histoires distinctes et suit les pas de trois rois. Le premier, le Roi de Selvascura, interprété par John C. Reilly, fait tout pour satisfaire sa femme, au désespoir d'avoir un jour un enfant, et met tout en oeuvre pour changer le cours du destin. Le Roi de Roccaforte, Vincent Cassel, est un roi obsédé par le sexe, forniquant partout et tout le temps. Enfin, le Roi d'Altomonte, Toby Jones, est pris de passion pour un insecte étrange qui a su captiver son regard et l'accompagne désormais dans son quotidien.

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La passion, l'obsession et le désir sont au coeur de ces trois contes médiévaux. Dans un monde fantastique où croyance et superstition sont omniprésentes, sorcières, monstres merveilleux, actions miraculeuses sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir de nos yeux. Les avis sont très controversés concernant ce film mais je me range indubitablement dans le camp de ceux qui n'en pense que du bien et qui déplore le fait qu'il n'ait eu aucun prix à Cannes.

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"Tale of tales" ravira les amateurs de merveilleux et les spectateurs amateurs de contes mis en scène avec talent. Ne vous attendez pas à une histoire haletante, ici on prend le temps d'apprécier chaque instant. Chaque histoire étant passionnante, l'esthétique et la finesse de l'adaptation du "Pentamerone" de Giambattista Basile prend ici le pas sur le sensationnel. Une oeuvre à ne pas manquer sur grand écran.

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La critique de Mr K : 5,5/6. Encore une belle séance de cinéma avec ce dernier film vu dans le cadre de La Fête du cinéma. Place aujourd'hui au conte noir et cruel magnifiquement mis en image par le réalisateur de Gomorra. Rappelons que la matière première est un livre du XVIème siècle qui a inspiré plus tard les frères Grimm et Andersen, Le Conte des contes de Giambatista Basile étant composé de 50 contes que l'on pourrait qualifier de moraux et cruels. Il va falloir que je parte en quête de ce volume tant ce que j'ai pu en voir dans ce film m'a enthousiasmé.

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Trois contes sont ici étroitement emmêlés pendant les 2h10 de films, nous passons de l'un à l'autre alternativement. Une reine (Salma Hayek) ne pouvant pas avoir d'enfants va envoyer son époux à la mort pour recueillir le cœur encore palpitant d'un dragon des mers pour le consommer et ainsi tomber enceinte. Son fils Élias né (ainsi qu'un jumeau d'une mère différente!), elle devient possessive à l'extrême et ce dernier voudrait vivre de ses propres ailes. Un monarque libidineux (Vincent Cassel) entend une douce mélodie dans une ruelle donnant sur son château. La femme se dérobe à ses yeux et s'enferme dans sa maison. N'en pouvant plus de désir, il l'enjoint de lui ouvrir, ce qu'il ne sait pas c'est qu'il s'agit d'une vieillarde qui regrette sa jeunesse perdue vivant seule avec sa sœur. Commence une partie de cache cache mâtinée de magie qui finira bien mal. Dans le troisième volet, un roi égocentrique doit marier sa fille, il organise un concours qu'il croit impossible à gagner (je ne lèverai pas le mystère!) mais qui le sera tout de même par un ogre! La jeune fille doit alors partir avec son promis dans la montagne...

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On retrouve tous les éléments des contes dans ce film: des puissants pris dans les affres du désir et du nombrilisme, des créatures imaginaires patibulaires dont un dragon des mers très beau et un ogre des plus repoussants mais cependant touchant, de jeunes âmes en quête de liberté (Élias et Jonas, la princesse promise), de vieilles âmes torturées (les deux sœurs sont un modèle dans le genre), des châteaux plus extraordinaires les uns que les autres avec des intérieurs splendides, des paysages magnifiques entre plaines désertiques, forêts impénétrables constituées de roches pluri-millénaires et d'arbres impressionnants… Quel festin pour les yeux que ce métrage! La technique est parfaite, la beauté poussée à son paroxysme avec des contrastes de couleurs forts et un sens de l'image léché à l'extrême. Les costumes, les intérieurs sont aussi remarquables et complètent un tableau tout bonnement féerique. Le tout est accompagné par la superbe BO composée par Alexandre Desplat que je vais m'empresser d'acquérir tant elle m'a envoûté à l'image de ce film immersif à souhait.

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Les acteurs ne sont pas en reste avec une Salma Hayek rayonnante dans son rôle de mère aimante aux appétits dévorants, Vincent Cassel est lui impeccable dans son rôle de débauché en quête d'amour et Toby Jones apporte une belle légèreté dans son rôle de roi déconnecté de la réalité. Les autres membres du casting bien que moins reconnus sont parfaits et donnent une cohérence à cet ensemble baroque et gothique qui explore la facette noire de l'esprit humain. On côtoie ici l'horreur (n'amenez pas vos jeunes enfants!), le fantastique et la réalité la plus crûe. Le mélange est détonnant et efficace à souhait. Je me contente d'un 5,5/6 car j'ai trouvé juste que quelques scènes d'action manquait un peu de rythme (l’épisode du dragon des mers, celui de la chauve-souris notamment) mais honnêtement on passe un moment très agréable et rare. À voir absolument pour tous les amateurs du genre!

mardi 14 juillet 2015

"Humour noir" de Serre

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Contenu : Petit recueil de dessins d'humour noir par le très talentueux Serre.

La critique de Mr K : Après son recueil consacré au bricolage dont je vous avais présenté quelques dessins, voici un petit aperçu de son ouvrage Humour noir qui dépote furieusement et que j'ai dévoré en à peine une demi-heure. C'est le seul défaut de l'ouvrage, il se lit bien trop vite! On retrouve la signature de Serre en terme de trait et d'humour décalé. En voici quelques extraits.

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Un recueil qui a du mordant!

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L'important, c'est la santé!

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Tempus fugit!

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Silence, on se repose!

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Olé!

Un petit ouvrage à découvrir, à lire, à relire et parfois à méditer. Alors ça ne vous donne pas envie?

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lundi 13 juillet 2015

"Papillon de nuit" de R. J. Ellory

papillon-de-nuit-elloryL'histoire : Après l’assassinat de John Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes que jamais. L’Amérique a compris qu’il n’y avait plus un chef, un leader du pouvoir exécutif, mais une puissance invisible. Et si celle-ci pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs. C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Et que la politique et l’histoire des sixties ne sont pas qu’une simple toile de fond dans la vie de Daniel, peut-être lui aussi victime de la folie de son temps.

La critique Nelfesque : Pour ceux qui nous suivent depuis un moment, inutile de dire une fois de plus que je suis une fan inconditionnelle d'Ellory et que dès qu'un nouveau roman sort en librairie, je me jette dessus. "Papillon de nuit" a une saveur particulière puisque, bien que tout récemment sorti en librairie en France, il ne s'agit pas d'un nouveau roman. Bien au contraire...

Les éditions Sonatine viennent de lancer leur nouvelle collection, Sonatine +, qui fait la part belle aux romans oubliés. Premiers écrits ou romans passés injustement inaperçus en France sont mis en lumière dans un format semi poche et un prix bien moindre qu'un broché classique. Une belle occasion de se faire plaisir à moindre frais ! "Papillon de nuit" rentre complètement dans la ligne éditoriale de cette nouvelle collection puisqu'il s'agit ici du premier roman de R. J. Ellory, sorti en 2003 en Angleterre mais jusqu'ici inédit en France. On ne peut que remercier Sonatine de nous permettre de découvrir le premier écrit de ce grand écrivain contemporain !

J'ai coutume de dire que cet auteur est bluffant, qu'il arrive à plonger ses lecteurs dans une ambiance bien particulière où l'intrigue passe au second plan, avec des personnages à la psychologie fouillée et avec une plume unique. Et bien, je peux maintenant dire que cette finesse d'écriture, ce don qu'il a pour hypnotiser son lectorat, R. J. Ellory l'a depuis son tout premier roman.

Avec "Papillon de nuit", Ellory nous transporte au plus proche de l'âme humaine, dans un roman fort et émouvant. Nous suivons Daniel, pendant plus de 500 pages, dans ses dernières semaines à vivre, ses derniers jours, ses dernières heures, son dernier souffle. Jugé et emprisonné dans le couloir de la mort pour le meurtre de son ami d'enfance, son frère noir, dans une Amérique en plein bouleversement de la guerre du Vietnam et du ségrégationnisme. Longtemps silencieux, il va se confier au père John et lui raconter l'histoire de sa vie, celle de sa rencontre avec Nathan, celle de leur amitié indéfectible et ses fantômes du passé.

Ainsi, le lecteur navigue tour à tour entre le temps présent (1982) et le passé de Daniel. Son histoire est prétexte à nous raconter celle de l'Amérique, son évolution, sa population, ses peurs et ses espérances. Nous suivons Daniel depuis tout petit et, au fil des pages, nous développons une grande affection pour ce personnage. Comment un individu peut-il être conditionné par le pays dans lequel il vit ? Comment peut-il s'en délivrer et aller contre les décisions nationales ? Comment un homme peut-il construire sa vie face à l'innommable ?

Ellory ayant lui même fait de la prison pour vol dans ses jeunes années, ses descriptions du milieu carcéral sont justes et sans détours. Loin de la caricature du taulard tatoué, gros bras et peu finaud, Daniel est un homme comme un autre avec une histoire lourde à porter et une grande solitude qu'il va nous raconter ici. Avec un sentiment d'urgence palpable face à l'issue fatale qui attend Daniel et, encore une fois (et ici pour la première fois), une force indéniable dans l'écriture de son auteur, ce roman se place dès les premières pages dans les meilleurs romans de Ellory. On retrouve tout ce qui fait la patte de l'auteur : une histoire forte, un background fouillé, des psychologies complexes et des personnages emblématiques et pourtant si ordinaires. Les ingrédients d'un grand roman sont tous ici réunis et le cuisinier Ellory les accommode avec brio.

L'histoire dans l'Histoire, le destin d'un homme meurtri, un questionnement profond sur les notions de liberté, d'intégrité et de dignité, c'est tout cela "Papillon de nuit". Et puis, il y a la plume magnifique d'Ellory qui fait de ce roman une oeuvre unique... Un vrai moment d'émotion et un roman précieux.

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Seul le silence"
- "Les Anonymes"
- "Vendetta"
- "Les Anges de New-York"
- "Mauvaise étoile"
- "Les Neuf cercles"

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vendredi 10 juillet 2015

"Les Tendres plaintes" de Yoko Ogawa

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L'histoire: Blessée par l’infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s’est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu’il fabrique. Bien qu’assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s’interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d’autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant “Les Tendres Plaintes” pour Kaoru.

La critique de Mr K: Il y a un peu plus d'un an, je vous faisais part de mon enthousiasme après la découverte d'une auteure japonaise qui m'avait subjugué avec son très beau roman: La Pièce hexagonale. Une blogueuse-amie m'avait encouragé à poursuivre ma découverte de Yoko Ogawa mais aucune occasion ne s'était présentée à moi lors de nos chinages compulsifs à Nelfe et à moi. C'est une fois de plus par l'intercession de notre cher abbé que j'ai pu dégoter le présent ouvrage dont la quatrième de couverture promettait isolement, introspection et amour à la japonaise… Pas déçu pour un yen, le Mr K! J'ai lu ce roman en un temps record et j'ai apprécié au plus haut point cette nouvelle incursion dans le pays du soleil levant.

L'action débute dans la nuit, en pleine montagne. Ruriko est une femme bafouée. Elle subit depuis trop longtemps le libertinage de son mari qui ne cache même plus sa relation adultère et lui manque régulièrement de respect. La jeune femme a donc décidé de tout quitter précipitamment et de rester un temps indéterminé dans le vieux chalet familial perdu dans les hauteurs. Adieu Tokyo, son stress et ses souvenirs! Le temps est à la reconquête de l'estime de soi, la réorientation de sa vie et les nouvelles rencontres. Elle va nouer des rapports avec ses voisins immédiats, un étrange duo qui fabrique des clavecins et partage une passion dévorante pour la musique. Découverte de l'autre, levée de secrets inavoués, révélations intérieures… voila ce qui attend le lecteur tout au long de sa lecture.

Ce livre ne fait pas exception à la règle qui veut que de nombreux auteurs japonais aiment installer très progressivement leur intrigue, conjuguant lenteur et subtilité avec un talent sensuel et d'une finesse remarquable. Yoko Ogawa prend donc le temps pour poser les valises de son héroïne, petit bout de femme qui pour la première fois de sa vie prend son destin en main et essaie de se révolter contre un mari qui ne l'aime clairement plus. Mélancolique, elle fait écho au paysage qui l'entoure, le moindre arbre, le moindre ruisseaux lui renvoyant ses chagrins intimes, ses fêlures à vifs. L'auteure mêle balades, visites chez les voisins et souvenirs d'enfance avec un étrange rythme hypnotique qui fonctionne à plein sur le lecteur dérouté et fasciné. Rien d'extraordinaire de prime abord: un sentiment exprimé, un dialogue impromptu, une situation, un vieux chien en fin de vie (sic)… autant de détails insignifiants qui font un tout d'une beauté brute et immaculée. Oui, on est bien en pleine littérature japonaise. Le temps a suspendu son vol, en témoignent les deux nuits où mon réveil a du me rappeler à l'ordre!

À la fantasmagorie des lieux, des rêves et des souvenirs s'ajoutent des rapports humains très terre à terre: la relation quasi maternelle de la tenancière de l'auberge avec Ruriko qu'elle ravitaille régulièrement, le lien tissé entre la jeune calligraphe et sa professeur d'université, l'aigreur qui a remplacé l'amour dans les rapports entre Ruriko et son mari et surtout le triangle relationnel établi entre Nitta, Kaoru et Ruriko. Mélange délicat d'amitié, d'amour, d'attirance, de répulsion, les lignes bougent beaucoup durant le roman. Les situations se lient et se délient entre les protagonistes alternant espoir, quasi rédemption et déception amère au croisement de la musique, du rapport homme/femme et de la nature sauvage. C'est prenant et très poétique, un climax unique et très japonais. J'adore.

L'écriture est un ravissement de chaque instant: petit roman, économie des mots, la pureté de la formulation densifie et magnifie une histoire universelle en fin de compte. Ce parcours de femme m'a ému comme rarement et ne fait que renforcer mon attachement à ce type de littérature et à cette auteure tout particulièrement. Un petit bonheur que je vous recommande chaudement!

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mercredi 8 juillet 2015

La vallée engloutie de Guerlédan (56)

En ce moment, en Bretagne, a lieu un évènement rare qu'il faut absolument aller voir si vous êtes dans le coin. Un paysage lunaire inédit depuis 30 ans et vraiment très impressionnant émerge des eaux.

Le barrage hydroélectrique de Guerlédan, dans le nord du Morbihan, fut construit dans les années 30. De 45m de haut et sur une longueur de 206m, il a permis de constituer un lac de 12km de long. De mars à octobre, afin de procéder à des travaux de maintenance sur le barrage, le lac artificiel est asséché. Depuis quelques semaines, c'est un paysage figé fascinant qui s'offre aux yeux des visiteurs durant tout l'été avant la remise en eau en fin d'année.

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La vallée de Guerlédan retrouve l'air libre et ses 17 écluses noyées, les maisons éclusières, ses carrières d'ardoise et sa végétation ancienne refont surface. La dernière vidange eu lieu en 1985, à l'époque j'avais 3 ans et je n'habitais pas en Bretagne. La prochaine se fera dans 30 ans... Quand je vous disais qu'il ne faut pas rater l'occasion cette année !

Pain béni pour les amateurs de photo, je me suis fait plaisir en shootant la vallée sous toutes ses coutures. Je vous laisse découvrir tout cela en espérant que vous ayez la possibilité de la voir aussi en vrai :

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Des règles de sécurité et de préservation du site sont bien sûr à respecter. On ne peut pas, en théorie, se balader n'importe où dans la vallée et des visites groupées accompagnées de guides sont possibles pour qui veut descendre au plus près du lit du Blavet.

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Si vous préférez marcher solo, le tour du lac est possible en toute autonomie et de nombreux parkings sont mis à disposition en retrait pour pouvoir arpenter les plus de 40km de chemins qui le bordent.

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Les couleurs sont saisissantes et les textures graphiques. Entre aridité soudaine des fonds qui craquelle la terre et objets et/ou constructions piégés dans les profondeurs et émergeant tels des fantômes, le visiteur en prend plein les yeux.

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On se sent vraiment tout petit en ces lieux...

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Impressionnant n'est ce pas ? De mon côté, je ne connaissais pas ce lac et je compte bien y retourner lorsque l'eau sera de nouveau là. Je vous conseille vivement cette visite !

Et tant que vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à vous arrêter à l'Abbaye de Bon Repos. Au bord du canal de Nantes à Brest, cette abbaye cistercienne du XIIème siècle est aujourd'hui en ruine. La Révolution marqua un point final à sa prospérité et elle devint une carrière de pierre. En 1986, une association fut créée et l'Abbaye fut sauver du démembrement total.

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Bon Repos

Une halte pique nique pour nous, dans la nature avec nos copains ânes et poneys ! Des expositions et spectacles sons et lumières sont également proposés.

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Bon Repos 5

On part souvent au bout du monde pour voir des endroits dépaysants mais parfois, à quelques kilomètres de chez soi, des paysages spectaculaires nous attendent ! La preuve : on peut marcher sur la lune en Bretagne !

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mardi 7 juillet 2015

"Corpus Christine" de Max Monnehay

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L'histoire: Collez-moi le canon d'un magnum sur la tempe je tremblerai moins.

Enfermez-moi dans la chambre froide d'une morgue et laissez-moi vous dire que c'est du gâteau.

Ce que je vis devait peser dans les cent vingt kilos et transpirait à grosses gouttes une eau malodorante.

Ce que je vis était énorme.

C'était ma femme.

La critique de Mr K: Vous venez de lire cette quatrième de couverture. Étrange et intrigante, non? Perso, je n'ai pas pu résister et sans connaître l'auteur ni le contenu réel de Corpus Christine, je l'ai embarqué lors de notre dernière visite chez l'abbé. Bien m'en a pris tant ce premier roman de l'auteur est aussi réussi que surprenant. Pas de spoiler durant la chronique mais certainement plus de renseignements que pour moi lors de ma première vision de l'ouvrage. Bande de chanceux!

Le narrateur (dont on ne saura jamais le nom) ne peut plus se tenir debout suite à une chute et doit rester constamment en position horizontale. Il est séquestré dans son propre appartement par son épouse qui se plaît à lui infliger humiliations et privations. Seuls repères, les sonneries de l'école voisine et un voisin qui engueule à intervalle régulier on ne sait qui… C'est bien mince et la perte de repères s'accompagne souvent de la perte de la raison. Peu à peu, il s'enfonce dans un rapport étrange avec son bourreau familier entre répulsion et attirance, et l'on assiste impuissant à la déchéance d'un homme capable de tout pour pouvoir manger un morceau de poulet ou quelques chips… Pourquoi est-il immobilisé? Pourquoi sa femme se conduit-elle ainsi? Ce n'est qu'une partie du drame qui se joue et qui va vous mener en bateau sur les 227 pages de l'ouvrage.

J'ai trouvé ce roman très novateur de par son déroulé et sa fraîcheur. Pas de chichi ici mais une vision brute du calvaire que cet homme vit. On est placé dans l'esprit du héros qui mêle habilement désespérance, humour sur soi et actes de bravoure. J'ai adoré ses expéditions nocturnes dans la cuisine pour essayer de récupérer quelques victuailles pour éviter de mourir de faim. Il a ainsi développer des dons d'ingéniosité et accentué ses différents sens pour contourner les obstacles et sa chère femme. C'est dans l'adversité que l'on se révèle à soi et c'est exactement ce qui se passe ici. À part sa technique de rampe et quelques souvenirs habilement distillés par l'auteur, une grande place est donnée à l'introspection du héros malheureux dans ce livre. On revient sur son travail et la façon dont il a rencontré sa femme, leur union et le développement de leur vie commune. Tout est embrouillé au départ, les indices sont minces, l'auteur se concentrant sur le quotidien rébarbatif d'un héros impuissant face à la diminution de son état physique. Et puis, les zones d'ombre s'éclairent sans trop en dire pour autant. Le suspens est ménagé comme jamais et bien malin celui qui trouvera la clef avant qu'elle nous soit livrée.

Le process d'introspection du héros est ultra-réaliste et très bien menée. Il est clairement à la merci de sa femme et il se perd dans le temps qui passe. Il essaie de se souvenir, de revenir sur le passé mais s'embrouille souvent. Il interpelle d'ailleurs souvent directement le lecteur pour le prendre à témoin, lui demander conseil, lui faire constater des choses qui lui paraissent évidentes. C'est déstabilisant et très excitant en même temps. On pénètre dans la chambre avec lui, on guette l'ouverture de la porte par sa femme avec lui, on sombre dans ses drôles de rêves et nous en discutons même du contenu avec lui! C'est diablement malin et efficace, brise les repères et a le mérite de faire basculer le simple fait divers sordide dans la littérature avec un grand L. Pas mal du tout pour un premier livre!

L'écriture comme dit plus tôt est vraiment novatrice: assez nerveuse, agressive voir parfois violente tant elle confronte le lecteur à la dure réalité vécue par cet homme diminué (violence physique mais surtout morale qui résulte de ce duel pervers entre lui et sa femme). J'ai retrouvé d'ailleurs un peu de l'ambiance que j'avais apprécié dans le superbe livre Misery de Stephen King. On étouffe face à cette situation refermée sur elle-même dont on ne voit pas l'issue, on est même au bord de l’écœurement mais on continue quand même, fasciné par la monstruosité des rapports décrits. La fin vient cueillir un lecteur hagard et bien content de s'être laissé pris au piège de cette histoire dérangeante au possible.

Un petit bijou d'humour noir et de délire psychotique que tous les amateurs ne doivent pas laisser passer!

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lundi 6 juillet 2015

Eerie & Creepy présentent "Richard Corben vol.2"

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Présentation: Le présent ouvrage est le deuxième et dernier volume consacré à cette période fondatrice de l'œuvre de Corben au sein des éditions Warren. Il regroupe les dernières histoires qu’il a publiées pour les magazines Creepy et Eerie, ainsi qu’un cahier comprenant les superbes couvertures qu’il a pu réaliser pour ces magazines.

La critique de Mr K: Nouvelle critique d'un ouvrage édité par les éditions Delirium que j'ai déjà fréquenté à plusieurs occasions et qui m'ont à chaque fois ravi par la qualité de leurs rééditions. Retour à Richard Corben, un de mes dessinateurs préférés avec ce deuxième volume d'histoires courtes tirées des magazines Eerie et Creepy aujourd'hui disparus. Il s'agit ici de récits plus tardifs mais toujours aussi incisifs et jouissifs! Vous retrouverez une fois de plus des adaptations de récits dits classiques tirés des œuvres de maîtres tels que Edgar Allan Poe ou encore HP Lovecraft mais aussi des trames originales.

On navigue une fois de plus à la confluence de plusieurs genres entre récits policiers mâtinés de thriller, SF ou encore fantastique/horreur. Tour à tour vous serez confrontés à un flipper hanté par une créature antédiluvienne, à un corbeau plutôt insistant, à l'antéchrist de Noël, à un portrait ovale diablement fascinant, à un meurtrier redresseur de torts d'une nature étonnante (récit en deux parties), à une épidémie de peste en Grèce antique, à un nouveau conte de Noël macabre à souhait, à la course aux armements version ubuesque avec un Einstein complètement déjanté, à des amoureux naufragés en pleine mer, à la résurrection d'une momie amatrice de football américain, à une variation autour de la thématique de la femme géante, à une histoire médiévale mêlant avarice et fantastique, à un triptyque fort réussi autour de l'effet papillon et enfin à une histoire d'animal domestique d'un genre très particulier.

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On alterne une fois sur deux la couleur et le noir et blanc, passant d'un genre à un autre sans transition. Comme lors de ma lecture du volume 1, je me suis restreint à ne lire qu'un ou deux récits par soir pour éviter de le lire trop rapidement. Difficile de s'y résoudre tant l'addiction est immédiate entre curiosité et admiration devant les histoires racontées et la mise en forme de toute beauté. Une fois de plus les éditions Delirium ont réalisé un travail remarquable avec cette réédition qui en bonus a rajouté quelques couvertures originales et quelques variations dessinées en toute fin d'ouvrage. Les dessins et planches sont superbes et les pages se tournent toutes seules.

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On retrouve des thématiques courantes dans les genres abordées: les failles de la nature humaine et leur conséquences parfois dramatiques. Seule l'innocence de jeunes enfants sort du lot, les adultes étant souvent trompés par leurs instincts, leurs désirs et leur avarice. Le syndrome de l'arroseur arrosé est donc très souvent présent mêlant des sentiments variés comme la peur et l'angoisse, l’espérance et la chute, l'amour et la détestation (de belles séances de vengeance bien hard boiled par moment) et une certaine mélancolie liée d'existentialisme qui transparaît de ci de là et permet de réfléchir à l'occasion sur nous et notre nature profonde.

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On passe aussi un bon moment quand on est amateur de créatures diverses et variées y compris de belles nanas bien poumonées sans pour autant tomber dans le voyeurisme ou le misogyne. Tout le monde en prend pour son grade dans ce volume: femmes / hommes, riches / pauvres, jeunes / vieux… n'importe qui peut se révéler faux et/ou fourbe face à des situations sortant de l’ordinaire. J'ai trouvé aussi qu'il y avait un bon équilibre entre les récits originaux qui sont suffisamment travaillés pour ne pas souffrir de la comparaison avec les adaptations effectuées à partir de matériaux prestigieux situés plus haut.

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On passe donc un excellent moment en compagnie de Corben et tout amateur se doit d'avoir parcouru cet ouvrage à la fois dense et d'une grande beauté. Un must dans le genre!

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dimanche 5 juillet 2015

Satané vide-grenier !

Le week-end dernier, Nelfe et moi nous sommes rendus au vide-grenier de notre quartier comme chaque année. Galettes-saucisses (miam miam!) et grillades côtoient des personnes venues céder à des prix imbattables tout ce qu'ils ne veulent plus chez eux. C'est l'occasion d'observer la grande capacité des êtres humains à conserver un nombre incroyable de bibelots ringards et autres objets farfelus! On est tous pareils et ça m'a rassuré quand je pense aux caisses qui encombrent encore le grenier depuis notre aménagement, il y a plus de deux ans!

Là où la problématique se corse c'est que ses personnes vendent aussi des livres... Vous connaissez ma faible propension à résister à la tentation en matière d'occaz livresque! En plus, cette année une dame vendait un grand nombre des livres de SF de son fils parti habiter en Amérique. Gasp! C'était un combat perdu d'avance... Jugez-plutôt!

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- Le Cycle d'Elric de Michael Moorcock. J'avais adoré l'intégrale Hawkmoon et je recherchais depuis un certain temps cette intégrale qui m'a tendu ses petits bras et surtout ses sept volumes impeccablement conservés. Wahou! Ca c'est de l'occaz! Je prends et je pense lire le tout pendant notre séjour à la montagne cet été.

- Les Solariens de Norman Spinrad. Un des papes de la SF avec en plus ce roman qui s'avère être son tout premier, le récit d'une guerre future de l'humanité disséminée dans l'espace devant faire face à une menace terrifiante venue d'ailleurs. Je suis bien curieux de lire cela! Là encore, un livre qui ne traînera pas dans ma PAL.

- Intrusion de Richard Matheson. Il s'agit du volume 2 de l'intégrale de ses nouvelles rééditées chez Flammarion en 1999. On ne peut pas dire non à cet auteur surtout en matière de nouvelles de SF. J'en connais déjà certaines mais d'autres vont me permettre de poursuivre mon exploration de l'univers de ce grand auteur, classique des classiques en matière d'anticipation.

- Le Chat passe-muraille de Robert A. Heinlein. Rencontre improbable entre la SF et un multivers farfelu constellé de personnages délirants, j'attends beaucoup de ce livre qui semble sortir des sentiers balisés de ce grand nom de la SF. Wait and see!

- L'Âge des étoiles de Robert A. Heinlein. Livre cadeau de la vendeuse (ben oui, on inspire la gentillesse, nous!), il est question de voyage interstellaire et d'une drôle de créature tour à tour séduisante et inquiétante. Une drôle d'histoire que j'attends de découvrir avec impatience.

- Contes de la rose pourpre de Michel Faber. Il s'agit de l'auteur de Under the skin, livre que je n'ai toujours pas lu et qui est dans ma PAL depuis trop longtemps. J'avais adoré le film qui en avait été tiré, un de mes gros coups de coeur cinéma de 2014. La réputation de cet auteur est flatteuse et ce portrait de l'Angleterre victorienne a tout pour me séduire vu les avis lus sur la blogosphère. Je le lirai après le sus-cité que je pratiquerai durant l'été.

- Chiens sales de François Barcelo. Coup de poker que cette acquisition où il est question de ripoux et de bavures au Québec. J'aime beaucoup la collection Série Noire de Gallimard. Nous verrons ce que cela donne.

- 35 kg d'espoir d'Anna Gavalda. Il s'agit de la seule acquisition de Nelfe cette fois ci et encore c'est parce qu'elle l'a vu avant moi! Je le lirai aussi, un extrait de ce roman parlant du passage à l'adolescence a été utilisé il y a quelques années pour l'épreuve de français du DNB professionnel et ce sujet m'avait beaucoup plu. Ce sera sans doute une lecture plaisante et rapide.

Le craquage fut tout de même limité comme vous pouvez le constater. Ma PAL a pris un petit coup cette fois ci, heureusement que mon rythme de lecture est assez soutenu.

Il ne reste plus qu'à lire tout cela, chroniques à suivre dans les mois à venir.